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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Au temps des balbutiements de la volcanologie, et bien avant l’invention de la photographie, les volcans et de leurs phénomènes n’étaient illustrés qu’au moyen des dessins, lavis ou eaux-fortes.

 

tumblr_lenfmmpy6Z1qe866ho1_1280.jpg                Mundus Subterraneus de A.Kircher 1665 - détail sur le feu du centre de la terre

                                                ( image complète en fin d'article)


Au 17° siècle, le Père Athanasius Kircher (1601-1680), un jésuite, publie parmi les trente-neuf livres qu’il écrit une œuvre illustrée qui marque son époque, " Mundus subterraneus ".

 

Kircher-1665-v1-000-fp.jpg                           Page de garde du Mundus Sunterraneus - Athanasius Kircher 1665


Athanasius_Kircher.pngNé en Allemagne, dans la province de Thuringe, le jeune Kircher fit ses études au collège Jésuite de Fulda, puis dans diverses universités avant d’être ordonné prêtre en 1628.

Fuyant la guerre de Trente ans, il se réfugie à Avignon, où il construit un observatoire. Le Cardinal Barberini le fait nommer professeur au "Collège Romain" de Rome en 1635, où il restera attaché sa vie durant, tout en effectuant de nombreux voyages.

C’est ainsi qu’il observe des éruptions à l’Etna et au Vésuve, qu’il étudie ces volcans ainsi que les tremblements de Terre. Il est libéré de sa tâche d’enseignant en 1646, pour se consacrer entièrement à la recherche et l’écriture.

 

Dans le domaine de la géologie, il écrit un traité en 1665, son Mundus subterraneus.

Il nous y transmet sa vision d’une terre caverneuse contenant des chambres appelée geophylacia, de trois types emprisonnant l’air, l’eau et le feu, nommée respectivement aerophylacia, hydrophylacia (les aquifères modernes) et pyrophylacia (les chambres magmatiques).

 

vesuv2.gifLe Vésuve - Typus Montis - une coupe du Vésuve, jugée aujourd'hui fantaisiste, mais premier essai de démonstration de la présence d'un réservoir magmatique dans les entrailles d'un volcan (1638). - A.Kircher in Mundus Subterraneus


Il embauche un guide local pour monter au Vésuve, encore fumant,  pour s’y faire descendre dans le cratère suspendu à un harnais afin d’y prendre des mesures de température … il fera du Vésuve son " typus Montis ".

Il visite les Champs Phlégréens, où le Monte Nuovo, formé en 1538, lui apporte une belle démonstration du pouvoir du feu sous-terrain.

 

mundussubterrane02kirc_0252.jpg                         La vision des Champs Phlégréens de Kirchner / Mundus Subterraneus


Sa vision du monde sous-terrain est influencée par son ministère et la philosophie de son ordre religieux, à une époque où Galilée vient d’être condamné par le Saint office (juin 1633) …

le grand pyrophylacium au centre de la terre (A) est l’enfer, le point le plus éloigné du ciel et la prison des pécheurs dans le cosmos géocentrique de Kircher. Ses purgatoires sont plus proches de la surface (B) … comme il le raconte, des moines vivant dans un monastère dans les environs sulfureux des Champs Phlégréeens y ont entendu les gémissements de ceux qui souffrent au Purgatoire.

 

Kircher-volcans.jpgCoupe de la terre dépeignant la circulation sous-terraine du feu au travers des diverses chambres de la pyrophylacia. La Terre est montrée comme une fournaise active; les panaches volcaniques (dessinés à échelle exagérée) démontrent les effets du feu interne - in Mundus Subterraneus d'A.Kircher.

 

Sources :

- Université de Strasbourg , SCD - Mundus Subterraneus tome I & II - link

- OU History of Science Collections : Athanasius Kircher, Mundus Sunterraneus 1665 - link

- The Galileo project - Athanasius Kircher - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les Wah Wah mountains abritent un trésor : le béryl rouge, encore appelé émeraude rouge.


Très rare, on ne le trouve qu’en trois endroits au monde : les Wah Wah mountains et le Thomas Range, dans l’Utah, et le Black Range au Nouveau Mexique.

