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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le village traditionnel de Yakel :

apprécié par beaucoup, décriés comme artificiel par certains, il donne une idée de la vie des autochtones "qui n'aurait pas changée depuis des siècles".

 

30077_410454586440_645396440_4671391_1467142_n.jpg     Maisons du village de Yakel, sur l'île de Tanna - © Antony Van Eeten

 


L'accueil au village est marqué par l'appel du tambour fendu, tambour en bois creusé, planté en terre, qui orne la place de danse; il était utilisé pour transmettre des messages et rythmer chants et danses lors des cérémonies.

 

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                                                               © Antony Van Eeten


 

Vêtus uniquement de leur namba, l'étui pénien, ou de jupes d'herbes sèches parfois colorées, hommes et femmes partagent, dans le plus simple appareil, été comme hiver, des danses ou une tasse de kawa.

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© Antony Van Eeten


Les danses se résument en mouvements rudimentaires, peu chorégraphiques : les hommes dansent au centre, les femmes restent à l'extérieur de ce cercle, qu'elles entourent parfois dans une sarabande, les bras croisés pudiquement sur leur poitrine. Le prix de ces exhibitions est substantiel, en relation avec une perte d'authenticité ... (ce phénomène est généralisé chez les "peuples premiers" : les Maasai le pratique également en Tanzanie).
Chez les "cannibales" ? :

30127 409762371440 645396440 4654590 5852869 n                                                      © Antony Van Eeten
30127 409762521440 645396440 4654609 5686026 nLe visage noirci pour faire ressortir le blanc des yeux et des dents, ile miment des attitudes guerrieres. - © Antony Van Eeten

Une hutte en hauteur dans un banyan sert pour différentes cérémonies, e.a. la circoncision; les ni-Vanuatu se regroupent à son pied, le soir, pour boire et danser.

Yakel-tree-house---whl.travel.jpgYakel - rassemblement des garçons sur l'échelle d'accès à la maison suspendue dans un banyan - photo whl.travel

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                                                                © Antony Van Eeten

Les tambours-fendus font l'objet d'une mise en valeur au récent musée du quai Branly, aussi appelé musée des arts premiers, à Paris.
Musee_du_quai_Branly_IMG_1824---Deror-Avi.JPG    Tambours fendus du Vanuatu - Musée du quai Branly / Paris - photo Deror Avi.
Les tambours de gauche semblent jumeaux de celui qu'a photographié Antony van Eeten.

Le village de "John Frum":
Dans certains villages de Tanna, se perpétue le culte de John Frum, prophète d'un "culte cargo"; le centre du mouvement se trouve à Sulphur Bay, proche du volcan Yasur.

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Sulphur Bay : 300 personnes qui vivent et travaillent en collaboration, sans intervention d'argent, et pratiquent le culte de John Frum.
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Le village de John Frum, à Sulphur Bay - sous le panache du Yasur, Ulla Lohmann, guide Volcanodiscovery, fait les présentations  - © Antony Van Eeten

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                     Superbe portrait de ni-vanuatu par © Antony Van Eeten

Sur l'île de Tanna, un dieu du nom de "Kerapenmun", associé à une montagne, le Mont Tukosmeru, est vénéré. Un indigène du nom de Mancheri, sous le pseudonyme de John Frum, se fit passer pour ce dieu et fut à l'origine d'un culte en apparaissant à certaines personnes et en promettant «  maisons, vêtements, nourriture et transports ». Dans la mémoire de Tanna, cet homme apparaît en 1939; il annonce la guerre du Pacifique et l'arrivée des troupes américaines plus d'un an avant qu'elles ne débarquent aux Nouvelles-Hébrides. En 1941, sa « vision » se réalise.

