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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                     Tungurahua le 27.04 / 17h30 - José Luis Espinosa Naranjo

 

D'après une dépêche d'activolcans du 27.04.2011 :

L'activité éruptive s'intensifie encore au Tungurahua avec des panaches de cendres qui dépasse parfois 7000 m de hauteur (au-dessus du cratère). Les autorités ont commencé à évacuer de manière préventive les villages de Cusúa, Bilbao, Chacauco et ont déclarer l'alerte orange dans les zones proches de l'édifice. Cette activité explosive importante s'accompagne d'abondantes chutes de cendres dans les villages situés sous le vent. Par ailleurs les ondes atmosphériques fréquentes font vibrer portes et fenêtres dans plusieurs villages dont le très touristique Baños. Les ondes sismiques sont aussi ressenties dans plusieurs villages proches. Sources : IGEPN; El Heraldo.


395_ceniza.JPGMon ami josé Luis signale des chutes de cendres, accompagnant un temps froid et pluvieux sur Ambato. 

 

Sources :

- Activolcans

- IGEPN

- José Luis Espinosa Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petite precision préliminaire : Le volcan sous le glacier ne porte pas de nom particulier, on le nomme donc d'après le glacier qui le couvre. Les Eyjafjöll (au pluriel) désignent ses contreforts sud, face à la mer et visibles des îles Vestmann (ey -> île en islandais, Eyjafjöll -> les montagnes, ou plutôt contreforts, qu'on voit des îles). Dans les autres langues, y compris l'islandais, on se réfère au volcan par le nom du glacier, c. à. d. Eyjafjallajökull.

 

glaciers.png                                       Les principaux glaciers ( -jökull) islandais

 

Deux massifs volcano-glaciaires occupent le sud islandais, situés sur la zone de rift est : l’Eyjafjallajökull (avec le volcan Eyjafjöll) et le Myrdalsjökull (avec le volcan Katla).


os gigjok 114.04.10L'Eyjafjallajökull avant l'éruption - vu du nord avec la langue glaciaire du Gigjökull et le petit lac glaciaire au pied de celui-ci - photo O.Sigurdsson.


L’Eyjafjöll est un stratovolcan allongé selon un axe E-O., qui comporte une caldeira sommitale de 2,5 km. de large. Bien que ce volcan, haut de 1.666 mètres, soit entré en éruption au cours des temps historiques, il est considéré comme le moins actif de la zone volcanique est, et la dernière éruption au 19°siècle date de 1823.

Une intrusion magmatique sous le flanc sud , accompagnée d’une augmentation de la sismicité est remarquée à partir de juillet-décembre 1999 : elle mènera à une nouvelle éruption fort médiatisée.

 

Eyjafjoll-cumulative-eartquakes-02-08.2010.png                       Séismes cumulatifs de février 2009 à août 2010 - doc IMO/IES.


A partir de décembre 99, l’activité sismique est marquée par des milliers de petits séismes, pour la plupart de magnitude 1-2, situés entre 7 et 10 km. sous le volcan et enregistrés par les instruments de mesure (séismomètres, tiltmètres, GPS et interférométrie InSAR). L’ Icelandic Meteorological Office enregistre le 26 février 2010 une activité sismique inhabituelle avec une expansion rapide de la croûte terrestre, évidence pour les volcanologues que le magma se répand dans la chambre magmatique … la pression engendrée est responsable d’un déplacement crustal marquant la zone de Thorvaldseyri. La sismicité va augmenter continuellement pour atteindre près de 3.000 séismes entre les 3 et 5 mars.   

 

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           Essaim de séismes sous Fimmvörduhals entre le 19 et le 21 mars 2010 - doc IMO


1016088 - Institute earth sc.       Schéma de la première phase éruptive à Fimmvorduhals -  doc. Inst. Earth Sciences.


L’éruption proprement dite débute le 20 mars 2010, à Fimmvörðuháls, le col distant de 8 km. du sommet de l’Eyjafjöll et situé entre les deux glaciers voisins. La première phase de l’éruption est fissurale, de type hawaïen. La progression des coulées de lave est relativement lente au début, puis les coulées cascadent en entrant dans deux canyons, Hrunagill et Svarnagill, pour couvrir 0,9 km² le 28 mars, et 1,27 km² le 7 avril.        

 

 

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Carte des coulées entre le 21.03 et le 07.04.2010 - doc. IMO - La fissure éruptive est marquée par un trait rouge.

 

Is100185.jpg Cône formé par l'éruption fissurale à Fimmvorduhals - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel - un clic sur la photo vous mène vers son site.


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Première phase de l'éruption : cascades de lave à leur brusque descente dans un canyon - photo fredrikholm. se (le personnage à gauche donne l'échelle)


L’inflation du volcan a stoppée de façon surprenante dès le début de l’éruption, mais s’est maintenue jusqu’au 12 avril, date de fin de la première phase de l’éruption … dans la plupart des cas, le volcan entre en déflation (se dégonfle) au fur et à mesure que les coulées de lave vidangent partiellement la chambre magmatique.


