Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une nappe de ponce a été aperçue, au large de la Nouvelle-Zélande, par un avion de l’Air Force Néo-Zélandaise, avant  de subir une investigation de la part d’un navire militaire, le HMNZS Canterbury.


La taille de ce radeau de ponces flottantes est de 436 km. de long et 55 km. de large,  et couvre 25.465 km², une superficie proche de celle de la Belgique.

 

7456349_600x400.jpgNappe de ponces au large de la Nouvelle-Zélande - photo Armée de l'air néo-zélandaise / AFP

 

Pumice--raft-25.000-km-2----2---Monowai---08.2012.jpgPumice--raft-25.000-km-2----Monowai---08.2012.jpg


Des officiers de la Navy montrant des échantillons de ponces  -photo Stuff.co.nz / science.

 

 

 

 

 

 

 

L’évènement a été relaté par la presse néo-zélandaise (New zealand press – Stuff.co.nz ) le 10 août 2012 ; il serait lié à une éruption sous-marine attribuée tout d’abord au Monowai, puis à un volcan situé à l’ouest de Raoul island, dans l’arc volcanique des Kermadec.

Update GNS 11.08.12 : la source sous-marine serait localisée à 75 km. au sud-ouest de Curtis sland (elle-même à 150 km. au sud-ouest de Raoul island) et l'éruption se serait déroulée les 17 et 18 juillet, date correspondant à l'apparition d'un essaim sismique sur le réseau de capteurs polynésiens.

Update GNS 12.08.12 : GNS Science says a sea of pumice floating towards New Zealand comes from a previously inert caldera called the Havre Volcano, near Curtis Island in the Kermadecs.


D'après les volcanologues, le seul lien entre cet évènement et les éruptions récentes au Tongariro et White island est leur appartenance commune à une dorsale en limite de plaque tectonique (ligne rouge sur la carte).

 

Kermadec_Plate_map-fr.png

 

Ces radeaux de ponces ne sont pas dangereux pour la navigation marine … ils peuvent par contre s’avérer très intéressant au niveau biologique.

Leur déplacement sur plusieurs milliers de kilomètres, couplé à une période de flottaison importante, une à plusieurs années, constituent un mécanisme de dispersion à longue distance d’organismes marins divers, y inclus les pestes marines et autres espèces invasives. Le développement périodique et mondial de certains taxons, comme les coraux, les gastéropodes , les bryozoaires, peuvent être mis en corrélation temporelle et spatiale avec de volumineuses éruptions produisant des matériaux pyroclastiques riches en ponces.

Des chercheurs de la Queensland University of Technology ont étudié le radeau de ponces émis par l’éruption sous-marine de 2006 aux îles Tonga, qui a transporté environ 80 espèces de créatures marines en direction de la grande barrière récifale australienne.


Ces nappes de ponces garnies pourraient aider les récifs coralliens à récupérer des dommages causés naturellement ou suite à l’influence humaine. Le docteur Scott Bryan, de l’université de Kingston estime « que c’est une excellente nouvelle de savoir que la barrière de récifs est reconstituée suite à l’activité volcanique dans le Pacifique sud-ouest; de plus, cette activité volcanique est fréquente, avec des éruptions dans cette zone tous les 5 à 10 ans ».

Elles sont résistantes à l’altération chimique et physique, et peuvent ainsi parcourir de longues distances en étant relativement peu affectés par les variations de température des eaux ou autres variations climatiques. Elles augmentent ainsi l’aire de répartition d’organismes marins, qui sans elles seraient restés isolés dans les zones côtières, ou marines peu profondes.

Les déplacements du radeau Tonga 2006 a été cartographié en tenant compte des observations visuelles, et de la modélisation des vents et courants marins. On a ainsi trouvé que seulement six semaines après l’éruption, le radeau de ponces avait embarqué ses premiers auto-stoppeurs : des balanes ( arthropodes de l’ordre des pédonculés). A l’arrivée, 8 mois plus tard et un périple de plus de 5.000 km., plus de 80 espèces différentes avaient été charriées, incluant coraux, anémones, balanes, mollusques et crabes.

La résilience et la vitesse caractérisant ces radeaux, environ deux fois celle des courants marins, font des différences notoires pour la portée géographique des espèces marines , qui autrement ne survivraient que quelques semaines en eaux profondes à l’état larvaire.

 

3204hom3---Pumice-raft---GVP-Home-Reef.jpgPumice raft "Home Reef 1984" - un morceau de ponce garni de balanes et d'un bivalve - photo GVP

    

2810unn1                         La trajectoire suivie par ces radeaux en 2001- 2002 - doc. GVP

 

 Ces radeaux de ponces ont sillonné les mers depuis des millions d’années, et ils sont particulièrement communs dans l’océan Pacifique.

D'autres exemples :

Des radeaux de ponce ont été repérés dans les parages des Fidji en 1979 et 1984, provenant d’éruptions sous-marines dans les îles Tonga, situées 700-800 km. à l’ ENE. Les volcans incriminés sont le Mets Shoal et le Home Reef ; certaines de ces structures flottantes atteignaient 30 km. de large.

Le phénomène s’est reproduit en 1992, et 2001-2002, en provenance respectivement d’un volcan inconnu et d'un autre sans nom, référencé 0403-091.

 

island4_lg--discovermag.jpg

 Radeau de ponces coupé par le Yacht Maiken  -  Image courtesy of Tom Louis Pedersen / discover magazine.

 

Sources :

- 25.000 sq. km sea of pumice floats off New Zealand - Stuff.co.nz

- Planet earth on line -  Pumice rafts bring life to tropical reefs - A.Rackley- link

- CSIRO - active submarine volcanoes found near Fidji - link

- Global Volcanism Program - Floating pumice (Fidji) - link

- Pumice rafting and faunal dispersion during 2001–2002 in the Southwest Pacific: record of a dacitic submarine explosive eruption from Tonga
 by S.E. Bryan & al.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog