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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’archipel des Mascareignes est constitué par les îles de la Réunion, Rodrigues, Maurice, les îlots Agaléga et les écueils des Cargados Carajos.

 

L'île Maurice :

 

Avant de parler des origines volcaniques de l'île Maurice, un peu d'histoire pour cette île qui a connu les dominations  hollandaise, française et anglaise.

Les premiers explorateurs furent des marins arabes au 10° siècle, suivis par des portugais, Fernandez Pereira en 1511 et Pedro Mascarenhas en 1512, qui a laissé son nom à l'archipel : les Mascareignes.

La véritable installation humaine débute avec les hollandais qui la nomment "Mauritius" en l'honneur du prince Maurice van Nassau. Ils y exploitent les forêts d'ébène et propagent la culture de la canne à sucre juqu'en 1710.

L'île devient française en 1715 ... le drapeau garde ses couleurs, mais ses bandes changent de sens.

" L'Isle de France" devient un repaire de corsaires, qui s'attaquent à la flotte britannique. En août 1810, les flottes anglaises et françaises s'affrontent au large de Grand Port. Après une première défaite, les anglais s'installent à l'île Rodrigues, d'où ils reprendront ensuite l'offensive pour finalement prendre Maurice.

Ils y développeront l'industrie sucrière. En 1835, avec l'abolition de l'esclavage, l'industrie sucrière manque de main d'oeuvre et c'est le début de l'immigration indienne. Les Indo-Mauritiens forment 68% de la population actuelle.

L'indépendance est proclamée en 1968; depuis 1992 elle forme, avec Rodrigues, la "République de Maurice".

Aujourd'hui, si la langue officielle est l'anglais et la conduite à gauche , dans la rue, tout le monde parle et préfère parler le français, plus proche du créole mauricien que l'anglais. Sur les panneaux, les imprimés, le français côtoie l'anglais. En effet, l'île a été baptisée " Isle de France " au début du 18°siècle et la capitale Port Louis doit son nom à Louis XV.

 

Mauritius Island topographic map-frCarte topographique de Maurice - les triangles marquent les structures volcaniques


L’île est d’origine volcanique et repose sur un fond océanique de 4000 mètres de profondeur (Bassins des Mascareignes et de Madagascar). Les soubassements de l’île se sont formés il y a au moins 10 millions d’années. L’île a émergé vers 8 millions d’années. L'édification s'est effectuée en trois grandes étapes :

- Entre 8 et 5,5 Ma, la série volcanique ancienne : individualisation d'un grand cône terminal. Encore de nos jours, on peut observer les traces de la grande caldeira de 20 kilomètres de diamètre qui résulte de l’effondrement du volcan, au niveau du Rempart et du Corps de garde.

- vers 3,5 Ma, un nouveau cycle éruptif conduit à l'épanchement des laves primitives de la série volcanique récente.

- Les dernières manifestations éruptives, les laves terminales, se sont produites dans les secteurs est et sud entre 0,7 et 0,17 Ma.

 

 

Recifs-coralliens-des-Mascareignes-4.jpgCarte géologique et position des nombreux récifs coralliens - doc. L.Montaggioni


L’île Maurice possède environ 330 km de côtes. Contrairement à l’île de la Réunion, l’île est entourée d’une barrière récifale particulièrement développée et liée à sa construction volcanique. Les récifs couvrent une superficie de plus de 240 km2. Ils sont interrompus seulement à l’embouchure des principales rivières (les passes) ainsi qu’au Sud-ouest où la côte est soumise aux houles australes qui peuvent avoir une amplitude de plus de 8 mètres.

 

Quelques "spots volcaniques" :

1. le "Trou aux Cerfs" , près de Curepipe. Il s’agit d’un cratère, de 300 mètres de diamètre, parfaitement conservé de la série récente (700.000 ans) et occupé par un lac. La bordure du cratère offre un magnifique panorama sur les massifs de l’ouest de l’île.

 

volcan-trou-aux-cerfs-Curepipe---nature---monde.JPGMaurice - Le "Trou aux Cerfs" arboré d'une végétation luxuriante - photo nature & monde.

