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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Depuis l’aube de l’humanité, l’homme a su tirer parti d’une énergie terrestre, manifestée par les sources chaudes, les geysers et les volcans. Après quelques années d’utilisation facile des énergies fossiles, il en revient à l’exploitation d’énergies renouvelables, dont l’énergie géothermique.


On distingue différents types de géothermie : de haute, moyenne, basse ou très basse énergie.

 

ressources-geothermie----BRGM.jpg                                    Ressources mondiales de géothermie - doc. BRGM

Zones propices au développement de la géothermie de haute énergie en rouge (ceinture de feu du Pacifique - rift Africain - Bassin méditerranéen)

 

geothermie-haute-energie.gif

 Celle qui nous intéresse ici est celle de haute température, qui permet la production d’électricité ; elle est liée à des régions à gradient de température plus élevé, comme l’Islande, le Chili, le Japon, ou encore l’Italie.

Examinons seulement deux zones d’exploitation géothermique Européennes, en Islande et en Italie.

 

geothermie-islande.jpg                          Islande - installations géothermiques - photo saga-islande

 

En Islande, dans la péninsule de Reykjanes, Svartsengi qualifie une zone Geothermi_principe-2.jpggéothermique et sa centrale, la première au monde à utiliser une géothermie de haute température pour la cogénération (*).

 

Système géothermal Islandais - schéma simplifié -

doc. IDDP - Iceland Deep Drilling Project.

 

Elle produit l’énergie thermique pour le chauffage et de l’électricité ; après avoir servie, l’eau est refroidie vers 40°C et relâchée ensuite dans le célèbre Blue Lagoon. Cette eau fortement minéralisée a des propriétés dermothérapeutiques, e.a pour les soins du psoriasis.

 

Blue-lagoon----AVE-14.jpgIslande - l'exploitation géothermique de Svartsengi et sa piscine, le Blue Lagoon - photo ©Antony Van Eeten


Le champ géothermique de Geysir est localisé au SE du dôme rhyolitique de Laugarfjall. Ces structures ont donné leur nom aux sources d’eau jaillissantes partout dans le monde, et particulièrement au plus grand geyser de ce champ géothermique islandais. Le nom "geyser" vient de l’islandais " gjósa - (jaillir) “. 

 

 

Geysir-geothermal-area---Lee-Siebert.jpg

La zone géothermique de Geysir avec le dôme rhyolitique Laugarfjall, derrière les argiles rouges altérées hydrothermalement ; en arrière-plan, le complexe basaltique Bjarnarfjell -  photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

En Toscane italienne, Larderello est un champ géothermique à vapeur dominante, dont les fluides de haute enthalpie sont constitués de vapeur surchauffée et de gaz (en moyenne 5% en poids du fluide, jusqu'à un maximum de 20%), surgissant à une température entre 150 et 260°C, sous des pressions pouvant aller jusqu'à 39 atmosphères. Le débit des puits est en moyenne de 25 tonnes/heure de vapeur, mais il peut arriver à dépasser 350 t/h.

 

Dossier-47-4223.jpg          Toscane - Larderello - zone de fumerolles bordée de conduites - photo JM. Mestdagh


 Le problème de la dilatation thermique a été résolu par l'installation de tubes transporteurs des fluides "en zig-zag"d'élasticité adéquate, ce qui permet de plus d'adapter le tracé des conduites au terrain accidenté des zones géothermiques toscanes.

 

Valle_del_Diavolo---G.Delhay.JPG             Toscane - Valle del diavolo - les conduites zigzaguent dans le paysage - photo G. Delhay

 

(*) : La cogénération est un principe de production simultanée de deux énergies différentes dans le même processus. Le cas le plus fréquent est la production d'électricité et de chaleur, la chaleur étant issue de la production électrique ou l'inverse. Au sens plus large, l'énergie électrique peut être remplacée par l'énergie mécanique. Ces systèmes sont à haut rendement (de 80 % à 90 % en général) bien que le sens de ce rendement doit être considéré avec précaution. 

 

geothermie_production_mondiale_electricite.gif

             La production électrique mondiale avec l'énergie géothermique - Doc. Tpe Géothermie

geothermie_production_mondiale_chauffage.gif               La production de chauffage dans le monde avec la géothermie - Doc. Tpe Géothermie

 

Sources :

- Iceland Deep Drilling Project - link

- Global volcanism Program - Larderello

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft & de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Le champ géothermique de Larderello (Toscane, Italie) : situation géologique, utilisations industrielles, rôle de la famille de Larderel
par Michel Durand-Delga, Enrico Pandeli et Giovanni Bertini.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Parmi les produits émis par les volcans, les laves et les téphras, une fois refroidis, deviennent exploitables par l’homme.

 

Depuis l’antiquité, basalte et andésite ont été utilisés pour leur dureté et leur faculté de polissage. Dans les contrées volcaniques, ces pierres servent de matériaux de construction pour les maisons, comme dans l’Eifel en Allemagne, ou les grands bâtiments, comme la cathédrale de Clermont-Ferrand dans le massif central français.

