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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

La Nasa a exposé fin septembre de nouvelles données et des images récentes prises par Messenger, le premier satellite orbital de la planète Mercure. Ces informations ont fait l’objet d’une publication spéciale du magazine Science le 30 septembre.

 

Planetes-telluriques.jpg                       Les quatre planètes telluriques du système solaire - d'après Nasa

 

Mercure constitue une énigme parmi les planètes telluriques : elle est la plus proche du soleil, elle est le plus petite des planètes selon un nouveau classement, et la seconde plus dense, après la Terre. Mercure génère son propre champ magnétique, ce qui laisse supposer un coeur de fer en fusion.

Mais ce qui nous intéresse surtout – et qui n’a pas encore été évoqué dans d’autres articles sur le volcanisme planétaire – ce sont les épanchements de lave et le volcanisme extensif de cette planète.

 

Magnétosphère de Mercure et flux ionique copie

 Image schématique de la magnétosphère de Mercure et du flux plasmatique d'ions - Orbite excentrique de Messenger depuis le 18.03.2011  - Credit: Courtesy of Science/AAAS.

 

Head03_sm.jpgHead04_sm.jpg

 

Les latitudes nord de Mercure laissent voir des plaines au relief doux occupant plus de 6% de la surface de cette planète, ce qui correspond à 60% du territoire continental des Etats-unis ; elles sont discernables par leur couleur différente et présente des structures ressemblant à des coulées, qui ont rempli partiellement ou complètement des cratères d’impact. L’observation indique que ces coulées ont plus de 1.000 mètres d’épaisseur, et qu’elles se sont mises en place en de multiples phases.

Ces caractéristiques sont interprétées comme le résultat d’une érosion thermique, indiquant une mise en place du style "inondations basaltiques" -  ( la composition indiquée par une spectrométrie aux rayons X est intermédiaire entre basalte et komatiite (*).

Les plaines, formées après celle du bassin d’impact Caloris, confirment un volcanisme extensif sur Mercure postérieur à la phase de bombardement massif de la planète.

 

Mercure---Nasa.jpg                                                         La planète Mercure - Doc. Nasa

 

Mercure---ghost-crater.jpgEstimation de la profondeur des dépôts : à gauche, sur le cratère d'impact récent Hokusa (114 km. de diamètre) - à droite, un cratère "fantomme" empli dedépôts volcaniques (diamètre 90 km.)

Mercury Dual Imaging System (MDIS) during the orbital phase of the MESSENGER mission.

Credit: NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington.

 

Mercure-Tyagaraga-crater.jpg

Mercure - le cratère Tyagaraja, 97 km. de diamètre :  un autre exempe de volcanisme ; le sol est recouvert de creux coalescents (en cyan, couleur résultant de leur réflexion) - au centre, un puit qui pourrait être un évent volcanique, d'où a été expulsé du matériel de couleur orangée. -  Credit: Courtesy of Science/AAAS/ Nasa Messenger.

 

Ce volcanisme est ancien, daté entre 3,5 et 4 milliards d’années ; d’énormes volumes de lave se sont répandus de fissures à la surface de Mercure, inondant les plaines basses … "comme si on remplissait une baignoire", d’après James W. Head III, professeur de géologie à la Brown University.

Ce type de volcanisme ne correspond pas à celui d’Hawaii, mais plutôt à celui qui a marqué la formation des Traps Sibériens. Les volumes sont cependant fort différents : pour une estimation basée sur la surface recouverte d’une épaisseur moyenne de 500 mètres, on obtient des volumes de l’ordre de 2,2 millions de km³ ; ceci ne soutient pas la comparaison avec les traps Sibériens qui ont recouvert, il y a 250 millions d’années, 1,3% de notre Terre de 1-4 millions de km³ de basaltes. Il faut relativiser les ratios de surface, notre Terre ayant une surface sept fois plus grande que celle de Mercure.

Des structures de plus de 20 km. de large, ressemblant à des canaux d’écoulements, ont dues être produites par des coulées volcaniques fluides.

 

mercuryvolcanism.jpg 

Mercure - doc. Science / AAAS téléconférence / Nasa Messenger.

En haut, image et carte d'évents, de coulées de lave canalisées.

En bas, à gauche : puits interprétés comme des évents sources - à droite, chenal formé par l'érosion thermique de la lave.


 

L’activité volcanique passée de Mercure ressemble donc de plus en plus à celle des autres planètes telluriques.

 


(*) Komatiite :  

La komatiite est une roche volcanique ultramafique (ou ultrabasique), riche en magnésium et pauvre en silice, version extrusive de la péridotite. Elle tient son nom de la rivière Komati, en Afrique du Sud, où elle est particulièrement visible. Sa formation implique un taux de fusion partielle pouvant atteindre plus de 50%.

Les komatiites sont très rares et essentiellement limités aux roches d'âge archéen (plus de 2 milliards d’années). La plupart sont vieilles de plus de deux milliards d'années et on ne connaît en raison de leur âge que des komatiites métamorphisées, soit des métakomatiites.

 

Sources :

- Nasa - Messenger mission to Mercury - link

- Brown University - epic volcanic activity flooded Mercury's north polar region. - link

- Science magazine - Flood volcanism in the northern high latitudes of Mercury revealed by Messenger. - link

- Sur ce blog : Le volcanisme planétaire - intro. et articles suivants.

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