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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Près d'un millier de statues colossales parsèment l'île de Pâques; elles alimentent depuis longtemps l'imagination des historiens et des archéologues, et leurs nombreuses théories explicatives.

 

Les moai ne représentent ni dieux, ni démons, mais bien des ancêtres vénérés et proches des dieux, puisqu’ils avaient apportés sur l’île le nécessaire vital : animaux domestiques, fruits et légumes. Ces statues incorporeraient le « mana », la force spirituelle des ancêtres dont chaque clan espérait tirer protection et prospérité. Elles prouvaient aussi le pouvoir et le prestige des chefs et de leur clan par rapport aux voisins. Les moai sont placés sur des plates-formes, les ahu. A l'exception de sept d'entre eux, représentant d'après la mythologie les sept grands explorateurs, les statues tournent le dos à la mer et font face à une place sacrée, lieu de cérémonie pour le clan. Cette orientation est primordiale pour qu'ils puissent transmettre "l'énergie" aux vivants au travers de leurs yeux.

 

Ahu-Nau-Nau---berphi.jpgL'Ahu Nau Nau, sur le site d'Anakena sur le rivage nord de l'île ; quatre moai porte le pukao, en tuf rouge, représentant leurs cheveux coiffés en chignon - photo issue http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.  

 

La seule certitude concerne leur fabrication : c'est la carrière présente dans le cratère du volcan Rano Raraku qui la dévoile.

Quatre cent moai en voie d'achèvement émergent de la colline, tantôt dressés, tantôt couchés. Chaque étape de la fabrication est visible : de la première ébauche, taillée dans le tuf volcanique, à la statue gigantesque prête à être transportée.

Des puits creusés dans ce tuf sur la lèvre du cratère servaient de dévidoirs de cordes utilisées pour contrôler la descente des moai sur la pente du volcan avant le transport final vers l'Ahu.

Les statues ont changé de style et de dimensions avec le temps :

 

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L'examen de la taille des mains, du buste et du visage permet aux archéologues de dater avec précision l'époque de confection de la statue.

Oeil---Sergio-Rapu-a-Anakena----figaro-mag-06.04.2002.jpgLes yeux des moai étaient confectionnés  en corail blanc : cette découverte fut faite en 1978, par l'archéologue Sergio Rapu, qui retrouva des morceaux blancs sur l'esplanade de l'Ahu Nau Nau, et réussit à en refaire le puzzle.

Sergio Rapu présente l'oeil du moai / Figaro magazine du 06.04.2002.

 

Ahu-Ko-Te-Riku---berphi.jpgMoai sur l'Ahu Ko Te Riku - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe. 

Lors de l'expédition Roggeveen à Rapa Nui en 1722, certains membres de celle-ci ont remarqué que le tenon du pukao était entouré de grosses boules faites de lave extrêmement dure et que celles-ci étaient peintes en blanc.Une seule évocation de tenon creux servant à recevoir des ossements humains date de cette période.  Derrière l'ancien musée Sébastian Englert, se trouve toujours un énorme tas de boules blanches qui correspond exactement à cela.


Qu’elle est la teinte naturelle des moai ?

Les statues de Rano Raraku sont, à l’état naturel, de couleur jaune paille, teinte qui se modifie ensuite en fonction des conditions climatiques et de la colonisation par les algues, champignons et autres lichens. Elles ne sont pas uniques, et d’autres statues sont de couleur rouge, ou grise, quand elles sont taillées dans le basalte. La presqu’île de Poike a produit des statues blanches (tuf alcalin).

reconstitution - berphiDe plus, à l’instar des temples antiques Egyptiens que l’on voit maintenant sans leurs peintures, les statues étaient initialement peintes : Henri Lavachery, lors de ses relevés en 1934, se glissa sous un moai penché selon un angle de 15-20°, se rendit compte que le buste était recouvert de peinture blanche et rouge, représentant en partie une frégate. En 1972, une expédition de conservation et restauration des moai signale une pellicule d’oxyde de fer sur les statues, considérée comme un enduit de peinture à base de limonite.

Reconstitution des motifs peints sur les moai par Françis Dederen

  photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.

L’examen des mains des moai permet d’affirmer qu’ils représentent bien des ancêtres ayant été au moins une fois dans leur vie « homme-oiseau » (voir ci-dessous la légende) : les mains ne portent pas d’ongles et seraient des rémiges d’oiseaux.

Chaque moai a sa particularité et de nombreux signes et tatouages n’ont pas livré leur secret, ni une interprétation.

 

Arne-Skjosvold-expe-55-56-navire.jpgPhoto de l'expédition 1955-56 - Arne Skjösvold : outre la teinte originale versus la teinte modifiée par les conditions d'exposition, on remarque une gravure ventrale en forme de navire. (voir ci-dessous) - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.

 

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L'enterrement partiel des moai a permis lors de fouilles archéologiques de découvrir non seulement la teinte originale du tuf, mais aussi des gravures au message non encore totalement élucidé. Ici un navire trois mâts relié par un lien à une tortue... histoire mythique ?


Le plus vieux et le plus grand :

Le Moai Tukuturi : c' est le plus ancien de l’île et le seul moai à avoir des jambes. Il date de l’époque des premiers arrivants sur l’île, au 5ème siècle après JC. Il fut découvert en 1955 par Thor Heyerdhal, organisateur et auteur de « L’expédition du Kon Tiki » en 1947 (photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe) Cette aventure voulait démontrer l’origine sud américaine de la population Rapa Nui : aujourd’hui, l’ensemble de la communauté scientifique internationale s'accorde à reconnaître que T. Heyerdhal s’est trompé : la population de l’île de Pâques provient de Polynésie Française, et plus précisément des îles Marquises. moai-Tukuturi-deterre-en-55-par-heuerdahl.jpgParadoxalement, c’est cette statue (et un hameçon), en tout point ressemblante aux Tikis, statues de pierres découvertes aux îles Marquises et datées de la même époque, qui sonne le glas de la théorie de l’aventurier norvégien. Les hameçons dont il est question sont des hameçons de pêche, taillés dans de l’os, datés du 5ème siècle après J.C., époque des premiers arrivants sur l’île. Retrouvés lors de fouilles archéologiques récentes, ils sont la preuve irréfutable de l’origine marquisienne des Rapa Nui: en effet, les scientifiques ont retrouvé des copies conformes, datées de la même époque, lors de fouilles récentes aux îles Marquises.

