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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un séisme tectonique de forte magnitude peut-il avoir une action sur l’activité volcanique ?


Jusqu’à ce jour, les scientifiques avaient identifié quelques cas où des éruptions volcaniques suivaient de puissants tremblements de terre.

En 2008, une étude de l’Université d’Oxford avait mis en évidence une relation statistique entre séisme tectonique et éruption volcanique, sans toutefois apporter de certitude en la matière.


Deux exemples viennent de remettre cette question à l’honneur.

 

120511-mt-fuji-7a.photoblog600.jpeg                       Le Mont Fuji émergeant tranquillement d'une mer de nuages - photo blogspot.


Un article du National Research Institute for Earth Science and Disaster Prevention Japonais révèle qu’une étude des mouvements tectoniques causes par le séisme sous-marin de magnitude 9 qui a frappé le nord de l’archipel Nippon le 11 mars 2011 et ses répliques, dont une de M6,4, serait corrélé avec une augmenation de pression dans la chambre magmatique du Fuji-San.

Cette pression serait maintenant plus forte que celle de la chambre magmatique avant la dernière éruption du volcan, en 1707.

Les scientifiques estiment la pression à 1,6 mégapascals (soit 15,8 kg. /cm²)  … alors qu’une éruption volcanique peut être déclenchée par une pression de 0,1 mégapascal.

Mais ce n’est pas la seule variable a prendre en compte pour prétendre qu’une éruption du Fuji est possible à brève échéance. Il n’y a pas d’autres signes d’activité constatés pour l’instant, vraisemblablement parce que la quantité de magma qui s’est accumulée sous l’édifice volcanique n’est pas "substantielle".


Mt Fuji - fissure 07.2012Cela a cependant donné l’occasion à la presse japonaise de rappeler que suite à la réplique de M 6,4 centrée sur la préfecture de Shizuoka le 15 mars 2011, une fissure longue de 20 mètres était apparue à mi-hauteur sur les flancs du Fuji, vite recouverte par du sable et des cailloux.

Shigeo Aramaki, chef de l’Institut des sciences environnementales Yamanashi, a déclaré , après une inspection en juin dernier, que rien ne s’était passé plus d’un an après la découverte de cette fissure, et qu’une éruption était improbable.


Fissure sur le Mont Fuji - photo non référencée du 07.2012

 

Telica-01.2012----2---AVE.jpg                Nicaragua - le cratère du Telica, dégazant en janvier 2012 - photo Antony Van Eeten


Dans le même ordre d’idée, un article dans la Prensa Latina du 6 septembre relate que les scientifiques de l’INETER, Instituto Nicaragüense de Estudios Territoriales / Nicaragua, suivent de près l’augmentation de température du volcan Telica : 435°C au lieu des 250°C habituels.

Javier Mejia considère qu’il peut y avoir une relation avec les mouvements sismiques régionaux : le séisme du 27 août dernier, au large des côtes du Salvador, de M 7,3 et  le séisme de M 7,6 du 5 septembre, et ses répliques nombreuses, au Costa Rica, pour les plus importants.


Quoiqu’il en soit des relations possibles de cause à effet entre séismes tectoniques et éruptions volcaniques, ces volcans entreront en éruption un jour … le tout est d’en prévoir à temps une montée réelle en puissance !

Leur monitoring est plus que jamais d’actualité !

 

Sources :

- Japan Times - Quakes added to eruption risk on Mount Fuji - link 

- National Geographic - Mount Fuji overdue for eruption, experts warn - link

- Prensa Latina - Científicos Nicaragüenses vigilan aumento de temperatura en volcán- link

- USGS Earthquake Hazard program - link

- The influence of great earthquakes on volcanic eruption rate along the Chilean subduction zone - 01.11.2008 - Science direct.

Sebastian F.L. Watt, David M. Pyle and Tamsin A. Mather Department of Earth Sciences, University of Oxford, Parks Road, Oxford OX1 3PR, UK

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


San-Cristobal----Ricci-Rich-Silva--twitpic.jpg

         Nicaragua - éruption du San Cristobal - 08.09.2012 - photo Ricci Rich Sylva / twitpic

 

Une dépêche de l'AFP, reliée par le quotidien La Nacion / Nicaragua annonce une éruption du volcan San Cristobal; trois fortes explosions se sont accompagnées d'une émission de pierres (bombes) et cendres, et d'un panache.

 

Quelques 3.000 personnes faisant partie de cinq communautés proches du volcan ont été évacuées à cause de risques causés par les gaz émis par l'éruption, selon le directeur du SINAPRED - Sistema Nacional de Prevencion y Mitigation ante el Desastre.

 

La dernière éruption du volcan est datée de 01.2011 par le GVP.

 

Sources :

- La Nacion Mundo - Entra e, erupcion volcan San Cristobal en Nicaragua y comienzan evacuaciones.

- Global Volcanism Program - San Cristobal

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Le volcan de l’île de Montserrat, Soufrière Hills, semble reprendre du service.


Depuis l’émission de cendres (ash venting) du 23 mars 2012, seules de fumerolles avaient été observées sur le bord du cratère. La caméra thermique n’avait observé aucune anomalie thermique associée au cratère et à ses fumerolles. Ce dégazage demeure la source possible des grondements entendus en juin.

 

23.03.12---Soufriere-Hills---MVO.jpgMontserrat - Soufriere Hills - 27 juillet 2012 - vue partielle du dôme de lave et ses fumerolles - photo MVO.


Le 8 août aux environs de 17 h locale, un grondement et une émission mineure de cendres ont été observés par l’observatoire. Les observations indiquent comme source la fumerolle située dans la cicatrice d’effondrement du 11.02.2010, existant avant l’évènement de mars 2012.

La cendre a dérivé vers Plymouth à une hauteur de 1.000 – 1.200 m.

 

 

 

               Survol du volcan le 24 août par le MVO / Caribbean Helicopters


Le 29 août 2012, à 15h45 locale, une coulée pyroclastique modérée a descendu le flanc Est de Soufriere Hills en direction de la vallée de la Tar River, accompagnée d’un nuage de cendres évoluant vers Plymouth. Cette coulée pyroclastique n’a duré que 75 secondes et a couvert de dépôts fins une zone s’étendant sur 1-1,5 km.

 

29.08.12-Pyrocl.-flow-Tar-river-valley.jpgMontserrat - Soufriere Hills - le nuage et la coulée pyroclastique du 29 août 2012 - photo Jennifer Roberts / MVO.

 

 

Le rapport du MVO du 31 août relate un niveau d'activité bas, avec cependant une sismicité élevée. Les taux de SO2 des derniers 5 jours du mois varient entre 473 et 187 tonnes par jour, avec une moyenne de 252 tonnes/jour.

20111025_hl_2.pngLe niveau d'alerte reste fixé à 2, sans accès à Plymouth et à la zone V. Un accès diurne reste ouvert en zone C et dans la zone maritime W , seul le transit diurne est permis, sans arrêt autorisé !

 

Source :

MVO - Montserrat Volcano Observatory - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les champs volcaniques situés dans la chaîne côtière californienne au nord de la baie de San Francisco incluent, selon la nomenclature de Fox (1985) et Graymer (2002), les roches volcaniques / champs volcaniques Quien Sabe, celles de Berkeley Hills, de Sonoma, de Tolay, des montagnes Burdell et de Clear Lake.

 

Ces champs volcaniques sont associés dans le temps et dans l’espace à la migration vers le nord du point de triple jonction Mendocino et à la transition entre la subduction et un arc volcanique associé, et un environnement tectonique de "slab window".

 


Coupe SNF

(A) Coupe au point de triple jonction Mendocino des plaques Pacifique et Nord-américaine - SAF : Faille de San Anreas, qui est la limite ouest de la région occupée précédemment par la plaque Gorda en subduction.

(B) Configuration des plaques à environ 6 Ma au voisinage du point de triple jonction Mendocino - MTJ. Ce point migre vers le nord à la même vitesse et direction relative que la plaque Pacifique ( flèche P), la plaque Gorda est en mouvement vers le NE (flèche G) - SAF : faille de San Andreas - SVF : Sonoma volcanic field

Doc. Geology and geochmistry of volcanic centers within the eastern half of the sonoma V.F. / Donald S. Sweetkind & al.

sonoma-et-clear-Lake-V.F.---Luedke---Smith-1981.gif
Carte géologique simplifiée avec les champs volcaniques de Clear Lake et de Sonoma (modified fromSaucedo et al., 2002; Ludington et al., 2006) /  Doc. Geology and geochmistry of volcanic centers within the eastern half of the sonoma V.F. / Donald S. Sweetkind & al.


