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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dallol, bien que repris sur la liste des volcans actifs du G.V.P., n’est pas à proprement parlé un volcan ; Le Global Volcanism Program le classe sous la dénomination de " cratères d’explosion phréatique " .

 

ethiopie-2007-323-copie.jpg                                Dallol à la nuit tombante - photo © Bernard Duyck 2007


Dallol est situé dans la dépression Danakil, au NNE de la chaine volcanique du Erta Ale, à une altitude moyenne de 119 m. sous le niveau marin.

Cette zone désolée est aujourd’hui un désert sec, mais au Miocène, elle a été régulièrement inondée par la mer, formant un golfe profond. Lorsque celui-ci fut séparé de l’océan, il s’assécha en laissant d’épais dépôts salins. Les couches de sel furent intrudée par le magma … et la rencontre des eaux souterraines avec des roches hyper chauffées provoqua des explosions phréatiques, qui laissèrent de nombreux cratères.

 

Aster-060120_168-copie.jpgLe site de Dallol au centre - à sa droite, Horseshoe mts et Flat mt. - au sud, le lac de sel Karoum - photo satellite ASTER / Nasa


Le plus récent d’entre eux, Dallol, fut formé au cours d’une éruption en 1926, à 1,5 km. au sud-ouest du cratère principal. Dallol est le seul  "volcan" à être situé sous le niveau de la mer sans être sous l’eau : son altitude est de 48 mètres sous le niveau marin.

 

ethiopie-2007-483-copie.jpg              Dallol - vasques d'acides ourlées de sel et de soufre - photo © Bernard Duyck 2007

ethiopie-JM-163-copie.jpg

                                      Dallol - " le lac noir " -  photo © Bernard Duyck 2007

ethiopie-2007-449-copie.jpg Dallol - des gourds oxydés, où se côtoient les couleurs de soufre, du sel et des sels de fer -  photo © Bernard Duyck 2007


De nombreuses sources chaudes et acides, aux teintes sombres ou vert jade, ourlées de margelles de sel, blanc pur ou teintées, voisinent avec des geysers transparents et jaunes depuis peu (coloration due aux oxydes de fer), ou encore un lac aux eaux noires et des gourds salins blanc, teintés de jaune ou de rouille … cette extraordinaire palette de couleurs, combinée à d’étranges formations, forme un paysage changeant au fil des saisons hors du commun : nous sommes sur la planète Dallol.

 

ethiopie-2007-517-copie.jpg

                           Dallol -  lac de saumure et geysers -  photo © Bernard Duyck 2007

Dallol 02.2008 - M.Rietze

                         Dallol -  lac de saumure et "geyser jaune"  -  photo © Martin Rietze 2008 


Les geysers éphémères crachent une saumure chaude qui s’évapore rapidement dans cette fournaise, où la température ambiante atteint 35-40°C, pour laisser, autour de la bouche, des cônes de dépôts de sel aux couleurs claires au départ (blanc, orangé), qui s’estompent ensuite sous l’action des vapeurs acides et de la pluie et deviennent roux, plus sales.

 

Eth81800.jpg              Dallol - bouche de geyser de sel, jeune (claire) - photo R.Roscoe / photovolcanica 2008

 

ethiopie-2007-396-copie.jpg                            Dallol - bouche de geyser de sel, plus âgé - photo © Bernard Duyck 2007


En janvier 2011, des pluies sévères ont changé le régime hydrologique, par un apport substantiel d’eaux fraiches, et de nouveaux geysers et sources chaudes sont apparus en nombre … momentanément.


La visite du site n’est pas sans risques : outre la nécessité de se faire escorter d’hommes armés, il faut s’aventurer prudemment sur cette fragile croûte de sel, sous laquelle stagne de l’acide, affronter des gaz inodores mais dangereux, tout en ayant en mémoire qu’une explosion phréatique peut survenir inopinément.

Mais ceci fait partie des charmes du Dallol !

 

Pour suivre, les geysers du Kenya.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Dallol

- Photovolcanica - Dallol volcano

- Wondermondo - geysers of Africa - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’air Force Japonaise a détecté vers 10h le 20 novembre 2013 un panache de cendres à proximité  de l’île Nishino-shima, dans l’archipel d’Ogasawara.

Les coast guards ont confirmé l’éruption vers 16 h, et la formation d’une île circulaire large de 200 mètres. Appuyant ces déclarations, ils ont fourni une photo du panache cypressoïde noir accompagnant cet éruption de type surtseyen.

 

2013.11.20-Nishino-shima---by-the-Japanese-Coast-Guard.jpgPanache cypressoïde de l'éruption du 20.11.2013 au large de Nishino-Shima - photo Japanes coast guards.


L’île Nishino-shima fait partie de l’arc volcanique IBM , Izu-Bonin-Mariannes, situé au sud du Japon. Cette petite île, appelée aussi Rosario island, est la partie émergée d’un imposant volcan sous-marin, bordé à l’est par le fosse d’Ogasawara et des autres côtés par un plateau océanique qu’il domine de 2.600 mètres. Au sommet de ce seamount, est localisée une caldeira submergée de 15 km sur 9. Nishino-shima est entourée de cônes, évents et seamounts parasites ; le cône sud culmine à 214 m. sous le niveau marin à 9 km. au SSE de Nishino-shima.

 

ogasawara-islands3.png           Situation de l'archipel Ogasawara, dont fait partie l'île Nishino-shima, au sud du Japon

 

IBM_map.jpg                                Tectonique simplifiée de l'arc volcanique Izu-Bonin-Mariannes

 

Nishinoshima_mlit1978---ph.1978--tdk.jpg                                 Nishino-shima Shinto (nouvelle île) -  photo de 1978 / 年 tdk

 

Nishinoshima-Shinto---plate-tectonic-narud.ru.jpg                        Nishino-shima Shinto (nouvelle île)  - photo  Japanese Coast guards 


La dernière éruption officielle en 1973-74, de VEI 2, a formé plusieurs nouvelles îles à l’est de Nishino-shima, qui ont agrandi sa surface en se rejoignant en mars 1974.

 

Nishino-shima érupt. 73-74 - Narod.ruNishino-shima - Topographie et distribution des cratères de l'éruption 1973-74 - doc J.Ossaka 1974 / via Narod.ru

 

1973.09-eruption-du-Nishinoshima.jpg

   Eruption surtseyenne le 14 septembre 1973 au large de Nishino-shima - photo Japanese coast guards

 



Depuis, une décoloration de la mer a été observée à plusieurs reprises, liée à de possibles éruptions mineures et /ou de l'activité hydrothermale..

Le GVP rapporte ces évènements, qualifiées d’éruptions incertaines, en 1975-77, 1978, 1980, 1982, 1983, 1985, 1986-1990 et 2001.

 

Sources :

- MSN - Sankei - link

- Global Volcanism Program - Nishino-shima

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi toutes les zones comportant des geysers dans le monde, les plus connues sont le Yellowstone, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, le Kamchatka ou encore le Chili.

 

geysermapw4.gif                       Localisation des geysers dans le monde - doc. johnston archives 2010


Le site Wondermondo a rassemblé récemment des informations sur d’autres moins connues situées dans le grand rift est-Africain, et comportant des geysers actifs ou éteints : en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda.

 

African-rift-Geysers.jpg                  Localisation des geysers sur le rift est-africain - doc. Wondermondo / Google

Geysers  - true geysers
Perpetual spouters  - perpetual spouters
Cold water geysers  - cold water geysers
Extinct geysers  - extinct geysers

 

En Ethiopie, en remontant du sud vers le nord, on trouve deux champs de geysers éteints, autour du lac Abaya et au nord du lac Langano. Plus vers le N-NE, dans le triangle Afar, deux champs de geyser actifs sont plus connus : les geysers d’Allalobed et les geysers et sources salées de Dallol.


Au nord du lac Abaya, les sources chaudes Chokore (ou Chakoware) possédaient jusqu’en 1979, des geysers actifs ; le dernier d’entre eux montait à plus d’1,8 mètre.

Aujourd’hui, demeurent une série de sources très chaudes, dont la température atteint 96°C, ainsi qu’une plate-forme de geysérite abritant les cônes des anciens geysers.

 

Le-lac-Abaya-vu-de-Arba-Minch--Ethiopie---Bernard-Gagnon.jpg                         Le lac Abaya, vu d'Arba Minch - photo Bernard Gagnon


Au nord du lac Langano, une baie profonde héberge une île, aux différents noms : Edo Laki, O’a, ou plus simplement " île aux geysers".

Un grand geyser, aujourd’hui disparu, y est né en 1906, à la suite d’un séisme et est demeuré en activité durant plusieurs dizaines d’années, montant à 25-30 m. deux fois par minute. Devenu moins actif avec le temps, il ne montait plus qu’à 1 mètre toutes les demi-heure environ, en 1926. En 1965, le site du geyser s’est transformé en un bassin de deux mètres de diamètre, dont le niveau fluctue de 5 à 10 cm. toutes les 10 minutes. A partir de 1970, ne demeure qu’une source chaude, aux eaux alcalines (pH 8,36) à 96°C.


Les geysers d’Allalobed, " les eaux d’Allah " forment un ensemble d’évents de vapeur, de petits cratères de boue chaude exhalant des gaz, et des bassins d’eaux chaudes profonds aux diverses couleurs, vert foncé, bleu ou jaune, pulsatilles et pouvant bouillir intensément.

 

Alolobed---CHB-2.jpg

                                Ethiopie - Allalobed - photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


Alolobed---CHB-5.jpg

                        Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


Alolobed---CHB-3.jpg                      Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009

 

Alalobeda-hot-spring---Dancalia.jpg                         Ethiopie - Allalobed -  Source chaude jaillissante - photo Dancalia


Un des bassins, appelé Allalobeda spouter, monte souvent à 6 mètres, de temps en temps jusqu’à 30 mètres de hauteur. Ses eaux ont une température de surface de 97°C. Une autre source présente un geyser montant à 30 cm.

Ces sources chaudes forment des dépôts agglomérés qui contiennent des restes fossilisés de plantes et insectes ; les moins chaudes sont utilisés par les Afars, qui y font leur lessive.

 

A suivre : les geysers d'Ethiopie - le site de Dallol.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- GOSA - Geyser Observation and Study Association - link

- Johnston's archives - geysers ressources - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un nouveau volcan actif a été découvert sous la calotte glaciaire dans l’ouest de l’Antarctique, comme le révèle une étude publiée en novembre dans le journal Nature geoscience.


Dans le cadre du projet de recherche Polenet, deux lignes de volcanoes Executive Committee range1sismographes ont été installés en 2010 dans le Marie Byrd land pour prendre des images du sous-bassement rocheux, en utilisant les perturbations créées par les séismes lointains.

Deux essaims sismiques furent enregistrés en janvier 2010 et mars 2011, près de la chaîne Executive Committee Range, à une cinquantaine de km. au sud des monts Sidley et Waesche. Localisés à 25-40 km. sous la surface, ces séismes DPLs – Deep, long-period – sont liés à des poussées de fluides magmatiques, ou autres, fracturant les roches et ouvrant de nouvelles voies vers la surface.


Un survol radar a permis de confirmer la présence d’une élévation dans la topographie du lit sous-glaciaire, à la même localisation que les essaims sismiques. Les images radar montrent aussi une couche de cendres enterrée sous la glace. Ces cendres pourraient provenir du Mont Waesche, volcan proche du Mt. Sidley ; localisée à une profondeur de 1400 mètres, cette couche de cendres est âgée de 8.000 ans ... ce qui ferait entrer le Mt Waesche dans la liste des volcans actifs du GVP.

 

Waesche-mt.---Skymountainers.jpg                                      Waesche mt. - photo Skimountaineers

 

Sidley-Map.jpg

 

Sidley---Doug-Wiens.jpg                              Antarctique - le Mt.Sidley - photo Doug Wiens


Ces observations démontrent la présence d’une activité magmatique et d’un volcanisme continuant à migrer vers le sud le long de l’Executive Committee Range, à la vitesse lente de 9,6 km. par million d’années.

MBL---USGS.jpgCette migration est perpendiculaire à la direction de déplacement de la plaque tectonique Antarctique, ce qui ne valide pas l’alimentation des volcans par un panache mantellique ou point chaud. Le magmatisme régional est relié à une vaste zone de rifting, et la chaîne volcanique est située sur le bord nord de ce rift.

