Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 La Zone volcanique centrale inclue 44 édifices volcaniques actifs, 18 champs ou centres mineurs et 6 centre ignimbritiques / ou caldeiras. Ils sont situés dans le nord du Chili, le sud-ouest de la Bolivie, le nord-ouest de l'Argentine et le sud du Pérou.

Nous allons examiner d'abord les volcans du nord Chili.

 

volcanes activos845

                         Les  volcans de la zone volcanique centrale situés au Chili - ZVC .

 

llullaillaco2---photoway-.com.jpg                   Le volcan Llullailluco - Photo Photoway.com

 

Le Llullailluco est le plus haut volcan hors-sol actif historiquement , avec 6.739 m. Le cône sommital bien préservé est construit sur un édifice ancien daté du Pléistocène. Une avalanche de débris lors du collapsus du vieux volcan il y a 150.000 ans s’étend vers l’est et pénètre le territoire argentin.

De nombreux dômes de lave et coulées sont associés à la croissance du cône récent ; les deux coulées principales, de type dacitique, s’orientent nord et sud. Ces coulées sont formées par de la lave très visqueuse et durant l'écoulement lent, la couverture de la coulée refroidit en formant des plis, en accordéon, disposés à 90° par rapport à la direction de la coulée ; les flancs de la coulée refroidissent également plus vite que son centre et forment des "murailles" ou des "digues" (flow levees).

Le 19° siècle fut marqué par deux éruptions explosives et une effusive.

 

Llullailluco--09.12.2009-ISS022-E-008285.jpg                      Le volcan Llullailluco et ses coulées - doc. ISS022-008285

 

Ce volcan abrite aussi le site archéologique le plus haut du monde : on y a retrouvé trois enfants Incas congelés.

 

llullaillaco1.jpg   "La Doncella" conservée au Museo de Arqueologia de Alta Montaña (le MAAM) à Salta. - doc Associeted Press.

 

Cette adolescente de 15 ans (la Doncella), cette petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et ce garçon de 7 ans (El Niño) ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité (et non offerte en cadeau aux Dieux). À leur mort, es enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.
 L’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.
C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.
En effet, le froid (il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants. Ce phénomène était sûrement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin. (TripTeaser)

 

Lascar-3-AVE.JPG

                                                                                              © Antony Van Eeten

Lascar-AVE.JPG

                        Sur la route du Lascar avec les photos d'© Antony Van Eeten

 

Le Lascar est un volcan composite constitué de deux cônes irréguliers et tronqués, avec cinq cratères nichés et alignés ESE-ONO ; on a grosso modo deux centres : à l’ouest, le cône éteint et à l’est, le cône actif. Un vieux stratovolcan, l’Aguas Calientes (ou Simbad volcano) est situé à 5 km. du Lascar.

 

Lascar-vu-du-Chaxas-lagoon---Aguas-Calientes--simbad--au-fo.jpgAu centre, le volcan Lascar vu de Chaxas lagoon et en arrière-plan, à droite, l'Aguas Calientes - photo G.Prins.


En 1993, un épisode éruptif, considéré comme le plus grand historiquement parlant à cet endroit, fut marquée par une phase d’éruptions vulcanienne de plusieurs heures, suivie par des Er-plinienne-Lascar-1993---Durham-univ-jpgéruptions pliniennes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de poussières ; une coulée pyroclastique a parcouru 8.500 m. à partir du sommet. Le panache, qui a atteint 24.000 mètres, s’est étendu  vers le SSE, couvrant de cendres une surface de 850.000 km² et atteignant l’Argentine, le sud du Paraguay, l’Uruguay et le sud du Brésil. Photo de la colonne plinienne / Durnham university.

Comparez la hauteur du panache à celle du volcan (5.592 m.)

 

Lascar 93                      Distribution des coulées pyroclastiques 1993 - doc. Sernageomin

(1) 19-20 April pumiceous pyroclastic-flow deposits, (2) 19-20 April undifferentiated pyroclastic material, (3) Previous lava flows partially covered by pyroclastic-flow deposits, (4) Pliocene welded ignimbrites, (5) Miocene to Pliocene domes, (6) the new lava dome, and (7) arrows indicating lava flows.

 

Lascar1993-G.jpg

                 Lascar : La colonne éruptive de 1993 - photo archives cgd.ucar.edu


Le 4 mai 2005, une éruption phréato-vulcanienne a produit une colonne éruptive de 11.000 mètres.

Les éruptions de 2006-2007 furent caractérisées par une phase préliminaire de 5 jours, dont les effets furent visibles à 220 km., à la mine de cuivre d’El Abra ; en mai 2007, un panache a atteint l’altitude de 9.100 mètres.


Le volcan Lascar est peu équipé d’instruments de mesures, malgré son activité. Depuis peu, on utilise la surveillance de ce volcan par satellite, et la méthode InSAR – interférométrie radar - de surveillance des déformations , et l’ATSR – Along Track Scanning Radiometer – méthode de monitoring de l’activité effusive par mesures de radiance infrarouge. Cette dernière méthode a montré que certaines éruptions du Lascar étaient précédées par une diminution significative des émissions thermiques (refroidissement du dôme, diminution des flux gazeux).

 

Lascar-radiance-84-92.png

                   Radiance spectrale ATSR du dôme du Lascar entre 1985 et 1992 - in GVP

 

C’est ainsi qu’on a mis en corrélation la magnitude de l’éruption de 1993 et le laps de temps entre l’apparent collapsus du dôme : 10 mois. Le collapsus du dôme, mis en évidence par le méthode ATSR six mois avant fut vérifié par une visite du sommet en novembre 1992. Après avril 93, la radiance infra-rouge tomba à zéro, signe de la destruction du dôme consécutive à l’éruption. La rapide croissance d’un nouveau dôme fut à la fois remarquée par le signal thermique et l’observation directe par un survol du sommet. En octobre-novembre 1993 et avril 94-mai 95, deux autres périodes significatives de signaux de croissance / collapsus furent suivis de fortes éruptions explosives, avec des panaches montant entre 4 et 10 km.

 

Lascar-4-AVE.JPG

 

Lascar-6-AVE.JPG                   Les sommets du volcan ... " un sacré lascar" !  photos © Antony Van Eeten

 

Lascar-fumant---atacama95.jpg              Lascar - le cratère actif et ses fumerolles - photo G.Hüdepohl /atacama.com

 

Un petit coup de projecteur sur les camélidés qui peuplent les Andes : les lamas ... le genre "lama" est un terme générique désignant un grand camélidé et regroupant deux espèces sauvages, le guanaco - Lama guanicoe (Müller, 1776) et la vigogne - Vicugna vicugna -, et deux espèces domestiquées, l'alpaga - Lama pacos (Linnaeus, 1758)  et le lama -  Lama glama (Linnaeus, 1758). Il existe 2 variétés de lamas : le chacu à poils longs et le ccaro à poils courts.

 

La forme de la tête est une caractéristique différentielle.

Animal intelligent, de nature calme et patiente, il peut débrousailler le terrain sans l'abimer, car son pied est pourvu de coussinets plantaires. Il peut résister au climat rude des Andes, porter des charges ou fournir lainages et viande.

 

 

185659_10150099144146441_645396440_6610350_4606111_n.JPG                                    Camélidé en pelage fourni - © Antony Van Eeten

183024_10150100415936441_645396440_6622279_4785670_n.JPG                              Lama glama - © Antony Van Eeten

 

180075 10150099417276441 645396440 6612633 5603457 n

                                  Elégante et mimétique vigogne -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Gloval Volcanism Program - Llullailluco

- Nasa Earth Observatory - photo de l'ISS

- Gloval Volcanism Program - Lascar

- ESA volcano monitoring ATSR - link

- Les enfants congelés du Llullailluco - TripTeaser

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog