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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                Le Tungurahua en éruption, le 04.12.2010 - © José Luis Espinosa Naranjo

 


Vidéo image par image de l'activité éruptive du volcan Tungurahua et de l'activité dans l'observatoire. - Par Benjamin Bernard -   www.bigbender.over-blog.com

 

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             Tungrahua  -  activité récente - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010


Culminant à plus de 5000 m d’altitude, le Tungurahua est un imposant strato-volcan, de 14 km. de diamètre basal, à la forme conique régulière, composé d'andésite et de dacite.

Son nom dérive du quechua et signifie "gorge de feu" (tunguru, « gorge », et rahua, « brûler »). Les indigènes de la sierra le surnomme Mama Tungurahua qui signifie la « mère Tungurahua » en opposition avec le père qui est considéré comme étant le Chimborazo (Taita Chimborazo).

 

tung.-14.01.10-P.Ramon-IG.jpg                          "Gorge de feu" en action, le 14.01.2010 - photo P.Ramon IGEPN


Selon la culture indigène, le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la « belle » Tungurahua. Le Cotopaxi attaquait verbalement (nombreuses eruptions) le Chimborazo qui s'est mis en colère. Le Chimborazo remporte le duel, et le cœur de la belle. Ils eurent ensemble le Guagua Pichincha (Guagua signifie « bébé » en quechua). Le bébé Pichincha, héritant de la puissance de son père, démontra sa force en pleurant et provoqua l'ire de sa mère qui s'est mise en colère. Elle est depuis devenue une furie incontrôlable, mais elle forme son bébé à contrôler les sources de puissance.

 

Sa formation s'est faite en trois étapes :

Trois édifices volcaniques majeurs se sont construits successivement depuis le milieu du pléistocène sur une base de roches métamorphiques.

 Le Tungurahua II fut ainsi édifié sur les « restes » de l’édifice primordial effondré, au cours des 14.000 années suivant ce collapsus. Puis le Tungurahua II lui-même s’effondra il y a 3.000 ans, formant une large avalanche de débris et une caldeira en forme de fer à cheval ouverte vers l’ouest. C’est à l’intérieur de cette dernière que s’édifia le cône récent coiffé d’un cratère.

 

L'activité éruptive actuelle du volcan (Tungurahua III) a reconstruit le cône à environ 50% de sa taille d'avant la chute par extrusion de 3 km³ de produits volcaniques. Deux périodes de construction sont connues dans l'histoire du Tungurahua III :

- Entre il y a  2.300 à 1.400 ans , caractérisée par des taux élevés d'extrusion de lave et de génération de flux pyroclastiques. Pendant cette période, la composition du magma n'a pas beaucoup changé, restant essentiellement andésitique.

- Au cours des 1.300 dernières années, les épisodes éruptifs ont été répétées en moyenne une fois par siècle, et ont généralement commencé avec la chute de lapilli et de l'activité pyroclastique de composition hétérogène (andésite et de dacite) et s'est terminée par des coulées de lave ou des émissions de lave dans le cratère, de composition plus basique. Ce schéma cyclique est observée dans les trois plus grandes éruptions historiques survenus dans les années 1773, 1886 et 1916-1918, avec une poursuite d'une activité moindre jusqu'en 1925.

 

Tungurahua-23.11.2010-IGEPN.jpgL'activité récente du Tungurahua a pour origine le cratère sommital - photo IGEPN 23.11.2010

 

Depuis 1999, le Tungurahua est entré dans une phase active. Après les premières éruptions en octobre 1999 qui produisirent d'intenses retombées de cendres et conduisirent à l'évacuation de plus de 25 000 habitants de Baños et des environs, l'activité s'est poursuivie à un niveau variable, en alternant des phases de calme avec des phases d'activité strombolienne à vulcanienne. Les principales conséquences de cette activité ont été des retombées de cendres principalement vers l'ouest du volcan suivant les vents dominants, et la remobilisation de ces dépôts non consolidés lors des pluies sous la forme de lahars. Les retombées de cendres ont périodiquement gêné les activités agropastorales de la région et les coulées de débris ont complètement détruit tous les ponts de la route Baños-Penipe sur le flanc ouest du volcan.

À partir de mai 2006, l'activité du Tungurahua s'est considérablement accrue pour culminer par deux violentes éruptions le 14 juillet et les 16-17 août, toutes deux caractérisées par l'émission des premières coulées pyroclastiques (nuées ardentes) depuis 1999 (alors qu'historiquement, ce sont des manifestations connues du Tungurahua). L'éruption des 16-17 août fut la plus violente depuis la reprise de l'activité en 1999 et s'est accompagnée d'un panache de cendres de 10 km de haut, qui s'est ensuite étalé sur près de 740 km de long sur 180 km de large, activité accompagnée par l'émission de nuées ardentes qui ont causé la mort de 5 personnes et la destruction de plusieurs hameaux et de routes sur les flancs ouest et nord-ouest du volcan.

Le 14 janvier 2008, l'activité éruptive est toujours intense, et la sismicité continue d'augmenter au Tungurahua. Le dernier rapport de l'Institut de Géophysique indique que d'importantes chutes de cendres ont affecté hier les villages de Choglontus et Manzano, et des chutes plus modérées ont affecté tous les autres versants. Les enregistrements sismiques ont permis de compter 228 explosions dans la seule journée du 13, et certaines d'entre elles font vibrer les vitres dans les villages alentour.

L'activité éruptive est faible pendant plusieurs mois, jusqu'en janvier 2010 où un regain d'activité est remarqué, avec des projections importantes de laves et de cendres.

 

tungu-29.05.2010-Rodrigo-Buendia-AFFP.jpg                     Tungurahua - épisode du 29.05.2010 - photo R.Buendia / AFP

 

Tungurahua-2673--30.05.2010-Bigben.jpgTungurahua - Eruption strombolienne le 30.05.2010 - avec l'aimable autorisation de Benjamin Bernard, travaillant à l'IRD .


Le 28 mai 2010, le volcan entre en éruption avec une grande explosion projetant de la lave ainsi que de la cendre qui dépasse les dix à douze kilomètres d'altitude. Après une première reprise d'activité avec d'importantes projections de lave et cendres, l'activité se poursuit avec de fortes et très nombreuses explosions (400 détonations recensées le 31 mai). Les projections de lave reprennent le 31 mai 2010, et l'activité volcanique qui est de niveau élevée continuerait à augmenter selon l'IGEPN. Plusieurs villages sont évacués, dans un premier temps les villageois puis les troupeaux, et l'activité à Banos, principalement dépendante du tourisme, a fortement diminué. Après quelques mois de baisse d'intensité, l'activité volcanique génère une nouvelle alerte début décembre 2010.

 

Tungu-04.12.2010--JLEN.jpg         Tungurahua -  Nuages et panache - © José Luis Espinosa Naranjo 04.12.2010

Tungu 12.2010 JLEN panache et coulée pyroc.- 2

Tungurahua - panache et petite coulée pyroclastique - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010

tungurahua--JLEN.jpgPar un jour calme, le volcan Tunguahua dévoile ses flancs ravinés et parsemés de parcelles de culture - © José Luis Espinosa Naranjo 2010.

 

Geologia--IGEPN.jpgCarte géologique simplifiée du Tungurahua - notez la limita de la caldeira primitive - doc. IGEPN

 

L'ascension, si l'activité volcanique le permet, est à faire entre décembre et mars (pour un horizon dégagé ... en fonction de conditions peu prévisibles). Depuis l'entrée du parc jusqu'au refuge, ou ce qu'il en reste, compter 3-4 heures. Après une nuit dans des condiions rudes, départ très matinal, pour une grimpette de 4 à 6 heures vers le sommet (crampons recommandés pour le glacier sommital). La descente dans les cendres est rapide : 90 minutes jusqu'au refuge et 2-3 h. jusqu'à l'entrée du parc. (Summitpost ... autrement dit pour personnes en "bonne condition physique" !)

 

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 Les alentours du Tungurahua sont volcanologiquement intéressants - © Antony Van Eeten

 

185813_10150110420031441_645396440_6722407_2290736_n.JPG                                                                                                             © Antony Van Eeten

 

Une dernière ... pour la route ! :

 

Tungurahua---Jose-Luis-Espinosa-Naranjo.jpg                      "Tungurahua in blue " - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010


Sources :

- Global volcanism Program - Tungurahua

- IGEPN - volcan Tungurahua

- Les photos de l'IGEPN de 1999 à 2009.

- Webcam / IGEPN

- IRD - une nouvelle phase de l'activité du Tungurahua 25.06.2010 - link

- Le blog de Benjamin Bernard - link



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