Le champ volcanique de Clear Lake a été analysé précédemment … passons au champ volcanique de Sonoma, qui contient des assemblages hétérogènes de coulées de lave, dépôts pyroclastiques, et tuffs.

 

 

Cinq centres volcaniques majeurs sont définis, adjacents à la Napa Valley : du nord au sud:

- les centres du  Mont St. Helena – MSH , 3,35 – 2,85 Ma, à distinguer du St. Helens/ état de Washington.

- des dômes Calistoga – CD, environ 2,8 Ma,

- de Wildlake – WL, 3,2 – 2,8 Ma,

- de Stags Leap – SL, 4,35 – 4,3 Ma,

- et de Cup and Saucer – CS, 5,4 – 4,7 Ma.


 

F15.largeLes centres volcaniques adjacents à la Napa Valley - abréviations dans le texte ci-dessus - Doc. Geology and geochmistry of volcanic centers within the eastern half of the sonoma V.F. / Donald S. Sweetkind & al. 

 

Le centre volcanique du Mount St Helena est le plus jeune et le dernier actif du champ volcanique Sonoma ; il contraste avec les autres centres par des dépôts de cendres siliceuses volumineux, des coulées cendreuses et des lahars.

Il s’est construit sur le dessus de dômes anciens et leurs coulées associées, et de tuffs du centre volcanique Wildlake.

 

Mount_Saint_Helena_-2007-10-08----Wwoods.JPG                                    California - Mount St. Helena - photo Wwoods


Le centre volcanique de Stags Leap est un grand volcan composite, comprenant une séquence de coulées basalto-andésitique et lahars, épaisse de plus de 350 m.

Le centre volcanique Cup and Saucer comprend une séquence inférieure de coulées, et d’agglomérats de tuff lithiques, recouvert par des tuffs et coulées dacitiques, associés à deux caldeiras nichées. Ces roches sont recouvertes de façon discordante par celles du centre du Mont George, incluant des coulées rhyolitiques et des tuffs soudés.

 

Cup-and-Saucer-V.C-jpgCalifornia - image des centres volcaniques Cup and Saucer et du Mount George - Doc. Geology and geochmistry of volcanic centers within the eastern half of the sonoma V.F. / Donald S. Sweetkind & al. 

Image combines digital orthophoto with LIDAR data (LIDAR courtesy of National Center of Airborne Laser Mapping, University of California, Berkeley).

 

La Napa Valley, située à l'est de ce champ volcanique, est renommée mondialement pour ses vignobles.

La combinaison d'un climat de type méditerranéen, de la géographie et de la géologie régionale ont conduit à une production vinicole de qualité, depuis 1858. Après quelques revers dus au phylloxera, à la prohibition et à la grande dépression économique, fin 19°- début du 20° siècle, l'industrie du vin de la Napa Valley a renoué avec le succès et est devenue une destination oenotouristique majeure.

 

napa_valley_welcome_sign1.jpg

                             Panneau de bienvenue dans la Napa Valley - photo WPPilot


A proximité de la ville de Sonoma et plus au nord, quatre autres centres ont été identifiés, de plus en plus jeune depuis

- le centre Arrowhead – AH, 7,5 Ma,

- le centre de Bismarck Knob –BM,

- le centre Sonoma – SON,

- et le centre Sugarloaf  - SG, 5,65 – 4,81 Ma.

 

Sonoma volcanic field                                California - centres volcaniques de Sonoma et failles.

 

Sources :

- Geology and geochmistry of volcanic centers within the eastern half of the Sonoma volcanic field / Donald S. Sweetkind & al. 

- Geology, geochronology, and paleogeography of the southern Sonoma volcanic field and adjacent areas - by D.L. Wagner & al / The Geological society of America.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

 Un fort séisme de magnitude 7,6 a frappé la péninsule de Nicoya au Costa Rica, ce 5 septembre 2012 à 14h42 UTC. L’épicentre est situé à 12 km. à l’est-sud-est d’Hojancha.

 

05.09.12-El-Castillo-de-La-Fortuna---Ricardo-Villalobos.jpg

           Costa Rica - El Castillo de La Fortuna - 05.09.12 - photo Ricardo Villalobos

 

 

05.09.12-costa-rica.gif                                          Carte de l'USGS Earthquake Hazard Program

 

05.09.12---rond-blanc-seisme-principal.jpg     Situation de la secousse principale (entourée de blanc) et des nombreuses répliques - doc. OVSICORI


L’OVSICORI a dénombré 190 répliques jusqu’à présent de magnitude comprise entre 3 et 4,7.

On dénombre un tué et une trentaine de blessés. L’hôpital de Puntarenas a du être évacué et fermé. Une alerte tsunami pour la côte américaine du Pacifique a été de courte durée … les risques ne s’avérant que localisés.

Le CNE – Commission nationale d’urgence – a déclaré le niveau d’alerte rouge pour toute la région.

 

De nombreuses routes ont été touchées dans la province du Guanacaste, et l’effondrement du vieux pont métallique Naranjal de Sarapiqui a isolé un village. Trois glissements de terrain importants sont également dénombrés.

Le Temple colonial à Nicoya, âgé de 377 ans a fortement souffert ainsi que plusieurs églises.

Selon le Collège des ingénieurs et architectes, les dégâts aux bâtiments sont considérés comme minimaux, en raison de la haute qualité des matériaux employés et des constructions qui correspondent aux normes du code sismique de 1974.

 

05.09.12-costa-rica---rio-Sucio-Sarapiqui.jpg                       Costa Rica - le pont effondré de Sarapiqui -

 

05.09.12-costa-rica---Puntarenas.jpg

                     Costa Rica - les crevasses sur la plage de Puntarenas -

 

Au niveau des volcans : on signale un effondrement au niveau du cône de l’Arenal, une émission forte de vapeurs au lac acide du Poas, et de nouvelles fissures sont apparues au Rincon de la Vieja, situé dans la province du Guanacaste.

 

Poas-05.09.12---Diego-Nunez-salmeron.jpg               Costa Rica - dégazage au lac acide du Poas - photo Diego Nunez Salmeron

 

De la liquéfaction a été remarquée, malheureusement sans précisions de grandeur, ni localisation.

 

05.09.12-Costa-rica-liquefaction---Rosalbina-segura.jpg               Costa Rica - liquéfaction consécutive au séisme - photo Rosalbina Segura

 

L’USGS attribue ce séisme et les répliques aux failles de chevauchement situées sur ou à proximité de la zone de subduction à l’interface entre les plaques Cocos et Caraïbes. A cette latitude, la plaque cocos se déplace vers le NNE par rapport à la plaque Caraïbes à la vitesse de 77 mm/an.

 

forts-seismes-guanacaste---RSN.jpg   Costa Rica - forts séismes du passé au Guanacaste - carte Red Sismologica Nacional de Costa Rica.


Au cours des dernières 40 années, la région a subi environs 30 séismes de magnitude 6 ou plus élevée. Deux d’entre eux furent de magnitude supérieure à 7 : en août 1978, une secousse de M 7,2 a été située au NNE de l’épicentre de celui du 5 septembre 2012. En mars 1990, un séisme de M 7,3 a secoué la péninsule à 50 km. à l’ESE de l’actuelle position. Tous ces évènements n’ont pas causé de décès. Le séisme le plus proche avec des morts fut celui d’avril 1973, de magnitude 6,5, à 80 km. au NE : 26 tués et plus de 100 blessés.

 

Sources :

- USGS Earthquake Hazard Program

- Ovsicori-Una

- Red Sismologica Nacional

- Earthquake report

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sutter Buttes …un volcan spécial à plus d’un titre !

 

C’est le seul volcan de la Great valley en Californie ; il est situé entre la chaîne volcanique des Cascades et la chaîne volcanique côtière, où nous trouvons les champs volcaniques de Sonoma, de Berkeley Hills et de Clear Lake, ce dernier étant le plus récent avec des éruptions étagées entre 2,1 Ma et 10.000 ans.

 

Sutter-Buttes-California-s-great-valley3.jpgVue générale de Sutter Buttes - de gauche à droite : le coeur volcanique de Sutter Buttes - en creux, le fossé /"moat" - ensuite le tablier ou rempart

Dans l'encart : North Butte, un dôme dacitique situé dans le "noyau crénelé " central de Sutter Buttes - photo USGS / B.Hausback & al.


Bien que ne se trouvant  pas dans la ligne géographique de ces deux chaînes, la composition, la texture et l’âge des roches volcaniques de Sutter Buttes suggèrent que les magmas responsables de sa formation font probablement partie du système magmatique des volcans de la chaîne côtière.

