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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un monument à la tolérance sous Tindaya, un projet du sculpteur Chillida.

 

Tindaya----destinoactuales.jpg                            La montagne de Tindaya - photo destinoactuales

 

La naissance du projet :

Le sculpteur basque Eduardo Chillida a imaginé ce projet pharaonique en Eduardo Txillida Juantegi in Basque, (10 January 1924 – 11985, après avoir lu un vers de Cántico, et un rêve nocturne, celui d’une montagne évidée qui viendrait rappeler à l’homme sa petitesse et serait un monument à la tolérance.

 

Eduardo Txillida Juantegi, sculpteur Basque, (10 January 1924 – 19 August 2002)


Après l’élimination de différents sites au Chili, en Finlande et en Suisse, Chillida a trouvé sa montagne sacrée en 1994, et sélectionné le Mont Tindaya, sur l’île de Fuerteventura aux Canaries.

L’idée d’une chambre vide créée en creusant la montagne a évolué ensuite vers la création d’un espace caverneux , mais empli de tranquili

té, vécue par l’avancée de la lumière solaire, puis de l’éclairage de la Lune.

 

Projecto Chillida

La caverne devait consister en une pièce centrale de 49 m. sur 65, et haute de 45 m., pouvant contenir le Panthéon de Rome. La pièce et toutes ses parois devaient être plane et creusées in situ dans la montagne. La lumière est diffusée par deux puits, le petit de 20 x 20 x 65 m., le plus grand de 30 x 21 x 65 m. L’accès des visteurs se ferait par un tunnel long de 68 mètres, par lequel une vue sur la mer est conservée.

 

Arup-Engineering-schematic-of-Eduardo-Chillida-Mount-Tinday.jpgPlans du projet Tindaya - doc. Arup Engineering schematic of Eduardo Chillida Mount Tindaya Cavern


Chillida aurait déclaré : " ma sculpture voulait cette montagne, il est temps maintenant de voir si la montagne veut ma sculpture "

Voici le projet en images de synthèse :

 

 

 

Les difficultés :

Après une première évaluation technique, il apparait que la chambre ne peut excéder 40 mètres de côté et qu’il faudra aménager au préalable une structure de poutrelles et de béton pour supporter le poids de la montagne, celle-ci n’étant pas constituée de roche massive.


La volonté de l’artiste s’est ensuite heurtée à la fronde des écologistes, des archéologues et anthropologues, pour qui le projet Tindaya porterait atteinte au patrimoine naturel et culturel de l’île et de l’archipel.

Art pariétal contre art moderne, un combat qui pourrait se solder par l’endommagement des gravures podomorphes, héritage de la civilisation berbère antérieure à la colonisation espagnole.

 

Tindaya---kaarel.sikk.info.jpg                      Tindaya - pétroglyphes podomorphes - photo kaarel.sikk.info

 

Cette sculpture monumentale devant être un monument à la tolérance et une œuvre d’art destinée au peuple des Canaries, Chillida écrivit, juste avant son décès en 2002, " je ne veux pas être une source de division, ou une pierre jetée au sein de combats politiques, que je ne comprends pas, et dans lesquels je n’ai pas le désir de m’impliquer ".


Vers une solution post-mortem :

Après une paralysie à plusieurs reprises, le projet semble revivre en 2008 : une rencontre entre le gouvernement des Canaries et la famille Chillida le relance sous forme d’organisation d’un concours public pour l’attribution du projet, dont la réalisation devrait coûter  75 millions d’euros.  Les autorités veulent promouvoir un tourisme de qualité, pour briser le cercle vicieux de l’urbanisation " sun and beach ", et le remplacer par ce projet rendant une identité à cette île désertique et à ses habitants. Des discussions sont toujours actuellement en cours, les détracteurs arguant de la non-solvabilité de l’entreprise et des risques encourus par les pétroglyphes.

Le projet a finalement été stoppé en 2010.

 

Eloge-a-l-horizon---chillida-Gijon-Spain----Roberto-Suiera.jpgWind_Comb_Chillida---San-Sebastian----Wouter-Homs.jpg

Des oeuvres de Chillida - à gauche Eloge à l'horizon - à Gijon, Espagne  - photo Roberto Suieras Revuelta - à droite, Wind Comb - à San Sebastian - photo Woure Homs

 

Sources :

- Euromag - Eduardo Chillida, un tailleur de pierre et d'acier - link

- Architectuul - Montana Tindaya, by Ed. Chinchilla - link

- Hollandse Nieuwe - Gran Canaria - Vrij baan voor Chillida-hahwerk in Tindaya - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Eduardo Chillida, Moñtana Tindaya Project, Fuerteventura,

                   Fuerteventura - La Montaña de Tindaya  -  photo Virtual sacred places


La plus ancienne île des Canaries et la plus proche de la côte Africaine, Fuerteventura, date d’environ 20 millions d’années, formée par le point chaud des Canaries. La majorité de l’île fut créée il y a 5 millions d’années, et depuis l’érosion éolienne et marine fait son œuvre.

 

Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---Mundo-Guanche.jpg                              Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - doc.Mundo Guanche


Le massif de Betancuria s’est ainsi vu érodé, laissant apparaitre un des paysages emblématiques de Fuerteventura : le Mont Tindaya, formé de trachyte (*) plus résistant.

 

  Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---2---fotos-aeras-de-Ca.jpg                             Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - foto aereas de canarias


Ce mont a impressionné les premiers habitants de l’archipel, les Guanches. Ce peuple est d’origine paléoberbère et devrait y avoir migré entre le 5° et 3° millénaire.


Le Mont Tindaya a été considéré par ceux-ci comme un endroit sacré dont les limites vont bien au-delà de l’île, et réservé aux sacrifices.

Les aborigènes ont choisi cet endroit , non seulement parce que c’était une montagne, mais en raison de nombreuses spécificités : sa relation avec la Lune, la fertilité de son sol sur une île pratiquement désertique, la composition de la roche, le trachyte, qui ne se rencontre qu’à Tindaya.


On y trouve de très anciens pétroglyphes, connus sous la dénomination de podomorphes (en forme de pied, d'empreinte de pied). Ils sont réalisés uniquement sur trachyte, au détriment du basalte, qui est délaissé. Ces étranges gravures aborigènes, au nombre de 312, ne furent découvertes qu’en 1978, au sommet du promontoire culminant à 401 mètres.

 

Tindaya---Grabados-de-Tindaya-de-noche.-Publicada-por-iac.e.jpg   Tindaya -  pétroglyphes podomorphes - doc. Grabados de Tindaya de noche. Publicada por iac.es


Il a été déterminé qu’elles furent sculptées suivant un modèle d’orientation non-aléatoire, qui pourrait cacher une justification archéoastronomique – l'orientation par rapport au solstice d’hiver et autres phénomènes associés – et archéotopographique – l’orientation par rapport au Teide / Ténérife et l’île de Gran Canaria (Perera & al. 1996 – Belmonte & al. 2001)

 

Diagramme-d-orientation-des-podomorphes-de-Tindaya---Inst-d.jpgDiagramme d'orientation des gravures podomorphes - doc. IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias

 

Tindaya--Klingon-Megalithic-portal.jpg                           Tindaya- pétroglyphe podomorphe - photo Klingon / Megalithic portal


Ces gravures seraient en relation avec un culte astral.

Selon l’Institut d’Astrophysique des Canaries, 80% des podomorphes sont orientés, dans le même quadrant, entre le Pico de Las Nieves sur Gran Canaria et le Teide sur Ténérife.

La théorie qui considère Tindaya comme un symbôle aborigène d’union entre la terre et la mer est soutenue par la découverte de sépultures aux quatre points cardinaux à la base de la montagne, et la relation avec un lieu sacrificiel est la découverte de dents humaines au sommet.


Le site se dégrade à grande vitesse, faute d’un statut de protection défini. Un projet de vulgarisation par conférences et expositions, baptisé El lugar escondido (la cachette) sur les trésors archéologiques des Canaries est organisé par le Cercle des Beaux-arts et la direction générale de la Coopération et du Patrimoine culturel des Canaries.

 

(*)

 

Le Trachyte, du grec τραχύς / rugueux ... à la cassure, est une roche magmatique effusive, leucocrate (blanchâtre, grise, verdâtre), microlithique et fluidale (structure trachytique), pas ou peu porphyrique, souvent légère car un peu poreuse.

 

 

Sources :

- BienMeSabe. org - Tindaya, con 312 grabados podomorfos, fue un lugar sagrado que trancendio Fuerteventura

- IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias - Orientación astronómica de los grabados podomorfos de Tindaya

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat

L’éruption mystère du volcan Samalas, voisin de l’actuel Rinjani, sur lîle de Lombok en Indonésie, a été déjà évoquée dans un article de 2012, avant la parution de l’article de Lavigne & Komorovski. L’article, intitulé " Fosse commune et éruption mystère : 1258 ", évoquait l’une des conséquence démographique de cette grande éruption. 


L’éruption ultra-plinienne du Samalas a expulsé un minimum de 40 km³de magma, accompagné d’un panache de cendres montant jusqu’à 43 km.

Elle a relâché d’énormes quantités de poussières et gaz volcaniques dans l’atmosphère, ce qui a plongé la terre dans un hiver volcanique. La trace de cette éruption a été constatée dans les carottages effectués dans les glaces des deux pôles.

 

unnamed.jpgArticle de Science et Vie : Samalas, ci-gît le volcan qui dévasta le monde il y a 800 ans " - doc. Michel Lecouteur.

 

recons_samalas.jpg

Reconstitution 3D du Mont Samalas (en noir, au dessus de la caldeira) et de l'actuelle topographie du Rinjani, sur la droite de l'image - doc. Lavigne and others (2013)

L’ampleur du matériel déplacé est perceptible au travers des traits noirs verticaux qui relient la surface de la Terre solide actuelle à la surface pré-explosion du volcan.

 

10.000-rupias---Rinjani.jpgBillet de banque Indonésien de 10.000 rupiah représentant le volcan Rinjani sur Lombok - Doc. Michel Lecouteur.


Quels ont été les conséquences climatiques et démographiques d’un tel cataclysme ?


On peut s’en faire une petite idée en consultant les chroniques et écrits de l’époque médiévale.

En Indonésie, le poème historique " Babad Lombok ", écrit en ancien Javanais, suggère une éruption catastrophique qui ensevelit la capitale du royaume de Lombok, Pamatan, avant le fin du 13° siècle.


En Angleterre, le Frère Matthew Paris, vivant à l’Abbaye St Albans dans l’Hertfordshire, a décrit dans son journal, " Historia Anglorum " : " un froid insupportable … qui affligea cruellement les pauvres, suspendu toute cultures, et tué le jeune bétail. "

 

anomalie thermique 1258 - Mann & alAnomalies de température moyenne en degré Celsius au cours des siècles - l'anomalie très forte de 1258 est a rapporter à l'éruption du Samalas - doc. Mann & al.


Illustration-from-London--British-Library--MS-Royal-14-C-VI.jpgIl rapporte qu’en juin, rien n’avait poussé, et en automne, rien ne ressemblait à une récolte. Le Peuple commença à mourir par milliers, en commençant par les plus pauvres.


Illustration from London, British Library, MS Royal 14 C VII, folio 6r, self-portrait of Matthew Paris.

 

" … les cadavres furent retrouvés partout, gonflés et livides, gisant par groupe de cinq à six … lorsque plusieurs corps étaient retrouvés, de grandes fosses étaient creusées dans les cimetières et un grand nombre de corps y furent déposés ".

Apparemment, l’une de ces grandes fosses était située dans le cimetière de Spitalfields à Londres, le plus grand site d’ensevelissement des temps modernes. La population de Londres est passée de 50.000 à 15.000 personnes, ce qui a bouleversé la capitale.

 

1258---3---archeology-.co.uk.jpg       L'ostéologue Walker examinant les os du cimetière de Spitalfields - doc. archeology.co.uk


L’ostéologue du MOLA, Don Walker, qui a daté au radiocarbone les ossements découverts, n’a pas pu relier cet évènement à une catastrophe connue de l’époque médiévale ; il s’est alors tourné vers des sources documentaires, dans lesquelles il est fait mention de " fortes pluies, qui ont causé des pertes dans les récoltes ; suite à l’échec de celles-ci, une famine survint … et plusieurs milliers de personnes périrent. "

Selon lui, " webcover spital bioarchc’est la première preuve archéologique de l’éruption volcanique de 1258 et elle constitue un excellent exemple de la complexité des connaissances pouvant être obtenues  au départ d’une preuve archéologique. Il est incroyable de penser qu’une telle catastrophe naturelle mondiale puisse être identifiée dans une petite zone de l’est  Londonien. "

Ses découvertes sont reprises dans une monographie du MOLA : " A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007 ".


Bill McGuire, professeur de géophysique et des risques climatiques à l’University College of London, ajoute : "  ce fut certainement un évènement volcanique prodigieux, l’un des plus important des derniers millénaires. Par conséquent, ce n’est pas vraiment surprenant que l’une de ses conséquences fut une sérieuse augmentation de la mortalité à Londres. De par leur influence sur le climat, des grandes explosions volcaniques peuvent affecter n’importe quelle ville sur la planète, et une éruption aussi distante qu’en Indonésie attendre sans aucun doute la capitale anglaise et y faire des victimes ".

Le volcanologue John Eichelberger, de l’Université d’Alaska à Fairbanks, ajoute que les effets des éruptions volcaniques sur le climat sont bien documentés. Outre les cendres éjectées dans la stratosphère, " le grand coupable est le dioxyde de soufre, qui forme des gouttelettes d’acide sulfurique, non réflectives et ne laissant pas passer suffisamment de radiations solaires vers la surface terrestre. Il n’en faut pas plus pour perturber une saison et causer une catastrophe ". Une chute d’un à deux degrés Celcius peut raccourcir la longueur de la saison de croissance … avec ses conséquences sur les récoltes.


Un père Augustin, Henry Knighton, chroniqueur du 14° siècle a repris les écrits de M.Paris. Il note, pour l’année 1258, une perte massive de récolte, la famine et la peste touchant durement la ville de Londres.

  "Les vents du nord ont prévalus durant plusieurs mois, et lorsque le mois d’avril, de mai et une bonne part de juin furent passés,  seules apparurent une rare fleur ou un germe, avec un espoir incertain de récolte. De plus, la nourriture vint à manquer (la récolte de l’année précédente avait échoué), et une innombrable multitude de personnes pauvres décéda, et leurs corps furent retrouvés gonflés par la disette, livides, par groupe de cinq ou six, dans des porcheries, des ruelles boueuses et sur les fumiers. Ceux qui avaient des habitations hésitaient à abriter malades et mourants de peur de l’infection. "


En France, Richer (ou Richerus), un moine Bénédictin et chroniqueur Chronique frère Richer livre V chapitre VLorrain vivant à Senones, connu par dix manuscrits, a décrit l’horrible année 1258 " sans été ": des épizooties déciment le bétail dès le printemps, les blés pourrissent suite à l’été humide, les productions arboricoles sont réduites à néant.

 

Chroniques du Frère Richer - Livre V/ chapitre V


Traduit du vieux français : " Que dirai-je des fruits de cette année, vu que l'indisposition du temps était si grande qu'à peine l'ardeur du soleil pouvait rayonner sur la terre (...). Car au long de cet été les nues et brouillards pluvieux furent si fréquents qu'on l'eût plutôt estimé être un automne qu'un été. En premier lieu, le foin ne put être séché à cause des pluies incessamment tombées de l'air ; la moisson semblablement fut si abattue de pluies et d'humidité qu'elle fut retardée jusques en septembre. En sorte que dedans les épis, les grains germaient et qui pis est, comme la plus grande partie des grains fut mise aux greniers, elle se putréfia." (...) "Mais que pourrais-je dire de la vendange odieuse de ceste année, vu que personne n'en put tirer aucun profit ou émolument, et que telle chose ne se trouve par écrit être jamais advenue ? Quelle chose pourrait être plus misérable à dire, sinon qu'en tout cet été ne se put jamais trouver un seul grain de raisin propre à manger, même aux alentours de la Saint Rémi, (1°octobre) auquel temps naturellement mûrit le fruit de la vigne. Les raisins étaient si durs qu'il semblait qu'ils eussent imité la dureté des cailloux. … Mais de malheur un jour de la troisième semaine d'octobre, le vent septentrional usant de ses violences,, amena une si grande gelée que toute la vendange fut réduite en glace. Et ce non seulement advint en ce pays, mais aussi aux régions plus lointaines. "


Un autre Bénédictin, Guillaume de Nangis, de St Denis rapporte lui-aussi : "Au mois de septembre, il y eut en plusieurs endroits de tels déluges de pluie, que les moissons germèrent dans les champs et dans les granges, et que les grappes de raisin ne purent parvenir à leur maturité nécessaire. Ensuite les vins furent tellement verts, qu’on ne les pouvait boire qu’avec déplaisance et en faisant la grimace."