Après une pause de deux jours, la seconde phase de l’éruption débute autour de minuit le 14 avril 2010 , précédée par un essaim de séismes entre le 13 à 23 h. et le 14 à 1h., suivi de trémor éruptif. Le centre éruptif s’est déplacé sous le glacier et l’interaction entre le magma et celui-ci génère une éruption explosive phréatomagmatique dans la caldeira sommitale. Le volcan est couvert de nuages, mais une investigation aérienne révèle, par images radar, la présence d’une série de cratères alignés sur une fissure NS de 2 km. de long … le panache éruptif chargé de cendres va monter à plus de 8.000 mètres, avant de dériver vers l’est.

 

Jokulhlaup-14.04.2010-in-Markarflot---Atli-Thorvaldsson-IM.jpg                  Jokulhlaup dans Markarfjlot le 14.04.2010 - photo Atli Thorvaldsson / IMO


Un Jökulhlaups , une débâcle glaciaire, débute sur le côté nord du volcan dans la vallée de Markarfjlot, détruisant routes, infrastructures et terres cultivables, sans faire toutefois de victimes étant donné l’évacuation préventive de 800 personnes.

Le panache éruptif va atteindre le continent européen le 15 avril,  Cendres - Modis -14-21.04.10causant une rupture du trafic aérien et une fermeture en cascade des espaces aériens européens. L’activité volcanique se maintient stable, avec émission de panache d’une hauteur moyenne de 5 km. et de jökulhlaups, par pulsions répétées.

Relevé de la masse des cendres en kilotonnes - d'après données MODIS.

 

De spectaculaires séances d’éclairs illuminent le panache durant ces jours là.


Eyjafjallajokulsgos--R.Sigurdsson.jpg   Eclairs durant la seconde phase éruptive / épisode strombolien - photo R.Sigurdsson


Le 23 mai, le VAAC London déclare que l’éruption est terminée, mais le volcan reste sous surveillance.

 

Une estimation des matériaux éruptifs déchargés lors des premières 72 heures à l’Eyjafjallajökull a été faite par l’Institut des Sciences de la Terre Islandais : les produits éruptifs – 140 Mm³ - peuvent être classés en trois catégories :

- les téphra déposés dans les chaudrons glaciaires autour des cratères : 30 Mm³

- les téphra remplissant le lac glaciaire de Gigjökulslon, charriés par les torrents descendants le glacier Gigjökull : 10 Mm³

- les téphra véhiculés par les vents vers le sud et l’est du volcan : 100 Mm³

Ces téphra non compactés correspondent à un volume de magma de 70 à 80 Mm³, avec un ratio de décharge de 750 tonnes/seconde, soit 10-20 fois le ration de l’éruption de flanc de Fimmvörðuháls.


La composition des laves différentes au cours des deux phases permet une meilleure compréhension de l’éruption. Les laves de la phase initiale sont des basaltes alcalins à olivine, avec une teneur en silice de 47% ; la deuxième phase produit des trachyandésites, avec une teneur en silice de 56,7 à 59,6 % de SiO². L’analyse des cendres révèle une teneur en fluor de 850 mg./kg. le 19 avril. D’après Sigmundsson, "c’est le mélange entre deux différents types de magma , l’un existant sous l’aire sommitale, l’autre appartenant à l’intrusion magmatique, qui aurait causé l’éruption explosive … l’explosivité d’une éruption dépend du type de magma, et celui-ci dépend de la profondeur de la source" ; c’est donc par l’étude du système de plomberie du volcan qu’on pourra à l’avenir comprendre les processus conduisant l’activité volcanique, mais on est encore loin de pouvoir prédire chaque éruption !


 

iceland-volcano-lg.jpg                                Illustration by Zina Deretsky, U.S. National Science Foundation

                    Plumbing system de l'Eyjafjallajökull avec dyke et sills d'alimentation.

Les trois premières vignettes montrent les épisodes d'intrusion magmatique ayant causé déformation et sismicité en 1994, 1999 et dans le courant début 2010.

Le 4° vignette : première phase éruptive à Fimmvörduhals avec sortie de magma basaltique.

La 5° vignette : seconde phase explosive et panache de cendres.

 

09.10.2010---O.Sigurjonsson.jpgLes premières neiges en octobre 2010 prouvent que la lave, au cratère sommital de l'Eyjafjallajökull, a refroidi - photo Ol.Sigurjonsson / IMO.

 

Sources :

- Institute of Earth Sciences - Univ. of Iceland - eruption in Eyjafjallajökull - link

- Icelandic Met Office - divers articles - link

- Univ. of Wisconsin - Madison : intrusion triggering of the 2010 Eyjafjallajökull explosive eruption - by J.Sakai, Z.Deretsky, F.Sigmundsson, K.L.Feigl  - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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Panache éruptif du Tungurahua le 26.04.2011 - grâce à l'aimable collaboration de mon ami équatorien José Luis Espinosa Naranjo.

 

Depuis une semaine, le volcan Tungurahua connaissait un regain d'activité, qui s'est encore accru au cours des dernières 24 heures. Il a émis lundi et mardi des panaches chargés de cendres qui sont montés entre 4.000 et 7.000 mètres, selon les sources.

L'Institut de Géophysique Equatorien a indiqué mardi que de la lave sortait du sommet et s'écoulait sur les flancs du volcan. Le ministère de l'éducation a suspendu les classes dans quatre villes situées à proximité, au moins jusqu'à mercredi soir.

Les retombées de cendres ont endommagé les cultures et les pâturages; il est recommandé de se couvrir la bouche et le nez avec un masque, de fermer portes et fenêtres.

 

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Panache éruptif du Tungurahua le 26.04.2011 - grâce à l'aimable collaboration de mon ami équatorien José Luis Espinosa Naranjo.

 

Sources :

- photos de José Luis Esperansa Naranjo DR

- BBC News

- The Canadian Press

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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    Landmannalaugar, le mélange des plans d'eau et de la roche colorée - © Antony Van Eeten

 

39226_426319651440_645396440_5109739_6599039_n-copie.jpg                                       Paysages ravinés  - © Antony Van Eeten


Landmannalaugar signifie en islandais « les sources chaudes des gens du pays » , trait qui caractérise une partie de cette vaste zone située à proximité de l’Hekla.

Le massif du Landmannalaugar présente un paysage tourmenté où un volcanisme acide a forgé des montagnes de rhyolite, qui côtoient des cratères rougeâtres, des vallons et des champs de cendres et laves, qui bordent des lacs d’un bleu profond. La palette de couleur regroupe le noir, le jaune pâle, le bleu, le rose et le rouge … peu de vert, à part quelques mousses.

 

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                 © Antony Van Eeten

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               © Antony Van Eeten

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                    © Antony Van Eeten

37576 426261041440 645396440 5107113 2912437 n copie                            Une palette assez étonnante - © Antony Van Eeten


Le paysage semble à première vue stérile, mais abrite une flore discrète et adaptée au terrain volcanique.

 

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       Les plantes se défendent contre la sécheresse en se nanifiant - © Antony Van Eeten


A part quelques structures importantes, inutile d’essayer de nommer chaque bosse … il faut se laisser bercer par les couleurs douces en camaïeu et savourer l’Islande.

 

38507 426261296440 645396440 5107131 4278781 n copie                                                                                                      © Antony Van Eeten

 

Blahnukur  - signifiant le pic bleu - est une montagne soulignée de bleu-vert, creusée de sillons profonds dus à l’érosion par les pluies et la neige.

 

blahnukur-surplombe-la-vallee-de-Brandsgil---voyage-en-isl.jpg                      Blahnukur surplombe la vallée de Brandsgil - photo voyage en Islande.

 

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                         Le pic bleu ressort du paysage ocre - © Antony Van Eeten


Le Brennisteinsalda est un volcan, haut de 855 mètres, qui doit son nom islandais signifiant « la vague de soufre », aux spots de soufre qui le colore. Mais ici tout n’est pas jaune ! Le vert des mousses se marie au noir ou au bleu des laves, et au rouille des oxydes de fer. Ce volcan est toujours actif , comme en témoignent les solfatares.

 

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                                      Brennisteinsalda -  © Antony Van Eeten

39051 426260756440 645396440 5107095 5553795 n copie                              Mamelon oxydé et fumant - © Antony Van Eeten

 

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              Quelques plaques de neige gelée parmi les fumerolles - © Antony Van Eeten

 

39821 426268986440 645396440 5107724 7248155 n copie                                                                                                    © Antony Van Eeten

 

38224 426268841440 645396440 5107709 1552556 n copie                           Certains bassins font plus que fumer -  © Antony Van Eeten


Au pied du Laugarhraun, une coulée de lave située au centre du site laisse voir par endroit des passes d’obsidienne.

 

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                           La grande coulée du Laugarhraun - © Antony Van Eeten

 

39827_426260031440_645396440_5107041_8109776_n-copie.jpg                                            Début de coulée - © Antony Van Eeten


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                                     Bloc d'obsidienne - © Antony Van Eeten

 

Une rivière aux eaux chaudes, près de 40 degrés, invite à la baignade.

 

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Dans la réserve, seul trois endroits sont autorisés pour y planter sa tente : Landmannalaugar, Landmannahellir et Hrafntinnusker.

Hors réserve, on peut le faire partout à condition de ne rien souiller.


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                  Concentration de tentes dans la réserve - © Antony Van Eeten


Les possibilités de randonnée y sont nombreuses dans ce dédale, où l’on peut à sa guise suivre les sentiers plus ou moins balisés ou se laisser guider par le lit des torrents.

Le trek, qui peut durer quatre jours dans le Landmannalaugar, finit habituellement à Thorsmörk, mais peut se prolonger, via Fimmvörduhals, situé entre deux glaciers maintenant bien connus, l’Eyjafjallajökull et le Myrdalsjökull, en direction de Skogar et de la côte sud.

 

 

 

Sources :

- Landmannalaugar - le site officiel - pour tout renseignement pratique - link

- Landmannalaugar -ascension du Blahnukur - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le système volcanique Hekla-Vatnafjöll comprend le volcan Hekla et le Vatnafjöll, une rangée de cratères et fissures basaltiques, longue de 40 km et large de 9 km.

 

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La morphologie de l’Hekla est intermédiaire entre une rangée de cratères / fissure éruptive et un stratovolcan … vu dans le sens de la fissure Heklugja, longue de 5,5 km. qui le coupe, et étant donné l’activité répétée à ce niveau, il présente la configuration concave typique d’un stratovolcan. Cette fissure est oblique par rapport à la plupart des structures de la zone volcanique est.

