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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Vatican sur un volcan ?


La résidence estivale des Papes et l’Observatoire du Vatican sont situés sur le bord sud du cratère Albano, dans la petite ville de Castel Gandolfo

Vers 1200, la famille Gandolfi y fait construire un château fort que l’on baptise Castel Gandolfo. Le village devient la résidence des papes depuis Urbain VIII (1623-1644), qui y fait construire un palais près de l’emplacement de l’Albanum Domitiani, une villa construite par l’empereur Domitien, dont le domaine s’étendait de la Via Appia au lac Albano.

 

Gandolfo---Max-Rossi.jpg

Castel Gandolfo - la résidence papale et l'observatoire dominent la Lago Albano  - en arrière-plan, le Monte Carvo. - photo Max Rossi

 

83619-what-symmetry-castel-gandolfo-italy.jpg      Castel Gandolfo - les jardins ordonnancés de la résidence papale - photo traveljournals

 

Ce palais sert de résidence papale d’été jusqu’en 1870, année durant laquelle toutes les résidences papales sont fermées en signe de protestation contre l’attitude des autorités Italiennes à la suite de la prise de Rome par les troupes de Victor-Emmanuël II. La signature des accords de Latran en 1929, créant l’état du Vatican, redonne à Castel Gandolfo son rôle de résidence papale d’été, bénéficiant du statut d’extraterritorialité.


Un rocher isolé du reste du versant de Monte Cavo est couronné par les ruines d’un château, porte le nom de Rocca di Papa sur un document de 1181 du Pape Lucius III ; son successeur Eugène III y a vécu. La forteresse fut démantelée au 16° siècle par Paul III.

 

WP_lago_Albano.jpg Colli Albani volcanic colplex - partie sud :  Situation des maars LAgo di Albano et LAgo di Nemi, et de Rocca di Papa  - doc.Geoarcheologia

 

Colli_Albani_-_Monte_Cavo_-_La_Via_Sacra.JPG    Monte Cavo - pavement de la voie romaine "Via Sacra o Trionfale" en basalte - photo Deblu68

 

L’histoire de ce lac se confond plus généralement avec celle de Rome


Sur ses bords, se trouvait l’antique cité d’Alba Longa, où sont nés Romulus et Rémus, légendaires fondateurs de la cité.


Selon la légende, Alba Longa  est fondée par Ascagne (Iule), fils d’Énée, trente ans après la fondation de Lavinium. Chronologiquement, cela signifierait à peu près au milieu du XII° siècle av. J.-C., peu de temps après la destruction de Troie. Ascagne aurait fondé une dynastie de rois albains dont nous ne connaissons que les noms de Procas et de ses fils Numitor et Amulius. L’héritier légitime de Procas était Numitor, mais il est chassé par son frère Amulius, qui usurpe le trône et contraint Rhéa Silvia, la fille de Numitor, à entrer dans les rangs des vestales pour lui ôter tout espoir d'avoir une progéniture qui pût venger son grand-père. Quand Rhéa Silvia donne naissance aux jumeaux Romulus et Rémus, engendrés par Mars, Amulius ordonne de les tuer. Mais les jumeaux sont abandonnés sur le Tibre et sauvés. Devenus hommes, et prenant conscience des droits de leur naissance, ils tuent Amulius et rendent le trône à Numitor. Ce dernier, en remerciement, leur permet de fonder une nouvelle cité, Rome : ainsi, les Romains regardent traditionnellement Alba Longa comme leur cité-mère. (Wikipedia)

 

Lake_Albano_Italy_seen_by_ESA_Proba_satellite-2004.jpg                          Colli Albani - le Lago Albano - photo satellite Probe ESA 2004


Le lac Albano est alimenté par des sources sous-terraines, et les pluies. Les oscillations du niveau du lac sont rapportées par Denys d’Halicarnasse (60-7 av. JC), dans son livre Antiquitates Romanae, où il décrit les effets catastrophiques d’un débordement du lac Albano ; cette histoire sera ensuite reprise par d’autres auteurs latins, dont Plutarque et Tite Live.


La montée soudaine de niveau du lac et son débordement se sont passés au cours d’une période climatique sèche, et sans bouillonnements ou mouvements de surface importants, selon les écrits, et au cours de la guerre contre la cité Etrusque de Veio, en 398 avant JC.

Après cette inondation soudaine et le déversement des eaux dans la mer Tyrrhénienne, les romains ont consulté l’oracle de Delphes … l’oracle leur aurait conseillé de construire un tunnel de drainage au travers de la paroi du cratère, afin de détourner le déversement des eaux dans la mer Tyrrhénienne, faute de quoi la cité de Veio ne serait pas prise.

 

1825-Veduta-dell-Emissario-del-Lago-di-Albano-e-di-Castel-G.jpgSortie du tunnel de drainage du Lac Albano - perspective de Piranesi 1762 / photo Alvaro de Alvariis - Roma ieri, Roma oggi.

Ce tunnel a fonctionné jusqu'en 1980; il n’est plus opérationnel de nos jours, à cause de la baisse de niveau du lac, étant donné la consommation d'eau.

Ce débordement, attribué historiquement à l’humeur des dieux, aurait été causé  par une libération brusque de grandes quantités de fluides chauds riche en CO2 dans la lac Albano, en conséquence de microfractures induites par la sismicité. (Funiciello & al 2002-03).

Une bathymétrie  précise a été réalisée par le département de la Protection Civile Italien en 2006, pour évaluer le potentiel de stockage du lac en dioxyde de carbone, et son éventuelle " éruption ", pouvant menacer l’agglomération de Rome. Elle a révélé la nature polygénétique du maar.

 

Sources :

- Geoarcheologia - Il Lago Albano - link

- Water level and volume estimations of the Albano and Nemi lakes (central Italy) - by Federica Riguzzi & al 2006

- The lake Albano: bathymetry and level changes - by Marco Anzidei and Alessandra Esposito - 2009

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un cratère fumant d’1,8 mètres de diamètre et 1,2 mètres de profondeur est apparu ce samedi 23 août au milieu d’un rond-point proche de l’aéroport de Rome-Fiumicino.

Selon les volcanologues appelés sur place, les gaz malodorants éjectés seraient un cocktail de dioxyde de carbone, hydrogène sulfuré et méthane. Le site a été isolé et une analyse est en cours.

 

volcan-rome-Fiumicini---27.08.2013.jpeg                    Un geyser volcanique près de l'aéroport de Rome - photo Metronews


Les gaz sous-terrains peuvent, selon Alberto Basili, de l’INGV, conserver leur chaleur pendant des dizaines de milliers d’années après une éruption volcanique, et remonter à la surface … ce phénomène a été observé en d’autres endroits autour de Rome par le passé, avec des animaux domestiques tués pour avoir respiré ces gaz. ( DailyTelegraph / Roma)


Le système volcanique le plus proche de cette région du Latium est le Colli Albani, connu aussi comme le « Vulcano Laziale » , ou Alban Hills.


Colli Albani est une structure volcanique complexe de type somma – une caldeira avec cône central – située au sud-est de Rome, et comportant deux caldeiras nichées et des évents post-caldeira excentrés.

Le point le plus haut du complexe Colli Albani est le Monte Cavo, 949 mètres, un cône de scories situé sur le bord sud-ouest de la la jeune caldeira Faete. Deux lacs de cratère, les lago Albano et lago Nemi, remplissent les plus récents cratères post-caldeira.

 

Monte_Cavo_-_Rocca_di_Papa_-_948_m---Deblu68.jpg Colli Albani - le oint culminant du complexe : un cône de scorie, le Monte Cavo, Rocca di Papa  - photo Deblu68

 

Carta-geologica-dei-Colli-Albani--modificata-da-Giordano-et.jpg


               Carte géologique de Colli Albani - modifiée d'après Giordano & al. 2010 /Geoarchologia

 

L’évolution géologique de Colli albani est subdivisée en trois grandes phases :

- Tuscolano-Artemisio : de 600.000 à 360.000 ans   

- Faete : de 300.000 à 200.000 ans  

- une phase hydromagmatique finale : entre 70.000 et 36.000 /22.000 ans (dates variables selon les sources).


La phase Tuscolano-Artemisio : elle comprend quatre cycles éruptifs, chacun caractérisés par la mise en place de coulées pyroclastiques et chutes de tephra, suivies de coulées de lave clôturant le cycle.

Le second cycle est responsable de dépôts d’ignimbrites (389 km³ - De Rita 1988) d’une épaisseur de 90 mètres, exposés dans les vallées du secteur est du volcan ; ils sont appelés "Pozzolane Rosse" ou "Pozzolane di San Paolo".

Le quatrième cycle, daté de 360.000 ans, a produit deux coulées igimbritiques, le "Tufo litoide" et le Villa Senni Tuff. Ce cycle éruptif clôture la phase et correspond à un effondrement majeur de la caldeira, accompagné de vigoureuses éruptions et de coulées de lave et coulées pyroclastiques.


La phase Faete : après une brève période de repos, l’activité reprend au centre de la caldeira avec la construction d’un nouveau petit stratovolcan. Les volumes émis au cours de cette phase sont moins importants, de l’ordre de 2 km³.


La phase hydromagmatique finale : Des éruptions hydromagmatiques marquent différents cratères excentrés, dans le secteur ouest du complexe volcanique. C’est au cours de cette phase que se forment les cratères Nemi et Albano.

Le lac Albano est le lac volcanique le plus profond de la région volcanique Italienne centrale, connue aussi comme région comagmatique romaine : 170 mètres de profondeur, pour un niveau d’eau à 293 m. d’altitude. Le niveau du lac Nemi est situé à une altitude de 316 mètres, mais il est moins profond.

 

Albani_1994_01-albano-crater.jpgColli Albani volcanic complex - Lago Albano, un maar - photo B.Behncke / archives The cradle of volcanology


Le Colli Albani était encore considéré récemment comme un volcan inactif …  son âge a été revu, et malgré que des éruptions historiques durant la période romaine soient incertaines, des essaims sismiques, durants plus de deux ans, ont été enregistrés au cours de cette époque. Depuis les anneés 1980, la région est sismiquement active. En 1989-1990, des soulèvements récents du sol ont été enregistrés, avec un maximun précisément au centre du complexe volcanique.

 

Colli-Albani---INGV.gifSoulèvement enregistré sur une ligne NO-SE (points rouges - échelle de droite) - Profil topographique (courbe en vert - échelle de gauche , en haut) - Hypocentres de l'essaim sismique 1989-1990 ( points rouges zone grisée - échelle de gauche, en bas) - doc. INGV /  in http://www.conoscoimparoprevengo.net/articolo.php?pid=35&month=4

 

 

Sources :

- Daily Telegraph - Volcanic "geyser" erupts close to Rome airport - link

- Volcanoes of central and south Italy - Colli Albani volcanic complex - link

( from The cradle of volcanology / Colli Albani volcanic complex / Boris Behncke)

- Current geodetic deformation of the Colli Albani volcano: a review - 2010 - link

- Conosco - imparo - prevengo : i Colli Albani - link

- Global Volcanism Program - Alban Hills

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Le samedi 24 août, l’agence de prévention des catastrophes indonésienne a décidé l’évacuation totale de l’île de Palue, après les dernières éruptions fatales à 6 habitants.

 

2013.08.10 Rokatenda - STR AFP            Rokatenda - l'éruption et les coulées pyroclastiques du 10.08.2013 - photo STR- AFP


Comme le dit le directeur de l’agence, Tini Thadeus : " L’île de Palue n’est plus une endroit sûr pour vivre, avec la menace constante d’une éruption volcanique pour les populations qui y vivent … l’île doit être vidée immédiatement ".

Aux dangers des coulées du Rokatenda, s’ajoute un risque de tsunami en cas d’éruption éventuelle du Gunung Hobal, sur Lembata proche. De plus, les résidents souffrent de problèmes respiratoires sérieux causés par les cendres volcaniques qui recouvrent l’île.

 

Villagers-of-Palue-island--who-were-affected-by-the-eruptio.jpg        Flores / Maumere : des évacués de Palue dans un camp provisoire le 12.08.2013 - photo Reuters


Après les coulées pyroclastiques mortelles du 10 août, plus de 6.000 personnes restent toujours sur cette île-volcan, sous prétexte que leurs coutumes locales leur interdisent d’abandonner leurs terres ancestrales. Le gouvernement indonésien a envoyé des équipes sur Palue pour tenter de convaincre les habitants de déménager sur l’île de Palau Besar, où des abris temporaires seront fournis dans l’espoir d’une reimplantation durable.  Palue devrait devenir, selon le plan proposé, une zone forestière protégée et un site touristique.

 

 On peut cependant douter de la réussite de ce projet, quand on connait la résistance des populations vivant à proximité de volcans et leur détermination à vouloir rester sur leurs terres.

 

Bref rappel de l’évolution du nouveau dôme de lave, dit Rorem Bola (source : Aris Yanto / Ndeso adventures)

 

2013-Rokatenda-emissions-diverses---Aris.jpg         Rokatenda - le dôme et le trajet des coulées pyroclastiques - doc. Ndeso adv. / Aris Yanto


- Août à novembre 2012 : croissance du nouveau dôme de lave, avec éboulements et coulées pyroclastiques.

- Décembre 2012 à janvier 2013 : coulées pyroclastiques sur le flanc sud du volcan, certaines arrivant en mer. 

 

 

- 25 Février 2013 : explosion du dôme de lave

- En mars et avril 2013 : le croissance du dôme se poursuit, avec des éruptions explosives.

 

paluweh---March-24--2013--by-the-Moderate-Resolution-Imagin.jpg        Le panache du Rokatenda s'étend au dessus de Flores- 24.03.2013 - photo Nasa Terra Modis


-  Mai et juin 2013  sont marqués par des séismes et la mise sous pression du dôme.

-  Le 28 juillet 2013, un petit panache est signalé

-  En août 2013, des éruptions explosives sont signalées les 01 et 04.08 ; le 10 août, une éruption explosive produit des bombes et des coulées pyroclastiques sur le flanc ouest, qui tuent 6 personnes.

- Les 11 et 12 août, des panaches montent à 1800 mètres, et toujours des coulées pyroclastiques.

 

August-12--2013--Mount-Rokatenda-volcano-emits-a-column-of-.jpg       Rokatenda - le panache du 12.08.2013, vu d'un bateau de secours - photo AFP

 

Sources :

- Jakarta Globe - 24.08.2013 - Gov't to clear out Palue island amid volcanic threat.

- Exploradesa / Ndeso adventure - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le Veniaminof est entré dans une phase d’activité éruptive entre le 8 et 13 juin 2013. (Augmentation de sismicité et maintien à un niveau élevé depuis le 08.06 – panaches de vapeurs sur les webcams – les images satellites révèlent une augmentation de la température de surface le 13.06)

 

veniaminof mapAlaska - situation de la caldeira et du ccône actif du Veniaminof - doc. B.Welch 2003 / St Olaf College.

 

2013.06.25---Veniaminof---Rick-Wessel.jpg25.06.2013 - Coulées sur les flancs du Veniaminof - photo Rick Wessels / Digital Globe Inc. and the Alaska Volcano Observatory / U.S. Geological Survey


L’activité éruptive a été caractérisée au cours des mois de juillet et août par de petites émissions de cendres, de petites explosions au niveau du cône intracaldérique, des fontaines et l’effusion de coulées de lave sur les flancs du cône atteignant le champ de glace.

Les panaches de gaz, vapeur et cendres sont restés de niveaux bas, environ 3600 mètres montant parfois à 4500 mètres. Les retombées de cendres se sont faites sur les pentes supérieures du cône et dans la caldeira, recouvrant le champ de glace.

 

2013.08.18-Veniaminof---AVO-G.McGimsey.jpg18.08.2013 / 8h47  Eruption de cendres et panache émis au cône du Veniaminof - photo Game McGimsey / AVO-USGS

 

2013.08.18-Veniaminof-3----AVO-G.McGimsey.jpg

18.08.2013 / 8h - les cendres recouvrent le cône et les glaces de la caldeira du Veniaminof - les coulées de lave ont fait fondre neige et glace, creusant des dépressions à leur base - photo photo Game McGimsey / AVO-USGS

 

2013.08.18-Veniaminof-2-GM---AVO-G.McGimsey.jpg

18.08.2013 / 8h21 -  Veniaminof - Une coulée active rougeoit sur les flanc du cône et crée un nuage de vapeur à sa base, lors de la rencontre avec le champ de glace. - un petit panache de gaz et cendres surmonte le sommet - photo photo Game McGimsey / AVO-USGS

 

Les coulées de lave visqueuses, longues de 300 à 1.000 mètres et larges d’une cinquantaine de mètres, se sont étendues à courte distance sur le cône et la neige/glace de la caldeira causant la fonte locale du glacier.

 

Après un accroissement de la sismicité entre les 13 et 20 août, son niveau a quelque peu diminué, et l’intensité de l’éruption semble chuter.

 

2013.08.17-23-Veniaminof---AVO---VNWF_30.png                          Veniaminof - sismicité entre le 17 et 23.08.2013 - doc. AVO-USGS

 

Ce type d’activité est similaire à celui observé lors des deux dernières éruptions du Veniaminof, en 1983-84 et 1993-94. Les risques liés aux éruptions sont restés limités aux zones proches du cône, à l’intérieur de la caldeira.

 

Source : Alaska Volcano Observatory.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Liens web et bibliographie

 

Ce  soir à 20h 40 sur France 5, un documentaire de la série "Sale temps pour la planète" nous emmène en Sicile et dans les Eoliennes.

Le Stromboli, posé comme un phare sur la Méditerrannée, est le volcan le plus souvent en activité d'Europe, avec ses éruptions régulières. Quand il se met en colère, les habitants de l'île l'appèlent "idu" ("lui") par respect, plus que par crainte.

stomboli2.jpg                                                   Idu, le Stromboli - photo INGV

L'Etna, le plus haut volcan Européen, domine Catane, la deuxième plus grande ville de Sicile. Depuis 2011, le nouveau cratère sud-est est actif régulièrement.

20013.03.21---Sleeping-giant---Willy-Williams.jpg                                     Etna, "the sleeping giant" - photo Willy Williams
Etna-pano---site-Etna-FB--Roberto-Schillaci.jpg                    L"Etna et la Valle del Bove - photo R.Schilacci / Etna FB

Avec le Dr. Boris Behncke, l'équipe de France 5 en fait une description, qu'on espère exceptionnelle, et décrypte les implications de cette activité pour la population.

Bonne soirée volcanique !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’Ol Doinyo Lengai est le seul volcan au monde à produire actuellement de la natrocarbonatite … mais ce stratovolcan à la forme parfaite comprend majoritairement de la néphélinite et de la phonolite, et une petite quantité de carbonatite. Pour expliquer cette composition, il faut se pencher sur sa formation.

 

L’activité volcanique a débuté dans cette partie de la Rift valley il y a environ 1,2 millions d’années, après la naissance de la faille nord-sud marquant actuellement la frontière ouest de la vallée du rift (Dawson 2010).

A côté d'anciens volcans dans cette zone, le Ngorongoro, le Ketumbeine, le Gelai, le Shombole, le Mosonik et le Kerimasi, le Lengai fait figure de "jeunot" avec moins de 370.000 ans.

 

Photo-015.jpgSituation du Lengai à proximité du lac Natron, sur le Rift Gregory / Tanzanie - d'après Volcans / Rosi & al.

 

L’Ol Doinyo Lengai s’est formé par une succession complexe d’évènements, y inclus des éruptions explosives de tuff et d’agglomérats et d’autres effusives, de laves. Ces roches ne sont pas bien exposées sur le cône, mais une cicatrice d’effondrement en amphithéatre, connue sous le nom de Eastern Chasm (gouffre est) présente une coupe partielle sur le flanc Est du volcan.

 

Des études de 2006, par Klaudius & Keller, présentent une stratigraphie condensée du volcan, basée sur l’étude précédente de Dawson :

1. Lengai I : composé de tuffs et de laves phonolitiques

2. Lengai II A : composé de tuffs et laves néphélinitiques

3. Lengai II B : composé de tuffs néphélinitiques, de laves néphélinitiques, de mélilitite grise portant des tuffs néphélinitiques et carbonatite et de laves produites par le cratère nord actif.

 

Stratigraphie-du-Lengai---formation--.jpgCoupe nord-sud du cône supérieur du Lengai, montrant les relations géométriques et stratigraphiques des différentes unités - doc. Klaudius et Keller 2006

(CWN : Combéite/Wollostonite/Néphélinite)

 

Le Lengai serait  en fait composé de deux cônes différents formés successivement, après un effondrement sectoriel majeur (voir plus loin), il y a environ 10.000 ans.

La formation du Lengai II est divisée en deux entités, A et B, séparées par le bord d’un cratère qui forme une discordance visible, et qui indique un changement des produits éruptifs au cours de la construction de la dernière partie.

Le Lengai I forme environ 60% du cône actuel, contre 35% pour le Lengai II, les carbonatites ne constituant que 5%.

 

Vulkan-Oldoinyo-Lengai---Edmaier-1999.jpgUne des meilleures photos du Lengai - détails sur les flancs Est avec l'Eastern Chasm, et les deux cratères, sud (à gauche) et nord (à droite), séparés par une dorsale est-ouest - le cratère nord est presque comblé par la carbonatite (avant l'éruption de 2007) - photo Bernhard Edmaier / site de Th. Boeckel.

 

Karbonatite.de.jpgOl Doinyo Lengai - coupe tranversale du cône et des conduits d'alimentation des cratères nord et sud - schéma Karbonatite.de

Melilith-Nepheliniten (MN), Combeit-Wollastonit-Nepheliniten CWN), karbonatisierten Combeit-Wollastonit-Melilith-Nepheliniten (carbCWMN)

 

Les traces d’effondrements et d’avalanches de débris ont été recensées et cartographiées en utilisant une combinaison de données de télédétection, y compris des photos aériennes, des données d’interférométrie radar fournies par la navette Endeavour, et des images des satellites Aster et Landsat. (M. Kervyn & al.)

 

Outlines-of-three-DADs-originating-from-Oldoinyo-Lengai.au.jpegOl Doinyo Lengai - carte des dépôts d'avalanches de débris (DAD) à partir de la phase de repos (phase d'érosion) entre Lengai I et II Lengai - Doc. M. Kervyn & al 2008


Le flanc nord a été affecté par une avalanche de débris d’un volume de 5 km³, qui a parcouru au moins 24 km. et atteint la rive sud du lac Natron. Elle est datée de 8.000 ans avant JC et concerne 12% du volume du volcan(estimé à 41+/-5 km³).

La cicatrice correspond à une discordance stratigraphique majeure, en liaison avec la transition d’un magma de composition phonolitique vers un autre de composition néphénelitique, accomapagnée d’un changement de conduit d’alimentation vers le nord. Des alignements d’hummocks individualisés dans le champ de débris indiquent la direction de  la coulée.


Deux autres effondrements sectoriels, de taille inférieure (0,1 à 0,2 km³), affectent les flancs nord et est du Lengai. Ils sont attribués à la croissance instable du sommet du volcan.


Cette étude a aussi évalué les possibilités d’un effondrement dans le futur, et montre la nécessité d’un suivi des déformations de sol et de l’activité sismique de L’Ol Doinyo Lengai, pour la protection de la population locale, des écosystèmes, et de l’écotourisme en développement. ( d’après Kervyn & al. 2008 et L.Carmody 2012)

 

Sources :

- Karbonatite - site du Dr. F. Möckel - link

- Kervyn, M., Ernst, G.G.J., Klaudius, J., Keller, J., Mbede, E., Jacobs, P. 2008. Remote sensing study of sector collapses and debris-avalanche deposits at Oldoinyo Lengai and Kerimasi volcanoes, Tanzania. International Journal of Remote Sensing. - link

- Geochemical characteristics of carbonatite-related volcanism and sub-volcanic metasomatism at Oldoinyo Lengai, Tanzania

PhD Laura Carmody thesis - University College London

- Van Manen S., Kervyn M., Blake S., Ernst G.G.J. 2010. Tidal influence on thermal activity at Oldoinyo Lengai, Tanzania as observed by satellite; a critical assessment of volcano-tide correlations. Journal of Volcanology and Geothermal Resources, 189: 151-157.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le VSI a élevé le niveau d’alerte du Gunung Ili Werung le 19 août 2013, en raison d’une augmentation de la sismicité et la mise en place d’une activité sous-marine le 20 août au niveau du Gunung Hobal, un cône parasite situé à 800 mètres de la côte au sud-est de l’Ili Werung.

 

2003.05.07---iliwerung_002---Pascal-Blonde.jpg

                      Indonésie - Gunung Ili Werung - photo © Pascal Blondé 07.05.2003


Le CVGHM – Center of Volcanology and Geological Hazard Mitigation – rapporte des fumerolles au cratère de l’Ili Werung entre le 1 et le 19 août, avec une nette augmentation de la sismicité le 19, avec 81 séismes peu profonds sur une heure.

Le bulletin décrit un changement de coloration de l’eau qui a viré au jaune, et un panache blanc haut de 1000 à 2000 mètres accompagnant des bouillonnements au niveau de l’évent sous-marin à partir de 7h14 locale. A 7h 46, de l’incandescence a, parait-il, été visible.

Une zone d’interdiction de 2 km. de diamètre a été mise en place pour les touristes et les pêcheurs.

 

NUT.png             Lembata est située à l'est de Florès, dans les petites îles de la Sonde / Indonésie.


L’Ili Werung forme une péninsule au sud de l’île de Lembata (anciennement appelée Lomblen), dans les petites îles de la Sonde, à l’est de Florès. Ce volcan complexe est constitué de cratères et dômes de lave alignés N-S et NO-SE.

Le dôme sommital s’est formé lors d’une éruption en 1870.

Le dôme Iligripe, situé sur le flanc sud-est de l’Ili Werung s’est formé lors de l’éruption du 7 avril au 26 novembre 1948 ; sa croissance s’est accompagnée d’éruptions explosives et de coulées pyroclastiques.

 

Iligripe-lava-dome-on-the-SE-flank-of-Iliwerung-volcano.jpgGunung Ili Werung -  le dôme de lave Ilgripe situé sur le flanc sud-est de l'Ili Werung  - Photo Ruska Hadian / VSI.

 

Iliwerung---Hobal-vent---GVP.pngGunung Ili Werung / Lembata (Lomblen) - localisation des différents évents du volcan et du glissement de terrain de 1979 - doc. GVP

 

2003.05.07--iliwerung_001---P.Blonde.jpg                      Indonésie - Gunung Ili Werung - photo © Pascal Blondé 07.05.2003


En juillet 1979, un glissement de terrain a marqué le flanc nord-ouest de l’Ili Werung ; environ 50 millions de m³ ont été mobilisés, dont un tiers a atteint l’océan, causant un tsunami qui a tué des centaines de personnes.


L’activité s’est centrée sur l’évent sous-marin Hobal à partir de 1973-74, avec la formation de trois îles éphémères. Les 17 et 18 août 1993, des explosions sont rapportés au niveau de l’évent sous-marin. Le 16 septembre 1993, des explosions sous-marines produisent des colonnes d’eau d’une centaine de mètres, et soulève les eaux, phénomène observé par l’équipage d’un cargo japonais et attribué par le VSI à l’évent Hobal.

 

Sources :

- VSI - rapport du 20.08.2013

- Global Volcanism Program - Iliwerung

- un grand merci à Pascal Blondé pour ses photos de l'Ili Werung - lien vers son site

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le style éruptif de l’Ol Doinyo Lengai se caractérise par une alternance, chiffrée en mois ou années, de périodes d’activité effusive, et de phases explosives de type vulcanien/plinien plus courtes.


L’activité effusive produit de façon prédominante de la natrocarbonatite via des fontaines de lave de plusieurs mètres de hauteur au départ de spatter cones, et des lapilli. Les coulées de lave fluide et noire produites restent généralement inférieures à 100 m³, avec un taux d’effusion moyen de 0,3 m³/s. (Keller & Krafft 1990). Des lacs de lave interconnectés dans le cratère débordent régulièrement pour donner des coulées qui peuvent atteindre le bord du cratère et s’étendre sur les flancs supérieurs du volcan.

L’activité explosive produit des matériaux silicatés alcalins et des cendres carbonatées.

 

T.Boeckel-2003.jpg    Ol Doinyo Lengai - fontaine de lave et lapilli émis par un spatter cone - photo Th. Boeckel 2003

 

Img_4097-laves-du-T49b-2004-tB.jpgOl Doinyo Lengai - coulées de natrocarbonatite fondue (rouge "lithium") surmontant des coulées fraîches (noires) - photo Th. Boeckel/ M. Rietze 04.07.2004


Au cours du 20° siècle, une grande explosion en 1917 a supprimé l’épaisse végétation des flancs du Lengai. Des éruptions mineures en 1921 et 1926 ont été suivie par une éruption majeure en 1940-41, puis de plus petites en 1954. L’activité effusive qui a succédé fut stoppée par une éruption explosive de VEI 3 en 1966-67, qui a nettoyé le plancher du cratère nord pour laisser un cratère-puit (Dawson & al 1968)

S’en suit une période de calme, où la reprise de l’effusion n’est pas datée, et des éruptions en 1983. (Nyamweru 1988)

 

Rose1968.jpg                   Ol Doinyo Lengai - le cratère en 1968 - photo Rose / Dr. F. Möckel - Th. Boeckel

 

cycles-du-Lengai.jpgCycle éruptif du Lengai entre 1880 et 2005 - A. flèches / phase d'éruptions explosives - B. en rose / phase d'effusion intracratérique - C. en bleu / phase de repos. - Doc. Dr. Frank Möckel / site de Th. Boeckel


Depuis 1983, l’Ol Doinyo Lengai est caractérisé par une activité effusive jusqu’aux éruptions de 2006-2007 ; il faut pointer une coulée de lave inhabituellement grande en avril 2006 sur le flanc ouest, une éruption sub-plinienne accompagnée d’un panache de plus de 5.000 m de hauteur, et le paroxysme final, avec une colonne éruptive de plus de 15.000 mètres de hauteur en février 2008. (voir articles précédents)

 

L’éruption de 2007 pourrait avoir été déclenchée par un essaim sismique centré sur le Gelai, lié à une intrusion magmatique en dyke (Baer & al. 2008) L’essaim sismique, pouvant être le résultat d’un glissement au niveau d’une faille profonde, a culminé avec un séisme de M 5,4 deux jours avant l’éruption du Lengai (Church).

Un mécanisme différent est suggéré par M.Kervyn (2010) : l’évènement effusif important de 2006 – qui a évacué rapidement un volume de lave correspondant à 25 ans de phase effusive au Lengai – a été suivi d’une pause éruptive d’un an précédant la dernière éruption.

 

Suivant l’éruption de la plus grande partie de natrocarbonatite relativement légère, occupant normalement la partie supérieure de la chambre magmatique, un mélange de néphélinite fraîche a pu prendre place au cours de l’année suivante. Cette recharge n’a pas disposé d’un temps suffisant pour une différenciation complète en un nouveau corps de natrocarbonatite, et c’est ainsi que, suivant une expulsion effusive d’un reste de carbonatite en provenance du dessus de la chambre magmatique en juin-août 2007, le magma néphélinitique prédominant a atteint la surface en septembre, ce qui coïncide avec la phase d’éruption explosive. La force motrice de l’éruption explosive est supposée être la libération de quantités importantes de dioxyde de carbone ( et de vapeur d’eau), provenant de la décomposition de Na2CO3 et CaCO3 en CO2, respectivement à une température de 860 et 825°C. Il est suggéré que ce processus s’est passé après l’entrée de néphélinite combéite-wollastonite (CWN) dans le conduit et l’interaction avec des dépôts solides de natrocarbonatite au niveau du plancher cratérique. (Mitchell 2009)

 

Petrogenetisches-Schema-nach-J.B.-Dawson-1998---Via-Mockel.jpg          Schéma de pétrogenèse au Lengai - d'après Dawson 1998 / in Dr.F. Möckel / Th. Boeckel

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Lengai , eruption dates and VEI - Link

- 1966 ash eruption of the carbonatite volcanoOldoinyo Lengai : mineralogy of lapilli and mixing of silicate and carbonate magmas - by J.B. Dawson

- Die geschichte der erforschung des vulkans Oldoinyo Lengai, Tansania - by Dr. F. Möckel - link

- Phase Relationships of a Silicate-bearing Natrocarbonatite from Oldoinyo Lengai at 20 and 100 MPa - by C.M.Petibon & al

- Volatile-rich silicate melts from Oldoinyo Lengai volcano (Tanzania): Implications for carbonatite genesis and eruptive behavior – by Maarten de Moor, Fisher, King & al.

- Processes of Crustal Carbonatite Formation by Liquid Immiscibility and Differentiation, Elucidated by Model Systems - by Woh-Jer Lee & P.Wyllie

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Publié le par Bernard Duyck
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2013.08.20-WI---GeoNet.jpg

 

White island a été secoué ce 20 août 2013, à 10h23 locale, par une éruption qui a duré une dizaine de minutes.Elle a projeté de la boue et des pierres à courte distance et produit de larges volumes de vapeur d'eau, contenant, d'après les radars météo, de faibles quantités de cendres. La colonne éruptive, haute de 4.000 mètres environ, était visible depuis la Baie de Plenty.

Elle a pour origine la zone du cratère actif, où de petites éruptions de boue ont été enregistrées les semaines précédentes. Ces épisodes font partie d'une séquence débutée en août 2012, marquée par des éruptions cendreuses et un petit dôme de lave; Une activité explosive a concerné le lac de cratère en janvier-février 2013.

 

4vlcsnap-2013-08-20-13h38m35s189.png                      White island - 20.08.2013 - 13h38 locale - Webcam GeoNet

 

wiz-seismic-drum---20.08.2013.png                                       White island - sismo du 20.08.2013 - GeoNet

 

Après l'éruption matinale, l'activité sur White island est retournée à son niveau antérieur. Le niveau d'alerte volcanique a été élevé à 2 et l'alerte aérienne est passée du vert au rouge, avant d'être fixée à orange.

 

Source : GeoNet

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Publié le par Bernard Duyck
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2013.08.18---Kagoshima-local-met-observ.jpg

             Sakura-jima - 18.08.2013 - photo Kagoshima Local Meteorological Observatory / AP

 

2013.08.19-Sakyra---AP-Kyodo-news.jpg           Sakura-jima - 18.08.2013 - la force de l'éruption dans cette photo du Kyodo News / AP

 

Le Sakura-jima a présenté une éruption spectaculaire le 18 août 2013; elle a débuté à 16h31 locale et a propulsé, au dessus du cratère Showa, une colonne de gaz et cendres haute de 5.000 mètres, considérée par l'Observatoire météorologique de Kagoshima comme le plus haut panache de son histoire, repertoriée depuis 1955. Cette éruption est aussi la cinq centième éruption du volcan en 2013.

Elle s'est accompagnée d'une coulée pyroclastique d'un millier de mètres de longueur sur le versant sud. 

 

2013.08.18---Sakura-2----AP-Kyodo-news.jpg    Sakura-jima - 18.08.2013 - le vent pousse le nuages de cendres vers Kagoshima - photo Kyodo news


Le vent d'est a poussé un volume considérable de cendres vers la ville proche de Kagoshima, avec les inconvénients liés : arrêt de la circulation ferrovière, mauvaise visibilité forçant les automobilistes à allumer leurs feux en plein jour, problèmes oculaires et respiratoires ... à ce sujet, il est étonnant de voir sur les vidéos les habitants de cette ville, souvent concernée par les retombées de cendres volcaniques, ne se protéger qu'avec foulards ou mouchoirs alors qu'ils devraient disposer au minimum de masques papiers.

 

D'après le JMA, entre les 7 et 11 août et le 13, des explosions du Sakura-jima ont engendré des panaches montant entre 1.800 et 4600 mètres, avant de dériver vers le NO, S et SE. Sept explosions, entre le 9 et le 12 août sont responsables de l'éjection de tephras jusqu'à une distance de 800 mètres du cratère Showa. L'éruption du 09.08 a duré 50 minutes.

Sources :
- Divers média locaux et agences internationales
- JMA

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