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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’éruption de 1951, précédée d’un fort séisme, débute sur une fissure au sud du Pico do Fogo, le 12 juin, où elle bâtit les cônes de scories appelés Monte Orlando et Monte Rendall.

Suite à la propagation du dyke nourricier vers le nord-ouest, d’autres évents fissuraux s’ouvrent cette fois de l’autre côté du Pico, et finalement au cône Monte Preto de Cima.


 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-2.jpgFogo - emplacement des coulées et cônes de scories de l'éruption de 1951 - d'après Brum da Silveira et al. (1997) and Torres et al. (1997) / in Hildner réf. en sources.


L’éruption, de type strombolien à hawaiien, va se poursuivre jusqu’au 21 août ; elle va nourrir de volumineuses coulées de lave, qui vont détruire les cultures dans Cha das Caldeiras. Les coulées émises sur le flanc sud descendent vers la côte, pour ne s’arrêter qu’à 100 mètres de la plage, et détruisent le village de Cova Martinho. Le volume de lave émis est de 11 millions de m³.

 

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                     Fogo - côté nord du Pico et laves de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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            Fogo - côté nord du Pico - cône de scories de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                          Fogo - Cha das Caldeiras - hornito - photo © Carole et Frédéric Hardy


Le géographe portugais Orlando Ribeiro va assister à cette éruption et y consacré une étude : A Ilha de Fogo e as Suas Erupções. En hommage, on nomme Monte Orlando, l’un des cône de scorie formé lors de cette éruption.

 

51.07.09-Mt-Orlando---CEG.jpgFogo - le 9 juillet 1951 / 4° semaine de l'éruption -  le Monte Orlando fume - en arrière -plan, le Pico do Fogo - © CEG / site d'Orlando Ribeiro.

 

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Fogo - laves de l'éruption 1951 - "pressure ridge" sur un tunnel de lave - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                            Fogo - laves de l'éruption 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                   Fogo - laves de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


Les roches correspondant à cette éruption vont des basanites aux téphrites, avec un pourcentage en MgO variant de 5,0 à 8,2 wt%. Les concentrations faibles en MgO, Ni et Cr indiquent que ces roches ne représentent pas un magma primitif. On constate aussi une abondance de mégacristaux de xénolithe d’amphibole particulièrement en fin d’éruption.

L’éruption de 1951 est caractérisée par une cristallisation fractionnée à 17-22 km. dans le manteau supérieur avant que ne prenne place le phénomène éruptif  et une courte stagnation du magma au cours de son ascension, à 9-13 km dans la croûte.

Le modèle de plomberie se complète par un grand corps intrusif dans la croûte.

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-3.jpg             Fogo - système de plomberie en 1951 - d'après Pim & al. / in Hildner réf. en sources. 


 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après cinq journées et demi de calme relatif, le nouveau cratère sud-est de l’Etna a montré une remontée de l’amplitude du trémor le 28 novembre en début de soirée, signe précurseur d’un nouvel épisode de fontaines de lave.

 

2013.11.28 début paro. WMaletto                     Etna NSEC - le début du paroxysme - webcam Maletto

2013.11.28 23h06 ECPN hhz

Une mise à jour de l’INGV indique le 28.11 à 19h que le 18° paroxysme 2013 est en cours, avec des fontaines de lave et l’émission d’un gros nuage de matériaux pyroclastiques, dérivant sous le vent vers le nord-est. Des retombées de cendres de plusieurs centimètres sont rapportées sur Linguaglossa.

Le début du paroxysme reste majoritairement caché sous une couverture nuageuse dense, et seule la webcam 9 de RadioStudio7  laisse apercevoir une forte incandescence.

 

2013.11.28 18h242013.11.28 18h24 Emov0348

Etna NSEC - premières bonnes images des webcams INGV -

à 17h24 LT - 18h24 GMT

 

 

 

 

2013.11.28 18h27 etna9

2013.11.28 18 h37 etna9

 

Etna 28.11.2013 - à gauche, à18h27 - à droite, à 18h37 - Webcam 9 RadioStudio7

2013.11.28 - Etnaboris

              Etna - 28.11.2013 - le rideau s'ouvre sur "le grand show" - photo Boris Behncke

2013.11.28 21h                              Etna NSEC - 28.11.2013 - 20h LT - 21h GMT -  webcam INGV

 

2013.11.28 - Super foto di Salvo Landro dal porto di Ripost              Etna - Super foto di Salvo Landro dal porto di Riposto ! - via Etna Walk Facebook

 

Après quelques heures de ce régime, lors du déclin de l’activité, les nuages s’ouvrent et laissent admirer « le plus grand show sur Terre » comme aime  le dire Boris Behncke. Dans la vidéo qu’il nous transmet, soyez attentifs, durant la première minute, aux ondes de compression ( Flashing arcs) bien visibles sur le côté gauche du NSEC.

 

INGV - Sezione di Catania Osservatorio Etneo

 

 

Vidéo de Turi Caggegi

 

Durant la finale, on remarque l’activité au niveau de différents évents , de nombreuses explosions fortes et bruyantes, et la formation de trois petites coulées de lave en direction sud et est.

 

2013.11.28-2-events---coulee-Gino-Calleri.jpgEtna NSEC 28.11.2013 - deux évents sont actifs et une coulée déborde du cône, sur cette photo de Gino Calleri, via le site Etna Facebook

 

2013.11.29-fin-parox.--02h00---BBehncke.jpg             Etna - fin du 18° paroxysme vers 2h00, le 29.11.2013 - photo Boris Behncke

 

2013.11.29---8h-06-cam-therm-Emot0142.jpg2013.11.29-8h06Emov0142.jpgEtna 29.11.2013 / 7h06 LT / 8h06 GMT

à gauche, tracé des coulées de lave - à droite, le cône noirci par les cendres -  webcams INGV

 

2013.11.29-8h08-ECPN_hhz.jpg            Etna - tracé du trémor le 29.11.2013 / 8h08 : fin du paroxysme. - doc. INGV Catania

 

Mais l'Etna n'a pas dit son dernier mot ...

 

2013.11.29-9h51-bouffees-de-cendres.jpg       Etna NSEC - 29.11.2013 / 8h51 LT / 9h51 GMT : une émission de cendres -  webcam INGV

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’ascension du Pico do Fogo s’impose d’elle-même : 1.000 mètres de dénivelé environ, à monter dans les scories, les lapilli, et quelques pyroclastites soudées provenant d’éruption phréatique pour atteindre le cratère sommital d’un diamètre de 500 mètres pour une profondeur de 150 mètres.


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              Fogo - le cône presque parfait du Pico do Fogo -    photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


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                        Pico do Fogo - le cratère sommital -  photos © Carole et Frédéric Hardy 2013.

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                                                                                               photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

Fogo---19---CHB.jpgPico do Fogo - activité fumerollienne et dépôts soufrés intracratérique - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


L’activité sismique sur le plateau commun à Brava et Fogo, et la découverte de cônes immergés entre Cadamosto et Brava, et entre Fogo et Brava, laissent supposer l’existence de deux système de plomberie, l’un alimentant en magma Fogo et les cônes entre Brava et Fogo, l’autre alimentant le seamount Cadamosto.

 

L’activité du Pico do Fogo a été répertoriée depuis l’installation des Européens vers l’an 1500, avec des imprécisions pour les 300 premières années … Environ 30 éruptions historiques sont reconnues et détaillées dans l’ouvrage d’Orlando Ribeiro (1960).

 

2003fog1.gif             Fogo - emplacement des différentes coulées de lave historiques avec date - doc. GVP


Jusqu’en 1785, l’activité volcanique est localisée en grande partie au sommet du Pico, avec des périodes de repos entre 1500 et 1564, puis de 1604 à 1662.


 L’éruption de 1785 (24.01-25.02) est la seule éruption historique mettant en cause simultanément des évents situés à l’intérieur et à l’extérieur de la cicatrice d’effondrement, et la dernière à marquer le sommet d’explosions phréatiques. Les cendres vont saupoudrer l’archipel jusqu’à Maio, distante de 140 km., qui va recevoir plus de 20 cm. de cendres. Les coulées de lave externes à la caldeira vont atteindre l’océan Atlantique après un parcours de plusieurs kilomètres. De nombreuses terres agricoles seront détruites par cette éruption.


17----fogo---2---CHB.jpg                                             Fogo - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

 

Après 1785, l’activité se localise préférentiellement sur une fissure N-S sur le flanc du Pico do Fogo. Quelques faits marquants :

En juin 1799, une fissure s’ouvre dans le nord de la caldeira entre les deux évents actifs en 1785. L’activité explosive va édifié un petit cône sur la fissure et les coulées de lave va dévaler le flanc est de la caldeira pour pénétrer dans l’océan, en ensevelissant au passage des cultures. (02.06 – 28.06.1799)


L’éruption du 9 avril au 2 mai 1847 est localisée sur une fissure excentrique au nord du cône du Pico, et marquée par des explosions stromboliennes et une coulée de lave. Des victimes sont dénombrées, suite à l’activité sismique pré-éruptive.

 

Entre le 27 juin et le 15 décembre 1857, un évent excentrique localisé dans la partie sud de la zone de fissuration est le siège d’activité strombolienne qui va édifier un cône de scories et produire deux coulées qui n’atteindront pas la côte.

 

Les deux dernières éruptions seront examinées séparément.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour dans l’archipel du Cap Vert avec les photos récentes de Carole et Frédéric Hardy, qui ont effectués un trek sur l’île de Fogo au sud de l’archipel, et au nord, sur les îles  de Sao Vicente et Santa Antao.

 

Une vidéo en guise d'introduction :

 

 

 

Les îles du Cap Vert représentent le sommet du bombement Capverdien, une région d’environ 1.000 km de diamètre s’élevant à plusieurs milliers de mètres au-dessus de plancher océanique.