 

 Rano-Raraku---el-gigante-21-6m.180T---berphi.jpgMoai Te Kokanga dans la carri§re di volcan Rano Raraku - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.
Le moai Te Kokanga, un géant inachevé : Cent quatre-vingt tonnes, vingt et un mètres soixante de long : couché sur les flancs du volcan Rano Raraku, le Moai Te Kokanga est le plus grand que la civilisation Rapa Nui ait jamais sculpté. Le visage mesure à lui seul 8,50 mètres.

 

Hoa Hakananai'a - briseuse de vagues basalte Orongo 1869 BRMoai Hoa Hakananai'a - en basalte, originaire d'Orongo, arrivé en Angleterre en 1869 et conservé depuis au British Museum à Londres - photo Easter island statue project. / EISP.org

 

Face-arr.-Hoa-Hakakakai-a----laser-scan-project-Arevalo-Pak.jpgLes moai de basalte : seules 20 statues, portables ou non, sont taillées dans du basalte, plus dur que l’habituel tuf dont sont faits les moai. Deux d’entre elles sont au British Museum de Londres … elles font l’objet d’études et d’examen au laser ; les bas-reliefs regravés au dos permettront de comprendre plus avant l’histoire de Rapa Nui.

Face arrière du moai Hoa Hakananai'a - doc. british Museum / Laser scan Project - Arevela Pak.

 

Le mythe de « l’homme-oiseau » :

Alors que suite à une déforestation massive, les pascuans ne pouvaient plus construire de bateaux et quitter leur île, le mythe de l’homme-oiseau fut créé, inspiré du passage annuel d’oiseaux migrateurs.

 

Tous les printemps, la plus grande fête de l’année avait lieu. C’était une compétition où chaque participant doit s’emparer d’un oeuf. Elle est précédée d’une cérémonie religieuse consacrée au culte de l’Homme-Oiseau. C’est la fête de « Tangata Manu ». L’objectif de cette fête est de désigner un second roi sur l’île pour un an. Le concurrent (une personne influente) est représentée par un serviteur (le Hopu).

 

Rano Kau et les motus - berphiRano Kau - à l'avant-plan gauche, des pétroglyphes glorifient le mythe de l'homme-oiseau, au loin, les motus ... le motu Nui est le plus éloigné de l'île. - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.
Celui ci se dirige avec les autres concurrents à la falaise d’Orongo et se rend vers l’île de l’Homme Oiseau qui est la plus éloignée (environ à 2 Kilomètres de la côte). Ils doivent ramener le premier oeuf de sterne (des hirondelles de mer ou Manutara dans le language local) pondu sur l’îlot de Motu Nui. Il faut pour cela, grimper une falaise à pic de 180 mètres et ramener l’oeuf en le fixant par un bandeau sur sa tête, évidemment sans le briser.
Pendant la compétition, la population observe sur la pente en face de l’îlot pour attendre le vainqueur et bien veiller au respect des règles. Le site d’Orongo était situé sur la partie de la crête du cratère du Rano Kao qui surplombe les hautes falaises noires où se trouve un village avec des maisons en forme de pirogue faites de pierres.
Celui qui ramène l’oeuf à son maître, prend alors le nom d’Homme-Oiseau (ou dans la langue locale le Tangata manu) ; il incarne sur Terre le Dieu Maké Maké : le créateur de l’univers. Le maître gagnait un pouvoir considérable pour une année : il devenait le second roi de l’île ou obtenait un titre de chef militaire (quand on sait que les tribus se bataillaient régulièrement, on peut mieux percevoir l’importance de cet homme). Cette compétition dura jusqu’à la fin du 19° siècle, elle finira par disparaître du fait de la présence de très peu de pascuans d’origine au fil des années, les traditions se perdant.
Après la fête, le guerrier qui rapporte l’oeuf se fera raser le crâne et devra séjourner pendant un an (jusqu’à la prochaine célébration) dans une grotte. Très peu de personnes ont le droit de le voir et ses repas sont préparés par les quelques personnes habilitées à le faire (essentiellement des prêtres). Il était soumis à de sévères interdits du fait de son caractère sacré.

 

Petroglyphe-Tangata-manu---berphi.jpgPétroglyphe de l'homme-oiseau - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe. 

 

homme-oiseau----alinettela1ere.skyrock.com-berphi.jpgUn intéressant cadrage d'un moai devant la muraille du Rano raraku reprend le thème de l'homme-oiseau - photo Alinettela1ere.Skyrock.com

 

Une tentative d'identification de l'oiseau représenté sur les pétroglyphes apporte une nouvelle hypothèse concernant le peuplement de l'île de Pâques et l'empreinte laissée par les incas au niveau mythique ... je laisse la parole à Jean-Hervé Daude, un Québecois féru de la beauté et des mystères de l'île de Pâques.

 


Le rite de l'Homme-oiseau - http://www.jeanhervedaude.com/

 

 

Sources :

- Easter island statue project - lien

- Le blog de Bernard Philippe sur l'île de Pâques - lien

- Les explications de François Dederen (Te Pito) sur le site de Bernard Philippe.

- Rapa Nui, beauté et mystères de l'île de Pâques - par Jean-Hervé Daude. - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Ce confetti situé dans la plaque Nazca a vu sa naissance ponctuée par trois grands épisodes volcaniques et l’apparition successive des volcans Poike, Rano Kau et enfin Terevaka.

 

carte-le-geologue.gifCarte de l'île de Pâques - reprise de Volcanes de Chile / Oscar Gonzalez Ferran / Instituto Geographico Militar Chile.


La naissance de l’île de Pâques a commencé il y a environ 3 millions d’années avec l’éruption du Poike ; ce stratovolcan basaltique est constitué d’un empilement de coulées…on peut en dénombrer une trentaine sur la falaise la plus haute. Son sommet culmine à 370 mètres et est creusé par un petit cratère d’explosion de 120 m. de diamètre, recouvert actuellement d’eucalyptus formant un « pompon » caractérisant cette extrémité de l’île.

Trois petits dômes trachitiques adjacents sont alignés sur son flanc nord, restes d’une activité explosive de type péléen. Les couches superficielles oxydées du volcan, qui ont pris une teinte orangée, sont fragiles et interdites aux véhicules depuis 2006.

 

Paques---Poike----O.Gonzalez-Ferran-univ-Chile.jpg                           Volcan Poike - photo Oscar Gonzalez Ferran

 

2705889868_1.jpg                Volcan Poike et extrémité est de l'île de Pâques - photo explora.com

 

Rano-Kao---Camilloda-voyage-bons-plans.jpg                          Volcan Rano Kau - photo Camilloda / Voyages Bons plans.


Un deuxième épisode est lié à l’apparition d’un deuxième stratovolcan, il y a 2 millions d’années : le Rano Kau. Ce volcan a connu un effondrement, il y a 200.000 ans, qui a donné naissance à une caldeira d’un diamètre de 1.400 m. et profonde de 200 m. ; la caldeira est limitée par des failles qui lui donnent un pourtour polygonal. Un lac, profond de 11 mètres,  occupe son fond. Il a longtemps été la principale source d’eau douce de l’île. Il est partiellement recouvert de joncs qui en se décomposant, ont formé une mosaïque d’eau et de masses instables. Les laves rhyolitiques de la partie sud-ouest de l’île de Pâques affleurent au M.Orito, au cône de Te Mamavai, situé au nord de la caldeira, et sur trois îlots : les motus Kao Kao, Iti et Nui, restes de cheminées volcaniques parasites. Elles sont principalement constituées de laves blanchâtres et d’obsidiennes noires. Ces affleurements d’obsidienne ont été recherchés par les pascuans, qui les ont taillés en outils … c’est ainsi que des éclats se retrouvent partout sur l’île. Sur M.Orito, un croissant fait d’une succession de petits ateliers, installés sur des terrasses d’une dizaine de mètres de long sur 2 à 3 de large, témoigne de cette activité.

 

Rano-Kau---berphi.jpgVue aérienne du Rano Kau - photo Yan Arthus Bertrand - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard PHILIPPE.

 

Dernier volcan à apparaître, il y a environ 250.000 ans, un volcan-bouclier, le Terevaka qui a relié les deux stratovolcans précédents pour former une seule île … sans lui, on ne pourrait pas parler d’île de Pâques , mais bien d’archipel de Pâques.

Ce grand volcan-bouclier a recouvert de ses laves « aa » 80% de la surface actuelle de l’île ; il culmine à 506 mètres. Quelques 104 cônes parasites habillent ses flancs et sont le résultat d’une activité de type strombolien. La dernière éruption sur l’île y est datée de 11.000 ans environ.

 

pano_rano_raraku_volcano---paris-photo.net.jpg                        Le Rano Raraku - photo Paris-photo.net

 

Rano Raraku constitue le plus beau site du volcan Terevaka ; il est situé côté est, proche du volcan Poike. C’est aussi la carrière d’où les sculpteurs pascuans ont tiré la quasi-totalité des moais. Ce site est un anneau de tuf créé par une éruption de type phréatomagmatique, d’un diamètre externe de 1.000 mètres et interne de 600 mètres. Né en bord de mer, il en a été isolé ensuite par des coulées de laves postérieures … ce que justifie l’existence d’une falaise de 80 mètres créée par l’érosion marine avant que l’anneau de tuf ne soit séparé de l’océan. Ce maar est occupé par un lac.

Ce tuf homogène a constitué un matériel de choix pour les autochtones : suffisamment tendre pour être façonné grâce aux outils d’obsidienne, suffisamment « léger » pour être transporté ensuite.

 

Ahu_Tahai---ph.Zantastik.jpg                                    Moai "coiffé" - Ahu Tahai - photo Zantastik.

                                             Les yeux sont fait de corail blanc.

C’est dans un autre cratère secondaire du Terevaka, le Puna Pau, que les pascuans ont découvert des scories rouges, qui leur ont permis de sculpter les pukao, ces coiffes rouges ornant les têtes des colosses.

 

Rano-Raraku-Quarry---Easter-island-m1_vp1.jpg                   Rano Raraku - moais dans la carrière - photo Paris-photo.net

 

Le Rano Raraku dévoile les secrets de fabrication du millier de statues qui parsèment l’île : 400 d’entre eux, en cours d’achèvement, se trouvent encore dans la carrière. On y retrouve chaque étape : de l’ébauche à la statue quasi terminée n’attendant plus que son transfert.

 

L'île de Pâques est un véritable miracle perdu dans l'immensité du Pacifique et qui doit son existence à l'apparition de deux stratovolcans séparés de la distance optimale pour être comblée par un troisième volcan, bouclier celui-là, qui va les réunir pour former "Rapa Nui".

 

Ahu tongariki - easter island .+m1 hp5L'Ahu Tongariki et la place sacrée, broutée maintenant par des cheveaux omniprésents sur l'île de Pâques  -  photo Easter Island.

 

Ile-de-Paques-Carte-.png          Carte simplifiée - position des trois volcans et des "Ahu" , plate-formes avec Moais.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Easter island

- Rapa Nui, l'île de Pâques -Natalie et Olivier Brunner-Patthey.

- Blog de Bernard Philippe consacré à l'île de Pâques -
http://berphi.skyrock.com

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

D'après l'OVPF, les données récoltées depuis le dernière éruption sommitale du Piton de La Fournaise, les 9 et 10 décembre 2010, indiquent que la réactivation du volcan se poursuit.


Commencée début août, elle a débouché le 14 octobre à une éruption dans la zone du Chateau-Fort, phase qui s'est terminée le 31 octobre.

 

cartographie-champ-lave-er.14.10.10-OVPF.jpg                            Cartographie du champ de lave le 14.10.2010 - doc. OVPF.

La déflation du volcan dans ses parties sommitales n'avait pas suivi.

L'inflation concernait l'ensemble du sommet le 9 décembre et a débouché sur une brève éruption sur le flanc NNO. du cratère Dolomieu.

 

Coulees-de-decembre-2010.jpg                            Cartographie des coulées du 9-10.12.2010 - doc. OVPF

 

Les séismes VT (volcano-tectoniques) , associés à la fracturation des roches, sont en augmentation depuis le 28.12.10, tant en nombre (8-20/jour) qu'en magnitude (1,5). Les foyers sismiques sont localisés à l'aplomb du Piton de La Fournaise, entre le niveau marin et 1.000 m. au dessus du niveau de la mer.

Une augmentation des éboulements à l'intérieur du Dolomieu de 3 à 6 fois par rapport aux phases non éruptives est signalée.

Une lente inflation, de l'ordre de 1-1,5 cm./mois se poursuit depuis décembre, affectant les quadrants NO, NE et SE.

Des émanations de dioxyde de soufre de 2 à 3 fois le norme sont détectées depuis le 29.12.10.

 

press2011.-copie.jpgLes sentiers accessibles restent pour le moment éloignés du cratère; deux de ceux-ci sont fermés à cause des laves non suffisamment refroidies - d'après un document ONF datant d'août, et des directives de la Préfécture.

