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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Une dernière querelle va succéder à celle entre les Neptunistes et les Plutonistes … celle des " cratères de soulèvement " , élaborée par von Buch, et soutenue par von Humbolt.


Ces égarements vont être battu en brèche par divers volcanologues, dont George Poulett Scrope (1797-1876). Suite à de nombreuses visites de volcans européens, il publie son ouvrage " Considérations sur les volcans " en 1825.

Il établit que les cônes volcaniques s’édifient par accumulation de couches de cendres et de lave, et prouve que des coulées épaisses s’épanchent sur les pentes de plus de 30°. Il met en lumière le rôle important de l’eau et des gaz dans les éruptions : lorsque la pression baisse, les gaz sortent du magma, l’eau se transforme en vapeur, … tout ceci provoque une montée des matières en fusion, et déclenche l’éruption. Pour Scrope, toute éruption se fait par une fissure.

Il constate que si un même volcan émet différents types de lave, c’est en raison des processus chimiques qui modifient la composition de son réservoir magmatique. Quant à la fluidité de la lave, elle dépend de sa composition minéralogique, de sa teneur en gaz et de sa température  … ses "considérations" sont un cours de volcanologie moderne !

 

Vesuvius1822-G.-Poulett-Scrope.jpg"The Eruption of Vesuvius as seen from Naples, October 1822" from V. Day & Son. In G. Julius Poullet Scrope, Masson, 1864. Historical Draw from George Julius Poulett Scrope (1797-1876)

 

Scrope trouve un allié en la personne de Charles Lyell (1797-1875), avec qui il correspond. Ce géologue écossais, auteur des " Principes de le géologie " visite le Massif Central, l’Etna dont il dresse une carte volcanologique et décrit son activité entre 1803 et 1865. Ce sera ensuite le tour des îles Canaries, où il comprend que les grandes caldeiras de La Palma et de la Grande Canarie sont dues à un effondrement et à l’érosion, constatation qui met un terme à la théorie des cratères de soulèvement.

 

Ferdinandea---nuees-cypressoides-juillet-1831.jpgFerdinandea juillet 1831 - Nuées cypressoïdes liées aux explosions de la lave au contact de l'eau de mer.

La naissance d’une île volcanique entre la Sicile et l’Afrique vient sonner le glas de la théorie des cratères de soulèvement. Appelée Ferdinandea, Julia ou encore Graham, selon les gouvernements qui en revendiquent le territoire, cette île éphémère se forme par accumulation de matériaux éruptifs. Constant Prévost (1787-1856), un des fondateur de la Société géologique de France, va l’affirmer dans son mémoire. Lorsqu’il arrive Ferdinandea 1831 Gemmellarodevant l’île en éruption, elle est haute de 70 m. pour 700 mètres de diamètre ; il y constate que les couches de cendres ont une structure entrecroisée , en raison de souffles horizontaux, les déferlantes basales. Carlo Gemmellaro, professeur à l’université de Catane, a laisssé un dessin de l’éruption.  
L'éruption de Ferdinandea en 1831 selon un croquis de Gemmellaro - d'après Allotta 2002.  
  

L’étude des différentes branches de la volcanologie moderne va ensuite progresser rapidement.   

 

Le minéralogiste Charles Sainte-Claire Deville (1814-1876) est le fondateur de l'analyse des gaz sur les volcans. Il les étudie aux Antilles, dans les Canaries et au Cap Vert.

En 1885, lors de l'éruption du Vésuve, il prélève au péril de sa vie des émanations gazeuses de toutes les phases d'activité, du paroxysme à son déclin. Il en fait l'analyse dans son laboratoire, et montre, contrairement à ce que l'on croyait alors, que chaque volcan n'est pas caractérisé par un seul type de gaz, mais que les mêmes variétés de gaz existent sur chaque volcan actif, leur proportion variant au cours des différentes phases de leur activité.


Le microscope fait progresser la pétrographie : William Nicol (1768-1851) invente la technique des lames minces. Il est ainsi possible, par référence à des études sur des échantillons, assez gros pour avoir été isolés et analysés, de déterminer non seulement la nature des minéraux, mais aussi leur composition à partir de leur propriétés optiques. Ferdinand Zirkel (1838-1912), Harry Rosenbusch (1836-1914), Ferdinand André Fouqué (1828-1904), Albert Michel-Lévy  ont été les promoteurs de cette technique, bientôt complétée par l’invention, par Ievgraf S. Fedorov (1853-1919), d’une platine orientable sur trois axes perpendiculaires.

Ferdinand Fouqué publie une étude géologique et pétrographique de Santorin, suite à son voyage d'étude de l'éruption de 1866. Outre la viscosité des magmas, il décrit deux sortes de cristaux de feldspath dans la lave, concluant à un mélange de magmas en profondeur ... idée qui sera reprise 100 ans après.

 

the-eruption-of-santorini-volcano---Schmidt-Julius.jpg                        Santorin - éruption de 1866 - doc. Schmidt Julius


La progression se fera au gré de nouvelles techniques appliquées à l’étude des volcans actifs. En 1880, les anglais James Ewing et Thomas Gray invente le sismographe.

 

Osservatorio_vesuviano---R.V.Matteucci-14.06.1905.jpgL'Osservatorio Vésuviano - carte postale de juin 1905, avec la signature de R.V. Matteucci - doc. Funicolare Vesuviana.

Puis ce sera la création des premiers observatoires volcanologiques : le tout premier, celui du Vésuve, est créé en 1841 par Ferdinand II de Bourbon.

Son premier directeur, Macedonio Melloni, est un spécialiste du magnétisme des roches volcaniques.

Raffaele  Matteucci lui succède ; c’est l’initiateur des mesures de déformation de flancs des volcans.

Puis ce sera Giuseppe Mercalli, le père de l’échelle d’intensité des séismes qui porte son nom.

 

 

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