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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Tetiaroa-2.jpg

                         Archipel des Tuamotu - l'atoll de Tetiaroa - photo Tahititravel

 

L’archipel des Tuamotu est constitué d’atolls, à l’exception de Makatea, une île réelle. Ils sont formés d‘un étroit banc de sable (partiellement émergé) recouvrant une double barrière de corail formée sur l’atoll d’un ancien volcan, dont le cratère central s’est effondré mais dont les pentes internes et externes ont vu naître les récifs coralliens. Ces anciens volcans se sont formés au dessus de points chauds.

 

Les atolls : un milieu mouvant, fragile et menacé.

Parfois, seul le massif corallien interne (de formation plus récente) a pu émerger, protégé des courants océaniques par le massif corallien externe constamment battu par les flots, alors qu’entre les deux se sont accumulés les sables, pris à ces massifs coralliens ou aux plus anciennes roches volcaniques. Progressivement, ces sables recouvrent le massif corallien interne dont le rayon va se réduire autour de la cheminée centrale de plus en plus abrupte alors que leur niveau s’élève, tandis que le massif corallien externe peut aussi voir son rayon se réduire par l’érosion des vagues amenant les sables (ou par la mort des coraux causée par l’acidification des eaux océaniques).

 

atoll

Souvent des passes maritimes se sont formées avec le lagon central, où peuvent subsister encore des bancs de sable ou îlots secondaires. Ces passes font souvent l’objet de puissants courants de marée (essentiels à la vie du lagon, d‘une part pour les oxygéner, et d’autre part pour le fragile massif corallien intérieur, très sensible aux variations d'acidité des eaux) qui ne renouvellent cependant que partiellement les eaux (souvent profondes et acides) de l’ancienne cheminée volcanique au centre des plus grands lagons (même si subsistent aussi des fractures sous-marines plus profondes traversant les flancs externes de l’ancien cratère formé de roches volcaniques accumulées et spongieuses).

Il est même possible que le massif corallien interne ne puisse jamais parvenir à se développer si ces passes marines sont insuffisantes (ou si les émissions acides dans la cheminée effondrée remontent de façon trop importante) et le lagon ne peut subsister que si l’effondrement du volcan ne se poursuit pas avant que les flancs aient été renforcés par le massif corallien externe. De tels cas se produisent avec des atolls aujourd'hui complètement submergés presque en permanence (hormis quelques récifs) et dont ne subsistent que des bancs de sable peu profonds et instables, où parviennent difficilement à se fixer les coraux (condamnant alors l’ancien atoll à une érosion rapide et un effondrement en grande profondeur si rien ne vient les soulever par une reprise de la poussée volcanique).

 

Tuamotu---rangiroa-isl.-pacificislandtravel.jpg       Archipel des Tuamotu - Atoll de Rangiroa - récif corallien - photo Pacificislandtravel


Toutes les îles émergées des atolls forment aussi de précieux refuges pour de nombreux oiseaux (à cause des distances importantes qui les séparent) : elles ont ainsi vu s’accumuler des dépôts parfois importants de guano, très riches en phosphates qui basifient et élèvent les anciens sols acides.

En raison de la très faible altitude des terres émergées, elles sont facilement submergées partiellement par l’élévation temporaire du niveau marin (lors de tempêtes, cyclones ou tsunamis d’origine tellurique), ce qui maintient une salinité importante des sols que ne submergent pas les marées, et qui peut raser certains bancs de sable ou agrandir ou déplacer les passes marines entre eux. De plus les ressources en eau douce (d’origine atmosphérique) y sont très rares car elles ne peuvent pas facilement être accumulées sur ces sols spongieux gorgés de sel.

 

fishing13.jpg                                                       Fishing aux Tuamotu.

 

Quelques atolls de l'archipel des Tuamotu :

 

arch_tuamotu.jpg

 

RANGIROA---ph.australianmuseum.jpg                              Archipel des Tuamotu - Atoll de Rangiroa - photo australian museum

 

Rangiroa-1.jpg                                     Tuamotu - atoll de Rangiroa - photo Tahiti travel

 

 

Rangiroa est l’atoll le plus grand des Tuamotu, et le second plus grand au monde. Son lagon, de 64 km sur 27, et s’ouvre par deux passes. Seules deux îles sur les 418 qui composent l'atoll sont habitées en permanence. La population est d'environ 3000 personnes. Une école dédiée aux techniques de la perliculture est implantée sur l'atoll de Rangiroa ainsi qu'un centre de recherches sur les huîtres perlières qui font de ce lieu une plate-forme importante pour la perliculture.

L'atoll de Rangiroa est également connu pour son vignoble, unique au monde. Les vignes y poussent au bord d’un lagon à côté d’une cocoteraie, et produisent deux récoltes par an. Le chai est situé en plein centre du village d'Avatoru. Les raisins sont ramenés au chai par bateau. Les cépages retenus et actuellement en production sont : l’italia B, le carignan N et le muscat de Hambourg N.

 

Tuamotu---Fakarava-ponton-rotoava---Frederic-Jacquot--.jpg                         Archipel des Tuamotu - atoll de Fakarava - photo Frédéric Jacquot

 

 

D’autres sont connus pour diverses raisons : Pukapuka, première île du Pacifique sud a être reconnue par les Européens, le fut  en 1521, par Ferdinand Magellan. Ces atolls passent sous protectorat français en 1844. Anciennement appelées sous le nom local « îles Pomotu » signifiant « îles Soumises » en raison de leur conquête historique par les Tahitiens, les députés de l'archipel à l'assemblée de Papeete font valoir entre 1850 et 1851 leur volonté de leur donner le nom de Tuamotu, signifiant « îles Lointaines », ce qui est entériné par le protectorat français en 1852.

 

Raroia est lié à l’expédition du Kon-Tiki et à Thor Heyerdahl ; c’est là que se termina en 1947 son périple de 6.900 km. en 3,5 mois depuis le Pérou. Cette face de l’atoll était inhabitée, et il fallut du temps avant que des villageois habitant de l’autre côté du lagon aperçoivent des lumières et réalisent qu’elles n’étaient pas due à des fantômes.


Les atolls de Mururoa et Fangatofa furent utilises par le France pour ses essais nucléaires. entre 1966 et 1996.

 

Moruroa, dont le nom signifie "grand secret" ou "grand filet de pêche"(en mangarevien "moru" signifie filet ou secret, et "roa" grand), désigne soit une île lointaine, soit une île ayant la forme d'une grande nasse de pêche.

En 1962, compte tenu de son éloignement des atolls habités et de l'existence des passes navigables, l'atoll, improprement baptisé Mururoa par les militaires, fut retenu comme futur site de tir du Centre d'Expérimentations du Pacifique. L'Assemblée Territoriale de la Polynésie Française cèda en février 1964 les deux atolls de Moruroa et Fangataufa à l'État Français à charge par lui d'indemniser le dernier fermier en ayant la concession.
Les soldats du Génie y construisirent dès lors les infrastructures nécessaires, dont un aérodrome, des routes, des blockhaus, des logements, etc... et baptisèrent chaque partie de l'île par un prénom féminin, un nom d'oiseau ou de fleur. Le 2 juillet 1966 eut lieu le premier tir. Jusqu'en 1975, les tirs furent aériens (sous ballon), 36 sur Moruroa et 5 sur Fangataufa distant de 45 km vers le sud. Ils devinrent ensuite souterrains. Les explosions eurent lieu au fond de puits creusés en offshore dans la couche basaltique de l'atoll, au début à l'extérieur du lagon, puis à partir de 1981 au centre du lagon. Les charges explosaient ainsi à 1.200 m de profondeur.

 Mururoa99001027-500 - laradioactivité

L'un des derniers essais nucléaires souterrains français vers 1995. L'eau du lagon de l'atoll de Mururoa en Polynésie subit l'onde de choc provenant du sous-sol. Contrairement aux essais atmosphériques ou à un accident grave de réacteur, les essais souterrains ne relâchent pas directement de matières radioactives. La radioactivité reste en principe confinée en profondeur, mais des contaminations peuvent apparaître en surface si la roche est fissurée.
CEA/DAM


le-rainbow-warrior-navire-amiral-de-greenpeace-coule-dans-l.jpg

Les essais nucléaires français suscitent des oppositions locales et internationales et le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, un bateau de l'organisation écologiste Greenpeace en route vers l'atoll est coulé à Auckland en Nouvelle-Zélande par des agents de la DGSE (services secrets français), causant la mort du photographe portugais Fernando Pereira et provoquant le scandale de l'affaire du Rainbow WarriorPhoto Live Times

Alors que la France observe depuis plusieurs années un moratoire sur les essais nucléaires, le nouveau président français Jacques Chirac autorise dès 1995, une dernière campagne d'essais, avant la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

Il y eut en tout 142 essais souterrains à Moruroa et 10 à Fangataufa, soit un total général de 193 tirs. Depuis lors, l'Armée a procédé au démantèlement de Moruroa, replanté des cocotiers, et il n'y reste plus que quelques militaires pour surveiller le fonctionnement du système automatique d'analyse géologique et de radioactivité.

 

Sources :

- Geo Voyages - Polynésie Françaises - Archipel des Tuamotu - link

- Tahiti travel

- Les essais nucléaires Français - Wikipedia - link

- Perspective Monde - l'affaire du Rainbow Warrior - link

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