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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

L’Ovsicori  a analysé, en détail et sur plusieurs années, les dégâts causés par les pluies acides sur les zones sommitales des trois plus grands massifs volcaniques du Costa Rica : le Rincon de la Vieja, le Poas et le Turrialba.

Sous l’effet des vents dominants, les émanations gazeuses de ces volcans ont créé des zones dénudées formant des "couloirs" sans vie de plusieurs kilomètres.

 

Le phénomène des pluies acides :

Les pluies acides d’origine volcanique se forment dans la haute atmosphère par oxydation du dioxyde de soufre (SO2) et des oxydes nitreux (NOx) contenus dans les gaz émis par les volcans.

Cette oxydation sous l’effet des UV peut prendre plusieurs jours et les polluants peuvent couvrir durant cette période une grande distance … les précipitations, pluie et neige acides, peuvent ainsi affecter des zones très éloignées.

 

pluies-acides.jpgCe phénomène est perceptible dans les zones sommitales volcaniques sous le vent, où la flore et  la faune sont directement affectées par les gaz volcaniques interagissant avec l’humidité présente ; ces hauts sommets sont soit couvert par les nuages, soit arrosés fréquemment par leurs précipitations.

Les particules et les vapeurs acides se déposent de deux façons: par voie humide et par voie sèche.

Les dépôts humides sont les pluies acides, un processus où des acides dont le pH est normalement inférieur à 5,6 sont éliminés de l’atmosphère sous forme de pluie, de neige, de giboulée ou de grêle.

Les dépôts secs se forment lorsque des particules comme les cendres volantes, les sulfates, les nitrates et les gaz se déposent sur les surfaces ou y sont absorbées. Les gaz peuvent alors être transformés en acides au contact de l’eau. 

 

Le pH des eaux de pluie est compris entre 7 et 5,6 . Une acidité « normale » est due à la présence de gaz carbonique dans l’air ( CO2 + H2O --> HCO3- + H+).

On considère qu’une pluie devient « acide » si le niveau de pH descend sous 5,6.

La végétation est atteinte alors de nécrose et/ou de chlorose provoqués par l’attaque des acides formés : acide sulfurique – acide nitrique.

 

costa-Rica-307-copie-2.jpgAtteintes acides sur les gunneras qui habillent les hautes pentes des volcans costariciens - © Bernard Duyck

 

Le phénomène "naturel" des pluies acides a été intensifié ces dernières années par les activités "humaines et industrielles".

 

Le Rincon de la Vieja :

Ce large massif volcanique est chapeauté de plusieurs cratères : le crater Viejo, le crater Von Seenach et le crater activo, occupé par un lac acide.

 

Callejones-acidificacion---Rincon.jpgLes zones ouest du Rincon de la Vieja atteintes par l'acidification - photo E.Duarte / Ovsicori-Una.

A gauche, le crater activo, en haut à droite, le Von Seebach.


La zone affectée par les pluies acides couvre un couloir de 2 km. de large sur 4 km de long, à l’ouest du cratère actif. Seuls quelques lichens et mousses arrivent à s’y maintenir. Ce couloir n’est pas remarquable des pentes basses du massif ; il est bordé de part et d’autre par une zone plus verte, composée d’arbustes ligneux nains et de lianes.

 

Le Poas :

Sous les alizés soufflant des Caraïbes vers le Pacifique, la zone dévastée s’étend à l’ouest et au sud-ouest du sommet.

 

Callejones-acidificacion---Poas.jpgLes zones dénudées de la caldeira du Poas : à droite, la laguna caliente acide fumante et le dôme teinté de rouille - à gauche, dans la zone arborée, la laguna Botos et son lac d'eau douce. - photo E.Duarte / Ovsicori-Una.

 

costa-Rica-242-copie.jpgLe cratère du Poas et la laguna caliente, couverte par place par des dépôts de soufre - à l'avant-plan, les tâches de couleur crème sont des feuilles de Gunnera victimes de l'acidification - © Bernard Duyck

 

costa-Rica-237-copie.jpg                      La zone dénudée du Poas s'étend vers l'ouest - © Bernard Duyck


Les éléments entrant en jeu sont ici plus complexes : la présence de la laguna caliente (lac acide et chaud), celle du dôme et de ses apports personnels en gaz, les variations de l’activité volcanique et les conditions météorologiques.

