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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Soufrière 09.1976 - 1 R.Fiske Smithson.              La Soufrière de Guadeloupe - photo R.Fiske      - Smithsonian inst.
643                                       Légende photographique - IPGP.

L’île volcanique de la Basse-Terre est constituée de sept complexes volcaniques principaux qui sont, du plus vieux au plus jeune, le Complexe Basal, la Chaîne du Nord, la Chaîne Axiale, la Chaîne de Bouillante, les Monts des Caraïbes, le complexe de Trois-Rivières-Madeleine, et le massif actif de la Grande Découverte-Soufrière. Chacun de ces complexes volcaniques est constitué de nombreux centres éruptifs qui forment un chaîne volcanique longue de 55 km, large de 25 km, qui est orientée nord nord-ouest et culmine à une altitude de 1467 m pour le dôme de la Soufrière. (en orange sur la carte)

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Le complexe volcanique de la Grande Découverte-Soufrière
est constitué de plusieurs édifices volcaniques: Grande Découverte, Carmichaël, Amic, Soufrière, Echelle et Citerne. L'activité magmatique la plus récente a engendré la formation du dôme de la Soufrière il y environ 465 ans (1440 AD). Le volcan de la Soufrière est le seul volcan actif de la Guadeloupe.


Topographie :

Y---F.Beauducel.jpg           Le cône sommital de La Soufrière - F.Beauducel - IPGP.

Son dôme a la forme d'un cône tronqué de 900 m. de diamètre à la base. Il n'y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, parfois profondément entaillées, d'où s'échappent des vapeurs sulfureuses.
                           vc096                    Le gouffre Tarissan, à gauche et à droite, le cratère Dupuy .
                     Photo M.Fulle - avec son aimable autorisation.
        Un clic sur la photo vous mène à une excursion virtuelle, sur "Stromboli on line".

Le gouffre Tarissan est une ouverture située au centre du plateau sommital de dôme de la Soufrière. Le gouffre apparaît comme un étroit conduit d’environ 15 mètres sur 8 dont l’entrée forme un entonnoir aux pentes très raides et d’environ 1500 mètres carrés.
Sommet_de_la_souffriere.jpgLe gouffre Tarissan joue un rôle particulier dans l’histoire de la Soufrière car il a été actif à chaque éruption phréatique connue depuis la formation du dôme de lave au milieu du XVième siècle. La dernière activité a eu lieu lors de la crise éruptive de 1976-1977 lorsque le gouffre a émis de grandes quantités de vapeur, de cendres et de rochers de taille métrique. Après cette dernière phase très active, le gouffre est redevenu inactif sans émanations visibles. Cette période a d’ailleurs permis aux spéléologues français Jean-Claude Sallot et Vincent Silve de descendre dans le gouffre en 1991. Jean-Claude Sallot, qui est descendu le plus bas, est parvenu à un petit lac situé 90 mètres sous l’entrée du gouffre. Il a estimé que la température de l’eau était alors d’environ 50°C.

L’activité du gouffre s’est à nouveau accrue à partir de 1999 avec l’apparition de faibles émanations de vapeurs qui se sont progressivement amplifiées au point d’être actuellement un chaud et dense panache continu.

Le gouffre Tarissan tient son nom d’un vétérinaire du XIXième siècle dont l’intrépide curiosité l’aurait fait chuter dans l’abîme.



Le passé éruptif du volcan se décline en trois grandes phases:
674 b
1. Phase "Grande Découverte" - 200.000 ans - 42.000 ans.
Elle correspond à la construction du strato-volcan primordial.
Celui-ci s'est effondré en formant la caldeira de la Grande Découverte, dont seul le rempart N. est encore visible.

2. Phase "Carmichaël" - 42.000 à 11.500 ans.
Une alternande de phase effusive, de formation de dôme et d'éruption avec nuée pyroclastique forme un nouveau volcan dans la caldeira.

3. Phase "Soufrière" - 8.500 ans à nos jours.
Il y a 8.500 ans,débute une phase de déstabilisation avec formation d'un cratère en fer-à-cheval où se construira le nouvel édifice. La succession de séquences construction-déstabilisation se répète plusieurs fois, avec, il y a 3.100 ans, une explosion magmatique dirigée latéralement: un blast qui a détruit environ 100 km² au S/SO. du massif. Le dôme Amic s'est formé dans le cratère.
Les cônes de scories Echelle et Citerne, édifices monogéniques, se sont construits sur les flancs du complexe volcanique, il y a 2.000 ans.

L'histoire récente du volcan:

On établit la dernière éruption magmatique explosive de la Soufrière vers 1440, plus ou moins 100 ans.

En 1797, une éruption phréatique d’importance eut lieu. Il ne peut être exclu que cette éruption-là ait été elle aussi celle d’une nappe captive et non d’une nappe phréatique, c’est-à-dire mise à la pression atmosphérique.


1976-09-22_MF_eruption-1.jpg                        L'éruption phréatique de 1976 - M.Feuillard - IPGP.


La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit environ 76 000 personnes. Aucun mort n'a été déploré.
Une polémique très médiatisée éclata entre Claude Allègre et le volcanologue Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation. Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement que l’éruption serait grave, alors qu'Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais. Le préfet décida l’évacuation quand-même mais l’éruption ne fit d’autres dommages que matériels. Cet épisode médiatique a fortement ému la communauté volcanophile ... sans prendre position, étant donné que le principal interlocuteur est décédé, je joins un lien vers une analyse chronologique des évènements.

1976-07-15_FranceAntilles.jpg                         France-Antilles du 15.07.1976.

Avenir de la Soufrière :

Sur les derniers 10.000 ans d'activité, les éruptions les plus fréquentes ont été de 3 types : éruption phréatique, éruption avec édification d'un dôme de lave, et éruption avec écroulement de flanc.
En cas de réactivation, différents types d'activité pourront se succéder et il est important de définir des scénarios prenant en compte ces différents types d'activité.


Crat.sud---Y---F.Beauducel.jpg                     La Soufrière mérite bien son nom - Photo Y. & F.Beauducel

Sources :
- Global volcanism Program - Soufrière Guadeloupe
- CNRS - Numerical volcano
- IPGP - Institut de Physique du Globe de Paris - Obserrvatoire
  de la Guadeloupe - OVSG
- Polémique sur la Soufrière entre Tazieff et Allègre.
- Stromboli on line : Guadeloupe
 

Commenter cet article

Mathieu 21/01/2010 22:15


Merci pour lien sur la polémique de la soufrière, c'est une synthèse pationnante, et dépationnée.

J'écris en clair car noir sur rouge c'est dur à lire


Bernard Duyck 22/01/2010 08:11


Merci de ta fidélité et de ton interactivité ! Ca fait plaisir.
Bonne journée.


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