 

Dossier-47-2048-copie.jpg

Facade_cathedrale_clermont-ferrand.jpg 

 

 

Constructions en basalte, foncées et austères : à gauche, un hôtel à Mendig / Eifel - à droite, la cathédrale de Clermont-Ferrand / Massif central français, en pierre de Volvic.

photos ©JM.Mestdagh -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

roemischehandmuehle

                   Meule en basalte de l'époque romaine - Document Vulkanschule / Vulkanpark


Depuis l’époque romaine, le basalte est utilisé comme pierre meulière et distribuée par les réseaux fluviaux et routiers jusqu’en Grande-Bretagne et en Hollande, au nord, à hauteur du Jura, au sud.

Aujourd’hui, le basalte est utilisé comme pierre décorative et à sa place autant dans les cuisines et salles de bains modernes, que dans les jardins.

 

L’obsidienne, ce verre volcanique de couleur sombre, est utilisé sur tous les continents pour le façonnage d’armes, d’outils ou d’objets rituels, de l’antiquité à nos jours, où elle concurrence les scalpels les plus fins utilisés en ophtalmologie.

 

usa-2069-copie.jpg     Newberry (USA) - blocs d'obsidienne de la coulée "Big obsidian flow" - photo © JM. Mestdagh

usa-2095-copie.jpgNewberry (USA) - panneau expliquant la fabrication de pointe de flèche au départ d'un "coeur" d'obsidienne - photo ©JM. Mestdagh

 

Les téphras, qui comprennent les lapilli, les scories, les ponces, trouvent une exploitation qui va devenir avec les années de plus en plus industrielles.

Certains cônes de scories ont presque disparu totalement comme matériaux de construction, comme en Eifel ou dans le Massif central.

 

wartgesberg-4-JMM-2011.JPGEifel (D) - carrière du Wartgesberg - le front de taille expose les dépôts volcaniques en couches - photo ©JM. Mestdagh


La pouzzolane est constituée de scories basaltiques ou de composition proche et généralement de teinte, rouge ou noire, et intermédiaire. Elle doit son nom à la cité italienne de Pouzzoles, située aux pieds du Vésuve, et est connue depuis l’époque romaine. Elle entre avec la chaux dans la composition d’un mortier résistant et durable … qu'on retrouve dans la Basilique de Maxence ou le Panthéon romain, édifices qui ont traversés les siècles.

 

carriere-pouzzolane--Volvic---photo-paramoteur.jpg                         Volvic (F) - carrière de pouzzolane - photo-paramoteur


La ponce, cette " mousse de lave ", est utile aussi bien en construction pour ses propriétés isolantes et phoniques, que dans l’industrie, pour ses propriétés abrasives ou en cosmétologie, où vous la retrouvez dans votre salle de bain … pour le soin des callosités, comme savon exfoliant ou incorporé à la pâte dentifrice.

 

Ponces-LIPARI---Isole-eolie.jpg               Iles Eoliennes - Lipari - carrière de ponces du Monte Pilato - photo Isole Eolie.

 

Sources :

- Eifel-est : les meulières et le basalte - link

- Eifel - Eppelsberg : volcan-carrière ou carrière-volcan ? - link

- Oregon - Newberry : les coulées d'obsidienne - link

- Les Eoliennes - Lipari, coulées blanches et noires - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Les volcans émettent tant avant, que pendant et après leurs éruptions de grandes quantités de gaz, répartis pour part en émissions au départ du cratère, pour une autre part par dégazage diffus par des fractures, sous forme de fumerolles, ou par émanation à partir du sol.

Parmi ces gaz, les gaz soufrés fournissent le soufre.

 

Utilisé par l’homme pour la confection de la poudre à canon, des allumettes, dans diverses industries, pour le blanchiment de la laine , de la soie ou du sucre, dans l’agriculture pour ses propriétés désinfectantes et fongicides, le soufre fut d’abord prélevé sur les volcans.


Le soufre d’origine volcanique provient de fumerolles, riches en vapeur d'eau, dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène et dioxyde de soufre. Ces fumerolles, encore appelées solfatares (de l'italien "solfo" = soufre) sont à l'origine des dépôts de soufre.

En arrivant dans l'atmosphère, l'hydrogène sulfuré (H2S) réagit avec l'oxygène de l'air pour produire du soufre qui se dépose à la sortie des fissures, et en profondeur :

                  2 H2S + O2 -> 2 S + 2 H2O

Il réagit aussi avec le dioxyde de soufre (SO2) :

                  SO2 + 2 H2S -> 3 S + 2 H2O

 

z---IMG_6218-copie.jpg          Iles Eoliennes - Vulcano - vapeurs soufrées et dépôts de soufre - photo © Bernard Duyck

 

Dossier-47-4866-copie---ollague.jpgChili - Ollagüe - l'exploitation du soufre est accessible par un chemin en lacets. Particulièrement pénible, en raison du froid et de l'altitude, elle est maintenant abandonnée - photo © JM. Mestdagh
           

Le volcanophile fera tout de suite une association entre soufre et Kawah Ijen ou Vulcano ; mais le soufre est récolté artisanalement sur bien d’autres endroits volcaniques de la planète : Dallol en Ethiopie, Ollagüe au Chili, White Island en Nouvelle-Zélande, etc …

 

z - ethiopie 2007 483 copie            Ethiopie - Dallol - mares d'acides ourlées de dépôts soufrés - photo © Bernard Duyck


Au Dallol, quelques caravaniers-contrebandiers arrondissent leurs fins de mois en glanant des morceaux de soufre, qu’ils revendront en même temps que du sel.

 

ethiopie-2007-501-copie-copie-1.jpgEthiopie - Dallol - des afars grapillent des morceaux de soufre parmi les concrétions - photo © Bernard Duyck

 

Blethrow Ijen2Indonésie - Kawah Ijen - récolte du soufre à la sortie des tuyaux canalisant les vapeurs - photo Blethrow


En Indonésie, au Kawah Ijen, le soufre constitue une mine d’or pour les locaux … le soufre leur est payé au poids, et ces forçats sortent du cratère des paniers allant jusqu’à 80 kg., puis les transportent sur plus de 4 km. jusqu’à l’usine de traitement au pied du volcan. L’appât du gain se paie cher : l’espérance de vie des mineurs ne dépasse pas 40 ans, leur corps est déformé par les lourdes charges, leurs poumons ravagés par les gaz soufrés lors de l’extraction sans protection, et les kreteks (cigarettes au clou de girofle) qu’ils fument pour se désimprégner de l’odeur de soufre.

Bien que le Kawah Ijen soit une des plus grandes réserves de soufre naturel d'origine volcanique, son exploitation à l'ancienne reste anecdotique au niveau mondial : 99% du soufre utilisé dans l'industrie est d'origine sédimentaire, c'est-à-dire associé à des calcaires, à des sulfates ou de la matière organique, hydrocarbures et lignite.

 

AVE-9.jpg

          Nouvelle-Zélande - White Island - Events fumerolliens soufrés  -  © Antony Van Eeten


 Sur White Island (NZ), en 1914, un effondrement de la paroi du cratère produit une avalanche de débris qui emporta les constructions et les dix travailleurs d'une mine de soufre; ils disparurent sans laisser de traces. Seul survivant de la tragédie, le chat du camp qui fut recueilli quelques jours après le drame par un bateau de ravitaillement. Un nouveau camp fut établi à un endroit plus sûr, mais la mine de soufre fut abandonnée en 1930, pour manque de rentabilité. Ne subsistent que quelques restes corrodés par les gaz soufrés.

 

    White_Island-sulfur-mine---JShook.jpg    Nouvelle-Zélande - White Island - Des restes de la mine de soufre - photo James Shoot / wikipedia.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Outre un avantage stratégique, les volcans présentent des caractéristiques intéressantes repérées par les anciens : les sols volcaniques sont très fertiles. C’est pourquoi, malgré le risque d’éruption, de nombreux agriculteurs vivent aux abords directs des volcans.

 

En effet, la cendre volcanique est riche en minéraux et oligo-éléments, potassium, fer, magnésium, manganèse, etc.

Au début de l'activité éruptive, naturellement, ces projections tuent toute la végétation. Peu à peu, ces particules s'altèrent en petits grains de moins 2 microns de diamètre : c'est le processus de l'argilisation qui débute.

Mais les conditions climatiques et le pH du sol doivent suivrent … s’il fait chaud et humide, les cultures seront ainsi favorisées sur les pentes du volcan.

 

Bromo-11.03.2011-Trisnadi-AP.jpgIndonésie - l'éruption du Bromo va recouvrir de cendres les terres agricoles hors caldeira du Tengger - photo Trisnadi / AP /11.03.2011


Cemoro-Lawang-cultures---what-an-amazing-world.jpgIndonésie / Java : Cultures maraîchères dans la brume matinale à Cemoro Lawang, village proche de la caldeira du Bromo-Tenger - photo What an amazing world.


En indonésie, les cultures maraîchères sur les pentes du Mérapi, ou à proximité de la caldeira du Tengger, sont riches et favorables à la nombreuse population de Java. Les agriculteurs locaux peuvent faire en terres volcaniques jusqu’à quatre, voire cinq récoltes de riz annuellement, contre une à deux ailleurs.

En Sicile, les pentes de l’Etna permettent la production d’agrumes tandis que les collines calcaires environnantes sont arides.

Au Costa Rica, les pentes du Poas abritent des cultures de café, de fleurs et de différents légumes.

 

costa-Rica-225-copie.jpg            Costa-Rica - caféiers sur les pentes du volcan Poas - photo Bernard Duyck

 

Par contre, en Islande, où le climat est trop froid, l’effet bénéfique des terres volcaniques ne se manifeste pas.


On a compris très tôt l’avantage des terres volcaniques pour la culture de la vigne, un des piliers de l’agriculture antique. Les vin du Vésuve et de l’Etna étaient célèbres et faisaient la richesse des cités alentour. Pline l’ancien CasadelCentenario-P-MAN-0038.jpgparle du vin Aminneum du Mont Vésuve et de la vigne Pompeiana, très productive grâce à la terre riche où elle est plantée. Des fresques représentent les pentes basses du volcan couvertes de vignes, tenues par des perches, et Bacchus, couvert de raisin, tenant le thyrse, une panthère aux pieds … personnification de la vigne qui lui était chère.


Pompéï - Casa del Centenario - fresque de Bacchus devant le Vésuve.


Les cendres et scories volcaniques ont des propriétés améliorant la structure du sol. Elles favorisent le drainage, ce qui favorise la vigne, qui n’apprécie pas l’eau qui stagne au niveau des racines.

mastroberardino-lacryma-christi-del-vesuvio-bianco-campania.jpg

 

Le Lacryma Christi du Vésuve, la Malvasia de Lipari et Salina, les vignobles d’Auvergne, ou du Salagou, ou encore la Malvoisie de Lanzarote en sont autant de témoins.

 

Lanzarote---Jerome-World-travel-photo.jpg    Archipel des Canaries - île de Lanzarote - vignobles de La Geria - photo Jerome / World travel


Sur cette île des Canaries, sèche et aride, les paysans ont mis au point une technique de culture unique : à La Geria, ils plantent les pieds de vignes dans des trous profonds, pour atteindre le sol végétal antérieur aux éruptions, et  recouvert de " rofe ", une couche de lapilli et cendres volcaniques, qui laisse passer l’humidité et empêche son évaporation durant la journée. La vigne est protégée des vents par des murets semi-circulaires de pierres, les "Zocos ". Le vino de Malvasia, doré, frais et fortement alcoolisé représente la victoire de la tenacité sur l’hostilité de la terre.

 

sakura---23---AVE-2012.jpg

  Japon - un gros daikon encore couvert de cendres du Sakura-jima - photo Antony Van Eeten

 

D’ autres exemples au Japon, où des radis blancs géants, les Daikons, sont produits sur ces terres volcaniques … ou au Chili, où après l’éruption de l’Hudson en 1991, plus de 600.000 têtes de bétail avaient été tuées par les cendres du volcan, celles-ci ont permis en revanche la fertilisation d’une vallée de Patagonie argentine qui produit aujourd’hui des cerises destinées à l’exportation.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Le comité de l’UNESCO a inscrit l’Etna au Patrimoine mondial, lors de sa session annuelle à Phnom Penh au Cambodge, en le définissant comme l’un des volcans le plus emblématique et actif au monde.

 

Etna-Th-Reichaert.jpg                        Avec une pensée pour Thomas Reichart, un grand amoureux de l'Etna 

 

Son activité historique, connue depuis au moins 2700 ans et bien documentée font de l’Etna, avec ses cratères sommitaux, ses cônes de cendres, ses coulées de lave, ses tunnels ou grottes de lave et la dépression de la Valle del Bove, une destination de choix pour la recherche et l’éducation. L’Etna devrait, toujours selon l’Unesco, continuer à influencer la volcanologie, la géophysique et d’autres branches des sciences de la Terre.

Comparé au Teide et au mont Fuji, l’Etna est plus ancien et actif géologiquement parlant. L’accès au divers centres d’intérêt est aisé pour les visiteurs (ndlr : quand ce ne leur est pas interdit) et chercheurs. De plus, l’Etna offre le spectacle continu et grandiose d’un volcan toujours actif ! Sa valeur écologique, dans le milieu bio-géographique Méditerranéo-Européen,  est démontrée par des processus naturels de colonisation continus et un endémisme évolutif non comparable, toutes choses étant égales.

 

La zone classée au patrimoine compte 19.237 hectares, et fait partie du parc de l’Etna créé en 1987.

 

20013.03.21 - Sleeping giant - Willy Williams                              Etna - "the sleeping giant" - par Willy Williams 2013.

 

Longue et belle vie à l’Etna !

 

Sources :

- Unesco - Mount Etna - link

- Ansa.it - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Les sites géologiques remarquables ont de tout temps été occupés par les hommes, la proximité avec les volcans n’est pas en reste … et pour des raisons diverses.

 

Dans le massif central, à proximité de Clermont-Ferrand, le plateau basaltique de Corent domine l’Allier et commande l’accès par le sud au bassin fertile de la Limagne.

 

Vue_aerienne_Corent---Adcanaunos.jpg                                         Le plateau de Corent - photo Adcanaunos


Du point le plus haut du plateau, à 200 mètres au dessus des terres environnantes, le champ de vision porte par temps clair à environ 15 km., faisant de ce site un endroit stratégique.

Des traces d’occupation remontent au néolithique, à l’âge du bronze – 11 et 10° siècles avant JC – puis du fer – fin 7°-début 6° siècle avant JC ; les gaulois y vivent dans un oppidum au 2° siècle avant JC.

 

Occpation-basse-auvergne-950-800-av-JC-1.Begues-2.Gergovie.jpg

                 Occupations identifiées en Basse Auvergne au Bronze final 3 (950-800 av. J.-C.)
                                1 : Bègues, 2 : Gergovie, 3 : Corent - doc. arafa.fr

 

Ces découvertes relativement récentes ont permis de se faire une idée nouvelle sur les Gaulois :

Ces lieux stratégiques étaient reliés par des routes avant la conquête romaines … elles ont permis aux légions de se déplacer rapidement d’un point à l’autre, bien avant la construction des fameuses chaussées romaines, et de commercer avec Rome avant la conquête.

Les salaisons gauloises et le vin romain s’échangeaient.

 

Corent---fouilles-theatre---LUERN.jpg                                     Reconstitution du Corent "gaulois" - doc. 3D LUERN

A l'avant-plan, l'hémicycle d'assertion - à gauche, le sanctuaire- à droite, le marché et derrrière l'esplanade, le village.


Les fouilles menées entre 2001 et 2005 ont montré l’existence d’un sacrifice_autel-Corent.jpgsanctuaire daté de 150 à 50 avant JC. Dans une enceinte délimitée par une palissade de bois à l’origine, par une galerie sur poteaux de bois ensuite, le sanctuaire était doté d’un autel sacrificatoire de basalte (photo LUERN).

Le fossé d’enceinte a livré des témoignages d’offrandes de cette période : crânes humains, associés à des ossements d’animaux, des armes, des fibules, des perles de verre ou de cave_depotoir-Corent.jpgbronze.

Plusieurs indices convergents, attestent de la fabrication de monnaies gauloises en bronze et en argent à l'entrée même de l'enceinte sacrée.

Le sanctuaire jouait ainsi un rôle central dans la vie religieuse, politique et économique des Arvernes de la fin de l’âge du fer.

 

Au pied de l’oppidum, un espace muséographique – "la cave de Luern" -   regroupe des amphores ; il porte le nom du roi Arverne Luern(os), connu au 2° siècle avant notre ère pour les festins organisés pour ses sujets.

 

cave-Luern.jpg                                Corent - espace muséographique "la cave de Luern" - doc. LUERN


On y a retrouvé de la vaisselle métallique, des coupes en argile provenant de Délos, ou en verre venant de Syrie … ce qui confirme les relations commerciales entre la Gaule et la Méditerranée.

 

Histoire géologique :

L’histoire du puy de Corent se décline en deux périodes :

france-a-oligocene.jpg1.  un lac occupe ce territoire à l’oligocène (34 à 23 Ma)… l’érosion des terrains cristallins entraîne le dépôt des arkoses, ensuite de calcaires et de marnes, avec u peu de gypse. La région est exondée à la fin de l’Oligocène.

 

Situation schématique de La Limagne à l'oligocène

doc. Ademir Commercy


2. L’ascension du magma basaltique se fait dans le bassin de La Limagne, alors en milieu lacustre.

Les violentes explosions phréatomagmatiques morcèlent la lave en granules, tandis que les sédiments de l’oligocène pulvérisés s’y mêlent intimement. Le matériau formé, la pépérite, se dépose pour former un anneau de tuff. Puis le magma ne rencontre plus d’eau : un cône strombolien se forme et une coulée de basanite s’épanche … cette éruption du puy de Corent est datée de 3 Ma.

Finalement, l’érosion va modeler le fond de la vallée et créer un relief inversé. La couverture de lave, très résistante, permet la conservation de séries sédimentaires ou d’appareils phréatomagmatiques recouverts.

 

Corent_Puy_de_Corent_plateau_en_vue_aerienne2_JP_Brun.jpg Corent - la cité actuelle et le plateau de Corent, avec une partie lacustre - photo JP. Brun / CEN Auvergne

 

L’ensemble des sédiments affleure à l’heure actuelle sur une épaisseur de 170 mètres des bords de l’Allier jusqu’à la base de la coulée formant le sommet du plateau.

Les pépérites du versant sud-ouest ont un faciès poivré typique, avec des fragments centimétriques de basanite criblant un ciment marno-calcaire.

La table sommitale du plateau de Corent fait 1500 mètres de long, sur 500 mètres de large. Sa partie sud-ouest est surmontée par un cône de scories égueulé dominant le plateau de 80 mètres.

 

En face du plateau de Corent, et dans le même contexte volcanique, se trouve le plateau de Gergovie, analysé précédemment - link

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

- LUERN - Laboratoire Universitaire d'Enseignement et de Recherche en archéologie Nationale - Fouilles de Corent - link

- Archéologie en Auvergne - L'Auvergne de l'âge du bronze

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Voici trente ans que l’éruption du Kilauea s’est localisée au cratère du Pu’u O’o, situé à la frontière est du Parc National des volcans.

Après six mois d’éruptions fissurales entre le cratère Napau et Kalalua, le foyer éruptif se déplace en juin 1983 à l’évent appelé par après Pu’u O’o.


De 1983 à 1986, une série de fontaines de lave construit un cinder et spatter cone, qui dominera de 225 mètres les environs.

 

PuuOo-09.1983-J.D.Griggs-HVO.jpg                         Naissance du Pu'u O'o - septembre 1983 - photo J.D. Griggs HVO - USGS

 

04.02.1985-lava-fount.-PuuOo-HVO---J.D.jpg                    04.02.1985 - Fontaine de lave au Pu'u O'o - photo J.D. Griggs HVO - USGS

 

08.1986---PuuOo-au-max.---Griggs-HVO.jpgEn août 1986, le cône du Pu'u O'o atteint son maximum de hauteur - mesures par les équipes de l'HVO -
photo J.D. Griggs HVO - USGS


En 1986, l’éruption se déplace de 3 km. vers le NE le long de la zone de rift Est, où une sortie de lave quasi continue établit un bouclier, Kupaianaha, et nourrit durant cinq ans des coulées de lave en direction de la côte.


1986.12.16---E.Wolfe---Kupaianaha.jpgLac de lave du Kupaianaha le 16.12.1986 - l'entrée du tunnel conduisant la lave vers la mer se trouve au bout du col du lac de lave, d'un diamètre de 100 m. environ - photo E. Wolfe - HVO-USGS

En 1992, l’éruption ouvre de nouveaux évents sur le flanc SO du Pu’u O’o. Entre 1992 et 2007, une éruption fissurale et l’effondrement, en janvier 97, du flanc ouest du Pu’u O’o sont les évènements marquants.

