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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

A l’occasion des Journées de la Mer 2013, l’ARVAM (Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines) et l’Aquarium de la Porte Dorée, à Paris, présentent l’exposition " BIOLAVE ", compte rendu d’une expédition scientifique à la découverte des nouvelles espèces marines vivant sur les pentes immergées du volcan du piton de la Fournaise, à l'île de La Réunion.

 

Affiche-Biolave.jpg                                 Affiche de l'exposition "Sous l'océan, la vie secrète d'un volcan"
       du 6 juin au 3 novembre 2013 - Aquarium de la Porte Dorée - Avenue Daumesnil, 75012 Paris


Collaborations scientifiques et techniques : IFREMER-Réunion, IRD Université de La Réunion-laboratoire ECOMAR, Museum d’Histoire Naturelle de La Rochelle, Oceanographic Research Institute (Afrique du Sud).

BIOLAVE est un projet soutenu par le Ministère de la Recherche et les fonds européens.


En 2004, la lave de La Fournaise atteint l’océan indien et forme des laves en coussins (pillows-lavas).

 

2004.09.-PFournaise----Aquariomania.jpg           La Réunion - entrée des laves de La Fournaise dans l'océan - photo Aquariomania / Bouchet


En 2007, par contre, suite au chocs thermique et chimique engendrés par la lave entrant dans la mer, ce sont de nombreux poissons abyssaux, dont des espèces inconnues jusqu’alors, qui remontent à la surface. Dès la fin de l’éruption et le refroidissement des laves, les scientifiques constatent la reprise de la vie.

 

piton_fournaise50-02.04.07-V.Bouget.jpg  La Réunion - entrées multiples de la lave dans la mer au Tremblet - photo 02.04.2007 Vincent Bouget

 

Doc_5b_OVPF.jpgeruption-la-reunion-av-2007-07.jpg

 

La Réunion - cartes des coulées de 2004, à gauche - de 2007 à droite.

Doc. OVPF

 

 

 

 

inte ret-newEtude2 - FrMazeas Arvam

         La Réunion - coulées sous-marines du Piton de La Fournaise - photo ©  Franck Mazeas / ARVAM  

 

article_biolave.jpgLa Réunion - une équipe de plongeurs en prospectin sur les coulées sous-marines - © ARVAM / France Tv Outre-mer


De ces découvertes est né le projet Biolave : après une préparation de 2 ans, deux expéditions d’analyse de la biodiversité se sont suivies en novembre 2011 , en eaux peu profondes et février 2012, en eaux profondes, au départ du port de Sainte-Rose.

 

biolave6_thumb.jpg                            Evolution du projet Biolave - doc. Dossier Presse ARVAM


Mille trois cents espèces ont pu être identifiées, dont 10% de nouveauté pour la faune et la flore de La Réunion … le premier poisson décrit porte d’ailleurs le nom du volcan : le Colas rouge, Symphysanodon pitondelafournaisei.


Le volcan, qui détruit, donne aussi la vie … en l’occurrence, son importance est ici marquée avec la découverte de zones coralliennes, diversifiées et riches, à une époque ou ceux-ci sont menacés par le changement climatique et la pollution.

 

Un petit échantillon de la biodiversité marine de La Réunion :

 

 

Sources : Merci à Daniel Chereau pour le lien.

- Ifrecor - Biolave 2011 - link

- Biolave Réunion 2011 - dossier presse - link

- OVPF - Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise

- Ifrmer archives -  Symphysanodon pitondelafournaisei. 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Indonésie :

Sumatra – Le Kerinci a produit le 2 juin une explosion accompagnée d’un panache montant à 2000 m de hauteur, et des chutes de cendres relevées 20 km. à l’est du volcan. Cette explosion, vraisemblablement d’origine phréatique, n’a pas donné de changement du niveau d’alerte.