 

sutter-buttes-lg.jpg  Situation géographique de Sutter buttes entre la Sierra Nevada et la Chaîne côtière - doc. USGS

 

Sutter-Buttes-ISS032-E-010482.jpg

Sutter Buttes, vue par l'ISS dans son environnement agraire de la Great Valley, à proximité de l'agglomération de Yuba City. - Astronaut photograph ISS032-E-10482 was acquired on July 29, 2012 - Caption by William L. Stefanov, Jacobs/ESCG at NASA-JSC.

 

Son isolement au sein de la vallée de Sacramento est lié à la présence d’une dorsale linéaire nord-sud sous la vallée de Sacramento, et directement sous Sutter Buttes. Cette dorsale possède de caractéristiques anormales au niveau magnétisme et gravité, et pourrait être l’expression d’une faille inactive et enterrée, qui séparait les roches granitiques et métamorphiques de la Sierra Nevada des roches océaniques de la chaîne côtière.

D’autres failles coupant cette faille crustale profonde aurait permis l’ascension vers la surface des magmas qui ont formé Sutter Buttes. Des rhyolites semblables à celles de Sutter buttes ont été en effet trouvés en subsurface à l’ouest, le long de la faille Willows.

 

D’autres caractéristiques sont sujets de recherches scientifiques : un bloc d’un quart de miles de granite du Crétacé , caractéristique du sous-bassement de la Sierra se trouve dans le "noyau crénelé " (Castellated core) - en violet foncé sur la carte géologique).

Comment s’est-il retrouvé en surface ? Ou n’est-il que le sommet d’un petit morceau  soulevé du sous-bassement situé en profondeur?

Son histoire volcanique : de 1,6 à 1,4 Ma.

 

Les premières éruptions datent du début du Pléistocène, d’environ 1,6 Ma. Elles ont formé des dômes extrusifs dans le cœur rocheux  des Buttes. Des éruptions explosives ont pulvérisé ce magma en extrusion en blocs et cendre qui se sont durcis en roches pyroclastiques.

Les premières laves ont été de rhyolites peu colorées, claires ( riches en silice, Na et K, pauvres en Mg et Fe) .

 

sutter-buttes-geologic-map-lg.jpg

Carte géologique et coupe de Sutter Buttes ( la coupe est exagérée verticalement 3 x pour une meilleure compréhension de la topographie.

Doc. Brian Hausback, d'après William et Curtis (1977) et Thamer (1961).

 

Trente mille ans après, les éruptions plus volumineuses furent de nature andésitique et dacitique (moins riches en silice, à teneur plus élevée en Mg et Fe), formant de plus grands dômes de couleur gris moyen à foncé, contenant de gros cristaux, et oxydés en couleur rouge brique/ rouille.

Ce magma andésito-dacitique a soit été mis en surface par de nombreux évents distribués dans le noyau crenelé, soit formé des corps intrusifs, qui ont soulevé et dispersé les couches de sédiments préexistants.

Ces éruptions ont continué jusqu’il y a 1,4 Ma., créant le centre montagneux de Sutter Buttes.

Les éruptions de dômes furent parfois explosives engendrant des coulées pyroclastiques et des lahars, dont les matériaux se sont accumulés autour de la base du noyau crénelé, formant le rempart, un tablier continu de débris entourant un cœur de dômes volcaniques et le dessus tronqué d’une douve de sédiments (moat).

 

sutter-buttes-outer-rampart.jpg 

Sutter Buttes - Aspect extérieur du rempart, bâti de lahars et coulées pyroclastiques, incluant de grands blocs - le géologue R.L. Smith de l'USGS donne l'échelle. - Photo USGS.

 

Les couches le plus basses et rhyolitiques du rempart ne sont exposées que dans quelques zones, recouverts en grande parts par des dépôts de coulées pyroclatiques andésito-dacitique et des lahars.

Les couches supérieures du rempart contiennent de larges blocs, provenant des dômes les plus jeunes, les plus hauts et les mieux préservés  du cœur : Sud, Nord, Ouest, Williams Curtis et Twin Peaks.

 

Dans le centre du "noyau crénelé", des dépôts attestent de la présence d'un lac profond (lake bed deposits - en bleu sur la carte géologique), formé durant la période éruptive. Ce lac pourrait avoir rempli une dépression, soit un bassin confiné entre les dômes, soit creusé par des explosions puissantes. Les dépôts en couches, constitués de sables et graviers de composition andésito-dacitique, ont été "bousculés" par des dômes qui forment une dorsale centrale.

