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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

sakurajima - 15.02.10 Nasa EO1 AliNASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using EO-1 ALI data provided by the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon.   - 15.02.2010

Ali - Advanced Land Imager -, embarqué sur le satellite EO-1 de la Nasa, a pris cette photo du Sakurajima, le 15 février. De la poussière grise est visible dans le panache s'étendant vers le NE.

L'activité du volcan est intense en 2010 et située sur le Miname-dake. Outre les bulletins du VAAC de Tokyo signalant les panaches de cendres émis par le Sakurajima, celui-ci a connu un épisode de fontaines de lave, dépassant les 1.000 m. de hauteur.
Une vidéo de cet évènement, signalé par le volcanism Blog, est accessible par le lien ci-dessous. (Kago-net)

Sources :
- Photovolcanica : link Sakurajima volcano.
  analyse de l'activité, historique, photos.
- Kago-net : vidéo sur les fontaines de lave du 08.02.10




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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le volcan Newberry, bien que fort étendu - il couvre près de 1.600 km² - est peu discernable dans le paysage : sa stature de volcan-bouclier à bas-angle en est responsable.
Le cratère doit son nom a John Strong Newberry (1822-1892), géologue, physicien et membre du Smithsonian institute, qui explora le centre de l'Oregon pour la "Pacific railroads surveys" en 1855.

Cette structure basaltique à basalto-andésitique comporte quelques 400 cinder cones, principalement situés sur les flancs N. et S.; le volcan a produit des éruptions associée à la formation d'une spectaculaire caldeira de 6 km sur 8, formée il y a 300 à 500.000 ans et occupée par deux lacs : Paulina et East lakes. Ces lacs n'en formaient qu'un seul par le passé et ont été séparé par des phénomènes éruptifs.
Les deux lacs possèdent des sources chaudes; un forage en 1981 a enregistré des températures atteignant 280°c à 932 m. sous la caldeira ...la plus haute température constatée pour un volcan "endormi" de la chaîne des Cascades.
Paulina lake est un des rares lacs américains a pratiquer un "turn over" saisonnier.


Newberry_caldera.jpg        La caldeira occupé par deux lacs et Big obsidian flow , vue de Paulina Peak.
             Entre les lacs, des cônes de ponce envahis par la végétation.
                                            
photo Lyn Topinka - USGS

newberry-caldera.gif             Carte des coulées de Newberry caldeira - document US Forest service.

Depuis l'holocène jusqu'il y a 1.300 ans, six épisodes éruptifs majeurs sont distingués:
- "South obsidian éruptive episode" : il y a 12.000 ans, des
  flots d'obsidienne et un dôme de même nature furent  
  produits.
- "East rim eruptive episode" : il y a 11.200 ans, une
  éruption fissurale a donné naissance à des cones de
  scories, des cônes de cendres, des spatter cones
  et des coulées de lave.
- "Interlake eruptive episode" : datées de 7.300 ans, une
  série d'éruptions rhyolitiques ont produit des coulées    
  d'obsidienne, des cônes de ponce et des dépôts de
  tephra.
- "Northwest rift eruptive episode" : des éruptions
  fissurales d'andésite ont formé coulées, cinder et
  spatter cones, il y a 7.000 ans
- "East lake eruptive episode" : il y a 3.500 ans, des flots
  d'obsidienne et des dépôts ponceux associés furent
  lachés de fractures dans les contours de la caldeira.
- "Big obsidian eruptive episode" : datée de 1.400 ans, une
  éruption, en provenance de la paroi sud de la caldeira, a
  produit des tephra puis un flot d'obsidienne rhyolitique
  qui couvre 2.800 m²: le Big obsidian flow.

Big obsidian flow - Newberry cald. - L.Siebert GVPComportement inhabituel chez un volcan-bouclier, Newberry a eu des épisodes pliniens et peléens, donnant des roches plus acides, dont témoigne cette obsidienne.
Obsidienne de Big obsidian flow - Lee Siebert GVP.

Big-obsid.flow---Vicky-Jean-Beauchamp-FLICKR.jpg          Big obsidian flow - Newberry volcano - photo V.Jean Beauchamps / Flickr.

Le point culminant du volcan, Paulina Peak - 2.434 m.-, est un dôme rhyolitique placé, comme le suggère sa morphologie allongée, le long d'une faille ou fissure.

Lava Butte est un cinder cone (cône de scories) , situé sur le flanc NO. de Newberry. Le cône est chapeauté d'un cratère profond de 20 m. au sud et de 50 m. côté nord.
Lava butte est un cône monogénique daté de 7.000 ans; il résulte d'une éruption fissurale qui, dans un premier temps, a expulsé des cendres formant ce cône; dans une seconde phase, un flot de lave basaltique a atteint Deschutes river à 4 km. pour y former un barrage naturel errodé par la suite et donnant naissance à Benham falls. D'après les géologues, 90% du magma fut émis sous forme de coulées, 9% sous forme de scories et 1% sous forme de poussières volcaniques.

Lavabutte---Oregon---wiki.jpg    Lava butte à demi entourée de coulées de lave  et présentant la fissure
   responsable de la coulée vers Deschutes river - USGS.


Lava river cave est un tunnel de lave long de 1.600 m., découvert en 1889, mais connu, d'après les archéologues, par les amérindiens qui y exploitaient l'obsidienne.

Newberry-lava-tube---pipct.net.jpg                                Newberry lava tube - photo pipct.net

Ce tunnel a été produit par une coulée daté de 80.000 ans; il se caractérise par divers lieux-dits : dont Echo hall, haut de 18 m. et large de 15.; Two tube tunnel, un endroit où le tunnel est bifide; Sand garden est une partie recouverte de sable, amené ici par la pluie et la neige percolant au travers de crevasses; ce sable est en fait de la poussière volcanique provenant de l'éruption du mont Mazama (Crater Lake), il y a 6.600 ans.

Newberry est situé à l'extrémité NO. de la "Brother fault zone"; certains scientifiques attribue cette zone de failles au groupe basaltique de la Columbia river, produit d'après de récentes découvertes par un panache mantellique responsable d'une anomalie thermique active depuis 15-16 Ma.
D'autres hypothèses la rattache aux Cascades et envisagent un processus de subduction, et une extension de la structure Basin & Range.

"Caution : be bare safe"
... des ours sont présents dans la caldeira Newberry et les précautions d'usage sont à revoir avant d'y séjourner.

Sources :

- "Volcanoes of North America" - C.A.Wood & J.Kienle

- Global Volcanism Program - Newberry

- CVO - Newberry volcano & caldera
- US Forest service - Newberry National volcanic monument

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Le corps de l'homme qui était tombé dans le cratère du volcan St Helens a été retrouvé par les secours, après 24 h. d'efforts.

Joseph Bohlig avait atteint le bord du cratère au terme d'une ascension de quatre heures, accompagné d'un ami, Scott Salkovics. Grimpeur expérimenté et connaissant le terrain - il avait en effet escaladé le volcan à 68 reprises -, il fut emporté lorsqu'une plaque de neige céda soudain.
Son compagnon signale qu'il était vivant à ce moment, puisqu'il signala sa présence par un coup de sifflet; Salkovics lui envoya un sac à dos qu'il ne put atteindre.
Ayant enlevé une couche de vêtements en arrivant sur la crête, il était malheureusement mal équipé pour résister aux températures extrêmes régnant dans le cratère. Des conditions météo défavorables régnaient à ce moment (vents forts, chute de pierres et avalanches neigeuses) et lorsqu'il fut localisé, son corps était recouvert de neige et le décès fut constaté.
Une autopsie devra déterminer la cause de sa mort : blessures, hypothermie, ou les deux plus vraisemblablement.

MSH08_st_helens_crater_dome_from_JRO_02-26-08.jpg                     Le cratère du St Helens en février 2008. - USGS.

Son "terrain de jeux favori" s'est malheureusement révélé fatal ... la montagne est dangereuse, spécialement en hiver, et même pour les plus expérimentés; remémorez-vous le décès du photographe Thomas Reichart sur les pentes de l'Etna en décembre 2008.


 

Source : Times online - 17.02.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Faith, Hope and Charity, connues aussi sous la dénomination commune de Three Sisters, furent ainsi nommée  par les membres d'une mission Méthodiste en 1840.
La région des Three Sisters est potentiellement active. Deux types de volcans y coexistent, chacun avec leur lot de dangers pour les populations environnantes et leurs biens.

Sisters85_aerial_three_sisters_oregon_09-85.jpg                 De gauche à droite, South, Middle et North Sister - USGS/CVO.

South sister, Middle sister et Broken top sont des volcans composites qui sont entrés en éruptions à plusieurs reprises au cours des dizaines de milliers d'années passées et pourraient encore être actifs dans le futur.
North sister et Belknap crater sont des édifices ayant eu une vie courte et une activité moindre.

North Sister (Faith) est un volcan-bouclier de 3.075 m de hauteur pour une largeur de 8 km., composé d'andésite, qui s'est construit sur un ancien édifice basaltique de même taille, appelé Little Brother, il y a 200.000 ans. sa dernière éruption remonte à 100.000 ans et il est considéré comme éteint.
Comme particularité, on y retrouve de nombraux dykes d'andésite et des tuffs palagonitisés, témoins d'une couverture de glace durant les éruptions.
La palagonite est le produit de l'altération provoquée par l'interaction entre l'eau et le verre volcanique à la composition proche du basalte.


Middle---South-sister--L.Topinka--GVP.jpg                           Middle & South Sister - surveillance par les équipes du CVO

Middle Sister (Hope), haut de 3.063 m., est un stratovolcan primitivement basaltique, mais qui a eu des éruptions d'autre nature : andésite, dacite et rhyodacite. Considéré comme éteint, sa dernière éruption remonte à 50.000 ans.

South Sister (Charity) est le plus jeune et le plus grand
- 3.158 m. - des trois volcans. C'est un stratovolcan dont les produits varient de l'andésite à la rhyolite et la rhyodacite. Il surplombe une ancienne structure en bouclier,âgé de 50.000 ans environ et dont la dernière éruption ne remonte quà 2.000 ans.

Le volcan possède un cratère sommital de 400 m. de diamèyte qui abriteun petit lac de cratère, Teardrop pool.

 


S.sister---green-lake-from-W.broken-top-volc.c-cL.Topinka.jpg        South Sister & Green Lake , vu du flanc ouest du Broken Top - Lyn Topinka USGS.

La surveillance satellite en 2001 montre une inflation à l'ouest des Sisters. En 2004, un essaim de séismes eu lieu avec comme épicentre la région sujette au soulèvement. L'inflation a diminué en 2007.

ssis_InSAR_may2001.jpg                                            Interférogramme InSAR - C.Wicks - USGS.

Broken Top est un stratovolcan éteint, situé dans la Three Sisters Wilderness area. Son activité éruptive a cessé il y a environ 100.000 ans et l'érosion glaciaire a ensuite réduit la structure volcanique jusqu'à exposer le contenu du cône.
Les éruptions initiales furent basalto-andésitiques; le centre de l'édifice est parcouru de dykes et de sills (*).
L'aire n'est pas accessible en voiture et un permis est requis pour les hikes.

800px-Broken_Top.JPG              Broken Top - three sisters wilderness area - photo M.Gyorgyfalvy.

Broken-top-lava-flow---McKenziz-pass.jpg                                      Broken Top - McKenzie pass.
        Cette coulée en blocs est originaire du cinder cone "Yapoah", sur le flanc nord
                          de North Sister et datée de 2600-2900 ans.

(*) - Lexique :
Intrusions mises à l'affleurement par l'érosion :
- Dyke : intrusion de remplissage de fractures verticales, radiaires ou concentriques à l'édifice volcanique. Dégégés, ils apparaissent sous forme de petits murs, à prismation horizontale.
- Sill : "filons-couches" plus ou moins horizontaux , respectant le stratigraphie générale du volcan

Sources :
- Global Volcanism Program - North Sister field
- Global Volcanism Program - South Sister
- CVO - Three Sisters
            Broken Top
- US Forest service - Broken Top volcano

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Un homme,âgé de 52 ans, qui s'était aventuré sur une corniche de neige sur la rive du cratère du St Helens a fait une chute de quelques 450 m. après la rupturece celle-ci. Il est tombé sur un rebord situé sous la rive du cratère. Son compagnon a pu prévenir les secours.
Les secours ont tenté de l'atteindre hier, mais ont du renoncer à cause de vents forts. Son état est inconnu.
Un accident similaire était arrivé en avril 2008.

Sources : CNN et World news.

Une belle vue panoramique du cratère sur :
http://www.fullscreen360.com/st-helens.htm

Ajout : une photo de l'USGS, diffusée par le Los Angeles Times, où l'on voit bien le porte-à-faux de la corniche de neige

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Image of the day - 16.02.2010 Nasa Earth Observatory.

soufriere-hills-11.02.10--gd.jpg

NASA image by Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response Team at NASA GSFC. Caption by Michon Scott. Instrument: Aqua - MODIS

 

Modis - Moderate Resolution Imaging Radiometer - embarqué à bord du satellite Aqua de la Nasa, a pris cette photo le 11 février 2010, lors de l'effondrement partiel du dôme de Soufriere Hills, Montserrat.

Un panache de cendres obscurcit complètement l'île et projète une immense zone d'ombre vers le NE.; deux autres panaches, plus confidentiel se développent, l'un vers le sud, l'autre vers le nord et caché en partie par l'ombre, ce qui suggère une altitude d'émission moindre.

 

 

soufriere-hills-11.02.10-Nasa-Modis.jpg


Détails de l'éruption sur ce site dans l'article du 12.02 : Montserrat : collapsus partiel du dôme. 

Selon le MVO, cet évènement est le plus important survenu depuis mai 2006.

Le panache était monté à 15.240 mètres, perturbant tout le trafic aérien dans cette partie des Caraïbes et la vie des habitants de La Guadeloupe, atteinte par les retombées de cendres.

 

Une série de photos du jour a été mise sur le site Flickr du MVO.

Sources :
- Nasa Earth Observatory
- MVO

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
En descendant vers le sud, nous passons dans l'état d'Oregon, dans lequel le GVP recense 17 volcans.
Je ne passerai en revue que les cinq plus connus : le mont Hood, le mont Jefferson, les Three Sisters, le Newberry et Crater lake.

Le Mount Hood, situé à proximité de Portland, doit son nom à un amiral britannique (expédition Vancouver - 1792); son nom indien, Wy'east est lié à la légende englobant ses voisins, le Mont Adams et le St Helens.

C'est un stratovolcan composite: son sommet est constitué de plusieurs dômes andésitique ou dacitique, produits lors d'éruptions dans les 730.000 dernières années et sur base d'un volcan ancestral présent depuis des millions d'années.

Mt-Hood-Oregon---wik-McMasterchef.jpg                           Mount Hood, 3.426 m. - photo McMasterChef in Wikipedia.
                                          Crater Rock est visible, sous le sommet.

Au 19°s, les habitants de Portland ont fait mention d'éruptions mineures, hormis celle de 1859 qui fut de VEI 2.
Couvert de glaciers, le volcan a produit nombre de lahars, en plus des avalanches de débris; les derniers ont atteint la Columbia river en 2006.
A proximité du Timberline Lodge, Crater Rock est un vestige du dôme dacitique formé il y a 2 à 300 ans. Une forte activité fumerollienne persiste aujourd'hui dans ses environs.

hazmap-small.jpg                                   Carte des risques volcaniques établie par l'USGS .

Le volcan présente divers types de risques:
- lahars et avalanches de débris pouvant atteindre les rivières
   proches : Sandy, White & Hood rivers.
- Avalanches de débris atteignant la Columbia river et le
  barrage Bonneville, compromettant son potentiel
  de génération électrique.
- les émissions de cendres peuvent perturber le trafic aérien
  des aéroports de Portland et de Seattle.
Les installations proches - Timberline lodge, et les ski lodges - sont susceptibles d'être touchées par des bombes ou des coulées pyroclastiques.

Le Mount Jefferson est un stratovolcan largement érodé et qui n'a plus présenté d'activité volcanique depuis la fin du Pleistocène.
Il doit son nom au président des Etats-Unis, Jefferson, qui a sponsorisé "l'expédition Lewis & Clark".


Mount-Jefferson---Peter-Tiegs.jpg                         Le Mount Jefferson, vu du Russel Lake - photo Peter Tiegs / Flickr.

Le Mount Jefferson s'est construit en deux grands épisodes, séparés par une période d'érosion glaciaire. Le premièr, qui a débuté il y a 290.000 ans, a produit un volcan andésitique à dacitique; le second a débuté il y a 70.000 ans et est responsable de la formation de dômes dacitiques.
Différents cinder cones, datés de l'Holocène, dont Forked butte et North cinder peak, ont donné des coulées de lave qui ont empruntés les vallées glaciaires.
La plus récente est liée à un cinder cone situé sur les flancs de South cinder peak, qui a produit une coulée le coupant en deux, et qui a atteint Marion Lake, il y a 1.000 ans.

Jefferson-cinder-cone-a-g-South-cinder-Peak.jpg
La dernière éruption dans la zone du Mount Jefferson a eu lieu au niveau du cinder cone
(à gauche et en bas, sur la photo) situé sur les flancs du South cinder peak (au centre).
L'éruption date de 1.000 ans environ et a produit une coulée de lave qui a partagé le cône
en deux parties.

Ijen---Kendeng-9401-copie.jpg

Indian paintbrush et Aconit

© B.Duyck



Le Mount Jefferson est situé au sein de la réserve indienne Warm Springs, et son aire "de vie sauvage" (wilderness) inclue dans la Deschutes National forest et la Willamette National forest.
Cette région couverte de forêts et de lacs (plus de 150) présente une flore typique des montagnes nord-américaines.

Sources :
- USGS - Mount Hood, history and hazards of Oregon's most recently active volcano - link
- USGS - Mount Hood
- Global Volcanism Program - Hood
-USGS - Mount Jefferson
- Global Volcanism Program - Jefferson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Découvrir le volcan et l'impact de l'éruption de 1980 nécessite plus d'un jour ! Connaissant les caprices de la météo et la loterie pour accéder au sommet, prévoir un jour de battement, qui sera éventuellement occupé en cas de mauvais temps par "Ape cave" ou l'un des 3 visitor centers.
L'accès au sommet, par le sud, est limité à 50 visiteurs /jour. Il faut donc s'inscrire la veille au bar-épicerie Jack's, où vers 18 h. on procède à une loterie qui permettra aux heureux élus de participer à l'ascencion.
Ci-dessous quelques "hot-spots" dans la région :

St_Helens_and_nearby_area_from_space.jpg                    Quelques points d'intérêt autour du volcan - document Nasa /USGS.
                                         Le nord est à droite de la vue satellite.

Johnston ridge Observatory : (near Coldwater lake)

L'Observatoire, créé après l'éruption de 1980, est situé à l'extrémité de la "Spirit Lake memorial highway". Il offre une vue optimale sur le volcan, le cratère et le dôme, la plaine de ponce et les glissements de terrain. Anciennement appellé Coldwater observation post, il fut rebaptisé du nom du géologue disparu après l'annonce du début d'éruption. Offrant une introduction cinématographique sur l'éruption, la salle de spectacle s'ouvre ensuite sur une vue panoramique du volcan "à couper le souffle" !

Mount_St_Helens-Johnston-ridge---Flickr.jpg                    Vue de Johnston Ridge Observatory  - photo Art Bron / Flickr 2007.

Coldwater Ridge visitor center :

Un excellent endroit pour constater le retour de la vie végétale et animale sur la zone dévastée par le blast et un bon point de vue sur le volcan, un lac consécutif à l'éruption et la vallée de la Toutle river encombrée de débris en hummocks... et les services d'un visitor center à l'américaine en prime : resto, gift shop, librairie.
Un hummock est un relief constellé de buttes résultant d'un dépôt d'éboulement volcanique.

Coldwater-ridge.jpg     Coldwater lake - un des meilleur point de vue sur les dépôts d'avalanches de débris, en
     hummock de 1980; le paysage s'ouvre vers des vallées d'érosion glaciaire datant du
     Pleistocène  - USGS/CVO.

Spirit Lake :

La sortie du lac fut obstruée, le 18 mai 1980, par l'avalanche de débris et, entre 1980 et fin 1982, son niveau ne cessa d'augmenter à cause des pluies et des eaux provenant de la fonte des neiges. Le barrage formé menaçait de se rompre; une station de pompage reliée à un pipeline fut une solution temporaire, installée par l'armée, mais causa une érosion accélérée des dépots volcaniques.
En mai 1985, un tunnel fut ouvert mettant en communication Spirit Lake et South Coldwater Creek et permis de retablir le niveau d'élimanation antérieur du lac.

Spirit-lake---1988-Swisseduc.jpg                                     Le volcan vu de Spirit Lake - Photo Swisseduc.ch 1988.
      Un clic sur la photo vous mène au site de Stromboli on line et d'autres vues des
       environs du St Helens  - merci à Marco Fulle pour son autorisation de diffusion.


Ape Cave :

La formation de ce tunnel de lave marque une étape spéciale dans l'histoire éruptive du St Helens : la seule éruption basaltique du volcan.
Il y a 2000 ans, de la lave basaltique fluide s'est écoulée sur le flanc sud formant un important tunnel de lave. La lave fut pulsée dans le tunnel durant une longue période, estimée à plusieurs mois si pas une année, créant ainsi une structure spectaculaire, longue de 3.976 m.

Ape Cave 01                                                    Ape cave - photo J.F. Suzzarini.      

Ce tunnel est visitable par des personnes bien équipées : des vêtements chauds, de bonnes chaussures et plusieurs lampes sont nécessaires. Deux itinéraires existent, longs respectivement de 1.300 et 2.540 mètres, nécessitant de 1 à 3 heures pour les parcourir.

Ape-Cave-15.jpg



Ijen---Kendeng-5661.jpg
       Le plancher n'est pas spécialement plat et carrossable, d'où la nécessié de porter de
                                       bonnes chaussures - photos J.F.Suzzarini.

Ape cave, la grotte ou "le tunnel du singe", d'où vient ce nom ?
Découvert par L.Johnson en 1947, ce tunnel ne fut exploré qu'à partir de 1950 par une troupe de scout, nommée "St Helens Apes", formée dans les premiers temps de forestiers qu'on appellait communément les "brush apes" - "les singes de brousse" -, à moins que ce terme ne fasse référence au bigfoot.
Le bigfoot, ou "sasquatch" nom dérivé de l'indien, est une créature légendaire, primate humanoïde proche du Yéti et vivant dans les chaînes montagneuses et boisées du Canada et des Etats-Unis.

Ce descriptif n'est qu'une "mise en bouche"; d'autres idées et détails sur USGS- St Helens - Points of interest.

Sources :
- USGS St Helens - points of interest
- Swisseduc.ch - St Helens
- US Forest Service - Ape cave : les promenades
- US Forest Service - Ape cave, Lahar view point,Lava canyon - link
- trucs et astuces : Vazyvite.com - St Helens

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après l'éruption cataclysmale de mai 1980, cinq autres explosions eurent lieu cette année là... et un dôme dacitique a commencé à grandir dans le cratère, pour atteindre en octobre 1986, 260 m. de hauteur et presque 1 km. de largeur.

dome_growth_schematic_80-83.gif
MSH82_st_helens_spirit_lake_reflection_05-19-82_med.jpg                                                     Explosions de 1982 - USGS.
 

Les différentes phases de croissance du dôme furent entrecoupées de quelques explosions, avec émission de panaches de cendres.
Entre 1985 et 1987, le niveau d'activité est basal.
D'octobre 1990 à janvier 1991, on relève quelques explosions de type phréatique.
En septembre 2004, après 13 ans d'un relatif repos, une nouvelle éruption de dacite commence dans le cratère ...
le magma atteignit le sommet en octobre 2004 en créant un nouveau dôme au sud du cratère existant; celui-ci continua à grandir en 2005 et 2006.
Le 8 mars 2005, un panache de poussières monta à 11.000 m. et fut visible depuis Seattle. (photo ci-dessous).

MSH04 crater rim plume 0929PDT 10-05-04                                             Eruption du 05.2004 - USGS/CVO

SIM2928                      The Spine - bel exemple de "dôme Peléen" selon Barditzeff :
                 "dôme large et hétérogène, surmonté par des protusions ou aiguilles de lave,
                               siège d'éruption explosive" - photo USGS/CVO 2005.


08.03.2005.jpg                                       Eruption du 08.03.2005 - USGS/CVO

evolution-2005---mars-a-juillet.jpg                         Evolution du dôme entre mars et juillet 2005. - USGS/CVO

 


MSH06_dome_from_brutus_camera_1614UTC_05-29-06.jpg                                   Situation du dôme au 29.05.2006  -  USGS/CVO
L'émission de vapeur et d'un peu de poussières cache le dôme Peléen; tranchant sur la
zone noire (neige recouverte de cendres), on aperçoit une petite avalanche.

St-Helens-28.10.2008---Nasa.jpg                             Photo satellite prise par la Nasa le 28.10.2008.
Toute la zone "grand nord" affectée par l'éruption de 1980 est toujours bien visible.
On y détaille la position du Spirit Lake et le Johnston Ridge, autrefois appelé Coldwater,
lieu de la célèbre annonce de l'éruption.

Les éruptions depuis 2004 furent permanentes, mais limitées.
Le 22 août 2009, plusieurs séismes de magnitude 2 à 2,4 ont été enregistrés; suite à ces secousses, l'activité géothermique du dôme a augmenté.

MSH04 GPS USGS scientist mount adams 9-30-04Le CVO - Cascade volcano Observatory - créé à la suite de l'éruption de 1980, continue à maintenir le St Helens sous une étroite surveillance.
Le matériel est souvent amené par hélicoptère. On y utilise aussi des drones.
Des "araignées" ont été testées sur le site du volcan.

Sources :
- Global Volcanism Program : St Helens mountly reports
- USGS - St Helens ; photos et rapports d'activité.
- "Volcanologie" de JM.Bardintzeff.
- Nasa Earth Observatory pour la photo satellite.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avant l'éruption :

Dwight Crandell et Donal Mullineaux, deux géologues, publient un rapport en 1978 concluant à la possibilité de "connaître une éruption avant la fin du siècle ".

msh_N-S_1980_xsec.gif
Deux dômes de dacite sont présents, l'un au sommet, l'autre - le Goat Rocks dome - sur le flanc nord.
Après une période de sommeil de 123 ans, le Mont St Helens montre les premiers signes de réveil le 16 mars 1980, avec une série de petits séismes.
Le 20 mars, à 15 h.47, un séisme plus important, magnitude 4,7, secoue le volcan.
Du 27 mars au 18 mai : une série de petites éruptions.
Le 27 mars, débute une activité explosive sommitale d'origine hydrothermale, accompagnée de la formation d'un petit cratère, de fractures et d'un bombement topographique de la partie supérieure du flanc nord : du magma remonte des profondeurs !
Jusqu'à mi-mai, cette activité volcano-sismique se poursuit : le volcan élargit son cratère et gonfle, jusqu'à 2,5 mètres par jour.
Une zone d'exclusion est décrétée par le service des eaux et forêts.

Sans signes précurseurs supplémentaires, une éruption majeure débute au matin du 18 mai, à 8 h.32 locale.
Le 17 mai, David Johnston prend la garde de la station Coldwater, le temps est ensoleillé. Le 18, à 7h 00, il transmet par radio au centre de Vancouver ses dernières observations : séismes, déformation, émission de SO2, tout est semblable à ce que l'on connaît depuis plusieurs semaines.
A 8 h. 32, un bref message, devenu célèbre depuis : "Vancouver, Vancouver, ça y est !" ... on ne retrouvera rien, ni des installations, ni de David Johnston ... le St Helens est entré en éruption !!!


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Séquence éruptive :

- A 8 h.32, un séisme de magnitude 5 déstabilise le flanc nord du volcan et provoque un glissement de terrain.
- des failles importantes mettent en contact le système hydrothermal avec le magma du volcan : l'eau souterraine saturant le dessus du volcan et chauffée par la magma au dessus de 100 °C ne peut bouillir étant donné le gradient de pression; intro-copie.jpglors du collapsus soudain du flanc nord, l'eau surchauffée se transforme instantanément en vapeur et au contact du magma, génère une éruption phréatomagmatique très violente : deux explosions simultanées, un panache monte dans le ciel tandis qu'est produit un gigantesque blast latéral. La vitesse d'expansion est inimaginable : 400 puis 1.100 km/h.; la température intérieure de la nuée est de 260°C; le souffle arrache les arbres sur près de 600 km² ... 30 secondes d'enfer.
La photo de l'arbre débité en allumettes par la force du souffle a été réalisée par le team Swisseduc.ch - un clic sur la photo vous amène au StHelens - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle.

MSH81_blowdown_singe_SFToutle_08-14-81.jpg                           Les arbres couchés par le blast - Documet d'époque USGS.
A noter : dans le creux, des arbres brûlés sont restés debouts, épargnés par la dénivellation.

L'avalanche de débris qui suit le blast transporte cendres, blocs de pierre, morceaux de glace, arbres abattus, au total plus de  3 km³ de débris qui viennent s'accumuler dans le Spirit Lake et la Toutle River, qui sera comblée sur 30 km.
Des lahars suivent, dues à la fonte de la glace et de la neige, qui transporteront les cendres et la boue jusqu'à 45 km du sommet.

A 9 h.00, débute la phase plinienne. Une colonne éruptive monte à une vitesse de 50 km/h. jusqu'à 25 km. de hauteur, avant de se stabiliser  entre 14 et 19 km. , et prend une forme de champignon puis s'étale vers l'est sous l'influence des vents dominants.
La phase éruptive durera 9 heures ... jusque 17 h.30.

may18_devastmap.gif                     Carte des dévastations du 180mai 1980 . Document USGS.
         Le blast a été frontal et dirigé vers le nord ; les lahars ont suivi le creux des vallées.

Lorsque le volcan se découvre, à la fin du paroxysme, il a perdu 400 m. en hauteur; son nouveau cratère, de 1,5 km sur 3, est profond de 700 mètres. l'éruption aura fait une soixantaine de victimes humaines, détruit les routes et des milliers d'arbres, tué 6.500 cervidés et 200 ours noirs ... son énergie est estimée à 27.000 fois  celle de la bombe atomique qui pulvérisa Hiroshima.

before_after.gif                                 "Avant et Après " - Documents USGS  - >1980 - 1982.

Ci-dessous un reportage des Krafft, qui n'étaient pas présents ce jour là, heureusement pour eux ... sinon ils auraient accompagnés David Jonhston et fini comme lui.

http://www.dailymotion.com/video/x82acm_extrait-maurice-et-katia-krafft-au_travel


La migration du nuage de cendres sur l'est et le sud-est des Etats-unis, sur base de données satellite NOAA:

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Morphoscopie de verres de tephra observés au microscope
ashsem small 150Les verres acides sursaturés en eau forment des ponces à cavités nombreuses, fines et tubulaires, lorsque le magma est visqueux et de température inférieure à 850°C

("Volcanologie" de JM.Bardintzeff - photo USGS)


Petite anecdote : le St Helens servit de décors pour une scène du film "Le pic de Dante" en 1997.

Sources :
- USGS - CVO - StHelens eruption 18.05.1980
- Global Volcanism Program - weekly reports : 05.1980
- Photos du StHelens :
      *  Swisseduc .ch
      * CVO - Archives photos




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