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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat
Eruption de l'Eyjafjallajökull en 2010 - photo Artic images

Eruption de l'Eyjafjallajökull en 2010 - photo Artic images

L’Islande est depuis toujours un laboratoire naturel pour l’étude des changements climatiques. Environ 10% de sa surface est recouverte de quelques 300 glaciers … le réchauffement climatique leur fait perdre annuellement 11 milliards de tonnes de glace. Cette énorme masse qui fond contribue non seulement à la hausse globale du niveau de la mer, mais aussi au soulèvement de certaines parties de l’Islande, estimé à 35 mm/an.

Une étude récente de l’Université del’Arizona conjointement avec celle d’Islande, publiée dans Geophysical Research Letters, sur base des informations de 62 stations GPS, montre une vitesse de soulèvement et une accélération de celui-ci sur 27 stations, localisées de façon prédominante dans le centre de l’île.

Islande - à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants - à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l'Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences - un clic pour agrandir.Islande - à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants - à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l'Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences - un clic pour agrandir.

Islande - à gauche, quelques glaciers (-jökull) parmi les plus importants - à droite, réseau géodésique GPS (triangles rouges) utilisés pour mesurer le soulèvement de l'Islande / Credit: Kathleen Compton/UA Department of Geosciences - un clic pour agrandir.

Islande - zones de rift et volcans centraux - doc. in Geology of Iceland - Dr T.Weisenberger

Islande - zones de rift et volcans centraux - doc. in Geology of Iceland - Dr T.Weisenberger

Avec la fonte des glaciers, la pression sur les roches sous-jacentes diminue. Un des auteurs de l’étude précise : " les roches peuvent rester en phase solide à très haute température si la pression est suffisamment haute. Si vous réduisez la pression, vous abaissez effectivement la température de fusion " … le résultat est une sub-surface moins dure et un accroissement de la quantité de matériaux éruptifs, ainsi qu’un cheminement plus aisé du magma vers la surface. Une élévation de température suite à une baisse de pression constitue un environnement favorable à la fusion de roches du manteau, qui alimentent en magma les systèmes volcaniques.

L’histoire de l’Islande confirme cette réflexion : il y a 12.000 ans, lors de la dernière période de déglaciation, l’activité volcanique de l’île s’est accrue d’un facteur trente. Or celle-ci a pris plus de temps que la phase de fonte des glaciers actuelle boostée par les activités humaines … une extrapolation permet aux auteurs de la recherche de prédire un ratio de soulèvement de l’Islande de 40 mm par an pour le milieu de la décade prochaine, libérant plus de caldeiras et permettant le renouvellement plus rapide d’évènement perturbateurs de notre économie du type éruption de l'Eyjafjallajökull 2010.

Le feu et la glace ... un couple "infernal" - éruption de l'Eyjafjallajökull - 16.04.2010 - photo Marco Fulle

Le feu et la glace ... un couple "infernal" - éruption de l'Eyjafjallajökull - 16.04.2010 - photo Marco Fulle

Une fois les équilibres climatiques perturbés, la chaîne de catastrophes qui y sont liées risque de s’allonger.

Beaucoup de questions restent sans réponse : une augmentation de la fréquence des éruptions volcaniques va-t-elle s’ajouter aux sécheresses, inondations, feux de forêt, augmentation du niveau des mers, tempêtes, tornades, perte agroalimentaires, disparition des espèces … Pourrons-nous le vérifier de visu ? ... A quelle vitesse les systèmes volcaniques vont-ils réagir à la fonte des glaciers ?

 

Sources :

- American Geophysical Union – Geophysical Research Letters - Climate driven vertical acceleration of Icelandic crust measured by CGPS geodesy – by Kathleen Compton, Richard A. Bennett and Sigrun Hreinsdóttir - link

- Iceland Review - Glacial Melt Lifts Iceland, Triggers Eruptions - link

- Time Science - How Climate Change Leads to Volcanoes - link

- The Royal Society - How will melting of ice affect volcanic hazards in the twenty-first century? - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Le Crater Lake du Ruapehu - photo J.Shook

Le Crater Lake du Ruapehu - photo J.Shook

Le lac de cratère du Mt Ruapehu, situé sur North Island / Nouvelle-Zélande, est passé depuis début décembre 2014 de 15°C à  plus de 40°C, d’après le rapport du GNS ce 30 janvier 2015.