 

MLK---PKK-flows-2003-2007.gif                      Pu'u O'o - coulées entre 2003 et 2007 (MLK & PKK) - cart HVO-USGS

 

01.08.1997---C.Heliker.jpg

              Profil du Pu'u O'o après l'effondrement - C. Heliker / HVO-USGS 01.08.1997

 

Puoo--cratere-2007-HVO.jpg                     Pu'u O'o - vue aérienne du cratère en 2007 - photo HVO-USGS

 

En juin 2007, un nouvel effondrement se passe avant un hiatus dans l’activité.

Quand elle reprend en juillet 2007, de nouveaux évents s’ouvrent entre le Pu’u O’o et Kupaianaha, envoyant des coulées vers la côte SE jusqu’au début 2011.

 

07.10.2007--coulees-or.-fissur-jpg     Pu'u O'o - 07.10.2007 - coulées originelles d'une éruption fissurale - photo HVO-USGS


Après quelques fluctuations, un nouvel évent persistant s’ouvre sur le flanc NE en septembre 2011 ; il reste actif jusqu’en décembre 2012. A l’intérieur du cratère,la lave rempli peu à peu celui-ci, au départ de spatter cone situés sur le planche.

 

PuuOo 23.06.2011             Pu'u O'o - vue aérienne du cratère et du lac de lave le 23.06.2011 - photo HVO-USGS


En janvier2013, la lave déborde régulièrement sur le flanc E. Un spatter cone situé dans la partie NE du planche alimente une coulée, nomméeKahauale’a … première fois depuis le début de l’éruption il y a 30 ans qu’une coulée est alimentée directement par le cratère. Elle avance de 5 km vers le NE avant de stopper mi-avril. Début mai 2013, le spatter cone émet une nouvelle coulée, Kahauale'a II, qui parcourt 2 km. en 1 mois.

 

2013.04.20-PUUOO---pm-.jpg  Pu'u O'o - 20.04.2013 - une bouffée de spatter du cône sud etcoulée de lave - photo HVO-USGS

 

2013.05.06---Nasa-EO-1-ALI.jpgImage en fausses couleurs du champ de lave du Pu'u O'o,  prise le 06.05.2013 par le satellite de la Nasa EO-1 ALI

L'évent actif est sur le flanc Est du Pu'u O'od'où la lave est conduite vers l'océan par un tunnel ; par endroits, elle ressort à l'air libre (points chauds en couleur rouge) - doc. HVO-USGS

 

Gageons de l'activité soutenue future du Pu'u O'o ... pour pouvoir fêter un autre anniversaire important.

 

Sources:

HVO-USGS - Kilauea / eruptive history - East rift zone (Pu'u O'o) 1983- 2013.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Hoodoo mountain est un stratovolcan à toit plat, situé à la frontière Alasko-Canadienne, composé de produits volcaniques d’éruption subaérienne et sousglaciaire.

 

W_Canada_Volcanoes.jpg                             Les volcans de l'ouest Canadien - doc. USGS / Canada Geological Survey


Le volcan doit son nom à des aiguilles de lave, ou "hoodoos ", atteignant 150 m. de haut, et qui lui donne son apparence particulière et le différencie des autres volcans de la Northern Cordilleran Volcanic Province.

 

Hoodoo_Mountain---Here-fishy.jpg                   Canada - Hoodoo mountain et ses épines de lave - photo Here fishy.

 

646px-Hoodoo_Mountain_satellite.jpgHoodoo_Mountain_area.jpg

 Hoodoo mountain et Little Bear mountain - à gauche, doc. Nasa 2008 - à droite, carte Black Tusk

 


Sa formation s‘échelonne de la fin du Pléistocène – 85.000 ans – à une période géologiquement proche, entre 9.000 et 7.000 ans.

Une activité cyclique, sousglaciaire à subaérienne, rend Hoodoo mountain unique dans la chaîne côtière canadienne.

 

On reconnaît au moins six phases d’activité :

- Entre il y a 85.000 à 80.000 ans : éruptions sousglaciaires sous une épaisseur d’au moins 100 mètres de glace, et production de coulées de lave, de dômes et dépôts bréchiques. (figure a)

- Il y a 80.000 ans, les éruptions ne sont plus sousglaciaires, mais le volcan est environné de glace. La fusion de la glace permet à la lave de s’accumuler dans une dépression autour du volcan (figure b). Ces coulées en marge de la couche de glace sont épaisses et délimitées par des falaises abruptes comportant de fins joints de refroidissement et du verre volcanique.

 

Hoodoo_Mountain_eruption_styles---Black-Tusk.png                             Types d'éruption à Hoodoo Mountain -doc. Black Tusk

a. sous glace épaisse : dômes et brèches sousglaciaires - b. éruption subaérienne avec des laves confinées par des barrages glaciaires - c. éruptions sous glace mince et production d'ignimbrites et hyoloclastites.


- Entre il y a 80.000 et 54.000 ans, l’activité explosive produit des coulées pyroclastiques qui descendent les flancs nord et ouest et créent des dépôts d’ignimbrites soudées et non soudées de plus de 100 mètres d’épaisseur. Cette activité a été vraisemblablement causée par le magma transperçant une glace plus mince (figure c)

- Une quatrième phase éruptive subaérienne, il y a 54.000 ans, produit des dépôts pyroclatiques recouvrant ceux des deuxième et troisième phases.