 

Utah-Wah-Wah---Exceptional-cluster-of-gorgeous-Red-Beryl-cr.jpgCristaux de béryl rouge sur une matrice de rhyolite  / Wah Wah mountains - collection Ferris mineral


Le béryl rouge fut décrit pour la première fois en 1904. La plus grande concentration en béryl rouge de qualité gemme n’a été découverte qu’en 1958, par Lamar Hodges, lors de prospection d’uranium. Le prix pour une top qualité peut aller jusque 10.000 $ le carat. Le béryl rouge est souvent confondu avec la Pezzottaite, ou raspberry beryl, une pierre trouvée à Madagascaret en Afghanistan ; on les distingue par l’indice de réfraction.

 

beryl_scovil_cornell----A-1.19-carat-cut-gem-alongside-its-.jpg   Béryl rouge - Une pierre taillée de 1,19 carats versus un cristal de 1,7 cm. - Wah Wah mountains

 

cristaux-de-beryl-var.-beryl-rouge--rhyolite---Violet-Cla.jpgBéryl rouge - cristal rosé-violet de 14 mm.sur matrice de rhyolite - Violet claims / Wah Wah mountains - photo géry Parent


Formation du béryl rouge :

Tandis que les béryls sont trouvés ordinairement dans les pegmatites et certaines roches métamorphiques, le béryl rouge ne se rencontre que dans les rhyolites porteuses de topazes. Lorsque la lave commence à se refroidir, des fissures de retrait se forment, qui créent une échappatoire pour des gaz à haute température riche en béryllium. Les eaux de surface oxydées commencent à s’immiscer dans les crevasses et se mélangent au gaz chargé de béryllium. Ces gaz réagissent avec l’eau de surface, la silice, le feldspath alcalin, et les oxydes de fer et manganèse de la lave pour former de délicats cristaux rouges de béryl, qui croissent à une température entre 650 et 300°C. Les minéraux associés sont le quartz, la topaze, la spessartine, la pseudobrookite , la bixbyite et l’hématite.

 

Wah-Wah-mts.--Summitpost.JPG                                   Les Wah Wah mountains - photo Summitpost


Dans le Thomas Range /Utah, les cristaux font entre 2 et 10 mm de long sur 4 à 6 d’épaisseur ; ils sont trouvés dans le rhyolite de Topaz mountain, émise il y a 6-7 Ma.

Dans les Wah Wah mountains, les cristaux allongés ont plus de 15 mm de long, le plus gros cristal mesurant 14 sur 34 mm. ; ils se retrouvent dans la rhyolite de la formation Blawn , émise il y a 18-20 millions d’années.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Une équipe de géologues de la Brigham Young University – BYU -  dirigée par Eric Christiansen et Myron Best, a mis en évidence une des plus grandes éruptions sur Terre.

 

Rain_in_the_Wah_Wah_Valley---Qfl247.jpg                                Orage sur la Wah Wah valley - photo Qfl247 

 

Les géologues ont mis en évidence dans la région une quinzaine de grandes éruptions et pas moins de 20 grandes caldeiras. Ces volcans ne sont plus actifs aujourd'hui.

Un volume de magma de plus de 5.500 km³ a été émis par l'une de ces super-éruptions, sur une très courte période de l’ordre de la semaine à un endroit appelé Wah Wah springs.

 

N97A4389-BYU-geologists-Eric-Christiansen-and-Myron-Best-at.jpg   Les géologues du BYU , M.Best et E.Christiansen sur le site de Wah Wak springs. - photo BYU

Ces évènements sont datés de 30 millions d’années. En comparaison avec l’éruption du St Helens en 1980, et bien que sa nature soit différente, l’éruption de Wah Wah springs est environ 5.000 fois plus importante.

Etymologiquement, "Wah Wah " se traduit par "une bonne eau claire ".

 

Le tuff dacitique de Wah Wah springs est l’un des plus grands volumes d’ignimbrites émis lors du pic d’activité dans le grand bassin ignimbritique de l’ouest de l’Amérique du nord.

