Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Les hommes d’église ont été de grands observateurs des cataclysmes volcaniques jusqu’au milieu du 19° siècle.

En 1783, le réverend Jon Steingrimsson officie à Prest Bakki. Ce pasteur luthérien se retrouve ainsi aux premières loges pour rapporter l’éruption fissurale du Laki.

 

Pasteur-Jon-Steingrimsson.jpg                         Le révérend Jon Steingrimsson - photo du film " Nuage mortel 1783 "

                                   un clic sur la photo vous donne accès aau film - 47 min.

 

« Le 8 juin 1783, par une claire matinée de Pentecôte, un épais nuage de sable apparut au nord des montagnes. La nuée était si vaste qu’elle recouvrit rapidement toute la région, et si épaisse qu’elle obscurcit complètement le ciel. Cette nuit-là, de violentes secousses sismiques se firent ressentir ».


Le drame débute ce matin-là, à neuf heures précises, lorsque la terre s’ouvre dans la région de Sida, au sud de l’Islande, sur une longueur de 25 km., formant une fissure constellée de 135 cratères. Le " feu de la rivière Skafta " va produire près de 10 km³ de lave durant les 50 premiers jours de l’éruption, avec un débit moyen de 2.200m³ par seconde.

Bref récit de l'éruption sur ce blog en cliquant sur ce lien

 

37469_426367706440_645396440_5110821_384524_n-copie.jpg                     La fissure éruptive du Laki et sa centaine de cratères - photo © Antony Van Eeten


Mais revenons au récit du révérend Steingrimsson :

« Avec mes compagnons, je me rendis à la crevasse. Le fleuve de feu avait maintenant pris une extension comparable à celle de nos grandes rivières lors de la débâcle de printemps. Au milieu de ce fleuve se précipitaient et déboulaient des rochers et des blocs de pierre comme s’il y avait d’énormes roues en train de nager, le tout d’un rouge ardent. Quand ils heurtaient sur leur passage quelque chose de dur, devant ou sur le côté, ou quand des rochers se heurtaient en faisant des étincelles sous le choc, il en volait ça et là des flammèches et des langues de feu si grandes que le spectacle était affreux.

Je regardais aussi l’éruption souterraine, comme beaucoup la connaissent également. D’abord la terre se gonfla, dans un concert de hurlements, pleine d’un vacarme qui la fit éclater en morceaux, la déchira et l’éventra comme lorsqu’un animal enragé met en pièces quelque chose. Alors, flamme et feu sortaient du moindre trou dans la lave. De grands blocs de pierre et des mottes de gazon étaient projetés en l’air à une hauteur indicible, de temps à autre avec de grands claquements, éclairs, jets de sable, fumées claires ou denses. Oh ! quelle épouvante c’était de contempler de tels signes de colère, de telles manifestations divines.

 


Le 9, de la cendre dériva sur tout le Sida, de la sorte que la terre était noire. Le 10, la même chute de cendre se maintint.

Le 11 et le 12 survinrent une grosse pluie et du vent : ils harcelaient ces cendres et les dispersaient de sorte que l’on réapercevait le sol. Là où l’on apprit qu’il n’y avait pas eu de chute de sable dans le Medalland et que le bétail avait survécu, quelques paysans se rendirent et allèrent aussi loin à l’ouest qu’il le fallait pour se mettre à l’abri avec leur bétail, bien que cela ne servit guère. (…) » 

 

800px-Laki_fissure_-2-.jpg                Lakagigar - Cônes sur la fissure éruptive - photo © Antony Van Eeten

 

Le révérend Steingrimsson fit le 20 juillet son fameux " sermon de feu " - Eldmessa – qui a, selon la légende, stopper la coulée de lave.

  

« Le 20 juillet, qui était le cinquième dimanche après la Trinité, il y eut le même temps couvert, avec des coups de tonnerre, des éclairs, des grondements et des mouvements souterrains. Et comme le temps était passable, j’allai, moi et tous ceux qui étaient dans le Sida, à l’église, dans la pensée craintive et affligée que ce pourrait bien être la dernière fois que l’on y célébrerait les offices, sous l’empire de la crainte qu’approchât le moment où elle serait dévastée.

Coups de tonnerre et éclairs se succédaient avec une telle force que tout flamboyait dans l’église et qu’il y avait comme des échos dans les cloches, le sol tremblant fréquemment. (…)

Après l’office, on alla contempler les progrès qu’avait fait le feu : il  n’avait pas progressé sensiblement depuis notre arrivée, il avait préféré, pendant ce temps, s’entasser et gonfler dans les mêmes limites, couche sur couche, là dans le lit de la rivière en pente, d’environ soixante-dix toises de large et vingt de profondeur – tel qu’il restera visible jusqu’à la fin du monde s’il ne se produit pas d’autres changements.

La Holsta et la Fjadara (deux rivières) débordaient des endiguements que la lave nouvelle leur avait faits, les vagues déferlantes et impétueuses étouffaient le feu qui s’étalait dans sa course dans le lit de la rivière et progressait depuis l’entassement, formant des cascades et courant parmi les coulées de lave. »

(Texte traduit de l’islandais par Régis Boyer / extrait de :" Les feux de la Terre, histoires de volcans " / M. Krafft) 

 

Kirkjubaejarklaustur-copie.jpg        Le site de Kirkjubaejarklaustur - sur le panneau informatif local - photo © Antony Van Eeten

 

Kirkjubaejarklaustur-1974---klaustur.is.jpg               L'église nouvelle de Kirkjubaejarklaustur, édifiée en 1974 - photo klaustur.is

 

37882_426366781440_645396440_5110764_4521212_n-copie.jpg               Lakagigar - les eaux recoupent le basalte et cascadent - photo © Antony Van Eeten

 

 

 Sources :

- Les feux de la terre, histoires de volcans - par M. Krafft - éd. Découvertes Gallimard

- Global Volcanism Program - Grimsvötn

- Guide des volcans d'Europe - M. Krafft et de Larouzière.