 

2013.06.02-Kerinci---via-AVCAN.jpg            Sumatra - le panache du Kerinci, le 2 juin 2013 - auteur non référencé / via AVCAN


Flores - Kelimutu : le niveau d’alerte a été relevé le 4 juin à Waspada, après le changement de couleur d’un des trois lacs (sans spécification), qui est passé du bleu au blanc le 3 juin, en même temps qu’une forte odeur d’H2S était perçue à Pemo, un village situé au sud. Le risque majeur en cas d’éruption phréatique est la production d’un lahar acide, en plus des chutes de cendres. (VSI)

 

Kelimutu-trois-crateres.jpgFlores - les trois cratères différemment colorés du Kelimutu - les teintes de ces lacs sont variables et ne reflètent pas l'épisode actuel -


Japon - Archipel de Ryuku (au sud de Kyushu) : le niveau d’alerte est passé à 2 (cratère interdit) après une petite éruption le 4 juin au Satsuma-Iojima, faisant partie de la caldeira Kikai. Entre 2000 et 2004, quelques éruptions de VEI 2 sont à signaler au dôme rhyolitique du Tokara-Iwo-jima (son autre dénomination).

 

Kikai.jpgArchipel de Ryuku - le panache du Satsuma-Iojima vu par le satellite Aqua MODIS de la Nasa le 4 juin 2013.

 

Kikai-caldeira.JPG                        Archipel de Ryuku - la caldeira Kikai - doc. Geological Survey of Japan


Costa Rica – Turrialba : Un panache marque le sommet du Turrilaba, accompagné le 4 juin de légères chutes de cendres au sud-ouest du volcan, sur Pacayas et San Pablo. D’après l’Ovsicori, l’émission de matériel fin est lié à la sortie de gaz accumulés dans le système hydrothermal superficiel du volcan.

 

2013.06.05---Turri---Camiones-Pasion-Ovsicori.jpg            Costa Rica - Turrialba - le 5 juin 2013 - photo OVSICORI / Camiones Pasion


Vidéo (en espagnol) sur : http://www.repretel.com/una-nueva-erupci%25C3%25B3n-en-el-volc%25C3%25A1n-turrialba-provoca-alarma


Kamchatka – 4 volcans en alerte orange : Shiveluch, Kizimen, Karymsky et Tolbachik.

L’activité reste soutenue au Tolbachik, avec des coulées bien visibles sur les images satellites. Activolcans rapporte un la ce lave de 20 mètres observé fin mai.

 

2013.06.05---Tolba---Landsat-8---Peter-Webley.jpg                              Tolbachik - photo Landsat 8 du 5 juin 2013 - via Peter Webley


Alaska – Pavlof : l’AVO a fait repassé le Pavlof à l’alerte aviation code  orange le 4 juin, suite à des émissions cendreuses, accompagnées de trémor et de signaux sismiques d’explosion ; la surveillance satellite nocturne montre des températures de surface élevées à proximité de l’évent, pouvant correspondre à une effusion de lave et du fountaining.

 

Sources : les observatoires cités

La liste des volcans en éruption n'est pas exhaustive ... d'autres renseignements sur les sites du Global Volcanism Program, d'Activolcans et de Volcanodiscovery

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Le Belem, le dernier grand voilier Français, aperçu en rade de Dunkerque après la réunion L.A.V.E.- Nord, Pas-de Calais, Picardie, - lien - est un rescapé de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902.

 

belem---mesnil-saint-Denis.jpg                    Le Belem "toutes voiles dehors" - photo Mesnil St-Denis

 

Revenons sur les circonstances de ce désastre.

Début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre, à La Martinique. Les navires y sont obligés de s’embosser les uns à côté des autres en rangs serrés … sa place a été prise par le voilier Tamaya, d’un armement Nantais. Le Belem doit aller s’ancrer dans une autre baie, le havre du Robert, de l’autre côté de l’île : cette mésaventure, qui irrite son commandant, le Capitaine Chauvelon, sauve le trois-mâts et son équipage.

 

Saint-Pierre.jpg                    La rade de Saint-Pierre de La Martinique ... avant l'éruption - photo R.Thomas

 

L’éruption du 8 mai a été précédée de signes avant-coureurs non reconnus à l’époque … d’autres en ont perçu les prémices.

Le 7 mai, le Capitaine Ferrata, commandant de l’Orsolina, décide de lever l’ancre, malgré l’interdiction de le faire sans autorisation … son bateau est déjà recouvert de cendres !  Les douanes refusent de la laisser partir, le menacent de sanctions, mais cet habitué des colères du Vésuve leur rétorque : " Qui me les appliquera ? Demain, vous serez tous morts ". Son bateau sera le seul rescapé de ceux qui mouillaient en rade de Saint-Pierre.

 

Le 8 mai, Chauvelon s’apprête à débarquer pour rejoindre Saint-Pierre à cheval et déjeuner avec le Capitaine Mahéo, quand le volcan entre en éruption. Le bruit de celle-ci et le panache de cendres qui émane du sommet attirent l’équipage sur le pont. Une pluie de cendres arrive sur le Belem … son pont se couvre de lapilli, son gréement et sa mâture sont endommagés. L’épaisse couche de cendres se transforme quelques heures plus tard sous une pluie torrentielle en une boue caustique et consistante, dure comme du mortier. (Louis Lacroix : Les derniers voiliers antillais et les voyages de forçats à la Guyane. 1945)

 

Mais à Saint-pierre, c’est l’enfer !

Une nuée ardente se rue sur la ville, la couvre, l’embrase puis roule sur la rade … rien n’est épargné.

Alfred Lacroix a étudié cette éruption en détail ; Simone Chrétien et Robert Brousse la retrace après analyse de divers témoignages dans leur livre " La Montagne Pelée se réveille "


Quelques descriptions puisées dans ce triller volcanique :

  " Vers les 8 heures, étant encore à regarder le cratère, j’en vis sortir une petite vague, suivie deux secondes après d’une nappe considérable qui mit moins de trois secondes à couvrir jusqu’à la pointe du Carbet, en même temps qu’elle se trouvait déjà à notre zénith, se développant par conséquent presqu’aussi vite en hauteur qu’en longueur (…) Au milieu de ce chaos de vapeurs pétillaient d’innombrables étincelles électriques, en même temps que les oreilles étaient assourdies par un fracas épouvantable. (…) En même temps que sur la ville de Saint-pierre et dans la direction a peu près où je savais se trouver le quartier du Mouillage, nous vîmes une colonne de feu semblant animée d’un mouvement de translation et d’un autre mouvement de rotation, laquelle trombe de feu j’estime au moins de 400 mètres de hauteur. Ce phénomène dura de deux à trois minutes. " - (Description de Roger Arnoux, membre de la Société Astronomique de France, assistant à l’éruption depuis le Parnasse, sur les hauteurs à l’est de St-Pierre)

 

8      Saint-Pierre de La Martinique ... après l'éruption. La rade est vide, la ville rasée - photo M.N.H. Paris

 

Dans la rade, la nuée boute le feu aux navires : les voiliers démâtés sombrent ou brûlent, des noyés flottent, sur un fond de brasier dominé par le volcan en éruption. Le Roddam, protégé par sa coque métallique, fait exception. Le Capitaine Freeman en fait le récit, repris par A. Lacroix : 

" La cendre brûlante balaya le navire, incendiant tout ce qu’elle touchait, pénétrant partout (…) Dans la chambre des cartes, la cendre arrivait, nous aveuglant et nous brûlant : ce fut une torture effroyable qui, durant deux minutes, sembla durer deux ans ".

 

Belem              .   Le Belem, à quai à Bordeaux - photo La Cub - Communauté urbaine de Bordeaux

 

 ... Le reste de ce(s) récit(s) palpitant(s) est à lire dans le livre de Simone, et dans l’Histoire du Belem (liens en Sources), qui poursuivit ensuite sa carrière comme yacht de luxe, puis navire-école, avant de retrouver en 1979 son pavillon français.

 

Sources :

-  La Montagne Pelée se réveille – Comment se prépare une éruption cataclysmique – par Simone Chrétien et Robert Brousse / éd. Boubée

-  Trois-mâts Belem – son histoire – link

-   Belem – 2 – Enfer en Martinique – éd. Glénat – Chasse-marée.

 

51RD8FW12NL.jpgBelem---Mt-Pelee---DK-2013.jpgA gauche, le livre de Simone Chrétien et Robert Brousse / ma Bibliothèque

 

A droite, couverture de la BD de J-Y. Delitte -

photo http://avaxhome.ws/comics

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Ce samedi 1° juin se tenait à Hoymille, près de Bergues, la première réunion de la délégation L.A.V.E.- Nord, Pas-de Calais, Picardie, à l’initiative de sa déléguée Sylvie Chereau.

