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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le terme tsunami (津波, tsunami) est un mot japonais composé de tsu (, tsu), « port », « gué », et de nami (, nami), « vague» ; il signifie littéralement « vague portuaire ». Elle fut nommée ainsi par les pêcheurs qui, n'ayant rien perçu d'anormal au large, retrouvaient leur ville portuaire ravagée.

 

Un excellent document mis en ligne par l'INGV le 28.01.2011 :

 


 

Un tsunami est créé lorsqu'une grande masse d'eau est déplacée, lors de phénomènes éruptifs ou tectoniques :

 

causes_md.jpgIl peut être provoqué par une éruption explosive, qui se déclenche près des côtes, comme c’est le cas d’éruption sur une île ou encore d’éruption sous-marine, avec une modification brusque de la topographie locale et production de vagues de grande ampleur.

Cela peut être aussi le cas lors d'un séisme important, d'une magnitude de 6.3 (valeur "seuil" d'après les catalogues de tsunamis disponibles: NOAA, catalogue de Novosibirsk, etc) ou plus, lorsque le niveau du plancher océanique le long d'une faille s'abaisse ou s'élève brutalement, lors d'un glissement de terrain côtier ou sous-marin, plus rarement lors d'un impact par un astéroïde ou une comète.

Un fort séisme ne produit pas nécessairement un tsunami : tout dépend de la manière (vitesse, surface, etc) avec laquelle la topographie sous-marine (bathymétrie) évolue aux alentours de la faille et transmet la déformation à la colonne d'eau sus-jacente.

 

 

tsunami--globalsecurity.jpg      En approchant des côtes, la profondeur d'eau, la vitesse de la vague et la longueur de l'onde se modifient  - doc. Globalsecurity.

 

tsunami---Ac-Clermont.fr.jpg                                                         Doc. AC-Clermont.fr / SVT

Le mouvement de l'eau provoque un mouvement de grande longueur d’onde (généralement quelques centaines de kilomètres) et de grande période (quelques minutes dans le cas d'un glissement de terrain à quelques dizaines de minutes dans le cas d'un séisme).

Certains tsunamis sont capables de se propager sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres et d'atteindre l'ensemble des côtes d'un océan en moins d'une journée. Ces tsunamis de grande étendue sont généralement d'origine tectonique, car les glissements de terrain et les explosions volcaniques produisent généralement des ondes de plus courte longueur d'onde qui se dissipent rapidement.

 

Une carte de risques a été établie, montrant la corrélation avec les zones de séismes sous-marins, les zones de subduction et partant les chaines volcaniques associées. A noter : toute la Méditerannée et la France, sont en zone de risque "modéré".

 

a3m_tsunami_risk_high.jpg


Quelques exemples liés aux éruptions :

L’éruption du Santorin en mer Egée, datée de 1645 avant JC. a réduit l’île du même nom à un anneau fragmenté autour d’une caldeira elliptique de 8 km. sur 5 et profonde de 600 mètres. Les produits de l’éruption ont recouvert la Grèce, la Crête et toute la mer Egée, des cendres atteignant l’Egypte … le volume émis est estimé à 100 km³. La mer a rempli la gigantesque dépression creusée par l’éruption pour former dans un deuxième temps un raz de marée, un tsunami qui a atteint la Crête, île distante de 120 km. La hauteur de la vague était de 200 mètres, comme en témoigne les niveaux de ponces flottées retrouvées sur des îles avoisinantes. Ce tsunami aurait pu être la cause de la soudaine disparition de la civilisation minoenne, à l’origine de la légende de l’Atlantide rapportée par Platon.

 

Un autre exemple souvent évoqué est l’éruption en août 1883 du Krakatau, situé sur une île du détroit de La Sonde entre Java et Sumatra. Cette éruption a été interprétée par divers scientifiques qui lui reconnaissent trois phases successives : 1. une éruption plinienne – 2. un tsunami majeur accompagné d’une onde acoustique – 3. une éruption ignimbritique.

Au total, cette éruption a fait 36.147 victimes ; les vagues engendrées par l’éruption ont traversé le Pacifique et l’Atlantique, pour ce faire détecter par les enregistreurs de marée dans le Golfe de Gascogne, situé à 17.000 km de l’île de Krakatau. Pour l’anecdote, on retrouva le Berouw, un bateau à vapeur, à 2.500 mètres à l’intérieur des terres.

 

Effect Krakatau 1883 Eruption           Dommages proximaux et zones concernées par l'éruption du Krakatau en 1883.

 

Un cas de tsunami  "interne" : durant l’éruption du St Helens en 1980, l’avalanche de débris se précipitant dans le Spirit Lake a généré une vague de 260m. de hauteur et relevé le niveau du lac de 60 mètres.

 

Spirit-lake---1988-Swisseduc.jpgLe cône éventré du St Helens et le Sprit Lake recouvert de troncs - photo prise par Swisseduc / Stromboli on line en 88, huit ans après l'éruption -  avec l'aimable autorisation de Marco Fulle.

 

Des tsunamis liés à la tectonique :

Les tsunamis liés à des évènements tectoniques en 2010 :

Chili 27.02 - Sumatra 06.04 - Mentawai 25.10 - Izu-Bonin islands 21.12.

 

L’important séisme, qui a frappé le Chili en février 2010, a engendré un tsunami qui a fait plus de 500 morts au Chili lui-même et a touché l’ensemble des côtes atlantiques.

