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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

66_Sakurajima_Osumi.jpg

Sakura-jima - tiré de la série "Vues de différentes provinces" / la province Osumi - estampe d'Utagawa Hiroshige (1797-1858)

 

Cette estampe met en scène le volcan Sakura-jima dans la baie de Kagoshima : une île verte dominée par un cône au toit plat, dont les flancs bas sont constellés de cerisiers en fleurs; des jonques naviguent sur la baie, tandis qu'à l'avant-plan, d'autres sont ancrées au port.

Les cartouches supérieurs comportent, en rouge, le titre de la série - Roku-ju-yo Shio Meisho Dzu-ye  , littéralement "Vues de plus de soixante Provinces", produite entre 1853 et 1856 - et le sous-titre dans une couleur variable.

La signature d'Hiroshige est elle aussi dans un cartouche de teinte rouge, accompagnée d'un autre, plus petit, qui reprend le nom du graveur.

 

 

Le peintre, graveur, dessinateur :

Utugawa Hiroshige - 歌川広重 - né à Edo en 1797, est un des grands noms de l'Ukiyo-e (*) et de l'estampe de paysage; avec Hokusai, à qui on l'oppose souvent, il aura mené cette façon de peindre à un sommet inégalé avant le déclin de la xylographie au Japon.

 

(* ) : L' Ukiyo-e, en français « images du monde flottant » est né au Japon au 17° siècle  au sein de la culture urbaine et bourgeoise de la capitale de l'époque, Edo, devenue Tokyo en 1868.

La technique de réalisation de ces estampes consiste en une gravure sur bois : le dessin original au pinceau, le shita-e, est pratiqué sur une feuille de papier résistant très fin appelé minogami, collée à l'envers sur une planche de bois assez tendre (cerisier, poirier, souvent coupée dans la tranche du tronc - pour plus de résistance aux tirages multiples - ce qui explique les limites du format Oban). Cette planche matrice va être creusée à la gouge pour ne laisser en relief que les traits du pinceau. De là on tire autant de feuillets en noir et blanc qu'il faudra de couleurs. L'artiste détermine sur chacun des feuillets la couleur correspondant à des surfaces de vêtements, de feuillages, de mers, de montagnes, etc.

On grave ensuite de la même façon, à partir des feuillets en noir, des planches différentes correspondant à chaque future couleur. On imprime la feuille de papier (papier hōsho) à estamper en l'appliquant successivement (dans un ordre déterminé par l'artiste) sur chaque planche dérivée de la première, repérée sur elle, mais encrée d'une couleur différente, et on frotte légèrement le papier humide avec un tampon spécial baren de fibres (extérieur en feuille de bambou), ce qui requiert beaucoup d'expérience de la part des graveurs et des imprimeurs.

Par superposition de couleurs transparentes (végétales ou minérales), on peut obtenir une grande subtilité dans les tons à partir d'un nombre de couleurs limité. Du jaune sur de l'indigo plus ou moins foncé produit un vert, si l'on y surajoute la planche des ocres à certains endroits, ces endroits prendront une teinte vert-olive foncé, etc.

(Wikipedia)

 

 

C'est au travers de son oeuvre que l'occident découvre vers 1870, après le réouverture des échanges , l'étonnante originalité des arts graphiques nippons ... le "Japonisme" aura une influence déterminante sur les peintres impressionnistes et plus tard sur l'art nouveau.

 

800px-Hiroshige Van Gogh 2 - ph.Mps2A gauche, Hiroshige  - "Le pont Ōhashi et Atake sous une averse soudaine" , estampe tirée des Cent Vues d'Edo (1857). - (Evening Shower at Atake and the Great Bridge)

A droite, Van Gogh - "Japonaiserie : pont sous la pluie". 

doc. Mps2.

 

Auteur prolifique, Hiroshige produit plus de 5.400 estampes entre 1818 et 1858.

Il se fait l'humble interprète de la nature, et sait exprimer, avec les moyens frustres de la gravure sur bois, les transparences délicates de l'atmosphère au fil des saisons, dans des paysages où l'homme est toujours présent.

Les teintes vertes et bleues dominent chez lui, et son sens du "premier plan" sera repris plus tard par Degas, et dans les bons clichés photographiques.

 

Le volcan Sakura-jima :

L'estampe représente ce volcan très actif, dans une phase de repos.

Formé il y a 13.000 ans dans la baie de Kagoshima, sur le bord sud de la caldeira d'Aira (datée de 22.000 ans).

Les premières observations d'activité datent de 708 avant JC. Les éruptions se produisent dans le cratère Showa et sont bien souvent stromboliennes; des éruptions pliniennes se sont produites en 1741-46, 1779-82 et 1914.

De 1955 à 2.000, le volcan présente une activité constante avec 100-200 grandes explosions annuelles. L'observatoire volcanologique du Sakura-jima a été créé en 1960.

Au 21° siècle,  le volcan connaît un regain d'activité avec un record de 550 explosions dès juin 2010, et plus de trois millions de tonnes de cendres rejetées.

 

Plus de détails sur ce blog : Volcans de Kyushu sud.

 

Sur la vidéo jointe, une superbe éjection de lave et un panache parcouru d'éclairs, le 01.10.2011.

 

Sources :
- Global Volcansim Program - Sakura-jima
- L'archipel Nippon - Volcans de Kyushu - link ... et articles suivants.

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