- Entre il y a 54.000 et 30.000 ans, l’activité sousglaciaire produit desu types d’associations lave-brèches :

entre 54.000 et 40.000 ans, production de dômes de lave et brèches ; entre il y a 40.000 et 30.000 ans, les éruptions sefont sous une couche mince de glace.

- La phase finale est de nature effusive dans un environnement dépourvu de glace,  avec des coulées de lave canalisées sur les flancs NO et SO. Ces coulées sont originaires du sommet plat du volcan et d’évents de flanc. Ces éruptions récentes sont datées, selon les sources, de 9.000 ou 7.000 ans.

 

North_side_hoodoo_mountain---Here-fishy.jpgHoodoo Mountain côté nord présentant des coulées vraisemblablement extrudée sous le glacier - photo Here fishy 2005.

 

hoodoo-mountain--oregonstate.jpgHoodoo mountains - sur le versant SO du volcan, "The Monument", les restes érodés d'un évent volcanique nourri par un dyke (plus de 100 mètres de haut) et une série de coulées de lave subaériennes en couches  relativement plates, surmontées de dépôts de laves et brèches formés par des éruptions sousglaciaires -  photo B. Edwards / Oregonstate univ.



Sur son flanc nord, un cône parasite, daté du Pléistocène, Little Bear mountain, est un tuya (*). Cette structure sousglaciaire est composée de basaltes alcalins et de dépôts pyroclastiques bréchiques contenant de moindres quantités de lave, de pillow lava, de grès et hyaloclastite.

(*) : Un tuya est un type de montagne d'origine volcanique formé aux cours d'éruption sous-glaciaires et caractérisé par un sommet plat, des pentes très raides et une forme grossièrement cylindrique. Les tuyas se rencontrent surtout en Islande comme le Herðubreið et au Canada avec The Table (Colombie Britannique). 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hoodoo Mountain

- Volcanic history of the Northern Cordilleran Volcanic Province - Hoodoo mountain.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La province volcanique de la Cordillère nord comprend, outre le complexe Edziza, le champ volcanique Iskut-Unuk.

Le champ Iskut inclue les Hoodoo mountains et à l’extrême sud, le volcan Lava Fork.

 

canada-volcS.jpg Les volcans canadiens du nord de la colombie Britannique - types et périodes d'éruption - carte Canada volcs.


Le Lava Fork , aussi appelé "The volcano" est en fait un petit cône de cendres, culminant à 1330 mètres ( avec une proéminence de 311 m) et dominant un paysage érodé par les glaciers.

L’activité éruptive y est récente, comparée à celle de la plupart des volcans de la Northern Cordilleran Volcanic Province. Le Lava Fork et ses produits se sont mis en place au cours des derniers 400 ans, bien après la dernière glaciation.

 

Lava-fork-volcano---B.Edwards-oregonstate-univ.JPG      Colombie Britannique - le sommet du cinder cone Lava Fork - photo B. Edwards/ Oregonstate un.

 

Selon la nouvelle datation de S.Karl & al. (USGS), l’éruption la plus récente ayant marqué la frontière entre le canada et l’Alaska s’est produite il y a 120 ans seulement, et a formé les coulées Blue River.

Elles ont rempli la vallée, formant des barrages sur la Blue river et créant de petits lacs. Leur longueur totale est de 22 km.

 

Lava-Fork-valley---Oregonstate-univ.JPG               Colombie Britannique - la Blue river valley - photo B. Edwards/ Oregonstate un.

 

Blue-River-Flow-copie.jpg                        Colombie Britannique -  Blue river lava flows - photo Susan Karl / USGS


Le volcanisme de cette région reculée est toujours considéré comme actif, d’autant qu’un séisme sur la faille Fairweather-Queen charlotte, une faille coulissante off-shore majeure, présente un risque important d’association avec une éruption volcanique.

 

Queen carlotte - Fairweather fault system             Alaska - Colombie Britannique : le système de faille Queen Charlotte-Fairweather (QC-FW)

                                            doc. Green & al.

 

 

Plus au sud, le Tseax cone, aussi appelé Aiyansh volcano, forme un jeune cône de cendres et ses coulées associées. Actuellement d’un diamètre de 290 mètres à la base, il constitue les restes d’un cône plus grand de 460 mètres de diamètre. Il est formé de cendres et bombes volcaniques. Le Tseax cone est la source de coulées datées de 1750-1775, qui ont parcouru la Tseax river et la Nass river, sur 22,5 km. La lave basaltique fluide a formé des coulées pahoehoe  et des tunnels de lave, comme des coulées "a a". Elle a laissé aussi de nombreux moulages d’arbres.

 

411px-Nisga-a_Memorial_Lava_Bed_Provincial_Park---Miguel-Bo.jpgColombie Britannique - le Tseax cone lava bed, et les coulées recouvertes de mousses et lichens - photo Nisga'a Memorial provincial / Miguel Borges / Flickr


Les légendes des indiens Nisga’a, vérifiées sur le terrain par le Geological Survey of Canada, rapportent la destruction de deux villages … près de 2.000 personnes périrent asphyxiés par les gaz volcaniques (CO2). Les lits de lave de la Nass river atteignent 12 mètres de hauteur par place.

