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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pour refermer la boucle, en contournant le craton Tanzanien, retour vers le Kenya et la Tanzanie pour parler un peu des Maasais.

notre guide Maasai sur la plaine de sel du lac Natron - habits, bijoux, coutelas et baton de pasteur traditionnels. - © B.Duyck


Les Maasaï : ce terme définit littéralement "ceux qui parlent Maa" , donc plus une appartenance linguistique et culturelle qu'un attachement à une zone géographique précise.
Cette population d'éleveurs et de guerriers semi-nomades vit pour l'instant dans une vaste zone comprise entre le mont Kenya et le Ngorongoro, à cheval sur le Sud du Kenya et le nord de la Tanzanie.

Un peu d'histoire :
Ils appartiennent au groupe des sociétés nilotiques; la tradition orale et les données archéologiques indiquent qu'ils ont migré depuis la région du lac Turkana vers le 15°siècle, accompagnés de leur bétail domestique.
Une partie importante des terres Maasaï a été conquise par les colons britanniques à la fin du 19°siècle, aidés en cela par la variole et la peste bovine d'abord, par les ethnies africaines dominantes et le gouvernement lors de l'indépendance du Kenya ensuite. Une superficie importante  a également été transformée en réserves et parcs nationaux : Amboseli, Maasaï Mara, Samburu, Nakuru, Manyara, Ngorongoro, Serengeti et Tsavo... ce qui d'autre part les a fait reconnaître par le grand public.
Leur économie est exclusivement pastorale; ils ont su résister aux incitations des gouvernements Kényan et Tanzaniens visant à leur faire adopter un mode de vie sédentaire et une reconversion à l'agriculture. Ils ont acquis ainsi le droit de faire pâturer leurs troupeaux dans de nombreux parcs nationaux; c'est ainsi qu'ils passent allègrement les frontières pour changer de pâturages lors des changements de saison.
Ils maintiennent leurs traditions culturelles tout en prenant part aux forces économiques, sociales et politiques contemporaines dans les deux pays.
Leur résistance et leur conservatisme ont contribués à générer une vision romantique de leur mode de vie en harmonie avec la nature et confirmer l'attrait qu'ils exercent sur le touriste occidental.



                A Engaré Séro, les Maasaï abreuvent leurs troupeaux à la rivière

                           située en contrebas du campement. - © B.Duyck

 

Dans la tradition, leur dieu Engai créa les Maasaï tout d'abord, il leur donna la possession de toutes les vaches du monde et seulement par la suite il créa les autres êtres humains. Les Maasaï calculent la richesse d'un homme par rapport au nombre de vaches qu'il détient: celui qui n'en possède pas, c'est un pauvre. Voilà pourquoi ils appellent "Ndorobo" c'est à dire 'les pauvres' toutes les tribus voisines qui ne sont que des cultivateurs ou des chasseurs cueilleurs.

La vie traditionnelle des Maasaï s'organise autour du bétail, qui constitue leur principale source de nourriture : ils utilisent surtout les laitages et le sang, prélevé sur les jeunes bovins, par une incision au niveau du cou faite par une flèche tirée dans la veine jugulaire. Un bol de sang mélangé au lait constitue l'aliment de base, la viande étant réservée aux occasions spéciales.


Les villages Masaï n'ont pas de constructions permanentes. Chaque groupe de familles élève un "enkang"- un barrage pour le bétail : il s'agit d'une enceinte circulaire de buissons épineux dans laquelle sont bâties de cabanes, une pour chaque famille, positionnées en rond. Dans toute famille, c'est la femme qui construit la cabane avec un mélange d'excrément de vache et de boue. Périodiquement, le groupe abandonne l' enkang et il en construit un autre dans une zone plus riche en eau et en pâturages.


 

                                      Un "Enkang", haie d'épineux - © B.Duyck


                                                               Les femmes, en habits de fête - © B.Duyck

                  A noter : les ombres sur la case, rappel des formes observées dans les sculptures .


   Guerrier Maasai : les moranes tressent leurs cheveux et les teignent d'ocre rouge.- Wikipedia.

Karen Blixen ( rappelez-vous "Out of Africa") , dans son livre "La ferme africaine" a ainsi décrit les Maasaï
:

"Un guerrier Masai est une vision fascinante. Les jeunes possèdent, au degré limite, cette forme spéciale d'intelligence que nous appelons chic; même s'ils paraissent en perpétuelle attitude de défi, irréels et sauvages, ils restent fermement cohérents à leur nature et à un idéal immanent. Leur style n'est ni remaniement ni imitation de perfection étrangère; il a grandi chez eux, et c'est une expression de leur race et de leur histoire ; les armes et l'élégance sont à leur Être ce que les andouillers sont au cerf mâle."

Organisation sociale :

La société Maasaï est patriarcale et sous l'influence des anciens. Le chef spirituel, l'oloiboni, agit comme un intermédiaire entre le dieu Engai et les Maasaï; détenteur des connaissances médicales traditionnelles, il pratique aussi magie et divination.
Les Maasaï sont divisés en classes d'âge : les hommes passent successivement par le statut d'enfant, jeune guerrier, guerrier adulte, jeune aîné puis aîné, par le biais de rites initiatiques. Les anciens communiquent aux enfants des connaissances sur les plantes, les animaux, les usages et l'histoire de leur peuple.
Ils deviennent morane vers 15ans et apprennent le maniement des armes, les chants guerriers et danses traditionnelles.
Le passage à l'âge adulte est marqué entre autre par la cérémonie de la circoncision, après laquelle les jeunes guerriers vivront loin de l'univers féminin dans un village qui leur est réservé, le "manyatta".
Le mariage ne pourra avoir lieu qu'une fois devenus guerrier adulte.
L'accès à la puberté des jeunes filles est marqué par l'excision pratiquée par les femmes âgées. Cette pratique tend à être éradiquée par les ONG et le gouvernement.
Ils se réunissent environ tous les 15 ans pour célébrer le rituel Olng’eherr par lequel ils deviendront des anciens. On leur rase leurslongs cheveux et on leur dit : ‘Vous êtes maintenant des anciens, laissez vos armes et servez-vous plutôt de votre tête et de votre sagesse’.

                 Danses traditionnelles effectuée par les guerriers, coiffés de crinières de lions.

                                                    Photo wikipedia - Maasai Mara .

 

Leur couleur de prédilection est le rouge : rouge, comme le soleil naissant, qui embrase la savane. Rouge, comme la terre qui poudroie à l'horizon, soulevée par les bovins. Rouge, le sang des vaches dont ces pasteurs se nourissent. Rouge enfin, les drapés ou "ilkarash" des guerriers.


Le volcan Ol Doinyo Lengai, considéré comme la demeure du dieu Engai, est sacré pour les Maasaï. Guide et porteurs ne restent pas dans la maison des dieux... ils prennent juste un peu de repos, enroulés dans leur couverture sur le rebord du cratère, avant de redescendre. Ils feront l'aller & retour, plutôt que de rester sur le volcan.


 

                                                                                                          © B.Duyck


Avant de quitter le pays Maasaï, une vue "nature" :

le martin-chasseur à tête grise qui a animé nos repas au campement d'Engare Sero, au pied du Lengai.

 

                                             Halcyon leucocephala - © B.Duyck


Quelques références pour voir et apprendre sur les Maasaïs :

 

http://www.maasai.com/Maasai.asp

http://www.speranzacasillo.com/africa/

http://www.survivalfrance.org/actu/peuples/maasai

http://www.geo.fr/voyages/vos-voyages-de-reve/tanzanie-safari-en-pays-masai

http://www.youtube.com/watch?v=6cFMi17

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