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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Sans revenir sur l'éruption du St Helens le 18 mai 1980, vue en détails auparavant, on peut rappeler que parmi les intervenants directs causateurs de celle-ci, outre le séisme et le glissement de terrain, la présence et la croissance d'un cryptodôme sont impliquées.

 

may18_sequence.gif

  La séquence éruptive de 1980 et la déformation du sommet par le cryptodôme - doc. USGS / CVO


MSHelens 80 bulge on north side 04-27-80 - CVO            St Helens - sur la droite, la déformation du flanc nord le 27 04.1980 - photo USGS / CVO

 

 

Le dôme post-éruptif - 1980 à nos jours :

 

Dès mi-juin 1980, on assiste à l'extrusion d'un dôme, qui sera pulvérisé en juillet puis reconstruit. Le 15 août, l'activité "blaste" un petit cratère dans la partie ouest du dôme sans le détruire.

Depuis le 11 août, la croissance du dôme n'est plus détectée, mais des zones d'incandescence y sont visibles le 23 septembre.

 

MSH80_dome_from_south_07-18-80.jpg                         Le dôme du St Helens le 18.07.1980 - photo USGS /CVO

 

Après octobre 80, un dôme de dacite a commencé sa croissance dans le nouveau cratère du St Helens.

 

Le dôme 80-86.

 

msh_lobes_80-81.gifDe 1980 à 1982, la croissance est due à des extrusions périodiques de lave, formant différents lobes ... ce dôme est qualifié de composite, car résultant de plusieurs évènements éruptifs ; Ce processus dynamique implique un mouvement vertical de nouveaux matériaux, des craquelures et des mouvements de poussée latéraux des anciens matériaux, le dépouillement des surfaces du dôme, et occasionnellement, de petites mais violentes explosions .

Développements des lobes du dôme et extension des talus entre 10.80 et 11.81 - doc. USGS

 

MSH81_new_lobe_spreading_center_from_west_06-26-81-copie-2.jpg          Dôme du St Helens, le 26.06.1981 - à gauche, zone d'extension - photo USGS / CVO

 

MSH81_spreading_center_sept81_lobe_09-11-81_med.jpg       Centre d'expansion dans le dôme du St Helens, le 11.09.1981 - photo USGS / CVO

 

En 1983, la croissance devient plus endogène (interne) et continue, jusqu'en février 1984. En mai 1984, deux explosions marquent le dôme, et en milieu juin, un  nouveau lobe commence à en émerger.

Mai 1985 est marqué par l'extrusion d'un nouveau lobe et une intrusion majeure ... ce qui élargit le dôme.

Puis l"activité reste à un niveau bas jusqu'à l'extrusion d'un nouveau lobe en avril 86, puis en septembre 86.

Le GVP note en janvier 91 qu'aucune déformation significative n'a été détectée depuis 86, hormis quelques ajustements gravitationnels.

 

Nouveau dôme 2004 - fin 2007.

 

En septembre 2004, après un hiatus de plus de 13 ans, une nouvelle éruption débute. Des mesures Lidar et des photos d'une importante surface surélevée suggèrent que le volume total de la déformation entre 27.10.2004.jpgseptembre et le 6 octobre est compris entre 16 et 20 millions de m³, soit un ratio de 2 Mm³/jour représentant le volume d'intrusion magmatique dans les niveaux bas du dôme et du plancher du cratère sous-jacent. Le 14 octobre, on observe la déformation et la surrection d'une zone du côté sud du dôme 80-86, et un nouveau lobe de lave dans la partie ouest de cette même zone, avec des températures mesurées à 761°C et des jets de poussières à des dizaines de mètres de hauteur : un nouveau dôme est en train de naître.  -  Carte simplifiée USGS 10.2004

 

44084511.MtStHelens-27.05.05---J.H.Scurlock.jpg                St Helens - le cratère et ses dômes le 27.05.2005 - photo J.H.Shurlock / USGS

 

La croissance du nouveau dôme va se poursuivre : il passe de 38 Mm³ en février 2005, à 60 Mm³ mi juin et atteint 70 Mm³ le 24 octobre 2005, soit en un peu plus d'un an 90% du volume du dôme 80-86.

Parallèlement et à partir de juin 2005, diverses épines vont naître et disparaître ... à partir de mi-juillet et durant ce mois, l'épine et les zones élevées du dôme sont le siège de nombreuses chute de roches, la plupart associées à des séismes de magnitude 3 environ. Fin juillet, l'épine restante s'est presque entièrement désintégrée.

 

evolution-2005---mars-a-juillet.jpg                 Evolution du nouveau dôme entre le 15.03 et le 26.07.2005 - USGS/CVO

 

MSH05 crater dome from north 07-13-05 copieLe cratère et le nouveau dôme compressant le glacier (sur la gauche de l'image) le 13 juillet 2005 - photo USGS/CVO


L'extrusion du nouveau dôme va se continuer jusqu'en septembre 2007.

 

En janvier 2008, le GVP considère que l'éruption du St Helens a cessé ... depuis, le volcan est calme !

 

MSH08_aerial_new_dome_from_north_05-30-08-copie.jpg

 St Helens - stade final de l'évolution du dôme , vue partielle du NE. le 30.05.2008 - photo USGS/CVO

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Monthly reports - link

- USGS - Mount St Helens - lava dome - link

- USGS - CVO - dimensions linéaires du dôme du St Helens entre 1980 et 1986 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après la forte émission de cendres du 16.09 et les explosions du dimanche 18, (voir article de Dimanche) l'Etna nous a gratifié de son 14°paroxysme de l'année ce 19 septembre, onze jours après le précédent..

Malheureusement les conditions atmosphériques n'ont pas permis de bonnes images webcam.


Le volcan a produit des fontaines de lave à partir de plusieurs évents dans le cratère, et le flanc sud-est du "nouveau cratère sud-est", qui se sont accompagnées de coulées de lave dans les pentes ouest de la Valle del Bove.