 

800px-2010_Chile_earthquake_NOAA_tsunami_projection_2010-02.jpg Carte prévisionnelle d'amplitude (en cm.) de tsunami après le séisme de M 8,8 sur le Chili le 27 février 2010 - Doc. NOAA - US.

 

Trente minutes après la première secousse, le tsunami consécutif a touché Constitucion et Valparaiso, où fut constatée une amplitude de 2,6 mètres. L'archipel Juan Fernandez (île Robinson Crusoe) fut atteint par une vague importante et on y dénombra 4 morts; L'île de Pâques, située à 3510 km, où une évacuation partielle avait été ordonnée, ne fut par contre touchée que par une vague de 35 cm. à 12h.05.

 

Parmi les plus meurtriers, le tsunami consécutif au séisme majeur qui toucha Sumatra en 2004 : ce tsunami tua plus de 200.000 personnes dont beaucoup ne purent être retrouvées ou identifiées. Il toucha tout l’océan Indien, affectant l’Australie, la Thailande, le Sri Lanka, Singapour, les côtes indiennes et aussi Madagascar, la côte Tanzanienne et Somalienne.

 

26.12.2004-tsunami-Ao-Nang-Thailande---ph.David-Rydevik-Swe.jpg                         Le tsunami à Ao Nang / Thailande - photo David Rydevik (Sweden).

Ci-dessous : Banda Aceh - Sumatra - photos prises avant et après le tsunami, par le satellite QuickBird / doc. Digital Globe.

 

time before lgtime_after_lg.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Dégâts et prévention :

Les victimes emportées par un tsunami peuvent recevoir divers coups par les objets charriés (morceaux d'habitations détruites, bateaux, voitures, etc.) ou être projetées violemment contre des objets terrestres (mobilier urbain, arbres, etc.) : ces coups peuvent être mortels ou provoquer une perte des capacités, menant à la noyade. Certaines victimes peuvent aussi être piégées sous les décombres d'habitations. Enfin, le reflux du tsunami est capable d'emmener des personnes au large, où elles dérivent et, sans secours, meurent de noyade d'épuisement ou de soif.

Dans les jours et les semaines suivant l'événement, le bilan peut s'alourdir, en particulier dans les pays pauvres. L'après-tsunami peut être plus mortel que la vague elle-même. Les maladies liées à la putréfaction de cadavres, à la contamination de l'eau potable et à la péremption des aliments sont susceptibles de faire leur apparition. La faim peut survenir en cas de destruction des récoltes et des stocks alimentaires.

 

Les tsunamis sont susceptibles de détruire habitations, infrastructures et flore en raison :

- du fort courant qui emporte les structures peu ancrées dans le sol 

- de l'inondation qui fragilise les fondations des habitations, parfois déjà atteintes par le tremblement de terre précédant le tsunami 

- de dégradations dues aux chocs d'objets charriés à grande vitesse par la crue.

De plus, dans les régions plates, la stagnation d'eaux maritimes saumâtres peut porter un coup fatal à la faune et à la flore côtières, ainsi qu'aux récoltes. Sur les côtes sableuses ou marécageuses, le profil du rivage peut être modifié par la vague et une partie des terres, immergées.

Ils engendrent des pollutions induites par la destruction d'installations dangereuses et de dispersion de toxiques, d'agents pathogènes  à partir de ces installations (usines, décharges sous-marines..) ou par dispersion de sédiments pollués (estuaires, ports, en aval d'émissaires industriels, décharges sous-marines ou littorales). Lors du tsunami du 26 décembre 2004, un dépôt de munitions immergées a par exemple été dispersé sur les fonds marins sur de grandes distances. Il existe plusieurs centaines de décharges sous-marines dans le monde, contenant notamment des déchets nucléaires et des déchets militaires ou industriels hautement toxiques.

Les récifs coralliens peuvent également être disloqués et mis à mal par le tsunami lui-même et par la turbidité de l'eau qui peut s'ensuivre les semaines suivantes, ainsi que par les polluants que l'eau a pu ramener.

 

 

tsunami-USGS.gifIl suffit généralement de s'éloigner de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres des côtes ou d'atteindre un promontoire de quelques mètres à quelques dizaines de mètres pour être épargné. La mise à l'abri ne prend donc que quelques minutes à un quart d'heure, aussi un système d'alerte au tsunami  permet-il d'éviter la plupart des pertes humaines.

 

Un système de bouées adaptées à la réception des mouvements (capteurs de pression disposés sur les fonds océaniques) peut être installé le long des côtes et ainsi prévenir du danger (Système DART / NOAA)

Un dispositif de surveillance et d'alerte, utilisant une maille de sondes subocéaniques et traquant les séismes potentiellement déclencheurs de tsunamis, permet d'alerter les populations et les plagistes de l'arrivée d'un tsunami dans les pays donnant sur l'océan Pacifique : le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique, basé sur la plage d'Ewa à Hawaii, non loin d'Honolulu.

Il faut aussi sensibiliser les populations aux gestes utiles et équiper toutes les zones critiques de moyens de détection et prévention.

Le NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration -, et le NSF - National Science foundation, organismes gouvernementaux américains, possèdent des laboratoires où ils étudient et modélisent les vagues et leurs effets destructeurs.

 

tsunami-NSF.jpgModélisation en bassin d'un tsunami - Credit: Daniel T. Cox, Oregon State University  OSU -  NSF.gov

 

Sources:

- NOAA Tsunami website

- NOAA's National weather service - Pacific tsunami warning center

- NSF - National science Foundation - After the tsunami

- NSF - Building tsunami resistant cities

- USGS - Surviving a tsunami 

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