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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

472px-Solola_market.jpg

                   Marché de Solola - Vêtements et commerce traditionnels. Doc. wikipedia

 

La civilisation Maya est apparue environ 1.000 ans avant l'ère chrétienne et s'est développée dans presque tout le Guatemala actuel, au Belize, au Honduras et dans l'actuel Chiapas mexicain, avant d'être brutalement soumise par Pedro de Avarado et ses conquistadors espagnols entre 1523 et 1527.

Mais c'est dans les environs du lac Atitlan qu'elle reste de nos jours la plus "visible".

Une fois quitté Panajachel, alias "Gringotenango" - ceux qui sont passé par là comprendront ! - , on accède en quelques heures de bateau aux petits villages qui bordent le lac, dans lesquels la civilisation Maya est toujours bien vivante.

Deux principales ethnies sont ici représentées : les Tzutuhils et les Cakchiquels.

 

600px-Idiomasmap.svg.png   Les principaux dialectes et ethnies du Guatemala - Tzutuhils et Cakchiquels entourent le lac Atitlan en bas à gauche de la carte.


Santiago Atitlan, ancienne capitale du royaume Tzutuhil à l'époque précolombienne, reste le village le plus important de ce groupe ethnique. Les femmes tissent et portent toujours le huipil, blouse brodée de fleurs colorées ou de volées d'oiseaux, ainsi que le tocoyal, Satitlanwoman.jpgun intriguant couvre-chef, étoffe rouge enroulée très serré autour de la tête et terminée d'un bout brodé aux couleurs de l'arc-en-ciel. Le costume masculin ne passe pas non plus inaperçu; chemise blanche ou colorée et bermuda ample à larges bandes blanches et fines bandes bleu ou pourpres, avec dans le bas, des oiseaux ou des fleurs brodées, tenu par une large ceinture.

L'accueil y est sympathique ... à condition d'échanger quelques pièces contre des bananes ou des ocarinas de terre cuite, vendus par les enfants qui vous attendent au débarcadère.

A l'époque, nous étions accompagné d'un guide, archéologue parlant un français acceptable et féru de culture Maya, qui nous a longuement expliqué les subtilités des rites religieux qui n'ont pas disparu malgré la pression hispano-chrétienne. Nous avons ainsi visité l'église, ou le long des murs, nous attendaient des bataillons de saintes statues habillées par les villageoises de foulards Hermès et autres étoffes précieuses. Ils nous a fait connaître également le culte local de Maximon (prononcez Machimonne) : divinité locale, issue d'un amalgame entre anciens dieux mayas, Saint Simon, Pedro de Alvarado, le conquistador et Judas Iscariote.


"Au fond d'une petite maison, au cœur de Santiago de Atitlán, résonnent des incantations. Au centre de toutes les attentions, un étrange personnage. Maximón est là, figure emblématique de la culture guatémaltèque. Noyé dans les fumées d'encens, de tabac et les vapeurs d'alcool, il trône au milieu des offrandes. Enveloppé de foulards multicolores, vêtu d'un pantalon indien typique, il est coiffé de deux chapeaux superposés. Son visage est suggéré par un masque de bois sculpté. Au creux de ses lèvres, une cigarette se consume" . (d'après G.Véron - journal du CNRS)
 

atilan_maximon.jpg  Maximon, couvert de foulards et entouré de membres de la maison qui l'accueille, différente chaque année. Remarquez la tenue traditionnelle des hommes présents à la cérémonie.

 

Après m'être retrouvé seul en fin d'après-midi dans le marché local en train de remballer - moment intimidant - la nuit s'est calmement passée dans le petit village de Santa Catarina Palopo, où nous avons pu admirer les tenues et les ouvrages traditionnels Cackchiquel : splendide camaïeu de bleu et vert, teintes qui donnent à mon avis les plus beaux huipils.

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                  Vêtements traditionnels de Santa Catarina Palopo. - doc. Wikipedia.

 

Les couleurs, qui ont inspirés les Cackchiquels, viendraient des couleurs constamment changeantes du lac Atitlan, qui peuvent passer du lapis lazuli, au vert émeraude puis au bleu azur.

 

Santa_Catarina_Palopo_---Simon-Burchell.jpg Santa Catarina Palopo : la calle, menant à l'hôtel (à gauche) et au lac Atitlan - photo Simon Burchell.

 

Le syncrétisme religieux, où religions et rites mayas et chrétiens se côtoient, trouve ses limites en maints endroits : ainsi à Chichicastenango, en pays Quiché, l'église de Santo Tomas, d'ailleurs bâtie en 1540 sur un lieu de culte Maya, sacrifie plus aux rituels mayas que chrétien ... le curé catholique a failli se faire étriper le jour où il a voulu interdire ces rites indiens; depuis il n'est que supporté parce qu'il soigne les locaux dans un dispensaire jouxtant l'église. Nous avons pu assister à une cérémonie, où dans un nuage d'encens et dans l'église au sol jonché de branches de pin, d'épis de maïs et d'une myriade de fines bougies, officient des chefs de prière appelés "chuhkajaus" - qui se traduit par "mère-père" - en scandant des paroles magiques. Les bougies et les offrandes diverses sont placées là, en souvenir des ancêtres, dont beaucoup sont enterrés sous les dalles de l'église.

 

Ces mêmes chefs de prière officient aussi en pleine nature au lieu-dit "Pascual abaj" , la pierre du sacrifice, un oratoire situé sur une colline et dédié au dieu maya de la terre, Huyup Tak 'ah. Flagellation avec des plantes mouillées, aspersions diverses avec de mystérieux liquides (alcools recrachés) suivis d'impositions des mains, se passent sur la colline proche du cimetière, entre des foyers rituels et de nombreuses bougies allumées.

 

Je pourrais raconter encore bien d'autres anecdotes, mais l'Agua nous attend ... dès demain.

 

 

Sources :

- Arte Maya Tzutuhil - Maya artists from the highla,ds of Guatemala - lien

- Authentic Maya - Cradle of the Mayan civilization - lien

- Maximon, dieu aux mille visages - le journal du CNRS - lien

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