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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Reprenons la coupe du massif pour situer la zone :

 

Cantal volcanoes section-fr.svg - Semhur                       Coupe du massif du Cantal et position de la caldeira - doc. Semhur.

 

Le "Plomb du Cantal" est le point culminant du massif, avec 1.855 m., formé par un culot cratérique déchaussé en inversion de relief (*)et cerné par des éboulis, qui surmonte un amoncellement de dizaines de coulées de trachyandésite et de brèches pyroclastiques formées par des nuées ardentes. La lave qui le compose est une basanite à leucite ; ce feldspathoïde est présent en faible quantité et uniquement visible au microscope.

Cette structure représente l’activité la plus récente du Cantal, datée de 2,9 Ma.

 

Plomb-du-Cantal---B.Navez.JPG                            Le Plomb du Cantal (sur la gauche de la photo) - photo B. Navez

 

plomb-du-cantal---L.Besnard-copie-1.jpg

    Autre point de vue sur le Plomb du Cantal, soulignant l'inversion de relief - photo L. Besnard

 

(*) inversion-de-relief-desktop-resolution.jpgL'inversion de relief  est un phénomène du à l'érosion, qui fait qu'une coulée de lave, ou un lac de lave dans le cas du Plomb, qui primitivement se trouvait au fond d'une vallée se retrouve, des millions d'années plus tard, comme un plateau dominant le paysage.

 

doc. L. Besnard

 

La première référence littéraire à cet endroit apparaît sous la graphie "pont de Cantal" dans un poème provencal du 13° siècle … mais il faut y voir une faute de copiste : il fallait écrire "pom " , nom ancien de pommeau désignant la forme arrondie du sommet. C’est sous cette forme qu’en est fait la première mention administrative de ce sommet :" ... in montanis de Bana et de Monte Jovio, usque ad Pom de Cantal " (traduction : " dans les montagnes de Bane et de Monjou, jusqu'au Plomb du Cantal ").

 

PuyGriou---B.Navez.JPG                        Le Puy Griou, une protrusion phonolitique  - photo B.Navez

 

Le Puy Griou est quant à lui une protrusion pâteuse de phonolite à haüyne et analcime. Il se serait mis en place, il y a 6 Ma, après les phases paroxystiques qui ont eu lieu entre 8,5 Ma et 6,5 Ma. Au Quatrenaire, marqué par des périodes froides, l’action répétée du gel et du dégel a débité la roche en lauzes et formé un manchon d’éboulis.

Puy-Griou-G---puy-grionou---Cantal-nature-copie-1.jpg

 

Le Puy Griou, à gauche, et le Griounou, à droite. photo Cantal Nature.

 

Le Puy Griou (1.694 m.) voisine le puy de l'Usclade (1.498 m.) et le Griounou (1.514 m.), qui sont tous deux des extrusions de phonolite à haüyne, sodalite et analcime.

 

 

 

Puy-Maru---L.Besnard.jpg

      Le Puy Mary , un dôme de benmoréite, sous un éclairage matinal  - photo L. Besnard

 

Le puy Mary, 1.787 m., est un dôme pyramidal âgé de 7,2 Ma, largement Puy-mary---BRGM.giférodé par les glaciers. On l’atteint au départ du Pas de Peyrol, dans un paysage de cendres et de blocs, brèches qui témoingnent des nuées ardentes émises par le puy Mary.

 

Stratigraphie du complexe bréchique surmonté du Puy Mary - doc. BRGM


La lave est une benmoréite : du groupe des trachyandésites, une lave riche en phénocristaux de plagioclase, de sanidine et hornblende brune, noyés dans une pâte à microcristaux de sanidine, biotite et tridymite, lardée de filons de basalte ou phonolite.

 

De son sommet, le panorama est grandiose sur la partie sommitale du massif cantalien, où se distinguent principalement des structures trachyandésitiques, à l’exception de la zone terminale basaltique du Plomb et des pitons phonolitiques des puy Griou et Griounou. (voir la classification minéralogique du BRGM)

 

Peyre-arse-et-breche-de-Roland----Herbythyme-copie-1.jpgLe Puy de Peyre Arse (à gauche ) et la Brèche de Rolland (à droite) ... un passage difficile à franchir - photo Herbythyme.


En suivant la ligne de crête courbe, on atteint une entaille dans celle-ci : la brèche de Rolland, datant de l’édification du stratovolcan entre 8,5 et 7 Ma.

Ensuite, les Fours et par un sentier qui court sur des coulées de trachyandésite, on peut rejoindre le puy de Peyre Arse (1.806 m.)

 

Cette découverte n’est possible que par beau temps (attention au brouillard) et entre les mois de mai et novembre, à cause du possible enneigement … de plus, il n’y a aucun point d’eau sur le tracé.

 

 

 

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Le volcanisme du Cantal - par Laurent Besnard /Randonnées accompagnées dans le Cantal. - link

- BRGM - le Cantal - link

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thonet Jean-Pol 09/12/2011


Merci pour ce topo passionnant, belles photos et interprétation du paysage magistrale.


N'hésitez pas à venir voir notre Sidobre et ses roches tremblantes ainsi que son auréole métamorphique des plus intéressante.


Mon num 06 30 44 53 94.


Cordialement. Un compatriote du Sud de le France.


 

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