- Volcanism - by H-U Schmincke - éd. Springer

 - LAVE Thématique n° 1, 1993, Les volcans, le climat et la révolution française par Roland Rabartin et Philippe Rocher.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Effets des volcans sur le climat :

Une éruption volcanique peut avoir de nombreux  effets sur l’atmosphère et la météorologie. 

Il convient de distinguer

 - les effets sur la troposphère, qui sont généralement limités dans l’espace et le temps

- des effets stratosphériques, qui peuvent concerner l’entièreté du globe et durer des mois voire des années ; seuls ces effets sont responsable d’un refroidissement et de la création "d’hiver volcanique".


Les gaz et poussières éjectés dans la stratosphère se répartissent rapidement sur une grande surface, en raisons des courants aériens. Certains gaz réagissent avec l’air et l’humidité pour former des aérosols qui perturbent la transmission du rayonnement solaire. Le dioxyde de soufre e.a. réagit avec l’eau atmosphérique et forme des micro-gouttelettes d’acide sulfurique.

 

556.jpg

 

  Effets troposphériques et stratosphériques des éruptions volcaniques sur le climat - d'après Simarski [1992], remanié par L. Walter and R. Turco.


 

Cette perturbation de la transmission du rayonnement solaire a un double effet :

- à basse altitude, on observe une diminution des températures  

- dans la stratosphère, les aérosols déclenchent, par effet de serre, une augmentation de température et une perturbation des courants de la haute atmosphère.

  Ces effets, en général limités dans le temps, peuvent perdurer quelques années, dans le cas d’éruptions puissantes.


Une éruption volcanique agit donc sur le climat en fonction

-  de la violence de l'éruption, de VEI > 4 au moins.

-  de la composition des éjectats,

-  mais aussi de la position du volcan. Un volcan situé dans la zone équatoriale disperse plus largement et plus rapidement ses aérosols dans l'atmosphère et a donc plus facilement un effet global sur l'atmosphère.

-  de la date d'éruption dans l'année

-  de l'état du système climatique au moment de l'éruption.

 

Des éruptions moins importantes peuvent aussi refroidir le climat :

Une récente étude d’équipes scientifiques des universités du New Jersey, du Colorado et du Wyoming, grâce aux mesures des aérosols effectuées par le satellite Odin / Osiris, a montré que l’éruption du Nabro en juin 2011 et le nuage soufré émis dans la troposphère … se sont trouvés sur le chemin de la mousson asiatique annuelle. Celle-ci a poussé les gaz volcaniques et les aérosols dans la stratosphère, formant la plus grande charge en aérosols observée par Osiris durant les dernières 10 années.

 

2011-Nabro-SO2--OMI---GVP.jpgNuage de SO2 émis le 19.06.2011 par le Nabro / Erythrée - image satellite Nasa- Aura/ OMI

(masse de SO2 ~103 kilotons (kt); the area of cloud was ~591,000 km2)

Effet du climat sur les volcans :

S’il est largement établi que l’activité volcanique influe sur le climat, la relation inverse n’est pas évidente. Pourtant, une étude conjointe du Geomar / Kiel Allemagne et de l’Univ. De Harvard a récemment montré que le climat modifiait la fréquence des éruptions volcaniques.

2010-01-10 Ash-layers in core pacfic seafloor -GEOMAR S.KutL’étude des carottes du plancher océanique (photo Geomar - S. Kutterolf ) au niveau de l’Amérique centrale, sur 460.000 ans d’activité volcanique, démontre que chaque hausse d’activité volcanique a été précédée d’une augmentation de la température moyenne de l’atmosphère associée à la fonte glaciaire.

Un ajustement isostatique, lié à une moindre charge des plaques continentales (diminution de la charge glaciaire) et une augmentation corrélée de la charge supportée par les plaques océaniques (niveau marin augmenté suite à la fonte glaciaire), induit la formation de failles et permet des remontées magmatiques.

 

La datation des isotopes du soufre dans les carottes glaciaires:

Cette nouvelle méthode, mise au point par l'université de Copenhagen et l'institut de technologie de Tokyo, va permettre une avancée dans l'attribution ou non d'épisodes de refroidissements globaux historiques à des éruptions volcaniques. La balance des différents isotopes dans les carottes glaciaires va donner un moyen de prouver si une éruption explosive donnée a émis un panache stratosphérique, capable d'affecter le climat mondialement, et d'influencer les civilisations, ou si ces effets ont été limités à la troposphère et plus locaux.

 

 

Sources : 

- Rutgers university - Volcanic eruptions and climate - by Alan Robock, professor dept. Environmental sciences and Clive Oppenheimer - 11.2009 - link - link 2.

- U of Saskatchewan-led satellite research reveals smaller volcanoes could cool climate - July 05, 2012  - link

- Geomar - When the ice melts, the earth spews fire - link 

- GSA - A detection of Milankovitch frequencies in global volcanic activity - by S.Kutterolf & al. -  link

- Science 2.0 - Climate Controversy Solved By Chemistry? Which Volcanic Eruptions Caused Global Cooling - 02.2013  

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Quelques précisions sur la climatologie avant de parler de volcano-climatologie :

 

La climatologie, branche de la géographie physique, est l'étude du climat, c'est-à-dire la succession des conditions météorologiques sur de longues périodes dans le temps … versus la météorologie, qui étudie le climat à court terme.


En règle générale, le climat ne varie pas, ou assez peu, en un endroit donné du globe, sur une durée de l'échelle du siècle. Mais sur des temps géologiques, le climat peut changer considérablement. L'étude des climats passés est la paléoclimatologie. Cette étude en fonction de l'histoire humaine s'appelle climatologie historique.


La climatologie … une science pluridisciplinaire :

 

climat_fonctionnement_coolingfactors-2.jpgFonctionnement du climat - facteurs de refroidissement - doc. Climate and global environmental changes /Pearson education, Harlow, UK 2000


La production de modèles climatiques numériques, nécessaires à la compréhension de la variabilité du climat et l’anticipation de ses changements à moyen et long terme, exige la maîtrise des nombreux paramètres qui influencent le système climatique :

- connaissance de l’atmosphère et de sa structure


atmosphere.jpg

– maîtrise des caractéristiques de la circulation atmosphérique.
– connaissance des interactions entre océan et atmosphère, soit les différents courants marins, l’IOD – Indian Ocean Dipole, l’ENSO – El Nino Southern Oscillation, la NAO - North Atlantic Oscillation..

 

GEOS5_Climat.jpgCe modèle atmosphérique en haute résolution a été créé par le superordinateur Discover du centre de simulation climatique au Goddard Space Flight Center de la NASA, en utilisant le Modèle Goddard du Système d'Observation (climatique) de la Terre, Version 5 (satellites météorologiques GOES-5) et présente ainsi la distribution globale des aérosols.

La poussière (rouge) est soulevée de la surface, le sel marin (bleus) tourbillonne à l'intérieur des cyclones, les fumées (vertes) s'élèvent des feux et des particules de sulfate (blanches) sont relâchées par les volcans et les émissions de combustible fossile.- Image credit: William Putman, NASA/Goddard


 

– l’énergie solaire, ses apports et variations

– l’effet de serre et les implications des activités humaines sur celui-ci.

 

Effet_de_Serre---Greenhouse-effect---Robert-A.-Rohde.png

                            Rayonnement solaire et effet de serre - doc. Robert A. Rohde

 

- les mouvements de la Terre influencent aussi le climat. Interviennent différents paramètres :

- la précession (Modification de la direction de l'axe de rotation d'un corps.) des équinoxes : l’axe incliné de la terre, qui justifie l’existence de différentes saisons, varie au cours du temps pour décrire un cône en 25.868 années

– la précession du périhélie : l’orbite terrestre elliptique effectue une rotation.

– l’obliquité de l’axe terrestre varie entre 21°59’ et 24°50’ sur une période de 41.000 années. Quand l'obliquité atteint 24°50' cela entraîne des hivers rigoureux aux latitudes moyennes. Mais lorsque l'obliquité est moins importante ça favorise les glaciations et inverse lorsqu'elle est plus importante.

– l’influence du soleil et des autres planètes entraîne des variations des paramètres de l’orbite terrestre … et une variation du flux global de rayonnement solaire reçu par notre planète.


La climatologie s'appuie aussi sur des relevés historiques, tant physico-chimiques, et obtenus par l’analyse des carottes glaciaires, que strictement livresques, et nécessitant la compulsion d’archives et le recoupement d’informations de qualité.

 

Varaitions-population-Islande-1740-1820---northernlite.ca.jpgCourbe de population et % de décès et naissance en Islande entre 1740 et 1820 - le pic de décès et de diminution dn nombre d'humains liés à l'éruption de 1783 est marqué - doc. northernlite.ca


La volcano-climatologie :

Sur ces systèmes complexes qui gèrent le climat et son évolution historique, vient se greffer l’impact des volcans et de leurs émissions.

 

4-12-06-eruption.jpg                               Schéma des effets des éruptions volcaniques sur le climat

 

Cette nouvelle branche de la volcanologie sera à fortiori multidisciplinaire, et fort dépendante de l'informatique pour la gestion d'innombrables données tant socio-historique que scientifique.

Un exemple nous est donné par le schéma ci-dessous :

 

volcano_VEI_MLOAT_NINO34_GISS_plot.pngMultigraphe de 2011 / Kelly O'Day - regroupant des anomalies de température -l'effet Nino - l'épaisseur optique des aérosols stratosphériques - index sato - le VEI et quelques grandes éruptions récentes 1960-2010.

 

Demain, l'impact des volcans sur le climat ... et l'impact du climat sur l'activité volcanique.

 

Sources:

- La Climatologie - facteurs climatiques et types de climat.

- Volcanic air pollution and mortality in France 1783–1784 / Pollution atmosphérique volcanique et mortalité en France de 1783–1784 - by John Grattan, Roland Rabartin, Stephen Self , Thorvaldur Thordarson

- Atmospheric impact of the 1783–1784 Laki Eruption: Part II
Climatic effect of sulphate aerosol - by E. J. Highwood and D. S. Stevenson

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

37605_426367486440_645396440_5110814_1704702_n-copie-2.jpg

                           Islande - la fissure éruptive du Laki - photo antony Van Eeten


Voici vingt ans, paraissait le premier Mémoire thématique de L’Association Volcanologique Européenne.

Il avait pour objet : Les volcans, le climat et la Révolution française.

 

memoire-LAVE.jpg

 

                      Mémoires thématiques de L.A.V.E.

                       Mémoire n°1 - 1993 - couverture

 

Ce travail pluridisciplinaire a été effectué par Roland Rabartin et Philippe Rocher.

Philippe Rocher est Géologue du volcanisme au service géologique national du BRGM ;

Roland Rabartin, décédé en 2007, était un enseignant aux multiples activités, dans des domaines aussi différents que le sport – il fut directeur départemental de la Jeunesse et des sports du Loiret de 1966 à 1983 – et la météorologie / climatologie – il fut enseignant dans ces domaines à l’Université du temps Libre d’Orléans – ou l’histoire – il fut membre de la Société archéologique et historique de l’Orléanais.

 

Roland-Rabartin-et-Roger-Bambuck--02.12.2006.jpgUne des dernières photo de Roland Rabartin, en compagnie de Roger Bambuck, Ministre des Sports à l'époque - photo 02.12.2006

 

Ce mémoire analyse les données climatologiques de l’Orléanais entre 1770 et 1789, où il est question de " brouillard sec, bleuâtre et odorant ", les met en rapport avec leurs conséquences directes, pour pister ensuite un ou des responsables.

 

Peinture_Laki----E.Leclercq.jpg

    L'éruption du Laki par Jean-Claude Leclerc, peintre paysagiste rouennais / via Michel Lecouteur

 

 

Deux éruptions volcaniques, dont principalement celle du Laki (Islande), plus accessoirement celle de l’Asama (Japon), toutes deux en 1783, sont incriminées dans le refroidissement climatique, la pollution des eaux de surface, de mauvaises récoltes, la famine et l’augmentation de la mortalité des populations en Europe … menant au désespoir, à la colère, et à la révolte.

 

Cette conjonction de paramètres climatiques, économiques et sociaux a pu participer à une acceptation dans les campagnes de la fin de l'ancien Régime, si elle n'a pas contribué directement à la Révolution française.

 

Ag.Desperret--3-eruption-du-volcan-de-1789.jpg

                  Lithographie d'Auguste Desperret - "Troisième éruption du volcan de 1789" .


Cet anniversaire nous amènera à examiner durant la semaine

– les différentes éruptions mises en cause : dans l’hémisphère nord, le Laki, et plus localement, l’Asama au Japon.

– la climatologie et ses différentes disciplines

– l’influence des éruptions volcaniques sur le climat, et partant la naissance de la volcano-climatologie

– le rôle joué par le clergé, "chroniqueur de l’Enfer ", comme le fait remarquer Maurice Krafft dans son livre "Les feux de la Terre".

  

Sources :

- Mémoires thématiques de L.A.V.E. -  Mémoire n°1 - 1993 - link 

-  Volcanic air pollution and mortality in France 1783–1784 / Pollution atmosphérique volcanique et mortalité en France de 1783–1784 - par John Grattan, Roland Rabartin, Stephen Self, et Thorvaldur Thordarson.

- La Recherche - Le Laki, une catastrophe Européenne – par Emmanuël Garnier  

- Earth of Fire - "le volcan de la Révolution" - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les paysages enneigés magnifient le Yellowstone et ses zones thermales … mais les hivers y sont très froids : entre - 5°C et -20 °C en journée et sous les – 20°C la nuit, avec une couche neigeuse moyenne de 180 à 380 cm. près du lac du Yellowstone, et bien plus sur les sommets environnants.

 

2013.01.22-Cliff-geyser-Black-sand-basin---YNP.jpg  Yellowstone National Park - Black Sand Basin - le Cliff geyser - photo Yellowstone N. P. 22.01.2013

 

2013.01.29-Orange-spring-mound--YNP.jpg Yellowstone National Park - Mammoth springs - Orange spring mound - photo Yellowstone N.P. 29.01.2013


Comment se débrouille la faune sauvage pour survivre à ces frimas ?

Tous n’hibernent pas comme les ours, et doivent élaborer d’autres stratégies de survie.

 

2012.12.19-Charogne-wapiti---YNP.jpg           " Mort et vie au Yellowstone " - carcasse de wapiti - photo Yellowstone N. P.

 

Beaucoup d’herbivores peinent à trouver leur pitance sous la couche neigeuse trop épaisse ; ils doivent se déplacer pour trouver herbe et plantes, au risque de dépenser une énergie nécessaire au maintien de leur température corporelle … les wapitis migrent vers le sud, où ils se rassemblent, comme près de Jackson Hole dans le Grand Teton N. P.,  ou profitent de conditions locales plus favorables dans des zones plus chaudes, où la neige est moins présente ou en couches plus fines, comme le font les bisons.

 

2012.12.14-Femelles-wapiti-Junction-butte-YNP.jpgYellowstone National Park - regroupement de femelles wapiti à Junction Butte - photo Yellowstone N. P. 14.12.2012

 

2013.01-22-Bisons-thermal-area-YNP.jpgYellowstone National Park - les bisons recherchent les zones thermales moins enneigés durant l'hiver - Yellowstone National Park 22.01.2013

 

2013.01.16-Elan-manteau-hiver---YNP.jpgYellowstone National Park - un élan, protégé par son pelage hivernal, fouille pour trouver quelques tendres rameaux -  photo Yellowstone National Park 16.01.2013

 

Il en est de même pour les carnivores, et même les oiseaux : leur survie dépend bien souvent d’une adaptation de leur régime … ils deviennent alors charognards. La mort d’un animal donne la vie à d’autres : des coyotes et renards aux aigles ou aux mésanges, tous se nourrissent sur les carcasses.