 

Depuis l’arrêt du volcanisme, l’érosion a taillé largement dans les matériaux géologiques doux : pluies, eaux courantes et vents se sont ligués pour créer des vallées radiales dans le rempart, aidés par des glissements de terrain ; Cependant, la hauteur des dômes volcaniques, beaucoup plus durs, n’a pas été affectée trop fortement.

 

 

Sources :

- USGS - Sutter Buttes, the lone volcano in California's Great Valley. - by Brian Hausback & al.

- Nasa Earth Observatory - photo of the day

- Clear Lake volcanic field - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Gunung-Anak-Krakatau-02.09.12-Dian-Adijaya-Bebeja-agribisni.jpg

Activité éruptive de l'Anak Krakatau , le 02.09.2012 - photo Dian Adijaya / Bebeja Agribisnis.

 

Une recrudescence de l'activité à l'Anak Krakatau en août a débouché sur de fortes explosions stromboliennes le 2 septembre, audibles depuis Carita et Anyar.

Le VAAC Darwin a relevé la présence de cendres jusqu'à une hauteur de 4.200 mètres et le niveau d'alerte aviation est passé à l'orange.

Des chutes de endres ont atteint Bandarlampung, situé à 130 km. du volcan.(Jakarta globe)

 

 

 

 

 Une observation, le 3 septembre au matin, rapporte un panache chargé en cendres montant de l'évent principal jusqu'à 1.000 mètres, et l'éjection bruyante de bombes à 200 -300 mètres de hauteur. Le panache dérive principalement en direction de l'île de Sumatra.

Sur une photo de Oystein Lund Andersen, on peut apercevoir des panaches de vapeur blanche en bordure de l'île, témoignant vraisemblablement de l'interaction entre une coulée de lave et la mer.

Des fumées noires à brun foncé viennent aussi de la côte ouest de Krakatau, sans qu'on puisse en définir la cause.

Des photos prises au téléobjectif révèlent un effondrement partiel des parois du cratère ; la chute de ces matériaux en mer a créé des vagues de hauteur notable sur Rakata.

 

AERONET_Bandung.2012247.terra.jpgDiffusion principale du panache vers Sumatra  - d'après une photo Nasa Terra Modis / Bandung 03.09.12

 

Le poste d'observation de l'Anak Krakatau du village de Hargo Pancuran a émis une zone d'interdiction pour les touristes et les pêcheurs de 3 km. autour du volcan, en raison du danger causé par des émanations toxiques.

L'office volcanologique de Bandung rapporte que l'activité du volcan était en hausse depuis quelques jours, avec 90 éruptions journalières, ainsi que plus de 100 séismes volcaniques et du trémor enregistrés.

 

Sources :

- Quotidiens : Jakarta Post - Jakarta globe - Bebeja Agribisnis

- Vaac Darwin

- NasaRapid Response - link

- Photos d'Oystein Lund Andersen - et rapport visuel / 03.09.2012 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Influencés par les écrits des Grecs, mais moins portés sur la pure spéculation, les Romains cherchent des explications rationnelles aux phénomènes de l’univers.


Lucrèce (70 – 19 avant JC.) clame que l’Etna est totalement creux et qu’il y circule un vent violent qui s’engouffre sous terre en bord de mer. Les flammes produites sortent en surface par des "fissures rectilignes ".


Le poète Ovide (43 av – 17 ap. JC) pense que l’Etna évolue en "modifiant ses voies respiratoires ", fermant une caverne, pour en ouvrir une autre. Il précise que l’activité volcanique s’arrête  quand "la terre ne donne plus de nourriture, ni de gras aliments à la flamme ; alors la nature vorace ne supportant pas la faim, le feu abandonne les lieux ".


Marcus Vitruvius Pollio, dit Vitruve (90 – 20 av. JC ??) , un architecte, explique que trois éléments "alimentent l’ardeur en profondeur des grands feux : le soufre, l’alun et le bitume " .

Il reconnaît le Vésuve comme un volcan et décrit les ponces et pouzzolanes, et leur utilité dans la fabrication de ciments.


Fresque de la Casa del Centenario représentant le Vésuve avant 79, constitué d'un seul sommet, le Monte Somma, avec à son pied, le dieu Bacchus.


