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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

La volcanologie, en tant que description d’un phénomène volcanique, est née au néolithique : la fresque d’un volcan à deux sommets en éruption, probablement le Hassan Dag , datée de 6.000 avant JC. a été découverte à Catal Hüyük en Turquie.

 

 

T1_N110_A5_CatalHoyukMap.jpg Catal Hüyük - la plus vieille représentation de volcan en éruption sur une peinture murale retrouvée dans la plus ancienne cité au monde.


Les premières civilisations méditerranéennes ont associé les volcans et leurs éruptions à des  manifestations divines.


Une première interprétation du volcanisme nous vient de Thalès, un mathématicien grec du 6° siècle av. JC. ( vraisemblablement, les Babyloniens, les Phéniciens et les Hébreux avaient tenté une explication … mais aucune trace n’en a été trouvée) : il imagine que les convulsions terrestres sont provoquées par l’eau. La terre serait un disque flottant sur un océan, qui, à chaque tempête, déclenche des séismes.


Eschyle (525-456 av. JC),le père de la tragédie grecque, fait allusion à l’éruption de l’Etna en 479 av. JC.


Pindare (518-438 av.JC) décrit l’activité du volcan sicilien : " du mont sortent, vomis par ses abîmes, les sources les plus pures du feu insondable … ".


Au 5° siècle avant JC, le philosophe grec Empédocle d’Agrigente (490-435 ?? av. JC) considère que le monde est régi par quatre éléments " racines de toute chose " : le feu souterrain, l’eau, la terre et l’air.

Il se serait installé au bord de l’Etna pour y percer ses secrets et y méditer. Il décrit ses coulées : " des masses de feu s’avancent ; devant, elles roulent pêle-mêle d’informes quartiers de roches, des nuées de sables noirs s’envolent avec fracas … un fleuve tranquille laisse s’écouler ses flots … rien n’arrête la houle ignée, nulle digue ne la contient .

Ne trouvant pas réponse à ses interrogations, il se serait jeté de désespoir dans le cratère du volcan, en laissant sur le bord une de ses sandales.

 

La-mort-d-Empedocle---Salvatore-Rosa-2--1660-65.jpg                         "La mort d'empédocle" - tableau de Salvatore Rosa - 1600-1665.


Pour Platon (428-348 av. JC), l’univers est fait de sept sphères ou hémisphères concentriques liées, comme par des cordages, par des rayons de lumière dont l’isotropie assure au globe équilibre et immobilité.

C’est un texte poétique qui met l’homme au centre du monde, mais qui surtout définit notre planète comme une sphère, alors que la plupart des Grecs (dont Homère) la croyaient plate. Et cette sphéricité est nécessaire pour comprendre l’organisation géographique et éthique des trois terres concentriques. La Terre supérieure, soit la plus grande partie de sa surface, est ignorée des hommes. Elle n’est pas enveloppée par l’air atmosphérique mais par l’éther sidéral, intermédiaire entre feu et air. La Terre intermédiaire est celle de l’air, des mers et des hommes situés dans des cavités de la surface supérieure : ainsi les hommes vivent sous la surface de la terre, souterrainement en quelque sorte, mais ils l’ignorent. L'inférieure, l’Hadès n’est pas de feu, comme l’enfer des chrétiens ou le magma des géologues. Il est d’eau, de marais, de lacs et surtout de fleuves " intarissables, d’une grandeur immense" toujours en mouvement comme le sont les âmes des hommes. Ils sont quatre, selon Platon : l’Océan, le plus grand et le plus extérieur ; l’Achéron, qui aboutit au lac Achérousias, le plus souterrain de tous ; le Phlégéthon ou Pyriphlégéthon, aux eaux brûlantes, rougeoyantes, flamboyantes, parfois même de feu ; le Cocyte, aux eaux bleues glacées ou boueuses, qui aboutit au lac appelé Styx, souvent confondu avec le fleuve lui-même, avant de descendre sous terre.

 

Platos_Academy_mosaic_T_Siminius_Stephanus_Pompeii-1024x102.jpg

                 "L'académie de Platon" - Mosaïque de la villa de T.Siminius à Pompéï - 1° siècle.

 

Platon décrit en spéléologue la circulation des eaux souterraines dans les régions calcaires : " Or toutes les régions souterraines communiquent entre elles, en une foule d’endroits, par des trous d’un diamètre plus étroit ou plus large, et elles possèdent en outre des voies de passage (...) par où une eau abondante s’écoule des unes dans les autres ainsi qu’en de grands vases ".

En profondeur, un énorme fleuve de feu sinueux, le Périphlégéton, alimente les bouches volcaniques. Platon décrit pour la première fois la genèse des laves : " parfois, lorsque la terre a fondu sous l’action du feu, puis s’est refroidie, il se forme une pierre dotée d’une couleur noire ".

 

Carte_Enfers_Phedon12.jpg                  "La vraie Terre" dans le Mythe de Phédon, de Platon - doc. O. Baruck


Une des légendes les plus tenaces est liée au volcanisme … Platon relate dans Critias et dans Timée la disparition soudaine d’un continent, l’Atlantide, et de ses habitants, les Atlantes. Raffinés, ceux-ci aimaient les arts vénéraient les taureaux, construisaient de somptueux palais et prônaient la justice sociale. Leur civilisation était prospère … lorsque tout bascula.

Les travaux archéologiques montrent que si l’Atlantide a existé, c’est à Santorin qu’il faut la chercher : une des plus catastrophique éruption des trois derniers millénaires, accompagnée d’un tsunami colossal qui balaya les côtes de la Crête et de la Méditerranée orientale.

 

Akrotiri---la-dame-aux-payrus---culture-minoenne.jpg                         Santorin - site d'Akrotiri : "La dame aux papyrus" - culture minoenne.


Dans un autre récit, quand les Argonautes s’apprêtent à mouiller en rade, Thalos leur lance des blocs de rochers, mais Médée vient à bout du monstre de bronze, " dont le sang se met à couler comme du plomb fondu , et qui tombe dans un terrible craquement ". Les argonautes quittent lîle, vainqueurs, quand un voile obscurcit la mer  … sont-ce les retombées de cendres de Santorin ?


Le Géographe grec Strabon (58 av.-21 ap. JC) décrit le Vésuve alors endormi et couvert de végétation jusqu’au sommet comme un volcan : " il possède des cratères de feu, lesquels se sont éteints faute d’aliments ". Il décrit l’éruption de 126 av JC au large de Panarea, dans les îles eoliennes, et celle d’Ischia, au large de Naples, accompagnée d’un raz-de-marée : " la mer,après s’être retirée, revint au bout de peu de temps. Le flux submergea l’île et le feu (du volcan) qui s’y trouvait s’éteignit ". il parle aussi de Lipari, de " ses eaux chaudes et ses souffles de feu ", de Vulcano, " l’enflammée ", de Strongyle (la ronde … Stromboli), " inférieure pour la violence de sa flamme, mais supérieure pour l’éclat ".


A suivre : les volcans sous Rome.

 

Sources :

- Les feux de la Terre - histoires de volcans - par M. Krafft

 - Catalhöjük - the south shelter - lien

- Electrum mag - Plato's circle in the mosaic of Pompeii.

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