Des mesures effectuées mi-janvier montrent des changements de la chimie lacustre, en particulier une décharge accrue de gaz volcanique, ainsi que des courants de convection et un changement de coloration : elle est passée de bleu-vert à gris pâle. Tous ces changements indiquent un nouveau réchauffement du système hydrothermal sous le lac sommital.

Le massif du Ruapehu - photo J.Shook

Le massif du Ruapehu - photo J.Shook

Le volcanologue Brad Scott signale que " depuis 1950, la température du lac de cratère varie entre 9° et 60°C. Le lac est à une température plus élevée que 37°C environ 25% du temps, avec une moyenne de 30°C. Les cycles de température présentés par le lac ne sont pas inhabituels … depuis 2010, on compte cinq cycles de chauffe. {…} Plus rarement, la température augmente au-dessus de 40-42 °C, pouvant donner départ à de petites éruptions de vapeur. La situation actuelle est très semblable au climax d’épisodes de chauffe rencontrés entre 1985 et 1996 … si la température du lac continue à augmenter, des éruptions plus importantes pourraient se produire ".

Malgré le risque d’éruption phréatique, le niveau d’alerte volcanique demeure à 1 / instabilité mineure, et l’alerte aviation à vert.

Vue aérienne du sommet du Ruapehu le 26 septembre 2007, quelques jours après une brève éruption. Le Crater Lake, sur la gauche, a recouvert le sommet de cendres et boue, et engendré un lahar important descendant le glacier Whangaehu (au centre) et un autre, plus petit, à l’exutoire du lac dans une ravine (à l’extrême gauche)  - Photo courtesy of GeoNet, 2007

Vue aérienne du sommet du Ruapehu le 26 septembre 2007, quelques jours après une brève éruption. Le Crater Lake, sur la gauche, a recouvert le sommet de cendres et boue, et engendré un lahar important descendant le glacier Whangaehu (au centre) et un autre, plus petit, à l’exutoire du lac dans une ravine (à l’extrême gauche) - Photo courtesy of GeoNet, 2007

Le Ruapehu est un stratovolcan complexe à dominante andésitique qui s’est édifié depuis 200.000 ans en au moins quatre épisodes. Ce massif volcanique de 110km³ est allongé NNE-SSO et entouré d’une plaine de débris volcanoclastiques.

Il a été marqué entre 22.600 et 10.000 ans par une série d’éruptions sub-pliniennes. Parmi les évents sommitaux et de flancs, seul Crater Lake est considéré comme actif au cours des temps historiques. Il se serait formé il y a seulement 3.000 ans, et présente de fréquentes éruptions explosives . Les lahars produits par les éruptions de type phréatique du Crater lake constituent un danger pour les zone skiable des flancs supérieurs et les vallées plus basses.

Vue des environs du Ruapehu – à gauche, en octobre 2002 – à droite, on remarque la trace du lahar du 25.03.2007 – doc. Nasa Terra ASTER. - un clic pour agrandir Vue des environs du Ruapehu – à gauche, en octobre 2002 – à droite, on remarque la trace du lahar du 25.03.2007 – doc. Nasa Terra ASTER. - un clic pour agrandir

Vue des environs du Ruapehu – à gauche, en octobre 2002 – à droite, on remarque la trace du lahar du 25.03.2007 – doc. Nasa Terra ASTER. - un clic pour agrandir

Sources :

- GNS - bulletin d'alerte volcanique du 30 janvier 2015 - link

- Global Volcanism Program - Ruapehu

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
 Fogo le cratère / 26.01.2015  - photo Observatório Vulcanológico de Cabo Verde (OVCV)

Fogo le cratère / 26.01.2015 - photo Observatório Vulcanológico de Cabo Verde (OVCV)

Fogo / Cap Vert :

L’activité se poursuit avec une coulée de lave qui progresse de 1,5 mètres par heure en direction de Monte Beco et Monte Saia. Nadir Cardoso de l’Université du Cap Vert rapporte que la coulée se trouve à 1500 mètres de la bouche éruptive, et devrait avancer par un tunnel, puisque aucune émission de lave n’est perçue. Le dégazage se poursuit accompagné de petites explosions et une colonne éruptive atteignant plus de 200 mètres de hauteur. Les équipes de l’Uni-CV poursuivent le monitoring des gaz après plus de deux mois d’activité.

