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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Influencés par les écrits des Grecs, mais moins portés sur la pure spéculation, les Romains cherchent des explications rationnelles aux phénomènes de l’univers.


Lucrèce (70 – 19 avant JC.) clame que l’Etna est totalement creux et qu’il y circule un vent violent qui s’engouffre sous terre en bord de mer. Les flammes produites sortent en surface par des "fissures rectilignes ".


Le poète Ovide (43 av – 17 ap. JC) pense que l’Etna évolue en "modifiant ses voies respiratoires ", fermant une caverne, pour en ouvrir une autre. Il précise que l’activité volcanique s’arrête  quand "la terre ne donne plus de nourriture, ni de gras aliments à la flamme ; alors la nature vorace ne supportant pas la faim, le feu abandonne les lieux ".


Marcus Vitruvius Pollio, dit Vitruve (90 – 20 av. JC ??) , un architecte, explique que trois éléments "alimentent l’ardeur en profondeur des grands feux : le soufre, l’alun et le bitume " .

Il reconnaît le Vésuve comme un volcan et décrit les ponces et pouzzolanes, et leur utilité dans la fabrication de ciments.


Fresque de la Casa del Centenario représentant le Vésuve avant 79, constitué d'un seul sommet, le Monte Somma, avec à son pied, le dieu Bacchus.


Senèque (4 av. – 65 ap. JC) , précepteur de Néron, décrit le violent séisme Vesuve---seisme-de-62--ap-JC---Robert-Decker---oregonstate.jpgdu 5 février 62 qui secoue la Campanie, et détruit de nombreux monuments de Pompéi, 17 ans avant l’éruption du Vésuve.


Bas-relief d'une maison de Pompéi illustrant les effets du séisme de 62- photo R.Decker / Oregonstate univ.


Il énonce de nouveaux concepts encore vrais aujourd’hui :

- l’importance des gaz et vapeurs comme moteur des éruptions :  "les incendies souterrains excitent, tendant les ressorts du souffle … jusqu’à l’éclatement "

- le réservoir magmatique : chaque volcan est alimenté par un foyer local, sorte de réservoir situé sous l’édifice.

 

Pline l’ancien (23 – 79 ap. JC), militaire, écrivain et naturaliste, dresse une liste des volcans actifs connus, dans sa volumineuse Historia Naturalis. Selon lui, l’air est extrêmement calme et la mer assoupie, avant que la terre ne tremble et que les éruptions se déclenchent, car les vents se sont déjà engouffrés dans la terre et se préparent à en ressortir. 

Le 24 août 79, lors de l'éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi et Herculanum, il se trouvait à Misène. Voulant observer le phénomène au plus près et désirant porter secours à quelques uns de ses amis en difficulté sur les plages de la baie de Naples, il partit avec ses galères, traversant la baie jusqu'à Stabies où il mourut, probablement étouffé, à 56 ans.

 

Pompeii_the_last_day_1---CryptoDerk.jpgPompéï, the last day - image d'une fiction de la BBC datant de 2003 sur l'éruption du Vésuve en 79



 Son neveu, Pline le Jeune (62 – 114 ap. JC), n'ayant pu accompagner son oncle, fait une description précise de l'éruption dont le type portera le nom des deux hommes : éruption plinienne. Cependant, cette description détaillée ne constitue pas une tentative d'explication scientifique du phénomène.

 

Quelques extraits significatifs de ses lettres:

"Mon oncle était à Misène où il commandait la flotte. Le 24 octobre vers midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire ... il était difficile de discerner de quelle montagne ce nuage sortait. Sa figure approchait celle d'un arbre et d'un pin (parasol) plus que d'aucune autre. On le voyait se dilater et se répandre. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre et tantôt de diverses couleurs ... en même temps, la cendre commençait à retomber sur nous." - description du panache plinien -

"Je tourne la tête et j'aperçois une épaisse fumée qui nous suivait en se répandant sur la terre comme un torrent.  - description d'une coulée pyroclastique - Quittons la route, dis-je à ma mère, tant que nous voyons encore, de peur d'être renversés et écrasés dans les ténèbres par la foule de nos compagnons. A peine étions-nous écartés, qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eut cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre dont toutes les lumières auraient été éteintes... Bientôt parut une lueur qui nous annonçait, non pas le retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint et la cendre se remit à tomber plus épaisse et plus lourde..."

 

 

Sources :

- Les feux de la Terre, histoires de volcans - par M. Krafft / Découvertes Gallimard

- Extraits des lettres de Pline le jeune - link

 

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