 

Sources :

- OVPF - Onservaroire Volcanologique Piton de La Fournaise - dernier rapport

- Fournaise.info du 07.01.2011

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lorsque nous avons parlé de la tectonique des Galapagos, nous avions vu que l’archipel est situé à la limite de confrontation entre trois plaques océaniques : la plaque cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest et la plaque Nazca au sud.

 

nat.geo.-ile-paques.jpg Ile de Pâques - Silhouettes de Moaïs - photo Gordon Gahan / free wallpaper National Geographic.

Revenons sur la plaque Nazca car elle intéresse aussi d’autres îles en périphérie : l’île de Pâques et Juan Fernandez.

Constituée uniquement de lithosphère océanique, la plaque Nazca  est bordée à l’est, le long de la côte Pacifique de l’Amérique du sud, par la fosse du Pérou et du Chili ; c’est là qu’elle entre en subduction sous la plaque sud-américaine. Ses autres frontières sont la dorsale est-Pacifique à l’ouest, la dorsale des Galapagos et la plaque Cocos au nord et au sud, la dorsale du Chili et la plaque Antarctique.

 

622px-Nazca_Plate_map-fr.pngLa plaque Nazca et ses voisines - Tectonic_plates_boundaries_detailed-fr.svg created by Sting under CC-BY-SA 

C’est la plaque qui est caractérisée par une vitesse de déplacement élevée  vers le nord-est, de 7,55 cm. par an … ce qui en fait la championne en la matière. Sa vitesse de rotation est de 1,3599° par million d’années selon un pôle eulérien situé à 55°58’ lat.nord – 90°10’ long. Ouest / référentiel : la plaque Pacifique. Au point de triple jonction sud-ouest, entre les plaques Nazca, Antarctique et sud-américaine, on a un décrochement considéré comme la cause du séisme qui a frappé le Chili en 1960 : magnitude 9,5.

On considère depuis peu l’existence de la « micro-plaque de l’île de Pâques » , située à une extrémité ouest de la chaîne en grande partie  sous-marine de Sala y Gomez, qui s’étend sur 2700 km. en direction de Nazca (la ville).


Le volcanisme de l’île de Pâques peut se ranger parmi les volcanismes de point chaud, avec une situation à proximité d’une grande dorsale océanique, à la différence du volcanisme de point chaud d’ Hawaii, situé en pleine plaque.


Avant d’envisager la description des structures volcaniques, il convient de parcourir l’histoire humaine des pascuans et ses répercutions écologiques.

Les premiers habitants, d’origine polynésienne d’après les dernières théories, y débarquèrent entre 400 et 1200 après JC. Ils commencèrent à cultiver, avec les plants rapportés, et adoptèrent un modèle de groupement familial. Ces familles, aux liens très étroits, se groupèrent en structure clanique, dans laquelle un chef supervisait les activités humaines et religieuses. Les pascuans partageaient leur temps entre culture, construction des sites et rituels religieux.

A l’époque de la découverte en 1722 par Jakob Roggeven, neufs clans familiaux ( les vai’hus) se partageaient l’île : Aka’hanga, Anakena, Heiki’i, Mahetua, Taha’i, Tepe’u, Tongariki, Va’i Mata et Vinapu. Les territoires de ces clans se rencontraient au centre de l’île, en un lieu sacré appelé Te pito o te fenua - le « nombril de la terre », souvent traduit à tort comme le nombril du monde – où se pratiquaient les palabres.

 

le-centre-du-monde---Hanga-Hoonu---Eric-dumontet.jpgAu Nord-Est de l'île, dans la baie de Hanga Hoonu, se trouve cette petite pierre ronde. Pour les Pascuans, cette pierre polie par le vent en forme d’œuf représente le centre de la terre. - photo Eric Dumontet.

 

Ayant réussis à construire une société technologiquement avancée, à partir de ressources limitées, les pascuans furent confrontés à la surpopulation et à un appauvrissement des ressources naturelles. Les importantes ressources en arbres furent épuisés en quelques siècles … le bois servant comme combustible, pour le chauffage et la cuisine, et pour la construction des grandes statues, les Moaï.

 

Moai_Rano_raraku---ph.-Aurbina-Anetode.jpg

                Moaïs dans la carrière du cratère Rano Raraku - photo Aurbina-Anetode.

 

Dans les années 1500-1600, l’île aurait perdue la majorité de ses arbres et l’érosion consécutive, compromettant les récoltes, engendra la famine. On suppose que des luttes claniques s’ensuivirent, car à partir de cette époque, la construction des statues et des plates-formes cérémonielles (les ahus) diminua fortement. Le déclin se poursuivit avec les maladies apportées par les visiteurs européens, suivies des déportations exercées principalement en direction du Pérou.

 

Les européens et l'île :

Après Jakob Roggeven, qui la découvrit un Dimanche de Pâques en 1722,et l'appela logiuement " Paasch-Eyland" , il faut attendre 1770, pour voir un explorateur y débarquer : cette fois, c'est un espagnol, Felipe Gonzalez de Haedo, mandaté par le vice-roi du Pérou, qui après y être resté à peine une demi-journée la rebaptisa San Carlos.

James Cook y passa quatre jours lors de sa seconde expédition  dans le Pacifique sud en mars 1774; de cette date, nous possédons les premiers croquis de moaïs.

En 1786, Le navigateur français Jean-François Galaup de La Pérouse y débarqua lors de son tour du monde ... avec ordre de Louis XVI, de dessiner des cartes précises afin de contribuer à la formation du dauphin.

 

Plan_de_l-Isle_de_Paque_-1797--La-Perouse.jpgPlan de l'île de Pâques établi par La Pérouse en 1786 - curieusement le nord de l'île est resté "vierge" sur ce document. -

"Plan de l'Isle de Paque. Levé en Avril 1786 à bord des Frigates Francaises la Boussole et l'Astrolabe. Jean-Francois de Galaup La Perouse (1741-1788), 1797. Paris, Atlas du Voyage de la Perouse - L'Imprimerie de la Republique."

 

Le 19° siècle ne fut jalonné que de désastres, tant pour les pascuans que pour leur île. En 1888, l'île est annexée par le Chili; les natifs ne reçoivent la nationalité chilienne qu'en 1966. Le 30 juillet 2007, une réforme constitutionnelle dote l'île de Pâques d'un statut de "territoire spécial", tout en restant administrée comme une province de la région de Valparaiso.

 

Demain : la naissance de cette île volcanique et ses volcans.

 

Sources :

- L'île de Pâques - wikipedia

- L'excellent blog de Bernard PHIIPPE sur l'île de Pâques, en collaboration avec François Dederen. - lien

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Après les risques directs, nous envisageons les risques secondaires : le plus courant d’entre eux, c’est le risque de lahar .

 

Redoubt-23.03.jpg          Alaska - Redoubt - lahars et dépôts - photo AVO/USGS. 23.03.2009

 

Ce terme, d’origine indonésienne, qualifie une coulée de boue ou une coulée de débris,  résultant de la conjonction de la présence de matériaux volcaniques instables et de leur remobilisation à la suite d’un séisme, d’un éboulement ou de diverses causes météorologiques.

Dans le cas d’apports d’eaux, celles-ci peuvent avoir des origines diverses : une origine volcanique ( magmatique, phréatique ou fumerollienne), une rupture des rebords d’un lac de cratère, la fonte des neiges ou du glacier sommital, des pluies plus ou moins importantes.

Les lahars se déversent de façon privilégiées dans les rivières drainant le volcan ; mais ils peuvent aussi inciser une nouvelle vallée dans les matériaux meubles ou en combler une ancienne.

 

Sleman-03.11.10-Sonny-Tumbelaka---AFP.jpg

Un lahar récent dans la province de Sléman, sur les flancs du Mérapi (Indonésie) - photo Sonny Tumbalaka / AFP le 03.11.2010

 

Les lahars contiennent une forte concentration de débris rocheux originaires des flancs du volcan et possèdent un énorme pouvoir destructeur.Si la concentration en sédiments excède 20 % du volume total de l’écoulement, ce dernier est qualifié d’hyperconcentré ; si cette proportion dépasse les 60%, on parle alors de coulée de débris. Les lahars peuvent aussi prendre la forme de coulées de boue si leur proportion d’argile est forte.

Leur température reste faible, sauf en cas de matériaux volcaniques récents et encore chauds. Ils se déplacent  à une vitesse de 15 à 30 km/h. avec un débit de pointe variant entre 200 et 1.200 m³/seconde, laissant après leur passage, une étendue boueuse, d’une épaisseur moyenne de 1,5-3 mètres. Les dépôts peuvent être beaucoup plus épais, comme en témoigne le Plateau de Perrier, dans le Mont-Dore (France), où un empilement de lahars indurés forme une falaise de 100 mètres, renfermant une riche faune préhistorique.

Les coulées de débris peuvent voyager sur de grandes distances, avec un front de coulée se déplaçant jusqu’à 85 km/h. Un exemple avec la coulée de débris provoquée par l’éruption du Cotopaxi, en Equateur, en 1877, qui a parcouru plus de 320 km à une vitesse moyenne de 27 km/h. (McDonald 1972).

 

Le risque majeur pour la vie humaine est l’ensevelissement et l’impaction par des rochers et débris ; suivent les brûlures en cas de coulées chaudes.

La population peut échapper au flux, si elle est avertie à temps, en grimpant sur des hauteurs plutôt que d’essayer de devancer les coulées en empruntant le fond des vallées.

Les dégâts matériels sont considérables ; les bâtiments et autres biens peuvent être détruits, enterrés ou emportés. Les couches de boue et de débris laissées en place se compactent et durcissent rapidement ensuite.

 

Quelques exemples :

 

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La dernière grande catastrophe engendrée par des lahars date du 13 novembre 1985, à Armero, en Colombie, faisant 25.000 morts. L’éruption du volcan Nevado del Ruiz a consisté en une phase plinienne peu importante mais qui a causé quatre lahars principaux à la suite de la fusion d’une partie des glaciers sommitaux et la formation de poches d’eaux sous-glaciaires brutalement libérées. Ils atteignirent Chinchina, à 60 km. à l’ouest, et Armero et Mariquita, respectivement à 60 et 80 km. sur les flancs E et NE très raides. Au niveau d’Armero, la vague avait encore 2 à 5 m. d’épaisseur pour un débit de 8m./sec., ce qui explique la destruction de la ville.

 

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                        Armero, rasée par les lahars - photo USGS 09.12.1985

Omayra-Sanchez-13-year-old-victim-of-the-eruption-of-the-Ne.jpgUne photo qui a fait "la une" à l'époque : Omayra Sanchez, une fillette âgée de 13 ans, a agonisé, sans pouvoir être libérée, durant trois jours dans les boues consécutives à l'éruption du volcan Nevado del Ruiz. - non référencée.

 

L’éruption du Pinatubo, aux Philippines, qui a débuté en avril 1991 et a duré plus d’une année, a émis une grande quantité de dépôts volcaniques non stabilisés. Le 14 juin, le typhon « Yunya » est passé sur l’île de Luzon suivis d’autres typhons en juillet … déclenchant à chaque fois des lahars importants. Le phénomène s’est reproduit à chaque saison des pluies, à chaque passage de typhon, et  ce pendant plusieurs décennies.

 

Lahar_Mount_Pinatubo---Neureiter.JPG            Philippines - Volcan Pinatubo - dépôts de lahars - photo Neureiter.

 

Les volcans sous-glaciaires engendrent des lahars particuliers, des débâcles glaciaires, appelés "jökulhlaup" (littéralement "course glaciaire")

L’exemple de l’éruption du volcan islandais Katla, sous le glacier Myrdalsjökull, a eu ce type de conséquence.

 

CEN213-47-a.jpg

De même,  en 1996, sous le Vanatjökull : la chaleur dégagée par le volcan a provoqué la fonte d’une grande quantité de glace et augmenté le volume du lac Grimsvötn, situé au milieu du glacier, faisant passer sa surface de 12 à 40 km². Trois km³ d’eau sous pression se sont infiltrés sous le glacier, et ont été brusquement libérés trois semaines après la fin de l’éruption. Le 5 novembre, se produisit un jökulhlaup entraînant des blocs de roches et de glace … le formidable débit culmina à 55.000 M²/sec. emportant routes, ponts et maisons. La crue brutale avait cessé le surlendemain en laissant une étendue noire et vaseuse, nauséabonde, mais ne faisant pas de victimes.

 

Sources :

- Volcanologie de J-M.Bardintzeff - éd.Dunod

- USGS - Debris flows, mudflows, jökulhlaups and lahars.

- Fiche scientifique L.A.V.E. - Nevado del Ruiz, des lahars dans la ville

- un lahar à la loupe : les lahars du volcan Semeru.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Galapagos offrent un climat sec et tempéré durant toute l'année. Le climat n'est pas typiquement tropical, mais plutôt sec et variable, marqué par deux saisons clairement distinctes : de janvier à mai, une saison chaude (23 à 30°C) avec quelques averses, et, de juin à septembre, une saison froide (19 à 20°C) assez sèche. Si l'on plonge tout au long de l'année dans l'archipel, il faut préférer la période allant de juillet à décembre, plus propice aux eaux claires et aux "grosses" rencontres sous-marines.


Mois: Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aoû Sep Oct Nov Déc
Période:  *  *   *
  *
  *
 *  *  *   *
  *
 *  *
Air (°C): 30 30 30 29 28 28 27 26 25 25 26 26
Eau (°C): 25 25 25 24 24 24 23 23 23 23 23 24

 

 * = Période optimale
 * =Période recommandée
 * =Période déconseillée

 

 

Bien que situé à la hauteur de l'équateur, le climat de l'archipel des Galapagos est tempéré par divers courants marins : la saison fraîche et sèche, saison de la "garua", caractérisée par des températures plus basses et de fréquentes brumes accompagne le passage du courant froid de Humboldt venu de l'antarctique.

Un autre courant froid, le courant de Cromwell, en provenance du Pacifique ouest, affleure sur les côtes occidentales de Fernandina et Isabela.

La saison chaude et pluvieuse est sous l'influence du courant chaud de Panama.

 

Galapagos current                                   Les courants océaniques tropicaux du Pacifique-est .

 Le très perturbateur et heureusement épisodique El Nino influence la température des eaux du Pacifique. Ses effets sont néfastes : le réchauffement des eaux provoque une saison des pluies prolongée, des inondations et empêche la remontée des eaux froides riches en nutriments, ce qui rompt la chaîne alimentaire des profondeurs vers la surface.

En 1983, un épisode d'El Nino a affecté la faune : 80% des manchots - Spheniscus mendiculus - sont morts, également 60% des iguanes marins furent touchés suite à la disparition des algues vertes du genre Ulva qui leur servent de nourriture. Un nouvel épisode en 1997-98 a causé la disparition de 90% des coraux encerclant les Galapagos.

Les Galapagos, étant confrontées au courant El Nino tous les deux à sept ans, sont et seront une région idéale pour étudier les réactions en matière de biodiversité versus les changements climatiques.


Des périodes de sécheresses, parfois désastreuses peuvent sévir pendant la période de La Nina, qui se place entre deux épisodes d'El Nino. Ainsi entre 1983 et 1985, on a relevé des variations de pluviométrie de 2.769 mm (83) à 63 mm (85).

 

411px-Galapagos_penguin_-Spheniscus_mendiculus-_-Isabela-Pu.jpgManchot des Galapagos - l'espèce de manchot qui vit la plus au nord ... sur l'équateur - photo Putneymark.

 

La variabilité interannuelle des pluies et l'existence d'une saison sèche permettent une différenciation du climat selon l'altitude ; on peut établir une zonation triple : la côte, la zone aride, les terres hautes, avec cependant des particularités selon les îles.

Le secteur côtier abrite des plantes résistantes au sel marin; la faune y est représentée par une grande variété d'insectes, mollusques, crustacés et invertébrés, et par les iguanes marins, qui plongent à la recherche d'algues pour s'alimenter. L'avifaune se compose des pingouins des Galapagos, des fous à pattes bleues, à pattes rouges et masqués, des frégates, des albatros, des pélicans des cormorans aptères, sans oublier les hérons, flamants et les fringilles.

 

frigate2---Gala.-islands-guided-tour.jpgFrégate mâle en parade nuptiale - Mars et avril sont les meilleurs mois pour les voir parader  -

photo Galapagos Islands Guided Tours.

 Plus à l'intérieur, hors de l'influence direct de l'air marin, une zone plus sèche de laves se caractérise par des températures pouvant atteindre les 30°C. La flore y est constituée principalement de cactus, et la faune de reptiles, d' iguanes terrestres, de couleuvres, d'araignées et scorpions, d'une multitude d'insectes différents ... et des fameux pinsons de Darwin.

Les terres plus élevées, où règne une température moindre et une humidité plus importante, voit se développer des lichens, des orchidées et des arbres et arbustes.

Sur Santa Cruz, qui atteint 860 m. d'altitude, une zone de forêt de brouillard à Scalesia est présente ; 15 espèces endémiques d'astéracées arborescentes s'y développent, bel exemple de radiation évolutive ayant conduit à l'apparition de végétaux arborescents à partir d'un ancêtre herbacé primordial et à l'occupation de la niche écologique vacante qui est celle des arbres dans les écosystèmes forestiers continentaux.

 

Scalesia pedunculata - ph.haplochromisSanta Cruz - zone à Scalesia pedunculata, la plus grande du genre avec des arbres mesurant jusqu'à 17 m. de haut - photo Haplochromis.

 

On ne peut quitter les Galapagos sans parler des reptiles ... selon Darwin, "ces îles sont un paradis pour tous les reptiliens" ( "The voyage of the Beagle " -1845).

Un clin d'oeil à Lonesome George, le dernier représentant de la sous-espèce Geochelone nigra abingdoni, une des onze sous-espèces endémiques de l'archipel. Agé d'au moins 60 ans, il lui reste une chance de perpétuer sa race avec un individu vivant au zoo de Prague.

 

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Lonesome George, seul représentant de la sous-espèce abingdoni, vivant sur l'île de Pinta. - photo Putneymark.


Sources :

- Sur les traces de Darwin : les Galapagos - par Fr.Ramade, professeur émérite d'écologie et zoologie à l'université de Paris sud/ Orsay. - in revue L.A.V.E. n°141 de novembre 2009.

- Iconic tortoise George may not be last of his kind - ABC news

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

Durant l'après-midi du 4 janvier, l'activité du cratère-puit situé sur le fanc est du cratère sud-est (ouf !) a cessé complètement ...pour renaître tôt ce matin, avec l'émission de gaz accompagné de matériaux incandescents.

Cette activité s'est poursuivie jusque tard dans la matinée à la fréquence de 4 à 6 épisodes par heure, et émission de petits panaches apparaissant à la caméra thermique de La Montagnola et des pulsions de vapeur parfois chargées en cendres.

 

Emov0231.jpg                        Webcam de La Montagnola - EMOV - doc. INGV Catania.

 

INGV-Catania-control-room---B.Behncke.jpg

La salle de contrôle de l'INGV Catania - où Boris Behncke était de garde ces jours ci.

- Photo B.Behncke / Facebook.

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Publié le par Bernard Duyck
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L'île Darwin est la plus septentrionale de l'archipel et ne doit pas être confondue avec le volcan du même nom, situé sur Isabela.  Elle est inhabitée, car son littoral bordé de falaises la rend difficile d'accès, ce qui en fait un paradis environnemental : elle est peuplée de diverses espèces d'oiseaux, dont des colonies de frégates, de fous à pieds rouges. Les fonds marins regorgent de poissons tropicaux, et d'iguanes marins, de tortues marines, de lions de mer, de baleines, de requins de toutes sortes, de dauphins.

 

Deux îlots rocheux sont situés au sud-est de l'île Darwin, dont l'un forme une arche naturelle, blanchie par le guano, "l'arche de Darwin".

 

Darwins_Arch-_Galapagos---refractor.jpg                                   Darwins arch - photos refarctor/ wikipedia.


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                      Iguane marin - Amblyrhynchus cristatus - photo Galapagos N.P.

 

Ce reptile semble sortir tout droit de la préhistoire ... c'est presque le cas, puisque cette espèce a environ 9 millions d'années. Ses ancêtres étaient terrestres et habitants de l'Amérique du sud; cette espèce d'iguane des Galapagos est devenue "marine" un peu forcée par son implantation sur l'archipel. Sa couleur sombre lui permet un réchauffement rapide; la queue, qui lui fait la moitié de sa longueur, est un organe puissant de propulsion; il élimine le sel ingurgité à l'aide de sa glande à sel nasale.

L'espèce est classée en annexe 2 de la CITES et pourrait être en danger d'extinction, car il se nourrit d'algues, touchées par les épisodes d' El Niño.

 

   

L'île Darwin fut nommée en l'honneur de Charles Darwin.

Darwin fut le premier à effectuer une étude scientifique de l'archipel en 1835, lors de son voyage de cinq ans autour du monde à bord de l'HMS Beagle, commandé par le capitaine FitzRoy. Bien qu'il ait passé beaucoup de temps en d'autres endroits, Darwin a toujours maintenu que ce sont les Galapagos qui furent la source de ses idées et de ses recherches.

 

darwin-map1-281x300Le parcours de Darwin aux Galapagos en 1835. - les îles sont répertoriées selon leur nom anglais.

 

Charles_Darwin_by_G._Richmond-1809-1896-wiki.jpgCharles Robert Darwin (12 février 1809 - 19 avril 1882) est un naturaliste anglais dont les travaux sur l'évolution des espèces vivantes ont révolutionné la biologie.

Portrait de Darwin jeune par Georges Richmond (1809-1896)

 

Célèbre au sein de la communauté scientifique de son époque pour son travail sur le terrain et ses recherches en géologie, il a formulé l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de « sélection naturelle ».

Darwin a vu de son vivant la théorie de l'évolution acceptée par la communauté scientifique et le grand public, alors que sa théorie sur la sélection naturelle a dû attendre les années 1930 pour être généralement considérée comme l'explication essentielle du processus d'évolution. Au 21° siècle, elle constitue en effet la base de la théorie moderne de l'évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie, car elle explique de façon logique et unifiée la diversité de la vie. (Wikipédia)

 

L’un des exemples les plus célèbres de Darwin est un groupe d’oiseaux propres à l’archipel des Galápagos, les fameux « pinsons de Darwin ». Il en existe une douzaine d’espèces différentes, qui diffèrent par leur taille, par la forme de leur bec et par leur alimentation.

 

pinsons_galapagos-545x427.jpg                                Merci à A. Gallien - extrait de la Banque de schémas SVT

 

A son retour de voyage, Darwin, présente les pinsons capturés à la Société Géologique de Londres. N'étant pas un spécialiste, c'est John Gould, célèbre ornithologue, qui se charge de l'identification des spécimens. Il conclut qu'il s'agit d'un cas rare d'espèces appartenant toutes à un même groupe malgré des différences morphologiques. En comparant l'origine géographique des spécimens, Darwin prend conscience que l'origine diffère et conclut que l'isolement géographique a pu mener à la formation d'espèces distinctes à partir d'ancêtres communs, en provenance du continent sud-américain. Les descendants des premiers arrivants s’étaient dispersés dans les îles et avaient évolué en fonction de leur environnement, se partageant les ressources disponibles. C'est ainsi que certains sont devenus mangeurs de graines, d'autres ont trouvé leur pitance en chassant des insectes; le bec, outil de prédation, a évolué en fonction du besoin.

 

abd.jpg Adaptation de la forme du bec au type de nourriture et à l'environnement - doc. Encyclopedia Britannica.


Après Darwin, les zoologistes ont utilisé les caractéristiques anatomiques des différents pinsons pour reconstituer leur arbre « phylogénétique ». Les progrès de la biologie moléculaire, dans les cinquante dernières années, ont permis de comparer les gènes de ces oiseaux et de construire un «  arbre génétique » qui a pleinement confirmé l’arbre anatomique.  

Poussant plus loin leurs recherches, les zoologistes ont mesuré les individus d’une des espèces pendant plusieurs dizaines d’années et ont observé des variations liées au climat. En effet, en période de sécheresse, les plantes à grosses graines survivent mieux que les autres. Les oiseaux à gros bec, capables de consommer ces graines, ont alors été avantagés par rapport à leurs congénères à bec plus petit. L’espèce entière a alors évolué vers des formes à bec plus gros.  

 Le gène mis en cause dans cette différenciation a été repéré par les scientifiques : il s’agit d’un gène qui agit sur le développement de la mâchoire de l’oiseau, au cours de sa vie embryonnaire.

 

Autre oiseau sympathique des Galapagos, le fou à pieds bleus - Sula nebouxii.

 D'après Buffon, on les appelle "fous" parce qu'il se laissent prendre à la main lors de leur repos nocturne.

L'archipel concentre plus de la moitié de la population nicheuse mondiale. La parade qui précède la reproduction est intéressante : le mâle entreprend un tour de son territoire   suivi d'un atterrissage enlevé où il exhibe de façon exagérée ses belles palmures bleues. A terre, le mâle continue sa démonstration, montre ses pieds bleus dans un pas de l'oie appuyé et offre à la femelle des fragments de matériaux. L'accouplement ne peut avoir lieu sans que ne soit achevée la troisième phase de la parade appelée "parade en vis a vis" , où les deux partenaires se tiennent face à face, chaque oiseau pointant le bec vers le ciel et tournant les ailes de façon à en présenter le dessus, poignet pointé vers l'avant. Le mâle pousse alors un sifflement strident auquel la femelle répond en émettant des grognements.