L’agence internationale des Etats-Unis pour le développement, l’USAID, a mis à disposition du Programme des Nations Unies pour le développement 50.000 $ pour répondre aux situations d’urgence. Ces fonds visent les besoins d’environ 1.000 personnes déplacées, tant au niveau des matériaux de reconstruction, des réservoirs d’eau et autres ustensiles courants, que de celui de l’achat de fournitures scolaires.

Source : Fogo News.

 Fogo - intérieur du cratère actif / 26.01.2015  - photo Observatório Vulcanológico de Cabo Verde (OVCV)

Fogo - intérieur du cratère actif / 26.01.2015 - photo Observatório Vulcanológico de Cabo Verde (OVCV)

Au Nevado del Ruiz, en Colombie, la sismicité reste préoccupante selon l’Observatoire Volcanologique de Manizales, avec la poursuite d’une activité sismique de type VT, associée à de la fracturation de roches, dans une zone nord, sud-est et autour du cratère Arenas à une profondeur comprise entre 1 et 9 km, ainsi que des séismes associés à la dynamique des fluides à l’intérieur des conduits volcaniques. Les émissions de gaz et vapeur donnent un panache essentiellement blanc pouvant atteindre 1.500 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à Amarillo / III

( rapport du SGC Manizales du 28.01.2015)

Nevado del Ruiz - le28.01.2015 / 8h40  - photo SGC Manizales

Nevado del Ruiz - le28.01.2015 / 8h40 - photo SGC Manizales

Le Sabancaya, au Pérou, présente des signes de perturbation du système hydrothermal en relation avec une intrusion magmatique. Des séismes type VT associés à la fracturation de roches se poursuivent avec une moyenne de 122 évènements/ jour localisés au NNE du cratère. Au cours des trois derniers jours, le nombre d’épisodes de trémor  a augmenté, ainsi que celui de séismes associés à la présence de matériel magmatique

Source : IGP.

Sabancaya - photo Ingemmet 2013

Sabancaya - photo Ingemmet 2013

A Holuhraun / Islande, la situation évolue peu, malgré une intensité éruptive en légère baisse. Des mesures effectuées le 21 janvier montrent que le champ de lave a gagné en épaisseur des trois dernières semaines, avec un ratio d’alimentation d’environ 100 m³/seconde. Son volume atteint pratiquement 1,4 km³.

La sismicité demeure élevée au Bardarbunga, avec 150 évènements depuis vendredi dernier, et 50 séismes au niveau du Dyke.

Sources :

- Scientific Advisory Board of the Icelandic Civil Protection 27.01.2015

- Iceland Review

Holuhraun - épaisseur des coulées du champ de lave - doc. IES

Holuhraun - épaisseur des coulées du champ de lave - doc. IES

Activité à Holuhraun - l'épaisseur des coulées se réfère au personnage à gauche  - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun - l'épaisseur des coulées se réfère au personnage à gauche - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun - les émanations de gaz restent importantes - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

Activité à Holuhraun - les émanations de gaz restent importantes - photo 2015.01.27 Tomas Freyr Kristjansson / Caters news agency / Dailymail

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Chaparrastique / San Miguel - 25.01.2015 - photo Tomás Gutiérrez / El Savador.com

Chaparrastique / San Miguel - 25.01.2015 - photo Tomás Gutiérrez / El Savador.com

Ce lundi 26 janvier 2015 à 6h43 , le Chaparrastique a été le siège d’une petite explosion, qui a engendré une colonne de cendres vite dispersée vers le SO, où de légères chutes de cendres ont été rapportées sur Piedra Azul. L’explosion s’est accompagnée de grondement et de vibration.

La qualité de l’air s’est un peu modifiée, atteignant un seuil malsain pour les personnes vulnérables : 0.2 < ppm < 1.

Le MARN précise qu’il ne faut pas s’approcher du haut du volcan, en raison de la possibilité d’explosions soudaines et des émissions gazeuses.

Chaparrastique - émission de cendres vue par la caméra placée au Cerro El Pacayal / MARN

Chaparrastique - émission de cendres vue par la caméra placée au Cerro El Pacayal / MARN

Chronologie des explosions et vibrations entre décembre 2013 et janvier 2015 - doc .MARN

Chronologie des explosions et vibrations entre décembre 2013 et janvier 2015 - doc .MARN

Chaparrastique - l'éruption et le panache du 29 décembre 2013 - doc. RSOE

Chaparrastique - l'éruption et le panache du 29 décembre 2013 - doc. RSOE

Sources :

MARN – Ministerio de Medio ambiente y Recursos Naturales El Salvador.- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le satellite à haute résolution Pléiades, opéré par Airbus Defence and Space nous offre des images de l’activité volcanique du volcan des Tonga. Après la visite des équipes néo-zélandaises et des images dans la première quinzaine de janvier, voici une image satellite claire qui révèle une nouvelle île presque circulaire, d’un diamètre d’environ 1.500 mètres, reliée à Hunga Ha’apai par un large isthme.

Le cratère est visible, et l’on constate qu’à la date de la photo satellite, le 19 janvier 2015, l’éruption s’est apaisée.

La nouvelle île formée par l'éruption surtseyenne, reliée à Hunga Ha'apai - photo satellite Pléiades 19.01.2015

La nouvelle île formée par l'éruption surtseyenne, reliée à Hunga Ha'apai - photo satellite Pléiades 19.01.2015

Hunga Ha'apai - 18.01.2015 - photonBroadcomfm Broadcasting

Hunga Ha'apai - 18.01.2015 - photonBroadcomfm Broadcasting

Par comparaison avec la photo de juillet 2014, on constate que la végétation des îles voisines a disparu sous les cendres de l’éruption.

Hunga Ha 'apai, à gauche - photo satellite Pléiades 02 juillet 2014

Hunga Ha 'apai, à gauche - photo satellite Pléiades 02 juillet 2014

Source :

Airbus Defence and Space - Eruption d’un volcan dans l’archipel des Tonga, Pléiades assiste à la naissance d’une nouvelle île - link

vis Shérine France que je remercie.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L’éruption sous-marine à El Hierro, dans l’archipel des Canaries en 2011 a produit des roches flottantes, les fameux " restingolitas ".

Le déplacement latéral du magma sur des kilomètres au contact de l’interface sédimentaire située à 4,5-5 km de profondeur, correspondant au niveau sédimentaire de la pré-île, a permis de retrouver des xénolithes sédimentaires dans ces roches-ballons émises au cours de la première semaine d’activité.

Des nanofossiles ont été reconnus dans 50% des échantillons de xéno-ponces examinés au microscope par un groupe international de scientifiques … parmi ceux-ci, des coccolithes qui sont des bio-marqueurs stratigraphiques.

El Hierro - restingolitas émis le 04.11.2011 - photo IGN / CSIC

El Hierro - restingolitas émis le 04.11.2011 - photo IGN / CSIC

Des fossiles précisent une théorie sur l’origine des Canaries.
Modèle de migration du panache mantellique alimentant l'éruption sous-marine d'El Hierro - un clic pour agrandir -  à gauche, doc. La Provincia.es - à droite, le modèle de Carracedo / GVP 2012.Modèle de migration du panache mantellique alimentant l'éruption sous-marine d'El Hierro - un clic pour agrandir -  à gauche, doc. La Provincia.es - à droite, le modèle de Carracedo / GVP 2012.

Modèle de migration du panache mantellique alimentant l'éruption sous-marine d'El Hierro - un clic pour agrandir - à gauche, doc. La Provincia.es - à droite, le modèle de Carracedo / GVP 2012.

L’origine débattue des îles volcaniques de l’archipel  des Canaries :

Deux modèles sont en compétition.

Le premier se base sur un contrôle de la position de l’activité volcanique par les fractures marquant le plancher océanique, le second sur l’intervention d’un panache mantellique de roches en fusion alimentant par-dessous la croissance des îles.

Un panache mantellique fixe sous la plaque africaine en déplacement vers l’est supposerait une datation plus récente des îles et des sédiments pré-volcanique vers l’ouest … le modèle basé sur les fractures étant au contraire plus cohérent avec des âges insulaires répartis de façon aléatoire.