Senèque (4 av. – 65 ap. JC) , précepteur de Néron, décrit le violent séisme Vesuve---seisme-de-62--ap-JC---Robert-Decker---oregonstate.jpgdu 5 février 62 qui secoue la Campanie, et détruit de nombreux monuments de Pompéi, 17 ans avant l’éruption du Vésuve.


Bas-relief d'une maison de Pompéi illustrant les effets du séisme de 62- photo R.Decker / Oregonstate univ.


Il énonce de nouveaux concepts encore vrais aujourd’hui :

- l’importance des gaz et vapeurs comme moteur des éruptions :  "les incendies souterrains excitent, tendant les ressorts du souffle … jusqu’à l’éclatement "

- le réservoir magmatique : chaque volcan est alimenté par un foyer local, sorte de réservoir situé sous l’édifice.

 

Pline l’ancien (23 – 79 ap. JC), militaire, écrivain et naturaliste, dresse une liste des volcans actifs connus, dans sa volumineuse Historia Naturalis. Selon lui, l’air est extrêmement calme et la mer assoupie, avant que la terre ne tremble et que les éruptions se déclenchent, car les vents se sont déjà engouffrés dans la terre et se préparent à en ressortir. 

Le 24 août 79, lors de l'éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi et Herculanum, il se trouvait à Misène. Voulant observer le phénomène au plus près et désirant porter secours à quelques uns de ses amis en difficulté sur les plages de la baie de Naples, il partit avec ses galères, traversant la baie jusqu'à Stabies où il mourut, probablement étouffé, à 56 ans.

 

Pompeii_the_last_day_1---CryptoDerk.jpgPompéï, the last day - image d'une fiction de la BBC datant de 2003 sur l'éruption du Vésuve en 79



 Son neveu, Pline le Jeune (62 – 114 ap. JC), n'ayant pu accompagner son oncle, fait une description précise de l'éruption dont le type portera le nom des deux hommes : éruption plinienne. Cependant, cette description détaillée ne constitue pas une tentative d'explication scientifique du phénomène.

 

Quelques extraits significatifs de ses lettres:

"Mon oncle était à Misène où il commandait la flotte. Le 24 octobre vers midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire ... il était difficile de discerner de quelle montagne ce nuage sortait. Sa figure approchait celle d'un arbre et d'un pin (parasol) plus que d'aucune autre. On le voyait se dilater et se répandre. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre et tantôt de diverses couleurs ... en même temps, la cendre commençait à retomber sur nous." - description du panache plinien -

"Je tourne la tête et j'aperçois une épaisse fumée qui nous suivait en se répandant sur la terre comme un torrent.  - description d'une coulée pyroclastique - Quittons la route, dis-je à ma mère, tant que nous voyons encore, de peur d'être renversés et écrasés dans les ténèbres par la foule de nos compagnons. A peine étions-nous écartés, qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eut cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre dont toutes les lumières auraient été éteintes... Bientôt parut une lueur qui nous annonçait, non pas le retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint et la cendre se remit à tomber plus épaisse et plus lourde..."

 

 

Sources :

- Les feux de la Terre, histoires de volcans - par M. Krafft / Découvertes Gallimard

- Extraits des lettres de Pline le jeune - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Deux zones situées au nord-ouest du Wyoming sont en feu en cette fin de mois d’août : plusieurs foyers marquent le Parc National du Yellowstone et un autre, le Teton Wilderness.

 

Yellow.-fires-29.08.2012---Nasa-aqua-modis.jpgYellowstone et Teton Wilderness area - les zones de feux actifs sont entourées de rouge - Photo Nasa Aqua / Modis du 29.08.2012

NASA image courtesy Jeff Schmaltz, LANCE MODIS Rapid Response Team at NASA GSFC. Caption by Michon Scott.

 

Au Yellowstone, les vents forts, couplés à des conditions extrêmes de sécheresse et chaleur, ont influencé l’intensité des feux et des fumées dans plusieurs endroits du parc.

 

Active-fires-Yellow-2012-GM.jpeg

       Localisation des foyers d'incendie actifs dans le parc du Yellowstone et environs - doc. InciWeb

 

Deux foyers situés au sud-ouest de Canyon village, Cygnet fire et Dewdrop fire, tous deux initiés par la foudre, concernent respectivement 7.284.000 m² et 4.450.000 m². Ils ont débuté le 10 août et le 29 juillet.