La base du volcan mesure 12 km. de long pour 9 km. de large ; il s’élève à 1.000 mètres au dessus des terrains environnants.

 

mount-hekla.jpg                    Une rare photo du sommet de l'Hekla dégagé de tous nuages.

 

Bien que facile d’accès, il ne fut gravit qu’en 1750, car la croyance populaire y voyait l’entrée des enfers. Cette croyance fut colportée par des moines Cisterciens à travers l’europe, après l’éruption de 1104 ; Herbert de Clairvaux dans son "Liber De Miraculis" (1180) signale que « son chaudron est une petite fournaise en comparaison de l’énorme enfer »

Un autre mythe lui vaut d’être connecté à l’Etna … Jules Verne en parle dans son « Voyage au centre de la terre ».

Hekla est un terme islandais signifiant en français « capuchon », en référence aux nuages qui recouvrent fréquemment le sommet du volcan en l'« encapuchonnant « . Une des premières sources latines fait référence à ce volcan sous le terme de "Mont Casule" (le mont chasuble).

Une carte d’Abraham Ortelius (cartographe Hollandais) datée de 1585, montre l’Hekla en éruption ; le texte en latin mentionne que  "L’Hekla, perpétuellement condamné aux tempêtes et à la neige, vomit des pierres avec un bruit terrible" ("Hekla perpetuis/damnata estib. et ni:/uib. horrendo boatu/lapides evomit")

 

756px-Hekla_-A._Ortelius-_Detail_from_map_of_Iceland_1585-c.jpg                          Carte d'A.Ortelius (1527-1598) - doc.Wikipedia/Altiplano.


Au 16°siècle, Peucer écrit que "les portes de l’Enfer peuvent être trouvées dans l’abyme sans fond des roches de l’Hekla" … et cette croyance dura jusque dans les années 1800.

 

Ce volcan a produit un magma et des laves uniques en Islande : des andésites basaltiques (conc. en SiO2 >54%), au contraire des basaltes tholéiitiques (SiO2 45-50%)  produit de façon typique par les volcans de la zone de rift islandais. Les phénocristaux présents dans les laves de l’Hekla sont : plagioclase, pyroxène,titanomagnétite, olivine et apatite.

On a pu déterminer, par des mesures de déformation prises après l’éruption de 1980, que le réservoir magmatique est situé à une profondeur de 8 km sous le sommet.

Les tephra produits par l’Hekla sont riches en fluor et présentent un danger pour la santé animale et humaine.

 

Une des plus grande éruption islandaise de l’Holocène est attribuée à l’Hekla ; cette éruption de VEI 5 datée de 1100 avant JC., appelée « Hekla 3 », propulsa 7,3 km³ de roches volcaniques dans l’atmosphère, avec une incidence sur le climat vérifiée sur l’analyse dendrochronologique des arbres en Irlande, où les arbres ne firent que des cercles de croissance insignifiant durant une décade.

Les éruptions Hekla 3,4 (VEI 5 – 2130 avant JC.) et 5 (VEI 5 – 5150 avant JC.) ont produit des tonnes de poussières et tephra rhyolitiques , qui ont recouvert 80% de la surface de l’Islande et laissé des marqueurs de date dans les sols de Scandinavie et des îles Orcades.

 

Son activité depuis le Moyen-age le classe parmi les volcans les plus actifs du monde, avec des éruptions majeures en 1104, 1158, 1206, 1222, 1300, 1341, 1389, 1510, 1597, 1636, 1693, 1766, 1845, 1947, 1970, 1980, 1991 et 2000. Ses éruptions présentent en général une phase débutante explosive.

 

 

L’éruption explosive de l’an 1104 – VEI 5 -  détruisit la vallée Þjórsárdalur, produisant des coulées de lave qui couvrent les flancs du volcan, et 2,5 km³ de tephra rhyodacitiques.

 

Depuis 1970, on constate que l’intervalle de repos a changé, devenant plus court et plus régulier, de l’ordre de 10 années, alors qu’il était de 50 ans au cours des siècles précédents.

 

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              Carte des coulées récentes, 1980-2000, de l'Hekla - doc. Decade volcanoes

 

id300hekla1980.jpg                               Hekla - fissure éruptive en 1980 - auteur non répertorié.

 

Hekla-17.08.1980-G.Sigvaldason.jpg                       Le panache éruptif de l'Hekla, le 17.08.1980 - photo G.Sigvaldason

 

volcanoaurora2_shs_big---1991-Hekla.jpgHekla - l'éruption et l'aurore boréale coïncident pour le bonheur des yeux, en 1991 - photo S.H.Stefnisson / "Astronomic picture of the day" .


L’éruption de 2000 est bien documentée : elle débute le 26 février après 9 ans de repos, le long d’une fissure de 6-7 km. Un panache haut de plus de 10 km. se développe dans les cinq premières minutes de cette éruption explosive, dérivant vers les zones inhabitées du nord.


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Eruption fissurale de 2000- photo decadevolcano / avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer

 

hekla260200.jpgElle se poursuit par des fontaines de lave formant un rideau de feu.

Doc. Euronews.


Après quelques heures, l’éruption devient plus effusive.

Le 27, des coulées de lave émanent de trois cratères situés à l’extrémité sud de la fissure, avancant d’environ un mètre par minute.

Le 1 ° mars, l’éruption reprend vigueur ; les coulées de lave couvrent une surface de 16-18 km², et des retombées de cendres sont signalées jusqu’à Rekjavik.

Le 3 mars, l’activité est essentiellement strombolienne.

La dernière activité est signalée le 5 mars, et le trémor cesse le 8 mars … l’éruption est terminée. Elle aura produit 190 millions de m³ de lave qui ont recouvert une aire de 18 km², et 28 millions de m³ de tephra . Elle a été classée de VEI 3.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hekla

- Icelandic Met Office - a volcanic eruption in hekla, february 26,2000 - link

- Hekla volcano - Decade volcano - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                                     Le Kerið en octobre 2009- photo progresschrome

 

Le Kerith, ou Kerið, est un cratère occupé par un lac, situé dans l'aire de Grimsnes.

Le champ de lave Grimsneshraun couvre 54 km²; leur origine est un groupe de 11 fissures qui ont produit, dans un court intervalle compris entre il y a 6.500 et 5.500 ans ( 8.900 à 7.400 ans selon un autre mode de datation), une série de cratères en rangée orientée NE-SO.

Le champ de lave se répartit en divers zones : le champ de lave Seyðishólar-Kerhólahraun couvre 23,5 km², le champ Tjarnarhólahraun 11,9 km², le champ Kálfshólahraun 8 km² et l' Álftarhólshraun 6.2 km² , pour un volume total de laves émises estimé à 1,2 km³.

 

La petite caldeira du Kerið fait partie de la série de cratères de Tjarnarholar.  Elle est composée de roches volcaniques rouges, est profonde de 55 mètres, large de 150 m. sur 270. L'une de ses pentes est moins raide que les autres, et habillée de mousses.

Son âge est d'approximativement 3.000 ans, soit la moitié de celui des structures volcaniques avoisinantes, Seyðishólar et Kerhóll.

 
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            Le Kerið et les cinder cones voisins - photo Lee Siebert 2008 / Smithsonian inst.

 

Sa forme arrondie et la présence d'un lac ont tout d’abord fait penser à un maar issu d’une explosion phréato-magmatique mais l’absence de scories caractéristiques de ce type d’explosion aux alentours et la faible profondeur du lac - entre 7 et 14 mètres - ne concorde pas avec cette théorie.
Ce volcan doit avoir connu une courte activité essentiellement effusive tout en formant un cône de scories de taille modeste. Vers la fin de l’éruption le cône de scories s’est effondré dans une petite chambre magmatique peu profonde vidée de son contenu, créant en surface un cratère parfaitement circulaire aux parois abruptes et remplissant le sous-sol d’un milieu poreux. Le lac présent dans le cratère est au même niveau que le toit de la nappe phréatique présente.

 

Un panneau de l'Islandic tourist board explique bien les étapes de formation :

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Phase éruptive - et formation d'un cratère de scories

 

 

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Fin de la phase éruptive et vidange du réservoir magmatique / subsidence

Kerid-formation-3-bis.jpg

 

 

 

 

 

Formation de la caldeira

 

 

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Remplissage du lac en rapport avec le niveau de la nappe phréatique.

 

 

L'aspect du cratère change en fonction de la saison et des conditions atmosphériques, comme en témoigne la photo ci-dessous prise en début avril.


Kerið, frozen début 04.2008 - ConThe Jedi

               Le Kerið en début avril 2008, avec son lac pris par la glace - photo ConTheJedi

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Grimsnes

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Le système volcanique Geysir, situé dans la vallée de Haukadalur, comprend un volcan central basaltique erodé et des dômes rhyolitiques, datés du Pleistocène. Aucune éruption n’est rapporté pour la durée de l’holocène.

Le champ géothermique de Geysir est localisé au SE du dôme rhyolitique de Laugarfjall.

 

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La zone géothermique de Geysir avec le dôme rhyolitique Laugarfjall, derrière les argiles rouges altérées hydrothermalement ; en arrière-plan, le complexe basaltique Bjarnarfjell -  photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Ces structures ont donné leur nom aux sources d’eau jaillissantes partout dans le monde, et particulièrement au plus grand geyser de ce champ géothermique islandais. Le nom "geyser" vient de l’islandais " gjósa - (jaillir) “. 

 

Le champ géothermique contient une trentaine de geysers et des sources chaudes ; l’âge du site est estimé entre 8 et 10.000 ans.

 

Geysir, le plus célèbre d’entre eux, est l’un des plus vieux et plus grand geyser au monde ; son âge est difficilement déterminable, cependant on retrouve une première mention historique en 1294 . Ses éruptions peuvent atteindre 70 mètres … mais, son activité est fonction de l’activité géothermique de la vallée ; c’est ainsi que l’intervalle entre deux manifestations peut aller de plusieurs mois à quelques minutes. Entre le 17 et 20 juin 2000, durant un épisode sismique, Geysir a atteint la hauteur de 122 mètres durant 2 jours : cette performance bien que provisoire lui donne le record de hauteur . Ces séismes ont ravivé son cycle qui est passé à 4 éruptions par jour.