 Nous étions 22, " lavistes " et autres volcanophiles de l’Association Vulcano, à nous réunir pour cette après-midi de projection, dense, qui nous a permis de faire un tour d’horizon des volcans de la planète.

 

capelinhos-volcano---Faial-isl-jpg                               Açores - le Capelinhos et le phare - photo Faial island

 

Sans entrer dans les détails, après une mise en bouche sur le dernier paroxysme de l’Etna, et une retombée exceptionnelle de scories, nous sommes partis pour la frontière Chilio-Bolivienne, ses volcans, ses salars et les geysers d’El Tatio.

Grand écart, et direction le Japon, avec les nombreux volcans actifs de Kyushu, et des îles au sud de l’archipel, Suwanose-jima et Satsuma-Iwojima.

Retour en Atlantique, avec trois îles des Açores, les volcans  Pico et Capelinhos, et un tour d’Islande hivernal, et de sublimes aurores boréales.

 

dossier-46-7124-copie-Parinacota.jpg                  Chili - le Parinacota et la laguna Chungara - photo J-M. Mestdagh

 

dossier-46-7541---Yufun-dake---Dos.JPG         Japon - la zone active du Yufun-daké - photo LAVE.be / Th. Dockx (lien vers le diaporama)


Après un break, agrémenté de gâteaux-maison, d’un café ou de la découverte d’une bière locale, nous nous sommes replongés dans l’éruption de la Montagne Pelée, grâce à des documents d’époque.

Un bref coup d’œil ensuite aux extrêmophiles des sources chaudes du Yellowstone, puis ce sera les Eoliennes, avec Vulcano.

L’Ol Doynio Lengai en éruption en février 2008 nous gratifiera de panaches divers, avant quelques explosions particulièrement photogéniques du Stromboli, en forme en mai 2013.

 8.jpg                   La ville de Saint-Pierre après l'éruption de la Montagne Pelée - doc. M.H.N. Paris

 

T.Drummond-Murray-05.03.2008.JPG                             Ol Doynio Lengai - 2008 - photo T. Drummond-Murray

 

z--12--Yellowstone-N.jpg                               Yellowstone - Le Grand Prismatic - photo Bernard Duyck

 

(ndlr : chaque auteur retrouvera son œuvre dans l'énumération ci-dessus -

les photos ne sont présentes qu'à titre d'illustrations, et ne sont pas nécessairement des auteurs des projections lors de la réunion).

 

Comment des organisateurs vous mènent en bateau …

Cette première réunion, pleine de promesses, fut suivie à Dunkerque, d’un sympathique dîner au restaurant " Les Gens de la mer ".

Après avoir repris des forces, direction le port tout proche, où de grands voiliers Européens faisaient escale dans la cité de Jean Bart, dans le cadre des Festivités Dunkerque 2013 – Capitale régionale de la Culture.

 

                                                          Vidéo DK 2013 / Dunkerque 2013

 

Parmi ceux-ci, le Kruzenshtern, deuxième plus grand voilier au monde, le dernier grand voilier Français, le Belem, qui eu la chance d’échapper de justesse à l’éruption de la montagne Pelée.

Les trois-mâts Mir et Dar Mlodziezy, les Bricks Mercedes et Morgenster, et une réplique d’une frégate de 1745, l’Etoile du Roy complètent la flotille …

Chacun a regagné ses pénates aux environs de minuit, la tête pleine de belles images, pour rêver à de lointaines destinations.

 

Dossier-47-9701.JPG                       Dunkerque 2013 - la mature du brick Mercedes - photo Bernard Duyck

 

Liens :

- L.A.V.E. - L'Association Volcanologique Européenne - link

- L.A.V.E. - Belgique - link

- Association Vulcano - link

- Dunkerque 2013 - Escale à Dunkerque - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Rainbow-over-the-Roden-Crater---J.Turrell.jpg

                   " Rainbow over the Roden crater " - photo du site de James Turrell / Facebook


L’artiste travaille sur l’espace, sur la lumière et sa mise en forme.  

Comme il le dit : "La lumière est le matériau que j'utilise, la perception le médium, mon travail n'a pas de sujet, la perception est le sujet, il n'y a pas d'image car la pensée associative ne m'intéresse pas. "


James Turrell est né en 1943 à Los Angeles, il vit et travaille en Arizona.

En 2013, James Turrell fait l'objet d'une importante rétrospective aux Etats-Unis, qui sera inaugurée le 26 mai au LACMA à Los Angeles puis au Museum of Fine Arts à Houston le 9 juin et enfin au Guggenheim à New York le 21 juin. 


Turrell a bâti des " skyspaces " aux quatre coins du monde : des endroits clos, ceints de murs, qui donnent une impression d’enfermement, et ouvert à la lumière avec une échancrure qui recadre le ciel. Ces endroits sont destinés à faire l’expérience de la lumière, du temps qui passe, de sa relation au monde.

 

Le projet Roden Crater :

Le Roden crater est un cône de cendres volcaniques éteint situé dans le champ volcanique San Francisco, à proximité du Painted Desert en Arizona et du Grand Canyon. Ce cinder cone, formé de cendres rouges et noires, est daté d’environ 400.000 ans.

 

330_25738176242_2388_n.jpg                                James Turrell devant le Roden Crater - photo du site

 

turrell-roden-crater---USGS.jpg                                     Vue zénitale du Roden Crater - photo USGS


En 1974, James Turrell conçoit ce projet qui veut étendre ses explorations sur la lumière et l’espace de son studio … aux paysages de l’Ouest américain. Après de longues recherches, Turrell va acheter Roden crater en 1977, grâce aux fonds de la Fondation Dia Art (La Dia Art Foundation est une organisation sans but lucratif fondée en 1974, et qui initie, supporte, présente et préserve des projets artistiques).

En 1979, il débute la transformation du cône en œuvre d’art monumentale et observatoire à l’œil nu.


Influencé par la conception d'anciens observatoires et de grands monuments, tels que Borobodur, Agkor Vat, les pyramides égyptiennes et mayas, le projet Roden crater se doit d’apporter la lumière des cieux sur Terre, et relier les visiteurs avec les mouvements des corps célestes. 


Turrell a sculpté uniformément le cratère en une parabole douce, pour créer l’illusion que cette dépression est un sol plat, et que c’est le ciel qui est voûté … il a lui-même référencé cet effet comme réalisation d’une voûte céleste. Cet effet n’est perceptible qu’en des points précis du cratère. ( voir sur flickr )


Le Roden Crater compte plusieurs " skyspaces " :  

East Portal se métamorphose de l’ellipse au rond selon qu’on se trouve proche ou loin.

Eye of the crater est une pièce sonore et visuelle.

 

dia_turrell5.jpgLe Roden Crater compte plusieurs Skyspaces, dont East Portal, qui se métamorphose de l’ellipse au rond, selon que l’on est près ou loin. Tout a été calculé avec le concours d’astronomes et des Indiens Hopis pour observer le ciel. - photo Le Figaro madame.

 

A terme, le projet doit contenir 20 espaces, certains avec plus d’un espace de visualisation. La lumière au sein de ces espaces va venir de différentes sources, et certains effets seront familiers a ceux qui auront apprécié les installations et skyspaces de l’artiste au fil des années.  

Roden-crater---Crater-s-eye---NY-Times-Floaian-Holzherr-200.jpgBasalte noir au sol pour ne pas refléter les rayons, cercles concentriques qui déploient la sensation d’espace, James Turrell a soigné chaque détail pour  "recréer la lumière des rêves ".

 


Eye of the crater  - photo Florian Holzherr / New York Times.


Trente ans après son début, ce chef d’œuvre est toujours en réalisation … et les visites sont actuellement réservées à ceux qui ont soutenu le projet. L’ouverture au public est sans cesse repoussée … au point qu’on se demande si l’œuvre ne sera pas considérée comme "terminée" seulement après la mort de l’artiste.

 

Sources :

- Un article du Figaro madame ... à lire ! - James Turrell, sculpteur de lumière / Rencontre avec l'artiste au coeur du Roden Crater, oeuvre pharaonique encore inachevée - par Laetitia Cénac. - link ( Merci à MatCal pour le lien)

- James turrell official Facebook page - link

- USGS - The San Francisco volcanic field - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Depuis mars 2013, la température du dôme et de la laguna Caliente du Poas est en augmentation progressive, passant de 240 à près de 500°C. Ce phénomène est accompagné d'une hausse de l'activité sismique. Fin avril, le nombre de séismes est passé de 50 à plus de 200 par jour.

Les 1 et 2 mai, deux petites éruptions phréatiques sont accompagnées d'une baisse de 75 cm. du niveau du lac acide, ce qui correspond à une perte de 50.000m³, indiquant un déséquilibre du système hydrothermal du Poas.

Le 8 mai, le dôme présente une incandescence nocturne et à 17h.35, lors d'une prise de mesure des gaz par le RSN, une éruption projette des blocs de 50 cm. à plus de 15 mètres du dôme en direction du lac. Ensuite, une explosion de soufre a propulsé une flamme de couleur rose-orangée, de 40 m. de hauteur et 10 de large, dépassant les 700°C, avant de s'étendre à la surface du lac ... le tout a duré 30 secondes, sans dommages pour les personnes présentes.

La flamme correspond selon eux à une réaction exothermique entre les gaz magmatiques et l'oxygène de l'air, qui a consommé la totalité du soufre présent dans la zone du dôme et une partie de la laguna Caliente.

Le 30 mai, une forte activité fumerollienne est remarquée, ainsi que de l'incandescence. La température minimum enregistrée à la caméra thermique FLIR SC 660 est de 450°C, selon les volcanologues de l'OVSICORI.


2013.05.30-5h00-Poas---OVSICORI.jpg Poas - fumerolles en bordure du lac acide - 30.05.2013 / 5h00 - photo Dr. Geoffroy Avard  / Ovsicori-UNA

 

Un dégazage intense marque le sommet du volcan en ce 2 juin.

 

2013.06.02-Poas-gaz---RSN.jpg

             Poas - dégazage le 02.06.2013 / 6h20 - photo Red Sismologica de Costa Rica.


 

Selon l'Ovsicori, depuis 1997, le volcan est sujet à des éruptions phréatiques, à un dégazage intensif, sous forme de panaches de plusieurs kilomètres, et à l'émission de fumerolles de hautes températures (égales ou supérieures à 500°C).

Des éruptions phréatiques importantes sont répertoriées les 25.12.2009 et 13.04.2012.

 

25.12.2009-er-Phreatique-Poas.jpg                           Poas - éruption phréatique du 25.12.2009 / 9h52 - photo Ovsicori-Una

 

04.2012 - Red sism nac                             Poas - dégazage en avril 2012 - photo Res Sismologica Nacional

                              A l'avant-plan, la laguna Botos - à droite, la laguna Caliente dégaze.


Sur la période 2010-2011, plusieurs milliers de petites manifestations ont troublé le lac acide, allant de grosses bulles à des éruptions de plusieurs centaines de mètres.

De l'incandescence nocturne a été également signalée en septembre 2011 : elle est le résultat de la dégazéification normale du volcan, activée par les vents et une augmentation de température.

 

2011.09.17-18--Poas--2----Cantonpoas.jpgPoas - 17-18.09.2011 - incandescence nocturne - photo Cantonpoas.com / via Jairo García Céspedes - Facebook

 

Sources :

- Cantonpoas- Tierra forjada por el agua y por el fuego - cantonpoas.com & sur Facebook

- Ovsicori-Una

- RSN - Red Sismologica Nacional

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une récente émission de David Attenborough sur les serres tropicales de Kue Gardens, en Angleterre, a mis en lumière des zones géothermales situées au Rwanda.

Quel peut être le point commun entre ces deux endroits fort éloignés ?

 

Le Nymphea thermarum Eb.Fisch. :

Le nénuphar pygmée rwandais (nom usuel, non officiel) - pygmy Rwandan water lily -  est un nénuphar "thermal" poussant autour des sources chaudes de Mashyuza, dans le sud-ouest du Rwanda.

Découverte en 1987 seulement par le botaniste allemand de l’Université de Koblenz-Landau, le professeur Eberhard Fischer, cette endémique a disparu de cette implantation suite à la surexploitation de la source chaude lui fournissant son fragile habitat. L’eau ne pouvant plus atteindre la surface, la petite zone, chaude et humide où il poussait, s’est desséchée et tous les exemplaires ont disparu.

 

Nymphea-Thermarum--Seerosen.jpg                     Nymphea thermarum Eb.Fisch - photo Seerosen.org (~x4)

 

Fort heureusement avant son extinction dans la nature, des exemplaires avaient été cultivés en Allemagne, à Bonn, et à Kew Gardens, en Angleterre. Toutefois, l’espèce s’est révélée extrêmement difficile à multiplier.

carlos-magdalena-foto-kew-gardens-copie-1.jpgL’horticulteur Carlos Magdalena de Kew Gardens (photo) a déchiffré l’énigme de la culture de cette espèce rare de nénuphar africain, considéré comme le plus petit au monde, avec des feuilles n'atteignant parfois que 1 cm de diamètre. Il a rassemblé des informations sur l’habitat naturel de la plante en retournant  à la description originale en allemand de celle-ci : "Il pousse dans la boue humide due au débordement d’une source chaude. L’eau atteint la surface à 50°C, mais la plante colonise un secteur où l’eau a refroidi jusqu’à 25°C ".

Cela signifie qu’au contraire de toutes les autres espèces connues de nénuphars, Nymphea thermarum ne pousse pas submergé dans l’eau profonde des lacs, rivières ou marais. La découverte est que cette espèce de petite taille, extrêmement rare et inhabituelle, pousse en terrain humide au bord d’une source chaude thermale. Avec ces données en main, Carlos Magdalena a procédé à un dernier essai. Il a placé semences et semis dans des pots de terreau à l’intérieur de petits récipients remplis d’eau afin de maintenir l’eau au même niveau que la surface du terreau, à une température de 25°C. Les derniers individus restants de l’espèce ont ainsi pu être exposés à une concentration plus forte de dioxyde de carbone et d’oxygène dans l’air. A sa joie et sa surprise, les plants se sont vite renforcés et après quelques semaines, huit d’entre eux ont commencé à prospérer et ont atteint la maturité avec des feuilles plus épaisses, plus vertes et plus larges.

 

Nymphaea_thermarum-Kew-gardens---CT-Johansson.jpg     Nymphea thermarum Eb.Fisch en conditions de culture - photo C.T. Johansson / Kew Gardens


Ce nénuphar possède des fleurs blanches à étamines jaunes, probablement autopollinisées, qui s’ouvrent le matin pour se refermer en début d’après-midi. Une fois la floraison terminée, le pétiole se courbe pour que le fruit entre en contact avec la boue humide. Après maturation, le fruit libère les semences. La plante ne se reproduit que par semis.

En novembre 2009, la collection de Nymphea thermarum de Kew a fleuri pour la première fois.

Comme cette espèce est aujourd’hui multipliée et cultivée facilement dans les serres, et comme la source chaude continue à couler (mais elle est captée avant d’atteindre la surface), il pourrait y avoir une possibilité de restaurer le site et de réintroduire Nymphaea thermarum au Rwanda.


Le potentiel géothermique du Rift africain :

De nombreuses sources chaudes émergent dans le graben Mashyuza, à une température allant jusqu’à 54,2°C. Elles témoignent d’un potentiel géothermal lié au rift africain, et dans ce cas, à sa branche occidentale.

 

figure2.jpg          Le rift Est africain et ses deux branches, ouest et est, entourant le craton Tanzanien.


La présence de ce petit nénuphar, et son éventuelle réimplantation, remettent à l’ordre du jour une source énergétique disponible et inutilisée, sinon gaspillée, malgré son inventaire dans les années 70-80. L’utilisation de cette source d’énergie pourrait se substituer à terme à l’utilisation du charbon de bois, mettant en danger les écosystèmes.

 

Rwanda-geothermie.jpg                                         Rwanda - en gras, les zones géothermales étudiées 

 

Sources :

- Kew Royal Botanical Gardens - Nymphea thermarum

- Science News - Smallest waterlily in the world brought back from the brink of extinction at Kew Gardens.

- Seerosen - Nymphea thermarum

- Geothermal development in rwanda : an alternative to the energy crisis - Ministry of infrastructure, Kigali, Rwanda.   

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