 

Situation du Mary Byrd Land et des mts. Transantarctique - doc. USGS

 

West-antarctic-rift---Marie-Byrd-land.gif    Le système de Rift ouest-Antarctique et la localisation des volcans - doc. Timothy S. Paulsen

 

Il est illusoire de croire qu’une éruption à cet endroit puisse percer 1,2 à 2 km. de glace sus-jacente, mais elle pourrait générer un grand volume d’eau de fonte (à la façon des jökulhlaups islandais) affectant l’écoulement du flux de glace MacAyeal vers la mer.


Sources :

- Nature Geoscience 17.11.2013 - Seismic detection of an active subglacial magmatic complex in Marie Byrd Land, Antarctica - By Amanda C. Lough & al.

- Preliminary stratigraphy of volcanoes in the Executive Committee Range, central Marie Byrd Land – by J.L.Smellie & al. 

- Evolution of Neogene volcanism and stress patterns in the glaciated West Antarctic Rift, Marie Byrd Land, Antarctica - By Timothy S. Paulsen & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Juste pour le plaisir !

 

Une sélection d'images par Boris Behncke / INGV Catania :

 

 

De-Lipari---2-volcans-actifs.jpg

Une vue exceptionnelle depuis l'île de Lipari : deux volcans actifs - au centre gauche, les fumerolles de La Fossa de Vulcano, à droite, l'etna en éruption dans la nuit du 17 novembre - photo Antonello Cinciotta / Etna FB.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Faisant suite à un intervalle de calme de 24 heures après le 15° paroxysme de l’année, l’activité strombolienne a repris au niveau du nouveau cratère sud-est de l’Etna au matin du 12 novembre.

 

2013.11.13-NSEC---Turi-Caggegi.jpgUne accalmie et un  temps dégagé permettent d'observer les coulées du 15° paroxysme, le 13.11.2013 - photo Turi Caggegi

 

2013.11.14-20h-08-NSEC.jpg              Activité strombolienne modérée dans la soirée du 14.11.2013 - webcam RadioStudio7


Une augmentation graduelle de ce type d’activité est repérée le 16, avec des émissions pulsatiles de vapeur et par intermittence, la formation d’anneaux de fumée semblable à ceux émis le 11. Les explosions sont audibles du piémont du volcan. Au cours de la matinée, quelques émissions de cendres sont enregistrées.

 

2013.11.11---Etna-ring---Tom-Pfeiffer-Vdis.jpgEtna - anneau de fumée le 11.11.2013 - on aperçoit bien les mouvements de tourbillons tout autour de cet anneau - photo Tom Pfeiffer / Volcanodiscovery


A partir de 17 heures environ, les explosions se sont succédées à intervalle régulier et rapproché, pour déboucher vers 23 heures, sur un fountaining spectaculaire.


2013.11.16-17h22---NSEC.jpg2013.11.16-17h-33-etna2.jpg

2013.11.16-17h44-etna2.jpg

Webcam RadioStudio7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2013.11.16 17 h46 etna2

 

 

 

2013.11.16-17h59-double.jpg

2013.11.16-23h-therm.jpg

2013.11.17-1h45-therm.jpg

 

Etna - Fontaines de lave le 17.11 à 00h09 et 01h45 GMT webcam therm. INGV

 

 

 

2013.11.17-2h42.jpg

Etna - Fontaine de lave et retombées sur tout le NSEC le 17.11.2013 / 2h42 GMT / 01h42 LT - webcam INGV

 

 

2013.11.17---Marco-Restivo.jpg

               Etna NSEC -  une superbe "pétée" prise par Marco Restivo / EtnaWalk Facebook

 

Des coulées de lave consécutives se remarquent sur les

webcams sur les flancs et dans la selle séparant les deux cônes de scories.

 

2013.11.17-5h59.jpg2013.11.17-8h12-Emot0144.jpg

Etna - les coulées de lave sont visibles - à gauche, webcam RS7 à 0h59 - à droite, webcam therm. INGV à 8h12 GMT

 

 La courbe du trémor, et les sismogrammes, enregistrée par l’INGV suivent cette progression d’activité au cours des journées du 16 et 17.