 

great-geysir-09.2000---Dieter-Schweizer.jpg                     Great geysir - archives septembre 2000 - photo dieter Schweizer


Strokkur est situé à 50 m. au sud , en bordure de la rivière Hvita. Il se manifeste environ toutes les 5 à 10 minutes, avec des jets montant à plus de 30 mètres.


Geysir-Ave-3.jpg                                        Le geyser Strokkur - © Antony Van Eeten 

 

Litli Geysir, le plus petit des trente, n'est vraiment pas spectaculaire.

 

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                                                 Litli geyser - photo Crux / wikipedia.

 

 

A coté de Geysir se trouvent les deux petits bassins de Blesi. Ils contiennent la même eau car ils communiquent par le sous-sol, mais alors que l'un est bleu opale, l'autre est beaucoup plus transparent. Cela est dû à la silice en suspension dans l'eau (des colloïdes d'acide silicique de même nature qu'au Blue Lagoon). Plus la température est élevée, plus la silice est soluble dans l'eau et moins l'eau présentera de silice en suspension. Une eau plus froide sera donc plus bleue car la silice en suspension donne une coloration bleue opale à l'eau. La différence de couleur entre les deux bassins est donc due à une différence de température de leurs eaux.

 

Geysir-Ave-9-copie-1.jpg                                           Les bassins de Blesi - © Antony Van Eeten

 

Comment fonctionne un geyser ?

Trois conditions sont nécessaires pour obtenir un geyser : une slide24 01grande quantité d'eau, la présence de réservoirs intermédiaires (crevasses, grottes, etc) et un rétrécissement au niveau du conduit supérieur... en plus d'une source de chaleur. Faute de remplir toutes les conditions, on aboutit à une source chaude.

Schéma geyser vs. hot spring - doc NPS.
L'eau en profondeur, réchauffée par le flux thermique élevé fourni par le point chaud, peut atteindre 260°C sans pour autant bouillir, du fait de la pression élevée de la colonne d'eau. Cette eau chaude plus légère remonte et se rapproche de la surface; elle se vaporise lorsqu'elle dépasse le niveau où l'ébullition se produit à 128°C.
L'augmentation de volume expulse l'eau qui la surmonte ...avec l'éruption, la pression diminue sur la colonne et l'abaissement de la température d'ébullition provoque une brusque vaporisation. L'eau peut de nouveau envahir la chambre, où le cycle recommence.

 

D'excellents schémas explicatifs sur le site "How geysers work" de Stromboli on line.

 

Fumerolles--solfatares---geysers-6.jpg       Schémas résumant le mécanisme d'action d'un geyser - doc. Bernard Chapron

 

Une belle séquence photographiée par Antony Van Eeten :

 

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                              Dé but de formation de "la bulle" - © Antony Van Eeten

Geysir-Ave-6.jpg        La bulle, sous tension maximale, devient presque transparente - © Antony Van Eeten 

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                                  Eclatement de la bulle - © Antony Van Eeten

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                     Pulvérisation de l'eau ... phase "geyser" -   © Antony Van Eeten

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Le reflux de l'eau dans la pipe d'alimentation découvre la bouche du geyser - © Antony Van Eeten

 

 

Sources :

- Fumerolles, solfatares et geysers - de B.Chapron / le petit géologue clamartois. - link

- The great Geysir - origin of the word - link

- Geysers - by WyoJones - link

- Geysers and the earth's plumbing system - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Situé au nord de la peninsula de Reykjanes, une route circulaire englobe plusieurs paysages volcaniques connus mondialement :

                               

                                     le “Golden circle”.

 

re rvik gullfoss 500                     Le Golden Circle ... des sites volcaniques sur 300 km. - doc. nat.is


Parmi les structures volcaniques, nous verrons successivement les sites de Thingvellir, de Geysir, les chutes de Gullfoss et Kerid.

Outre les structures volcaniques, on peut aussi apercevoir, sur ces 300 km. touristiques, les « maisons vertes » et l’église de Skalholt, le centre du christianisme islandais entre le milieu du 11° siècle et le 18°.

 

Thingvellir-loftm-004-081ee53a6a82c2bee86ac069bfea27b3.jpg               Thingvellir - faille et graben ... une "rift valley" - photo artic.images.com


Thingvellir-AVE-4-.jpg                Thingvellir : la faille ; en arrière-plan, le Mt Armansfell - © Antony Van Eeten

 

 La zone de Thingvellir montre un long graben de direction NE-SW bordé par un réseaux de failles normales conjuguées et de blocs basculés. Le taux d’ouverture est faible, d’environ 3 mm/an, comparé au taux de 21 mm/an mesuré plus au sud dans la péninsule de Reykjanes. La subsidence du graben est de 0,4 mm/an pour un total de 70 m, traduisent une activité d’au moins 100.000 ans.

 


 

Thingvellir-AVE-5-.jpg                   Murs de basalte et coulées fluides pahoehoe - © Antony Van Eeten


Le site est d’un grand intérêt géologique : il chevauche deux plaques tectoniques, la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne. Le sol est zébré de fissures et les murailles de basalte témoignent de l’activité volcanique passée, comme à Almannagja. La région est soumise à de fréquentes secousses telluriques.

Par endroits, la faille est envahie par les eaux ... ce qui permet une invraisemblable plongée entre deux plaques tectoniques !