Le panache de cendres, rabattu par les vents forts en direction NE., a provoqué des retombées de cendres et lapilli dans la zone au nord de Giarra.

La phase maximale du paroxysme s'est située entre 14h.20 et 15 h. locales.

En soirée, un spattering faible continuait dans une bouche située à la base du cratère SE, et les coulées restaient actives sur le versant ouest de la Valle del Bove.

Ce matin, les sommets restent noyés dans les nuages.

 

 

 

ECPNZ

                             Diagramme du trémor du 14°paroxysme, le 19.09.2011

 

 

 

 

Klaus Dorscfeldt a mis en ligne une vidéo des 13 premiers paroxysmes entre janvier et le 17 septembre, exhaltant les caractéristiques différentes de chacun d'entre eux.

 

 

 

Sources :

- INGV Catania

- Etna Walk et Kd etna

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quand un dôme témoigne à postériori de la mauvaise attribution de la plus volumineuse éruption du 20° siècle ...

 

Novarupta---USGS.jpg              Le dôme du Novarupta dans le Parc National du Katmai en Alaska - photo USGS.

 

Les faits  et leur découverte :

 

Suite à de nombreux et importants séismes avant-coureurs : quatorze séismes de magnitude comprise entre 6 et 7, et plus de cent de magnitude supérieure à 5, un énorme blast inaugure l'éruption du siècle en Alaska.

Nous sommes le 6 juin 1912 et durant soixante heures, et en trois phases pliniennes successives, tephra et gaz vont être émis en quantité phénoménales.

Un dôme de blocs rhyolitiques va venir bloquer l'évent après la fin de l'éruption.

 

Les habitants de l'île de Kodiak, à 160 km., furent les seuls à réaliser l'ampleur de l'éruption. Leur attention fut attirée par le bruit du blast, et c'est avec frayeur qu'il virent se développer un panache montant à environ 30.000 mètres.

Peu d'autres informations concernant les effets spectaculaires de cette éruption furent connues ... jusqu'à la visite en 1916 d'une expédition scientifique, sponsorisée par la National Geographic Society.

A leur grand étonnement, les scientifiques découvrent une étendue plate de matériaux cendreux, sans consistance d'où sortent des jets de vapeur ... au nord de celui qu'on appellera Novarupta - "Nouvelle éruption" -  une vallée sans nom au préalable, que l'expédition va baptiser la "Vallée des dix mille fumées" ( Valley of Ten Thousand Smokes, ou VTTS pour la facilité) a été remplie par des ignimbrites.

 

VTTS-depuis-Balek--mount.--GM-Mariah-Tilman-AVO2007.jpg

    La vallée des dix mille fumées, vue de Baled Mountain - photo Mariah Tilman 2007 / AVO-USGS.

 

Après analyses ...

 

Environ 30 km³ d'éjectats vont tapisser la région, ce qui équivaut à plus de 30 fois le volume émis par l'éruption du St Helens en 1980.

La séquence éruptive du 6 au 8 juin comprend :

- une retombée initiale rhyolitique (77% SiO2) , accompagnée de blasts dans la zone proche de l'évent

- l'émission de 11 km³ d'ignimbrites

- une série complexe de retombées dacitiques (64,5-66 % SiO2).

 

Les premières investigations attribuèrent l'éruption au Katmai, éloigné de 16 km. du Novarupta ; l'éloignement de la zone d'impact rendant impossible toute observation directe, la proximité  du Katmai, son effondrement qui a formé une caldeira de 3 km. sur 4, profonde de 500 à 1.000 m., et la présence d'un dôme, tous ces facteurs ont favorisé l'attribution, par Griggs, de l'éruption au volcan Katmai.

 

novarupta-3000-recadree.jpgIsopaques des dépôts (1,2,5 et 10 m. près du Novarupta) en rouge et limites de la VTTS en jaune -

doc. AVO-USGS.

 

usgsfs075-98-3.jpgPosition des volcans proches, des évents volcaniques, de la VTTS et des villages abandonnés au N. et au S. du Novarupta. - carte USGS.


Ce n'est qu'à la fin des années 50, que des recherches ont permis de constater une épaisseur de cendres et matériaux pyroclastiques plus grande dans l'aire du Novarupta : une énorme quantité de magma fut drainée de la chambre magmatique, des magmas de différentes composition ( rhyolite à quartz-hypersthène / dacite à pyroxène / andésite à pyroxène) ont produit d'abondantes strates de ponces ... ces éléments ont permis de conclure à un transfert magmatique au travers de fractures au départ des réservoirs du volcan Trident, puis du volcan Katmai, causant son effondrement et la formation de sa caldeira.

 

VTTS---Stasch-hendrickson---Phenomenica.jpg Erosion mettant en lumière les strates de la couche d'ignimbrites dans la VTTS - photo Stasch&hendrickson / Phenomenica.

 

Katmai-dome---NPS-copie.jpg                        Le dôme surmontant les évents du Novarupta - doc. National Park Service

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Novarupta - Katmai

- Volcanoes of North America, United States and Canada - Wood and Kienle, 1990, Cambridge University Press

- USGS - Preliminary Volcano-Hazard Assessment for the Katmai Volcanic Cluster, Alaska.

- U.S. National Park Service Website, Geology Fieldnotes - Katmai National Park and Preserve, Alaska.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mt-Pelee-1977---R.Fiske-Smiths-jpg

                     La Montagne Pelée - photo Richard Fiske / Smithsonian 1977.

La Montagne Pelée :

 

C'est en 1635 que les premiers européens s'implantent en Martinique et notamment sur le site qui donnera naissance à la ville de Saint-Pierre. La Montagne Pelée vient de connaître une éruption avec mise en place d'un dôme dans le cratère sommital à partir duquel un certain nombre d'écoulements pyroclastiques se sont épanchés dans les vallées dont celle de la Rivière des Pères proche de Saint-Pierre. La végétation a été détruite sur une bonne partie des flancs du volcan et dans toute la zone sommitale, d'où probablement le nom de Montagne Pelée que les premiers habitants donnèrent à ce volcan.

 

Saint-Pierre.jpg

                  La rade fort fréquentée de Saint-Pierre de La Martinique, avant l'éruption de 1902.

 

L'éruption de 1902 et la destruction de Saint-Pierre : résumé selon une description de l'IPGP.

 

Les premiers signes de réactivation de la Montagne Pelée se produisent dès 1889, avec l’apparition de fumerolles dans le cratère sommital de l’Etang Sec.

Mais ce n’est qu’en 1900 et surtout au début de l’année 1902, que le nombre et l’intensité des fumerolles augmente régulièrement jusqu’au 23 avril 1902, quand la première explosion phréatique se produit. De nombreuses explosions phréatiques se succèdent entraînant d’abondantes retombées de cendres sur le flanc ouest du volcan.

Le 5 mai, le lac qui occupait le cratère sommital de l’Etang Sec se déverse, suite à la rupture de son barrage naturel, dans la vallée de la rivière blanche, emportant les cendres accumulées sur le flanc du volcan. Il produit un lahar qui engloutit la distillerie Guérin située à l’embouchure de la rivière et fait les 23 premières victimes de l’éruption. Dans la nuit du 5 au 6 juin, les incandescences au sommet du volcan témoignent de l’arrivée du magma à la surface. Un dôme de lave commence à s’édifier dans le cratère.

 

Le 8 mai, à 08h 02 du matin, une violente explosion se produit au sommet peleen.gifdu volcan.

Schéma de dynamisme peléen.

L’explosion est due à la conservation et la détente brutale d’une partie des gaz magmatiques contenus à l’intérieur du dôme et au sommet du conduit d’alimentation ; elle est donc superficielle. Elle se produit à la base du dôme et est dirigée latéralement vers le sud-ouest. La direction de l’explosion est due à l’existence d’une zone de faiblesse dans cette partie de l’édifice, à une orientation probablement oblique du conduit d’alimentation dans la zone sommitale et enfin à la présence d’une brèche doc.-IPGP.jpgprofonde dans la partie ouest du cratère de l’Etang Sec. Tout ceci contribue à la direction latérale de l’explosion et la concentration de l’énergie dans cette direction. L’explosion se produit avec un angle d’ouverture très large, de l’ordre de 120°, et génère un écoulement pyroclastique - mélange de cendres, blocs et gaz - extrêmement dilué et turbulent, se déplaçant à très grande vitesse, estimée jusqu'à 500 km/h. par Lacroix C’est ce que l’on a appelé une "nuée ardente péléenne".

Les dépôts de l'éruption de 1902 - carte IPGP.

Elle franchit les reliefs et atteint la ville de Saint-Pierre en moins d’une minute, tuant les 28.000 personnes présentes à l’exception de deux survivants, Louis Cyparis et Léon Compère. La hauteur de l’écoulement a pu être estimée, compte tenu de la limite des destructions sur les reliefs, à 190 m. La température de la nuée ardente, très basse, ne dépassait probablement pas 200 à 250°C, compte tenu de l’importante incorporation d’air dans l’écoulement. Les habitants sont tués par effets mécaniques mais surtout par brûlures et asphyxie par ingestion de gaz et cendres chaudes.

Pelee_1902---Angelo-Heilprin.jpg                             La nuée ardente arrivant jusqu'en mer - photo Angelo Heilprin 1902.
8.jpg      Saint-Pierre, ville détruite après l'éruption de 1902 de la Montagne Pelée - doc. M.H.N. Paris

800px-Prison_Saint-Pierre_Martinique---ph.Riba.JPG                     Le cachot de Cyparis, adossé au Morne Abel - photo Riba.

C’est un total de 7 nuées ardentes comparables qui se succèdent jusqu’au 30 août 1902 et qui atteignent la ville de Saint-Pierre. On peut citer celle du 20 mai, qui parachève la destruction de la ville - comme en témoignent les nombreux blocs des habitations pris dans les dépôts - celles du 26 mai, du 6 juin et du 30 août. Cette dernière, dirigée à la fois vers l’ouest et vers le sud, détruit une partie de la ville du Morne Rouge, augmentant de 1000 le nombre des victimes. Cette nuée ardente clôture la phase paroxysmale de l’éruption. Ce sont environ 30 000 personnes qui périssent.

 

Mt-Pelee-1902----4---Cooper-W.G.---Spothern-methodist-UNI-jpgLes ruines fumantes de Saint-Pierre le 14 mai 1902 - courtesy of Cooper W.G. / Spothern Methodist University - Central University Libraries - De Golyer Library.

 

Aiguille et dômes peléens :

 La poursuite de l'activité jusqu'au début 1905 voit la croissance d'un dôme de lave visqueuse, ponctuée de nombreux écroulements de parties instables qui vont générer des coulées pyroclastiques dites d'avalanches, moins énergétiques que celles qui ont marqué la phase éruptive. Ces coulées seront drainées dans la vallée Blanche, qui sera partiellement comblée.

 

C'est au cours de cette période que va s'ériger la célèbre aiguille, piston de lave visqueuse de diamètre correspondant à celui du conduit d'alimentation : une cinquantaine de mètres.

 

Chronologie de cette construction peléenne:

- du 6 mai au 3 novembre 1902, le dôme croit à la vitesse moyenne de 2 mètres par jour

- du 3 au 24 novembre, une aiguille perce le dôme et monte jusqu'à 230 mètres, à une vitesse de 10-20 mètres par jour. Elle va s'écrouler entre le 25 novembre 1902 et le 6 février 1903, ne laissant qu'un vestige haut de 81 mètres.

- du 7 février au 6 juillet 1903, l'aiguille reprend sa croissance à la vitesse de 3 mètres par jour ... jusqu'à atteindre 265 mètres, sa hauteur maximale.

- du 7 juillet au 10 août 1903, une nouvelle période d'écroulement ne va laisser qu'une aiguille haute de 33 mètres.

 

Towerofpelee_Lacroix-1904.jpgaspects-de-la-grd-aiguille---A.Lacroix-1904.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, l'aiguille le 15 mars 1903.

A droite, l'évolution du dôme entre avril et septembre 1903.

Document de l'oeuvre d'Alfred Lacroix, La Montagne Pelée et ses éruptions - 1904.


Pelee-aiguille-dome---M.H.N.Paris.jpg

Les nuées ardentes ont détruit plantations et forêts, ainsi que la ville de Saint-Pierre et recouvert le tout d'un manteau grisâtre ... au sommet d la Montagne Pelée, se dresse les restes de l'aiguille, témoin de la puissance destructrice du volcan - Document M.H.N. Paris.

 

- du 10 août 1903 au 30 octobre 1905, plusieurs extrusions percent le dôme, pour s'ébouler aussitôt et ne laisser finalement qu'un dôme coiffé par des éboulis.

 

Pelee---dome-de-1902-Cratere-Etang-sec.jpgLe dôme de 1902 remplit une grande partie du cratère de l'Etang sec - photo de Paul Kimberly / Smithsonian Inst. prise du Morne Macouba, au nord du sommet.


Après la crise de 1902-1904, une nouvelle manifestation éruptive intervient de 1929 à 1932. Ici encore, une importante activité phréatique précède l'arrivée du magma en surface. Lorsque ce dernier atteint le sommet du volcan, il édifie un nouveau dôme de lave visqueuse, à côté de celui de 1902. L'activité explosive, moins violente cette fois, ne génère aucune nuée ardente péléenne. Le dôme poursuit sa croissance et, devenu instable, il s'éboule régulièrement provoquant des nuées ardentes d'avalanches. Comme précédemment, elles s'écoulent dans la vallée de la rivière Blanche et finissent de la combler. Suite à cette éruption, la Montagne Pelée connaît une activité fumerollienne qui décline lentement. Les dernières fumerolles, localisées entre les deux dômes, disparaissent en 1970. ( source IPGP)

 

Pelee-sommet---1929-lava-dome---P.Kimberly-Smiths-jpg

Le sommet de la Montagne Pelée est formé par le dôme de lave de 1929 - a droite, on apercoit le dôme de l'Aileron, datant de 7.750 avant JC- photo Paul Kimberly / Smithsonian Inst..

 

Pelée - dôme Aileron - Lee Siebert Smiths. De gauche à droite, le dôme de l'Aileron (7.750 avant JC)   puis le bord est de l'Etang sec et le dôme de 1929 - photo de Lee Siebert / Smithsonian Inst / 2002.

 


Sources :
- Global Volcanism Program - Pelée
51RD8FW12NL. SS500- IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) - Les éruptions historiques de la Montagne Pelée - lien
- La Montagne Pelée se réveille - Comment se prépare une éruption cataclysmique - par S. Chrétien et R. Brousse / éd.Boubée 1988.
- Lacroix A, 1904. La Montagne Pelee et ses eruptions. Paris: Masson et Cie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Vendredi à 12h25, la bouche du nouveau cratère sud-est a émis de façon brutale une grosse quantité de cendres; un panache s'est développé en champignon à quelques centaines de mètres au dessus du cratère, avant d'être dispersé vers l'ouest.

Le même jour, vers 22h20, une explosion s'est produite.

Ces évènements n'apparaissent pas clairement sur les graphiques de trémor enregistrés.

 

 

Ce dimanche 18.09 très tôt, trois explosions séparées se sont produites : à 00h03, 01h04 et 02h05. Elles ont généré des chutes de matériaux incandescents sur les flancs du cône de scories et de petites "boules de cendres" emportées par les vents vers l'est ... toujours sans changements substantiels au niveau de l'amplitude du trémor.

 

 

ECPNZ

 

Caprices de star ?

 

Sources :

- Etna Walk

- INGV Catania

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'île Saint-Vincent fait partie de l'arc volcanique des Petites Antilles ; cet arc résulte de la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe, à la vitesse moyenne de 2 cm. par an.

 

SV---cate-SRU-2004---GVP.jpg

Carte de droite : Guyard & Warin

carte de gauche : SRU / GVP 2004.

 

sv - A.Guyard & S


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Soufrière est le plus jeune volcan de l'île , dont il occupe la partie nord; ses dépôts couvrent 55% de la surface , témoins d'une activité déjà ancienne.


On distingue trois cratères à son sommet :

- le plus vieux d'entre eux, la "Somma" a un diamètre de 2.200 mètres. Son rempart nord, qui culmine à 1.220 m., en reste la seule trace. La Somma a été comblée au nord par d'autres produits volcaniques; au sud, se sont établis des cratères plus récents.

- Le "vieux cratère" actif en 1718 puis en 1902 et 1979, a un diamètre de 1.600 mètres et a souvent été occupé par un lac.

- En 1812, une éruption a créé le "nouveau cratère", large de 450m. et profond de 60 m., depuis inactif.

Quatre rivières drainent le volcan; leurs vallées canalisent les coulées pyroclastiques et les coulées de boue.

 


souf-StVincent-1980-R.Fiske.jpg                            La Soufrière de St Vincent - photo R. Fiske 1980 - Smithsonian inst.

 

L'activité historique :

 

Depuis trois siècles, les explosions violentes et les extrusions de lave alternent à la Soufrière de Saint-Vincent.

Parmi celles-ci, deux s'en démarquent.

L'éruption de mai 1902, dont une nuée ardente paroxysmale tua 1.565 personnes, définit le "type de nuée Soufrière de Saint-Vincent" : ces nuées caractéristiques sont émises à partir d'un cratère ouvert, accompagnées d'une colonne éruptive verticale atteignant plusieurs kilomètres de hauteur avant de s'effondrer dans plusieurs directions ( Lacroix 1904).

