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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le père de la volcanologie Française:

 

Originaire d'une famille de médecins et de pharmaciens, Alfred François Antoine Lacroix (1863-1948) se plaît dès sa plus tendre enfance auprès de son grand-père, Tony Lacroix auprès duquel il apprend à connaître les minéraux. A 18 ans, il est accueilli comme membre à la Société de minéralogie de Paris. Il entre à l’école de pharmacie de Paris, mais suit en même temps les cours de Ferdinand Fouqué, maître de pétrographie au Collège de France ; il travaille dans son laboratoire et y apprend les méthodes microscopiques adaptées à la minéralogie.


lacroix 1895Il épouse la fille de son maître Ferdinand Fouqué, après avoir passé sa thèse ... condition imposée par celui-ci pour lui accorder sa main.

Il succède à Des Cloizeaux, son professeur, au Muséum national d'histoire naturelle. A peine âgé de trente ans, il occupe la chaire de minéralogie illustrée par Daubenton, Haüy, Brongniart, Dufrenoy. Pendant quarante-trois ans, il dirige cette chaire et fait du laboratoire de minéralogie du Muséum, un centre de recherches de grand rayonnement.

Alfred Lacroix devant son microscope en 1895.


En 1896, il part pour la Grèce et l'Asie mineure où, en compagnie de son beau-père, il se rend en mer Egée et sur l'île volcanique de Phera dans l'archipel de Santorin.

 

La catastrophe de la Montagne Pelée :


En mai 1902, après l'éruption volcanique de la Martinique anéantissant le port de Saint-Pierre et tuant 28 000 personnes, l'Académie des sciences et le ministère des Colonies décident d'envoyer aux Antilles une mission chargée d'étudier les circonstances de la catastrophe. Le professeur Lacroix est alors désigné pour diriger cette mission.

  

Pelee-aiguille-dome---M.H.N.Paris.jpg

Les nuées ardentes ont détruit plantations et forêts, ainsi que la ville de Saint-Pierre et recouvert le tout d'un manteau grisâtre ... au sommet d la Montagne Pelée, se dresse les restes de l'aiguille, témoin de la puissance destructrice du volcan - Document M.H.N. Paris.

 

Le 30 août, une autre éruption meurtrière a lieu et Lacroix à peine rentré, retourne à la demande de Gaston Doumergue, ministre des Colonies, pour y demeurer jusqu'en mars 1903, en compagnie de son épouse. Celle-ci l’accompagne dans ses déplacements dans la vallée blanche, et les dépôts de la Montagne Pelée, lui servant de secrétaire et d’échelle géologique.

 

lacroix_MtPelee---Musee-national-hist.-naturelle.jpg                       A. Lacroix devant l'aiguille de la Montagne Pelée - 1903 -photo MNHN


Le minéralogiste publie en 1904 un ouvrage "La Montagne Pelée et ses éruptions " qui feront de lui le chef de fil de la volcanologie française. La même année, il est élu à l'Académie des Sciences "sous l'irrésistible poussée d'un volcan " comme il aime le dire lui-même.

Il propose une classification des volcans, que ses disciples complèteront en lui donnant plus tard le nom de "Classification Lacroix ".

 

nuee-ardente-pelee-1902-heilprin-ii.jpg

                   Développement d'une nuée ardente à la Montagne Pelée en 1902 - photo Heilprin

 

Ses photos de "nuées ardentes" selon le nom qu'il leur a donné, et ses études sur ces phénomènes sont mondialement connues et restent des modèles de précision.

En voici sa description : " La sortie d'une nuée ardente était accompagnée par un sourd grondement, dû à la production de l’ouverture provisoire par laquelle devait se faire lémission et lécroulement des matériaux solides arrachés ainsi à la carapace du dôme () Au moment des son apparition, la nuée avait laspect dune masse compacte de petite dimension, mais immédiatement elle se gonflait, prenait la forme dun bourgeon mamelonné en forme de choux-fleurs ou de cervelles, creusé de circonvolutions nombreuses,à sinusoités profondes, qui allaient sans cesses en grossissant () Ces circonvolutions roulaient sans trêve les unes sur les autres, se dilatant à chaque tour ; par la suite, le volume de la nuée augmentait à mesure quelle progressait plus avant, et bientôt elle constituait un mur vertical, atteignant parfois quatre mille mètres de hauteur  et savançant A.Lacroix - mt Pele grd.aiguille dessins 1904avec une majesté terrifiante () Les nuées ardentes allant jusquà la mer, à des vitesses variant entre onze et vingt-cinq mètres par seconde, subissaient parfois, à environ trois kilomètres de la côte, là où la pente devient douce,un ralentissement net, et presque un arrêt. () Elles sont constituées par un mélange intime, une sorte démulsion, de matériaux solides en suspension dans la vapeur deau et les gaz () La température des nuées ardentes ne dépassaient pas 1100°C au moment du départ du cratère. Après un trajet de six kilomètres, elle était encore de plus de plus de 200°C. "


Il étudie aussi le processus dédification des dômes et décrit laiguille sommitale de lave pâteuse de la Montagne Pelée.

Aiguille de la Montagne Pelée - évolution d'avril à septembre 1903 - dessins d'A. Lacroix. / Document de l'oeuvre d'Alfred Lacroix, La Montagne Pelée et ses éruptions  (1904)

 

Aiguille - A.Lacroix 1902                         Montagne Pelée - photos de l'aiguille en 1902/1903 - par A. Lacroix

               Document de l'oeuvre d'Alfred Lacroix, La Montagne Pelée et ses éruptions.

 

En 1906, il assiste à l'éruption du Vésuve et en 1908 à celle de l'Etna. En 1911, il étudie le Piton de la Fournaise à la Réunion.

 

FournaiseLacroix1911.jpg

La Réunion - Piton de la Fournaise : Situation des cratères sommitaux en 1911 - Doc. archives Lacroix/ D.Decobecq

 

En 1913, il parcourt la Guinée, le Soudan, l'archipel de Los au large de Conakry, puis l'Amérique du Nord et le Pacifique. A partir de 1914, les voyages s'espacent en raison de la guerre et du dévouement dont il fait preuve pour la charge de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences où il vient d'être nommé (charge qu'il occupera pendant trente-quatre ans).

 

lacroix_groupe-labo-mineralogie----USM-dpt-histoire-de-la-.jpgA. Lacroix et son groupe au Laboratoire de Minéralogie - photo Museum National d'Histoire naturelle / Dpt. histoire de la Terre.

 Le 1er octobre 1936, il prend sa retraite d'enseignant, mais n'arrête pas son activité. Il décède en 1948.

 

Sources :

- Les Feux de la Terre, histoire de volcans - par M. Krafft - éd. Découvertes Gallimard.

- Museum d'histoire naturelle - Alfred Lacroix, professeur au MNHN - link

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