L’éruption a enseveli une vaste région qui va du centre de l’Utah au centre du Nevada, de Fillmore au nord jusqu’à Cedar City au sud. Des traces de cendres ont été trouvées jusqu’au Nebraska.

 

books_002--2-.jpgSituation de l'Indian peak caldeira dans le Great Basin - les tuffs de Wah Wah springs émanent de cette caldeira - doc. USGS

 

Indian-peak---Summitpost.JPG                          Wah Wah mountains - Indian Peak - photo Summitpost


Au sud de l’Utah, les dépôts de cette éruption unique atteignent une épaisseur de 3.900 mètres, ce qui laisse imaginer combien cet épisode a été catastrophique. Les dépôts ont été soumis à diverses analyses : fluorescence rayons – X, analyses chimiques des minéraux, datation, pour vérifier que cette ignimbrite appartenait bien à la même super-éruption ancienne.


A cette époque, les dinosaures sont déjà éteints, mais l’ancienne faune et flore préservées dans ces dépôts volcaniques indiquent un climat différent de l’époque actuelle : on y retrouve des palmiers, des rhinocéros, des chameaux et des tortues.


Utah-wah-wah-springs-eruption.jpgLa caldeira de Wah Wah springs est estimée à 40 km. de largeur , pour une profondeur de près de 5 km, au moment de sa formation … une taille comparable à celle du Yellowstone (Wyoming).

Les ravages dus à l’érosion et à des déformations ont transformé ensuite le paysage, si bien que malgré ses énormes dimensions, cette éruption et ce super-volcan sont demeurés " dissimulés " durant des millions d’années … et il a fallu l’implication et le travail de centaines d’étudiants et professeurs pour les découvrir.

 

 

 

Wah-Wah-range.gif

                                    Le Wah Wah range - à cheval sur l'Utah et le Nevada

 

Dans la partie nord des Wah Wah mountains, Crystal peak tranche sur le paysage environnant ; il est formé des restes érosionnels du tuff rhyolitique paléogène, contenant une abondance de cristaux de quartz à pointe double.

 

Cristal-peak---Summitpost.JPG

 

Cristal-peak-wah-wah-mts.----Summitpost.JPG                      Les Wah Wah mountains et Cristal Peak - photos Summitpost


Une série de failles de chevauchement recoupe les roches sédimentaires au sud des Wah Wah mountains. Elle est connue comme le berceau du béryl rouge, une pierre précieuse plus chère que l’or ... nous l’examinerons dans un article suivant.

 

Sources :

- Brigham Young University - Supervolcanoes discovered in Utah by BYU geologists - link

- Geosphère - The 36-18 Ma Indian Peak - Caliente ignimbrite field and calderas, southeastern Great Basin, USA : multicyclic super-eruptions  - by  M.Best, E.Christiansen & al. - link

- Nasa ADS - Pre-eruptive conditions in the Wah Wah springs tuff : no evidence of thermal rejuvenation - by Woolf, Christiansen, Best & Dorais.- link

- USGS - Stratigraphy of the volcanic Oligocene needles Range group

- Summitpost - Wah Wah Mountains


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Du premier au 16 novembre 2013, le volcan sous-marin au nom improbable Kick’em Jenny, situé sur le flanc ouest de l’arc des petites Antilles, a été exploré par les équipes du Nautilus Exploration Program. Les premières images prises par l’équipe mixte du NOAA, de l’Ocean Exploration trust Bechtel, de la Sea research foundation, de la National Geographic society, de l’Office of Naval Research et de l’Université de Rhode island, viennent d’être publiées. Cette expédition se fait dix ans après une précédente, et va permettre de visualiser les changements morphologiques et biologiques de cette zone particulière.


southern-Grenadines---West-Indies-un-gifLe Kick’em Jenny fait partie d’un groupe de quatre volcans sous-marins localisés à 9 km de la côte nord de l’île de Grenade. Ce volcan fut découvert en 1939, à la suite de nombreux séismes et de tsunamis qui ont affecté Grenade et les Grenadines, et ont même atteint La Barbade, l’île la plus à l’est des Caraïbes.

