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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                                 Pu'u Mahana - © Carole et Frédéric Hardy


La plage de Pu’u Mahana – littéralement « colline chaude » - est une des attractions de la pointe sud de Big Island. Elle est célèbre pour son sable de couleur vert olive … fort différent des sables coralliens blancs, sédimentaires ocres ou volcaniques noirs.

La plage porte souvent le nom du cinder cone qui en est à l’origine, Papakolea beach, dérivé de l’hawaiien papa kolea, signifiant le marais du pluvier ; un pluvier doré du Pacifique (Pluvialis fulva) y est en effet souvent aperçu lors de ses migrations hivernales.

 

 

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                                                                           © Carole et Frédéric Hardy

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       Papakolea green sand beach ... comme son nom l'indique - © Carole et Frédéric Hardy

 

La source de la couleur du sable est imputable aux nombreux cristaux d’olivine provenant de l’érosion marine qui affecte ce cône de cendres. L’olivine est un des composant courant des laves hawaiiennes, et l’un des premier cristal à se former lors du refroidissement du magma. L’olivine, plus dense et dure que la cendre, le pyroxène et les débris des laves, a tendance à s’accumuler sur la plage, tandis que l’habituel sable volcanique est balayé en mer. Bien que ces cristaux soient eux aussi balayés, l’érosion constante du cône de cendres assure l’arrivage de ceux-ci encore pour de nombreuses années.

 

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                         Inclusions de cristaux d'olivine - © Carole et Frédéric Hardy

Papakolea-sand-beach---Mouser-NerdBot.jpg              Macro sur le sable vert de Papakolea beach - photo Mouser NerdBot / Flickr.

 

Formé il y a 49.000 ans, et associé à la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa, il s’est effondré en partie depuis sa dernière éruption ; sa situation en bord de mer le soumet au phénomène érosif.

Cette situation et l’origine du cinder cone sont des sujets débattus par les géologues ; une première hypothèse est celle de la formation d’un cône littoral, suite à l’interaction entre la lave et l’eau de mer. D’autres géologues arguent qu’au moment de sa formation, ce cône devait être trop éloigné du rivage pour qu’une telle interaction se produise.

Selon les spécialistes de l’USGS, la dernière coulée de lave dans la zone devrait avoir pris fin il y a plus de 10.000 ans, faisant de cette zone une des plus stable topographie de la région. L’histoire géologique du site peut être vue dans les roches entourant la baie et la plage : elles  ne sont pas sujettes à l’érosion et présentent  un échantillonnage de couches géologiques  formées par les éruptions passées. De plus, seules les parties basales du cinder cone ont été soumises à l’action des vagues, les portions restantes apparaissant grises par ailleurs.

 La clé du mystère est liée à l’âge du cône : son analyse au radiocarbone donne une datation de plus de 49.000 ans, chiffre limite concernant la portée de la méthode de datation.

Où se trouvait le niveau marin il y a 49.000 ans ?

Les études démontrent que Big Island a un taux d’amortissement de 2,4 mm. par an … ce qui , tous comptes faits, nous donne une altitude de 117 mètres au moment de sa formation. Cette hauteur correspond à l’actuelle élévation de Komohana. De plus, d’après les océanographes, nous étions à cette époque en période glaciaire, et le niveau marin était de 70 mètres inférieur à celui d’aujourd’hui. Ainsi, le cône initial devait se situer à une hauteur d’environ 180 mètres.

 

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Une autre explication plausible est que le Pu’u Mahana est un reste d’un anneau de tuff Surtseyen (Surtseyan tuff ring) construit sur un évent principal. Par comparaison avec les analyses du cône littoral Sandhills (formé en 1840 lors d’une éruption de flanc du Kilauea), Pu’u Mahana contient beaucoup de débris lithiques et des lapilli accrétionnés, absents dans les dépôts de Sandhills. De plus, les dépôts pyroclastiques sont plus finement grainés et leur composante juvénile plus vésiculée. (G.Walker 1992 - University of Hawaii press).

 

Quoique le mystère de son origine reste entier, l’endroit est superbe … mais son accès difficile : la pointe sud de l’île n’est atteinte qu’en 4x4, ou au prix d'une marche assez longue est nécessaire pour parvenir à cette baie magique, mais où il est risqué de nager.

 

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Sources :

- HVO - the origins of Pu'u Mahana are not cristal clear ! - link

- Pu'u Mahana is a primary surtseyan ash ring ... - by G.Walker - link

   

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