 

2. La cascade de Chamarel et "la terre des sept couleurs" :

C'est Antoine Chazal de Chamarel, un officier français établi ici à l'époque où l'on cultivait cacao, vanille, poivre et café, qui a donné son nom à la région.

La "Terre des sept couleurs" : un lot de monticules de cendres basaltiques colorées par des oxydes forme, au milieu d'une clairière, une palette qui va de l'ocre au violet, en passant par le rouge; dégradé de couleurs qui ne se mélangent pas, même après une tempête.

 

ile-maurice_geo.fr.jpg         Maurice -  La "Terre des sept couleurs" - Wall-paper Géo.fr


Les cascades de Chamarel plongent de 150 m. d'une barre de basalte à olivines découpée en orgues volcaniques.

 

ile-maurice_940x705-GEO.jpg                        Maurice - Cascades de Chamarel - photo Géo.fr

 

3. Le Grand Bassin et Ganga Talao :

Ce lac de cratère, dans son écrin de verdure perché à 600 m. d'altitude, est aussi un lieu sacré de l'hindouisme. Ils le considère comme une résurgence du Gange, fleuve sacré ; d'après la légende, Shiva l'aurait lui-même consacré, en y faisant tomber quelques gouttes de l'eau du Gange qui mouillaient sa chevelure, lors d'un survol de l'île Maurice.

Une fois par an, des milliers de pèlerins se rendent au temple pour la cérémonie du Maha Shivaratree - "la grande nuit de Shiva", où, vêtus de blanc, ils déposent des offrandes de fleurs sur le lac ... elles dérivent avec leurs prières.

 

maurice-13-copie.jpgLa nature "domestiquée" du Grand Bassin et les temples ne laissent rien paraître de l'origine volcanique du lieu - photo fotolosa.

 

4. Le Morne Brabant, un pic basaltique avant d'être un symbole.

 

 

le-morne-brabant_620x465-Geo.jpg

        Maurice - Le Morne Brabant  -  Géo.fr /Pierre Sorgue et Pablo Bartholome.

 

Le Morne Brabant est plus qu’une masse de basalte dressant ses 556 m sur une péninsule, au sud de l’île Maurice : il est le symbole des esclaves «marrons» (*) qui, au 18° et au début du 19°siècle, échappèrent à l’esclavage et se réfugièrent sur ses parois abruptes. Les éléments historiques se limitent à quelques vestiges découverts dans une grotte et aux récits d’anciens voyageurs évoquant des esclaves et des chefs de bande comme Barbe Blanche. Mais des légendes évoquent des crânes retrouvés, des hommes préférant se jeter des falaises plutôt que de se rendre aux chasseurs et à leurs chiens.

(*) le terme "marron" qualifie un esclave qui s'est enfui hors de la propriété de son maitre, à une époque où l'esclavage n'est pas encore aboli. Il vient de l'espagnol "cimarron" , qui signifie "vivant sur les cimes" ; il est utilisé aux Amériques, aux Antilles et dans les Mascareignes à l'époque coloniale.


C’est cette mémoire que l’Unesco a célébrée en juillet 2008, lorsqu’elle a inscrit le lieu au patrimoine mondial au titre de «paysage culturel».

L'ascension se fait par un sentier abrupt pour continuer à même la pierre, en contact avec le basalte, version varappe. L’ascension est sécurisée et facilitée à l’aide de cordages installés directement sur la paroi.

 

Morne-Brabant-JCl.Lair.jpgMaurice version carte postale : le lagon aux eaux transparentes, un îlot corallien, sur fond de nuages d'orage sur le Morne Brabant - photo Jean-Claude Lair.

 

Un résumé vidéo sur la géologie et les structures volcaniques, couplé à une présentation de l'île Maurice a été réalisé par le CMM - le Centre MultiMédia de l'université de La Réunion : "L'île Maurice, un volcan oublié".  (durée 16 min.)

 

On ne peut parler de l'île Maurice sans évoquer son oiseau fétiche, immortalisé sur les timbres, les T-shirts, et les nombreux gadgets des boutiques à touristes : le Dodo !

dodo.ile.maurice.jpgCet oiseau fossile a été retrouvé en 1865 dans une mare dont les sédiments contenaient son squelette complet; "la mare aux songes" occupait un bas-fond dans un tunnel de lave effondré et végétalisé.

Il constituait, avec ses ailes atrophiées, une proie facile et fut exterminé par des hollandais affamé ... le dernier exemplaire est mort en 1681.

 

Tout aussi renommé, Le jardin de Pamplemousses, à 11 km au nord-est de Port Louis, créé au XVIII ème siècle par un ancêtre de PPDA, le botaniste Mr. Poivre. 

On y trouve, outre les fleurs "exotiques", toutes sortes d'épices qui ont fait la fortune de Maurice e.a. l'arbre à muscade, l'arbre à quatre épices qui donne 4 senteurs (clou de girofle, cannelle, poivre et muscade), et aussi l'arbre encrier dont la sève donne l'encre de chine, l'arbre à cannelle, le palmier salade (coupé au bout de 7 ans, son cœur se mange en salade) , le bassin aux Nénuphars géants, les bassins des lotus aux feuilles imperméables…Le parc est dominé par le château de Mon plaisir, belle demeure coloniale du 19° siècle.

 

Pamplemousse04.JPG             Maurice - Le Jardin de Pamplemousses - photo Maurice info.

 

L'île Rodrigues :

 

La formation, au Pliocène, de cette île volcanique est liée à un accident majeur : la Zone de fracture de Rodrigues, et au déplacement latéral de la crête de la dorsale médio-indienne d'environ 300 km. vers l'ouest. A la faveur de ce décrochement, les premiers épanchements générateurs du socle basal de l'île se sont produits.

 

recifs-frangeants.jpg                      Carte bathymétrique de Rodrigues  - position des récifs frangeants .


La formation du volcan original  fut suivie, après la phase active, d'une période d'érosion marine, avec constitution d'un guyot.

Un nouveau cycle éruptif caractérisé par un volcanisme fissural engendre, au Quaternaire ancien entre 1,3 et 1,5 Ma, d'épaisses coulées basaltiques sub-horizontales. (McDougall & al. - 1965)

 

L’île Rodrigues est entièrement ceinturée de récifs frangeants, avec dans sa partie nord-ouest et sud-ouest, un grand lagon avec des chenaux profonds et çà et là, des îlots. D’une longueur totale de 90 km, le récif atteint une largeur de 8 km au sud-ouest. La superficie occupée par les récifs est de 230,6 km². L’île se prolonge par un vaste plateau insulaire délimité par l’isobathe de 200 m. ... ce qui en fait un paradis pour plongeurs et surfeurs.

 

poulpes_620x465.jpg                                           Rodrigues, un paradis pour les plongeurs. Géo.fr


L’île fut explorée par les Portugais dès 1528, lorsque le navigateur Don Diego Rodriguez l'indiqua sur une carte pour la première. Les Hollandais y firent escale lors de leurs voyages (1601 - 1611) vers leurs colonies en Indonésie. Ces derniers se seraient ravitaillés en eau potable ainsi qu’en tortues géantes. En 1691, un huguenot français du nom de François Leguat, avec quelques compagnons, s’y établirent pendant deux ans avant de regagner l’île Maurice. Son histoire est ensuite calquée sur celle de l'île Maurice dont elle dépend toujours, en dépit de velléités d'autodétermination.

 

Sources :

- L'île Maurice : une île volcanique - séjour géologique / Escursia, Voyages scientifiques.

- Histoire géologique des récifs coralliens de l'archipel des Mascareignes - par L.Montaggioni

- Le Dodo - île Maurice.fr

Commenter cet article

Patricia Régnier 07/11/2010 11:47



c'est bien comme je le pensais



Patricia Régnier 07/11/2010 01:33



Bonjour


toujours de très belles photos.


Auriez-vous eu connaissance de l'éruption volcanique au Niger ? comme il est dit ici http://noxmail.us/Syl20Jonathan/?p=12614



Bernard Duyck 07/11/2010 10:37



Bonjour, je n'ai aucune confirmation certaine ! Il me semble que toutes ces nouvelles ne proviennent que d'une seule source ... d'où méfiance, d'autant qu'aucun volcan n'est répertorié dans cette
zone.


Voir les commentaires dubitatifs concernant l'article d'Erik Klemetti sur Eruptions/Bigthink


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