 

-Yellowstone-wolf--Doug-Smith-NPS.jpgYellowstone National Park - l'hiver est une rude saison, même pour les loups - photo NPS / Doug Smith

 

2013.01.08-renard-male.jpgYellowstone National Park - Grâce à une ouïe extraordinaire, le renard arrive à localiser ses proies sous la neige - photo Yellowstone N. P. 08.01.2013

 

2013.01.04-Pygargue-charognard---Chris-Daniel-YNP.jpgYellowstone National Park - Firehole river -  Le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus - Bald eagle),  habituellement piscivore, doit parfois se contenter en hiver de charognes -  photo Yellowstone N. P. / Chris Daniel ... à proximité d'un cygne trompette. 01.01.2013

 

   La mésange de Gambel a une méthode particulière pour supporter les basses températures ! Ce petit oiseau de quelques grammes fait baisser chaque soir d’hiver sa température corporelle de 6,5 °C environ, ce qui lui permet de conserver 20% de l’énergie nécessaire à la survie durant une nuit glaciale … malgré cela, il doit passer sa journée à remplacer l’énergie perdue : le mythe de Sisyphe revisité !

 

Mesange-de-Gambel---hiver-controle-temp.-YNP.jpg Yellowstone National Park - Mésange de Gambel (Poecile gambeli - Mountain Chickadee) - photo Yellowstone N. P. 10.01.2013

 

Certains migrateurs, comme le pluvier Kildir, peuvent contre toute attente y séjourner en hiver : ils survivent en se nourrissant des insectes trouvés dans les eaux chaudes des zones géothermales.

 

2013---kildeer-at-Mud-volcano--Terru-dolan-YNP.jpg Yellowstone National Park - Mud volcanoes - un Pluvier Kildir ( Charadrius vociferus - Killdeer) se nourrit près des sources chaudes - photo Yellowstone N. P. / Terry Dolan - hiver 2013

 

2013.01.11-Blue-funnelspring---John-Pallida-YNP.jpg Yellowstone National Park - Blue funnel spring -  photo Yellowstone N. P. / John Pallida 11.01.2013

 

Sources :

- Yellowstone National Park pictures

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

La maison des Vettii est une ancienne demeure réhabilitée en l’an 62. Après un important séisme cette même année, rapporté par Suetone dans sa "Vie de Néron", l’élite quitte Pompéï pour d’autres lieux … ce vide permet aux nouveaux riches de s’y installer.

C’est le cas des Vettii, Aulus Vettius Restituts et Aulus Vettius Conviva, deux affranchis devenus marchands de vin qui ont acquis cette demeure et  vont ainsi pouvoir étaler leur nouveau statut de notables.

C'est sans doute la plus belle maison de Pompéï. Contrairement à l’usage en cours de réserver le rez-de-chaussée à une boutique ou un commerce, cette maison, située dans un quartier calme de Pompéï ne possède aucune pièce le long d’une rue principale.

casa_vettii_pompeya_ebg01.jpgPompéï - Maison des Vettii : le triclinium / oechus ouvre sur le jardin et son péristyle - photo E. Barragan / Italica romana.

Fidèlement reconstituée (on a été jusqu'à rétablir le toit de l'atrium), elle comporte un délicieux jardin embelli de statuettes, de vasques, de jets d'eau. Les fresques du triclinium représentant des scènes mythologiques et des frises d'amours occupés à des tâches quotidiennes, figurent parmi les plus jolies de l'Antiquité.

triclinium-Casa-dei-Vettii---xs4all.nl.JPGPompéï - Maison des Vettii : peintures murales du triclinium / oechus, avec la "frise des amours" - photo xs4all.nl

Elles sont situées dans une pièce ouverte sur le jardin et son péristyle. Les parois sont décorées dans la " quatrième style " (*), caractérisé par un socle rouge et noir avec figures et guirlandes. Une frise avec des amours occupés à diverses activités est située à hauteurs des yeux des convives (couchés), une zone centrale constituée de champs rouges avec des figures flottantes, divisée par des candélabres (des colonnes) avec fond noir. Le sol est recouvert de mosaïques blanches, cernée par un motif serpentant et un liseré noirs.

Estampe-de-pompei-Casa-dei-Vettii---litho-De-luca-bartello.jpgPompéï - Maison des Vettii : Les Amours dans une course de chars
Lithographie en couleurs de De Luca, Bartelloni, d'après les relevés du prof. Discaramo, édités par Negenborn et Bokwinkel à Naples. Hauteur : 11,8 cm - Largeur : 44,5 cm.  - Vers 1900.

 

Brogi-_Carlo_-1850-1925-_-_n._11241_-_Pompei_-_Domus_Vettio.jpgPompéï - Maison des Vettii : Les Amours dans une course de chars- Doc. photo Carlo Brogi (1850-1925)

 

foto-vettii73---Giovanni-Lattanzi---archart.it.JPGPompéï - Maison des Vettii : Les Amours dans une course de chars- Détail - photo Giovanni Lattanzi / Artchart.it

 

Estampe-de-pompei-Casa-dei-Vettii---litho-De-luca-copie-1.jpgPompéï - Maison des Vettii : Les Amours vendangeurs
Lithographie en couleurs de De Luca, Bartelloni, d'après les relevés du prof. Discaramo, édités par Negenborn et Bokwinkel à Naples. Hauteur : 11,8 cm - Largeur : 44,5 cm.  - Vers 1900.

Ces fresques sont précieuses pour comprendre les techniques vinicoles pratiquées sur les flancs du volcan avant son éruption.

Cette pièce porte le nom d’oecus, l’équivalent d’un salon dans une maison romaine, utilisé occasionnellement comme triclinium pour des banquets.

Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et recouvre Pompéï de cendres et de ponces … préservant cette demeure jusqu’en septembre 1894, date du début de l’excavation qui dura deux ans.

