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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

P1070662-CH.jpg Le lac Atitlan, avec les volcans Cerro de Oro, Toliman et San Pedro en enfilade - photo Carole et Frédéric Hardy.

 

Un des lacs les plus photogéniques d'Amérique centrale, le lac Atitlan, partage son nom et sa nature avec l’un des trois stratovolcans qui le bordent : L’Atitlan, 3.537 mètres. Celui-ci voisine avec le Toliman, 3.158 m., bordé par le Cerro de Oro, 1.650 m. et le San Pedro, 3.020 m.

La scène se complète grâce au Paquisis, 2.830 m., et au San Marcos, 2.918 m.

Ses eaux, aux couleurs variant du bleu éclatant sous le soleil au gris inquiétant sous les nuages, sont rehaussées par celles des costumes lake_atitlan-map---larutamaya.giftraditionnels des ethnies cackchiquels et tzutuhils , des mayas qui vivent dans les douze villages qui les bordent. Ces villages portent selon la légende tous les noms des apôtres ; ils ont gardé un mode de vie traditionnel commun fondé sur la pêche et la culture du maïs, mais se différencient par leurs costumes, différemment colorés d’après les villages d’origine.

Les villages entourant le lac Atitlan - carte la ruta maya / D.Sandoval

 

800px-Chichicastenango-004---nanosmile.jpgAlliance de bleu et de vert pour ces tenues traditionnelles de Santa Catarina Palopo, de superbes réalisations - photo nanosmile.

 

Formation de la caldeira :

Le lac Atitlan est un lac de caldeira. Pour sa formation,on distingue trois cycles éruptifs :

 

27-Geology-of-the-Lake-Atitlan-Region-Western-Guatemala-New.jpgLes trois caldeiras de l'Atitlan et les stratovolcans associés - d'après Géologie de la région du lac Atitlan par C.G.Newhall.


- le premier,  daté de 14-11 Ma, a culminé par une série de cinq éruptions formant les dépôts de cendres Maria Tecun et la caldeira Atitlan I, située au nord du présent lac.

- le second cycle, entre 10 et 8 Ma, s’est soldé par les dépôts San Jorge,  la formation de la caldeira Atitlan II, et l’injection de dyke circulaire.

- le dernier cycle, à partir d’1 Ma, inclue la croissance au début du quaternaire de plusieurs stratovolcans, dénommés Paquisis, Tecolote, San Marcos et Xejolon, suivie de la volumineuse éruption rhyolitique Los Chocoyos – environ 85.000 ans - et d’autres plus petites à la base de la formation de la caldeira Atitlan III, occupée partiellement par le lac actuel.


L’éruption Los Chocoyos a éjecté plus de 300 km³ de tephra, qui se sont dispersés sur quelques 6 millions de km² depuis la Floride jusqu’à l’Equateur ; cette large dispersion en fait un marqueur stratigraphique, tant côté Pacifique qu’Atlantique, tant sur terre qu’en milieu sous-marin, où il est connu comme dépôt Y-8.

 

Los-Chocoyos-ash-sud-guatemla-city---Bill-rose-MTU.jpg

Epaisse couche de cendres "Los Chocoyos" à près de 100 km de la caldeira Atitlan, au sud de Guatemala city - Trois couches de dépôts pyroclastiques sont attribuables à Los Chocoyos en partant du bas, surmontées de deux autres, provenant respectivement de la caldeira Amatitlan et du volcan Agua. - photo Bill Rose / GVP.

 

Ce nom est passé à un type d’oiseau qui fait son nid dans la couche relativement tendre de cendres, un perroquet du groupe aratinga.


Chocoyo---El-chocoyero-ansoncfit.jpgUn chocoyo, devant un trou dans les dépôts rhyolitiques "Los Chocoyos" - photo El Chocoyero - Nicaragua.

 

Un quatrième cycle éruptif  pourrait être caractérisé par la croissance des volcans post-caldeira San Pedro, Toliman et Atitlan, le long du bord sud de la 3° caldeira.

 

Atitlan_map.gifNasa-landsat-2000---L.Siebert-Akton-Univ-jpg

Schéma et image Landsat (2000) des trois jeunes volcans  situés au sud du lac.

