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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Les scientifiques de l’IMO & Futurvolc rapportent que les observations faites par le Coast Guard Dash 9 dans l’après-midi du 23.08 ne révèlent pas de signes cohérents avec une éruption, et concluent que l’éruption sub-glaciaire n’a donc pas eu lieu … l’augmentation de la fréquence du trémor observée doit avoir une autre explication.

Image radar du Bárðarbunga le 23.08.2014 - doc. Futurvolc

Image radar du Bárðarbunga le 23.08.2014 - doc. Futurvolc

Le 24.08, l’activité sismique est signalée augmenter en magnitude, avec une secousse près du Bárðarbunga, de M4,9 à 20h39. Deux hypothèses, soit la teneur du dyke en éléments volatils est plus importante, soit les roches rencontrées par son avancée sont plus résistantes.

Intensité et position des séismes le 25.08.2014 à 5h15 - les séismes de M>3 sont signalés par des étoiles vertes - Doc. IMO
Intensité et position des séismes le 25.08.2014 à 5h15 - les séismes de M>3 sont signalés par des étoiles vertes - Doc. IMO

Intensité et position des séismes le 25.08.2014 à 5h15 - les séismes de M>3 sont signalés par des étoiles vertes - Doc. IMO

Le dyke a parcouru environ 35 km, et son extrémité nord se trouve, le 25.08 au matin, à 5 km. du bord du Dyngjujökull, l’outlet-glacier situé au NE du Vatnajökull. Vers 19 heures, les séismes se focalisent à 6-7 km au nord du Dyngjujökull. La modélisation des données GPS indique qu’il contient un volume de 300 millions de mètres cubes de magma.

Sur le segment le plus au nord du dyke, plus de 20 séismes de M3-4, sur les 1.200 de la journée, ont été enregistré, à une profondeur de 5 à 12 km. Pas de signe de trémor volcanique de basse fréquence.

Quel sera le comportement de l' intrusion, maintenant qu'elle n'est plus soumise au poids du glacier ?

L'éruption pourrait déboucher sur l'un des trois scenarrii possibles :

- une  éruption effusive et peu explosive en surface, si le magma peut traverser la couche de roches qui surmonte le dyke, sans doute positionnée à l'extrémité N du dyke.

- une éruption sous-glaciaire, avec jökulhlaup, et composante explosive phréatomagmatique.

- un arrêt de la migration du magma et une réduction de l’activité sismique, sans expression de cette intrusion en surface.

A noter que les séismes se rapprochent d’un essaim de fissures appartenant au système volcanique de l’Askja.

Affaire à suivre … le suspense demeure entier !

 

Position des séismes du 16 au 24.08.2014 ( pour un total de plus de 8.000 séismes sur cette période selon l'IMO) les points rouges représente l'activité sismique la plus récente, les points bleus la plus ancienne - et progression du dyke vers le N - doc.mbl.is / IMO

Position des séismes du 16 au 24.08.2014 ( pour un total de plus de 8.000 séismes sur cette période selon l'IMO) les points rouges représente l'activité sismique la plus récente, les points bleus la plus ancienne - et progression du dyke vers le N - doc.mbl.is / IMO

Image radar du Dyngjujökull le 23.08.2014 - doc. Futurvolc

Image radar du Dyngjujökull le 23.08.2014 - doc. Futurvolc

Sources =

- IMO - Bárðarbunga updated information - link

- Institute of Earth Sciences - Futurvolc - link

- Mbl.is

- Iceland review

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île Jarvis, proche du nouveau seamount découvert en août 2014 / link, fait partie des Line islands, aussi appelées Sporades équatoriales, une chaîne de seamounts , d’atolls et d’îles volcaniques, s’étendant sur 4.800 km dans le bassin central du pacifique, et entourés de fond marins de plus de 5.000 mètres.