Sommer-_Giorgio_-1834-1914-_-_n._3002_-_Pompei_-_Ultimi_sca.jpg

 

Sommer-_Giorgio_-1834-1914-_-_n._3002_-_Pompei_-_U-copie-1.jpgPompéï - Maison des Vettii - photos de l'excavation du jardin et du péristyle entre 1894 et 1896 - doc. Sommer Giorgio (1834-1914)

 (*) : les peintures murales de Pompéï sont divisées en quatre différentes périodes, d’après une classification d’Auguste Mau en 1882. Les premier et second styles sont caractérisés par le placement des peintures dans des espaces de mur délimités. Le troisième style est marqué par l’inclusion de dieux et héros dans les peintures, avec un  côté mythologico-narratif. Le quatrième style est plus axé sur l’ambiance et la décoration, avec des zones centrales de murs divisés en panneaux séparés par une perspective architecturale élaborée. 

 Pompéï - Maison des Vettii : le jardin et son péristyle reconstitués - peu après 1896 - photo
Carlo Brogi (1850-1925) - "Pompei. Domus Vettiorum Veduta del peristilio".  Numero di catalogo: 9711.

 

Sources :

Merci à Damien Becquart de m'avoir inspiré le sujet.

- The house of the Vettii - link  

- Archart – Pompeï – Casa of the Vettii - link  

- Expertissim.com - Pompéï, casa dei Vettii - deux planches de décor - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans les Monts Dore, Saint Nectaire est un authentique village, remarquable pour ses sources thermominérales, son fromage et son art roman ! Un éclectisme qui la distingue d’autres cités thermales.

 

St-Nectaire---le-site---Jacques-Henri-Bayle.jpg             Saint-Nectaire - Fontaines Pétrifiantes de Saint-Nectaire - photo Jacques-Henri Bayle

 

Les thermes Gallo-romains :

Redécouvertes au début du 19°siècle, les grottes du Cornadore sont creusées dans du granite vieux de 340 Ma. Elles sont le lieu d’émergence de sources hydrothermales bicarbonatées. L’âge mesuré sur une stalactite, 2.000 ans, l’organisation des salles (tépidarium, caldarium) et la présence de cuves de bains en attestent l’usage ancien.

 

St-Nectaire-groote-du-Cornadore---2----promoresa.jpg    Saint-Nectaire - grotte de Cornadore: cuves de bain d'époque romaine - photo promosera

 

Les fontaines pétrifiantes :

Depuis 200 ans, les sources thermominérales d’origine volcanique sont exploitées pour la fabrication de bas-reliefs en calcaire et le recouvrement par celui-ci d’objets divers. Sept générations se sont transmis ce savoir-faire.

Les eaux de deux émergences (température de 18 à 52°C), à débit constant (39 l./min) se mélangent pour former une succession de petits lacs tièdes (30°C) ; elles circulent ensuite dans de petits canaux remplis de copeaux de bois, favorisant la précipitation des oxydes de fer et le dégagement partiel du gaz carbonique.

 

St-Nectaire-fontaine-petrifiante---la-gazette-des-champs.jpg

Saint-Nectaire - La fontaine pétrifiante : on distingue les arrivées d'eau au dessus de l'escalier (sous le niveau de la galerie) - photo La gazette des champs.

L’eau chargée en carbonates cascade sur 14 mètres de hauteur sur un escalier de bois dont les marches sont garnies de moules souples, fabriqués sur le site … il faut entre 6 mois et 2 ans pour les recouvrir d’une couche carbonatée brillante.

"L'amour enchaîné par les nymphes"  - oeuvre des Ateliers  de la Fontaine Pétrifiante. / www.fontaines-petrifiantes.fr

A.T.D_L-Amour_enchaine_par_les_nymphes.jpg

 

Le Mont Cornadore est le berceau de cultes divers depuis le néolithique : un dolmen en granit y est érigé, et selon la légende, des fées résidaient dans les grottes du mont, avant que Nectaire n’y prêche la religion chrétienne à la fin du 3° siècle. (http://www.terres-romanes-auvergne.com/saint-nectaire.html)

Il y fit bâtir une première église, qui accueillit ses reliques après sa mort. L’actuelle église romane, en trachyte gris clair, y fut construite au 12° siècle, et domine le village. Les chapiteaux, au canon trapu hérité de la tradition gallo-romaine, offrent plus de cent figures exceptionnelles.

saint-nectaire--terres-romanes.jpg                       Saint-Nectaire : chapiteaux romans du coeur - photo Terres romanes.

 

La commune a donné son nom à des fromages appréciés des gourmets et gourmands. C’est l’onctuosité de sa pâte et son délicat goût de noisette qui SaintNectaire---Promking.jpgfirent sa renommée.

Photo Promking.

 

Introduit à la cour de Louis XIV par le Maréchal de France Henri de Sennecterre (1600-1681), le Saint-Nectaire eut les faveurs du roi Soleil. Fromage paysan par excellence, fabriqué encore aujourd’hui bien souvent par les femmes, le Saint-Nectaire fut appelé jusqu’au 17e siècle "fromage de seigle " car il était affiné sur de la paille.

 

Sources:

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Saint-Nectaire - grottes du Cornadore - link

- Fontaines pétrifiantes de St Nectaire - link

- Fromages d’auvergne – fromage AOP Saint-Nectaire - link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Banne d'Ordanche - Telemaque MySon                         La Banne d'Ordanche - photo telemaque MySon


La Banne d’Ordanche est un sommet issu d’une éruption de trachyandésite. Ce volcan strombolien, apparu il y a 2 millions d’années environ, a subi une forte érosion par le ruissellement, par le vent et la gélifraction, qui lui laisse une étrange silhouette culminant à 1.512 mètres. Les talus d’éboulis sur le flanc sud date de la glaciation de Würm ( ~70.000 à 10.000 ans avant JC.) La Banne est un terme occitan signifiant " la corne ".

Son sommet, accessible par un escalier en bois, offre un panorama à 360° sur les Monts Dore, les monts du Cantal et la Chaîne des puys.

 

Banne d'Ordanche - Franchomme                                   La Banne d'Ordanche - photo SVT / Franchomme


La Banne d’Ordanche a donné son nom à une roche magmatique volcanique, l’ordanchite : une téphrite à haüyne.

Les téphrites sont des roches volcaniques basiques, de teneur basse en SiO2, teneur en alcalins (Na2O+K2O) de 3-9% pds et forte teneur en fer et Magnésium.

 Ordanchite---Damine-Mollex---ENS-Lyon.jpg

                                    Ordanchite - photo Damien Mollex / ENS Lyon lithothèque

 

Le massif des Monts Dore est parsemé de lacs d’origine volcanique. Certains correspondent à des maars, d’autres sont des lacs de barrage volcanique.

 

Lac-Guery-et-roche-tuiliere---phil.-houbart-centerblog.gif                    Le lac de Guéry et la roche Tuilière - photo Philippe Houbart / centerblog


Le lac de Guéry : un exemple de lac de barrage et d'érosion glaciaire.

Il est également le plus haut lac d'Auvergne à 1250m d'altitude. (Superficie 26ha - profondeur 17m.)
C'est un lac de barrage créé par une coulée de lave basaltique, il y a 2,2 Ma d'après la datation de sa Labradorite ; les glaciers ont également eu un rôle déterminant en sur-creusant les roches : il s'agit de l'érosion glaciaire.

La fusion glaciaire lors d'éruptions ultérieures peut expliquer l'abondance de produits hyaloclastiques aux environs du Guéry.


Propriété d'EDF, autrefois appelée "Société de l'énergie industrielle", cette dernière entreprit à la fin du XIXème siècle un rehaussement du niveau du lac grâce à une digue de 8m., afin d'apporter l'eau du Guéry jusqu'à la centrale électrique du Mont-Dore, produisant l'électricité pour le Funiculaire du Capucin.

 

Chaque année, début mars, lorsque le lac est gelé, des pêcheurs venus de toute la France et des pays voisins s'adonnent à une pratique originale : "la pêche blanche". Un évènement insolite où chacun creuse son trou dans la glace à l'aide d'une vrille, puis lance sa ligne eschée d'un lombric, d'une teigne ou d'un petit vif pour une bonne partie de pêche hivernale ! Truites fario et arc en ciel, saumons de fontaine, ombles chevaliers, perches, brochets, carpes, gardons, tanches, gougeons peuplent ce lac.

 

Le lac pavin : un exemple de maar

Le cratère d'explosion du Pavin découpe à l'emporte-pièce le socle, les anciennes coulées trachyandésitiques issues du Massif des monts Dore et le coulée nord-est du Montchal. Il est occupé par un maar aux parois abruptes, de 750 mètres de diamètre, 92 mètres de profondeur.

Cet exemple a été analysé dans la série sur les lacs de cratère - lien.

 


Puy-de-Monchal-et-Pavin---vues-aeriennes-super-besse.JPG       Le Montchal, cône strombolien boisé, et le lac Pavin - photo "vues aériennes super-Besse".

 

Sources:

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière aux éd. Delachaux & Niestlé

- Photos SVT - Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille  - Photos libres de droit  pour tout usage pédagogique

- Lithothèque Auvergne - Col de Guéry / hyaloclastites 

 - BRGM - Pavin-Montchal - link

- Activolcans - les dernières études sur le lac et le volcan - colloque de 2009

- Planète Terre - les mystères du lac Pavin - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Indonésie- Paluweh (Rokatenda) :

Après l’élévation du niveau d’alerte aviation au rouge le 03.02.2013 par le VAAC Darwin et l’estimation d’un panache à 13 km. de hauteur, il est certain que le dôme, en croissance depuis novembre 2012, a connu une explosion importante. Des cendres sont retombées sur Florès au sud, et des images satellites montrent que le versant sud de Palue a été impacté par des retombées. Le journal Metronews indique une activité en baisse après cette explosion.


Des centaines de personnes ont quitté spontanément l’île par bateau dès le dimanche 03.02 ; Plus de 2.000 personnes ont été ensuite évacués vers Maumere, la capitale du royaume de Sikka, où elles sont abritées dans quatre camps de secours. Des nouvelles locales rapportent des infections des voies respiratoires supérieures et des diarrhées chez les réfugiés de l’île. (Palce Amalo / PBU)

Certains habitants sont retournés depuis vers l'île qu'ils avaient quitté, pour apporter une aide alimentaire sommaire aux familles et animaux qui n'ont pas évacué.


Vidéo du dôme et de ses effondrements en fin 2012 / Photovolcanica


 

Sicile – Etna :

Durant la journée du 4 et la nuit du 5 février, le nouveau cône sud-est a été le siège de bouffées de cendres, et de quelques projections, en rapport avec un trémor instable.

Le 6 février, le tracé du trémor a connu une hausse exponentielle brève ; la couverture nuageuse ne permet pas de visualiser l’activité en cours, qui devrait toucher la Bocca Nuova.