 

 

Le San Pedro est le plus ancien, suivi du Toliman, qui a produit des coulées d’andésite et du dôme parasite andésitique Cerro de Oro.

 

Lago_Atitlan---San-Pedro-a-D---wiki.JPGLe lac Atitlan et le San Pedro sur la droite - en arrière-plan, de gauche à droite, le Cerro de Oro en bordure du lac, le Toliman et le volcan Atitlan - photo Colocho.

 

P1070676-CHB.jpgDepuis le bord du lac, le Cerro de Oro, le Toliman et en fond l'Atitlan - photo Carole et Frédéric Hardy


Le volcan Atitlan a eu une activité variant entre extrusion de lave et explosions ; ses dernières manifestations sont datées de 1469 (von Seebach) et de 1826 à 1856.

L’Atitlan affiche une épaisse couverture pyroclastique et est couvert côté nord jusque près du sommet par des arbres, alors que côté sud, les 1000 mètres supérieurs sont dénudés.

 

Le lac Atitlan :

Profond de 320 mètres et d’une superficie de 130 km², ce lac endoréique est fragile. On le voit ici entouré de ses volcans ... et parsemé de filaments verts apparus en octobre et novembre 2009, mis en évidence par le satellite Terra de la Nasa et son radiomètre ASTER ( Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection radiometer) - en fausses couleurs.


lagodeatitlan_ast_2009.11.22.jpg

 

On peut clairement distinguer les traces des écoulements d'eau de pluies en direction du lac en entonnoir. Ces eaux, chargées en nutriments, proviennent des eaux d'égouts, du lessivage des terres agricoles environnantes et aussi d'un accroissement du déversement lié à la déforestation (peu visible en fausses couleurs, mais bien présente). Ces nutriments, chargés en azote et phosphore, constitue un milieu favorable au développement des algues bleues, ou cyanobactéries.


L’impact est triple :

Les cyanobactéries constituent un sérieux problème car elles sont toxiques pour les hommes et les animaux ; de plus elles "tuent" le milieu en monopolisant l'oxygène qu'elles consomment en totalité, modifiant le Grebe-de-l-atitlan---acoeuretacris.jpgprécieux écosystème de nombre d’espèces endémiques, telles que le

Grèbe de l'Atitlan (Podilymbus gigas), non observé depuis 1989 - photo acoeuretacris - et le Grèbe des Andes (Podiceps andinus), tous deux disparus à cause d'une concurrence avec la piscifaune ainsi qu'à cause de la destruction de l'habitat côtier et, pour le Grèbe de l'Atitlan, une hybridation avec le Grèbe à bec bigarré (Podilymbus podiceps).

Deuxièmement, des problèmes de santé touchent la population, e.a. des maladies de peau et la diarrhée.

Ensuite, l’économie régionale est basée aujourd’hui sur le tourisme qui risque de ne pas apprécier des eaux vertes et nauséabondes. Depuis 2008, on estime que ces revenus ont diminué de 50%.

 
Le gouvernement du Guatémala estime à 32 millions de dollars le nettoyage du lac, la mise en place de plantes oxygénantes et l'installation de stations de traitement des eaux … mais c’est vital pour les 180.000 personnes concernées directement ou indirectement par la santé du lac.

 

Santiago-Atitlan-2005.jpgNous ne pouvons parler d’Atitlan sans évoquer la catastrophe naturelle d’octobre 2005. Après des jours de pluies incessantes délivrées par l’ouragan Stan, plusieurs glissements de terrain ont dévasté les villages bordant le lac, et causé la disparition de 2000 personnes. Les ravages ont été accentué par les bords abrupts de la caldeira. L'hopital de Santiago Atitlan - photo site de la ville de Santiago.


LakeAtitlan - Health of lake atitlan

                  L'avenir est incertain pour le lac Atitlan -

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Atitlan

- Global Volcanism Program - Toliman

- Geology of the lake Atitlan region, western of Guatemala - by Chris G. Newhall

- Hurricane Stan in Atitlan, 2005 - Santiago Atitlan site -

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