La présence du lac acide est primordiale, car il sert de tampon aux gaz émis par le volcan qui s’y trouvent en partie piégés … lors de rares périodes où le lac disparaît, on constate des dégâts beaucoup plus importants sur la végétation, et des inconvénients notoires pour la population environnante.

En 1989-90, les émissions de gaz ont été dispersées jusqu’à 18 km. de leur source, atteignant les zones urbanisées.

En 2006, cette pollution a affecté les collectivités, le personnel, la végétation, l’agriculture (café, fleurs et légumes), l’élevage et l’industrie laitière ; le tourisme a été aussi concerné, avec la fermeture du parc durant certaines périodes.

 

Le Turrialba :

Ce volcan connaît depuis 2005 une phase de dégazage vigoureuse, accompagnée d’une atteinte conséquente dans les secteurs ouest et sud-ouest.

 

www-ovsicori-una-ac-cr_vulcanologia_turriantesdesp-htm_qypc.jpgLa différence est flagrante entre les photos de mai 2007 et de janvier 2008 : les zones supérieures de forêts et les pâturages, situés sur les pentes plus basses du Turrialba, ont été "roussis" par les émanations gazeuses et l'acidification. - photos Ovsiciri-Una.

 

 

La présence de gaz et les attaques acides liées de la végétation ont provoqué l’exode de nombreuses familles dépendant de ces secteurs pour leur subsistance. La dévastation de la forêt sur les flancs supérieurs du volcan a provoqué une intensification des effets négatifs sur les pâturages. La forêt et les zones de pâturages laissent voir, après quelques années de ce traitement chimique, des tâches sombres, renforcées par les retombées de cendres noires liées à la dernière éruption phréatomagmatique.

Parallèlement à ces effets aigus sur la végétation, un intense processus de corrosion de tous les métaux a été constaté dans la zone.

 

Lluvia-acida-volc-Turrialba.jpg               Désolation du secteur de La Silvia / pentes du Turrialba - photo Ovsicori-Una.

 

Tout n’est pas négatif, les pentes de ces volcans permettent toujours un élevage bovin et ovin, ainsi que des cultures spécialisées dans le cas du Poas, de café, de fleurs et légumes.

Mais dans les zones frappées par cette « désertification » causée par les pluies acides, on constate une perte substantielle de biodiversité.

Une adaptation des agriculteurs est aussi nécessaire : rectification du pH des sols, utilisation d'outils résistants à la corrosion (acier inoxydable) ...

 

Sources :

Ovsicori-Una, Obvservatorio Vulcanológico y Sismológico de Costa Rica.

Divers documents - link

- La lluvia acida en volcanes de Costa Rica - E.Duarte & E.Fernandez.

- Callejones de acidification en tres volcanes activos de Costa Rica - E.Duarte & E.Fernandez.

 

 
 centro.jpg
 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

08.09.2011needle-S.Gambino-INGV.jpg

L'épine du nouveau cratère sud-est, le 8 septembre en fin de journée, souligné par une coulée effusive plusieurs heures après la fin du dernier paroxysme - photo Salvatore Gambino / INGV Catania.


La série de récents paroxysmes qui a marqué la zone sommitale de l'Etna et créé le cône pyroclastique autour du nouveau cratère sud-est , en a aussi modifié fortement la morphologie.

les rebords nord et sud ont vu leur hauteur augmenter, tandis que des dégradations et des mouvements affectaient son flanc sud-est.

Le phénomène le plus spectaculaire a été la rotation et l'élévation d'une grosse masse de scories, qui forme une "épine" de 20 à 30 mètres de hauteur, aux flancs à forte pente, verticaux d'un côté et très raides de l'autre.

Le mécanisme de surrection demeure à ce jour inconnu.

 

 

Pour compléter cette très belle vidéo de Klaus Dorschfeldt, une photo de Riana Navratilova / Etna Walk à consulter sur Flickr.


 

En complément de cette "merveille géologico-volcanique" vraisemblablement éphémère, il faut déplorer que le Parc de l'Etna soit pollué par des ordures en tous genres ... les dépôts sauvages se multiplient malgré les protestations et les actions des amoureux du "Mongibello".

 

Etna-poubelle.jpg                  Les coulées de lave côtoyent des déchets qui mettront des années à disparaitre !

                        et même les zones aménagées ne sont pas indemnes - photo Boris Behncke.

 

Etna-poubelle---B.jpg

Le problème des décharges sauvages est malheureusement généralisé dans notre société de consommation, mais devient insupportable dans une zone protégée !

 

Il faut rappeler que le Parc de l'Etna, créé en 1987, a une énorme Zone_parco_Etna.pngsuperficie : 58.000 hectares et est le siège de nombreuses activités humaines;

il est divisé en quatre zones :

- la zone A : protège les zones géologiques et volcaniques et les surfaces boisées.

- la zone B : où l'activité agricole est encouragée et protégée. Les cultures de pommes et poires voisinent des vignes qu'on y trouve depuis l'antiquité.

- la zone C : étendues limitées et isolées dans les deux zones précédentes, qui abrite des installations touristiques et logistiques.

- la zone D : avec des constructions résidentielles.

 

Le plus grand volcan d'Europe et la zone qui l'entoure mérite le respect ... ne gâchons pas ces paysages et soyons intransigeant avec ceux qui les souillent ... désolé pour ce petit coup de gueule, mais il faut dénoncer cette triste situation.

 

Sources :

- INGV Catania - link 

- Etna Walk

- Parco dell'Etna - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

 

seisme-Vancouver-10.09.2011.jpg

 

                                                     Carte Natural Resources Canada

 

Magnitude 6.4
Date-Time
Location 49.493°N, 126.967°W
Depth 23 km (14.3 miles)
Region VANCOUVER ISLAND, CANADA REGION
Distances 119 km (73 miles) WNW of Ucluelet, British Columbia, Canada
138 km (85 miles) WSW of Campbell River, British Columbia, Canada
140 km (86 miles) SSE of Port Hardy, British Columbia, Canada
289 km (179 miles) WNW of VICTORIA, British Columbia, Canada
Location Uncertainty horizontal +/- 11.7 km (7.3 miles); depth +/- 2.8 km (1.7 miles)
Parameters NST=777, Nph=777, Dmin=121.3 km, Rmss=1.22 sec, Gp= 29°,
M-type="moment" magnitude from initial P wave (tsuboi method) (Mi/Mwp), Version=9
Source
  • Magnitude: USGS NEIC (WDCS-D)
    Location: USGS NEIC (WDCS-D)

 

 

Un séisme de magnitude 6,4 et 23 km de profondeur s'est produit le 9 septembre à 19h41 UTC, à proximité de l'île de Vancouver au Canada.


Située à la limite des plaques Juan de Fuca et Nord-américaine, cette zone est soumise à de fréquents et parfois importants séismes, liés au phénomène de subduction et à la chaîne volcanique des Cascades.


mega11La plaque Juan de Fuca se déplace vers le nord-est à la vitesse moyenne de 45 mm par an, à cette latitude. Ses extrémités nord et sud constituent deux plaques orogéniques* respectivement la plaque Explorer et la plaque Gorda.

*  orogénique : qui se rapporte aux processus de formation des reliefs terrestres.


La plaque Juan de Fuca constitue, avec les plaques Cocos, de Nazca, Rivera, Explorer et Gorda, un reliquat de la plaque fossile Farallon, qui a presque totalement disparue par subduction sous le continent américain au Jurassique.

 

Quelques grands séismes ayant frappé la côte ouest du Canada :

 

Le séisme de 1700, d'une magnitude moyenne supposée de 9, a provoqué un tsunami qui a frappé les côtes Japonaises et de l'Amérique du nord.

Il pourrait être lié au "Bonneville slide", un glissement de terrain qui ferma la vallée de la Columbia river (d'après les dernières datations) .

 

Bridge-of-the-gods---Washington-side.jpg        Le glissement de terrain et la situation du NEW Bridge of the Gods - photo Washington side.

 

Cet évènement est aussi rapporté par des légendes indiennes, sans précisions de date : la plus célèbre est celle de la légende du « Pont des Dieux » provenant de la tribu des Klickitats.

" Dans celle-ci, le chef de tous les dieux Tyhee Saghalie et ses deux fils Pahto (aussi nommé Klickitat) et Wy'east voyagèrent jusqu'à la région du fleuve Columbia en provenance du nord à la recherche d'un lieu pour vivre.

Ils arrivèrent à l'emplacement actuel de la localité de The Dalles et furent émerveillés par la beauté du paysage. Les enfants se querellèrent pour ce lieu. Pour résoudre la dispute, le père tira deux flèches avec son arc puissant. Une flèche vers le nord et une autre vers le sud. Pahto suivit la flèche du nord alors que Wy'east suivit celle du sud. Saghalie construisit alors le Tanmahawis (Pont des Dieux) pour que sa famille puisse se revoir plus facilement.

Lorsque les deux fils de Saghalie tombèrent amoureux de la même femme portant le nom de Loowit, celle-ci ne put choisir entre les deux. Les fils se battirent pour obtenir son cœur en détruisant les forêts et les villages où se déroula le combat. Toute la zone fut ainsi détruite et la terre trembla si fort que le pont tomba dans le fleuve Columbia.

Pour les punir, Saghalie les transforma en grandes montagnes. Wy'east devint le Mont Hood et Pahto le mont Adams, deux volcans. Loowit fut transformée en  mont St Helens, qui est connu chez les Klickitats sous le nom de Louwala-Clough qui signifie "montagne fumante"  .

 

Loowit-copie.jpg                  Poème sur le St Helens intitulé "Loowit" - texte et illustration de Fabienne G.

 

Sources :

- USGS Earthquake Hazards Program

- Natural resources Canada - earthquakes - link

- USGS - The great Cascadia earthquake of 26 january AD 1700 - link 

- Native american legends - the bridge of the Gods - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Ces photographes qui nous enchantent

Avec Philippe Bourseiller, nous changeons d'univers ... nous n'avons plus affaire ici à un volcanologue-photographe, mais à un photographe de terrain, travaillant en "indépendant" , et collaborant pour ses photos de volcans avec des volcanologues.

 

Courte biographie (extraite de son site) :

En 1983 il intègre le staff de France Soir Magazine. C'est sa première approche de la couleur, tous les sujets sont abordés : actualité, people, sport, expéditions…. De 1987 à 1990 il devient membre du département magazine de l'agence Sygma et se dirige progressivement vers ce qui deviendra son terrain de prédilection : la nature.

philippe-bourseiller---photographe.jpgEn 1991, sa décision de devenir photographe free lance répond à ce désir de spécialisation définitive vers les sujets nature et environnement.

 

Son premier reportage sur l'éruption du volcan Pinatubo en 1991 oriente alors une partie importante de son travail vers le monde des volcans actifs.


Philippe Bourseiller est un photographe de terrain, sachant être à la fois alpiniste, spéléologue, plongeur …, son expérience lui permet d'évoluer facilement dans les univers extrêmes qu'il côtoie, et de nous en ramener des images rares.   Photo de Ph.Bourseiller sur son site.

 

Bourseiller et les volcans, c'est aussi le tandem Bourseiller - Durieux :

Pendant plus d'une décennie, le photographe et le volcanologue ont parcouru la planète, observant les volcans et toujours à la recherche de cette lumière magique qui va sublimer ces paysages et les portraits des hommes qui y habitent.

Leur collaboration a débouché en 2001 sur un livre exceptionnel : "Des volcans et des hommes" .

 

394306130_L.jpg

Incontournable dans une bonne bibliothèque de volcanophile, ce livre peut surprendre par ses dimensions ( 30 x 37 cm.) et son poids.

 

Les superbes photos du livre sont l'oeuvre de Philippe Bourseiller, à quelques rares exceptions. Il a travaillé principalement avec des Leica M6, R6 et R8, et des films Fujichrome Velvia 50 Asa, qui offrent selon lui " une magnifique saturation des couleurs alliée à une résolution et une brillance remarquables ".

Les textes sont du regretté Jacques Durieux , volcanologue et directeur depuis 1982, du groupe d'études des volcans actifs. Il a travaillé de 1970 à 1975 comme attaché technique gouvernemental au Zaïre, sur la chaîne des Virunga.

 

Ci-dessous, quelques photos extraites des "fonds d'écran" du site de Philippe Bourseiller, que je remercie pour son autorisation, et que vous pouvez revoir en grand format en cliquant sur ce lien.

 

BOURSEILLER066---caldera-de-Uzon.JPG                            La caldeira d'Uzon au Kamchatka - © Philippe Bourseiller

 

BOURSEILLER054---Kilauea.JPG                                     Laves du Kilauea / Hawaii - © Philippe Bourseiller

 

BOURSEILLER062-Sangay-equateur.JPGRare photo du Sangay / Equateur, quasi perpétuellement la tête dans les nuages - © Philippe Bourseiller

 

Parallèlement aux volcans, il a entrepris un travail sur les grands déserts de sable et de glace.

 

BOURSEILLER033---the-wave---USA.JPG

                  "The Wave" - Vermilion cliffs Natinal Monument / Utah - USA -  © Philippe Bourseiller

 

BOURSEILLER072-Antarctique.JPG                               Paysage de l'Antarctique - © Philippe Bourseiller.

 

Reconnu mondialement pour sa maitrise de la lumière, de la couleur et de la composition, son travail a été primé à plusieurs reprises par le prix mondial du World Press et in Visa d'Or au Festival International de Photo-journalisme de Perpignan.

Il collabore régulièrement avec les grands magazines : Géo, Paris Match, Figaro Magazine, Stern, Life, National Geographic….et a publié plus d’une vingtaine de livres traduit en plusieurs langues.

 

Sources :

- Philippe Bourseiller, reporter photographe - link

- Des volcans et des hommes - par Philippe Bourseiller et Jacques Durieux, aux éditions de La Martinière - ISBN 2-7324-2742-X

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Deux volcans indonésiens viennent de voir leur niveau d'alerte relevé à 3 (sur 4) : l'anak Ranakah et le Tambora, tandis que l'Ibu et le Soputan étaient rétrogradés au niveau 2.

Status Gunungapi
Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Tambora 8 September 2011
led_green Anak Ranakah 8 September 2011
led_yellow Papandayan 13 Agustus 2011
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_green Soputan 8 September 2011
led_orange_blink Ibu 8September 2011 
led_green Lewotobi Perempuan
31 Agustus 2011
led_green Marapi 3 Agustus 2011

 

Le Tambora a vu son niveau relevé suite à des observations visuelles et une augmentation de sa sismicité ; un zone interdite de 3 km. autour du cratère a été décrétée.

 

tambora-volcano-03.06.2009-Nasa-EO.jpg                    La caldeira du Tambora - photo Nasa Earth Observatory 03.06.2009

 

Source : Badan Geologi / PVMBG.

 

Cleveland - îles Aléoutiennes :

Entre le 3 et le 6 septembre, les satellites ont observé une anomalie thermique, signe de la reprise d'une effusion de lave dans le cratère sommital du Cleveland ; suite à la croissance du dôme sommital, et à son extension à l'ensemble du cratère, une augmentation possible du risque d'explosion est envisageable, ainsi que l'émission de panache de poussières à une hauteur excédant 6.000 mètres.

Ces évènements sont imprévisibles et peuvent ne pas être détectés de suite par les satellites ... d'où une augmentation du niveau d'alerte-aviation à 3 sur 4, dès le 06.09.2011.

 

09.08.2011-cleveland---Dave-Schneider-AVO.pngLe dôme sommital du Cleveland (tache sombreau centre) le 09.08.2011 - il occue maintenant la presque totalité du cratère ! - photo Dave Schneider / AVO / USGS and Digital Globe.

 

Source : AVO - Alaska Volcano Observatory.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

N'étant pas "sur place" et sans autre renseignements que les webcams, le rapport du 13° paroxysme de l'Etna était nécessairement imprécis.

Grâce au compte-rendu de Marci di Marco / Etna Walk, voici son déroulement heure par heure :

 

Après quelques émissions de cendres le 6, et une journée de repos le 7, une faible activité strombolienne au niveau du nouveau cratère sud-est, commencée au cours de la nuit du 7 au 8 septembre 2011, a brusquement augmenté d'intensité vers 5h30 locale .

 

 

A 6h.45, deux explosions ont fait évolué l'activité vers des fontaines de lave, qui ont atteint leur intensité maximale autour de 7h.30 locale., en formant une colonne de matériaux pyroclastiques de près de 5.000 mètres de hauteur.

 

08.09.2011 7h30 Emot0150       Les fontaines de lave à leur maximum à 7h.30 locale - webcam thermique de l'INGV Catania.

 

08.09.2011---elisabeth-ferrera.JPGLa colonne éruptive du 08.09.2011 - photo Elisabetta Ferrera ( Accompagnatore naturalistico e di escursionismo ambientale) / Facebook - groupe "I mavari de parossismi do pit".


Le départ des fontaines de lave a coïncidé avec une sortie de lave de la fissure ouverte le 29 août sur le côté sud-ouest du cône de cendres; elle s'est écoulée en direction de la Valle del Bove.

Vers 7 h., une autre coulée de lave est sortie d'une fissure placée en hauteur sur le flanc nord-ouest du cinder cone.

 

Une vidéo de Klaus Dorschfeldt documente cette ouverture double :

 

 

 

 

De superbes photos de Riana Navratilova Giuseppe Distefano et Marco Restivo / Etna walk illustrent cette phase, sur le site d'Etna walk et sur Flickr.

 

08.09.2011---10h05-etna3.jpg                        La colonne éruptive, par la webcam de Radiostudio7 à 8h.02 locale .

 

Au plus fort de l'activité, la trouée s'est propagée vers le nord-est, et a libéré d'épais panaches de cendres et vapeurs mélangés ... signe d'une possible activité hydromagmatique.

 

L'activité des fontaines de lave a progressivement diminué vers 8h.20 locale, en même temps que la fissure sur le flanc nord-ouest relarguait durant cinq minutes beaucoup de poussières. Toute activité a cessé vers 9h. locale.

 

08.09.2011 09h30Emot0190                                         Photo thermique à 9h.30 - INGV Catania

 

Les retombées de cendres ont affecté le côté sud-est de l'Etna (Monterosso, Viagrande, Trecastagni, San Giovanni, La Punta , et la partie orientale de Catane), apportant à la fois nuisances aux habitants, et engrais aux flancs du volcan et à la végétation qui les couvre.

 

Sources :

- Etna walk - link

- Radiostudio7 webcam

- INGV Catania - Osservatorio Etneo - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

08.09.2011-6h42-Emot0134.jpg

 

 

08.09.2011-EBELZ.gif

 

L'activité strombolienne au niveau du nouveau cratère sud-est est en augmentation ainsi que le niveau du trémor !

Nous sommes "en route" vers le 13° paroxysme de l'année ... d'autres nouvelles dès que possible

 

Update 11h.

Les fontaines de lave évoluent aux alentours de 7h20-7h30 locale

 

08.09.2011-7h24-Emot0148.jpg

 

08.09.2011-7h30-Emot0150.jpg

 

08.09.2011-7h33Emot0151.jpg

 

08.09.2011-9h43.JPG

 

Sur la webcam d'Etna trekking, fontaine de lave et effondrement d'une partie de la paroi du cinder cone vers 7h43 locale.

 

08.09.2011-09h30Emot0190.jpg

 

08.09.2011-9h45-EBELZ.gif

 

Vers 9h30 locale, l'activité de "fontaining" cesse et le trémor retombe ... le paroxysme aura duré environ trois heures

 

Source :

- INGV Catania

- webcams INGV, Radiostudio7 et Etnatrekking.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

image-256958-galleryV9-ageu.jpg
         Carte BGR/BKG des essaims sismiques 2008 (rose) et 2011 (rouge) - der Spiegel du 05.09.2011


La région de Novy Kostel, située dans l’ouest de la République Tchèque à proximité de la frontière Germanique, présente depuis la fin août 2011 une importante activité sismique.

Selon le West Bohemian Seismic Network, cet essaim sismique a commencé le 23 août ; depuis et jusqu’au 5 septembre, plus de 10.000 secousses ont été enregistrées par les sismomètres, à une profondeur moyenne de 7-10 km., dont 8 de magnitude supérieure à 3 et 200 supérieure à 2 sur l’échelle de Richter … certaines ressenties dans le district de Cheb et dans l’est de la Saxe en Allemagne.

 

Novy-kostel-faille-roj2011.pngProfondeur des hypocentres et magnitude des séismes entre 1991 et 2011 sur la faille de Novy Kostel - doc. GFU - les essaims de 2011 sont en teinte rouge foncé


La région touchée est la même que celle où se sont développés les essaims sismiques en octobre 2008, où l’on a comptabilisé plus de 10.000 secousses en 7 jours.

 

MagCas2808.png                         Date et magnitude des séismes entre le 23 et le 28.08.2011 - doc. GFU


 

NKC_active3-26.08.2011.gif                          Sismogramme du 26.08.2011 - Novy Kostel / CZ - doc. GFU


La localisation des hypocentres directement sous la station NKC (Novy Kostel) laisse penser à un nouvel endroit activé sur le plan de la faille Novy Kostel.

Au cours des années précédentes, les scientifiques ont noté une augmentation des mouvements magmatiques en direction de la surface dans le bassin de Cheb. Ces remontées magmatiques pourraient être la cause de ces essaims sismiques, qui frappent aussi le Vogtland, le nord-ouest de la  Bohème et le Palatinat supérieur.

 

Schriftenreihe_Bayerisch_Boehmischer_Geopark_Nr_1_Oktober_2.jpg

Essaims sismiques en Bohême et Vogtland  - Epicentre de 1991à 1999 et failles régionales - doc. A.Peterek

NKC : sismographes de Novy Kostel.


Pour mémoire, les séismes furent fréquents au 20° siècle au Vogtland : 1901, 1903 et 1908, 1929, 1936, 1962, 1985-86, ainsi qu’en 2000 et 2008. La récurrence de séismes de magnitude importante engendrant des dégâts majeurs est de 75 ans, dans cette région.

 

La région de Frantiskovy Lazne (Bohême) proche de Novy Kostel, présente des zones à mofettes actives, dont une appelée Bublák ("le gouglouteur"). Dans un environnement de buissons, elles ne sont d’abord pas visibles, mais se font déjà entendre : des bulles de gaz éclatent à la surface des mares ou viennent crever les nappes de boue, en faisant des borborygmes. Ce gaz vient des profondeurs, émis par un magma présent 30 km. sous la surface.

 

 

Dans la mofette Bublák, le ratio d’isotopes He3/He4 des gaz prélevés est 6,2 fois plus élevé que dans l’hélium présent dans l’air ; ce qui constitue un record en Europe centrale … de telles valeurs ne sont rencontrées qu’au niveau de volcans actifs, comme l’Etna.

 

Bublak-Mofette.gifInteraction entre le magma et le CO2 provoquant sa remontée vers les mofettes et les sources d'eau minérales en Bohême. - doc. UFZ

 

 

Soos---Frantiskovy-Lazne---ph.A.jpg             Františkovy Lázně (Franzensbad) - mofette - photo A.Künzelmann / UFZ.

 

 

Essaims sismiques et mofettes locales seraient explicables par une intrusion magmatique mineure, jusqu'à preuve du contraire ... il faut se rappeler que deux volcans datés du quaternaire sont proches de cette zone : Komorní hůrka (la Colline des galeries) , aussi appelé Kammerbühl  et Železná hůrka (la Colline de fer) - ou Eisenbühl; ... et que le volcanisme du bassin bohémien est lié à un point chaud intraplaque, actif il y a 300.000 ans.

 


z---schemas-004-copie.jpg       "Racines profondes"  du volcanisme intra-plaque situées sous les jeunes champs
                     volcaniques Européens, basé sur la tomographie sismique.
                                extrait de "Volcanism" de H-U Schmincke.

 

Sources :

- Der Spiegel / Geologie : Erdbebenserie lässt Vogtland zittern - link

- GFU - Geofyzikální ústav AVČR - Institute of Geophysics ASCR - link
- Zitternde Erde – Die Schwarmbeben in Nordwestböhmen - par A. Peterek & R.Schunk - link
- Volcanism - de H.-U. Schmincke - éd. Springer
- Volcans Tchèques, le bassin de Cheb  - sur ce  blog

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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                                                  Le festival "Bolas de Fuego"  -  Photo Mario Peitez / Flickr

 

 

 

 

Le 31 août, la petite ville de Nejapa, située au nord-est du volcan San Salvador, voit chaque année se dérouler le festival "Bolas de Fuego".


Les salvadoriens se peignent la figure pour l'occasion, avant de former deux groupes et de se lancer joyeusement les "boules de feu", quelques 900 boules de chiffons imbibées d'essence et enflammées pour ce "combat" annuel. Cette pratique dangereuse, bien qu'il n'y ai eu jusqu'à présent aucun accident grave, est culturo-religieuse ... elle célèbre le refus de San Geronimo, saint-patron de la ville, de se laisser distraire de ses bonnes oeuvres par le diable, personnalisé par le volcan, en lui lançant des boules de feu.


Ce festival a débuté en 1922 et semble commémorer une éruption du volcan San Salvador, qui pourrait tout aussi bien être la dernière en 1917, que celle de 1658, qui ont conduit à l'évacuation de la cité.

Nul besoin d'un recul séculaire donc, pour instaurer des pratiques mêlant paganisme et religion, comme souvent en Amérique post-colombienne, centrale ou du sud.