 

galapagos-439.jpgIl a " la Rock'n roll attitude ", mais chante "my blue suede shoes" moins bien qu'Elvis - seconde phase de la parade chez les fous à pattes bleues - © Tiffany Mestdagh 

 

vidéo sur la vie des "pirates des mers" ... les frégates.

 

-
Sources :
- Futura-sciences / Le Darwinisme : une théorie bien vivante - par JB. De Panafieu - lien
- Blue-footed booby - Birdlife international

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Publié le par Bernard Duyck
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                         Les volcans de la Colombie - doc. Ingeominas.

 

Quatre volcans colombiens, dont trois sont chapeautés de glaciers, sont en alerte niveau 3 (sur 5) - amarillo : le Cerro Machin, le Nevado del Ruiz, le Nevadi del Huila, et le Galeras.

Le Cerro Machin vient de voir son niveau relevé, après nombre de séismes volcano-tectoniques (367), dont un de magnitude 2,3 localisé au sud du dômeà une profondeur de 3,1 km., le 1 janvier à 17h.22, et ressenti à Cajamarca. Ce volcan est considéré comme dangereux.

 

MACHIN 202 resize-vm            L'imposant dôme du Cerro Machin en 2008 - photo Ingeominas.

 

 

Sources :

- Columbia reports

- Ingeominas : derniers rapports d'activité

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                              L'île-volcan Santiago - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

La vue de James Bay découvre la crête ourlée de cônes pyroclastiques qui ont donné des coulées qui couvrent les flancs du volcan.

 

L'île Santiago, aussi appelée île San Salvador ou île James, est un volcan-bouclier allongé. Haut de 920 mètres, ce volcan comporte, côté nord-ouest, une crête sommitale, avec une chaîne de spatter et cinder cones. Les côtes est et ouest sont flanquées de cônes de tuf proéminents.

L'activité récente est matérialisée par des coulées de lave pahoehoe aux extrémités de l'île, à James et Sullivan Bay. Les coulées de James Bay furent datées par des fragments de pots de marmelade abandonnés par des boucaniers en 1684 et recouvert par la lave.

 

Santiago-lave-pahoehoe---Lee-Soebert.jpg                       Coulée lobée de lave pahoehoe - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Santiago Cabo Cowan tuff cone - Lee Siebert smithso.

A la pointe nord-ouest de Santiago, Cabo Cowan est un cône de tuff produit par une éruption sous-marine, haut de 284 m. et érodé par la mer, qui a tronqué ses flancs, pour former une falaise qui en expose l'intérieur.  - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Une petite île désolée et garnie seulement de quelques plantes, située en face de Sullivan Bay, est pourtant une des plus visitée et photographiée : l'île Bartolomé.

Ce volcan éteint présente une palette de couleur allant du rouge à l'orange, avec du noir brillant et quelques taches vertes.

 

Bartoleme_Island---Pete-USA-wiki.jpgBartolomé et Pinnacle rock, à droite - en arrière-plan, Santiago et Sullivan Bay - photo PeteUSA / wiki.


La structure la plus connue est Pinnacle Rock : cette aiguille dressée à la verticale est le vestige d'un ancien cône de tuf, formé lors de la rencontre du magma et de la mer lors d'une éruption phréatomagmatique. Pour l'anecdote, cette figure de proue fut la cible d'entraînement des navires de guerre de la marine américaine durant la seconde guerre mondiale.

Pinnacle Rock est situé en bordure d'une des deux baies, ourlées par des plages de sable organique clair qui contrastent avec la couleur sombre des laves; elles sont séparées par un cordon de dunes végétalisées.

 

www-mountainsoftravelphotos-com Galapagos Islands Day 6 sli                        Pinnacle Rock - mountainsofttravelphotos.com


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Spatter cones et tunnels de lave composent un paysage lunaire sur le dessus de l'île. Une curiosité : un spatter cone, érodé par le Pacifique, ne présente plus qu'un cratère à peine affleurant au niveau de la mer.


 

bartholomewislandislabartolome26.jpg              Bartolomé , Spatter cones en série - photo Bartholomeuw island.

 

Quand ces îles volcaniques sont sorties de la mer, elles ne possédaient aucune vie ni animale, ni végétale. Etant donné l'éloignement par rapport au continent, la colonisation végétale s'est faite très lentement et difficilement ... peu d'espèces sont capables de s'adapter à un tel environnement. On a dénombré 412 espèces natives, dont 170 endémiques.

Parmi des dernières, on rencontre sur Bartolomé la Tiquilla nesiotica, une borraginacée, et le cactus de lave, Brachycereus nesioticus, tous deux capables de résister à la sécheresse. Le cactus de lave, aux jeunes pousses rousses devenant brunes puis grises avec l'âge, est souvent la première plante à coloniser une coulée de lave récente.

 

 

plantes-pionnieres-Bartolome.jpg              Bartolomé - pentes colonisées par Tiquilla nesiotica - Photo Bartholomew island.

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        Bartolomé  - Brachycereus nesioticus, le cactus de lave pionnier - photo Haplochromis.

   

Santa Cruz est une île ovale, large de 32 km. sur 40, couronnée de jeunes cratères-puits : Los Gemelos (les jumeaux) et Media Luna, plus difficile d'accès , et de cinder cones.

 

Cerro dragon - putneymark                           Santa Cruz - le Cerro Dragon - photo Putneymark.

 

Santa-Cruz---pit-crater----Lee-Siebert.jpgSanta Cruz - pit crater - l'échelle est donnée par le personnage à droite - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

Des cônes de scories sont groupés le long d'une ceinture parallèle aux failles bordant Academy Bay.

D'anciennes coulées de lave sous-marines soulevées hors des eaux sont visibles au nord-est de l'île, tandis que de jeunes coulées provenant d'évents situés sur une fissure sommitale et sur les flancs nord, présentent une morphologie récente et faiblement végétalisée.

 

el_mirador_de_los_tuneles_foto_03.jpg                Santa Cruz, tunnel de lave - photo Direccion del P.N.Galapagos

Santa Cruz compte aussi trente cinq tunnels de lave, sur la cinquantaine répertoriée dans l'archipel; localisés sur la propriété foncière de Steve Devine, dans la zone agricole de Santa Rosa, les plus grands tunnels de lave ont été explorés par les vulcano-spéléologues.

La Cueva del Cascajo, le tunnel le plus long atteint un peu plus de 3.000 mètres, le Cueva de Elena mesure 677 m. avec un plafond à 10 m. dans ses parties hautes.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Santa Cruz

- Contribution to the vulcanospeleology of the Galapagos islands - lien

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