Et les églises traditionnelles se vident de leurs fidèles : dès lors, John Frum sera considéré comme un prophète. Le culte de John Frum prône surtout le retour aux anciennes coutumes. Il fait figure d'esprit incarné pour lutter contre la colonisation franco-britannique et le pouvoir des missionnaires. Car la colonisation ne s'est pas déroulée sans heurts. Le culte de John Frum a été interdit par les missionnaires jusqu'à l'indépendance du Vanuatu en 1980 mais, malgré cela, il est toujours actif aujourd'hui à Sulphur Bay, sur l'île de Tanna, où vit une communauté de 300 personnes, vivant selon les principes établis par le culte. Ainsi, aucun argent ne circule, chaque personne travaille pour la communauté et a des tâches particulières à effectuer, celles-ci devant être effectuées sans attendre quelque chose en retour, comme le recommande le culte de John Frum. Chaque vendredi soir, les habitants du village et des alentours se réunissent pour chanter la gloire de John Frum à la manière d'une messe. Ses adeptes croient que John Frum sera de retour un 15 février (surnommé "jour de John Frum" à Vanuatu).

Les man Tanna (Tannais) ont durement subi le joug des missionnaires presbytériens. À la fin du XIXe siècle, ceux-ci ont imposé la « Tanna Law ». La société mourait physiquement, spirituellement et socialement. Elle a dû se remettre totalement en cause pour survivre. Paradoxalement, cette transformation ne passe pas par un rejet total des Occidentaux. Au contraire, les Tannais sont impressionnés par l'armée américaine, fraîchement débarquée dans leur archipel. Certains se laissent même enrôler dans les troupes pour participer à de menus travaux. Ils en reviennent avec le goût des défilés et des cérémonies ...

Ce nom de "John Frum" a comme possible origine les paroles de GI's lors de la seconde guerre mondiale, qui se seraient présentés aux indigènes comme "John from ...America" (John d'Amérique). Pour les man Tanna, "John" désigne communément et commodément l'homme blanc.

Les lieux de culte de John Frum sont matérialisés par des grandes croix peintes en rouge et entourées d'une clôture de bois, ces croix renvoyant à celles présentes sur les ambulances américaines que les adeptes ont vues lors de la venue de l'armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale. D'autre part, John Frum étant arrivé dans un grand bateau, ses adeptes affichent dans leurs maisons des photos de bateaux et de yachts.

(extrait de wikipédia)

 

Autre tradition : "le sandroing" : inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'Unesco.

En bichelamar, pidgin de base anglaise, sandroing (sand drawing) désigne le dessin sur sable, cendre volcanique ou boue.

 

00228-BIG.jpg                                   Sandroing - doc. Unesco culture.

  

Mais plus qu’une expression artistique indigène, cette « écriture » multifonction intervient dans de nombreux contextes : rituels, contemplation et communication.

Les dessins sont exécutés directement sur le sol, dans le sable, la cendre volcanique ou l’argile. À l’aide d’un doigt, le dessinateur trace une ligne continue qui se profile en arabesques selon un canevas imaginaire pour produire une composition harmonieuse, souvent symétrique, de motifs géométriques. Cette tradition graphique, riche et dynamique, est devenue un moyen de communication entre les membres des quelque 80 groupes linguistiques différents qui vivent dans les îles du centre et du nord de l’archipel. Les dessins font aussi office de moyens mnémotechniques pour transmettre les rituels, les connaissances mythologiques et d’innombrables informations orales sur l’histoire locale, les cosmologies, les systèmes de parenté, les cycles de chant, les techniques agricoles, l’architecture, l’artisanat ou les styles chorégraphiques. La plupart des dessins sur le sable ont plusieurs fonctions et niveaux de signification : ils peuvent être « lus » comme œuvres artistiques, sources d’information, illustrations de récits, signatures ou simples messages et objets de contemplation. Ce ne sont pas de simples « images », mais une combinaison de connaissances, de chants et de récits empreints de significations sacrées ou profanes. Un maître dans l’art du dessin de sable doit par conséquent non seulement connaître parfaitement les motifs, mais aussi comprendre leur signification. De même, il doit être capable d’interpréter les dessins pour les spectateurs.

Sources :
- Musée du Quai Branly - Vanuatu
- Université de Nantes - A propos du Vanuatu

- Countries and their cultures : ni-Vanuatu

- Sandroing - intangible cultural heritage of Vanuatu

- Voyage Vanuatu.fr - le John Frum de Tanna, un "cargo cult" particulier

- John Frum - wikipedia

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