Jarvis island - l'île coralienne et son récif frangeant - à noter le plateau océanique peu profond sur la droite - photo Nasa 2005

Jarvis island - l'île coralienne et son récif frangeant - à noter le plateau océanique peu profond sur la droite - photo Nasa 2005

Seuls douze volcans sous-marins atteignent le niveau de la mer pour former des îles basses et des atolls, actuellement bordés de récifs frangeants étroits et ne s’étendant que sur 1,5 km. maximum.

Certains seamounts forment des atolls, possédant des lagons avec une ouverture (une passe) ouvrant sur l’océan, comme les îles Fanning, Palmyre et Caroline. D’autres forment des îles basses et plates, comme Jarvis, Vostok, Flint … les îles Christmas et Johnston, les plus hautes, ne possèdent que des dunes atteignant 12 m.

Position des Line islands parmi les chaînes d'îles du Pacifique. - Doc. Tulane University

Position des Line islands parmi les chaînes d'îles du Pacifique. - Doc. Tulane University

Les îles Line font partie du groupe United States Minor Outlying Islands, et du groupe Kiribati. Géographiquement, elles sont divisées en Northern, Central, et Southern Line Islands. Sur dix îles et atolls, seuls trois sont actuellement habitées : Christmas, Tabueran et Teraina, pour un total de 9.000 habitants environ.

Carte de Jarvis island.- un clic pour agrandir.Carte de Jarvis island.- un clic pour agrandir.

Carte de Jarvis island.- un clic pour agrandir.

Jarvis island - bathymétrie multibeam 3D - doc.PIBHMC / Univ. d'Hawaii Manoa.

Jarvis island - bathymétrie multibeam 3D - doc.PIBHMC / Univ. d'Hawaii Manoa.

Contrairement à la plupart des atolls, seulement découvert à marée basse, l’île Jarvis possède une plate-forme récifale " à sec ", où des dépôts importants de guano se sont accumulés.

Cette  île corallienne isolée a une surface de 4,5 km², et son point le plus élevé 8 mètres au-dessus du niveau des eaux. Le sol est constitué principalement de sable corallien, et n’abrite que de rares herbes et arbustes bas.

Les côtés extérieurs des récifs frangeants sont bordés de pentes abruptes, sauf sur la côte Est, où un plateau de faible profondeur (moins de 20 mètres) s’étend sur 500 à 1000 mètres.

L’habitat est favorable pour la faune et les oiseaux marins, protégé naturellement car l’île ne possède pas de point d’eau fraîche, ni de port.

Panneau interdisant de pénétrer Jarvis island - Jarvis island Wildlife refuge.

Panneau interdisant de pénétrer Jarvis island - Jarvis island Wildlife refuge.

Jarvis island - photodu dessus : Corail / Jarvis Island National Wildlife Refuge - Photo credit USFWS-Jim Maragos - - photodu dessous : Colonie de porites, coraux massifs et digités, bioconstructeurs, qui participent à la construction des récifs. (dans l'insert, les cercles de croissance) - doc.http://www.lgt.lt
Jarvis island - photodu dessus : Corail / Jarvis Island National Wildlife Refuge - Photo credit USFWS-Jim Maragos - - photodu dessous : Colonie de porites, coraux massifs et digités, bioconstructeurs, qui participent à la construction des récifs. (dans l'insert, les cercles de croissance) - doc.http://www.lgt.lt

Jarvis island - photodu dessus : Corail / Jarvis Island National Wildlife Refuge - Photo credit USFWS-Jim Maragos - - photodu dessous : Colonie de porites, coraux massifs et digités, bioconstructeurs, qui participent à la construction des récifs. (dans l'insert, les cercles de croissance) - doc.http://www.lgt.lt

Découverte en 1821 par le Capitaine Brown, commandant du navire Eliza Francis, propriété de la famille Jarvis, elle fut proclamée en 1856, par les Etats-Unis, dans le Guano Act, une législation fédérale permettant aux citoyens américains de prendre possession des îles à guano non habitées et non réclamées … mais ne donnant aucune obligation une fois l’exploitation stoppée. Les dépôts de guano ont été exploités de 1857 à 1879. Annexée par les Britanniques en 1889, elle fut revendiquée en 1935 par les Etats-Unis. Elle n’est pas habitée en permanence, et les rares colons présents furent évacués durant la seconde guerre mondiale. Les seuls vestiges d’occupation sont un petit phare et les restes du "Guano tramway". En 1974, le Jarvis Island National Wildlife Refuge, incluant 5,15 km² de terres et 1.734 km² de domaine marin, fut créé et intégré en 2009 au Pacific Remote Islands Marine National Monument.