 

Carte de l'arc volcanique des Caraïbes, et position sud du Kick'em Jenny


Une éruption explosive a produit un panache de cendres de plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer ; depuis cette date, au moins douze éruptions ont été dénombrées, certaines causant des perturbations en surface et des petits tsunamis. La dernière éruption, datée de 2001, fut précédée de forts séismes.

 

Kick-em-Jenny-03.2003.jpg

Kick-em-Jenny---Oregonstate-un-gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2002.03-Kick-em-Jenny---NOAA-ocean-explorer.jpg

En haut à gauche : image seabeam du Kick'em Jenny et de ses voisins - observations par le navire R.H.Brown en 2003 - en haut à droite, localisation du Kick'em Jenny parrapport aux îles Grenadines - doc. Oregonstate Un.

En bas : morphologie du Kick'em Jenny, niché dans une dépression en fer-à-cheval - doc. d'après une carte bathymétrique sonar  par le navire R.H.Brown / NOAA Ocean Explorer.

 

L’activité éruptive se manifeste tant de manière effusive, avec installation de dômes, qu’explosive, accompagnée de coulées pyroclastiques. Considéré comme le plus actif et dangereux volcan sous-marin de l’arc des Caraïbes, Kick’em Jenny présente comme risques spécifiques des éruptions explosives de type Surtseyen, ainsi qu’une potentielle génération de kejhazard_2.giftsunamis, liés à des explosions superficielles ou des effondrements de l’édifice volcanique (Devine & Sigurdsson 1995 / Lindsay & al. 2005).

Le coin est à éviter, même entre les éruptions : le relargage de grandes quantités de bulles de gaz par le volcan, sans signes de cette activité en surface, peut diminuer la densité de l’eau de mer au-dessus de l’évent, et diminuer la portance des eaux. En août 1944, l’Island Queen, une goélette en bois, a disparu entre les îles de Grenade et St Vincent, sans laisser aucun débris.


Morphologie du volcan :

Des reconnaissances successives montrent la croissance du Kick’em Jenny suite à ses éruptions. En 1962, le bord du cratère se trouvait à 223-232 mètres sous le niveau marin. L’édifice conique, haut de 1300 mètres présentait en 1972 un cratère de 180 m de diamètre, situé à une profondeur de 190 mètres. Deux cicatrices à l’est du volcan sont identifiées comme des failles normales définissant la cassure du plateau sur le flanc ouest de l’arc des Caraïbes. Depuis l’éruption de 1977, le sommet du volcan est moins profond, et forme plus une structure en dôme qu’un cratère.

 

Kick'em Jenny volcano 2 univ.west indies seismic reearch c  Kick'em Jenny - schéma de la région sommitale du volcan - doc. University of the West Indies Seismic reseach center


En 1989, une plongée à l’aide d’un submersible révèle la structure du cône, formé de dépôts pyroclastiques et de coulées de lave en coussins. Le bord du cratère et ses parois sont drapées de proteobactéries chémosynthétiques dépendantes du soufre.


En 2003, l’expédition du NOAA montre que le cône du Kick’em Jenny est localisé dans une dépression majeure en fer-à –cheval large de 5 km. faisant face à l’ouest, vraisemblablement formée par une rupture de flanc associée à une avalanche de débris. (voir bathymétrie ci-dessus)

Kick-em-Jenny-2003.03-Seabeam-im.--Uniuv.of-West-Indies.jpg Le cône est entouré d’un escarpement en arc l’entourant au sud, ouest et nord. Les plongées  permettent de cartographier cinq petits volcans inconnus dans cette zone auparavant.


Cartographie seabeam 2003 - doc. Courtesy of NOAA and SRU

 

Trois ont une forme conique avec des cratères bien définis et deux ont une morphologie en dômes. Un des cônes présentant un cratère en fer-à-cheval occupé par un dôme, est nommé Kick’em Jack, en raison de similitudes morphologiques avec le Kick’em Jenny. Existe-t-il de multiples chambres magmatiques pour ces différents centres, ou sont-ils reliés à un système d’alimentation central ?  La question reste posée. Le plancher du cratère présente des panaches émettant des gaz (non identifiés) et fluides de haute température – plus de 250°C.


L’expédition 2013 à bord du vaisseau E/V Nautilus embarque deux ROV, nommés Hercules et Argus, capable de prélever des échantillons biologiques et géologiques, de faire des mesures environnementales et des vidéos HD, en plus d’un nouveau système de scan multifaisceaux et de sonar.

 

kickem_jenny_med---ecsc.pngNouvelle image bathymétrique des environs du Kick'em Jenny - doc.2013 Exploration Now / E/V Nautilus

 

Kick-em-Jenny-hydrothermal-venting---Ocean-exploration-trus.jpgKick'em Jenny - bouche hydrothermale active - doc. 2013 Ocean Exploration Trust / Exploration Now

 

KeJ---iron-hydroxyde-chimney---Ocean-exploration-trust-2013.jpgKick'em Jenny - une cheminée d'hydroxyde de fer - doc. 2013 Ocean Exploration Trust / Exploration Now


De multiples avalanches de débris associés à des ruptures de flancs montrent que la vie du ce volcan procède par périodes de croissance et d’effondrements successives. La vie s’y est diversifiée, avec l’apparition de crevettes et grosses moules en boomerang.

Des informations supplémentaires suivront dès communication, après dépouillement et étude des relevés faits récemment en 2013.

 

Les premières vidéos :

 

 

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kick'em Jenny - Monthly reports

- Nautilus Live - 2013 Exploration program - link

- The University of the West Indies - Kick'em Jenny history - link

- The University of the West Indies - Kick'em Jenny hazards - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord de l’Islande, sur la péninsule de Vatnsnes et plus précisément dans la baie de Húnaflói, se dresse près du rivage un étrange rocher appelé Hvítserkur.

 

Hvitserkur---hikenow.jpg                                Hvítserkur, à marée basse  - photo hikenow

 

Hvitserkur---Design-you-trust.jpg                                               Hvítserkur - photo Design you trust


Sa photogénie sous le ciel islandais changeant lui a valu d’être associé à une légende : ce rocher colossal, en forme de yak ou de tricératops, est en fait un troll géant qui a été paralysé et pétrifié par les rayons du soleil levant, au moment où il s’apprêtait à attaquer le monastère de Thingeyar.

 

Hvítserkur signifie " chemise blanche " en islandais, nom qui lui a été attribué en raison du guano qui tapisse ses parois, laissé par de nombreux oiseaux nicheurs à cet endroit, dont des sternes arctiques.

Si vous approchez du rocher à la période de nidification, souvenez-vous que ces oiseaux sont territoriaux et défendent leur nid par des attaques en piqué et des coups de becs ravageurs.

 

 

 

Il semble qu’ Hvítserkur soit un dyke haut d’une quinzaine de mètres déchaussé et creusé par l’érosion. La masse de basalte aurait sans doute disparue sans une consolidation de ses fondations il y a quelques années.

 

Hvitserkur---Augustin-Sanchez.jpg               Hvítserkur, entouré par les eaux du fjord - photo Augustin Sanchez

hvitserkur---Oddur-Jonsson.jpg                 Hvítserkur  ... pile ou face - photo Oddur Jonsson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’éruption du 20 novembre 2013, au large de l’île Nishino-shima, dans l’archipel d’Ogasawara / arc volcanique Izu-Bonin, et son évolution dans la quinzaine suivante, nous permettent de revenir sur ce type d’éruption, défini lors de l’éruption islandaise qui a formé l’île de Surtsey en 1963.


Une éruption surtseyenne type est caractérisée par trois phases : une phase sous-marine, une phase hydromagmatique et une phase aérienne.

 

Phase 1 – sous-marine : la lave sort d’une fissure sous-marine au fond de l’océan pour produire un tuya, un volcan en table, fait de pillow-lavas et de hyaloclastites ; la pression de la colonne d’eau empêche toute activité de type explosif, et le volcan sous-marin grandit jusqu’à atteindre un niveau proche de la surface.

A ce stade une décoloration des eaux permet de se rendre compte de l'éruption sous-marine.

 

Nishino-shima---Getty-images-20.11.2013.jpg

Panache cypressoïde et vapeurs d'eau au large de Nishino-shima le 20.11.2013 - phase deux de l'éruption - photoGetty images


Phase 2 - hydromagmatique :


L’air Force Japonaise a détecté vers 10h le 20 novembre 2013 un panache de cendres à proximité  de l’île Nishino-shima. Les coast guards ont confirmé l’éruption vers 16 h, et la formation d’une île circulaire large de 200 mètres.


Lorsque la pression de la colonne d'eau devient suffisamment faible pour ne plus pouvoir contrecarrer la pression engendrée par la lave qui se fragmente, l'éruption passe dans sa phase hydromagmatique.

600px-Surtseyan Eruption-fr.svgSous l'effet du choc thermique engendré par la rencontre entre de l'eau à quelques degrés Celsius et de la lave chauffée à plus de 1 000 °C, cette dernière se fragmente sous le coup d'explosions et l'eau se vaporise. De la surface de l'eau s'élève alors un panache volcanique essentiellement composé de vapeur d'eau mais aussi de gaz et de cendres volcaniques qui peut s'élever à des milliers de mètres d'altitude. Les gerbes de lave fragmentée peuvent, elles aussi, percer la surface de l'eau, donnant alors naissance à des panaches dits " cypressoïdes ". Par accumulation de téphras, le volcan grandit au point d'émerger peu à peu puis complètement au point que la cheminée volcanique débouche au-dessus du niveau de l'eau.

 

2013.11.21---web_full_21168560564---Japan-Daily-Press.jpgNishino-shima, le 21.11.2013 - formation d'un cône de tuff /scories - projections de bombes et paanche de gaz et vapeur - photo Japan Daily Press

 

2013.11.21-japanese-volcano-2.jpgNishino-shima, le 21.11.2013 - l'île primitive et l'éruption proche, avec la zone de décoloration -
photo Japan Coast Guards


Phase 3 – aérienne :

Le changement de style éruptif, de l’interaction explosive entre le magma et l’eau vers l’activité strombolienne, s’est produit entre le 22 et le 23 novembre. Les explosions stromboliennes projettent, en même temps qu’un panache de cendres, des bombes et des lambeaux importants de lave autour du cône récemment formé, qui retombent dans la mer, en dégazant et vaporisant l’eau qui les entoure, en créant du bouillonnement. Le 24 novembre, une coulée de lave est perçue sur le flanc sud-est du nouveau cône. Plusieurs évents sont visibles tour à tour actifs sur la vidéo ci-dessous (24.11.2013)

 

2013.11.24-Nishino-shima---2---.jpg  Nishino-shima - Le 24.11.2013, activité explosive strombolienne, accompagnée d'un panache de cendres et de coulée de lave - photo Japan Coast Guards

 

2013.11.24-Nishino-shima.jpg           Nishino-shima le 24.11.2013 - une autre vue - photo Japan Coast Guards


Cette activité magmatique va permettre la formation de scories soudées et de coulées de lave, et sa durée va conditionner les chances de survie de cette île nouvelle face à l’érosion marine, et assurer la pérennité de celle-ci après l’arrêt de l’éruption.

Début décembre, l’activité éruptive se poursuit … sa hauteur ne progresse que lentement – elle dépasse néanmoins les 50 mètres – en raison d’une activité strombolienne modérée, mais elle s’agrandit en direction du sud-est, plusieurs coulées ayant créé une plate-forme.

  

 

2013.12.01---nishinoshima---Japan-coast-guards.jpgNishino-shima, le 01.12.2013 - sur la droite de l'île nouvelle, les traces de coulées de lave - en arrière-plan, des panaches de vapeur témoignent de l'interaction entre la lave et l'eau de mer - rougoiement d'une coulée active au centre - photo Japan Coast Guards

 

k131202-13---JCG.jpg                      Schéma de l'évolution de la nouvelle île versus photos aériennes - doc.JCG

 

Une coupe de l'île et du fond marin permet de voir

- son évolution : avant l'éruption de 1973 et actuellement

- en gris foncé, l'apport sous-marin et aérien de l'éruption de 1973, qui a agrandi l'île

- en rouge, la position de l'éruption décentrée et du nouveau cône.

 

THE-ASAHI-SHIMBUN.jpg                                        doc. Asahi Shimbun

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nishino-shima

- Japan Coast Guards - Kaiho. mlit - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Santo Antão, la deuxième plus grande île de l’archipel avec 779 km², est une terre de contrastes : elle alterne le minéral de ses sommets découpés et le vert de profondes vallées plongeant dans l’océan, elle alterne les climats, le sud est sec et aride tandis que le nord est vert et couvert de végétation subtropicale.

 

Santo-Antao---6---CHB.jpg                                                                      photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---2---CHB.jpg

                                                                         photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---11---CHB.jpg         Santo Antão - variété des paysages de l'île - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


Santo-Antao---5---CHB.jpgSanto Antão - falaises et sables d'origine volcanique - érosion par l'océan - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


Découverte le 17 janvier 1462, elle ne sera peuplée qu’en 1548… ce qui n’a pas empêché les Capverdiens de sculpter la montagne, d’y cultiver sur d’innombrables terrasses, au sol fait de lave noire et de pouzzolane plus claire, du café, de la canne à sucre, du maïs ou du manioc.

Ce climat favorable a aussi permis l’implantation de palmiers, de manguiers et caroubiers, de citronniers, papayers et orangers. L’eucalyptus y côtoie la lavande, le lotus et le dragonnier.

 

Santo-Antao---9---CHB.jpgSanto Antão - une dentelle de pierre côtoie des cultures en terrasse - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

 

Pour arpenter ces cultures qui dessinent une mosaïque sous des dentelles minérales, d'improbables escaliers et des chemins empierrés en colimaçon parcourent des parois vertigineuses.

 

Santo-Antao---4---Entre-Ponta-Do-Sol-et-Cruzinha-da-Garca-.jpg

                  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---12---Vale-do-Paul-CHB.jpg

                                 photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---14---CHB.jpg

                                             photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---13---CHB.jpgSanto Antão - des chemins empierrés parcourent le flanc de hautes falaises  - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


L’histoire volcanique de Santo Antão inclue des magmas de séries basanite-phonolite entre 7,5 Ma et 300.000 ans et des magmas de série nephelinite-phonolite entre 700.000 et 100.000 ans. Ces différences sont expliquées par la montée d’un panache mantellique non homogène. La variation inter-îles reflèterait une zonation latérale dans ce panache.

 

Santa antoa - relief - emeraldinsightRelief de Santo Antão

doc. emeraldinsight

 

A mettre en correspondance avec la carte géologique ci-dessous

 

Santa-Antao---carte-geol.-journ-of-petrology.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte géologique de  Santo Antão - Holm & al. / Journal of Petrology / réf. en sources.

 

 



Santo-Antao---3---CHB.jpgSanto Antão - dyke accessible par des chemins vertigineux dominant la mer - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

 

Sources :

- Journal of Petrology - Sampling the Cape Verde mantle plume : evolution of melt composition on Santo Antão, Cape Verde islands. - by P.M. Holm & al.

- Springer - the Cape Verde archipelago.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'île de Fogo présente d'autres paysages volcaniques que ceux de la caldeira et du Pico do Fogo.

Sur la côte nord de l'île, la plage de sable noir de Ponta das Salinas est l'une des plus belles. Une succession de criques bordent des falaises de basalte sculptées par l'érosion marine et éolienne. Celle-ci a creusé un pont dans une coulée basaltique.

L'endroit est apprécié des pêcheurs qui y abritent leurs barques. Protégée des courants, Ponta das Salinas compte aussi une piscine naturelle où la baignade est sans danger.

Un cimetière est perché sur la falaise, surplombant les brisants.

 

F----3---CHB.jpgFogo - Ponta das Salinas, criques bordées de falaises de basalte - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.
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                                                photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

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 Fogo - Ponta das Salinas, une arche qui a donné son nom à l'endroit - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013. 

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           Fogo - falaise de basalte avec prismation -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


Sao Vicente présente des dykes verticaux à prismation horizontale caractéristique.

Après solidification complète, la lave continue à se refroidir. Ceci entraîne une rétraction thermique, une diminution de volume et la genèse de fractures. Ces fractures débutent par les bords de la masse de lave pour progresser vers son cœur.