Le brouillard sec stratosphérique fut aussi remarqué, décrit comme un aspect brumeux persistant du ciel, et un noircissement total de l’éclipse de Lune en mai 1258, relaté par le chroniqueur et moine Bénédictin Anglais John de Taxter.

La couleur normale de la Lune en éclipse est rouge… mais en raison de la présence d’abondants aérosols volcaniques dans la stratosphère, la lumière incidente n’a pu être réfractéeet diffusée dans le cône d’ombre, la Lune apparaissant noire de ce fait. La transparence de l’atmosphère est altérée par plusieurs facteurs comme la présence de nuages, d’aérosols mais aussi par les molécules de l’atmosphère elles-mêmes...L'épaisseur optique d’aérosols ou AOT décrit plus spécifiquement à quel point les aérosols affectent le passage de la lumière à travers l'atmosphère, pour une longueur d'onde donnée.Pour que la Lune disparaisse effectivement, la profondeur optique des aérosols doit être de 0,1 ou plus. (Link 1963)

 

Sources :

- Extraits de chroniques fournis par Michel Lecouteur

- Chronique de Richer – 13° siècle- link

- MOLA :  A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007

- Climatic and demographic consequences of the massive volcanic eruption of 1258 - R.B.Stothers

- Quantification volumétrique de l'explosion caldérique majeure de l'holocène : le volcan Samalas en 1257 (Lavigne & al. 2013)

- CNES - Mesure de l’épaisseur optique - link
- Current archeology - London's volcanic winter  / Août 2012 - link

- Current archeology - Reading the bones: Spitalfields' human remains - août 2012 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une nouvelle étude sur le potentiel géothermique du volcan Akutan le remet en lumière.

 

Akutan---Jeff-Wynn-AVO-2003.jpg

           Akutan - caldeira sommitale et cinder cone actif - photo Jeff Winn - in AVO-USGS


Situé dans l’arc volcanique des Aléoutiennes, l’Akutan est un stratovolcan coiffé d’une grande caldeira de 2.000 mètres de large, contenant un cône actif.

Une ancienne caldeira, largement enfouie, a été formée entre la fin du Pléistocène et le début de l’Holocène. Deux centres volcaniques sont situés sur son flanc nord-ouest : Lava peak est daté du Pléistocène ; un cinder cone, localisé sur le bas-flanc a produit en 1852 une coulée de lave, qui a agrandi l’île et formé Lava Point.

La jeune caldeira s’est formée lors d’une éruption explosive majeure il y a 1.600 ans ; elle contient trois lacs et est profonde de 60  à 365 mètres.

 

Akutan-geol.map-Byers-and-Barth--1953---AVO.gif

                  Akutan carte géologique - doc. geol.map Byers and Barth (1953)  / AVO-USGS

 

Dans sa partie NE, un cinder cone actif, haut de 200 mètres et d’un diamètre de 1.000 mètres, est la  source de fréquentes éruptions, et d’effusion de lave qui s’est répandu sur le plancher de la caldeira. En 1978, une coulée de lave a progressé par une brèche dans sa paroi nord jusqu’à la mer. Sa dernière éruption date de 1992.

Des fumerolles sont présentes à la base du cône de cendres, et des sources Akutan---CVO-collecting-gas-samples-in-the-crater---G.McGim.jpgchaudes sont localisées au nord-est de la caldeira, à la pointe de Hot springs Bay valley et le long du rivage de Hot springs Bay. Depuis trois décades, l’USGS étudie les possibilités de ces sources chaudes.

 

Un membre du CVO échantillonne les  fumerolles dans le cratère du cinder cone de l'Akutan, en 1996 - photo G.McGimsey / AVO-USGS

 

D’après Deborah Bergfeld, chef de recherche, il existe de bonnes indications pour une création possible d’une unité de production géothermique, les sources produisant actuellement 29 mégawatts.

Trident-seafood.jpgSachant que chaque mégawatt peut alimenter en énergie 750 maisons, le potentiel parait être une opportunité pour les résidents de la petite ville et sa principale entreprise, Trident Seafood. photo Trident Seafood

Cette dernière récolte, transforme et commercialise des produits de la mer en Alaska et dans le nord-ouest du Pacifique. Son alimentation par énergie géothermique sera une source d’économie et aura un apport écologique certain, les usines fonctionnant jusqu’à aujourd’hui grâce à du fuel importé. La balance ne peut qu’être favorable !

 

Akutan-village-et-volcan----Helena-Buurman-AVO-Univ-Alaska-.JPGAkutan - le village, son usine Trident Seafood et le volcan  - photo Helena Buurman / AVO -  Univ. Alaska Fairbanks

 

Sources :

- AVO - Akutan volcano - link

- Global Volcanism Program - Akutan

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le Grimsvötn, un volcan islandais situé sous le glacier Vatnajökull, a propulsé en mai 2011 un panache à 20 km. de hauteur, suite à une éruption de magma basaltique, équivalente à 0,27 km³ de roches denses … et vient de donner aux volcanologues un possible outil de prévision de futures éruptions.


grimsvotn-volcano-ash-plume---Bjorn-Oddsson.jpg                 Le panache éruptif du Grimsvötn en mai 2011 - photo Björn Oddsson


Une heure avant le début de l’éruption, le GPS installé sur son flanc a mesuré des modifications de niveau du sol. Cet outil est bien connu pour être un des moyens de surveillance de l’imminence d’une éruption … Une géophysicienne de l’Université Islandaise de Reykjavik, Sigrún Hreinsdóttir, a établi une corrélation entre les mesures de déformation du sol, les changements de pression au sein de la chambre magmatique et la hauteur du panache éruptif émis.


Le Grimsvötn est le volcan le plus actif d’Islande, avec en moyenne une éruption tous les 10 ans au 20° siècle, mais il reste difficile à surveiller, à cause de sa localisation sous une calotte glaciaire. L’équipe de Sigrún Hreinsdóttir a positionné sa station GPS sur un affleurement rocheux, gardé libre de glace grâce à un pipe-line canalisant la chaleur géothermique.

 

grimvotn-er-2011.jpg                       Localisation du Grimsvötn sous le Vatnajökull en Islande et sismicité en 2011 

 

Grimsvotn-21.05.2011---AP-Photo---Halldora-Kristin-Unnarsdo.jpg                      Grimsvötn -  21.05.2011 - Photo Halldora Kristin Unnarsdottir / AP

 

Grimsvotn--May-22--2011.-REUTERS-NASA-GSFC-Jeff-Schmaltz-MO.jpgGrimsvotn -  22 mai 2011 - le nuage de cendres et sa dispersion - doc.NASA GSFC Jeff Schmaltz-MODIS Land Rapid Response Team.

 

Les mesures géodésiques, avant et pendant l’éruption, permettent une interprétation de la déformation du volcan comme une chute de pression dans la chambre magmatique situé à environ 1700 m. de profondeur. L’estimation de la décharge magmatique et l’évolution du panache associé est faite par différenciation de la chute de pression co-éruptive au cours du temps. Le délai entre le début de la chute de pression et la mise en route de l’éruption est d’environ 60 minutes, avec 25% de changement de la pression totale avant l’éruption. Comme le dit Hreinsdóttir, "Si vous avez un ballon rempli d’eau et que vous le comprimez fortement, la hauteur atteinte par l’eau qui sort du ballon est en corrélation avec la force de compression … cela semble simple , mais nous n’avons pas été capable de le démontrer avant. Les sismomètres peuvent détecter une éruption en préparation, mais seules les données GPS sont capables de nous donner une référence quant à sa taille. "

Le plus grand challenge reste d’installer correctement les équipements GPS, et Hreinsdóttir veut de plus valider sa découverte en observant une autre éruption islandaise. A suivre donc !

 

VAAC-prevision-25.05.2011.pngTableu prévisionnel de la position du nuage de cendres de l'éruption du Grimsvötn pour les 24-25.05.2011 - Code aviation rouge - doc. VAAC London / IMO.

 

Des observations géodésiques en temps réel peuvent être utiles tant pour un avertissement en temps opportun d’une éruption, que pour maitriser l’évolution du panache volcanique, et ses incidences sur la circulation aérienne … rappelez-vous les perturbations engendrées par l’éruption de l’ Eyjafjallajökull. Ce genre d’installation serait judicieux sur les volcans éloignés, comme dans l’arc des Aléoutiennes situé sur la route du grand nord, mais la diminution des budgets de nombreux laboratoires ne va probablement pas permettre ces investissements coûteux.

 

Sources :

- Institute of Earth Science - Volcanic plume height correlated with magma pressure change at Grímsvötn Volcano, Iceland” by Sigrún Hreinsdóttir et al. / Nature Geoscience 12.01.2014

- Nature - Volcanoes shift before they sprew - GPS data from 2011 Icelandic eruption hint at new ways to forecast hazards. - link

- CIMSS blog - Eruption of the Grimsvötn volcano in Iceland ( 2011) - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Entre North island / Nouvelle Zélande et les îles Fidji, diverses structures sont parallèles : les dorsales Colville et Kermadec, séparées par la fosse Havre, et la fosse océanique des Kermadec.

 

F1.largeTectonique des plaques Pacifique et Australienne aux environs de la Nouvelle Zélande, actuellement et dans le passé : 10 et 2 Ma

NVA : Northern Volcanic Arc ; TVZ : Taupo Vocanic Zone ; CVZ : Coromandel Volvanic Zone ; CR : Corville ridge ; KR : Kermadec ridge.

 

Colville ridge - GVPBathymétrie générale des dorsales Corville et Kermadec, réalisée lors de l'exploration de la dorsale Kermadec par le NOAA en 2005 - doc. GVP

 

subduction-sous-dorsales-Colville-et-Kermadec---seafriends-.gifSubduction de la plaque Pacifique sous la plaque Australienne et plongée jusqu'à 600 km. de profondeur - en sub-surface, de droite à gauche : la fosse des Kermadec, Raoul island dans l'arc des Kermadec, la fosse Havre, la dorsale Colville, le sud du bassin des Fidji - doc. GNS Science


La Tectonique régionale est en relation avec la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Australienne, et la formation de bassins marginaux.


Une bathymétrie approfondie de la dorsale Kermadec a été effectuée par le passé, par contre la dorsale Colville qui lui est parallèle n’a que peu été étudiée. Elle constitue pourtant une structure importante, dont les sommets dominent le plancher de part et d’autre de 2.000 mètres.


Ceci vient d’être effectué par les équipes du GNS Science, en collaboration avec le NIWA - National Institute of Water and Atmospheric Research – et l’Oregon State University.

 

NZ - Colville ridge - NZ HeraldLocalisation de la dorsale Colville et première image 3D - doc. GNS Science / in The New Zealand Herald


Elle a validé l’hypothèse selon laquelle les dorsales Colville et Kermadec étaient unies originellement avant qu’un rift, la fosse Havre, ne les sépare il y a quelques millions d’années.

Des différences morphologiques ont été observées entre les deux dorsales et interprétées comme le reflet de phénomènes d’effondrement, de soulèvement et d’érosion importants sur la dorsale Kermadec, contrastant avec un soulèvement et une érosion moindres sur la dorsale Colville.

De nouvelles données révèlent de plus que la dorsale Colville n’a pas une origine exclusivement volcanique, les roches trouvées formant un mix de roches sédimentaires et volcaniques.

 

Cornel-de-RondeLeDr en géologie marine Cornel de Ronde commentant la nouvelle carte bathymétrique de la dorsale Colville - photo GNS.

 

On a trouvé de nombreuses failles traversant la zone, la plupart orientées NE-SO, et s’approfondissant vers l’E. Ces failles laissent supposer une présence de minéraux sur le plancher océanique, remontés le long des failles par les fluides chauds contenant en solution divers composés metalliques. La recherche de ces métaux va être effectuée par des instituts de recherche Allemands et Japonais, en collaboration avec des chercheurs Néo-Zélandais, et grâce à des engins sous-marins autonomes en 2014-15.

 

Sources :

- The New Zealad Herald - Sea floor map result stuns experts - link

- GNS Science - Origin of seabed more complex than scientists first imagined - link

- Morphology and Evolution of the Remnant Colville and Active Kermadec Arc Ridges South of 33°30′ S  - by Ian C.Wright - link 

- Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique - Oceanic subductions and active spreading in the Southwest Pacific - by

Etienne Ruellan and Yves Lagabrielle

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un rapport de l’Insivumeh du 11 janvier 2014 / 19 :00 pm rapporte la première éruption strombolienne de l’année au Pacaya, visible depuis la capitale. Elle s’accompagne de projections à 100 mètres au-dessus du cratère et des retombées sur le Cône Mc Kenney.

Après huit heures de ce type d’activité strombolienne, celle-ci a augmenté et est passé à une effusion de lave, qui s’écoule en deux bras en direction du sud et ouest.

 

Pacaya-11.01.2014--wmorena-jpgPacaya-6---11.01.2014---Conred-Guatemala-Coordinadora-Nacio.jpgPacaya - 11.01.2014

à gauche, photo wmorena - à droite, photo CONRED

 


Douze heures après le début de l’éruption, deux coulées de lave sont alimentées par quatre cratères ; une coulée est longue de 3.000 mètres sur le versant ouest (coulée vers le nord, puis obliquant vers l'ouest), l’autre sur le flanc sud est longue de 1800 mètres et large de 600 mètres.

 

Pacaya-11.01.2014-995017_.jpgPacaya - 11.01.2014 - à l'avant-plan, la fissure éruptive nord - en arrière-plan, le cône Mac Kenney - photo CONRED / Flickr


Le CONRED a procédé aux premières évacuations et activé le centre des opérations d’urgence de San Vicente Pacaya, possédant divers endroits pour fournir gîte et soins aux habitants. Le parc du Pacaya est fermé.

 

 

Dans son bulletin spécial n° 7, l’Insivumeh signale l’apparition de trois nouveaux points d’émission de lave dans le milieu et le bas du cône actif, accompagnés d’explosions de vapeur et gaz. Des petits cratères situés sur les flancs est et ouest sortent de grandes quantités de lave fluide, formant une seule coulée à la base du cône, atteignant 5.000 mètres de long et une largeur de 800 mètres. Cette coulée a mis le feu à la végétation composée de caféier et avocatiers. Les incendies sont combattus par les équipes de pompiers volontaires.
La  coulée du flanc sud, en direction de Chupadero, a des dimensions moindres : 500 mètres de long et une largeur moyenne de 250 mètres.

 

Pacaya-8----11.01.2014---Meteorologia-GT---Alexander-Rodas.jpg            Pacaya - Coulée de lave le 11.01.2014 - photo Alexander Rodas / Meteorologia GT

 

Pacaya-2---11.01.2014---Conred-Guatemala-Coordinadora-Nacio.jpg             Pacaya - 11.01.2014 - Front de coulée "aa" dans la végétation - photo CONRED / Flickr

 

Pacaya-7---11.01.2014---Conred-Guatemala-Coordinadora-Nacio.jpg     Pacaya - 11.01.2014 - les incendies sont combattus dans la végétation - photo CONRED / Flickr

 

Pacaya-coulees-11.02.2014.jpg 

                                     Carte des coulées le 11.01.2014 à 15h. - Doc. Conred

 

N.B. : D'après la carte et les photos, l'éruption implique au moins deux évents fissuraux effusifs à la base N (alt. 2250 m) et S (alt.1880 m) du Mc Kenney, alors que les rapports citent trois évents sur le flancs E, O et S du volcan.

 

map_Pacaya_bis.jpgCarte simplifiée du Pacaya, avec le mur de l'ancienne caldeira, et les villages entourant le volcan - doc. GVP

 

 

Le bulletin n° 9 signale que le niveau énergétique a baissé. L’activité au niveau du cratère central a diminué, avec de petites explosions envoyant des matériaux incandescents à 100 m. au-dessus du cratère, à la cadence d’une à trois fois par heure. La libération des gaz se fait en continu, sous forme d’une colonne de 200 à 400 m. au-dessus du cône. Le volcan est entré dans une phase de stabilisation … cependant, la possibilité de réactivation demeure de 25%.

 

Pacaya-1---11.01.2014---Conred-Guatemala-Coordinadora-Nacio.jpg

                                  Pacaya - 11.01.2014 - photo CONRED / Flickr

 

Le 12 janvier à 6h30 locale, les explosions demeurent faibles, avec des émissions de gaz en panache blanc / bleu.  Les coulées des flancs Est et Ouest se sont réduites à 2.800-3.000 m. de longueur et celle du sud n’est plus considérée comme active.

 

Sources :

- INSIVUMEH - bulletins spéciaux 11-12.01.2014

- CONRED - rapports des 11-12.01.2014

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Deux volcans sont actifs sur Sumatra en ce moment: le Sinabung et le Marapi !

 

indonesia_sumatra_02.jpg                      Localisation des volcans sur Sumatra - doc Face of the earth


Jeudi 9 janvier, le Gunung Marapi a enregistré cinq épisodes explosifs entre 17h34 et 19h14, selon des responsables du PVMBG, accompagnés de petits panaches de cendres montant à environ 250 m au dessus du sommet ; un dégazage de vapeur surmontait le volcan vers 20h. Les éruptions font suite à une augmentation de la sismicité depuis le 1 janvier.

Le VSI a maintenu le niveau d’alerte à II sur IV, mais recommande de ne pas approcher le volcan dans un rayon de 3 km. (Republika on line)

 

gunung-marapi---Antara-Arif-Pribadi.jpg                               Le Gunung Marapi - photo non datée Antara  / Arif Pribadi


L'activité du Sinabung se poursuit, stable et toujours intense. Le dôme est continuellement alimenté et produit de nombreux écoulements pyroclastiques, toujours dans la même ravine, toujours de la même ampleur. Ces dernières 48 heures le seul changement notable est la direction que prennent ce écoulements, plus vers le sud-est qu'en début de crise, en restant toutefois largement dans la zone des 7 km (peu d'écoulements dépassent les 4 km de long et les plus longs atteignent  4,5 km).

 

2014.01.08-Sinabung---Sutanta-Aditya-AFP.jpg Sinabung - 08.01.2014  - Coulée et nuage co-pyroclastique - dépôts gris clairs de coulées pyroclatiques précédentes - photo Sutanta Aditya / AFP


Les cendres causent pas mal de désagréments aux habitants : les cendres se déposent sur les fruits empêchant la photosynthèse et la maturation des fruits ; au contact de l’humidité et de la pluie, elles se transforment en un ciment compact qui ne permet pas la respiration des sols, quand elles ne sont pas emportées par les flots, se transformant en lahars qui emportent les plantes.

 

2014.01.10-Sinabung-sibintun-village---Roni-Bintang-Reuters.jpg Sinabung - 10.01.2014 -  les cendres collent sur les oranges et les feuilles, près du village de Sibintun village -  photo Roni Bintang / Reuters

 

Les gaz et les poussières altèrent les voies respiratoires des habitants, et jouent un rôle déterminant dans le développement de fibrose pulmonaire (silicose) … la silice cristalline inhalée est classée comme cancérogène avéré. Les gaz sont aussi cause de pluies acides par combinaison avec l’humidité.

 

2014.01.04-Sinabung---Ulet-Ilfansas-Getty-im.jpgUne femme porte sa fille en allant dans son champ, tandis que le Sinabung émet une nuée ardente - 04.01.2014 - photo Ulet Ifansasti/Getty Images

 

Snb_31014_1.jpg   Activité sismique du Sinabung au cours des semaines passées - rapport VSI du 3 au 10.01.2014

 

Sources :

- VSI - Badan geologi - link

- Presse locale : Jakarta post - Republika on line.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi les caldeiras insoupçonnées et récemment " découvertes ", nous avons vu les grandes caldeiras de l’Utah (Wah Wah springs). Un document du M.T.U. rédigé par Richard Wunderman & William Rose révèle l’existence d’une caldeira localisée une dizaine de kilomètres au sud de la capitale Guatémaltèque, la caldeira Amatitlan.

Cette caldeira de 14 sur 16 km ne représente pas un paysage spectaculaire et est peu évidente à se représenter de visu. Elle ne doit pas être confondue avec la caldeira Atitlan, située 50 km. plus à l'ouest.

Elle a nécessité une batterie de techniques différentes pour pouvoir être interprétée.

 

Nasa Landsat 2000 GVPA gauche, les volcans Acatenango et Fuego ; au centre le volcan Agua ; à droite en bas, le Pacaya fumant, et au nord de celui-ci , le lac Amatitlan  - la tache claire en haut à droite correspond à l'agglomération de Guatemala city. - Doc. Nasa Landsat 2000

 

Volcan-de-pacaya - M.Castro

                 Le volcan actif Pacaya est situé au sud de la caldeira Amatitlan - photo M.Castro


Elle ne fut pas identifiée précédemment à cause de la coïncidence entre ses bords est et ouest avec des failles, et le recouvrement de sa frontière nord par des pyroclastes. L’existence de cette frontière nord a été établie par des données gravimétriques, et diverses observations géologiques, telles que des failles en circonférence, la présence de sources chaudes, et diverses données et changements lithologiques dans les roches sédimentaires.


Une séquence de neuf  dépôts pyroclastiques siliciques, totalisant un volume de plus de 70 km³ de roches denses, provient d’éruptions de cette caldeira ; ces éruptions sont datées d’entre environ 300.000 et moins de 23.000 ans avant aujourd’hui. 

Les émissions de la caldeira et des évents associés consistent en dômes,  ignimbrites non soudées, dépôts de cendres et de surges, principalement de composition rhyolitique à dacitique.

 

Pacaya Regional Tectonics 2b                          Tectonique de la région sud du Guatemala -doc. .geo.mtu.edu

AmC : caldeira Amatitlan - AtC : caldeira Atitlan - JFZ : Jalpatagua fault zone - GCG : Guatemala city graben

 

Ces éruptions et la tectonique ambiante suggèrent que cette caldeira doit toujours être considérée comme active, malgré de larges plages de repos entre les phases d’activité. Elle se trouve en effet à l’intersection entre un décalage dans la chaîne volcanique bordant le Pacifique, appelé Palin Shear, et la zone de faille Jalpatagua.

Elle possède un dôme de résurgence présentant des failles et recoupé par un graben longitudinal. L’alignement de la zone de faille Jalpatagua et du graben laissent penser à un lien de formation. Des données sismiques montrent une concentration des épicentres au-dessus de la partie nord du dôme de résurgence, proche d’une intrusion relativement jeune.

 

Pacaya---12.-2007----4---T.Boeckel.jpgPacaya - activité strombolienne en décembre 2007 - au fond, quelques lumières de l'agglomération de Guatemala city - photo Thorsten Boeckel


Une éruption, même modeste, dans cette zone pourrait toucher la population dense, d'autant que le volcan Pacaya est toujours actif … plus d’un million de personnes vivent dans un rayon de 20 km.

En extrapolant ces données récentes, le type le plus courant d’activité devrait être de type plinien ou phréatoplinien, ou d’extrusion d’un dôme, soit à proximité du lac Amatitlán, soit dans la partie nord de la caldeira.

 

Amatitlan--1935---Printed-in-photogravure-by-Johan-Enschede.jpgLake-Amatitlan-which-is-the-caldera-of-Pacaya.-1935.jpgLago

Amatitlan -  timbres de 1935 - Printed in photogravure by Johan Enschede and designed by Carlos    Marckwordt. 


Sources :

- Amatitlan, an actively resurging cauldron 10 km south of Guatemala City – by Richard Wunderman & Will. Rose / Michigan Technological University - link

- Underthrusting and Quaternary faulting in northern Central America – by M.J.Carr

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Publié le par Bernard Duyck
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St Vincent est situé au nord des Grenadines, dans la partie sud de l’arc volcanique des petites Antilles. De forme ovale, elle mesure 29 km. sur 17,5.

Une chaîne volcanique centrale égrène du sud au nord 6 volcans éteints, le Mt. St.Andrew, le Grand Bonhomme, le Petit bonhomme, le Mt. Hermitage, le Richmond peak, et le Mt.Brisbane, et un volcan actif : La Soufrière de St Vincent.

 

SV---cate-SRU-2004---GVP.jpg  St Vincent - localisation des centres volcaniques et des installations de monitoring - 2004 - GVP


Cette chaîne divise l’île entre une douce pente côté est et un côté ouest déchiqueté et rude. Ces centres stratovolcaniques échelonnés témoignent d’une migration de l’activité du sud vers le nord et d’une datation de formation entre 3 Ma environ et 600.000 ans. On relève cependant, après la migration des centres d’activité principaux vers le nord au Morne Garu et La Soufrière, de petites éruptions à Belleisle Hill et Kings Hill au sud, qui ont produit des cônes de scories (Rowley 1978).

 

souf-StVincent-10.08.2009-UWI.jpg

            St. Vincent - La Soufrière - photo 10.08.2009 - photo University of the West Indies.


Le volcan de La Soufrière, haut de 1.178 mètres, est le plus jeune volcan de l’île. Le cratère sommital, large de 1.600 mètres, est situé sur le bord S.O. du cratère d’une somma de 2,2 km. de large, échancrée largement côté sud-ouest par une rupture de flanc.

De fréquentes éruptions explosives, il y a quelques 4.300 ans, ont produit des dépôts pyroclastiques, connu comme Formation de téphra jaune qui ont recouvert une grande partie de l’île. La première éruption historique est datée de 1718 (VEI 3), et constitue avec celle de 1812 (VEI 4) deux évènements majeurs.

De mai 1902 à mars 1903, le nord de l’île fut dévasté par une éruption majeure, de VEI 4, qui coïncide avec l’éruption catastrophique de le Montagne Pelée sur l’île de La Martinique.

Un dôme de lave a pris place en 1971 dans le cratère sommital au cours d’une éruption strictement effusive, et a formé un îlot dans le lac emplissant le cratère en 1979.

 

dome-ds-lac-fin-1971---Jack-Frost.jpg         Fin 1971, un dôme de lave croit dans le lac de cratère du St Vincent - photo Jack Frost.

 

dome-1977---R.Howard---Harvard-univ-jpgSt Vincent - en 1977, le dôme de lave occupe la majeure partie du cratère - photo Ron Howard / Harvard Univ.

 

eruption-SV-22.04.1979---Richard-Fiske-Smiths-jpg                St Vincent en éruption le 22.04.1979 - photo Richard Fiske / Smithsonian inst.


Du 13 avril au 26 octobre 1979, une période éruptive s'accompagne d'explosions et d'extrusion de lave. Les fortes explosions d'avril produisent de grands panaches de gaz et cendres et des coulées pyroclastiques forçant l'évacuation de plus de 17.000 habitants du nord de l'île. Le 14 avril 79, la principale coulée pyroclastique inonde la vallée de la rivière Larikai, et poursuit son chemin jusqu'à la mer. Cette éruption est qualifiée de VEI 3 par le GVP.

Le lac est ensuite éjecté au cours d’une série d’explosions, et le dôme remplacé ensuite par un autre.

 

Soufr-St-Vincent---UWI-2007.jpg      St Vincent - le cratère et son nouveau dôme en 2007 - photo University of the West Indies.

 

11.02.2007-UWI.jpgSt Vincent - le 12.02.2007  - le cratère, avec une partie du dôme à gauche - photo University of the West Indies.

 

Sources :

- The University of the West Indies - volcano profiles - St Vincent

- Global Volcanism Program - Soufrière Saint Vincent

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