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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Trois ans après le séisme de Tohoku / Japon, de magnitude 9, et du tsunami qui en a suivi, causant la catastrophe nucléaire de Fukushima, le pays s’apprête à sortir du " zéro nucléaire ".

Les réacteurs nippons font l’objet d’examens avancés de la part de la NRA – Nuclear Regulation Authority – depuis 2013. C’est la première fois que le danger posé par le volcanisme est pris en compte : les nouveaux standards exigent de considérer l’influence des volcans situés dans un rayon de 160 km. autour des centrales.

Les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Sendaï, sur l’île de Kyushu, pourraient être les premières à redémarrer. Kyushu Electric a ainsi examiné l’effet des éruptions de 39 volcans … et conclue qu’il suffit de prendre des mesures basées sur l’hypothèse que les cendres du Sakurajima proche s’accumuleraient dans l’enceinte de la centrale de Sendaï sur une hauteur de 15 cm. Des générateurs sont prévus pour le cas où les lignes électriques seraient endommagées par le poids des cendres. Qu’en sera-t-il si l’apport d’eau de refroidissement est entravé, plongeant les réacteurs dans une situation similaire à celle qu’on a connu à Fukushima ?

Les réacteurs de la centrale nucléaire de Sendaï, sur l'île de Kyushu - photo 20 minutes.fr

Les réacteurs de la centrale nucléaire de Sendaï, sur l'île de Kyushu - photo 20 minutes.fr

Le panache éruptif du Sakurajima le 18 août 2013 - photo Kyodo news

Le panache éruptif du Sakurajima le 18 août 2013 - photo Kyodo news

Sans tomber dans le catastrophisme, il faut rappeler l’activité actuellement en hausse au Sakurajima. L’éruption du 11 mai s’est accompagnée d’un panache montant à 4.500 mètres. Bien que les fréquentes éruptions de ce volcan aient surtout des effets sur l’île de Kagoshima, il ne faut pas sous-estimer la possibilité d’un épisode plus important.

La centrale de Sendaï est en effet cernée par plusieurs caldeiras, formées par effondrement lors d’éruptions catastrophiques antérieures.

La tectonique devrait être aussi prise en considération : Kyushu est recoupée par de grandes failles dont la MTL – la Median Tectonic Line - qui court depuis le nord de Honshu. Le centre de l’île est constituée par une aire de subsidence, le graben de Beppu-Shimabara.

Carte de situation des volcans de Kyushu - doc. GSI.

Carte de situation des volcans de Kyushu - doc. GSI.

Ligne tectonique et grabens (tracés approximatifs) de Kyushu - d'après la carte tectonique sud-Japon / Wikipedia.  Beppu-Shimabara graben : entre les pointillés verts -  Kagoshima graben : entre les pointillés violets

Ligne tectonique et grabens (tracés approximatifs) de Kyushu - d'après la carte tectonique sud-Japon / Wikipedia. Beppu-Shimabara graben : entre les pointillés verts - Kagoshima graben : entre les pointillés violets

Sources :

- Asahi Shimbun - 11.05.2014 - Threat posed by volcanic eruptions to nuclear plants must be carefully examined

- Asahi s-Shimbun - 17.03.2014 - Nuclear safety requires a multilayered defense system // Demonstrators turn out in force in Kagishima to oppose Sendai palnt restart.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Topographie de la caldeira du Bolshoi Semiachik, et ses nombreux volcans et dômes

Topographie de la caldeira du Bolshoi Semiachik, et ses nombreux volcans et dômes

Les deux extrémités, nord et sud, de la Réserve Kronotsky sont peu illustrés.

Situé au sud de la Réserve Kronotsky, le complexe Volcanique Bolshoi Semiachik s’est édifié dans une grande caldeira de 10 km de large, fermée côté ouest, et occupant une dépression volcano-tectonique datée de la fin du Pléistocène en bordure de la côte Pacifique du Kamchatka.

Le volcanisme post-caldeira inclue des dômes de lave, dont l’Ivanov, l’Ezh et le Korona,  et de nombreux stratovolcans, dont certains actifs à l’Holocène : les volcans Zubchatka (Bolshoi Semiachik), Zapadny Barany, Vostochny Barany, Zentralny Semiachik, Popkov, Plosky, et Burlyashchy sont les plus importants du complexe.

Le complexe Bolshoi Semiachik vu de la paroi est de la caldeira - Le Zubchatka est le grand édifice en arrière-plan - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Le complexe Bolshoi Semiachik vu de la paroi est de la caldeira - Le Zubchatka est le grand édifice en arrière-plan - photo Nikolai Smelov / KSCNET

La datation du dôme Ivanov ne fut pas simple à établir. Il n’a pas produit de coulées et n’est pas recouvert de couche de cendres … on a cependant trouvé un puit proche du dôme, dans lequel on a identifié une couche de lapilli de ponce andésitique, prise entre des tephras du Karymsky – datés de 5900 avant JC – et une couche de cendres dite "Lower yellow ash" – datée de 7500 avant JC. Ceci permet de dater le dôme Ivanov entre 6500 et 7000 avant JC.