Jarvis island : photo de gauche, le phare sur la côte ouest / Joann94024 - photo de droite : vestiges du Guano tramway Jarvis island : photo de gauche, le phare sur la côte ouest / Joann94024 - photo de droite : vestiges du Guano tramway

Jarvis island : photo de gauche, le phare sur la côte ouest / Joann94024 - photo de droite : vestiges du Guano tramway

Jarvis island - Gygis blanche/ Gygis alba / white tern.

Jarvis island - Gygis blanche/ Gygis alba / white tern.

Jarvis abrite 14 espèces d’oiseaux marins nicheurs, dont des fous masqués, bruns ou à pieds rouges, des frégates, des noddis bruns et bleus, des puffins, des phaétons à brins rouges, des Gygis blanche ... sans compter les petits échassiers, Courlis, pluviers et tournepierres. Sa colonie de Sternes fukigineuses (Sooty tern) est une des plus grandes au monde, comptant un millions d’individus.

 

Sources:

- Geology and geochronology of the line islands - Schlanger - 2012 - Journal of Geophysical Research  Solid Earth (1978–2012) -

- Center for coastal and ocean mapping / Joint Hydrographic center – Line islands - link

- Pacific Remote Island Area (PRIA) - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’océan Pacifique compte depuis le mois d’août quelques volcans de plus !

Dans le cadre du projet ECS / Extended Continental Shelf, des scientifiques de l’Université du New Hampshire à bord du R/V Kilo Moana, ont découvert un nouveau seamount lors d’une cartographie du fond océanique réalisée entre le 8 et le 13 août, date de la trouvaille.

Le nouveau seamount proche de Jarvis Island - doc. Center for Coastal and Ocean Mapping / Joint Hydrographic Center.

Le nouveau seamount proche de Jarvis Island - doc. Center for Coastal and Ocean Mapping / Joint Hydrographic Center.

Ce seamount dépasse de 1.100 mètres les fonds marins environnants qui s’étendent à une profondeur d’environ 5.100 mètres.  De forme conique, son diamètre basal est de 7.000 mètres, avec une pente maximale estimée à 23 degrés. Aux alentours, la bathymétrie 3D révèle la présence de différentes petites structures, dont deux petits volcans. LE CCOM/JHC précise que pour considérer une structure sous-marine comme seamount, celle-ci doit atteindre une élévation d’au moins 1.000 mètres au-dessus du plancher océanique.

Sans nom jusqu’à présent, il est situé dans une zone située dans le Pacifique sud, à 300 km. au sud-est de l’île Jarvis, une île corallienne, que nous examinerons par après..

La zone d'investigation : à l'avant-plan droit, deux volcans - en arrière-plan, le nouveau seamount - 3D view of the seamount area (SE point of view and 3.5x vertical exaggeration)  - doc CCOM/JHC / http://ccom.unh.edu/seamount-discovery-2014

La zone d'investigation : à l'avant-plan droit, deux volcans - en arrière-plan, le nouveau seamount - 3D view of the seamount area (SE point of view and 3.5x vertical exaggeration) - doc CCOM/JHC / http://ccom.unh.edu/seamount-discovery-2014

Localisation de Jarvis island dans le Pacifique sud

Localisation de Jarvis island dans le Pacifique sud

Sources :

- NOAA Ocean Explorer - New Seamount Discovered During ECS Mapping - link

- CCOM / University of New Hamshire - seamount discovery by center scientists - link

- NOAA extended Continental Shelf - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une petite  éruption a débuté au Bárðarbunga, annoncée par l’Institute of Earth Sciences ce samedi 23.08.2014 / 14h39, marquée par des séismes, dont un de M4,5 à 14h04.

