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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

MountTarawera - C.Lindberg

                    La fissure coupant le Mont Tarawera - photo. C.Lindberg

 

Le centre volcanique Okataina, à dominante rhyolitique est entouré de grandes zones d'ignimbrites et de dépôts pyroclastiques, émis au cours des multiples éruptions qui sont à la base de la formation de cette caldeira. De nombreux cratères et dômes de lave sont présents sur une double ligne orientée NE-SO. formant les complexes volcaniques Haroharo et Tarawera.


NZ20aCarte des structures principales, types de lave et localisation des évents des centres volcaniques de Rotorua et d'Okataina inclus dans la zone volcanique septentrionale de Taupo; Cole (1990).

 

NZ6  Les complexes volcaniques Haroharo et Tarawera - doc. Nairn and Cole (1975).  

 

Les dômes de lave du complexe Haroharo occupent une partie de la caldeira Haroharo, datée du Pléistocène et large de 16 km. sur 26. Elle s'est formée progressivement entre 300.000 et 50.000 avant JC. Les dernières éruptions qui modifièrent la caldeira ont produit la brèche Rotoiti  (il y a environ 50.000 ans) et la sous-formation Mangaone ( il y a ± 38.000-28.000 ans). Toutes les laves affleurant sont âgées de moins de 20.000 ans. Les éruptions les plus récentes datent de -5.300 (Te Horoa et autres dômes), -2.880 (Makatiti et autres dômes), et 1.490 avant JC. (Rotokawau à Rotoatua).

 

Le complexe volcanique Tarawera s'est quant à lui formé au cours de cinq épisodes éruptifs majeurs :

- il y a 17.000 ans : épisode associé à l'émission du dépôt de cendres d'Okareka.

- Il y a 15.000 ans : épisode éruptif de Rerewhakaaitu.

- il y a 11.000 ans : épisode éruptif de Waiohau.

- il y a 700 ans, éruption de lave rhyolitique et pyroclastites Kaharoa. (1.310+/- 12 ans - VEI 5 - vol.téphras émis: 5.000 Mm³ - vol. laves émis: 2.500 Mm³)

- entre juin et août 1886 : éruption de scories basaltiques (VEI 5 - vol.téphras émis : 2.000 Mm³)

Au cours du 20° siècle, de nombreuses éruptions de VEI moindre ont touché particulièrement la zone de Waimangu.

 

Le complexe Tarawera est constitué de 11 dômes de lave rhyolitique et de coulées associées. Une lignée d'évents orientés NE-SO. s'étend du mont Edgecumbe au nord-est, jusqu'aux cônes dacitiques Maungaongaonga et Mangakakaramea au sud-ouest. Une grande zone hydrothermale est localisée à Waimangu.

La construction des complexes Haroharo et Tarawera ont relégué les lacs Rotoiti, Totoehu, Okataina et Tarawera contre les limites externes de la caldeira Okataina. (voir carte n°1)

 

NZ5.jpg

Carte des dômes et coulées de la zone au nord du Lac Rotomahana -  Nairn et Cole (1975)


L'éruption de 1886 a été particulièrement documentée:

Elle se déclenche à 1h.30, le 10 juin, après une série de séismes; sur le flanc nord du dôme, s'ouvre une fissure accompagnée de nombreuses explosions. A 2h.30, d'autres explosions se font entendre dans le lac Rotomahana proche, et une heure plus tard, la fissure a gagné 15 km. vers le SO. et présente une activité sur toute sa longueur. Les épisodes éruptifs les plus violents ont duré seulement 4 heures. Les villages de Te Ariki, Moura, et Te Wairoa ont été rayés de la carte. L'éruption a provoqué la mort de 150 personnes. (guide des volcans - M.Rosi & al)

 

a6841atl L'éruption du 10 juin 1886 du Tarawera, vue du village Maori de Waitangi, situé sur la berge nord du lac Tarawera. - Lithographie de A.D.Willis, basée sur une peinture de Ch.Blomfield. - Alexander Turnbull librairy.

 

tarawera2.gif

Doc. d'archives illustrant l'éruption de juin 1886 - la photo de gauche montre les restes de l'hôtel McRae, où l'on dénombra 17 victimes.

 

Une même zone a été le siège d'éruptions de caractères très différents : Une remontée de magma basaltique peu visqueux se traduit par une éruption fissurale; des jets de lave issus de nombreuses bouches forment différents cônes de scories alignés, en même temps que cendres et lapilli sont projetés en altitude et se dispersent sur des dizaines de kilomètres.

Lorsque la fissure  croise les zones d'activité géothermale, l'activité se traduit en violentes explosions phréatiques, qui pulvérisent les matériaux en une pluie de boue bouillante.

 

Tarawera AVE 1

                   Vue partielle de la grande fissure 1886 - © Antony Van Eeten

mt tarawera - gerald viabloga

                                                                                                    photo Gerald Viabloga.

Tarawera AVE 2

                      Au coeur de la fissure - © Antony Van Eeten

12168 187111171440 645396440 3397236 394310 n

                                                                                 © Antony Van Eeten

12168 187111316440 645396440 3397257 7843653 n                        Détails des "Pink & white terraces" - © Antony Van Eeten

La partie sud-est de la fissure au sein du cratère Ruawahia révèle la stratigraphie de l’éruption du Kaharoa en 700 avant JC. et  celle de l’éruption de 1886:  les dépôts pliniens du Kaharoa (35 m d'épaisseur) de couleur pâle à la base sont en grande partie masqués par les faisceaux de scories. L'épaisse scorie rouge vif  fait partie de la phase 2 de l'éruption 1886. Au dessus, une mince zone noire (phase 3) est constituée des retombées diffuses. Une phase terminale, la dernière demi-heure de l’éruption, a arraché des blocs blancs de rhyolite au cours de l’élargissement de la cheminée.

 

Waimangu, en Maori "les eaux noires", est une zone située à l'extrême sud de la fissure éruptive 1886 : des éruptions phréatiques intermittentes y ont pris place depuis 1886 Waimangu----A.Turnbull-library.jpgjusqu'à récemment en 1973. Un des plus grands geysers de la planète y fut actif entre 1900 et 1904 : le geyser Waimangu fut un résultat indirect de l'éruption de 1886.

Doc. archives 1903-04 - des spectatrices face au geyser Waimangu - A.Turnbull library

Waimangu-AVE-4.jpg

                                                                                                        © Antony Van Eeten

inferno-lake.jpgInferno lake - un lac de cratère d'explosion, acide (pH 2,1) et chaud, dont les parois sont bordées de dépôts de silice marquant les niveaux de débordement. - © Antony Van Eeten

 

Waimangu-AVE-5.jpgLe lac "Frying Pan" , "poêle à frire", est aussi un lac chaud - 55°C- et acide. Les émanations de gaz, du CO2 et de l'H2S, donnent l'impression d'un lac en ébullition. - © Antony Van Eeten

12168_186801851440_645396440_3394039_3537839_n.jpgLa terrasse Wardbrick, du nom d'un guide Maori, est un ensemble de terrasses de silice, colonisées par des algues. - © Antony Van Eeten

 

Waimangu-AVE-3.jpg   Laves rhyolitiques antérieures à l'épisode Tarawera - © Antony Van Eeten

 

Waimangu-AVE-1.jpg                                                                            © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global volcanism Program - Okataina (Tarawera)

- Okataina volcanic center - Volcano.Oregonstate - lien

- Waimangu volcanic valley - the worlds newest geothermal system.

 

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