Les dômes Ezh (Hérisson) et Korona (Couronne) ont par contre produit de longues coulées de lave et des lahars associés, ce qui permet leur datation : vers 3.600 avant JC., selon un tephra marqueur d’une éruption de l’Avachinsky.

Bolshoi Semiachik - le dôme Ezh -  photo Nikolai Smelov / KSCNET

Bolshoi Semiachik - le dôme Ezh - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Le complexe présente une activité hydrothermale, surtout localisée sur les pentes ouest des Bolshoi Semiachik et Zentralny Semiachik.

Le partie Est du champ thermal Burlyashchy abrite des jets de vapeur , présentant des températures allant jusqu’à plus de 137°C. Le champ thermal du Semiachik central abrite le lac Chernoe, un lac émettant des vapeurs.

Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.

Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.

Au nord de la Réserve Kronotsky, le groupe volcanique Gamchen forme une chaîne volcanique orientée Sud-Nord, avec le massif du Gamchen et le cône Barany, le Komarov, et le Vysoky.

Le Groupe volcanique Gamchen : De gauche à droite : les quatre sommets du volcan Gamchen, le sommet jaunâtre du Komarov, composé de roches altérées hydrothermalement, et à l’extrême droite, le Vysoky. - photo Philip Kyle / KSCNET

Le Groupe volcanique Gamchen : De gauche à droite : les quatre sommets du volcan Gamchen, le sommet jaunâtre du Komarov, composé de roches altérées hydrothermalement, et à l’extrême droite, le Vysoky. - photo Philip Kyle / KSCNET

Le massif du Gamchen est un complexe formé de quatre stratovolcans, surmontant une structure en bouclier. Le Yuzhny Gamchen et le Severny Gamchen sont deux stratovolcans érodés datant du Pléistocène. Le Molodoi est un petit stratovolcan situé sur le flanc Est du Severny Gamchen. Le Barany est situé sur le flanc Sud-est du Yuzhny Gamchen ; coiffé d’un cratère d’aspect jeune, de 500 m. sur 200, ses éruptions, datées de 1650 et 550 avant JC, ont produit un champ de lave s’étendant au NE et à l’E. Un jeune dôme de lave, le Lukovitsa, s’est formé sur le flanc du Barany, à la fin de la période d’activité.

Des effondrements du complexe au début de l’Holocène et des dépôts d’avalanches de débris ont formé un champ à la topographie en hummock sur le côté Est du volcan, appelé "Moon hills".

A l'avant-plan , le Komarov, suivi des sommets du Gamchen - et au fond, à droite, la silhouette du Kronotsky - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

A l'avant-plan , le Komarov, suivi des sommets du Gamchen - et au fond, à droite, la silhouette du Kronotsky - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

La zone sommitale du Komarov, altérée hydrothermalement - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

La zone sommitale du Komarov, altérée hydrothermalement - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

Le complexe Komarov (ou Komarova) est surmonté d’une caldeira excentrique de 4 km sur 2,5. Le Komarov et le Vysoky possède le même système magmatique, produisant des andésites de même composition, et différentes de celle du volcan Gamchen.

Le jeune cône Komarov, haut de 2070 m, s’est édifié à l’extrémité Ouest de la caldeira ; il est coiffé de deux cratères, l’un au sommet, l’autre sur le flanc Est supérieur. Toute la région sommitale est soumise à une altération hydrothermale extensive, et conserve des fumerolles actives, retrouvées aussi sur les flancs N et S.

Le Vysoky, plus au nord, a été actif depuis le début de l’Holocène jusqu’au début de notre ère, tandis sue le Komarov a commencé à se former il y a 1500 ans., après l’arrêt d’activité au Vysoky. Bizaremment, le Vysoky n’est repris sur aucun catalogue de volcan actif.

Le Vysoky a été actif jusqu'au début de notre ère, avec cette coulée de lave datée d'il y a 2000 ans - ^hoto Vera Ponomareva / KSCNET

Le Vysoky a été actif jusqu'au début de notre ère, avec cette coulée de lave datée d'il y a 2000 ans - ^hoto Vera Ponomareva / KSCNET

Sources:

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program -  Komarov

- Global Volcanism Program - Gamchen

- Global Volcanism Program - Bolshoi Semiachik

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

La Vallée des geysers fut découverte fortuitement en avril 1941 par une équipe d'hydrologues, dirigée par Tatiana Ustinova.

Au cours d'une étude effectuée sur la rivière Shunmaya, qui sort de la caldeira d'Uzon, ils découvrirent un passage entre les rochers et atteignirent un affluent inconnu de cette rivière. L'heure du repas venue, ils s'arrêtèrent pour se restaurer ... durant la pause, ils furent surpris par un jet d'eau soudain : ils venaient de voir un geyser, le premier vu au Kamchatka. Tatiana le baptisa "Pervenets", "le premier né". L'histoire de la vallée des geysers venait de débuter.  