Ce bombement est associé au panache mantellique Capverdien et proche du point de rotation de la plaque africaine. La tomographie sismique a révélé une anomalie ressemblant à un panache mantellique sous ce bombement atteignant 1900 km de profondeur (Montelli & al. 2004).

 

Les îles s’organisent en un fer-à-cheval ouvert vers l’ouest. Elles montrent une progression de leur âge de l’est vers l’ouest, autant sur la chaîne d’îles nord que sur celle du sud. L’activité volcanique a débuté au début du Miocène vers 24-22 Ma ; le magmatisme implique des mélanges sous-saturés en silice, alcalins, de composition allant de la basanite à la téphrite, et présence de phonolites et carbonatites sur certaines îles.

 

Cap-Vert-Archipel---Sat-Envisat-copie.jpg                 L'archipel du Cap Vert - doc. photographique Envisat annoté / B.Duyck

 

The-role-of-mass-movements-on-the-geomorphologic-evolution-.jpg                   Archipel du Cap Vert et indication de lâge des volcans-boucliers pour chaque île 

Ages compiled from MITCHELL et al. (1983); GERLACH et al. (1988); TORRES (1998); JORGENSEN & HOLM (2002); TORRES et al. (2002) PLESNER et al. (2002); MADEIRA et al. (2005); HOLM et al. (2006; 2008); DUPRAT et al. (2007).

 

L'île de Fogo est la seule de l’archipel présentant un volcanisme actif au cours des temps historiques. L’île de Fogo partage un tablier volcanique commun avec l’île de Brava au sud-ouest. 

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistoric-erupti.jpg 

Modèle 3D de la plate-forme Brava-Fogo - à l'est de Fogo, les traces de l'avalanche de débris du Monte Amarelo - entre les deux îles, un groupe de cônes volcaniques immergés - Modified after Masson et al.
(2008)

 

fogo_ali_2009161_lrg.jpgL'île de Fogo et sa caldeira excentrée, abritant le stratovolcan Pico do Fogo - photo satellite Nasa EO-1 ALI  2009

 

Fogo---NASA-Earth-Observatory.-Image-created-by-Jesse-Allen.jpgFogo - Cha das Caldera, occupée par des coulées de lave et le Pico do Fogo, est habité comme en témoignent les deux villages et la route, visibles du satellite -  photo satellite Nasa EO-1 ALI  2009

 

Fogo---1--CHB.jpg              Fogo - le stratovolcan Pico do Fogo -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

 D’un diamètre de 25 km, elle culmine au stratovolcan Pico do Fogo à 2.829 m. au-dessus du niveau de la mer (soit 6.000 mètres au-dessus du plancher océanique) : Ce " volcan dans un volcan " est inclus dans une caldeira, large de 9 km., dont ne subsiste que la muraille ouest, La Bordeira, haute de plus de 1.000 mètres. Cette caldeira se décline en deux grandes entités, la plaine Cha das Caldeiras et le jeune stratovolcan Pico do Fogo. Bordée au nord et au sud de cicatrices d’effondrement, la caldeira s’ouvre largement vers l’est suite à deux glissements de terrain colossaux, cumulant 150 à 200 km³.

 

Fogo---11---CHB.jpgFogo - une partie de la Bordeira, avec les villages de Portela et Bangaeira dans la plaine Cha das Caldeiras, vus du Pico do Fogo- photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

fogo--Aster-red-jpg1.jpgA droite, image ASTER de FOGO - à gauche, maquette du Piton de La Fournaise / La Réunion.

 

Cette configuration se retrouve sur d'autres îles de point chaud, et plus particulièrement au Piton de La Fournaise, à La Réunion.

 

L’histoire géologique de Fogo peut se diviser en quatre grandes phases :

1. Le volcan sous-marin composé de carbonatites et basaltes alcalins est daté de ~4.5 Ma.

2. Le groupe de laves le plus âgé, le groupe Monte Barro, qui recouvre les carbonatites manque de datation précise.

3. Le groupe Monte Amarelo, du quaternaire, est constitué de 2 à 3 km d’épaisseur de laves hautement alcalines et cônes de scories. Son activité se termine avec l’effondrement latéral géant, il y a plus de 10.000 ans. Le volcan Monte Amarelo est suspecté d’avoir possédé une chambre magmatique durable située dans la croûte superficielle, qui a disparue suite à cet effondrement gigantesque, et n’aurait pas eu le temps (à l’échelle géologique) de se reformer depuis.

 

The-role-of-mass-movements-on-the-geomorphologic-e-copie-1.jpgFogo - contours de Cha das Caldeiras, du Pico do Fogo, des dépôts d'avalanche de débris / groupe Monte Amarelo - carte MASSON et al. (2008).


4. Le groupe Cha das Caldeiras est âgé de 62.000 ans à aujourd’hui ; il se caractérise par des roches volcaniques alcalines formant une couche de 2 km. d’épaisseur qui remplit la cicatrice d’effondrement, et par le Pico do Fogo.


Le Pico do Fogo a été surveillé de visu depuis les années 1500.

De 1500 à 1769, son activité éruptive se concentre au niveau du sommet du stratovolcan, rythmée par des périodes d’éruptions fréquentes et prolongées , entrecoupées de calme sur plusieurs décades. La dernière éruption sommitale est datée de 1785.

 

Pico-de-Fogo-cratere-red.--Kogo-W-jpg                       Pico do Fogo - panorama sur le cratère sommital - photo Kogo W


Au cours du 18° siècle, le siège d’activité se déplace vers les flancs, au niveau d’une fissure orientée N-S ; ce changement est interprété comme une reconfiguration structurelle du système volcanique, liée à une instabilité renouvelée du flanc Est (Day & al. 1999)

Les deux éruptions les plus récentes, datées respectivement de 1951 et 1995 sont bien documentées et ont permis une étude des dynamismes récents animants le système de plomberie sous Fogo.

 

A suivre ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen

- The role of mass movements on the geomorphologic evolution of island volcanoes: examples from Fogo and Brava in the Cape Verde archipelago - by J. Madeira & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

On ne peut clore le chapitre des geysers africains sans parler des geysers d’Analavory, situés près du lac Itasy sur l’île-continent de Madagascar.


Contrairement aux geysers du rift africains, ils n’ont pas de lien direct avec la géothermie et sont qualifiés de geyser d’eau froide.

 

Analavory-geysers.-Ampefy-Itasy-Madagascar---Sangitiana-fli.jpg                Madagascar, un des geysers d'Analavory - photo Sangitiana / Flickr

 

Leur éruption est alimentée par les bulles de dioxyde de carbone, au lieu de l’être par la vapeur.

A Analavory, l’eau excédentaire des mines d’aragonite proches était éliminée par des conduites en métal. Les eaux chaudes et riches en acide carbonique ont aisément dissous de grandes quantités d’argile et le fer des pipelines. Ces eaux chargées sont ressorties sur la rive de la rivière Mazy. La décompression des bulles de CO2 a fait sortir l’eau comme le champagne d’une bouteille.

 

Analavory - voyage forum         Madagascar - travertins colorés et ruisselants du site d'Analavory - photo Voyage-Forum

 

Analavory---madagascar-evasion.jpg

                 Madagascar - travertins colorés du site d'Analavory - photo Madagascar évasion

 

En refroidissant, le limon et le fer ont précipité, formant des bouches de travertins, où l’aragonite s'est colorée en jaune orangé et rouille par les métaux du pipeline et les thermophiles qui s’y sont développé. Les bouches de ce geyser artificiel ont grandi avec le temps jusqu’à atteindre plus de quatre mètres de hauteur.

 

Analavory---Ecololo-photoree.jpg                 Madagascar - Analavory : la bouche d'un geyser -  photo Ecololo / Photoree


Quatre geysers sont mentionnés sur ce site, qui pulsent leur eau carbonatée à 20-30 cm de hauteur. Lorsque l’argile bloque un moment la conduite, l’eau est poussée, à la rupture de ce barrage, à plus de trois mètres, dimensions modestes par rapport aux mentions du passé qui renseignent une hauteur de 20 à 25 mètres.


Situé tout près de la colline d’Ambohitriririnina où régnait le roi Andriampohy, le site d’Analavory revêt une histoire assez singulière qui a imposé un " fady ", un tabou très bien respecté dans la région.

Dans ce cadre particulièrement spectaculaire de ces gisements d’eau aux vertus thérapeutiques, haricot et viande de chèvre sont catégoriquement proscrits. Ceci parce que le roi, avant de mourir, a eu des haricots et de la viande de chèvre au repas. En rendant son âme, le souverain a donc interdit à tous ses descendants de manger ce qu’il pense avoir entrainé sa mort, sur le site des geysers.

Avant de devenir touristique, cet endroit était utilisé par les malgaches qui venaient y effectuer un rite ancestral, le " Fanasinana ", dans l’espoir d’avoir des enfants, de recouvrer la santé après une quelconque maladie, ou d’obtenir une solution à leurs problèmes quotidiens.

En ce temps-là, les " mpimasy ", les guérisseurs traditionnels, étaient seuls maîtres des lieux.

Deux piscines chargées de limon sont toujours fréquentées pour les vertus de l’eau qui y coule.

 

Analavory-geysers----Quettu.jpg              Madagascar - Analavory : un des geyser et les piscines - photo Quettu


Le massif de l’Itasy a été sculpté au Quaternaire par de fortes poussées Vulkanismus3magmatiques, et est un des massifs volcaniques les plus récents de Madagascar.

Le champ volcanique de l’Itasy contient diverses structures : des dômes de lave (en noir sur la carte), des cônes de scories et des maars.

Le lac Itasy, 45 km², doit son origine à une coulée de lave qui a barré la vallée, créant un barrage naturel aux eaux de la Lily et de la Mazy. La dernière éruption s'y est produite il y a seulement 8.000 ans.

 

Madagascar - localisation du volcanisme au Crétacé (en bleu) et au Cénozoïque (en rouge) - le massif de l'Itasy dans un cercle au centre - Doc. Vulkanismus / Besarie 1964.

Ngilofotsy-1432---Betahezana-1489---Andranonatoa-1612--.jpg                        Madagascar - massif de l'Itasy, quelques dômes volcaniques :

de gauche à droite, le dôme Ngilofotsy 1432 m – le dôme Betahezana 1489 m – le dôme trachytique Andranonatoa 1612 m  et  le dôme Ambohitsitiaolona. - photo MadaTana.com

 

Sources:

- Wondermondo - geysers of africa - link

- Mada Tana - divers dossiers - link

- Global Volcanism Program - Ankaratra field

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le 23 novembre, le Gunung Sinabung est entré quatre fois en éruption entre 21h26 et minuit, expulsant un panache de cendres estimé à 10.000 mètres de hauteur (??), mais non observé en raison du brouillard.

Les villages proches ont subi les retombées de scories centimétriques. Pour la première fois depuis 2010, les cendres du volcan ont atteint la capitale provinciale Medan, située à 80 km., causant un peu de panique.

 

2013.11.24-Sinabung----Deddi-Sulkifli.jpg                                       Sinabung -  24.11.2013 - photo Deddi Sulkifli


Le PVMBG de Bandung a porté le niveau d’alerte à Awas / IV (max.) le 24.11.2013 à 10 heures, date à laquelle cinq éruptions se sont produites, pour deux d'entre elles, à 12h43 et 14h32, non observées en raison du brouillard ; à 19h27, le panache éruptif a atteint plus de 8.000 mètres, accompagné de tremblements durant un quart d’heure. A 20h12 et 20h55, les panaches ont atteint respectivement 1.000 et 3.000 mètres.

Selon le Dr. Surono, des coulées pyroclastiques ont descendu les flancs du volcan sur plus de 2 km. La zone d’exclusion autour du volcan a été portée à cinq kilomètres, et l’évacuation de quatre nouveaux villages hors zone décrétée.


Les cendres du Sinabung ont perturbé de nombreux vols au départ de l’aéroport international Kuala Namu, affectant les compagnies Air Asia et Susi Air.

 

2013.11.24-Sinabung----Yuli-Ramadani-AP.jpgSinabung - Pilotage sans beaucoup de visibilité et en atmosphère confinée ... dangereux, mais on fait avec les moyens du bord - photo 2013.11.24  / Yuli Ramadani / AP


Les évacuations continuent, et selon l’administration de Karo, 22 centres d’évacuation sur les 26 préparés sont actuellement occupés. Les activités d’extérieur sont déconseillées, tandis que le port de masque et lunettes est préconisé.


2013.11.24-Sinabung---Ulet-Ifansasti-Getty-im.jpg           Sinabung - panache chargé de cendres, le 24.11.2013 - photo Ulet Ifansasti /  Getty images

 

2013.11.24 Sinabung - Ilet Ifansasti Getty im               Sinabung - un autre panache élevé, le 24.11.2013 - photo Ulet Ifansasti /  Getty images


Selon le PVMBG, l’activité volcanique demeure fluctuante. La pression demeure élevée, et de grandes quantités de gaz sont impliquées, ce qui a justifié l’alerte maximale en raison de risques d'éruption fortement explosive. Une autre indication à ce changement de niveau a été la découverte de scories de 3 à 4 cm. de diamètre dans un rayon de 3-4 km. autour du cratère.

 

2013.11-Sinabung-epine---Vista-de-parte-de-la-cima--con-la.jpgSinabung - Epine sommitale, caractéristique du volcanisme explosif Andesitico-dacitique - photo Chris Menz / via AVCAN

Sources :

- Médias : Jakarta Post 25.11.2013 / Associeted Press 24.11.2013

- PVMBG 24.11.2013 -  Peningkatan status G.Sinabung dari Siaga (level 3) menjadi Awas (level 4), 24 november 2013.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Toujours dans le rift est-africain, mais cette fois en Ouganda, sur la branche ouest du rift dans le graben Albertine, les sources chaudes de Buranga forme une zone d’activité géothermale, alignée parallèlement à la principale faille du rift.

 

Buranga3.jpg              Ouganda -  Source chaude et marécage de Burunga - photo sarahemcc / flickr

 

Burunga-geothermal-field.jpg                              Situation des sources Buranga - détail dans l'encart

 

Map_of_Great_Rift_Valley.svg-Kimdime69.png                       Les deux branche du grand rift est-africain et les lacs qui le parsèment


Les sources Buranga sont localisées près des monts Ruwenzori, à la base de l’escarpement Bwamba. Ce coin reculé de l’Ouganda est couvert par la seule forêt tropicale de basse altitude de l’est africain. La zone forme un écosystème propre dans cette forêt, riche en oiseaux, attirés par les marécages entourant les sources, et en mammifères, profitant du sel venant des profondeurs. Des microorganismes endémiques ont été trouvés dans les sources, deux souches préalablement inconnues de bactéries thermophiles Geobacillus.


Trente sept sources sont réparties en trois groupes séparés de 700 mètres :

La source de Nyansimbe, connue comme male pool, a développé un cône de carbonate, entouré d’une piscine claire d’eau chaude à 86°C, d’un diamètre de 30 m , profonde de plus de 5 m. Son débit de 15litres/seconde a formé un marécage, qui rend la source accessible seulement en saison sèche.

 

Nyasimbe springs - wordpressOuganda - Male hot springs  à Nyansimbe - photo Wordpress / Creative thinker- scientific mind - free spirit.

 

Les sources Mumbuga, connues comme female pools, forment un groupe de sources de 60 mètres sur 40, accessible seulement en saison sèche. L’une d’elle a construit un cône de travertin haut de 1,5 mètres, et des terrasses. Une fontaine de 50 cm de haut surmonte un bassin fumant, où la température atteint 98,4°C. Le débit est de 6,5 litre/seconde.

 

Buranga2---Mumbuga-erupting-spring.---Flickr.jpgBuranga----Mumbuga-erupting-spring--Sempaya-Hot-Springs-jpg                Ouganda - Mumbuga hot springs - source Sempaya - photos sarahemcc / Flickr


Plus au sud, les sources Kagoro occupent une zone de 50 mètres sur 15, enclavée dans la forêt. Les sources ont édifié des cônes de travertin, certains recouvert de dépôts soufrés, uniques dans le groupe Buranga. La température des eaux est comprise entre 60 et 91°C.


Les sources Buranga sont soumises à des changements liés aux séismes associés à la zone de faille qui les abrite. A chaque secousse, certaines sources apparaissent, d’autres disparaissent.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa

- Preliminary environmental impact assessment for the development of the Buranga geothermal prospect, Uganda - by C.Nyakecho

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le 17° paroxysme de cette année caractérisant le nouveau cratère sud-est aura été court cette fois.

 

2013.11.22-17h39.jpg

 

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      Activité strombolienne nocturne le 22.11.2013 à 17h29 et 21h33 - webcam RadioStudio7

 

2013.11.23 6h14 Webc LAVE2013.11.23-6h57.jpgA droite,

vers 6h57 GMT, l'Etna présente un calme annonciateur - Webcam INGV

 

 

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             Etna - L'activité strombolienne est présente à l'aube du 23.11.2013 - photo Turi Caggegi

 

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               Etna - les premiers signes de reprise d'activité vers 8h47 - webcam Etnatrekking

 

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   Etna - Fountaining le 23.11.2013 9h09 LT / 10h09 GMT - webcam thermique INGV Catania

 

Après une activité strombolienne intermittente au cours de la nuit du 22 au 23 novembre, celle-ci a débouché selon les sismogrammes sur une phase d’activité intense entre 10h30 et 11h15. Le pic de trémor a été bref lui aussi.

 

2013.11.23 sismo 8h-11h                   Etna - sismogramme 23.11.2013 - entre8h et 11h - doc. INGV Catania

 

Etnawalk signale des fontaines de lave à partir de 10h55 loc., montant entre 700 et 800 m. de hauteur; leur activité s'est maintenue durant une vingtaine de minutes. Les fontaines de lave ont été camouflées, sur les webcams, par un énorme panache de cendres dans lequel se sont développé des éclairs, causés par les frottements de particules.

Des cendres et des lapilli centimétriques sont retombés sur la côte ionienne, Fornazzo, Fiumefreddo, Sant'Alfio jusqu’à Taormine, avant que les vents ne dispersent le nuage vers le nord. L’aéroport de Fontanarossa a fermé deux couloirs aériens au-dessus de Catane, sans perturbations importantes pour les utilisateurs.

 

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                Etna - 23.11.2013 / 10h46 - le paroxysme bat son plein - webcam Etnatrekking

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                Etna - 23.11.2013 / 11h18  - webcam Etnatrekking

 

 

2013.jpgEtna - 23.11.2013 - des éclairs de triboélectricité marquent le panache de cendres - les parties plus claires marquent l'interaction de la lave et de la neige - photo Roberto Buttà / Etna Walk Facebook

 

2013.11.23---Etna-il-parossismo-visto-da-Zafferana---etna-i.jpgEtna 23.11.2013 - le panache du paroxysme vu de Zafferana - photo Etna il Vulcano / via Twitter

 

2013.11.23-Etna-Discovery.jpg                    Etna 23.11.2013 - le panache du paroxysme - photo Etna Discovery / via FB

 

 

2013.11.23-tremor-a--15h54-ECPN_hhz.jpg           Etna - courbe des 16° et 17°paroxysme 2013 - doc. INGV Catania le 23.11.2013 / à 15h54

 

Plus de renseignements précis dès que possible.


