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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Au 17° siècle, le jésuite Athanasius Kircher (1602-1680) publie son "Mundus subterraneus", œuvre qui marque son temps, mais ne fait progresser en rien la science , puisqu’il en revient aux idées d’Aristote. L’intérieur du globe serait truffé d’innombrables foyers de feu, les pyrophylacia, qui communiquerait avec des bouches d’aération, les volcans.

 

Athanasius_Kircher_Interior_of_the_earth.jpgUne des illustrations du "Mundus subterraneus" d'A. Kircher , montrant sa conception de l'intérieur de notre terre.

 

Kircher-1665-v1-zzzz-det-composite-000-z08v-f01.jpgMundus subterraneus / Kircher : une coupe du Vésuve, jugée aujourd'hui fantaisiste, mais premier essai de démonstration de la présence d'un réservoir magmatique dans les entrailles d'un volcan (1638).

 

 De grandes éruptions frappent l’Italie dans le courant du siècle, observées par divers religieux et diplomates : En 1631, le Vésuve tue au moins 4000 personnes dans des " torrens cineris " , des nuées ardentes.

 

1631-gravure-de-Battista-Passaro-Simkin---Siebert.jpg

L'éruption du Vésuve en 1631 - cette gravure de Battista Passaro montre des nuées ardentes atteignant le rivage - doc. archives in Simkin & Siebert.

 

En 1669, l’Etna engloutit une partie de Catane sous ses laves. C’est aussi la première fois que des hommes tentent de détourner une coulée de lave en pratiquant une brèche dans une moraine latérale.

 

Mount-Etna-erupts-1669.jpg          Eruption de l'Etna en 1669 - les coulées de lave atteignent Catane - partie de fresque 

 

Etna-1669---Winchilsea-1689--lindahall-copie-1.gifUne autre gravure de l'éruption de 1669 à l'Etna - par un ambassadeur Anglais, Winchilsea (1689)- doc.Linda hall Library of Science.

 

Lazzaro Moro (1687-1740) , un prêtre italien, explique que l’action des volcans consiste surtout à soulever le sol sous-jacent, se basant sur la sortie de Nea Kameni, au milieu de la caldeira du Santorin et de la naissance du Monte Nuovo.

A l’inverse, le consul de France en Egypte, Benoît de Maillet (1656-1738) affirme que le feu des volcans est un phénomène secondaire, et que toutes les roches terrestres sont des dépôts marins  … voici les prémices de la grande polémique.

 

Le comte de Buffon (1707-1788), maître de forges, savant naturaliste, philosophe et homme d’affaires résume l’idée qu’on se fait d’un volcan en son temps : " un canon d’un volume immense dont l’ouverture a souvent une demi-lieue : cette large bouche à feu vomit des torrents de fumée et de flammes, des fleuves de bitume, de soufre et de métal fondu, des nuées de cendres et de pierres (…) il s’y trouve des pyrites qui fermentent toutes les fois qu’elles sont exposées à l’air ou à l’humidité (…) Le feu s’y met et cause une explosion proportionnée à la quantité de matière enflammée (…) les feux souterrains ne peuvent agir avec violence que quand ils sont assez voisins des mers pour éprouver un choc contre un grand volume d’eau ".  Il propose de construire des barrages pour couper la connection entre la mer et les volcans, ce qui contribuerait à les éteindre.

Il rappelle aussi avec humour que les géologues doivent se sentir comme les augures de l’époque, ne pouvant s’empêcher de rire de leurs interprétations scientifiques quand ils se rencontrent !

 

En 1752, Jean-Etienne Guettard annonce à l’Académie des Sciences que les monts d’Auvergne sont des volcans éteints … mais il croit à l’origine aqueuse des basaltes, qui résulteraient d’une précipitation chimique en milieu marin. Il sera ainsi sans le vouloir le père de deux écoles qui vont s’affronter longtemps : ses idées sur le basalte seront adoptées par les Neptunistes, tandis que ses observations sur les volcans d’Auvergne vont satisfaire les plutonistes.

 

Abraham Gottlob Werner (1749-1817), géologue et éminent minéralogiste allemand, fut un des grands maîtres du Neptunisme : Cette théorie est nommée d'après le nom du dieu de la mer Neptune. Elle explique la formation de la croûte terrestre par précipitation de sédiment dans un océan primordial couvrant toute la surface de la Terre, un globe froid à l’intérieur. Les volcans ne seraient que des accidents récents et sans importance dans l’histoire de la Terre.

Ses campagnes de terrain se limitant à son pays natal, il affirme que les basaltes prismés de Stolpen (Saxe) ne montrent pas de trace de fusion … leur prismation serait due à une dessication, comme les craquelures de la boue qui sèche.

 

Stolpen---Saxe---basalt-picture-gallery.jpg                Orgues basaltiques de Stolpen (Saxe / Allemagne) - photo basalt picture gallery.

 

Les Plutonistes ont pour chef de file l’écossais James Hutton (1726-1797), Hutton_James_portrait_Raeburn-Scottish-national-portrait-ga.jpgmédecin et chimiste.

 

James hutton, le père de la géologie moderne - portrait de Sir Henry Raeburn / Scottish National Portrait Gallery.

 

Il va s’opposer aux thèses des Neptunistes ; selon lui, les volcans sont en communication directe avec le noyau terrestre, en fusion pour des raisons inconnues. La chaleur interne du globe est périodiquement soulagée par les éruptions et provoque d’importantes intrusions de matières fondues dans la croûte terrestre, à l’origine des soulèvements du sol.

Quant aux sédiments accumulés dans l’eau, il considère qu’ils sont consolidés, transformés en roches par l’action de l’intense chaleur lors d’intrusions … la notion de métamorphisme !

 

Le plutonisme sera férocement combattu … d’autres défendent les mêmes idées : L’allemand Rudolf Raspe (1737-1794) découvre des restes de volcans an Allemagne, et reconnaît l’origine volcanique des prismes de la Chaussée des Géants en Irlande et de l’île de Staffa en Ecosse. Raspe est aussi connu pour son roman, le Baron de Munchausen … celui-ci réalise le rêve de tout volcanologue : descendre jusqu’au fond du cratère de l’Etna et y discuter avec Vulcain du mécanisme des éruptions.

Le baron von Dietrich identifie le Kaiserstuhl comme un volcan.

 

Raspe---gravure-du-chateau-de-Felsberg.jpg                                  Le château de Felsberg - gravure de R. Raspe


James Hall (1761-1832) va vérifier en laboratoire la théorie de Hutton : il fait fondre du basalte et obtient, en fonction de la vitesse de refroidissement, soit du verre, soit une roche cristalline proche de la lave … les roches volcaniques sont donc le résultat d’une fusion.

Quelques années plus tard, George Watt, le fils de l’inventeur de la machine à vapeur, réussit à créer artificiellement, dans un four, des orgues basaltiques.

 

Sources :

- Les feux de la Terre - Histoires de volcans - par Maurice Krafft / Découvertes Gallimard.

- Athanasius Kircher - Mundus sunterraneus 1665 - in OU Historyof sciences collection - link

- L'eruzione del 1669 - by Salvatore Caffo - link

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