 

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                                         La faille noyée - © Antony Van Eeten

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Le rift de Silfra, dans le lac de Thingvellir, permet, aux adeptes du monde aquatique, une plongée entre deux plaques !

A gauche, Silfra cathedral - © Peter Rowlands, PR Productions - à droite, Silfra Lagoon © Charles Hood - Dive.Is 

 

 

thing.parliament---andy-Carvin.jpg                              Thingvellir - le site de l'Althing - photo Andy Carvin


 Thingvellir est important pour les islandais. Ce lieu est chargé d’histoire et de symboles : c’est dans ce décor naturel que se réunissaient depuis l’an 930 les chefs des différents groupes ethniques … et tandis que l’europe était divisée par le féodalisme et ses conflits, ils réglaient ici les questions importantes, comme l’adoption du christianisme comme religion officielle, et leurs petits conflits.

C’est ce lieu appelé autrefois Blaskogar qui fut choisi par les descendants des premirs colons pour y tenir une assemblée. Un fermier, qui y habitait, fut déclaré coupable de meurtre et condamné au paiement d’une amende et à l’abandon de ses terres. Ce sont ces terres, devenues propriété publique, qui furent choisie comme lieu de réunion, car elles étaient facilement accessibles des régions les plus peuplées, et possédaient les facilités requises pour l’époque : de l’eau, du bois pour le feu et des prairies pour parquer les cheveaux.

C’est à Thingvellir que c’est tenu le premier parlement au monde , l’Althing. Thingvellir lui doit d’ailleurs son nom : en islandais, “les plaines du parlement” ( Þingvellir, de Þing, « parlement » et vellir, « plaines ».Law_speaker.jpg

Image reconstituant une réunion de l'Althing - W.G. Collingwood 19th century Alþing in session

 

Le parlement s’y est tenu jusqu’en 1798 … les orateurs montaient sur la falaise dominant le site pour discourir devant l’assemblée. C'est à Thingvellir que fut déclarée la république d'Islande le 17 juin 1944. Devenu parc national, le site a été classé sur la liste du patrimoine de l'humanité de l'UNESCO en 2004.

Aujourd’hui, l’endroit reste pour les islandais un symbole de l’indépendance et de l’unité, un paysage indissociable de l’âme de la nation.


L’environnement naturel est riche en biodiversité , et comme toujours en Islande en légendes.


-ingvallavatn_Iceland---Hans-Ueli-Krapf.JPG                                    Le Thingvallavatn  - photo Hans Ueli Krapf


Le Thingvallavatn est le plus grand lac d’Islande, couvrant 83 km². Il abrite des espèces de poissons uniques au monde et sert de lieu de vie pour de nombreux oiseaux d’eau. Un de ses bassins s’appelle « la fosse des noyades », car on y noyait au moyen-âge les sorcières et les femmes infidèles.

La chute d’Oxararfoss est elle aussi liée à la légende : dans ce ravin , où coule une eau cristalline, les visiteurs jettent une pièce de monnaie en faisant un voeu … s’ils peuvent la suivre du regard jusqu’à ce qu’elle touche le fond, leur vœu se réalisera !


Oxara-river-fall-in-Almannagja---O.Ingolfsson.JPGOxararfoss - l'eau se jette dans la faille Almannagja - photo O.Ingolfsson / Geology of thingvellir


 Gulfoss, littéralement « les chutes d’or », est situé quelques kilomètres plus au nord. Une double chute se précipite de 32 mètres, et dans un nuage de gouttelettes glaceés, dans le chaudron de la rivière Hvita . Le paysage y est toujours différent : sous le soleil, la chute est accompagnée d’arc-en ciel ; en hiver, ses bords sont décorés de glace et de givre.

 

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                          "Les chutes d'Or" - Gullfoss - © Antony Van Eeten

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                     © Antony Van Eeten

Gullfoss-AVE-4.jpg                          Gorges de la rivière Hvita à Gullfoss - © Antony Van Eeten

Gullfoss-AVE-5.jpg           Le feu, la glace et l'eau ont façonné la terre islandaise - © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Geology and tectonics of Thingvellir -by Olaf Ingolfsson - link

- Dive.is - Silfra,  the dive between the continents - link

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Les quatre systèmes volcaniques de la péninsule de Reykjanes et leur(s) volcan(s) central (aux) - le système Hengill est au centre - doc. notendur.hi.is


Le système volcanique Hengill est situé au point de triple jonction de la zone volcanique de Reykjanes, de la zone volcanique ouest et de la zone sismique sud islandaise.

Il coupe le Thingvallavatn (le lac Thingvalla), contient le volcan central actif Hengill, associé à la zone d’accrétion actuelle et le volcan central Grensdalur, associé à une zone accrétionnaire devenu inactive il y a 700.000 ans.

 

Hengill-central-volcano---O.jpg        Le volcan central Hengill, en bordure du Thingvallavatn - photo O.rSigurdsson / GVP

 

Hengill_behind_Hveragerdi---Reykholt-copie.jpg                                                  Le volcan Hengill - photo Reicholt.


Le système volcanique consiste en une série d’évents fissuraux orientés NE-SO, des grappes de cratères et de petits volcans-boucliers, le tout dans un graben parcouru de failles.

central.nesjavellir_12.jpgLa présence de palagonite et de pillow lava sont le signe d’une activité volcanique de l’Hengill durant les glaciations, tandis que celle de coulées de lave attestent d’activité durant les périodes interglaciaires et la période historique.

schéma redes.cepalcala

Les deux dernières éruptions eurent lieu il y a respectivement 5.000 et 1900 ans

La dernière éruption dans la zone est elle datée de l’an 1.000 , rapportée lors d’une réunion du parlement islandais à Thingvellir, et localisée dans l’aire d’Hellisheidi au niveau d’un évent situé à seulement 5 km. du système volcanique de Brenninsteinsfjöll.

 

Il y a 2.000 ans, le champ volcanique Nesjahraun fut créé par une éruption proche de Nesjavellir, qui est à l’origine de l’île Sandey dans Thingvallavatn.

 

central.nesjavellir_05.jpg      La centrale géothermique de Nesjallir dans son environnement volcano-tectonique .


L’aire géothermique de Nesjavellir , située au nord-est de la dorsale d’hyaloclastite formant le volcan central Hengill, et le champ géothermal d’Helllisheidi, situé au SO d’Hengill sont deux sources majeures d’énergie géothermique alimentant la capitale Reykjavik.

 

Nesjavellir---H.U.Krapf.jpg              Fumerolles dans la zone géothermique de Nesjavellir - photo Hans Ueli Krapf.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hengill

- Hengill volcano - link

- Nesjavellir centrale géothermique - link

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    Les systèmes volcaniques de Krysuvik et Brennisteinsfjöll, entourant le lac Kleifarvatn.


Krysuvik est une zone géothermique, située sur des fissures de la dorsale atlantique, à l’ouest du lac Kleifarvatn; le volcanisme s’y exprime sous forme de solfatares à Seltun.

Plusieurs éruptions ont marqué cet endroit depuis la formation de l’Islande, y incluse une grande coulée de lave au départ des cratères Ogmundargigar vers le 12°siècle ; la dernière éruption a eu lieu durant le 14° siècle.

 

Krisuvik-volc.syst.-et-lac-Kleifarvatn---O.Sihurdsson-INEA.jpgPhoto aérienne du système volcanique Krisuvik, avec en arrière-plan, le lac Kleifarvatn - Photo  Oddur Sigurdsson, 1983 (Icelandic National Energy Authority).

 

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Krysuvik- Seltun : zone géothermique - on y rencontre des "mudpots" dans tous leurs états , liquides et fumants, ou partiellement desséchés - © Antony Van Eeten

 

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                     © Antony Van Eeten

 

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              La boue y est onctueuse et épaisse ... - © Antony Van Eeten

 

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                ou la mare de boue se dessèche et se craquelle - © Antony Van Eeten


Cette zone est sismiquement très active : en 1999, la zone toute entière a été soufflée par une explosion de vapeur. Le site touristique a été rasé  … et les panneaux indiquant actuellement le danger n’insistent pas assez sur la brutalité et la force du phénomène qui risque de se reproduire sans avertissement aucun !

 

800px-Kleifarvatn1---Ouicoude.JPG                 Le lac Kleifarvatn, entouré de sable volcanique noir - photo Ouicoude.


Le 17 juin 2000, un séisme ouvrit une fissure longue de 400 m. et disparaissant sous le niveau du lac Kleifarvatn voisin : l’eau du lac a commencé à disparaître dans le sol et sa superficie a diminué de 20%. ( de 6 km. de long sur 2,3 de large, il est passé à 3,5 km. sur 1,8)

Ce lac, profond de 97 mètres, est entouré de voisins plus petits, aux eaux bleutées.

 

Krysuvik - Hans Ueli Krapf                                             Krysuvik - photo Hans Ueli Krapf.

 

Structure emblématique de la péninsule, un petit cône se dresse sur les champs de lave : le Keilir.

C’est un cône de palagonite, créé lors de la période glaciaire au cours d’une éruption sous-glaciaire ; il serait, selon les géologues, un bouchon de cratère.

 

Keilir---Soffia-S-jpg                              Le cône du Keilir et sa piste d'accès - photo Soffia S.

 

 Keilir---Icelandtotal.jpg                                  Keilir - Le cône de palagonite - photo IcelandTotal.com

 

Le système volcanique de Brennisteinsfjöll - "Brimstone mountain" -, localisé à l’est du lac Kleifarvatn, consiste en une brochette de cratères et de petits volcans-boucliers.

Une éruption a été enregistrée en l’an 1.000, concordant avec une réunion en extérieur du parlement islandais à Thingvellir ; sa manifestation la plus récente est datée du 14°siècle.

 

800px-Rau-holar_-4----Roman-Z.JPG       Les collines rouges de Rauðhólar et Brennisteinfjöll en arrière-plan - Photo Roman Z.

 

Des champs de lave, dont l'Elliðaárhraun lava fields, abritent le site de Rauðhólar - Icelandic Red Hills - restes d'une grappe de pseudocratères datés de 4.600 ans. Quatre-vingt cratères existaient ici auparavant, mais la plupart ont été exploités aux environs de la seconde guerre mondiale pour la construction de l'aéroport de Reykjavik et de routes.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Krisuvik

- Global Volcanism Program - Brennisteinsfjöll

- National Geographic - Iceland lake disappearing into new crack in earth. - link

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