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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La-Dominique-cote-Morne-trois-Pitons.jpg

   Petites Antilles, La Dominique - la côte à proximité du Morne Trois Pitons - photo Nouvelles îles.


Dans le cas des îles volcaniques océaniques, les avalanches de débris sont liées au phénomène dit de “déstabilisation de flancs”.

Celles-ci représentent un processus de destruction de l’édifice volcanique différent de celui qui forme les caldeiras d’effondrement suite à la vidange de la chambre magmatique.

En contexte insulaire, une partie importante du volume des avalanches s’épanche en mer, laissant des cicatrices de déstabilisation de flanc en fer à cheval sur les îles. Ces importants volumes introduits brutalement dans le milieu marin peuvent générer des tsunamis dévastateurs, qui concernent les côtes de l’île même et celle des îles voisines.

 

LesserAnt_volcf.gif                       L'arc Antillais et ses volcans - tectonique - doc. West Indies univ.

 

On retrouve quelques exemples frappants dans l’arc insulaire des Petites Antilles : celui-ci résulte de la subduction de la plaque océanique Atlantique sous la plaque Caraïbe. Les îles de la partie sud de l’arc, de la Dominique à Grenade, sont bordées à l’ouest par le bassin d’arrière-arc de Grenade, d’une profondeur allant jusqu’à 2.900 mètres.

 

volcano1_h1.jpgVue 3D de la Plaque Caraïbe et situation des Petites Antilles (Lesser Antilles) - le nord est à droite de la carte - Doc . West Indies Univ.

 

L’île de La Dominique est à l’origine des avalanches de débris les plus volumineuses de l’arc des Petites Antilles ; ceux-ci ont été révélés en 1998-99 lors de la campagne océanographique AGUADOMAR à bord du N/O L’Atalante.

Au moins trois déstabilisations de flanc successives ont affecté les volcans de la partie sud de cette île, d’après l’analyse des données acquises à terre et en mer … ce qui a conduit à un ensemble d’édifices emboîtés.

Les déstabilisations de flancs ont été de plus en plus petites, affectant à chaque fois l’édifice reconstruit dans la structure précédemment formée. Elles se sont aussi  produites à intervalles de temps de plus en plus rapprochés.

 

structures-de-destabilisation-emboitees-sur-La-Soufriere.jpg                          La Dominique - structures de déstabilisation emboitées - schéma Le Friant.


Appelés respectivement Evènements de Plat-Pays, de La Soufrière et de Morne-Rouge, la première est datée de plus de 100.000 ans, mais les deux dernières se sont produites dans les derniers 6.600 ans.

Les avalanches de débris de La Dominique sont caractérisées par de grands volumes, dont les dépôts couvrent 3.500km², et une morphologie en hummocks développée, avec des blocs de grande taille. Les volumes terrestres estimés sont de l’ordre de 18-20 km³ pour l’évènement Plat-Pays, 6-7 km³ pour celui de La Soufrière et inférieur à 1 km³ pour celui de Morne-Rouge. L’estimation des volumes des dépôts sous-marins est plus difficile à estimer.

 

Destabilisation-CNRS.jpgExtension des dépôts d'avalanche de débris et morphologie en hummocks, sur l'arc des Petites Antilles - doc. CNRS.

 

Qu’elles en sont les causes ?

Les déstabilisations de flanc sont toutes orientées vers l’ouest et le sud-ouest, tandis que les avalanches de débris atteignent rapidement le bassin de Grenade. On retrouve le même schéma sur les volcans actifs et éteints de l’arc des Petites Antilles, de la Dominique jusqu’à Grenade.

La présence du bassin d’arrière-arc de Grenade entraîne une dissymétrie est–ouest marquée de pentes plus fortes à l’ouest – 20% - qu’à l’est -5%. Les volcans, situés dans la partie ouest des îles, accroissent la surcharge sur les fortes pentes et favorisent l’instabilité.

A la dissymétrie, s’ajoute l’activité hydrothermale, qui altère et fragilise les roches, et l’activité sismique.

La répétition des déstabilisations peut s’expliquer par la localisation de l’activité volcanique à l’intérieur de la précédente structure, cequi induit la migration du phénomène vers l’ouest et accentue la dissymétrie.

 

boiling_lake---Authentique-Dominique.jpg         Activité géothermale sur La Dominique - Boiling Lake - photo Authentique Dominique.

 

Sur Montserrat,en décembre 1997, une éruption majeure s’est accompagnée de coulées pyroclastiques et de glissement de terrain, qui ont atteint la côte sud-ouest, générant un tsunami ; La hauteur maximale des vagues à dix kilomètres de la côte a atteint jusque trois mètres, tandis que la hauteur des eaux atteignait 80 mètres à l’intérieur de Montserrat.

En 1999, une avalanche de débris et des coulées pyroclastiques ont généré un tsunami dont les vagues atteignaient 12 m. à proximité, pour s’atténuer ensuite à 50 cm. sur les côtes de la Guadeloupe et Antigua.

 

De pareilles avalanches de débris ont été repérées sous le niveau marin près de La Martinique, liées aux éruptions ancestrales de la Montagne Pelée.

 

destabilisation-Mt-Pelee---Vincent_Courtillot37.jpgLa Martinique - extension des avalanches de débris - 1. plus de 100.000 ans  / 25 km³ - 2. 25.000 ans  / 13 km³ - 3. 9.000 ans / 2 km³. -  doc. Vincent Courtillot / IPGP.

 

Sources :

- L’île de la Dominique, à l’origine des avalanches de débris les plus volumineuses de l’arc des Petites Antilles - par Anne Le Friant & al.

- Geomorphological evolution of Montserrat (West Indies) : importance pf flankk collapse and erosional processes - by A. Le Friant & al.

- Evaluation of tsunami risk in the Lesser Antilles - by N. Zahibo and E. N. Pelinovsky.

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