 

20-24-h-EBCN_HHZ_IT.0005.gif00-4h-EBCN_HHZ_IT.0000.gif04---08h-EBCN_HHZ_IT.0001.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

Sismogrammes (de haut en bas : de 20 à 24h le 16.11 - de 00 à 04h, et de 04h à 08h le 17.11) et courbe de trémor des 16 et 17.11.2013 - doc. INGV

 

2013.11.16-17 trémor ECPN hhz

 

D'autres précisions dès que possible

 

Sources:

- INGV Catania : images webcams et commentaires

- Webcam RadioStudio7

- Photos de Etna Walk et Turi Caggegi.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat

Durant les mois d’hiver, entre les vacances d’Halloween et de Thanksgiving, des interruptions des vents dominants sur Big Island / Hawaii font augmenter les concentrations de gaz volcaniques et de particules.

 

Big-Island-VOG-2009-Space-shuttle-S125-E-006569.jpgBig Island / Hawaii noyée dans le VOG le 13.05.2009 - trois panaches sont visibles : au niveau du cratère de l'Halema'uma'u, de celui du Pu'u O'o et de l'entrée des laves dans l'océan -  photo Nasa Space shuttle S125-E-006569


Cette pollution volcanique en provenance du Kilauea est appelée VOG, une contraction de VOlcanic smoG.

Les composants du VOG connus pour affecter la santé sont le dioxyde de soufre et les particules fines appelées PM2,5 (particules de diamètres égal ou inférieur à 2,5 microns) toxiques en tant que tel ; de plus, la réaction du SO2 avec l’oxygène et l’humidité atmosphérique est à la base de pluies acides et corrosives pouvant polluer les eaux potables, et endommager la végétation.

 

Le Kilauea relâche de grandes quantités de gaz potentiellement dangereux depuis près de trois décades, en conjonction avec le début de l’activité sur la zone de rift Est en 1983.

 

map-1983-2000.jpg Carte du Kilauea, zone des cratères sommitaux et East rift zone, avec les coulées de lave entre 1983 et 2000 - carte HVO / USGS

 

En mars 2008, ces émissions ont augmenté avec l’ouverture d’un nouvel évent dans le cratère sommital Halama’uma’u … pour décliner ensuite en 2010, puis reprendre brièvement pendant l’éruption Kamoamoa en mars 2011.

 

hawaii omi 2008.04.26 Aura - OMI

26.04.2008 - Vog sur Big island / taux de SO2 mesurés dans la couche des 5 km. - doc. Nasa Earth Observatory - The OMI instrument is a Dutch-Finnish Instrument, provided to the EOS/Aura mission by the Netherlands and Finland. NASA MODIS image courtesy Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response team.

 

Kilauea---December-3--2008--when-the-Moderate-Resolution-Im.jpgBrouillard volcanique sur l'archipel Hawaiien le 03.12.2008 -  Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer (MODIS) on NASA’s Aqua satellite captured this image

 

kilauea.jpg                     Mesure des gaz sur le Kilauea par les équipes de l'HVO / USGS

 

TradeWinds.gifDurant la période hivernale, lorsque les alizés sont "en panne" la moitié du temps, les zones peuplées de l'est de l'île sont confrontées à de très hautes concentrations en gaz volcaniques et particules fines, en raison de leur proximité avec les évents actifs. Le reste de l'année, les alizés poussent le VOG vers le sud-ouest.


Les alizés soufflants du NE, Trade winds, sont détournés par les hauteurs de Big island - Durant la "panne", un vent venant du SO, appelé Kona winds, peut souffler dans le sens opposé - schéma USGS / Univ. Hawaii

 

La réponse individuelle au VOG varie fortement d’un individu à l’autre, les personnes les plus sensibles étant celles qui soufrent de maladies respiratoires chroniques et d’asthme. Les effets à court terme du VOG sur la santé sont : des difficultés respiratoires, des maux de tête, des irritations oculaires et de la toux sèche. Les effets du mélange gaz/particules fines sur le long terme sont à l’étude.

 

VO-G---Honoluluadvertiser.jpgAffiche montrant les effets du VOG sur la santé et les moyens de s'en protéger - doc. Honolulu advertiser.

 

La pollution des eaux constitue aussi un problème majeur sur Hawaii, où nombre d’habitations ont un système de récolte des eaux pluviales à usage domestique. En 1988, les eaux potables de près de 40% des maisons utilisant ce système de récolte dans le district de Kona ont été polluées par du plomb, provenant du lessivage des toitures et des canalisations par les pluies acides.