Les prismes formés se retrouvent perpendiculaires au sommet et à la base de la coulée, avec des possibilités d'hétérogénéité.

Dans les dykes par contre, la vitesse de refroidissement identique des deux côtés du filon rend la prismation plus homogène, avec formation de prismes continus qui traversent le dyke de part en part.

 

Sao-Vicente---1---CHB.jpg          Sao Vicente - dyke basaltique et sa prismation  - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une série d’importants effondrements au niveau du dôme de lave du Shiveluch a produit ce 3 décembre 2013 un panache de cendres montant à 7 km, repéré par le satellite Aqua Modis, ainsi que deux coulées pyroclastiques  majeures et des lahars, causés par la fonte rapide de la neige. La première nuée à 13h24 -13h40 s’est propagée sur environ 9 km. La seconde a eu lieu de suite après, entre 13h41 et 13h50.

 

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           Shiveluch - développement de la coulée pyroclastique - 03.12.2013 - photos Volkstat.ru

 

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  Shiveluch 03.12.2013 - panache dérivant vers le nord  et coulée pyroclastique - photo Y.Demyanchuk / KVERT

 

2013.12.03-Shieveluch-Nasa-aqua-modis.jpg                    Panache de l'éruption du Shiveluch - 03.12.2013 - doc. Nasa Aqua Modis.

 

Le code aviation est "orange".

 

Sources :

- Volkstat - link

- VAAC Tokyo

- KVERT - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Depuis le paroxysme du 28 novembre, l’activité s’est poursuivie au nouveau cratère sud-est de l’Etna avec quelques bouffées de cendres visibles dans la journée du 29, et de l’incandescence nocturne faible le 30.


En fin d’après-midi le 2 décembre, une vive activité strombolienne marque le NSEC, accompagnée par une augmentation graduelle de l’amplitude du trémor. Une nuée diluée et composée majoritairement de gaz reste visible grâce à l’incandescense, avant que de mauvaises conditions atmosphériques ne rendent les webcams inopérationnelles.

 

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2013.12.02-19h-25-etna2.jpg            Etna NSEC - activité strombolienne le 02.12.2013 à 19h19 et 19h27 - webcam Lave & RS7


L’activité a culminée vers 22h30 en un nouvel épisode paroxystique, produisant des fontaines de lave, et une colonne de matériaux pyroclastiques poussée vers le N-NE par les vents ; des chutes de cendres et lapilli sont signalées sur la région de Bronte, Maletto et Randazzo.  L’aéroport de Catania est fermé et les vols sont déroutés.

 

Vidéo de Turi Caggegi .

 

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            Etna NSEC - Fountaining au moment où le temps se dégage - photo Turi Caggegi

 

2013.12.02-23h-BBehncke.jpgEtna NSEC - Vu de Santa Venerina peu avant 23 h GMT, incandescence sommitale et coulées de lave vers le S-SE (à gauche), le SE (du centre vers la gauche en bas) et le NE (à droite) - photo Boris Behncke / INGV.

 

 

 

Vers 23h15-20, le sommet se découvre laissant voir une activité forte … qui devient plus effusive ; diverses coulées de lave sont émises, vers le S-SE, le SE, le NE, et le S. Au sud-est, la coulée de lave rejoint la base de la paroi ouest de la Valle del Bove.

 

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2013.12.02-23h32.jpgEtna NSEC - activité au sommet du cône et coulée en direction de la Valle del Bove  - webcam LAVE à 23h27 et 23h32

 

2013.12.03-a-9h13.jpg   Etna - courbe du trémor des 18° et 19° paroxysmes  - doc. INGV Catania du 03.12.2013 / 9h13 LT

 

Ce matin, la presse locale signale que les routes sont dangereuses, en raison de la présence de cendres et lapilli, et les écoles fermées à Bronte.

 

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Les retombées de cendres et lapilli se sont faites cette fois essentiellement vers le Nord - Doc INGV / Vamos Segura.

 

Sources :

- webcams LAVE et RadioStudio7

- photos et vidéo de Boris Behncke et Turi Caggegi


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