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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Hoggar---B.--Fl.Devouard.jpg

                                          Massif du Hoggar - photo B.& Fl.Devouard


 

 

Deux mécanismes d’action régissent le volcanisme en Afrique :
- le rifting est responsable de l’activité des volcans situés sur le grand rift qui balafre l’est africain, avec du nord au sud , les volcans de l’Afar, dont le Erta Ale, les volcans Kilimandjaro et Ol doinyo Lengai sur la branche orientale, et sur la branche occidentale, les Virungas avec le Nyiragongo et le Nyamuragira.
- L’activité volcanique de point chaud ou de lignes chaudes concerne le Mont Cameroun et tous ceux qui se situent sur une faille ancienne traversant l’Afrique du nord, du Maroc à l’océan indien : avec le Hoggar en Algérie, le sud Libyen, le Tibesti au Tchad, le Darfour au Soudan.

 google-copie.jpg                 Localisation du volcanisme en Afrique - position approximative / google earth.

Le massif du Hoggar :
Hoggar est une transcription française du terme arabe جبال هقار qui vient lui-même du touareg Ahaggar , dont le pluriel Ihaggaren désigne la classe noble chez les Touareg du Hoggar.

 

Au moment de la constitution du Gondwana, une série de collision entre plusieurs micro-continents et une accrétion d’arcs insulaires ont eu lieu. L’orogenèse de l’Afrique et des mouvements décrochants ont provoqué une délamination de la lithosphère mantellique sub-continentale. A partir du crétacé, le volcanisme intraplaque a permis la surrection de l’ensemble du bouclier touareg.


algerie_carte_zoom.jpgLe Hoggar est le plus important constituant du bouclier touareg, avec 550.000 km², en trois entités : occidentale, centrale et orientale … chacune de ces entités est constituée de plusieurs terranes.
 ( Un terrane est une accrétion de roches, sur une plateforme continentale ou un craton d'origine différente. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. Ces matériaux proviennent soit d'arcs insulaires que la tectonique a déplacés (ex : arc taconique), soit de fragments détachés d'un continent par divergence (rift ouvrant un océan)

 

HoggarFig2_1000.gif

The Tuareg shield. Distinction of major types of terranes (after Black et al., 1994; Liégeois et al., 2003). Localities of alkaline magmatism: post-collisional (595-525 Ma; Ba et al., 1985; Liégeois & Black, 1987; Liégeois et al., 1998); Devonian in Aïr (Moreau et al., 1994); Permian-Jurassic in Tadhak (Liégeois et al., 1991) and Cainozoic volcanism (drawn from a satellite photograph – Orthorectified Landsat Thematic Mapper Mosaics as compressed color imagery in MrSIDTM file format from Lizardtech). Gravity anomaly from Lesquer et al. (1988), Cretaceous troughs from Genik (1993).- Doc.J.P. Liégeois / Mantle Plume.

 

Liégeois identifie trois périodes principales pour le volcanisme du Hoggar :
1. Uniquement dans le district d’Anahef, et du Miocène supérieur à l’Oligocène : des basaltes tholéiitiques d’origine fissurale – 35 à 30 Ma et épaisseur de 600 mètres - sont intrudés par une douzaine de complexes circulaires subvolcanique, dont le complexe Achkal daté de 29 Ma, et le complexe circulaire Tellerteba, de 8 sur 5 km. Ces complexes sont recouvert par des rhyolites, datées d’environ 24 Ma.
2. Entre 20 et 12 Ma et 7 et 4 Ma, une deuxième période, la plus volumineuse, marque le district de l’Atakor. Les laves sont pour 80% des basaltes et 18% des trachytes et phonolites.
 3. De la fin du Pliocène au Quaternaire : des laves basanitiques et néphélinitiques sont émises dans les vallées de l’Atakor et recouvrent des terrasses du paléolithique, alors que dans les districts de Tahalra, Manzaz, Egéré et Adrar N’ajjer, les laves émises sont des coulées de basanite et hawaiite.


L’Atakor du Hoggar est un plateau érodé situé à plus de 2.000 mètres d’altitude,  d’un diamètre de 250 km., composé de coulées de lave. Sur ce plateau, se dressent des volcans avoisinant les 3.000 mètres. Le point culminant du massif est le Tahat (2.918 m.). Les paysages sont constités de pics, de dômes et d'aiguilles volcaniques d'uns sauvagerie intense : pic Ilaman (2740 m), plateau de l'Assekrem (270 m), aiguilles de Saouinan, Tidjmayene, Tezoulaig, Iharen et Adouada.


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                           Le massif du Hoggar - le volcan Tahat - photo Olivier Morice

 

A l’Assekrem, à 80 km. à vol d’oiseau de Tamanrasset, se trouve l’ermitage d’été de  Charles de Foucauld, un des nombreux ermites chrétiens du Sahara.

    
Le climat y est marqué par des écarts saisonniers de température importants, avec de rares pluies ; ces conditions climatiques, toutefois moins extrêmes que dans le reste du Sahara, ont permis l’installation de plantes et d’animaux, qui permettent de différencier ces montagnes du reste du sahara.

 

tassili_du-Hoggar---Chris.-Carlier.jpg

tassili-N-ajjer---ALgerie---Abdallahdjabi.JPG                                             Tassili N'jasser - photo Abdallahdjabi


Le Hoggar est bordé respectivement au sud et au nord, par des montagnes appelées Tassili du Hoggar et Tassili N’ajjer. Tassili est un mot berbère qui désigne des plateaux gréseux au Sahara.
Sur toute sa surface se dressent des formations rocheuses fortement érodées émergeant des dunes de sables, qui évoquent de loin les ruines de villes antiques. Ces paysages lunaires ont été créé par l'érosion.


Le Parc national de l’Ahaggar est d'une richesse archéologique et historique inestimable, il abrite des sites archéologiques datant de 600.000 à 1 million d'années. Le Tassili suite à de grandes périodes de réchauffement, s’est transformé en un endroit inhabitable. De ce lieu jadis habité, comme en témoignent les gravures, peintures et écrits, ne subsistent que de surprenantes cathédrales de grès envahis par les dunes.

 

800px-Algerien_5_0049---gruban.jpg                                     Hoggar - peintures rupestres - photo Groban

Tassili-N-ajjer---gazelle-couchee-a-Tin-Taghrit--ph.-Linu.jpg

        Tassili N'jasser - gazelle couchée - gravure rupestre à Tin Taghirt - photo Linus Wolf.

 

A la suite de l’obligation d’abandon des essais nucléaires aériens dans le Sahara, la France a procédé, dans les années 60, à plus d’une dizaine de tirs en galeries dans le massif du Hoggar. Ces galeries, terminées en colimaçon pour bloquer le souffle des explosions par fusion des roches des parois, ont été fermées ensuite par une dalle de béton pour permettre un confinement (théorique) de la radioactivité. En 1962, un nuage radioactif  s’est échappé acidentellement de la galerie de tir ; cet épisode a été qualifié d’accident du Béryl. Après 1996, les essais se sont poursuivis dans les îles du Pacifique.

 

 

 

 

Sources :

- L.A.V.E. - fiches techniques

- The Hoggar swell and volcanism, Tuareg shield, central sahara : intraplate reactivation of Precambrian structures as a result of Alpine convergence - J.P. Liégeois / Mantle plume.org

- Global volcanism Program - volcans d'Afrique du Nord - link

- Le Sahara néolithique - link

 

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