Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le fait que les très puissants tremblements de terre peuvent déclencher une augmentation de l'activité des volcans proches de l’épicentre a été mis en évidence statistiquement par des scientifiques de l'université d'Oxford. (11.2008)

Une analyse des évènements volcaniques au Chili Méridional a prouvé la survenue de jusqu'à quatre fois plus d'éruptions volcaniques au cours de l'année suivant de très puissants tremblements de terre par rapport aux autres années.

Cette augmentation subite d’activité volcanique peut impliquer des volcans jusqu'à au moins 500 kilomètres de l'épicentre d'un tremblement de terre.

Jusqu'à ce jour, les scientifiques avaient identifié quelques cas où les éruptions volcaniques suivaient de très puissants tremblements de terre. Cependant il avait été difficile de prouver statistiquement que de tels séismes étaient responsables d'une augmentation du nombre d'éruptions. Jusqu’ici, cette corrélation spatiale était plutôt mise sur le compte d'une coïncidence.

La partie la plus inattendue de cette découverte est la distance considérable séparant l’épicentre du tremblement de terre et l’endroit du déclenchement de ces éruptions ainsi que la période durant laquelle l’augmentation de l’activité volcanique a été observée.

Ces résultats statistiques suggèrent que les ondes sismiques, rayonnant à partir de la zone de rupture sismique, peuvent déclencher une éruption en agitant ou en secouant la roche en fusion sous les volcans. Les perturbations résultantes conduisent à l’éruption. Cependant, en raison de la période durant laquelle la pression à l’intérieur de l’édifice volcanique augmente graduellement et de la durée d’ascension du magma vers la surface, une éruption peut se produire seulement quelques mois après le tremblement de terre.

Sebastian Watt, un étudiant du département des sciences de la terre d’Oxford, a examiné les évènements d’éruption volcanique et de tremblement de terre au Chili  Méridional où, en 1835, Charles Darwin avait suspecté, pour la première fois, un lien entre les tremblements de terre et les éruptions. Sur base de l’analyse soigneuse des évènements historiques, il a découvert que l'activité volcanique a augmenté durant environ une année après chacun des tremblements de terre les plus puissants du Chili Méridional au cours des 150 dernières années.

Les volcans impliqués, dans un rayon de 500 km de l’épicentre sismique, comprenaient des volcans actifs et en sommeil. Les deux grands tremblements de terre chiliens de 1906 et 1960 (le plus puissant jamais enregistré) furent chacun suivis par l’activité de 6 ou 7 volcans, une augmentation significative par rapport au taux moyen d’activité éruptive durant environ 1 année.

Sebastian Watt avait déclaré : "ce travail est important parce qu'il prouve que le risque d'éruption volcanique augmente nettement après de grands tremblements de terre dans certaines régions du monde, telles que le Chili, particulièrement affecté par ces deux phénomènes naturels. Si tout va bien, nos résultats pourraient aider les gouvernements et agences de ces régions afin de mieux évaluer les risques volcaniques en soulignant le besoin de porter une attention accrue sur l'activité volcanique qui se produit après de grands tremblements de terre."


 

onemi_20090404.jpg           Eruption du Llaima le 04.04.2009 - photo Onemi.


Le tremblement de terre du 27 .02.2010 s'est passé dans la même section de faille qui a causé le séisme observé par Darwin en 1835.

David Pyle, de l'université d'Oxford, déclare que tous les moyens satellites de mesure de température et de déformation des sols seront utilisés pour surveiller tout l'arc volcanique, depuis le volcan Llaima au sud jusqu'au Tupungatito au nord. "En ce qui concerne les volcans déjà actifs, nous pourrions voir une augmentation des explosions gazeuses, mais nous ne nous attendons pas à ce qu'ils présentent un danger sensiblement augmenté", dit-il.

Donc même s'il existe une corrélation entre les séismes majeurs et une augmentation des éruptions volcaniques, il n'y a pas nécessairement une menace additionnelle grave pour les populations vivant dans ces zones de subduction active.


Pour mémoire, le Sernageomin a placé le 11 février le Chaiten en alerte rouge, et le Llaima en alerte jaune - niv.3.

Sources :
- NewScientist - article du 01.03.2010 par K.Ravilious.
- The influence of great earthquakes on volcanic eruption rate along the Chilean subduction zone - 01.11.2008 - Science direct.
Sebastian F.L. Watt, David M. Pyle and Tamsin A. Mather

Department of Earth Sciences, University of Oxford, Parks Road, Oxford OX1 3PR, UK

- Sernageomin - rapport du 11.02.2010

Commenter cet article

pascal roussel 05/11/2014 04:58

Le seisme

pascal roussel 05/11/2014 04:57

L'etude de cette marche m'impressionne depuis mon enfance. Le seisme

Benjamin Bernard 04/03/2010 17:20


Intéressant en effet, juste une petite imprécision dans la référence :

The influence of great earthquakes on volcanic eruption rate along the Chilean subduction zone
Earth and Planetary Science Letters, Volume 277, Issues 3-4, 30 January 2009, Pages 399-407
Sebastian F.L. Watt, David M. Pyle, Tamsin A. Mather


Eric T 03/03/2010 14:13


oui je suis aussi de cet avis... Mais tout le monde n'a pas les meilleurs intentions pour ce monde.


Eric T 03/03/2010 10:48


Depuis le temps qu'on sait que le déplacement des plates tectoniques engendre des tensions au niveau des failles... C'est un peu comme une jeu de mécano ou tout est contenu, serré, et attend le
séisme suivant pour prendre ses aises... Tous les essaims de par le monde seraient autant de "soupapes" qui engendreraient également des tensions plus importantes aux endroits "névralgiques"... Le
seisme du Chilli en est l'exemple. Cela me parait donc logique que la libération de certaines tensions se retrouvent dans des zones peu ou prou éloignées de l'épicentre du dernier
seisme...
Toutefois, cela ne me semble pas sans danger pour l'homme. Ses installations sont souvents à proximités de failles ou des volcans plus ou moins bien endormis. Si l'animal à la sagesse de fuir,
l'homme est téméraire ! Par exemple, le dernier seisme violant de Haiti s'est produit à une époque ou la concentration humaine était moindre. De même, les zones côtières sont aujourd'hui
surpleuplées par endroit, et on construit dans les anciens lits des fleuves...
A cela s'ajoute, des déplacements de l'axe de la Terre à chaque seisme, tsunami et autre catastrophe (pour nous !), donc un déplacement de ses fluides internes, et alors, un transfert de
Masse...  Je ne pense pas que nous puissions y faire grand chose sauf si on comprenant "où" sont les zones sensibles et qu'on sache "comment" libérer ces tensions pour en limiter la
magnitude... Il faudrait de grandes mains pour masser la Terre... Un projet comme HAARP pourrait alors servir les
intérêts de l'homme, et non plus les intérêts des conspirationnistes... mais ceci est une autre histoire.


Bernard Duyck 03/03/2010 12:14


Ton idée de "massage terrestre" est intéressante ... par contre je me méfie d'un projet type "Haarp" : il ne faut pas jouer à l'apprenti sorcier !
@ + , et bonne semaine.


Articles récents

Hébergé par Overblog