 

 

 

 

Le volcan San Salvador domine la capitale du pays; le stratovolcan à dominante andésitique Boquerón s'est édifié dans une caldeira large de 6 km., formée par l'effondrement de l'ancien volcan, il y a 40.000 ans.

Le sommet du Boquerón est tronqué par un cratère de 1500 m. de large et profond de 500 m. qui s'est formé lors d'une éruption en 1.200.

Depuis le 16° siècle, les principales éruptions ont concerné des évents de flancs, dont deux au 17° siècle au départ du cône El Playón, au nord-ouest (1658 et 1671).

 

Un lac de cratère occupait le sommet jusqu'en juin 1917. Suivant un séisme, les fissures se sont ouvertes sur le flanc nord-ouest du Boquerón. L'activité a fait s'évaporer le lac, construit le Boqueróncito, un petit cône de cendres, sur le plancher du cratère et provoqué des coulées de lave sur le flanc du volcan.

Après cette dernière éruption, l'activité fumerollienne a perduré jusqu'à la fin des années 70.

 

800px-Boqueron_crater.jpg   Le cratère du Boquerón (éruption de 1200)  et le cinder cone Boqueróncito (éruption de 1917 ) - photo Jpyle490

 

Bien qu'aucune activité éruptive n'est marqué le volcan depuis plus de 80 ans, des morts lui sont imputées !

En 1982, de fortes chutes de pluies ont engendrées des glissements de terrain dans le pays ; Celui qui concerne le San Salvador s'est produit sur le flanc d'El Picacho, marquant la caldeira primitive. Un volume de 200 à 300.000 m³ a glissé avant de se transformer en lahar qui a voyagé sur plus de 4 km. détruisant de nombreuses maisons et tuant entre 300 et 500 personnes.

 

Sources :

- La Prensa grafica - Nejapa, fuego in la memoria - link

- Articles et vidéos de la BBC et du Telegraph

- Global Volcanism Program - San Salvador

- USGS - San Salvador - past events - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Deux volcans indonésiens font parler d'eux : le Marapi sur l'île de Sumatra et plus inquiétant, le Tambora sur l'île de Sumbawa, dont le niveau vient d'être relevé à 2 aujourd'hui.

 

 Status Gunungapi

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Soputan 14 Agustus 2011
led_yellow Papandayan 13 Agustus 2011
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_orange_blink Ibu 5 Agustus 2009 
led_green Tambora 30 Agustus 2011
led_green Anak Ranakah 26 Agustus 2011
led_green Marapi 3 Agustus 2011

 

 

Le Tambora :

Selon le PVBMG, l'activité du volcan est en augmentation depuis avril 2011; dès début août, une épaisse fumée blanche se dégage de la région du cône actif Doro Api Toi, dans la caldeira du Tambora.

Le 29 août, un séisme tectonique, 14 séismes volcaniques et du trémor ont été enregistrés; le 30 août, deux séismes volcaniques peu profonds sont repérés parmi les 7 enregistrés.

Cette activité sismique a poussé le PVMBG à relever, ce 30.08 - 23h00 locale - le niveau d'alerte du volcan, et à interdire l'accès à la caldeira.

 

La dernière éruption importante du Gunung Tambora, de VEI 7, remonte à avril 1815; elle fut la cause "d'une année sans été" en 1816 et de la famine qui a suivi.

Deux éruptions plus petites, de VEI 2, eurent lieu en 1819 et 1880. La dernière manifestation du volcan remonte à 1967 +/- 20 ans, selon le GVP.

  

 

Le Marapi, sur Sumatra, en alerte 2 depuis le 3 août 2011 suite à l'émission d'un nuage de poussières à 1.000 mètres de hauteur, refait l'actualité.

Le 28.08, entre 9 et 10 h. locale, il a produit successivement un panache sombre durant 10 minutes, suivi d'émissions plus claires, tous deux dispersés rapidement par le vent. Le sommet du volcan fut ensuite masqué par un brouillard dense rendant impossible les observations.

Le PVMBG n'a pas relevé le niveau d'alerte, mais maintient la zone d'exclusion de trois kilomètres et le monitoring du Marapi.

 

A noter de plus que l'Anak Ranakah, sur Flores, a vu son niveau relevé à 2, le 26 août 2011. Le dôme de lave, formé en décembre 1987 dans la caldeira du Ranakah, émet en continu un petit panache blanc, élément visible couplé à du trémor en augmentation.


 

Sources :

- Badan Geologi - PVMBG

- Indahnesia.com



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