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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le bradyséisme désigne une remontée ou une baisse lente du niveau du sol, d'origine volcanique. Ce phénomène a été observé dans des caldeiras sur trois continents différents : les champs Phlégréens en Italie, dans la Long Valley aux Etats-Unis et au Rabaul en Papouasie- Nouvelle Guinée.


Ce phénomène a entraîné, dans les Champs Phlégréens, l'enfoncement et l'engloutissement de nombreux édifices de l'époque romaine dans la mer et notamment la disparition de la ville romaine de Baia sous plus de dix mètres d'eau.

 

temple-de-Serapis---Pouzzoles-copie.jpg         Pozzuoli - Temple de sérapis - } jaune = zone affectée par les lithodomus.


Le sol du temple de Sérapis et de la ville de Pozzuoli toute entière sont le siège de mouvements verticaux positifs ou négatifs depuis l'antiquité. Des 48 colonnes qui entouraient le macellum romain (marché), 3 restent debout; elles sont lisses jusqu'à 3,6 m. de hauteur, ensuite elles ont été creusées sur une hauteur de 2,7 m. par des lithodomus, coquillages mangeurs de pierre ... jusqu'à 3,6 m.,la partie inférieure des colonnes était enfouie dans des débris qui la protégeait des coquillages; au 10°siècle, le sol s'effondre de plus de 5 mètres sous le niveau marin, et la partie qui se trouve au-dessus des débris, mais sous l'eau, se fait attaqué par les lithodomus qui ont creusé le marbre.


Ce phénomène serait dû, d'après M.Krafft, à la présence d'un réservoir magmatique souterrain non encore entièrement solidifié, qui se dilaterait et se rétracterait en fonction de la pression et de la température.


Le littoral des Champs Phlégréens s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2e siècle avant J.-C. et le XIe siècle après J. C., puis s'est soulevée de 8 mètres entre le XIe et le XVIIe siècle, pour s'effondrer à nouveau de 5 mètres
, avant d'atteindre son niveau actuel.

Depuis, les Champs Phlégréens connaissent régulièrement des crises d'intense déformation.

En 1538, l'année de la naissance du Monte nuovo, le sol est brusquement monté de 6 mètres, puis après l'éruption, il s'est effondré de 4 mètres.

Au cours de l'avant-dernière crise, de 1969 à 1972, les premières mesures des mouvements du sol au centre de la ville de Pozzuoli ont été effectuées : du niveau 0, en 1970, on est passé à 0,70 mètre à la fin de la crise en 1972.
Plus tard, après le séisme de Campanie le 23 novembre 1980 de magnitude 6,9, une nouvelle crise s'annonce, d'importants mouvements verticaux se déclenchent en juillet 1982 suivis par une centaine de petits séismes jusqu'en mars 1983. Puis l'activité va crescendo et devient préoccupante. Le 1er avril 1984, 500 séismes sont enregistrés en six heures et en octobre, la protection civile décide d'évacuer 20 000 personnes vivant dans des immeubles et maisons fragilisés par les secousses répétées. Dans le port de Pozzuoli, le soulèvement atteint au moins 1,40 mètres de juillet 1982 à décembre 1984. Dans la ville même, il est observé une surrection de 1,85 mètres durant cette même période. Le niveau de déformation du sol atteindra 2,30 en 1985.

 

01cam15f.png
 

1982-85-GVP.pngDiagramme des déformations ayant affecté les Champs Phlégréens entre janvier 1982 et 1985. Document GVP.


 La conséquence principale de la dernière crise a été l'évacuation d'une grande partie de la ville de Pozzuoli vers le nouveau quartier de Monterusciello, construit en hâte. Le centre historique de la ville, où se situait le maximum de déformation, est encore aujourd'hui en restauration pour certaines parties. Le quai du port s'est tellement élevé au-dessus du niveau de la mer que l'on a dû construire un second quai deux mètres plus bas pour permettre aux ferry-boats d'accoster.


1999---2006---IREA.jpg               Les déformations continuent et une phase d'inflation est marquée depuis 2004.

 

Les méthodes de mesure de déformations font appel au procédé InSAR -Interferometric synthetic aperture radar - :


Insar -Phase shift.svgCette technique de mesures géodésiques utilise deux ou plusieurs images radar pour générer des cartes de déformation de surface, en utilisant des différences de phase des ondes retournant vers un avion ou un satellite. La précisions des mesures est centimétrique et prend en compte des laps de temps entre mesures de l'ordre du jour ou de l'année. Elle est principalement utilisée pour le monitoring géophysique d'aléas naturels, tels que tremblements de terre, glissement de terrain, volcans.

 

jt_insarb.jpg                                 Schéma explicatif du procédé de mesure InSAR.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Phlegrei

- USGS/NSF/Nasa - Monitoring ground deformation from space

- ESA InSAR training manual - InSAR principles : guidelines for SAR interferometry processing and interpretation

- Volcanological history of Ischia island - 1995

- INGV - Osservatorio Vesuviano - L'isola d'Ischia

 

   

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