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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Origine du nom :

Afar, c'est ainsi que ce peuple se nomme lui-même, alors que paradoxalement, cet
te dénomination ethnique n'apparait pour la première fois qu'en 1967, avec la création du "Territoire français des Afars et des Issas" (devenu en 1997 le République de Djibouti).

Nul ne sait ce que cette appellation "Afar" signifie. On peut rapprocher cet ethnonyme de la tribu Al Afar, vivant dans l'Emirat d'Oman et dont l'ancêtre serait une femme dénommée Afra. Cette tribu Omanaise était totalement enclavée, sans accès à la mer, ce qui explique une émigration partielle et l'installation dans cette région des Afars primitifs.

Danakil est la dénomination sous laquelle les tribus arabes du Yémen connaissent les Afars; il s'agit d'une généralisation du nom de la tribu Danakil, vivant au nord d'Assab et pratiquant la navigation et la pêche..

Adal ou Oda'Ali : les Afars sont connus dans leur ensemble sous l'appellation Adal par les Somali.

Situation géographique :


Les Afars habitent aujourd'hui trois pays : Djibouti, l'Erythrée et l'Ethiopie, sur un vaste territoire couvrant 150.000 km².
Pour des raisons tant techniques que politiques, leur nombre ne peut être déterminé avec exactitude ... on le dit supérieur à deux millions.
Du fait aussi de la "batardisation" des cultures en périphérie de leur territoire, ils ont été assimilés par d'autres peuples.


Structure :

Les Afars se subdivisent en deux groupes: les Asahymara (littéralement ceux qui disent c'est Rouge) et les Adohymara (ceux qui disent c'est Blanc), sans que l'on sache exactement ce que cette différenciation recouvre.

Plusieurs hypothèses s'affrontent:

La première fait référence à la symbolique des couleurs; considérant que le blanc représente la sagesse et le droit, tandis que le rouge évoque la force et la guerre, il se pourrait que cette différenciation renvoie au renversement de l'ordre politico-religieux qu'a connu cette ethnie, avec la chute de la dynastie Ankala consécutivement à l'implantation de l'Islam.

La seconde se base sur la géologie des terres occupées par les tribus; les Rouges vivant sur les terres rouges de l'intérieur, tandis que les Blancs se retrouvent sur les plaines côtières. cette répartition est surtout valable en république de Djibouti.

La troisième interprétation serait d'ordre généalogique. Les Rouges descendraient
ncêtre commun Haral Mâhis, tandis que les Blancs se subdivisent en Suget ("ceux qui étaient là", c'est à dire le noyau originel Afar) et en Abûsamara (tribus nées d'un mariage mixte, soit entre Suget et Rouges, soit d'un apport extérieur).

Pour Chedeville, un des meilleurs connaisseurs de ce peuple, cette opposition Rouges-Blancs serait essentiellement politiquo-commerciale et consécutive à la guerre pour le contrôle des pistes caravanières qui opposa, au 18° siècle, le sultanat d'Awsa à celui de Tadjourah. Ceci semble plausible, ce conflit étant la seule guerre fratricide dont se souvient la mémoire collective de ce peuple.


Un peu d'histoire:

                                 Australopithecus afarensis (Musée archéologique d'Addis Abeba)

                                     Lucy, notre ancêtre (Musée archéologique d'Addis Abeba

Préhistoire: même si les plus vieux ossements humains (Lucy, l’Australopithécus Afarensis puis Ramidus) ont été découverts
dans des régions éthiopiennes actuellement habitées par des Afars, rien ne permet d’en inférer une telle ancienneté de ce peuple.
En fait, un bon connaisseur de la langue afar trouverait facilement, dans la définition de l’humanité et de l’animalité,une référence plus que psychanalytique aux deux tabous constitutifs de la civilisation :
celui de l ’anthropophagie et celui de l’inceste.
De même, notons pour l’anecdote que l’être humain se dit ici « celui à deux pattes » ! Tout comme le doigt se dit « celle qui grimpe ».
S’il n’est pas établi que ce peuple ait à un moment de son histoire vécu dans les arbres, le fait que le même verbe désigne à la fois monter et sortir semble indiquer (comme le prouvent d’ailleurs les grottes dans la
région de Bôri) que les Afars auraie
nt très bien pu être les « Troglodytes» (habitants des cavernes) dont parlait, dans les premières années
de l’ère chrétienne, l’Histoire Universelle de Diodore de Sicile.
Antiquité : la première parenté qui vient à l’esprit, ne serait qu’en raison de la funeste pratique de l’excision et de l’infibulation, c’est celle avec le monde pharaonique. Quoique souffrant souvent d ’une extrapolation abusive, beaucoup de recherches ont été entreprises ici dans ce domaine au niveau djiboutien, dans la lignée des travaux égyptologiques entrepris par Cheik Anta Diop et son école de IFAN (Institut Fondamental de l’Afrique Noire).
Diodore de Sicile avait déjà fait état des liens historiques et culturels ayant existé entre les Egyptiens du temps des pharaons et les habitants de Pount « Terre des Dieux ». De plus, il avait rapporté que les habitants de Pount avaient de tout temps vécu sur cette terre.
Caractère indigène que ne possèdent pas les autres peuples sémites de la région, Amhara (Habasha) et Tigré venus pour leur part de l’Arabie Heureuse.
Même si l ’Histoire contemporaine régionale, produite pour et par des idéologies d’Etat en mal de passé glorieux, a donné lieu à des récupérations de Pount, un consensus académique semble s’établir quant à sa localisation sur les rivages de la Mer Rouge.
Il convient à cet égard de lever un amalgame : lorsqu’il était question d’Ethiopiens dans l’Antiquité, il s’agissait de tous les peuples de cette région ainsi nommés en raison de la couleur de leur peau: en grec, Aetiops signifie « visage brûlé ».
Pour ce qui est de ses habitants, dont les Egyptiens eux mêmes se disaient être les descendants, de nombreux faits linguistiques et culturels semblent les rattacher aux actuels Afars.
Tout comme l ’importance du vocabulaire commun à l’afar, au latin et au grec ne peut s ’expliquer que par les échanges culturels entre ces peuples durant la haute Antiquité, ce que prouverait les récits des Grecs eux mêmes et le caractère éthiopien qu’ils reconnaissaient par exemple à Cassiopée.

Ensuite, leur histoire se mêle à celle de l'Ethiopie:

De 1000 à 500 av J-C, la civilisation sabéenne, venue d'Arabie, s'est développée à Yeha (près d'Axoum).

De 100 à 330 empire axoumite et avènement du christianisme

Le VIIe siècle voit la pénétration de l'Islam par les premiers musulmans qui, persécutés par les Arabes, ont trouvé refuge en Ethiopie.

XIIe-XIIIe siècles règne du roi Lalibela. Roha est la capitale.

En 1635, sous le règne de l'empereur Fasilidas, Gondar devient la capitale du pays, elle le restera jusqu'en 1892.

En 1889, Ménélik II se proclame empereur. Ankober devient Capitale. Ménélik signe le traité de Wichalé avec les Italiens installés en Erythrée. Mauvaise traduction ? mauvaise interprétation ? ce traité aboutit à des querelles qui se terminent par la victoire de l'Ethiopie sur les troupes italiennes. C'était à Adwa le 1er mars 1896. En 1892, Addis-Abeba devient la Capitale du pays.

En 1930, le ras Tafari, fils du ras Makonen, gouverneur d'Harar et cousin de Ménélik, est couronné Négus (empereur). Il prend le nom de Hailié Sélassié. Il restera au pouvoir jusqu'en 1974.

1936, les Italiens occupent l'Ethiopie. Ils y resteront jusqu'au 5 mai 1941.

1974 le Derg, dictature militaire conduite par Mengistu renverse le Négus. Les années noires commencent. Le pays est mis à feu et à sang. Guerres, répressions farouches, famine... De nombreux chars rouillés gisant au bord des routes, dans le Nord notamment, témoignent de cette période meurtrière qui va durer jusqu'en 1991.

Depuis 1991 l'Ethiopie est un état fédéral régi par un régime républicain. Cependant le calme n'est pas établi, des conflits éclatent encore comme avec l'Erythrée de 1998 à 2000. La paix est fragile, les tensions sont fortes avec l'Erythrée et depuis quelques mois avec la Somalie.


A suivre: rencontre avec les Afars.



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houmed ahmed 17/01/2016 20:14

le mot afar a de valeur mais ils manquent la veraciter historique afar personnellement je pense que le point depart afarique a commencer chez la nation afar vue l egypte et oman sont de veritable descendant des afars ainsi que d autre nation reste inconito

Ali baran 17/05/2015 06:37

Je suis fiert d'etre Qafar.

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