 

 

Les agences de santé recommandent des actions de protection durant les périodes de VOG : confinement à l’intérieur durant les pointes, boire de grandes quantités d’eau, garder ses médicaments à portée de la main, et se maintenir informé sur la qualité de l’air.


Les autorités ont développé divers outils, accessibles on line, pour aider la population et les visiteurs à minimiser leur exposition à cette pollution volcanique. L’EPA – U.S. Environmental Protection Agency – met à disposition un tableau d’alerte basé sur des études environnemantales et de santé, à six niveaux matérialisés par des couleurs allant du vert (bon) au brun (dangereux).

 

 

 Good 

 Moderate 

 Unhealthy for Sensitive Groups 

 Unhealthy 

 Very Unhealthy 

 Hazardous 


Quatre sites web sont particulièrements intéressants :

- hiso2index.info : taux de dioxyde de soufre fournis toutes les 15 minutes pour 9 sites allant d’Hilo à Waikoloa par l’ Hawaï state department of Health.

- airnow.gov : le groupe AirNow renseigne sur les conditions courantes en PM2,5

- hawaiiso2network.com : le National Park Service fournit tout le quart d’heure des données sur les taux de gaz et particules dans le Parc National d’Hawaii, en plus des indications sur le terrain.

 

plumemap-2013.11.15.jpgCarte de l'Hawaii Volcanoes National Park  du 15.11.2013 / vers midi - en jaunâtre, la direction approximative et l'étendue des panaches gazeux de l'Halema'uma'u et du Pu'u O'o (dans lesquels les concentrations en dioxyde de soufre et particules fines sont dangereusespour la santé )  - doc. http://www.hawaiiso2network.com/

- weather.hawaii.edu/vmap : l’Université d’Hawaii à Mānoa fournit une carte interactive prévisionnelle, connu comme VMAP, permettant de planifier les activités d’extérieur.


Ces liens peuvent être utilement archivés en vue d’un voyage sur Big island.

 

Sources :

- USGS - Volcanic air pollution, an hazard in Hawaii - link

- Nasa Earth Observatory - Little island, big wake - link

- Hawaii 24/7 - Volcano watch : online tools help Hawaii breathe easier during trade winds time-out

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’éruption de l’Eyjafjalajökull au printemps 2010 a créé un indescriptible chaos dans la trafic aérien … près de cent mille vols ont été annulés, ce qui a coûté 1,5 milliards aux compagnies aériennes, les plus touchées étant les Européennes.

 

17.04-Bryniar-Gauti.jpg               Panache de l'éruption de l'Eyjafjalajökull - photo Brynjar Gauti / AP 17.04.2010

 

forecast_flights_786_21april_2.gifCarte de prévison du 27.04.2010 - extension du nuage de cendres de l'Eyjafjalajökull en rouge - routes empruntées par les avions en bleu ciel - doc. Sabre Flight Explorer

 

image-78911-galleryV9-phjb.jpg                  Les avions de ligne cloués au sol en Allemagne -  photo Lufthansa / via Reuters


Dès la fin de cette éruption, considérée par ailleurs comme petite, les compagnies aériennes ont insisté sur la nécessité de développer des systèmes de détection embarqués, qui permettraient aux avions de se dérouter en présence d’un nuage de cendres volcaniques.


Le système AVOID - Airborne Volcanic Object Identifier and Detector, développé sur base d’études de la défense américaine dès 1993, est conçu autour de deux caméras infra-rouges, installées soit en bout d’ailes, soit sur le fuselage, capables de détecter des nuages de cendres à une altitude comprise entre 1.500 et 15.000 mètres.

Cette technologie devrait permettre aux pilotes de se dérouter pour éviter tout risque d’ingestion de cendres par les réacteurs, ou de dépôts sur les pare-brise, et de maintenir ouvert des espaces aériens, normalement fermés lors d’une éruption.

 

            Essais des appareils en 2011 au dessus de l'Etna - Doc. Easy Jet / Nicarnica Aviation

 

Nicarnica-Aviation---AZ-Forum-aviation.jpgTest AVOID sur un avion Ultra-léger Flight Design CT au dessus de l'Etna - doc. Nicarnica Aviation / AZ forum

 

NUAGE_CENDRES_Ian_Davies_with_the_pod-52c27.jpg

                         Ian Davis / Easy Jet avec un prototype de sonde (en bout d'aile) AVOID

 

Après des essais réalisés en 2011, par un avion de tourisme dans un survol de l’Etna, puis en 2012 au-dessus des côtes marocaines, en utilisant l’air chargé des sables du Sahara, les appareils de détection ont été validés par une expérience réalisée au-dessus du Golfe de Gascogne en 2013, grâce à une coopération entre la compagnie low coat Easy Jet, Nicarnica Aviation et Airbus.


1200022656--Foto-MASCLET-Philippe---MasterFilms.jpg

Un Airbus A400M lâche les cendres islandaises au dessus du Golfe de Gascogne dans le cadre de l'expérimentation AVOID - photo  TU / Phil. Masclet / Master films / NILU - Norwegian Institute for Air Research.

  

Pour la réalisation de cette expérience, l’Institut Norvégien pour le Recherche Aéronautique (le NILU) a récolté une tonne de cendres volcaniques sur les flancs de volcans islandais. Elles ont été libérées par un Airbus A400M afin de recréer un nuage artificiel semblable à celui généré par une éruption volcanique.


 Un petit appareil Diamond DA42, de l’Université des sciences appliquées de Dusseldorf, va pénétrer le nuage pour prendre des mesures , qui pourront corroborer celle prise par le système AVOID.


1200022658-copie-1.jpg        Graphique de démonstration du test effectué le 30 octobre - photo Nicarnica Aviation / NILU - Norwegian Institute for Air Research


Un avion de ligne de type Airbus A340, équipé du système AVOID, s’est ensuite approché du nuage de cendres, et a été à même de les détecter à une distance de 60 km. et de changer sa trajectoire de vol. Les données captées par l’avion en vol sont transmises en temps réel au centre de contrôle des vols, permettant de réaliser des cartes de dispersion exactes.


Easy Jet pourrait équiper ses avions de ligne de ce système de détection dès 2015, si ce projet est finalisé.

 

Petit bémol cependant, aucune avance dans le sujet des quantités de cendres " digérables "  par un réacteur en cas de pénétration dans un nuage de cendres ... aucun seuil de concentration n'a encore été défini à ce jour !

 

Sources :

- Easy Jet plc - Easy Jet, Airbus and Nicarnica Aviation successfully create first ever significant artificial ash cloud for test purposes - link

- Mail on line 11.2013 - Finally, a sensor that can detect ash clouds ! Easy Jet tests "AVOID" system that will allow pilots to fly during volcanic eruptions - link

- Air Journal - Volcans : Easy Jet va créer son propre nuage de cendres

- NILU - Norsk Institutt for luftforskning - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Deux ans après l’éruption du volcan sous-marin au sud de l’île d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries, celui-ci reste sous surveillance.

 

16.11.2011---3---Guardia-Involcan.JPG   Traces de l'éruption sous-marine en mer de Las Calmas au sud de La Restingua / El Hierro le 16.11.2011 - photo Guardia Civil / INVOLCAN

 

Dans le cadre du projet Vulcano 2013, une nouvelle bathymétrie a été réalisée, ainsi que des études sur l’évolution des propriétés physico-chimiques dans la zone des cône principal et cônes secondaires du volcan sous-marin de Las Calmas.

 

batimetria3d_volcanelhierro_vulcano1013.jpg     Nouvelle bathymétrie 3D du volcan sous-marin de El Hierro - doc. Projecto Vulcano / IEO 2013

 

 

 

Batimetria_Restinga_Vulcano250313.jpg
        Zone d'étude 2013 au sud d'El Hierro, dans la mer de Las Calmas - doc. Projecto Vulcano / IEO

 

Une description faite par Francisco José López Rodríguez / IEO :

" les enregistrements révèlent une zone profonde très raide, caractérisées par une abondance de matériaux en vrac, vraisemblablement détaché des zones supérieures 'sable abondant, graviers et bombes volcaniques) . La zone intermédiaire est plus abrupte et consolidée, parcourues de crevasses servant d'abris aux décapodes. Le haut est caractérisé par sa coloration particulière : la lave noire est tachée de zones brun orangé, et d'autres blanchâtres ou jaunâtre ( émission de sels de fer et soufre) ".

 

Le navire océanographique Ángeles Alvariño, de l’IEO - Instituto Español de Oceanografía -, a placé récemment une sonde d’analyse de la colonne d’eau sous-jacente.

 

NP_281013_Vulcano.jpg   Préparation de la bouée de contrôle des eaux (reliée aux satellites) par les équipes de l'IEO

 

vulcano1013_ecosonda.jpg

Echogramme de la sonde EK60 au dessus d'un cône secondaire, qui révèle la présence d'un panache d'émission en provenance du sous-sol - doc. Projecto Vulcano / IEO

 

Bien que les émissions de lave aient cessé, le volcan dégaze toujours fortement ; du CO2 est émis par quatre de ses cônes, ce qui génère des anomalies dans son environnement.  Des mesures de température, salinité , pH , de carbone inorganique total, de l’oxygène dissous, ou encore de concentration de fer dans l'état réduit  ont été effectuées.

En comparaison avec des zones non affectées (stations de référence), et tenant compte des variations des paramètres de température et pH associés au changement climatique prévu ( augmentation de la température moyenne de l’océan de 0,6°C et diminution de pH de 0,1 unité, en raison de l’excès de CO2 dans l’atmosphère et de son absorption par l’océan), la zone du volcan sous-marin présente une élévation moyenne de 1,5°C et une anomalie de pH de 0,2 unités … ces caractéristiques vont faire du volcan sous-marin d’El Hierro un laboratoire naturel pour étudier certains des principaux processus liés au réchauffement climatique et l'acidification des océans .

 Sources :

- Campana Vulcano 1013 : las emisiones de material del volcan submarino - link.

- IEO -El volcan submarino de El Hierro continua emitiendo CO2 por cuatro de sus nueve conos - link
- NPG - The submarine volcano eruption at the island of El Hierro: physical-chemical perturbation and biological response - by E. Fraile-Nuez, M. González-Dávila, J. M. Santana-Casiano, J. Arístegui, I. J. Alonso-González, S. Hernández-León

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le niveau d’alerte du Sinabung, situé sur l’île de Sumatra, avait été élevé le 3 novembre au niveau III Siaga, après une éruption qui a généré un panache de cendres montant à plus de 7.000 mètres d’altitude, et forcé l’évacuation des communautés vivant dans un rayon de 3 km. autour du cratère. Cet évènement faisait suite à une instabilité du volcan depuis fin octobre.

 

seismik_sinabung_3nov.jpgEvolution de la sismicité et des dégagements de SO2 entre le 01.07 et le 03.11.2013 au Sinabung - schémas V.S.I.


Le 5 novembre, une nouvelle éruption est enregistrée. Un panache de cendres monte à 3.000 mètres au-dessus du cratère, accompagné d’une coulée pyroclastiques déferlant sur 1 km. sur le flanc SE du Sinabung.

 

2013.11.06---Sinabung---ADE-SINUHAJI---AFP.jpg                                Sinabung - 06.11.2013 - photo Ade Sinuhaji - AP


Le 11 novembre, deux éruptions, respectivement à 6h14 et 7h00 locale, ont forcé l’évacuation des 2500 habitants du village de Gurukinayan, touché par les retombées de cendres, bien que situé à 4 km. du volcan, et hors de la zone de danger (fixée à 3 km).

La première éruption du 11 a été plus puissante, projetant un panache de cendres à plus de 4.000 mètres, suivi d’une coulée pyroclastique et de coulée de lave.

 

resizer.php.jpg                                            Le Sinabung en éruption - photo AFP 12.11.2013

 

2013.11-Sinabung---Binsar-Bakkara--AP.jpgLes retombées de cendres impactent la vie des habitants aux alentours du Sinabung - photo Binsar Bakkara / AP nov.2013


L’administration de Karo a fait évacué cinq villages depuis le début du mois de novembre, dont quatre situés dans la zone des 3 km. : Bekerah, Mardinding, Simacem and Suka Meriah.

 

Sinabung-cendres---2013.11-Binsar-Bakkara---AP.jpgSigne de vie ... une fleur parvient à éclore dans la végétation recouverte de cendres - nov.2013 - photo Binsar Bakkara / AP nov.2013

 

Sources :

- Jakarta Post / 11.11.2013 - Thousands evacuated as Mt.Sinabung erupts again - link

- Global Volcanism Program - Sinabung latest activity 30.10-05.11.2013

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