L'affluent mystérieux se nomme Geysernaia; cette rivière prend sa source au pied du volcan Kikpinich. Ses eaux sont chaudes; elles ne descendent pas sous les 19°C, même au coeur de l'hiver. Sur les 8 km. de son parcours, on dénombre plus de trente geysers, petits ou grands, des sources chaudes et des marmites de boue. Cet ensemble est chauffé par le magma présent en profondeur sous la caldeira d'Uzon.  

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une source chaude - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une source chaude - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une mare de boue bouillonnante - photo Antony Van Eeten 2011 - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une mare de boue bouillonnante - photo Antony Van Eeten 2011 - photo Antony Van Eeten 2011

Ces geysers portent des noms : Velikan (le géant), Zhemchuznhy (le perlé), Sakharny (le sucré), Troynoy (le triple), Konus (le cône), Maly (le petit), Bolshoy (le grand), Shchel (la fissure).

Leur manifestation est rythmée de façon particulière et différente : le Velikan se manifeste à 25 m. toutes les 6 heures, le Maly à 8 m. toutes les 35 minutes, le Bolshoy à 10 m. toutes les 10 minutes...

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - Barrage sur la Geysernaia, suite au glissement de terrain de 2007 - photo I.Shpilenok

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - Barrage sur la Geysernaia, suite au glissement de terrain de 2007 - photo I.Shpilenok

Ce magnifique paysage est soumis aux aléas de la météo : c'est ainsi qu'en octobre 1981, il a subi le passage du typhon Elsa; la rivière Geysernaia monta alors de 3 mètres, causant de nombreux dégâts.

Le 3 juin 2007, la vallée fut en partie touchée par un glissement de terrain, qui a fait disparaître cinq geysers : le Pervenets, le Troynoy, le Sakharny, le Sosed et l'Uvodopa; il a aussi créé un obstacle à l'écoulement naturel de la rivière Geysernaia et un barrage qui a noyé pour un temps d'autres structures.

Caldeira d'Uzon - La Vallée des geysers - le nouveau geyser"Prikolny" - photo I.Shpilenok 2009

Caldeira d'Uzon - La Vallée des geysers - le nouveau geyser"Prikolny" - photo I.Shpilenok 2009

En 2009, un nouveau geyser, nommé "Prikolny" ("Particulier") : à l’origine une source chaude, ce geyser présente des éruptions toutes les 6 à 20 minutes; il est unique dans le sens où il réutilise sans arrêt la même eau. L'eau qui jaillit à 5 m. de hauteur retombe dans la cavité pour en ressortir régulièrement.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Uzon - Montly reports  

- Le glissement de terrain 2007 - Spanishflyer livejournal  

- The valley of geyser - Kamchatka geysers

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Au Kamchatka, le Shiveluch a connu ce 12.05.2014 une phase d’activité intense. Elle a débuté selon Volkstat, à 10h09 locale (22h09 UTC), avec une émission ce cendres qui est montée à 9.500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette activité a été confirmée par le KVERT et le VAAC Tokyo. Un second épisode a émis un panache montant aux environs de 8 km. avant de se disperser vers le nord-ouest. Le KVERT a gardé pour l’instant le niveau d’alerte aviation à l’Orange.

Des photos sur le site Volkstat

Sources: Volkstat.ru - KVERT

Shiveluch - 12.05.2014 / 10h09 - photo Y.Demyanchuk / Volkstat.ru

Shiveluch - 12.05.2014 / 10h09 - photo Y.Demyanchuk / Volkstat.ru

Sur divers volcans en activité, des lahars sont signalés.

Les fortes pluies sur le Guatemala ont remobilisé les cendres de l’éruption du Santiaguito du 9 mai, et formé des lahars, qui viennent s’ajouter aux inondations qui frappent le pays.

L’alerte jaune a été décrétée par la Protection civile dans les départements de Quetzaltenango, à l’ouest et Retalhuleu, au sud, concernant les lahars. Selon l’Insivumeh, des coulées de boue se dirigent vers le rio Nimá.

Sources : Insivumeh, Conred, Tele Sur.

Au Sinabung, des observateurs locaux signalent de nouvelles coulées pyroclastiques, générés par des éboulements de la coulée visqueuse (dôme-coulée).

Sur la webcam du VSI / 11.05, un petit panache a été émis … dégazage ou explosion, aucune explication pour le moment n’a été fournie par les volcanologues.

De lahars se multiplient autour du volcan (Kapitaine Krokette / Féd. volcanologues de Canapé).

Sinabung - coulée pyroclastique du 09.05.2014 - photo Endrolew

Sinabung - coulée pyroclastique du 09.05.2014 - photo Endrolew

Une belle vue du Tungurahua / Equateur, où la coulée de lave de début avril se montre récalcitrante à se laisser recouvrir par la neige.