 

Nass_Valley_Lava_Beds---Dave-Walker-08.2005.jpg                   Colombie Britannique - Nass river lava beds - photo Dave Walker 2005

 

 

Sources :

 - The distribution, nature and origin of Neogene-Quaternary magmatism
in the
Northern Cordilleran Volcanic Province, northern Canadian Cordillera. - by
Edwards, B.R. & Russell, J.K. 2000.  / Geological Society of America Bulletin.

- Global Volcanism Program - Iskut-Unuk river cones group

- Global Volcanism Program - Tseak river cone

- Volcanic history of the Northern Cordilleran volcanic Province



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Dans un article récent sur les volcans de Behm Canal situé dans le sud-est de l’Alaska, j’ai signalé la découverte d’un nouveau volcan sous-marin.


Au cours des dernières trois années, 12 nouveaux volcans ont été découverts dans le sud-ouest de l’Alaska, et pas moins de 25 évents et coulées réévalués par les géologues de l’USGS et de l’US Forest Service.

Disséminées parmi des centaines d’îles et de fjords, ces structures volcaniques ne sont que de minuscules cônes comparés aux grands stratovolcans de l’arc Aléoutien.


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Alaska - Behm Canal : les volcans sous-marins et les cinder cones - photo J. Baichtal  / US Forest service

 

Mais leur intérêt est lié au fait qu’ils forment une classe à part : la signature chimique des coulées de lave les relie à un grand champ volcanique Canadien, et à des volcans "cousins" comme le Mont Edziza, dont la dernière éruption date d’il y a 10.000 ans.


La croûte continentale de la plaque Nord-américaine est étirée de près de 2 cm. par an … ce rifting s’est formé avec le glissement de la plaque Pacifique vers le nord le long de la faille Queen Charlotte. Les crevasses parallèles au rift ont permis la montée du magma basaltique et des éruptions effusives. La zone de rift a créé, sur 20 Ma, une ligne de volcans appelée Northern Cordilleran Volcanic province (ou encore le Stikine volcanic belt), active durant les 18 et 19° siècles, comme l’attestent les témoignages de mineurs et de peuples locaux.

 

Northern_Cordilleran_Volcanic_Province_rift.jpg   Canada - Northern Cordilleran Volcanic Province rift in northern British Columbia - doc. Black tusk


Le complexe du Mt Edziza s’est édifié au cours des 7,5 à 10 Ma passées.  Il comprend un large plateau à prédominance de coulées de lave basaltique, de 65 km. de long et moins de 20 km. de large, surmonté de quatre stratovolcans, et de nombreux dômes et cônes pyroclastiques : 


-Mount_Edziza_volcanic_complex--Nasa.jpg                               Canada - le complexe Mt. Edziza - doc. en fausses couleurs Nasa


-   le pic Armadillo, vieux de 7,5 Ma, est un stratovolcan qui occupe l’extrémité sud du complexe ; 

-     il est recouvert par le volcan central, Ice Peak, formé au Pléistocène, caractérisé par une caldeira largement érodée par les glaciers.

-    Le stratovolcan Edziza s’est formé au nord du complexe, il y a 1,0-0,9 Ma. Son sommet est tronqué par une caldeira de 2 km. de large emplie de glace. Des dômes de lave ponctuent sa périphérie et des coulées de débordement proviennent de lacs de lave intracaldériques.


Mt Edziza au centre - C.Hickson

                       Canada - le Mt. Edziza - photo C. Hickson / Oregonstate


-   Le complexe comporte aussi des produits d’éruptions sous-glaciaires, ou de contact entre la glace et le magma. Plus de trente cônes pyroclastiques, principalement basaltiques, datés de l’Holocène sont localisés sur le Mt. Edziza et le Spectrum Range, certains d’entre eux âgés de seulement 1300 ans.


Eve cinder cone - pumice Sheep Track member - C.Hickson Or

Canada - Mt. Edziza complex - Eve cinder cone entouré de coulées de lave couvertes de ponces jaunes (origine non définie - Sheep Track member) - photo C. Hickson / Oregonstate

 

-Spectrum_Range---Here-fishy.JPG                Canada - les roches volcaniques oxydées du Spectrum Range - photo Here Fishy

 

-   Au nord du Mt. Edziza, de grandes zones de coulées postglaciation forment des champs volcaniques, dont le Desolation lava field et au sud d’Ice Peak, le Snowshoe lava field.

 

Edziza_lava_field---08.2007---nass5518.jpg

                              Canada - Mt. Edziza complex - lava field - photo nass5518 / 08.2007


Les analyses des coulées de lave, montrant des faciès caractéristiques d’éruptions dans un environnement glaciaire (sous, sur, ou en contact avec les glaciers) pourra aider à comprendre l’historique du climat de l’Alaska sur le dernier millions d’années et à fixer la taille des glaciers de montagne au cours des oscillations climatiques passées.


Sources :

- AVO-USGS - Behm Canalet Rudyerd Bay- link
- Global Volcanism Program -
Behm Canal-Rudyerd Bay 

- Live Science - A blast of a find : 12 new alaskan volcanoes.

- Global Volcanism Program – Edziza  

 - KTOO - Geologist discover underwater volcano in Southeast Alaska - By Leila Kheiry / KRBD Ketchikan. - link 

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