Cette éruption précède de quelques jours celle de la Montagne Pelée, sur La Martinique proche.

La crise éruptive de 1979:

Sept évènements éruptifs majeurs marquent cette crise, surveillée par les volcanologues et le satellite NOAA-SMS-1 (qui donne les renseignements sur les dimensions de la colonne éruptive d'après des images infra-rouges).

Le 13 avril, deux explosions produisent des colonnes éruptives de taille importante : à 17h08, une colonne de 17 km. de hauteur, pour un diamètre de 60 km. au sommet, accompagnée de nuée ardente. A 21h08, une autre avec une colonne de diamètre sommital de 40 km.

Le 14 avril, une éruption à 12h09 est accompagnée d'une colonne de 17 km. de haut et 100 km. de large au sommet, ainsi que d'une nuée paroxysmale.

Le 17 avril, une éruption paroxysmale se déclenche à 16 h.57; le panache atteint 18,7 km. de haut, pour un diamètre de 140 km. à son sommet. Le magma arrive en surface dès le début de l'éruption.


Souf.St-Vincent-17.04.1979-Keith-Rowley-UWI.jpgSoufrière de St-Vincent - colonne éruptive du 17.04.1979 - elle est intéressante par sa structure "en jupes" causée par condensation de couches subhorizontales d'air humide entraînées dans la colonne montante - photo Keith Rowley / University of the West Indies.


Le 22 avril à 6h35, la colonne monte à 16 km. accompagnée d'une nuée ardente et le 25, à 23h55, la colonne est repérée à 9 km. de hauteur.

Ces éruptions n'ont pas fait de victimes, et la majeure partie des 17.000 personnes évacuées peut regagné les habitations dès le 14 mai.

 

eruption-SV-22.04.1979---Richard-Fiske-Smiths-jpgSoufrière de St-Vincent - colonne éruptive du 22.04.1979 - photo Richard fiske / Smithsonian Inst.

 

Evolution des dômes sommitaux :

L'alternance explosion / extrusion à la Soufrière de Saint-Vincent, analysée par J-M. Bardintzeff, montre quatre cycles entre 1718 et 1979.

Le temps séparant l'émission d'une nuée ardente et l'extrusion du dôme suivant est remarquablement constant : 62 à 69 ans pour les 3 derniers cycles avant 1979; il pourrait correspondre au temps nécessaire à un nouveau remplissage du réservoir magmatique, vidangé en tout ou partie par les nuées ardentes.

 

dome-ds-lac-fin-1971---Jack-Frost.jpg

Soufrière de St-Vincent - un dôme en croissance sort du niveau du lac de cratère en décembre 1971.

L'extrusion a débuté fin septembre-début octobre 71; le dôme a commencé à émerger le 20.11, caractérisé par un ratio de croissance initial de 2-3 m. par jour, jusqu'en mars 72. (l'éruption de 71-72 ne fut pas explosive) - photo Jack Frost.

 

dome-1977---R.Howard---Harvard-univ-jpgSoufrière de St-Vincent - le dôme en 1977 - photo R. Howard / Harvard Univ.

Ce dôme andésitique, formé en 71, remplit la plus grande partie du plancher du "vieux cratère" sommital.

Il fut pulvérisé aux 3/4 lors de l'éruption de 1979.

 

 

Le cycle de 1979 différe des précédents car, pour la première fois, la phase extrusive suit immédiatement la phase explosive; de plus en 1979, dôme et nuée proviennent du même magma, à la différence des 3 autres cycles, où les dômes ne seraient pas constitués du même magma que les nuées. Le volume total émis - 37,5 millions de m³ de tephras et 47,3 millions de m³ de dôme - reste inférieur à celui supposé du réservoir magmatique et prouve que celui-ci ne s'est vidé qu'en partie.

 

Souf.StVincent-06.1979-R.Fise-Smith-jpg

Soufrière de St-Vincent - juin 1979 - photo Richard Fiske / Smithsonian Inst.

Ce nouveau dôme a commencé sa croissance dès le 3 mai 79, pour atteindre une hauteur de 110 m. le 18 juin.

(vol. 26,2 x 106 m³) A la fin de la crise éruptive, en octobre 79, sa hauteur était de 133 m. (vol. 47,3 x 106 m³). Sur cette photo, les nuages de vapeur du dôme en dégazage se mêlent aux nuages atmosphériques.

 

Ce dôme est de type à "croissance interne", l'adjonction de lave se faisant en profondeur. Ses mensurations en fin de crise : 133 m. de hauteur pour un diamètre de 860 mètres.

 

Sources : 

- Global Volcanism Program - Soufrière Saint-Vincent

- Volcanologie - J-M. Bardintzeff - éd. Dunod 1998.

- The University of the West Indies - St Vincent volcanism

- Balades naturalistes - La Soufrière de Saint-Vincent - A. Guyard & S. Warin

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Publié le par Bernard Duyck
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Cleveland---TerraSAR-X---18.08.2011---D.Schneider-et-Lu-Zho.jpg

 

Cleveland---TerraSAR-X---09.09.2011---D.Schneider-et-Lu-Zho.jpg

Evolution du dôme sommital du volcan Aléoute CLEVELAND :

à gauche, le 18.08.2011

à droite : le 09.09.2011

 

Documents TerraSAR-X par D.Schneider et Lu Zhong / AVO - USGS.

 

 

 

 

L'évolution du dôme de lave au sommet du volcan Cleveland, dans les Aléoutiennes, nous amène à parler des dômes de lave et des dangers qu'ils présentent.

Les dômes de lave ont été mis en lumière au cours d'éruptions historiques : la soufrière de saint-Vincent, la Montagne Pelée, plus récemment le Mont St Helens, le Mont Unzen, Soufrière Hills sur Montserrat, le Mérapi ...

Que sont les dômes de lave et comment fonctionnent-ils ?