Tungurahua - 11.05.2014 - photo Jose Luis Espinosa-Naranjo

Tungurahua - 11.05.2014 - photo Jose Luis Espinosa-Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les caldeiras jumelles Uzon-Geysernaya forment une grande dépression de 18 km sur 9, découvertes tardivement lors d'une exploration russe, par T.Dikmar en 1852. La dépression résulte d’importantes éruptions explosives à la fin du Pléistocène, associées à des dépôts d’ignimbrites, d’un volume de 20-25 km³, qui ont recouvert 1700km². Une datation du paléosol sous les dépôts suggère une date d’éruption autour de 37.600 +/- 1.000 avant JC.

La caldeira Uzon-Geysernaya - avec le Baranii (16.17 m.) dominant de 300 m. le plancher de la caldeira, et le lac Dalneye. - photo Philip Kyle / Petropavlovsk volc. Institute

La caldeira Uzon-Geysernaya - avec le Baranii (16.17 m.) dominant de 300 m. le plancher de la caldeira, et le lac Dalneye. - photo Philip Kyle / Petropavlovsk volc. Institute

La caldeira Uzon - photo Airpano - référence en sources

La caldeira Uzon - photo Airpano - référence en sources

La caldeira Uzon, située dans la partie nord de l’ensemble, abrite un champ geothermal et de nombreux lacs. L’activité géothermale est concentrée dans une zone de 5 km sur 200-300 mètres, contenant des sources chaudes, des évents de vapeurs et gaz, des volcans et pots de boue, des eaux abritant des algues bleu-vert et des bactéries sulfureuses.

Le géothermalisme de la caldeira est fort différencié : les eaux bouillonnantes de la partie axiale du champ hydrothermal sont riches en silice, bore et chlorure ammonique, et contiennent du lithium, du rubidium, du césium, de l'arsenic, de l'antimoine et du mercure; les gaz émis sont le dioxyde de carbone, l'azote, l'hydrogène, le méthane et le sulfure d'hydrogène. De fortes concentrations de radon sont aussi détectées.

Deux types de minéralisation peuvent être distingués : le type sulfureux, avec des dépôts de soufre, contaminés par de l'opale et des minéraux argileux (kaolinite, smectite); le type mercure-antimoine-arsenic avec du réalgar, de l'alacranite, de l'uzonite et de l'orpiment.

Les lacs occupent des cratères d’éruptions phréatiques; la plus récente a créé en 1989 un cratère large de 14 mètres.

D’autres éruptions phréatiques ont été identifiées : celle du lac Bannoe,date d’il y a 3500 ans et celle du lac Khloridnoe, d’il y a 1500 à 2000 ans.

Le lac Dalnee (Dal’ny), date de 5.600 ans avant JC, est contenu dans un anneau de tuff andésitique. Le mont Belaia est un dôme de lave formé à la fin du Pléistocène.

Caldeira Uzon - Kloridnoe lake  (daté de l'an 200de notre ère) - photo Kibastos.ru

Caldeira Uzon - Kloridnoe lake (daté de l'an 200de notre ère) - photo Kibastos.ru

Bord nord de la caldeira d'Uzon - lac Dalneye (5600 avant JC) - photo © Carole et Frédéric Hardy

Bord nord de la caldeira d'Uzon - lac Dalneye (5600 avant JC) - photo © Carole et Frédéric Hardy

Eaux opalescentes chargées en silice et mares bouillonnantes se côtoient dans la caldeira d'Uzon. - photo © Carole et Frédéric Hardy

Eaux opalescentes chargées en silice et mares bouillonnantes se côtoient dans la caldeira d'Uzon. - photo © Carole et Frédéric Hardy

La caldeira Geysernaya, dans la partie sud de cet ensemble, est remplie de dômes de lave dates de la fin du Pléistocène.

Près de son bord Est, un canyon de 4 km de longueur abrite la célèbre Vallée des Geysers, découverte en 1941, que nous examinerons séparément.

Caldeira Uzon - eaux colorées par les thermophiles - photo English Russia /  Kibastos.ru

Caldeira Uzon - eaux colorées par les thermophiles - photo English Russia / Kibastos.ru

Le volcan Taunshits, situé au NNO des caldeiras jumelles, consiste en un piédestal de la fin du Pléistocène, un grand tuya formé lors de la dernière glaciation, surmonté d’un cône central et de dômes extrusifs.

le volcan Taunshits - photo Vera Ponomareva / KSCNET

le volcan Taunshits - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Son activité ancienne se découvre uniquement côté ouest : vers 5700 avant JC, une éruption couplée à un glissement de terrain a formé un cratère en fer-à-cheval. L’avalanche de débris liée, d’un volume de 3 km³, a transité sur 19 km. Ses dépôts ont été recouverts par des dépôts pyroclastiques, des retombées de la colonne plinienne et plus tard des dépôts de coulées et surges pyroclastiques. Un dôme extrusive s’est installé dans le cratère, précédent une explosion phréatique suivie d’une éruption en l’an 400 avant JC, qui a formé des coulées pyroclastiques et des surges, et enfin une coulée de lave.

Des moraines ponctuées de lacs thermokarstiques (*) entourent le volcan et forment le Sinii Dol (Blue plateau).

A noter : ce volcan actif n’a jamais été inscrit dans le catalogue qui les reprend, vraisemblablement à cause de cette activité dissimulée côte ouest.

Face ouest du volcan Taunshits - Cratère d’effondrement en fer-à-cheval (5700 av JC) – il contient un dôme extrusif et une coulée de 400 av JC - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Face ouest du volcan Taunshits - Cratère d’effondrement en fer-à-cheval (5700 av JC) – il contient un dôme extrusif et une coulée de 400 av JC - photo Nikolai Smelov / KSCNET

(*) lac thermokarstique : ce terme fait référence à une masse d’eau fraiche, peu profonde, qui s’est mise en place dans une dépression suite à la fonte du permafrost. La décongélation continue du permafost peut conduire à un drainage et une disparition du lac thermokarstique. On rencontre fréquemment ce type de lac en Sibérie ou d’autres environnements de toundra.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Uzon

- Uzon caldera, Kamchatka, Russia • 360° Aerial Panorama - link

- Uzonite,Alacranite, Réalgar from the Uzon caldeira - Mineral museum on line

- Hyperthermophile in the history of life - Karl Stetter

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le volcan Kronotsky dominant la réserve du même nom - photo Russian travelling

Le volcan Kronotsky dominant la réserve du même nom - photo Russian travelling

Phare de la Réserve Kronotsky, le stratovolcan symétrique Kronotsky, est situé entre l’océan Pacifique et le plus grand lac du Kamchatka.

Haut de 3528 mètres, il est découpé par des vallées radiales profondes de plus de 200 mètres. Il porte un glacier sommital, dont des lobes descendent jusqu’à 900 mètres d’altitude. Il est de composition essentiellement basaltique, à l’exception d’un neck basalto-andésitique qui bouchonne le cratère sommital, et d’une coulée de flanc.

Des cônes de cendres ponctuent les flancs.

De faibles éruptions phréatiques ont été signalées par des chasseurs en 1922 et 1923, confirmées par le GVP, et suivies d’activité fumerollienne.

Le Kronotsky, vu de la caldeira Krasheninnikov - photo I.Shpilenok

Le Kronotsky, vu de la caldeira Krasheninnikov - photo I.Shpilenok

Au centre en bordure du Pacifique, le symétrique volcan Kronotsky et le lac du même nom, et à gauche, le Krasheninnikov - photo Nasa / ISS expedition 25 crew

Au centre en bordure du Pacifique, le symétrique volcan Kronotsky et le lac du même nom, et à gauche, le Krasheninnikov - photo Nasa / ISS expedition 25 crew

Le lac Kronotsky doit sa formation, entre la fin du Pléistocène et le début de l’Holocène, aux barrages constitués sur la rivière Listvenichnaya par des coulées de lave sur le côté sud du volcan Kronotsky.

Ce lac a une surface de 242 km² et un bassin versant de 330 km², ce qui en fait le plus important lac du Kamchatka. Il possède aussi une impressionnante population de nerkas, avec 30 millions de ces saumons rouges.

Dans la partie Est du lac, on compte 11 îles dépassant le niveau d’une trentaine de mètres, dont certaines abritent des centaines de couples nicheurs de Goéland du Pacifique. Des balbuzards pêcheurs et des pygargues de Steller nichent dans les mélèzes entourant le lac.

Le volcan Kikhpinych - à l'avant-plan, le cône Savich et de récentes coulées. - photo I.Shpilenok

Le volcan Kikhpinych - à l'avant-plan, le cône Savich et de récentes coulées. - photo I.Shpilenok

Le volcan Kikhpinych est le nom collectif pour plusieurs édifices d’âges différents.

Trois structures se sont formées sur une dorsale orientée ouest-est :

- Le Zapadnyi (« Ouest ») s’est édifié entre 2200 et 2100 avant JC (radiocarbone).

- Le cône Savich, 1552 m, a commencé à se former il y a 1.450 ans,

- et le dôme de lave Crab et ses coulées, il y a quelques centaines d’années sur le flanc Est du Savich.

Ces structures de l’Holocène s’accompagnent des ruines de l’Old Kikhpinich, ou Mt Peak, datant du Milieu du Pléistocène, et, au sud, du Mt. Zheltaya (« Yellow »), datant de la fin du Pléistocène.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Kronotsky

- Global Volcanism Program - Kikhpinych

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Réserve Kronotsky : à gauche, le volcan Kronotsky, à droite le Krasheninnikov. - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Réserve Kronotsky : à gauche, le volcan Kronotsky, à droite le Krasheninnikov. - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Un peu oublié parmi les vedettes de le Réserve Kronotsky, le volcan Krasheninnikov est un hybride formé de deux stratovolcans qui se recouvrent, et sont construits dans une caldeira du Pléistocène, de 9 sur 11 km.

Une série de dykes orientés nord-sud, parallèlement au champ volcanique Est, en relation avec une zone d’extension en sub-surface, coupe le bord de la caldeira en direction du Maly semiachik, en traversant au passage la caldeira d’Uzon, et le Bolshoi Semiachik. Ces dykes ont alimenté les évents monogénétiques de la zone nord, qui s’étendent sur 15-20 km au-delà de la caldeira.

Les vues aériennes dévoilent sa beauté intérieure, et deux cratères larges de 800 mètres.

Les volcans de la Réserve Kronotsky

Les volcans de la Réserve Kronotsky

Les sommets du Krasheninnikov , avec en arrière-plan, le volcan Kikhpinych - photo Michael Melford / National Geographic

Les sommets du Krasheninnikov , avec en arrière-plan, le volcan Kikhpinych - photo Michael Melford / National Geographic

Le tuff de ponce blanche de la caldeira du Pléistocène (au-delà du bord NO du Krasheninnikov) est surmonté de dépôts glaciaires (brun clair) et de dépôts pyroclastique et sol datés de l’Holocène (brun foncé). - photo Andrei Nechaev / KSCNET

Le tuff de ponce blanche de la caldeira du Pléistocène (au-delà du bord NO du Krasheninnikov) est surmonté de dépôts glaciaires (brun clair) et de dépôts pyroclastique et sol datés de l’Holocène (brun foncé). - photo Andrei Nechaev / KSCNET

Le cône Sud s’est édifié en premier, à partir de 8.050 avant JC ; ses dernières éruptions, vers 5.450 avant JC, furent suivies par une période de repos dans la caldeira de 900 ans.

Puis l’activité s’est déplacé deux km. plus au nord, et l’édification du cône nord a débuté sur les pentes de l’ancien cône vers 4.450 avant JC, le magma ayant trouvé un chemin plus facile au travers de dykes nouvellement formés plutôt que d’utiliser l’ancien conduit. Le cône nord est couronné d’une caldeira, contenant un petit stratovolcan, dont le cratère abrite un petit cône … à la façon des matryoshka. La  dernière éruption du Krasheninnikov se sont produites, il y a seulement 460 ans, avec la formation du petit cône de lave Paul, dans le cratère sommital du cône Nord, et une coulée de lave au niveau d’un évent situé sur le flanc supérieur sud-ouest du cône sud.

Le Krasheninnikov , avec en arrière-plan, la silhouette parfaite du Kronotsky - photo E.Shpilenok / live journal

Le Krasheninnikov , avec en arrière-plan, la silhouette parfaite du Kronotsky - photo E.Shpilenok / live journal

Le cône sud du Krasheninnikov, contenant le petit cône Paul - photo E.Shpilenok / Wildlife photo Russia

Le cône sud du Krasheninnikov, contenant le petit cône Paul - photo E.Shpilenok / Wildlife photo Russia

Le volcan doit son nom à Stepan Petrovich Krasheninnikov (1711-1755), explorateur Russe, naturaliste et géographe, qui a fait la première description complète du Kamchatka au début du 18° siècle.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Krasheninnikov

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Le Santiaguito en éruption le 9 mai 2014 - Fotografía de Elias Natanael Temaj / Conred

Le Santiaguito en éruption le 9 mai 2014 - Fotografía de Elias Natanael Temaj / Conred

Le Santiaguito est entré en éruption le 9 mai 2014, vers 10h locale (16h UTC). Un panache de cendres est monté à plus de 7.600 mètres, avant de se disperser vers le sud-ouest (VAAC Washington). Les flancs du volcan et une zone sud-ouest ont été couverte par les coulées pyroclastiques.

Les retombées de cendres ont affecté les villages de Las Marías, San Marcos Palajunoj, El Faro, La Florida, et Patzulín. Des lahars descendent par le rio Samalá.

La CONRED a décrété une alerte orange (surveillance constante et mobilisation de l’assistance humanitaire) pour les départements de Quetzaltenango et Retalhuleu et une alerte jaune institutionnelle. 360 personnes ont été évacuées des fermes El faro et El Patzulín.

Les instances officielles indiquent que les matériaux dispersés dans un rayon de 20 km. et présents dans l’atmosphère peuvent causer des problèmes respiratoires et oculaires, et une contamination de l’eau potable. Il est recommandé de couvrir les aliments et récipients contenant de l’eau.

Aux dernières nouvelles, l’éruption semble en phase de déclin, avec toutefois des coulées pyroclastiques dans le rio Nimá.

Sources :

Insivumeh et Conred

L'éruption du Santiaguito du 09.05.14 - photo Insivumeh via Twitter

L'éruption du Santiaguito du 09.05.14 - photo Insivumeh via Twitter

The Santiaguito erupted on May 9, 2014 , at 10 am local (16h UTC). An ash plume rose to more than 7,600 meters, before dispersing to the south -west ( Washington VAAC ) . The flanks of the volcano and southwest area were covered by pyroclastic flows .
Falling ash affected the villages of Las Marías , San Marcos Palajunoj , El Faro, La Florida, and Patzulín . Lahars down by the river Samalá .
CONRED declared an orange alert ( constant monitoring and mobilization of humanitarian assistance) for the departments of Quetzaltenango and Retalhuleu and institutional yellow alert . 360 people were evacuated from farms El Faro and El Patzulín .

Official instances indicate that materials dispersed in a 20 km radius and present in the atmosphere can cause respiratory and eye problems, and contamination of drinking water. It is recommended to cover the food and water containers .
At last , the eruption seems in decline , but with pyroclastic flows in the Rio Nima .
sources:
INSIVUMEH and Conred

Santiaguito 09.05.02014 - données RSAM (Real-time Seismic-Amplitude Measurement ) - doc. Insivumeh

Santiaguito 09.05.02014 - données RSAM (Real-time Seismic-Amplitude Measurement ) - doc. Insivumeh

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif volcanique Ksudach est particulier, tant du niveau de sa morphologie que de son histoire géologique.

Ce grand stratovolcan, à bas-angle, aussi appelé Voniuchi Khrebet, est formé de couches de laves basalto-andésitiques alternant avec des pyroclastes dacitiques. Il est tronqué par un complexe de cinq caldeiras. Deux lacs, le Klyuchevoye et le Shtyubela, occupent une partie des caldeiras sommitales.

Le cratère Stübel ( Shtyubel’ ), situé dans la partie nord du complexe de caldeiras, est le site de l’activité volcanique au cours du dernier millénaire, dont la dernière éruption du Ksudach, de VEI 5, considérée comme la plus importante jamais enregistrée au Kamchatka.

Une partie du massif volcanique Ksudach, avec au centre, le cratère Shtyubel', ses trois maars et le lac Shtyubela - sur la droite, une partie du lac Klyuchevoye - photo geographic.org

Une partie du massif volcanique Ksudach, avec au centre, le cratère Shtyubel', ses trois maars et le lac Shtyubela - sur la droite, une partie du lac Klyuchevoye - photo geographic.org

Formation des caldeiras :

Deux grandes caldeiras, I et II, se sont formées à la fin du Pléistocène, trois plus petites, III, IV et V, au cours de l’Holocène.

- L’activité à l’Holocène a débuté entre 7.900 avant JC (GVP) et 6.800 avant JC (KSCNET) avec l’éruption et l’émission du téphra KS4 (1,5–2km³) et la formation de la caldeira III.

- La caldeira IV (3,5 km sur 4) s’est formée à partir de 5.200 avant JC, et résulte de deux grandes éruptions : 5.200 av.JC / couche téphra KS3 et 4.900 av. JC / couche téphra KS2. Le volume total de téphra émis est de 10-11 km³. La formation de la caldeira IV a été suivie de la croissance d’une série de dômes extrusifs de dacite, pour un volume estimé à 0,5 km³. Le lac Kluchevoye occupe une partie de la caldeira IV .

Le massif volcanique Ksudach - les cinq caldeiras et au N, le lac Shtyubela, au S, le lac Klyuchevoye. - doc. E.Kaspersky / Google Earth

Le massif volcanique Ksudach - les cinq caldeiras et au N, le lac Shtyubela, au S, le lac Klyuchevoye. - doc. E.Kaspersky / Google Earth

Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa /  ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa /  ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.

Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa / ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.

La caldeira V, la plus récente, s’est formée suite à une forte éruption, de VEI 6, à partir de l’an 240, qui a produit 18-19 km³ de téphra.

La hauteur de la colonne éruptive est estimée à 22-30 km. Les coulées pyroclastiques et les surges pyroclastiques se sont étendues sur 20 km. L’aire de dévastation totale est de 400 à 500 km², et la végétation a été affectée sur environ 12.000 km² additionnels, sur lesquels une couche de cendres de 5 à 40 cm. s’est déposée. Les téphras sont retombés sur plus de 1.000 km. vers le nord. La caldeira d’effondrement qui en résulte est de 4 sur 6,5 km., avec une cavité d’un volume de 6,5-7 km³.

Une centaine d’années après l’effondrement de la caldeira V, le cône Shtyubel’ a commencé à s’établir, au départ d’éruptions faiblement explosive et d’extrusion de laves. Trois grandes éruptions explosives ont marqué le cône Shtyubel’ en l’an 1.000, 1.750 et 1.907, avec respectivement l’émission des téphras KSht1, KSht2 et KSht3.

Ksudach volcano - les restes décapités du cône Shtyubel' (Stübel), maintenant occupé par le lac Shtyubela - photo Eugene Kaspersky / Flickr.

Ksudach volcano - les restes décapités du cône Shtyubel' (Stübel), maintenant occupé par le lac Shtyubela - photo Eugene Kaspersky / Flickr.

L’éruption de 1907 :

L’activité plinienne a déposé 1,5 km³ de cendres, sur une zone s’étendant jusqu’à 1.000 km vers le NNE.

Elle a été suivie d’une explosion latérale qui a détruit le cône Shtyubel’, réduisant sa hauteur de 650 mètres. Les coulées pyroclastiques et les surges se sont déplacés vers le NO, en surmontant les parois de la caldeira Ksudach. Une chaîne de trois maars, orientés sur une ligne NE-SO, a été occupée rapidement par les eaux du lac Shtyubela.

Ksudach volcano – La paroi NE du cratère Shtyubel’ est chapeauté de couches de dépôts pyroclastiques, de dépôts de coulées et surges pyroclastiques de l’éruption de 1907. - photo Eugene Kaspersky / Flickr

Ksudach volcano – La paroi NE du cratère Shtyubel’ est chapeauté de couches de dépôts pyroclastiques, de dépôts de coulées et surges pyroclastiques de l’éruption de 1907. - photo Eugene Kaspersky / Flickr

Sources :

- KSCNET - Holocene Kamchatka volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Ksudach

- Flickr - Kamchatka , summer 2012 - photos d'Eugene Kaspersky - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé comme la lac Kourile dans la caldeira Pauzhetka datée de 443.000 ans, le complexe de dômes Dikii Greben couvre plus de 60 km².

Ce complexe est constitué du Mont Nepriyatnaya – " Unpleasant " , le dôme principal, de nombreux dômes de flancs, de leurs laves et coulées pyroclastiques ; il forme le plus  grand édifice extrusif de l’arc Kamchatka-Kouriles.

Le complexe Dikki Greben, le Mt. Nepriyatnaya, ses coulées N & S, et, en arrière-plan, le lac Kourile - photo Nikolaï Smelov / KSCNET

Le complexe Dikki Greben, le Mt. Nepriyatnaya, ses coulées N & S, et, en arrière-plan, le lac Kourile - photo Nikolaï Smelov / KSCNET

Le complexe s’est formé au cours de trois courtes périodes d’activité séparées de longues périodes de repos d’environ 3.000 ans chacune.

- Son existence débute vers 5700-5600 avant JC, après l’effondrement de la caldeira du lac Kourile.

- Une seconde phase prend place entre 3500 et 2250 avant JC.

- La plus grande part du complexe, incluant les laves situées au nord et au sud du Mt. Nepriyatnaya, s’est formée durant une éruption de l’an 350 : au nord de ce dernier, une épaisse coulée de lave bordée de levées bien exprimées,  et au sud, une topographie qui marque son origine dans un effondrement sectoriel du dôme de lave principal. Un total de 9 à 10 km³ de dacite et 2 à 3 km³ d’andésite a été émis à cette époque.

Deux grands cratères et quelques évents plus petits se sont formés par la suite.

Au cours de ces trois phases, des déformations et des glissements de terrain se sont produits, certains constituant des barrages sur la rivière Ozernaia, drainage du lac Kourile.

Dikki Greben - le Mt. Nepriyatnaya et ses coulées -  Landsat 7 image of Dikii Greben' volcano draped over a digital elevation model. Processed by Dmitry Melnikov.

Dikki Greben - le Mt. Nepriyatnaya et ses coulées - Landsat 7 image of Dikii Greben' volcano draped over a digital elevation model. Processed by Dmitry Melnikov.

Le Kambalny, situé au sud de la dépression volcano-tectonique Pauzhetka, est le stratovolcan majeur le plus au sud de la péninsule du Kamchatka.

Haut de 2.156 mètres, il est constitué de deux cônes : à l’ouest, un cône formé il y a environ 6.300 ans, fut détruit par un large effondrement, il y a 6.000 ans (radiocarbone), qui a généré au moins trois avalanches de débris, d’un volume total estimé entre 5 et 10 km³.

le Kambalny - photo Igor Shpilenok / live journal

le Kambalny - photo Igor Shpilenok / live journal

La première avalanche a parcouru 14 km direction sud-est. Un nouveau cône s’est formé ensuite dans le cratère, suite à de fortes éruptions explosives. Un nouvel effondrement a impliqué tant l’ancien cône que le nouveau cône émergeant, formant un dépôt de 20 km de long et 5 de large, au SSO du volcan. La troisième avalanche de débris, qui a parcouru plus de 10 km au NE, est dominée par des roches altérées hydrothermalement de l’ancienne dorsale.

Des éruptions ultérieures ont bâti le nouveau cône qui a rempli une part du cratère effondré, formant un édifice asymétrique. Le cratère actuel est large de 800 mètres sur 400, et profond de 150 m. Cinq cônes de scories ponctuent les flancs du volcan.

L’espace libre entre les hummocks des dépôts des avalanches de débris est maintenant occupé par des tourbières, qui ont protégé toutes les fines couches de cendres émises par les volcans du sud-Kamchatka et leur histoire.

La dernière éruption importante du Kambalny date de l’an 1350 ; cette éruption phréatique a laissé des débris sur les pentes sud-ouest du volcan. Des éruptions ultérieures, plus petites, ont produites des lahars.

Kambalny - zone d'avalanche en hummock marécageuse -  photo  L.D. Shulerzhitsky

Kambalny - zone d'avalanche en hummock marécageuse - photo L.D. Shulerzhitsky

Son actuelle activité est confirmée par la  présence de zones de fumerolles, sources chaudes et pots de boue, en neuf zones concentrées sur la dorsale Kambalny dominant de 800 à 1.000 mètres la toundra.

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Sources :

- KSCNET - Holocene Kamchaka volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Diky Greben

- Gloval Volcanism Program - Kambalny

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