Pour le moment, il s’agit d’une éruption sous-glaciaire, sous une épaisseur de glace estimée entre 150 et 400 mètres.

Webcam du Bárðarbunga - doc. Mila / NB Some people have been follow­ing webcams placed on Bárðarbunga. Cur­rently, th­ere is a sand­storm th­ere, but not an erupti­on.

Webcam du Bárðarbunga - doc. Mila / NB Some people have been follow­ing webcams placed on Bárðarbunga. Cur­rently, th­ere is a sand­storm th­ere, but not an erupti­on.

Vatnajökull - séismes à 16h30 - doc. IMO
Vatnajökull - séismes à 16h30 - doc. IMO

Vatnajökull - séismes à 16h30 - doc. IMO

Islande - alerte aviation rouge sur le nord du Vanatjökull 23.08.2014 / 14h07

Islande - alerte aviation rouge sur le nord du Vanatjökull 23.08.2014 / 14h07

Elle se situe sous la calotte de glace du Dyngjujökull, dans la partie nord du glacier Vatnajökull.

Le code aviation est passé au rouge, et le survol de la zone interdit. Pour le moment, aucun signe de panache de cendres, ou de vapeur, ni d’augmentation de débit d’eau (pas de jökulhlaup)

D'autres nouvelles dès que possible ... des équipes de l' IMO survolent le volcan pour analyser la situation

Sources:

- IMO

- Iceland Review

- Institute of Earth Sciences

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’activité sismique se poursuit au Bárðarbunga, avec d’une part la majorité de l’essaim positionné au nord-est de la caldeira, et d’autre part des séismes de magnitude plus forte au niveau de la caldeira : un séisme de M4,7 dans la nuit de jeudi-vendredi, et un autre de M3,5 ce vendredi matin vers 11h.

Ces derniers sont vraisemblablement à mettre en relation avec une subsidence de la caldeira, comme l’indique B. Guðmundsson, un sismologue du IMO., qui se base sur la profondeur similaire des séismes.

Séismes dans la région du Vatnajökull, le 22.08.2014 à 14h10 - les étoiles vertes signalent des séismes de magnitude > 3 - doc. IMO
Séismes dans la région du Vatnajökull, le 22.08.2014 à 14h10 - les étoiles vertes signalent des séismes de magnitude > 3 - doc. IMO

Séismes dans la région du Vatnajökull, le 22.08.2014 à 14h10 - les étoiles vertes signalent des séismes de magnitude > 3 - doc. IMO

L’intrusion magmatique a formé un dyke, estimé de proportions importantes selon l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande : long de 20-25 km, et haut de 2,1 km pour une ouverture de 1,6 mètres, ce dyke présente un volume estimé de 80 à 90 millions de mètres-cubes, situé à une profondeur de 5 à 10 km.  

Bárðarbunga - New map with GPS and seismic data 20.08.2014 - doc. University of Iceland / Institute of Earth Sciences. - The map shows locations of earthquakes detected by the SIL network of the Icelandic Meteorological Office.  Movements on continuous GPS stations are shown as blue arrows, the continuous stations are run in cooperation between the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland and by the Icelandic Meteorological Office.  Fractures and eruptive fissures in the area are denoted by yellow and red lines respectively.   The orange arrows show a model on how the GPS stations could be moving if a dike was propagating (see thick red line on map), and magma was draining away from the Bárðarbunga magma chamber („Mogi center“).  It has to be mentioned, however, that this model is only one of several models that can explain the movements seen on the GPS stations.

Bárðarbunga - New map with GPS and seismic data 20.08.2014 - doc. University of Iceland / Institute of Earth Sciences. - The map shows locations of earthquakes detected by the SIL network of the Icelandic Meteorological Office. Movements on continuous GPS stations are shown as blue arrows, the continuous stations are run in cooperation between the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland and by the Icelandic Meteorological Office. Fractures and eruptive fissures in the area are denoted by yellow and red lines respectively. The orange arrows show a model on how the GPS stations could be moving if a dike was propagating (see thick red line on map), and magma was draining away from the Bárðarbunga magma chamber („Mogi center“). It has to be mentioned, however, that this model is only one of several models that can explain the movements seen on the GPS stations.