Une partie des zone de camping et des sentiers de randonnée ont été fermés et le jeudi 30 août, la route Norris-Canyon village l’a été aussi de façon temporaire.

Un autre foyer, Range fire, est situé au sud-ouest de Tower Fall, concerne 1.620.000 m². Découvert le 26 juillet, il a été causé par la foudre lui aussi. Aucune structure, ni route ne sont concernées mais la production importante de fumée est visible de la route du col de Duraven et dans la zone de Tower Fall (voir photos ci-dessous de la zone déjà touchée en 2009) .


Le danger d’incendie demeure important, malgré des prévisions d’augmentation du taux d’humidité et d’orages, au cours du premier week-end de septembre. Il est recommandé aux visiteurs de ralentir et d’observer la plus grande prudence dans les zones où les pompiers travaillent le long des routes, spécialement entre Norris et Canyon village.


 

Pronghorn-breeding-season---yello-NP.jpgYellowstone N.P. - la saison de reproduction débute pour les pronghorns ( antilope nord-américaine) - photo Yeelowstone Nat. Park


Les feux, bien souvent naturels, ne sont combattus dans le parc National du Yellowstone que s’ils menaçent des zones où des infrastructures et des personnes sont présentes.

Sinon l'action du feu n'est pas contrariée, car elle participe à une gestion naturelle. Les incendies dégagent de vastes zones, pour former soit des prairies favorables aux mammifères brouteurs et qui sont vite fleuries, soit d'autres pinèdes nouvelles et spontanées - le feu faisant exploser les pommes de pin pour libérér les graines - ; de toute façon, ces zones habitées d'arbres calcinés sur pied constituent un "coupe-feu" naturel... on a l'habitude de dire qu'une partie de forêt brûlée ne subira pas le même sort avant 50 ans !


Yellowstone N.P. : zone brûlée avec un réensemencement naturel de Lodgepole pine, dans la zone du Mt. Washburn. - photo © Bernard Duyck 2009
 

Yellowstone N.P - Près du Mt. Washburn, une zone de prairie fleurie d'Heliantella uniflora jaunes, suite à un incendie. - photo © Bernard Duyck 2009


Dans le Teton Wilderness, au sud du lac du Yellowstone, le feu de North Buffalo, qui a débuté le 24 août pour une cause inconnue, a déjà brûlé plus de 5.000 hectares, et possède un haut potentiel de croissance, nourri par un couvert mixte de résineux et d’arbres tués par les insectes. Il est combattu par de nombreux pompiers.

 

North-Buffalo-fire-2012.jpegGrand Teton Wilderness area - zone touchée par le North Buffalo fire / 01.09.2012 - doc. InciWeb

 

Sources :

- Nasa EarthObservory - Natural hazards- Wildfires in Northwestern Wyoming

- Incident Information System. (2012, August 30) Cygnet Complex. Accessed August 30, 2012.

- Incident Information System. (2012, August 30) North Buffalo Fire. Accessed August 30, 2012. 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une brève mais intense éruption explosive a marqué le stratovolcan Bezymianny, situé dans la péninsule du Kamchatka, ce 1°septembre.

 

Bezym.-01.09.2012---O.Girina.jpg           Bezymianny - érption 01.09.2012 - photo Yu. DEmyanchuk / KVERT - via Olga Girina

                    Un clic sur la photo vous permet d'en découvrir d'autres.


Elle a débuté à 19h 16 UTC, caractérisée par un énorme panache de cendres et gaz montant à 10-12 km, de visu.  Le VAAC Tokyo a repéré le panache à 10 km. de hauteur.

La phase explosive a duré jusqu'à 19h45 UTC, et d'un trémor qui a persisté deux heures.

Le nuage s'est étendu vers l'est-nord-est sur 550-600 km., d'après MTSAT 01.09.2012 / 21h32

 

Ce 2 septembre, il n'y a plus de cendres à proximité du volcan, et le nuage s'étire sur 1500 km. à l'est du Bezymianny, visible sur les images Terra Modis du jour.

 

Bezymianny-02.09.12---2km-jpgBezymianny - extension du nuage de cendres ce 02.09.2012 - d'après une image Nasa Terra Modis / 2 km.

 

Sources :

- KVERT rapport- link

- KVERT photos - link

- Nasa rapidfire - images Terra Modis

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