Sources:

- INGV Catania - sismo, et webcams

- webcams Radiostudio7 / Etnatrekking / LAVE / INGV

- Raport sur les détails de l'activité via Etna Walk.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La vallée du rift Kényane abrite e.a. les lacs Baringo et Bogoria, bordés de geysers.


Le lac Baringo, situé au sud-ouest du volcan Korosi, abrite le volcan Ol Kokwe, qui forme une île centrale dans ce lac aux eaux fraîches malgré une absence de sortie, une faible profondeur et une évaporation forte.

Ol Kokwe est formée d’un jeune cône de scories basaltiques chapeautant un bouclier trachytique. C’est le plus petit volcan du nord de la rift valley au Kénya. Sa dernière activité s’est passée au cours du dernier millénaire (Smith 1991).

 

Ol kokwe lac Baringo - Flickr - Aftab Uzzaman

  Le lac Baringo et son île volcanique centrale, Ol Kokwe - photo Aftab Uzzaman / Flickr


Des sources chaudes, des mares de boue bouillonnantes et des fumerolles sont présentes le long de failles au nord-est de la péninsule de l’île. La température des eaux de surface est de 81-96°C, mais elle atteint en profondeur 180°C. Au début des années 1900, des geysers entraient régulièrement en éruption … ils ne sont plus observés au cours des dernières décades.

 

ol-Kokhwe-springs---Rainbirder--safaritalk.ne.jpg             Sources chaudes d'Ol Kokwe / Lac Baringo - Kenya - photo Rainbirder / safaritalk.ne

 

Le lac alcalin (pH 10,5) et salé Bogoria est le meilleur endroit pour observer des geysers en Afrique. Quelques deux cent sources chaudes de température comprise entre 39 et 98,5°C bordent le lac, regroupées en grandes entités :

- le groupe Chemerku en compte 40, y inclus 4 geysers

-  les sources Koibobei au SE possèdent trois geysers

– les sources Losaramat à l’E regroupent 17 sources chaudes, et 3 geysers. – les sources Loburu se composent de 60 sources chaudes et 6 geysers.

 

Bogoria-springs---Silimanit-Panoramio.jpg                                Bogoria hot springs - photo silimanit / Panoramio


Les sources chaudes ont un taux élevé de dioxyde de carbone, raison supplémentaire à un bouillonnement vigoureux de celles-ci. Tous ces geysers sont situés très bas, au niveau du lac ou en dessous. Lorsque le niveau du lac change, certains geysers sont inondés et stoppent leur activité, certains autres entrent en explosion.

 

BogoriaGeyser3---Frederic-Salein-Flickr.jpg

                  Lac Bogoria - sources chaudes et fumerolles  - photo Frédéric Salein / Flickr


BogoriaGeyser5 - Valentina Storti

  Lac Bogoria - source chaude et geyser en bordure des eaux du lac  - au loin, le bord du rift Kényan - Photo Valentina Storti

 

BogoriaGeyser4

             Lac Bogoria - geyser et terrasses siliceuses - photo Frédéric Salein / Flickr


Les Loburu hot springs forment le plus important champ géothermal du lac Bogoria. Les sources chaudes forment deux groupes, au nord et au sud d’un petit delta formé par la rivière Loburu sur la côte ouest du lac. Par places, on observe de fines couches de dépôts siliceux, signe d’une activité des geysers dans un passé proche.

 

BogoriaGeyser---aiace-Flickr.jpg                        Loburu geyser en éruption - photo aiace / Flickr / Wondermondo


La hauteur et l’intervalle entre les éruptions des geysers diffèrent : deux exemples. Le groupe KL19 comprend 5 geysers seulement éloignés de quelques mètres. L’un d’entre eux entrait en éruption à 3,5 m de hauteur toutes les 5-8 minutes en 1995 … il est devenu moins puissant par après. Trente mètres plus au nord, le geyser KL30 était actif à intervalle de 45 minutes, montant à 5 m. en août 2006 ; en 2007, une bau-isse de niveau des eaux du lac a supprimé toute activité.

 

Bogoria---httpgeoparkskenya.blogspot.be.jpgLac Bogoria - les zone de geysers sont fréquentées par des flamants qui viennent s'y rincer le plumage et boire - Bogoria - httpgeoparkskenya.blogspot.be


Sans sortie, le niveau du lac Bogoria est régulé par la chaleur et les pluies. Ses eaux chaudes et alcalines forment un milieu favorable à divers microorganismes, dont la cyanobactérie Arthrospira fusiformis, qui servent d’aliments aux flamants nains . Le lac Bogoria abrite la plus haute densité de Phoeniconaias minor au monde, et près de la moitié des effectifs de la planète, soit entre 500.000 et 2 millions d’individus.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- Global Volcanism Program - Ol Kokwe

- Global Volcanism Program - Korosi

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord du Kenya, le lac Turkana, aussi appelé " la mer de Jade ", abrite de nombreux paysage volcaniques. D’abord dénommé lac Rudolf, en l’honneur du Prince héritier d’Autriche, à sa découverte en 1888 par des Européens, il fut rebaptisé Turkana après l’indépendance du Kenya en 1975, en l’honneur de la plus nombreuse des tribus vivant sur ses berges.

 

-Lake turkana satellite" La mer de Jade" - le lac Turkana empiète au nord sur l'Ethiopie (la frontière est en fine surimpression)

image satellite via Wikipedia / Roke.

 

Nabuyatom-volcanoe--Lac-Turkana---veselok.ru.jpg Le volcan Nabuyatom et les coulées du volcan Teleki / The barrier volc. compl. / au sud du lac Turkana / Von Hohnel bay - photo veselok.ru

 

Le lac Turkana fut à son niveau maximum voici 9.000 ans ; son point le plus bas fut atteint il y a 4.000 ans, lorsqu’il perdit sa source majeure et se sépara en deux entités. Il a retrouvé aujourd’hui un niveau intermédiaire, approvisionné à 80% par la rivière Omo qui débouche au nord, et la rivière Turkwel à l’est.


North island est formé d’une collection de cônes de tuff , daté de 3,25 Ma, qui dépassent de 220 m. le niveau du lac. En son centre, un jeune tuff ring est rempli de lave trachytique brun foncé, qui a débordé sur son flanc ouest.North_Island.jpg Une ligne de faille traverse l’île du NE au SO., le long de laquelle se concentre l’activité géothermale. Des sources chaudes, des fumerolles et solfatares sont observés dans la partie sud de North island, longue de 2 km. En 2004, un geyser y est décrit … sans rapport d’activité depuis lors.     photo Oregonstate Univ. / Kenya information Services.


Plus au sud du Kenya, la vallée de rivière Suguta est séparée du lac Turkana par le Barrier volcanic complex, principalement trachytique, large de 15 km et composé de quatre volcans-boucliers se chevauchant, d’ouest en est, le Kalolenyang, le Kakorinya, le Likaiu Ouest et le Likaiu Est.

 

The-barrier-volcanic-complex---GVP.jpg          Le complexe volcanique The Barrier, entre le lac Turkana et la vallée Suguta - photo GVP


suguta-valley-et-Logipi-lake--2011.01.10---EO1-Ali.jpg

La vallée sèche Suguta et le lac Logipi - les cinder cones SANC et NAMC font partie du groupe The Barrier - la fine ligne blanche marque l'extension maximale du paléo-lac Suguta - photo Nasa EO-1 Ali 10.01.2011

 

Suguta-valley---Flickr-skyscrapercity.jpg

Suguta valley - structure volcanique aux eaux colorées par des algues - photo Skyscrapercity / Y.Garcin

 

Il y a quelques milliers d’années cette vallée était remplie par un paléo-lac … depuis elle s’est asséchée et est parcourue par la rivière saisonnière Suguta, qui forme le lac temporaire Alablad, un lac sec qui se combine au nord de la vallée avec le lac Logipi.

La rivière Suguta passe un endroit appelé The Gap, flanqué de deux volcans. Elle est alimentée par des sources chaudes coulant des deux côtés de la vallée. L’une d’elle, le geyser Logipi, fut actif jusque dans les années 30 ; il atteignait 1,2 m de hauteur. Une expédition dans cette contrée reculée ne trouva, en 1990, que des sources bouillonnantes.

 

Lake_Logipi--Francois-Olivier-Dommergues.jpg          Le lac Logipi bordé de coulées de lave - photo François-Olivier Dommergues / Flickr FO travel

 

Volcanic-outcropping-set-in-dried-up-lake-with-flying-flami.jpg 

             Affleurement volcanique avec le lac Logipi à l'avant-plan  - photo wildencounters.net


La vallée Suguta abrite le volcan-bouclier Namarunu, principalement trachytique. Il est coiffé de cônes parasites et de coulées datant du Pléistocène supérieur et de l’Holocène, où une activité explosive et effusive basaltique pris place le long de l’axe du Rift africain, caractérisée par des cônes de scories, des coulées, des cônes et anneaux de tuff  sublacustres et des pillow lavas. Un cône de scorie formant le sommet du Namarunu a émis des basaltes à olivine fluides. L’éruption la plus récente est datée d’il y a 3.000 ans, après l’assèchement du lac Suguta.

 

Peu de photos de geysers de cette contrée, compensé par celles de  volcans associés ... demain le Kenya deuxième partie.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- Global Volcanism Program - North island
- Global Volcanism Program - The Barrier
- Global Volcanism Program - Namarunu

- Science direct - Late pleistocene-Holocene rise a,d collapse of Lake Suguta, northern Kenya rift - by Yannick Garcin & al.

- Potsdam Univ. - Suguta valley project - link

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