(a) Examples of sedimentary relicts in El Hierro xeno-pumice. (b) Temporal record of Calcareous nannofossils in xeno-pumice. Four samples contain Jurassic to Cretaceous species that define a common Albian/Cenomanian age (~100 Ma). Two samples contain two Pliocene to recent species that co-occur with one Paleogene species that was extinct at the Neogene-Quaternary boundary, dating the youngest sedimentary relicts to ~2.5 Ma (Piacenzian). One sample shows a mixed age assemblage (see text for details). (c–g) Representative smear slides of identified taxa. (c): Reticulofenestra spp., (d): Watznaueria ovata, (e): Retecapsa crenulata, (f): Watznaueria manivitiae, (g): Watznaueria fassacincta. - in "Nannofossils in 2011 El Hierro eruptive products reinstate plume model for Canary Islands"

(a) Examples of sedimentary relicts in El Hierro xeno-pumice. (b) Temporal record of Calcareous nannofossils in xeno-pumice. Four samples contain Jurassic to Cretaceous species that define a common Albian/Cenomanian age (~100 Ma). Two samples contain two Pliocene to recent species that co-occur with one Paleogene species that was extinct at the Neogene-Quaternary boundary, dating the youngest sedimentary relicts to ~2.5 Ma (Piacenzian). One sample shows a mixed age assemblage (see text for details). (c–g) Representative smear slides of identified taxa. (c): Reticulofenestra spp., (d): Watznaueria ovata, (e): Retecapsa crenulata, (f): Watznaueria manivitiae, (g): Watznaueria fassacincta. - in "Nannofossils in 2011 El Hierro eruptive products reinstate plume model for Canary Islands"

L’âge du fossile le plus jeune retrouvé, environ 2,5 Ma, est en accord avec la datation de début d’édification du volcan-bouclier d’El Hierro, entre le Pliocène et le Quaternaire. Il représente l’âge du plus jeune sédiment pré-île de l’archipel des Canaries.

Les sédiments océaniques devenant plus jeunes de l’est vers l’ouest de l’archipel, le modèle de l’origine de celui-ci lié à un panache mantellique s’en trouve renforcée.

A): Map of Canary (blue) and Madeira (red) archipelagos, associated seamounts, and magnetic ocean floor anomalies (yellow)28. New and reported ages imply an east to west age progression for the Canary and Madeira archipelagos, whereas the Cretaceous seamounts to the south of the Canaries appear randomly age distributed. The new fossil ages imply a time window between Cretaceous and present-day Canary volcanism of ~130 Ma in the vicinity of El Hierro. (B): Schematic SW-NE cross section through the Canary archipelago (vertically exaggerated). The El Hierro nannofossils now identify the youngest sub-volcanic sedimentary strata (~2.5 Ma) in the west of the archipelago. - in "Nannofossils in 2011 El Hierro eruptive products reinstate plume model for Canary Islands"

A): Map of Canary (blue) and Madeira (red) archipelagos, associated seamounts, and magnetic ocean floor anomalies (yellow)28. New and reported ages imply an east to west age progression for the Canary and Madeira archipelagos, whereas the Cretaceous seamounts to the south of the Canaries appear randomly age distributed. The new fossil ages imply a time window between Cretaceous and present-day Canary volcanism of ~130 Ma in the vicinity of El Hierro. (B): Schematic SW-NE cross section through the Canary archipelago (vertically exaggerated). The El Hierro nannofossils now identify the youngest sub-volcanic sedimentary strata (~2.5 Ma) in the west of the archipelago. - in "Nannofossils in 2011 El Hierro eruptive products reinstate plume model for Canary Islands"

Sources :

- Nature / Scientific reports  : Nannofossils in 2011 El Hierro eruptive products reinstate plume model for Canary Islands - by Kirsten Zaczek & al. - link

- Uppsala Universitet  - Fossils survive volcanic eruption to tell us about the origin of the Canary Islands - link

- archives sur l'éruption sous-marine d'El Hierro 2011-2012

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
La fissure et le lac de lave d'Holuhraun / Nornahraun - 21.01.2015 - photo Dr. Anja Schmidt on Twitter

La fissure et le lac de lave d'Holuhraun / Nornahraun - 21.01.2015 - photo Dr. Anja Schmidt on Twitter

Les scientifiques de l’Institut des sciences de la Terre et du Met Office ont du quitter le site de l’éruption à Holuhraun le 21 janvier à cause des taux extrêmement élevés de dioxyde de soufre.

Elín Björk Jónasdóttir, de l’IMO, rapporte que le niveau de SO2 a été mesuré à 84.000 µgr/m³.

A ce taux-là, les masques dont sont équipés les scientifiques ne suffisent plus, et il ne reste comme solution qu’à évacuer au plus vite la zone. Ce niveau extrême est dû aux conditions de vent très calme. Le dioxyde de soufre, plus lourd que l’air s’est concentré au site de l’éruption au lieu d’être dispersé sur une zone plus importante. Les conditions de vent très changeantes forcent en outre les équipes à se munir de dosimètres.

Des niveaux supérieurs à 2.000 µgr/m³ de SO2 ont été mesurés au village de Reykjahlíð, au nord du site éruptif, ainsi que des taux plus modérés au lac Mývatn.

Equipement ordinaire des scientifiques travaillant sur le terrain à Holuhraun - photo Institute of Earth Sciences / Iceland Magazine.

Equipement ordinaire des scientifiques travaillant sur le terrain à Holuhraun - photo Institute of Earth Sciences / Iceland Magazine.

Les niveaux de pollution par le SO2 au-dessus de 2600 µgr/m³ sont considérés comme dangereux pour la santé (et déjà considéré comme critique au-dessus de 600 µgr/m³ pour les groupes sensibles).

Le volume journalier de SOémis était estimé à 35.000 tonnes/j le 21 janvier, et à 30.000 tonnes le 23.01.

Localisation et magnitude des séismes au Bárðarbunga et à Holuhraun le 23.01.2015 à 15h25 - doc. IMO
Localisation et magnitude des séismes au Bárðarbunga et à Holuhraun le 23.01.2015 à 15h25 - doc. IMO

Localisation et magnitude des séismes au Bárðarbunga et à Holuhraun le 23.01.2015 à 15h25 - doc. IMO

Le champ de lave ne s'est pas fortement agrandi, mais a épaissi.

L’activité sismique demeure peu différente des jours précédents tant au Bárðarbunga qu’au niveau du dyke intrusif. Au cours des dernières 24 heures, un seul séismes de magnitude supérieure à 4 a été enregistré au nord de la caldeira, de M4,7 le 23.01 à 03h07.

 

Le champ de lave d'Holuhraun le 21.01.2015 - photo Nasa EO-1

Le champ de lave d'Holuhraun le 21.01.2015 - photo Nasa EO-1

Le champ de lave d'Holuhraun tranche en sombre sur une Islande entièrement blanche de neige et glace - doc. Nasa

Le champ de lave d'Holuhraun tranche en sombre sur une Islande entièrement blanche de neige et glace - doc. Nasa

Sources :

- Iceland Magazine

- Icelandic Met Office - rapports journaliers - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Dukono - panache de mai 2012 - photo Benisius Anu / Halmaherautara.com

Dukono - panache de mai 2012 - photo Benisius Anu / Halmaherautara.com

Le turbulent volcan Dukono, localisé au nord d’Halmahera dans l’archipel des Moluques, fait de nouveau parler de lui depuis mi-janvier.

Les alertes du VAAC Darwin se sont succédées le 14 janvier 2015, avec un panache montant à 2.100 m., puis le 19 janvier, avec un panache à 2.700 m. L’alerte du 21 janvier / code aviation orange signale des émissions de cendres abondantes repérées par MTSAT-2, et l’extension du panache vers le sud-ouest sur 50 km.

Dukono - carte prévisionelle  de dispersio du panache éruptif pour les 21-22.01.2015 - doc. VAAC Darwin

Dukono - carte prévisionelle de dispersio du panache éruptif pour les 21-22.01.2015 - doc. VAAC Darwin

A gauche, localisation du Dukono dans l'archipel des Molluques - à droite, carte géologique de l'île d'Halmahera et ses volcans actifs - un clic pour agrandir - doc. GVPA gauche, localisation du Dukono dans l'archipel des Molluques - à droite, carte géologique de l'île d'Halmahera et ses volcans actifs - un clic pour agrandir - doc. GVP

A gauche, localisation du Dukono dans l'archipel des Molluques - à droite, carte géologique de l'île d'Halmahera et ses volcans actifs - un clic pour agrandir - doc. GVP

Le Dukono montre une activité éruptive plus ou moins continue depuis 1933. Ce volcan complexeprésente un profil bas, avec de multiples pics et cratères qui se recouvrent ; les zones  actives sont le Malupang Magiwe et le Malupang Warirang, ce dernier caractérisé par un cratère de  700 mètres sur 570.(GVP)

Ce volcan compte quelques particularités quant à sa géologie et la tectonique locale.

Il se situe sur l’île d’Halmahera, divisée géologiquement en deux provinces, ouest et est.

La province ouest fait partie d’un jeune champ volcanique qui s’étend depuis Morotai au travers de la partie nord d’Halmahera, Ternate et Tidore, jusqu’à Bacan.

Tous les volcans considérés comme actifs, et d'autres plus anciens, sont situés dans cette province ouest. La zone est largement couverte de roches volcaniques ou sédimentaires récentes ou du Néogène. Les roches du sous-sol, exposées au sud de l’île de Bacan, sont basiques à ultrabasiques avec des incrustations cristallines. Le sous-sol du bras SO. d’Halmahera est constitué de roches volcaniques et volcaniclastiques en association avec des roches ignées intrusives ; celles-ci sont exposées sur le côté ouest.

Tectonique de la région Sulawesi-Moluques : l’arc volcanique Sanhile et l’arc Halmahera caractérisent une subduction double de la micro-plaque océanique des Moluques. A : situation actuelle – B : situation il y a 5 Ma – Doc Hall / 2000/ geology.um.maine.edu

Tectonique de la région Sulawesi-Moluques : l’arc volcanique Sanhile et l’arc Halmahera caractérisent une subduction double de la micro-plaque océanique des Moluques. A : situation actuelle – B : situation il y a 5 Ma – Doc Hall / 2000/ geology.um.maine.edu

La tectonique de la région est complexe et implique plusieurs micro-plaques dont celle de Halmahera, de Sangihe, de Bird's Head et des Moluques.

La mer des Moluques constitue le seul exemple actuel de fermeture d’un bassin océanique par subduction de lithosphères océaniques dans deux directions opposées, avec comme résultat la création de l’arc Sangihe à l’ouest et de l’arc Halmahera à l’est.

La plaque océanique des Moluques faisait originellement partie de la plaque Philippines, il y a 13 Ma, à une époque où la plaque australienne était plus au sud. La fosse Sangihe était active en ce temps là, avec une subduction datant de l’Oligocène, et plus ancienne que celle d’Halmahera. La profondeur de la dalle descendante de la zone de subduction Sangihe est plus grande que celle qui caractérise la zone de subduction Halmahera. Les deux plaques, Sangihe et Halmahera, chevauchent la plaque de la mer des Moluques … qui disparaîtra à terme.

En mer des Moluques, le subduction de Sangihe absorbe une partie significative des 10 cm/an de convergence Philippines / Sonde. La vitesse de déplacement au GPS est de 80 mm/an au nord de l'équateur.

Dans la région sud-Moluques, au sud de l'équateur, cette vitesse s'amortit rapidement avec un taux de l'ordre de 2 mm/an.

Nouvelle activité au Dukono, dans l'archipel des Molluques.

Ci-dessous, deux vidéos illustrant l'activité du Dukono en 2014, par le site Photovolcanica

Sources :

- Global Volcanism Program - Dukono

- Photovolcanica - Dukono - link

- Maine.edu - The Molucca sea - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Colima / Mexique - 21.01.2015 / 9h15 - photo webcamsdemexico

Colima / Mexique - 21.01.2015 / 9h15 - photo webcamsdemexico

Petit essai pour coller à l'actualité ... à la manière de Twitter : une photo, une légende.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Emissions de vapeur au dessus du site éruptif d'Hunga Ha'apai - 17.01.2015 - photo Matangi Tonga on line

Emissions de vapeur au dessus du site éruptif d'Hunga Ha'apai - 17.01.2015 - photo Matangi Tonga on line

Une visite du site éruptif de Hunga Ha’apai a été effectuée ce week-end par des volcanologues du GNS, accompagnés de journalistes de Matangi Tonga on line.

Ils rapportent un style d’éruption identique à celui de 2009, mais avec un volume de matériaux éruptés plus élevé. De fortes émissions de vapeurs formant un panache haut de 7 à 10 km est le plus souvent émis, avec des périodes d’éjection de cendres très humides et denses, et de petits blocs jusqu’à 200-300 mètres. Les émissions de cendres diminuent par rapport à la semaine passée, avec un rythme de 2-3 par heure. Des surges latéraux dangereux s’étendent encore occasionnellement sur un kilomètre à partir de l’évent. On ne remarque pas de traces de radeaux de ponces, ni d’autres débris flottants.

Des frégates profitent des courants thermiques et animent ce superbe tableau.

Le Tonga Met Service recommande une zone interdite de sécurité de 10 km autour du site, en raison du contenu en gaz soufrés du nuage émis par l’éruption. Les gaz soufrés sont observés dans les 15-25 miles nautiques, alors qu’ils ne sont pas à proximité immédiate.

Hunga Ha'apai - Les frégates profitent des thermiques engendrés par l'éruption - photo Matangi Tonga on line

Hunga Ha'apai - Les frégates profitent des thermiques engendrés par l'éruption - photo Matangi Tonga on line

Après une hausse de la sismicité, le Soputan / nord Sulawesi est entré en éruption le 18.01.2015 vers 11h30, émettant un panache de cendres et gaz estimé à 5.500 mètres accompagné d’une avalanche de blocs.

De l’incandescence nocturne, un panache estimé à 700 m. et des chutes de blocs côté ouest sur1.500 m sont repérés en fin de soirée.

 

Soputan : le panache éruptif du 18.01.2015 / 11h38 - photo PVMBG

Soputan : le panache éruptif du 18.01.2015 / 11h38 - photo PVMBG

Soputan : activité du 18.01.2015 / 23h10 loc. - photo Chematierre / Volcanoalert / Twitter

Soputan : activité du 18.01.2015 / 23h10 loc. - photo Chematierre / Volcanoalert / Twitter

Quelques photos de l’aiguille de lave qui s’est formée au sommet du Sinabung , avant qu’elle ne s’écroule … ces formations sont instables de nature.

L'épine de lave du Sinabung - un clic pour agrandir - photos 18.01.2015 via Twitter / Leopold adam L'épine de lave du Sinabung - un clic pour agrandir - photos 18.01.2015 via Twitter / Leopold adam

L'épine de lave du Sinabung - un clic pour agrandir - photos 18.01.2015 via Twitter / Leopold adam

Le champ de lave islandais Holuhraun / Nornahraun atteint près de 85 km² aujourd'hui. L'activité sismique demeure constante au Bárðarbunga,a vec 60 secousses le 18.01, et 15 pour le dyke.

Anecdote: le nom du champ de lave pourrait encore changer ... selon le lois islandaises, c'est l'autorité locale du lieu d'éruption qui en ala charge, dans ce cas-ci c'est l'autorité de Mývatn : Le volcanologue Þorvaldur Þórðarson avait suggéré Nornahraun, parce qu'il y avait repéré des cheveux de Pelé (nornahár en islandais), nom adopté par le Met Office sur ses cartes ... Ármann Höskuldsson, un autre volcanologue, avait décrit l'éruption comme la respiration de feu d'un dragon (dreki en islandais), en raison de la proximité de Drekagil, le canyon du dragon, et proposé Drekahraun ou Drekaborgir. (Iceland Review)

 

Holuhraun - le champ de lave - photo Páll Stefánsson / Iceland review.

Holuhraun - le champ de lave - photo Páll Stefánsson / Iceland review.

Holuhraun champ de lave - les zones actives sont rendus plus visibles par ajustements de l'image - doc IES / Nasa EO-1

Holuhraun champ de lave - les zones actives sont rendus plus visibles par ajustements de l'image - doc IES / Nasa EO-1

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