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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le cratère du Ngorongoro a été classé au "patrimoine mondial" et est devenu le principal sanctuaire mondial pour le rhinocéros noir.
La configuration de l'endroit, le fait qu'il ne soit pas habité et par contre fort surveillé, a permis au rhinocéros d'échapper à l'appétit des "chasseurs de cornes".

Ces mêmes caractéristiques profitent à un ensemble vaste d'espèces : on y rencontre la plupart des espèces herbivores des plaines du Serengeti : des gnous, des zèbres, des gazelles, des buffles, des cobes, des phacochères.
Des herbivores plus discrets habitent les zones forestières : des élands du Cap, des guibs, des hippopotames et quelques éléphants.
Les prédateurs sont aussi en nombre : lions, hyènes, chacals, servals, otocyons.

                           Gnous et zèbres sur les zones de savane sèche.
- © B.Duyck
 
Alors qu'ils forment d'énormes packs-migratoires dans le Serengeti, les gnous - Connochaetes taurinus- sont sédentaires dans le cratère du Ngorongoro. Viennent même s'y ajouter quelques éléments migrateurs.
Ces antilopes peu gracieuses, d'allure "préhistorique" s'associent aux zèbres, leur façon de brouter se complètant pour bien exploiter le terrain.

                 Zèbres de Burchell - à l'avant-plan, un adulte et un juvénile. -
© B.Duyck

Les zèbres du Ngorongoro ne sont pas non plus migrateurs, le cratère leur offrant tout le nécessaire durant l'année complète. Leur nom en swahili -"âne rayé" - ne fait pas la distinction entre les trois espèces vivantes.
Ici, ce sont les zèbres de Burchell, plus spécifiquement la sous-espèce boehmi soit le zèbre de Grant - Equus burchelli boehmi -, qui sont représentés.
 Le pelage blanc est zébré de larges rayures marron (chez les juvéniles) à noires, bien espacées sur les flancs et s'interrompant sur le ventre.
Au fait, les zèbres sont-ils blancs à rayures noires, ou noirs à rayures blanches ?
 La question n'est pas tranchée ... des observations récentes sur la formation des rayures au cours du développement suggèrent qu'ils "seraient noirs à rayures blanches".

                   La gazelle de Grant (mâle) affectionne les paysages ouverts. -
© B.Duyck

Les gazelles de Grant et les gazelles de Thomson sont toutes deux présentes dans le cratère et forment souvent des troupeaux mixtes, tout au moins lorsque la végétation n'est pas trop sèche. Elles supportent des environnements chauds et déshydratants grâce à la possession de particularités morphologiques (pelage clair, morphologie efflanquée) et physiologiques (régulation de la température corporelle). Elles ont cependant un régime alimentaire différent : le Thomson est strictement herbivore, la gazelle de Grant est phyllophage et se nourrit de feuilles de buisson.

  Gazelles de Thomson, plus colorées, plus trapues, et aux flancs barrés d'une bande noire.

  © B.Duyck


                  Groupe de buffles âgés d'au moins 8 ans (aspect des cornes) - © B.Duyck

Le buffle africain - Syncerus caffer caffer -fait partie de ces "big five" que tout chasseur-photographe se doit d'épingler. Cet animal imposant (jusqu'à 1,7 m .au garrot et pesant entre 500 à 900 kg.) est imprévisible et ses charges dangeureuses.
Leurs formidables cornes attirent non seulement les nemrods de tout poil, mais aussi les sorciers qui les utilisent, réduites en poudre, pour guérir le stérilité féminine. Pour le buffle, ce sont surtout des armes anti-prédateurs : en cas d'attaque, ils forment un cercle, protégeant ainsi les juvéniles et les animaux affaiblis à l'intérieur de celui-ci, et présentent aux assaillants un rempart de cornes infranchissable.

       L'heure de la chasse approche : étape préliminaire, examen des environs.
- © B.Duyck

Malgré une bonne forme apparente, les lions - Panthera leo - du Ngorongoro sont menacés: isolés topographiquement des autres groupes du Sérengéti, ils ont privés également d'un apport génétique nécessaire. La baisse de la variabilité génétique a engendré une baisse de la fécondité et un affaiblissement immunitaire, attribués à la consanguinité.

                                   Une belle famille ! -
© B.Duyck

Réputée lâche et poltronne, l'hyène tachetée - Crocuta crocuta - est en fait un prédateur audacieux et très dangereux dès qu'elle chasse en groupe. Dotée d'un appétit féroce, elle dévore tout ce qu'elle rencontre, proies vivantes ou charognes; elle joue ainsi un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre naturel en éliminant les bêtes affaiblies et en débarassant la savane des cadavres qui, laissés sur place, favoriseraient le développement d'épidémies.

                                      © B.Duyck


Elles chassent surtout la nuit, se reposant de jour, affalées sur le sol ou vautrées dans la boue.

                                     © B.Duyck


Ayant un peau fragile et ne possédant pas de système de thermorégulation efficace, l'hippopotame - Hippopotamus amphibius - s'immerge de jour et passe ses nuits à brouter les prairies à herbe rase la nuit. Il joue un rôle important dans l'équilibre naturel des plans d'eau qu'il fréquente : la dispertion des ses fécès apporte les engrais nécessaires à la vie aquatique.

L'avifaune est très riche et représentée par 250 espèces d'oiseaux : en zones humides, des canards, des cormorans, des pélicans, des flamants nains et nombre de petits échassiers; partout ailleurs, de nombreux rapaces, dont des vautours, des grues couronnées, des rolliers, des martins-pêcheurs, des calaos et beaucoup de passereaux.
Pour illustrer ceci, juste deux photos, parmi quelques dizaines, d'oiseaux particulièrement élégants:

     La grue royale - Balearica regulorum - arpente son domaine, en cherchant sa pitance. -

                                    © B.Duyck

 

              Un groupe d'Ibis sacrés, très fashion, en bordure d'un hippopool. - © B.Duyck

A noter : un comportement déviant, induit par la fréquentation humaine, chez les Milans royaux.
Lors de la halte de midi, et l'habituelle dégustation de sandwiches, les visiteurs se font harceler, pour ne pas dire attaquer par des milans, rapaces au vol acrobatique, qu'ils ont nourris dans un premier temps.
Seulement ceux-ci se sont spécialisés dans la récolte facile, livrée à heure fixe et en abondance, et n'attendent plus qu'on la leur présente mais la vole littéralement des mains des touristes, malgré leur vaine tentative de "manger sous le manteau" !
Après deux bouchées avalées à la sauvette, nous avons du nous replier dans les véhicules pour terminer le repas, avec une main entaillée par les serres d'un milan un peu "moins précis".

               Pasteurs Maasai pénétrant dans le cratère avec leur troupeau. -
© B.Duyck

 Le cratère du Ngorongoro est inclus dans un ensemble beaucoup plus vaste - 8.288 km² - appelé "Ngorongoro Conservation Area" , créée en 1959 pour permettre aux Maasai de coexister avec la faune sauvage. Les règles y sont différentes et les Maasai ont p.ex. le droit d'abreuver leurs troupeaux dans le cratère,mais il est interdit de les faire pâturer.
Ce compromis semble bien fonctionner, si on le compare à ce qui se passe au Kenya,dans certaines réserves.

Espérons que la dénomination "arche de Noé" ne se vérifie pas et que cette faune sauvage si riche continue à se retrouver partout dans le pays et en Afrique en général et ne devienne pas une attraction limitée à quelques zones restreintes.


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