Deux scénarii s’offrent, selon que l’intrusion demeure en profondeur, ou plus problématique, qu’elle ne trouve un débouché en surface, logiquement à hauteur du Dyngjujökull.

Un survol du glacier recouvrant le Bárðarbunga a permis la prise d'images radar intéressantes.

Séismes du 11 au 20.08.2014 dans la partie nord du Vatnajökull - doc. http://hraun.vedur.is

Séismes du 11 au 20.08.2014 dans la partie nord du Vatnajökull - doc. http://hraun.vedur.is

Bárðarbunga - 19.08.2014 - images radar du cratère - doc. IMO - un clic pour agrandir.Bárðarbunga - 19.08.2014 - images radar du cratère - doc. IMO - un clic pour agrandir.

Bárðarbunga - 19.08.2014 - images radar du cratère - doc. IMO - un clic pour agrandir.

sources :

- IMO / Icelandic Met Office - link

- University of Iceland - Institute of Earth Sciences - link

- Iceland review on line - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif de Kondyor forme, vu de l’espace, un cratère parfaitement circulaire de 8 km. de diamètre, dont la couronne périphérique culmine entre 1200 et 1400 mètres, et surplombe de quelques centaine de mètres le Bouclier d’Aldan, dans l’extrême Est de la Sibérie, à proximité de la mer d’Okhotsk. Une rivière coule du côté nord du massif , alimentée par les eaux de pluies collectées au sein de la couronne ; elle coupe le massif par un canal présent avant les prémices de son écoulement, phénomène qualifié de "topographie surimposée".

Le massif de Kondyor - doc. Credit: Jesse Allen. Data courtesy of GSFC/METI/ERSDAC/JAROS and the U.S./Japan Aster Science Team

Le massif de Kondyor - doc. Credit: Jesse Allen. Data courtesy of GSFC/METI/ERSDAC/JAROS and the U.S./Japan Aster Science Team

Le massif de Kondyor - image Landsat

Le massif de Kondyor - image Landsat

Il ne s’agit pourtant ni d’une caldeira volcanique, ni d’un cratère d’impact !

Sa couronne résulte de l’érosion d’un dôme de roches sédimentaires métamorphisées à haute température, l’apex d’un diapir mantellique qui aurait traversé la lithosphère pour atteindre la surface terrestre. Une campagne de terrain, organisée par l’équipe de Jean-Pierre Burg en association entre l’INSU et l’ETH-Zürich a confirmé ce diapirisme translithosphérique.

Sa composition minéralogique évolue d’un coeur composé de dunites, roches riches en olivine dominantes dans le manteau supérieur, jusqu’à une auréole de roches où domine le pyroxène.

Le massif de Kondyor, vu d'hélicoptère  - photo Mcvld at ru.wikipedia

Le massif de Kondyor, vu d'hélicoptère - photo Mcvld at ru.wikipedia

Carte géologique et coupe du massif de Kondyor – d’après Orlova (1992) ), Zemlyanukhin & Prikhodko (1997) et Burg & al (2008)

Carte géologique et coupe du massif de Kondyor – d’après Orlova (1992) ), Zemlyanukhin & Prikhodko (1997) et Burg & al (2008)

Ce paysage naturel surprenant se révèle être source de platine et d’or, exploitée par les compagnies minières russes. De gros cristaux d’un alliage Pt-Fe, recouverts d’or, constituent une caractéristique des dépôts.

De plus, la présence de Kondérite, un minéral contenant du cuivre, du platine, de l’iridium, du rhodium, du soufre et du plomb, a permis aux géologues d’en déduire les processus de formation.

Kondyor massif -  Pépite de platine - photo Alchemist-hp

Kondyor massif - Pépite de platine - photo Alchemist-hp

L’analyse des cristaux de zircons permet une datation témoignant d’une longue évolution des dunites porteuses de platine, entre 2.477 Ma et 143 Ma. L’âge des zircons anciens indique une époque de métamorphisme à la limite de l’Archéen et du Protérozoïque (environ 2,5 Ga). L’âge des zircons plus jeunes est à relier à l’époque d’activation tectonico-magmatique du bouclier d’Aldan.

Cette structure ne serait pas une simple curiosité de la nature, selon l'étude du CNRS, mais le témoin d'un processus plus général, peut-être en relation avec l'initiation de la rupture des continents.

 

Sources :

- Nasa Jet Propulsion Laboratory - Photojournal - Kondyor massif Russia

- Journal of Petrology - Translithospheric Mantle Diapirism: Geological Evidence and Numerical Modelling of the Kondyor Zoned Ultramafic Complex (Russian Far-East)  - par J-P. Burg & al.

- CNRS - Quand le manteau remonte à fleur de Terre en Sibérie

 - The age of Kondyor massif dunites (Aldan Province, Russia): First U-Pb isotopic data – par K.N.Malitch & al

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Nishinoshima - le 23 juillet 2014, trois cratères émettent des panaches de gaz - photo Maritime Safety Agency

Nishinoshima - le 23 juillet 2014, trois cratères émettent des panaches de gaz - photo Maritime Safety Agency

L’éruption au large de Nishinoshima, une petite ile volcanique située dans l’arc Izu-Bonin à 940 km au sud de Tokyo, a créé une nouvelle île émergeant le 20 novembre 2013, baptisée à l’origine Niijima (nouvelle île). Sa croissance l’a fait d’abord rejoindre l’île préexistante,  puis l’englober en grande partie, au point de la dénommer actuellement "Nishinoshima".

Les cratères actifs, au nombre de trois en août, continue de cracher la lave au rythme de 200.000 m³ chaque jour … elle s’accumule essentiellement vers l’est.

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave depuis mai à août 2014. - doc eri.u-tokyo

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave depuis mai à août 2014. - doc eri.u-tokyo

Nishinoshima - évolution des contours de l'île depuis le début de l'activité 2013/2014 - doc eri.u-tokyo

Nishinoshima - évolution des contours de l'île depuis le début de l'activité 2013/2014 - doc eri.u-tokyo

Un scientifique de l’université de Tokyo / Earthquake research institute,  Fukashi Maeno, avertit que " si la lave continue à s’accumuler dans la zone Est, une part des pentes de l’île pourrait s’effondrer et causer un tsunami … la chute d’un volume de 12 millions de mètres-cubes pourrait générer un tsunami d’un mètre pouvant se déplacer à la vitesse d’un train express, et toucher l’île de Chichijima, éloignée de 130 km., en environ 18 minutes ".

Chichijima, la plus grande île de l’archipel Ogasawara, abrite quelques 2.000 personnes.

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave - la coupe permet de voir une accumulation des coulées côté droit du schéma - doc eri.u-tokyo

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave - la coupe permet de voir une accumulation des coulées côté droit du schéma - doc eri.u-tokyo

Il ajoute que " le moyen idéal pour surveiller la situation et éviter une catastrophe naturelle serait d’installer un système de détection de tsunami et de séismes proche de l’île, mais il est impossible pour quiconque de se poser sur l’île actuellement ".

Le JMA / Japan Meteorological Agency reste attentive au moindre signal sismique, tout en étudiant diverses simulations en vue d’éventuelles mesures de précautions à prendre.

Les îles d’origine volcanique sont coutumières d’effondrement de flanc plus ou moins importants posant des problèmes aux côtes de l’île elle-même, mais aussi à celles des terres environnantes. Ces avalanches de débris ont été analysées particulièrement sur l’archipel volcanique des Canaries.

Nishinoshima - image des dernières coulées vers l'est depuis la mi-juillet  - doc eri.u-tokyo / Image satellite TerraSAR-X (coopération: Pasco Corporation) 12.08.2014

Nishinoshima - image des dernières coulées vers l'est depuis la mi-juillet - doc eri.u-tokyo / Image satellite TerraSAR-X (coopération: Pasco Corporation) 12.08.2014

Sources :

- Fukushima diary - The new volcanic island erupts more actively / May cause Tsunami if collapsed - link

- Yomiuri on line - évolution de l'île Nishinoshima - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Tungurahua, 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

The activity of the Tungurahua presents always explosions qualified by the IGEPN of small to moderate on Aug. 15. Although the volcano is permanently hidden by clouds, the lookouts reported drops of incandescent blocks at night, windows vibrating under the explosions, and a fall of ash on Chonglotus.

The blasts intensified on 16 and 17.08, accompanied by ash falls on the west of the volcano.

The sounds produced by the Tungurahua can be heard from Ambato, about thirty kilometers, from where our friend José Luis sends us pictures of the eruptive plume.

Tungurahua 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Sources :

- Rapports et notes de l'IGEPN / site officiel et page Facebook

- Photos de José Luis Espinosa-Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

L’activité du Tungurahua présente toujours des explosions qualifiées par l’IGEPN de petites à modérées le 15 août. Malgré que le volcan soit caché en permanence par les nuages, les vigies rapportent des chutes de blocs incandescents dans la nuit et des vitres qui vibrent sous les explosions, ainsi qu’une chute de cendres sur Chonglotus.

Les explosions se sont intensifiées les 16 et 17.08, accompagnées de chutes de cendres sur l’ouest du volcan.

Les sons produits par le Tungurahua sont audibles jusqu’à Ambato, à une trentaine de kilomètres, d’où notre ami José Luis nous envoie des photos du panache éruptif.

Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua, ce 17.08.2014 - photo José Luis Espinosa-Naranjo

Sources :

- Rapports et notes de l'IGEPN / site officiel et page Facebook

- Photos de José Luis Espinosa-Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Augmentation de la sismicité au Bárðarbunga - Doc Icelandic Met Office (IMO)

Augmentation de la sismicité au Bárðarbunga - Doc Icelandic Met Office (IMO)

Un essaim sismique à une profondeur estimée être dans la croûte supérieure marquent la région nord-ouest du glacier Vatnajökull, dans une zone où se trouve le volcan Bárðarbunga.

Il a débuté le 16 août vers 3 heures du matin, caractérisé par des séismes de magnitude oscillant autour d’une magnitude 1,5, avec quelques séismes de M >3.

 Vatnajökull - localisation des séismes le 16.08.2014 à 17h05 - les séismes deM>3 sont marqués par une étoile verte - carte IMO

Vatnajökull - localisation des séismes le 16.08.2014 à 17h05 - les séismes deM>3 sont marqués par une étoile verte - carte IMO

 Vatnajökull - localisation des séismes le 17.08.2014 à 6h30 - horaire et magnitude des séismes - doc. IMO
 Vatnajökull - localisation des séismes le 17.08.2014 à 6h30 - horaire et magnitude des séismes - doc. IMO

Vatnajökull - localisation des séismes le 17.08.2014 à 6h30 - horaire et magnitude des séismes - doc. IMO

Après une première crise sismique en mai de cette année, le nombre de séismes a augmenté pour dépasser les 300. Depuis début juin 2014, le déplacement des stations GPS indique une augmentation des mouvements verticaux et latéraux près du Bárðarbunga.

Ces paramètres indiquent des mouvements magmatiques, en suite de quoi l’IMO a décidé de relever le niveau du volcan à Jaune. En cas d’éruption subaérienne, un panache de cendres pourrait générer des problèmes pour les avions. La situation est comparable à celle qui a précédé l’éruption du Grimsvötn en 2011.

Code aviation pour les volcans islandais le 16.08.2014 à 14h44 - doc. IMO

Code aviation pour les volcans islandais le 16.08.2014 à 14h44 - doc. IMO

L'éruption du Grimsvötn le 21.05.2011 / 19h35 - photo GYST

L'éruption du Grimsvötn le 21.05.2011 / 19h35 - photo GYST

Sources :

IMO - Icelandic Met Office - link

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