 

Définition du dôme de lave :

Quand la lave émise possède une viscosité trop élevée pour pouvoir s'épancher sur une certaine distance, même en présence d'une pente importante, elle s'accumule sur place et constitue un dôme.

Les côtés des dômes ont généralement des flancs très abrupts et sont fréquemment recouverts de dépôts de blocs instables mis en place pendant ou juste après leur extrusion. Leur éventuel démantèlement peut être plus ou moins explosif en cours d'éruption, mais le dernier dôme subsiste souvent en fin d'éruption et refroidit lentement avec une activité fumerollienne.

Les dômes présentent des aspects variés, spécialement dans le cas de dômes composites.


Quatre grands types se distinguent , les morphologies étant  fonction des propriétés physiques de la lave; ils diffèrent par leur hauteur et leur rayon.

 

LavaDomeTypes.jpg

                                   Les quatre types morphologiques de dômes - doc. Blake / Oregonstate univ.

               a. bouchon soulevé ( avec niveaux perturbés) - b. dôme péléen (avec éboulis et aiguille) -

               c. dôme surbaissé  -  d. dôme coulée

 

- les bouchons soulevés, ou cryptodômes :  ils débutent par une injection de magma en profondeur sous les diverses couches du terrain, qu'ils soulèvent ensuite parfois de plusieurs centaines de mètres.

Leur diamètre correspond à l'orifice de sortie; la hauteur peut dépasser leur rayon, en fonction de leur constitution à base d'un magma visqueux.

Leur existence est éphémère, car ils s'éboulent dès leur formation.

un exemple : le Showa-shinzan (volcan Usu) s'est mis en place en 1943-45 sous forme de cryptodôme, avant que n'apparaisse la lave.

 

Usu-san---dome-showa-Shinzan---ph.Jesper-Rautell-Balle.jpg      Usu-san (volcan Usu - Japon) - le dôme Showa-shinzan - photo Jesper Rautel Baulle.

 

- les dômes péléens : ils sont plus larges et plus hétérogènes, avec de éboulis latéraux qui leur confèrent une forme conique. ils sont surmontés de protrusions ou aiguilles de lave, comme à la Montagne Pelée en 1902-1905 ou encore au St Helens après 1980.

 

SIM2928.jpg                  St Helens - chaîne des Cascades - épine 2005 - photo CVO / USGS

 

- les dômes de lave surbaissés : de profil arrondi et caractérisés par un abondant dégazage.

ex. le Chillahuita / Chili ... un exemple de "torta ", type extrême de dôme surbaissé : l'épaisseur et le diamètre de ces structures peut varier respectivement, de quelques mètres à un kilomètre, et le diamètre à plusieurs kilomètres. Leur croissance résulte d'un processus interne , la lave sortant en un point central du dôme, près de l'évent, en poussant les couches plus anciennes ... s'en suit une structure interne "en oignon".

 

chillhahuita-dome---oregonstate.jpg

                               Le Chillhuita  -  photo Casey Tierney / Oregonstate un.

 

- les dômes-coulées : transition entre le dôme surbaissé et la coulée de lave, les dômes-coulées sont constitués d'un magma relativement fluide et présentent une forme bien souvent dissymétrique selon la pente du substratum.

ex. le dôme du Mérapi / Java.

 

 

Un dôme peut croître de manière endogène (par injection de lave à sa base - dômes de magma) ou de manière exogène (par émission de lave à sa surface - dômes de lave).

Les premiers, dômes de magma relativement riches en gaz, croissent sous la poussée exercée par le magma sous-jacent. Ce gonflement distend la carapace solidifiée et la craquelle, ce qui permet au magma frais de remplir les orifices ainsi apparus. La viscosité du magma entrave le dégazage et augmente le risque d'explosion.
Les dômes de lave résultent de l’accumulation de coulées de lave, courtes et épaisses, à partir d’un point central qui s’élève au fur et à mesure de l’éruption. Cet évent est aussi le siège d’un dégazage bien visible.

 

Mécanismes qui régissent la vie d'un dôme :

 

Les observations et les mesures de terrain ne permettent pas de comprendre à elles seules le phénomène de déstabilisation des dômes ... il a fallu compléter l'étude par des expériences de modélisation.

On a constaté qu'il existe une compétition entre le magma qui pousse à l’intérieur du dôme (en raison de son injection) et la carapace du dôme qui se refroidit et donc durcit et résiste à cette poussée.

Il serait logique de penser que la carapace se rompe sous la poussée, déstabilisant le dôme.

Selon les expériences réalisées, la déstabilisation se produit selon un rapport entre l'épaisseur de sa croûte rigide et la hauteur du dôme encore visqueux. Si la croûte est peu épaisse, elle se craquelle sur tout le sommet du dôme et les blocs, qui ne sont pas solidaires, bougent de manière radiale. Si la croûte est relativement épaisse, elle va se fracturer brutalement, de manière dissymétrique ... et on a un effondrement.

L'équilibre du dôme va donc répondre à divers paramètres :

- l'épaisseur de sa carapace

- mais aussi, la résistance de la carapace à la traction

- la densité du magma

- et la pression interne exercée par le magma et les gaz à l'apex du dôme.

 

Les simulations ont permis de comprendre les mouvements paraboliques du magma à l'intérieur de la structure ; ils définissent deux zones dans le dôme en croissance :

- une partie centrale, dominée par l'injection du magma , et des mouvements ascendants verticaux

- une partie périphérique, où sous l'effet de la gravité, les mouvements deviennent latéraux et descendants.

L’importance de ces deux zones au sein d’un dôme varie en fonction du débit du magma et de la durée de ce débit, et détermine sa morphologie. Ainsi plus il est élevé, plus le dôme croît en hauteur (dôme lisse, dôme rugueux)...plus le débit faible, plus la croissance se fait en largeur (dôme coulée, dôme étalé).

 

Selon le taux d'émission de magma et la variation de sa teneur en gaz, et les paramètres d'équilibre sus-mentionnés, le dôme peut croître tout en relarguant des gaz ou exploser brutalement sous la pression de ceux-ci.

Des effondrements peuvent générer aussi des coulées pyroclastiques dangereuses, comme ce fut le cas à la Montagne Pelée.

 

La croissance d'un dôme est donc une succession de stades d'équilibre séparés par des éruptions.

 

Sources :

- Volcanologie - par J-M. Bardintzeff - Dunod éd. 1998

- Les dômes de lave - par Eric Reiter / Terre & Volcans Moselle.

- Lava domes - Oregonstate university

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Dix-sept volcans sur la planète présentent une activité ou des signes d'agitation, dont 14 répartis sur "la ceinture de feu du Pacifique (selon le rapport de la semaine du Global Volcanism Program)

 

Certains d'entre eux ont fait l'objet d'articles récents (Etna - Kilauea - El Hierro) ...nous n'examinerons que ceux pour lesquels il y a quelque nouveauté concernant l'activité ou une photo nouvelle.

 

sem-7-13.09.jpg          * : position approximative des volcans "actifs ou agités" pour la semaine du 7 au 13.09.2011

 

L'Etna, après son 13° paroxysme de l'année et la profonde modification du 08.09.2011---etna_ali_2011251_swir_lrg.jpgnouveau cratère sud-est, a mérité l'attention d'un satellite de la Nasa. 

Un panache riche en gaz s'échappe du site de l'éruption juste après la fin du paroxysme, et on aperçoit la trace d'une coulée de lave au nord du cratère.

Une image en fausses couleurs permet de visualiser la lave sous les gaz qui la masque.

 

 

08.09.2011---etna_ali_2011251.jpgNASA Earth Observatory image by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team. Caption by Robert Simmon. - Instrument: EO-1 – ALI - 08.09.2011

 

En Indonésie, le volcan Ibu situé sur Halmahera a vu son niveau d'alerte abaissé à 2 (sur 4), suite à des observations visuelles et sur base de sa sismicité actuelle.

Entre janvier et septembre, de multiples éruptions ont été signalées au départ des trois cratères, ainsi que de fréquents panaches entre 50 et 400 m. au dessus de ceux-ci. La sismicité révèle des nombreuses avalanches (PVBMG)

 

Le Mérapi / Java centre fait de nouveau reparler de lui, malgré son niveau inchangé (2) : entre fin août et le 4 septembre, des panaches de gaz se sont élevés à plus de 350 m. au dessus du Gunung Merapi avant de dériver vers l'ouest. Le 04.09, de petites avalanches ont parcouru 700 m. sur le flanc sud-ouest. Le 07.09, le VAAC Darwin signale un panache de poussières montant à 3.700 m. avant de dériver vers le nord sur 30 km.

 

Le niveau d'alerte de l'Anak Ranakah a été relevé le 8 septembre , suite à une augmentation de sa sismicité, de même que celui du Tambora : niveau trois pour les deux volcans.

 

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Tambora 8 September 2011
led_green Anak Ranakah 8 September 2011

 

Les volcans japonais restent actifs, avec des émissions de cendres et des panaches émis par le Sakura-jima entre les 9 et 13 septembre, à des hauteurs de 1.800-2.700 mètres.

Le Sawamos-jima, dans les îles Ryukyu, a présenté une explosion et un panache de 2.100 mètres le 12 septembre. (JMA)

 

Au Kamchatka, cinq volcans sont en alerte.

                                          KIZIMEN, SHEVELUCH and KARYMSKY: ORANGE
                                          BEZYMIANNY and GORELY: YELLOW - JAUNE


Le Kizimen a présenté une activité sismique au dessus de la normale, avec un niveau de trémor en augmentation. De fortes fumerolles toute la semaine, ainsi que des coulées de lave sur le flanc est sont rapportées.

Les satellites ont enregistré une forte anomalie thermique durant toute la semaine.

Le satellite Terra / ASTER nous gratifie d'une image en fausses couleurs sur laquelle on peut voir l'activité du moment (cendres, panache et coulée de lave), et la formation d'un nouveau lac (de barrage).

 

kizimen_ast_2011.09.04.jpgNASA Earth Observatory images by Robert Simmon, using data from the NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team. Caption by Robert Simmon; with help from Peter Webley, Alaska Volcano Observatory and Olga Girina, KVERT.  - Instrument:  Terra - ASTER -  04.09.2011

 

Le Shiveluch a présenté une activité fumerollienne toute la semaine, après émission d'un panache de poussières de 19 sur 11 km. dérivant vers l'est sur près de 20 km. le 3 septembre.

Entre le 5 et le 7 septembre, les satellites ont enregistré une anomalie thermique.

 

Sheveluch-03.09.2011---Y.Demyanchuk.jpg                      Shiveluch - activité du 03.09.2011 - photo Y.Demyanchuk / KVERT

 

Karymsky : dernière minute

Quelques belles photos d'un panache montant à 3.500 mètres et de nombreuses retombées de matériaux pyroclastiques sur les flancs du stratovolcan.

 

14.09.11-Karymsky-3500-m.-D.Melnikov.jpg           Eruption du Karymsky le 14.09.2011 et panache débutant - photo D.Melnikov / KVERT

 

L'activité du Cordon-Caulle / Chili continue, à un niveau qualifié de "bas", malgré le niveau d'alerte maintenu au rouge. En dépit de la couverture nuageuse, les satellites ont repéré des panaches les 7,8 et 12 septembre (à 1.000 m).

 

Le 13 septembre, un panache est observé montant à 4.000 m. au dessus du cratère avant de dériver sur 35 km. vers le nord-est. (Sernageomin)

 

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Publié le par Bernard Duyck
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110909-El-Hierro.jpgEl Hierro - l'effondrement gravitationnel du volcan El Golfo, il y a 130.000 ans, a emporté une partie de l'île initiale. - document Google / AVCAN

Carte des dépôts d'avalanche sur ce blog .


Depuis le 19 juillet 2011, des petits séismes à répétition sont signalés sous l'île de Hierro, dans l'archipel volcanique des Canaries.

Malgré une diminution significative du nombre d'évènements journaliers en septembre, l'activité sismique se poursuit.


  Ci-dessous quelques chiffres significatifs et graphiques de l'IGN / AVCAN :


- Localisation des essaims : le document cumulatif de l'AVCAN montre un recentrage des séismes sous l'île et l'ancien volcan El Golfo, après le 20 août.

 

gapyrmsmapa.png

- Nombre de séismes depuis le 19 juillet au 14 août /12h. : 6849 !

 

histograma_HIERRO_2011---18.07---08.09.2011.jpg                         Nombre de séismes et magnitudes du 18.07 au 10.09.2011 - doc. IGN / AVCAN

 

- Energie accumulée :tant dans le graphique du nombre de séismes que dans celui de l'énergie accumulée (ci-dessous), on peut voir quatre cycles, décrits comme suit par l'AVCAN :

    * 1°cycle : 17.07 au 03.08 - 1.139 séismes - 1,62 x E17 ergs

    * 2°cycle : 04.08 au 17.08 - 1.397 séismes - 1,88 x E17 ergs

    * 3°cycle : 18.08 au 30.08 - 2.422 séismes - 1,44 x E17 ergs

    * 4°cycle : 31.08 à actuelt (13.09) - 1.839 séismes - 2,48 x E17 ergs.

 

energie-accumulee---17.07---14.09.2011.jpg             Energie accumulée - doc. reprenant les données entre le 17.07 et le 14.09.2011 - AVCAN.

 

(Pour une bonne compréhension, consultez le dossier "Séismes et énergie"

de l'Université de Provence)

 

 - Profondeur moyenne des tremblements de terre: 9-12 km.

 

Profondeur-des-seismes-28.08---10.09.2011.jpg

- Magnitude moyenne des séismes : la magnitude moyenne reste faible , et "confortable" ...

En août, sur 4.124 séismes : 2121 de M 1,1 à 2

                                         1978 de M 0 à 1

                                             25 de M 2,1 à 3.


Depuis le 25.08, le niveau d'alerte est au "vert / pré-alerte".

Le stade de pré-alerte est déclenché en raison de la durée de la série de séismes et l'augmentation du nombre de ceux-ci fin août; par contre, le niveau reste au vert concernant les mesures à prendre concernant la population.

L'Institut Volcanologique signalait fin juillet "qu'après analyse des déplacements horizontal et vertical jugés comme négligeables, il n'y a pas de preuve d'une augmentation rapide et massive de magma à l'intérieur de l'île d'El Hierro".

 

Affaire à suivre donc, en espérant des résultats d'une éventuelle tomographie qui permettrait de confirmer ou infirmer, et cartographier une intrusion magmatique.

 

Bonus : une présentation des Canaries volcaniques sur Viméo / par INVOLCAN

(http://vimeo.com/25942356)

 

 

 

 


Sources :

- AVCAN - Actualidad volcanica de Canarias - link

- IGN - Instituto geografico nacional - link

- Séismes et énergie - Université de Provence - link

- sur ce blog : Signification de l'essaim sismique sous Hierro et les mesures prises - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Durant l'après-midi du 3 août, la lave a débordé du cratère du Pu'u O'o, directement au sud du cratère et à un autre endroit, situé à mi-chemin entre le Pu'u O'o et les fissures de Kamoamoa.

Cette émission fut suivi de près par un effondrement partiel dans le cratère et le drainage rapide du lac de lave.

Ces coulées sont bien repérables sur la photo satellite de la Nasa.

 

07.09.2011-kilauea_ali_2011250.jpgNASA image by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team. Caption by Robert Simmon.

Instrument: EO-1 - ALI  -  acquired September 7, 2011.

 

Début septembre, l'effusion de lave a repris et comble peu à peu le cratère du Pu'u O'o.

Le 8 septembre, elle atteint un niveau situé à 10 mètres sous le bord est et 5 mètres aux points bas du bord ouest. La décharge est essentiellement localisée à trois sources effusives : une situé à l'extrémité est, une seconde à l'extrémité ouest, et la troisième dans la partie centrale du cratère, et passant sporadiquement de l'une à l'autre.

Les tiltmètres ont enregistré dans les premiers jours de septembre une inflation du flanc nord du Pu'u O'o.

 

09.09.2011 - PuuOo torr 1458 LPu'u O'o - bord est du cratère : la lave est à un mètre du rebord et s'apprête à déborder. - photo HVO / USGS.

 

Le 9 , la lave n'est plus qu'à un mètre sous le rebord du cratère ; Un survol, le 10.09, permet de constater un débordement côté est , alimentant une petite coulée.

Le ratio d'alimentation a diminué le 11.09 vers 14 h. locale et la lave s'est retranchée dans deux bassins perchés situés de part et d'autre du cratère (voir image réalisée à la caméra thermique)

Le niveau d'activité décroît, de même que le niveau de déformation : les tiltmètres enregistrent maintenant de la déflation.

 

09.09.2011-PuuOo-thermique.jpg

Sur cette image thermique, on voit les deux bassins de lave perchés du cratère du Pu'u O'o. Le bassin situé à l'est est juste sous le niveau du bord du cratère. - photo HVO / USGS.

 

Le 12 septembre, le niveau de la lave, confinée dans les deux bassins, continue à baisser, en parallèle avec le niveau de déflation.

La circulation cesse dans le bassin ouest qui n'est plus alimenté, mais le bassin est reste actif.

 

09.09.2011-PuuOo_torr_aerial_1527_L.jpg                 Une vue zénithale du cratère du Pu'u O'o le 09.09.2011 -  photo HVO / USGS.

 

Sources :

- HVO / USGS : rapports journaliers et photos.

- Nasa earth observatory.

 

 

 



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