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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

ethiopie-2007-634-copie.jpg

Route des hauts-plateaux éthiopiens empruntée pour "sortir" de Dallol -  les trapps en arrière-plan.- © Bernard Duyck

 

Les hauts-plateaux éthiopiens ont commencé à se soulever il y a 75 Ma, lorsqu’une poussée magmatique a soulevé un large dôme de roches anciennes du craton africain.

Les trapps éthiopiens et yéménites de type basaltique se sont formé en 1 à 2 Ma à l’oligocène, il y a 30 millions d’années.

Ils sont datés à 30 Ma. par la méthode Ar40/Ar39 (la méthode K/Ar, imprécise, les datait entre 15 à 60 Ma.). Cet empilement de coulées basaltiques sur des milliers de mètres d’épaisseur s’est faite à l’aplomb d’un point chaud ; il couvre une énorme surface : 1,3 millions de km² sur une épaisseur moyenne de 2.000 mètres.

 

img29-640---Jussieu-Mege-et-Korme.gif       Carte géologique - emplacement des trapps en rouge - doc. Mege & Korme /Jussieu.


Leur composition est à 90-95% basaltique avec quelques niveaux plus acides comme les rhyolites observées à Lalibela. Rappelons que le mot basalte vient de l'éthiopien "bsalt ", féminin de "psull ", signifiant "cuit ". Pline le Jeune utilisait déjà ce mot pour désigner une roche noire venant justement d'Ethiopie.


Les points chauds prennent naissance à 2.900 ou à 700 km de profondeur. En remontant, la tête du panache grossit en incorporant du matériel mantellique, la queue suit et s'allonge. La tête du panache s'écrase sous la lithosphère, provoquant un bombement et une fracturation en pointeau (point triple). L'élévation de température de 100 à 300°C de la lithosphère induit son érosion thermique et la fragilise aussi. La décompression de la tête du panache permet alors sa fusion partielle, les magmas basaltiques s'écoulent alors en grande quantité en un laps de temps limité (1 Ma.).


640px-Ethiopia Topography - SadalmelikLes trapps ont eu des conséquences géodynamiques : fracturation du continent et océanisation (Golfe d’Aden et Mer Rouge).

Cet évènement précède en effet de plusieurs millions d’années les phases majeures de rifting qui ont séparé l’Afrique de l’Arabie.

Carte topographique , où l'on distingue les hauts-plateaux et le triangle Afar - doc. Sadalmelik.


 

Suivant le pic d’activité, de grands volcans-boucliers se sont développés à la surface du plateau volcanique; le volcanisme s’est cantonné ensuite aux zones de rift et à des centres volcaniques localisés.

 

JanFig1.jpg(modified from Zanettin, 1992; Pik et al., 1999), with additional age data from Kieffer et al. (2004), Hofmann et al. (1997), Coulie et al. (2003) and Ukstins et al. (2002)


Le champ tholéitique Simien surmonte une base de basaltes tholéitiques, les deux produits par le même système magmatique.

Les champs Choke et Guguftu datés de 23Ma sont alcalins et surmontent une base de basaltes alcalins.

Contrairement aux autres exemples de nappes basaltiques continentales, comme les trapps du Deccan, décrites comme un empilement de couches épaisses et presque horizontales de basalte tholéitique, la province éthiopienne est faite d’une série de couches basaltiques surmontées de grands volcans-boucliers bien séparés.

 

Est-ce de réelles différences ou la conséquence de degrés différents d’érosion et de conservation des structures volcaniques, l’Ethiopie étant la province ignée la plus récente ?


Keiffer & al. Ont présenté en 2004 des données géologiques et géochimiques indiquant que le volcanisme lié à la formation de volcans-boucliers était co-magmatique de celui responsable des nappes de basalte ayant formé le plateau principal.

 

ethiopie-2007-631-copie.jpg

                       Paysage aride mais grandiose - © Bernard Duyck

 

Les hauts-plateaux éthiopiens ont un climat plus frais et plus humide que le reste du pays, et sont propices à l'agriculture, notamment de caféier.

Ils contiennent les sources de nombreux cours d'eau, dont le Nil bleu, qui prend sa source au lac Tana, avant de rejoindre le Nil blanc et de former le Nil.


 

ethiopie-2007-637-copie.jpgLes techniques agricoles restent primitives sur les hauts-plateaux : zébu et araire. - © Bernard Duyck

 

Blue_Nile_near_Bahar_Dar-copie-1.jpgLe Nil bleu à Bahar Dar - photo Andro96 - le nom du fleuve lui a été donné en raison de sa couleur foncée, due à une forte teneur en limon, par contraste avec celle du Nil blanc, plus claire.

 

Taillées à même le roc, onze églises monolithiques médiévales forment la cité monastique de Lalibela sur les hauts-plateaux éthiopiens. Le nom de la cité vient du roi Gebra Maskal Lalibela (1172-1212), qui fit construire de nombreux couvents et églises orthodoxes, après sa conversion au christianisme; l'expansion de l'islam rendant plus difficile les pèlerinages à Jérusalem, le roi estima nécessaire de construire une "nouvelle Jérusalem" en Ethiopie.

 

Bet_Giyorgis_church_Lalibela---Academic.ru.jpg

  L'église Bete Giyorgis (Saint Georges) date de huit siècles et est une des plus célèbres de la cité de Lalibela. - photo Academic.ru

 

Sources :

- The Ethiopian large igneous province - by Nicholas Arndt & Martin Menzies - lien

 - Regional uplift associeted with continental large igneous provinces: the role of the mantle plume and the lithosphere - by A.Saunders & others - lien

- Emplacement conditions of igneous dikes in Ethiopian traps - lien

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