 

2013.02.05-20h35-Etna.jpg                 Activité strombolienne au nouveau cratère sud-est (NSEC) - 05.02.2013 / 20h35

  2013.02.06-BN---ECPNZ-copie-1.gif

                         Brève montée du trémor le 06.02.2013 - doc. INGV Catania / ECPN


Italie – Champs phlégréens :

L’Osservatorio Vesuviano signale dans un rapport du 2 février (consécutif à une visite de terrain du 31.01.2013) l’ouverture d’un évent, expulsant gaz et eau à température d’ébullition jusqu’à une hauteur de 4-5 mètres, dans le champ fumerollien de Pisciarelli (à la limite entre Naples et Pozzuoli).

Cet évènement est à mettre vraisemblablement en rapport avec les fortes pluies des récents jours ; la zone de Pisciarelli est sous monitoring depuis mai 2011.

 

 

 

Chili – Puyehue / Cordon-Caulle :

Une découverte faite par un team de géologue en visite sur la coulée du volcan en janvier 2013.

Ils ont constaté que la lave est toujours en mouvement, bien que l’éruption ait stoppé. L’obsidienne qui la compose n’est pas complètement rigide : elle peut couler, même à l’état solide ! Plus haute est la température, plus vite un verre peut se déformer, spécialement à une température proche du point de fusion. Le volcanologue Hugh Tuffen  a décrit ce phénomène : " le son de l’obsidienne avançant est fascinant, et je n’ai jamais rien entendu de tel … une succession de sons de fracturation lamellaire, comme si un bol de riz soufflé était fait de milliers de plaques fragiles qui se cassent en permanence … L’intérieur chaud de la coulée de lave vitreuse, isolé par une enveloppe solidifiée, lui a permis de continuer de continuer à suinter durant sa descente.


puyehue_ali_2013.01.13.jpgLa coulée d'obsidienne du Puyehue - Cordon-Caulle  - NASA Earth Observatory image by Jesse Allen and Robert Simmon, using EO-1 ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon. - Instrument:  EO-1 - ALI - 13.02.2013.

 

Chili – Copahue :

Le Sernageomin continue à enregistrer une importante sismicité, liée à des mouvements de fluides et de la fracturation de roches, associée en surface à un abondant dégazage.

 

Kamchatka - Tolbachik

Aucun changement dans le type d'activité du Tolbachik, toujours en cours.

Deux photos récentes par ratbud.livejournal

 

2013.02---photokamchatka.jpg 

144350-ratbud.livejournal.jpg

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Roches_tuiliere_et_sanadoire---Thierry-46-copie-1.jpg

                        Les roches Tuilière et Sanadoire  - photo Thierry46

 

A 12 km. au nord du Mont Dore, deux necks volcaniques pointent d’une vallée glaciaire au fond de laquelle affleure localement le socle granitique.

Cette vallée est barrée au nord par des épanchements de lave : une coulée de basalte et une de doréite, venants de l’ouest et une troisième, d’ordanchite, venant de l’est.

Ces protrusions, hautes de 1290 mètres, se sont formées il y a environ 2 millions d’années. Les magmas visqueux, phonolitiques, n’ont pu se déverser latéralement pour former des dômes … ils sont montés verticalement, comme des pistons, en conservant le diamètre du cratère, dans le cas de la Roche Tuilière, en une seule venue, dans le cas de la Roche Sanadoire, en plusieurs venues.

 

Lassolas_Aydat-029.jpg

Lassolas_Aydat-030.jpg

 

 


 

Schéma de formation des roches Tuilière (à gauche) et Sanadoire (à droite)doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille

 

La roche Tuilière présente sur son flanc est des orgues de phonolite à néphéline. Ils se laissent débiter en plaques minces et régulières, les lauzes, exploitées pour la couverture des bâtiments régionaux… d’où son nom. Les carrières ont été abandonnées depuis plus d’un siècle.

 

Lassolas_Aydat---La-roche-tuiliere.jpg

    La roche Tuilière - doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille

 

Roche-Sanadoire---2----JL-Franchomme.jpgLa roche Sanadoire -  doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille


La Roche Sanadoire, la "roche sonnante ", doit son nom à cette caractéristique musicale de la phonolite, qui résonne quand on la frappe. Elle présente sur ses flancs de petites orgues formant des gerbes, formée de phonolite à analcime et à noséane (bleue à l’origine, devenant par altération rouge brique).

Un château occupait le sommet au moyen-âge, comme en atteste des textes médiévaux. Il servit de repaire aux mercenaires amenés par les Anglais, qui ravagèrent la contrée pendant la guerre de Cent ans. En 1477, un tremblement de terre secoua la région, provoqua l’effondrement de la partie sommitale et effaça toutes traces du château.


D’autres affleurement de phonolyte prismée existe à la carrière Monneron, entre le Mont Dore et La Bourboule (en bordure de la D996) . Il s’agit d’un dôme de trachyphonolite à noséane, daté de 3 Ma,  traversé par un dyke de trachyte, daté de 2,55 Ma.

 

Monneron-carriere---volcanogeol.jpg                          Carrière de Monneron - dyke de trachyte - doc. volcanogeol.

 

Diapositive09-copie.jpgL'architecture locale utilise les matériaux mis à disposition par la nature: un bel exemple avec cette maison située à côté de la coulée prismée oblique, les murs en section de basalte prismé, le toit en lauzes de phonolite et les coins des murs en trachyte.

 

Une maison en matériaux volcaniques - doc. Volcanogeol / Rochefort-Montagne.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F. de Larouzière -éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM – volcans Monts Dore – Sancy  - link 

- Les volcans du Massif Central – BRGM – P. Nehlig & al.

- Photos SVT - Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille  - Photos libres de droit  pour tout usage pédagogique

- Volcanogeol - Les Monts Dore - link  

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog