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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

Supervolcano---BBC.jpg

                        Image extraite du docu-fiction de la BBC "Supervolcano" - doc. bbc.co.uk


Comme suite logique aux grandes éruptions susceptibles de modifier le climat de la Terre, on ne peut passer sous silence quelques "super-éruptions" ... il faut donc parler de "supervolcans".

 

Les supervolcans ne répondent à aucune définition qui fasse concensus; le terme ne commence à être utilisé que par certains volcanologues et géologues, terme rejeté jusqu'à présent par la majorité d'entre eux.


Supervolcano---BBC---Sceptre.jpg

 

 

 

 

Le terme "supervolcan" est un terme inventé en 2000 par les producteurs de la BBC, responsables des programmes de vulgarisation scientifique "Horizon", et particulièrement dans un docu-fiction : Supervolcano.

 

Supervolcano---2----BBC.jpg                    Image extraite du docu-fiction de la BBC "Supervolcano" - doc. bbc.co.uk

 

 

Rassurez-vous, pas de volcano-fiction ... mais un examen sur base d'articles scientifiques, puisque l'USGS - United States Geological Survey - l'applique depuis peu.

 

Quels sont leurs critères ?

Le terme "supervolcan" est appliqué par l'USGS à des centres volcaniques ayant eu une éruption de magnitude 8 comme VEI - Volcano explosivity Index - , correspondant à des dépôts mesurés de plus de 1.000 km³ (> 240 cubic miles)

Ce critère qualifie deux types d'éruptions:

- celles responsables des grandes provinces ignées, les LIPs, vues précédemment. Le volume de ces éruptions se calcule en millions de km³,

- et les éruptions massives, avec un volume en milliers de km³.


 

magmavolume550.jpg                            Quelques exemples de taille d'éruption en volume - doc. Glossary USGS

 

Comme on peut le voir sur le diagramme ci-dessus, et bien que celles-ci ne soient pas négligeables, il y a plus de petites éruptions que de super-éruptions.

 

Quelles sont celles qui nous intéressent ?

Ces éruptions, qualifiées de méga colossales ou apocalyptiques, sont capables de détruire toute vie dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres et de brûler et d'ensevelir sous des mètres de cendres des régions entières. Ce type d'éruption laisse de grande caldeira circulaires à ovale, qui peuvent subsister des millions d'années après la disparition de l'activité volcanique.

 

VEI 9 :

 

- La Garita cadera  -  USA, Colorado  -  source du Fish Canyon tuff - il y a 27,8 Ma  - 5000 km³

 

VEI 8 :


 - Heise volcanic field  -  USA - source du Blacktail tuff - il y a 6,6 Ma - 1500 km³

- Heise volcanic field  - USA  - source du Kilgore tuff - il y a 4,5 Ma - 1800km³

- Pacana caldera - Chili  - source de Atana ignimbrite - il y a 4 Ma - 2500 km³

- Cerro Galan  -  Argentine  - il y a 2,5 Ma - 1050 km³

- Island Parl caldera  - USA, Yellowstone  - il y a 2,1 Ma - 2500 km³

- Yellowstone caldera  - USA  - il y a 640.000 ans - 1000 km³

- Whakamaru  - New Zealand, Taupo volcanic zone - il y a 254.000 ans  - 1200-2000 km³

- Lac Toba - Indonésie, Sumatra - il y a 74.000 ans  - 2800 km³

- Lac Taupo - New Zealand, Taupo volcanic zone - éruption Oruanui - il y a 26.500 ans - 1170 km³.

 

Nous passerons ur l'éruption du lac Toba, examinée récemment.

 

Sur un total de 47 super-éruptions datées de l'Ordovicien au Pléistocène, 42 datent des 36 derniers millions d'années.

Sur base de l'activité durant les derniers 13 millions d'années, la probabilité d'occurrence d'une éruption de VEI 8 dans le prochain million d'années est de 75%, et 1% de chance d'en avoir une au cours des prochains 460 - 7200 ans. (Mason & al.)

Ces méga-éruptions se font donc rares ... heureusement pour l'espèce humaine !

 

 

volcans-dangereux.jpg                                                                   Doc. RIA Novosti 2010

 

Sources :

- The effects and consequences of very large explosive volcanic eruptions , by Stephen Self / The Royal Society.

- The size and frequency of the largest explosive eruptions on Earth, by B. Mason, D. Pyle and Cl. Oppenheimer.

- USGS - Yellowstone volcanic history - frequently asked questions.

- BBC TV - Supervolcanoes - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Etna :

 

La reprise de l'activité strombolienne, démarrée ce matin,  produit vers 12h une coulée de lave par débordement du pit crater; à 14h 45, elle s'est transformée en une fontaine de lave, "violente et de courte durée" selon Boris Behncke. La fontaine fut accompagnée de fortes émissions de cendres, avec des retombées sur Nicolosi, Catane-sud, Trecastagni, Viagrande et Acireale, forçant la fermeture de l'aéroprt de Catanelle (trafic détourné vers Palerme) . Elle a alimenté une coulée en direction de la Valle del Bove.

Les émissions de matériaux pyroclastiques ont diminué vers 15h.30 . L'amplitude du trémor a rejoint son plus bas niveau.

 

Emot0395-09.07.2011-19h45.jpg            La caméra thermique relève à 19h45 la trace des retombées pyroclastiques et de la coulée.

 

EBELZ-09.07.2011-19h52.gif                                        Le trémor a retrouvé son niveau de base à 19h52.

 

Sources :

- Boris Behncke

- INGV Catania

- News - You reporter.it

 

Katla :

 

Katla-jokulhlaup-09.07.11---DV-is.jpg                Le pont sur la route circulaire détruit par le jökulhlaup - DV.is 09.07.2011


La débâcle glaciaire qui a atteint son pic la nuit dernière a diminué d'intensité. Le jökulhlaup qui a détruit un pont sur la route circulaire et forcé sa fermeture, ne semble pas lié à une éruption.

Les services compétents s'occupent de rétablir les communications en construisant un pont provisoire; la circulation devrait être rétablie dans les 2-3 jours ... heureusement pour les touristes placés du "mauvais côté" et qui doivent pour l'instant faire le tour de l'île pour rejoindre Reykjavik.

Les petits séismes sous-glaciaires sont en diminution et aucune activité sismique n'est enregistrée sur le continent européen, comme lors des trois éruptions récentes à Fimmvorduhals, Eyjafjallajökull et Grimsvötn.

 

Sources :

- Iceland Review

- Ice News

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Etna :

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, l'activité du nouveau cratère sud-est s'est progressivement accrue, comme le trémor.Les explosions stromboliennes ont vu leur fréquence augmenter.

L'activité strombolienne est présente depuis le matin du 9 : après 14h, l'évent était rempli à ras bord par la lave, et un petit débordement de lave est remarqué sur la lèvre est du cratère.

 

Emot0248---09.07.11-12h24.jpg

                                       Image thermique du 09.07.2011 / 12h24 - INGV Catania.

 

EBELZ-09.07.11.gif

                                               Trémor mesuré à proximité du cratère sud-est

 

Sources : INGV Catania et Boris Behncke.

 

Katla / Myrdalsjökull :

Un jökulhlaup s'est produit au départ de deux caldeiras dans la partie sud du Katla (E.Kjartansson) ... après la destruction du pont au dessus de Múlakvísl coupant la route circulaire; son origine est située sous la langue glaciaire Höfdabrekkujöjull.

Ce type de débacle glaciaire n'est pas nécessairement lié à une éruption ... mais peut être lié à un changement de la géothermie.

Un survol matinal a permis de remarquer des fissures dans les deux caldeiras. Le Met Office indique que ses sensors montrent des changements pouvant être liés à une petite éruption ... mais ceci reste pour le moment au conditionnel !  

 

Sources :

- Iceland Review

- Icelandic Met Office - IMO.      

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Petit intermède dans le traitement de nos éruptions cataclysmiques, avec la publication d'une découverte dans le journal "Nature" :

 

  Un nouveau mécanisme pour les mouvements des plaques tectoniques !

 

Cette nouvelle hypothèse vient compléter le panel des forces géologiques qui façonnent notre planète, depuis les séismes destructeurs jusqu'à la formation des montagnes.

 

La théorie de la tectonique des plaques, maintenant largement admise, a quand même dû attendre la fin des "sixties" pour s'imposer dans le monde des géosciences. Nous avons aujourd'hui accepté le concept d'une planète active et complexe, dont la croûte est composée de plaques océaniques et continentales , en mouvement perpétuel sous l'action combinée de courants de convection internes et de la gravité terrestre. Des blocs continentaux se forment par collision des plaques tectoniques, des plaques plus lourdes finissent par plonger par un phénomène de subduction sous d'autres avant d'être recyclées, d'autres se déchirent suite à un phénomène d'accrétion.

 

RTEmagicC terrecoupe170-2 01                                                                Doc. ESA - G.Balmino

 

Des scientifiques de la Scripps Instiution of Oceanography, Steve Cande et Dave Stegman, ont découvert une nouvelle force animant le mouvement de ces plaques tectoniques, en addition avec les forces connus de type "push-pull" .

L'analyse des mouvements des plaques tectoniques, au travers de l'histoire de notre Terre, met en évidence l'action des "points chauds", ou panaches mantelliques, en tant que responsables des mouvements de continents entiers.

 

Fig1ReconstructionOfIndianOcean.jpg

 

Reconstitution de la situation des continents il y a 63,1 Ma : Les flèches montre le ratio de convergence relative de l'Afrique (non encore dissociée) - flèches noires - et de l'Inde (en gris) - flèches bleues-par rapport à l'eurasie ... les flèches indiquent,  de gauche à droite, la vitesse relative des mouvements avant, pendant et après la période d'activité maximale du point chaud. Les lignes crénelées, rouge et brune, montrent les deux positions possibles de la zone de subduction entre l'Inde et l'Eurasie, selon qu'on fixe la date de la collision à 52 Ma ou 43 Ma.

Credit: Scripps Institution of Oceanography, UC San Diego


 

Himalaya-formationIls se basent sur l'étude du déplacement au cours des temps géologiques du sous-continent indien.

Il y a environ 70 millions d'années, la plaque tectonique supportant le sous-continent indien se trouvait au nord-est de Madagascar. Subitement, elle a commencé à se déplacer très vite, selon les standards géologiques, ... soit à une vitesse de 10 cm. par an. A la même période, un volcanisme important marque le plateau du Deccan, situé à l'ouest de l'Inde.

Ainsi, les trapps du Deccan se sont formés lorsque l'Inde était à 4500 km. de sa position actuelle, au dessus de la position du point chaud "dit de La Réunion".

 

Les mecanismes du climat 2006-19

 

Le panache mantellique formé de roches chaudes est monté vers la croûte terrestre et s'est déployé à l'endroit où se trouve actuellement l'île de La Réunion. La force de poussée du panache a fait bouger le sous-continent Indien vers le nord-est, en direction de l'Asie.

Cande et Stegman pensent que le panache de La Réunion est aussi responsable du ralentissement des mouvements de la plaque Africaine autour de 5 millions d'années. Avec un tassement de l'activité du point chaud, la plaque portant l'Inde a ralenti pour retrouver une vitesse de déplacement plus normale, de l'ordre de quelques centimètres par an, tandis que la plaque Africaine retrouvait sa vitesse de déplacement. Le mouvement de ces deux plaques, en synchronisme et se contrariant à la fois, prouverait la responsabilité d'un puissant panache mantellique dans leurs déplacements.

 

L'implication des panaches mantelliques était connue dans l'explication du volcanisme intraplaque ... cette hypothèse étend leur champ d'action à celui du déplacement des plaques tectoniques, venant étoffer le rôle des cellules de convection déjà connu ... Un pas de plus dans la connaissance de la "machine Terre"

 

Sources :

- Scripps Researchers Discover New Force Driving Earth's Tectonic Plates : 'Hot spots' of plume from deep Earth could propel plate motions around globe. - Scripps Institution of Oceanography / University of California, San Diego

- Earth times - Hotspots driving tectonic plate movements - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Depuis que nous nous préoccupons de l’effet de serre, et de la quantité de dioxyde de carbone que nous émettons par an, certains veulent se déculpabiliser en incrimination la part prise par les volcans dans les émissions.

Terry Gerlach, un géologue de l’USGS, a examiné la question … histoire de tordre le cou à cette désinformation, qui veut que quels que soient nos efforts en la matière, ils sont mis à mal par une seule éruption volcanique importante.


Avant d’examiner les chiffres, il convient de revoir le pourcentage moyen de CO2 dans les gaz volcaniques :


Examples of volcanic gas compositions, in volume percent concentrations
(from Symonds et. al., 1994)

 

Volcano
Tectonic Style
Temperature

Kilauea Summit
Hot Spot
1170°C

Erta` Ale
Divergent Plate
1130°C

Momotombo
Convergent Plate
820°C

H20

37.1

77.2

97.1

C02

48.9

11.3

1.44

S02

11.8

8.34

0.50

H2

0.49

1.39

0.70

CO

1.51

0.44

0.01

H2S

0.04

0.68

0.23

HCl

0.08

0.42

2.89

HF

---

---

0.26

 

Le gaz prépondérant est la vapeur d’eau, suivi par le dioxyde de carbone, avec des différences considérables selon les volcans, leur situation et l’environnement géodynamique : caractéristiques tectonique et température des magmas/laves.

Les taux de CO2 varient entre 1,44 et 48,9 % en vol. (dans les exemples pris).

 

carbon_cycle.jpg

Cycle du Carbone - chiffres jaunes : flux naturels - chiffres rouges : contributions humaines / en gigatonnes par an.

This diagram of the fast carbon cycle shows the movement of carbon between land, atmosphere, and oceans. Yellow numbers are natural fluxes, and red are human contributions in gigatons of carbon per year. White numbers indicate stored carbon. (Diagram adapted from U.S. DOE, Biological and Environmental Research Information System.)

 

 

 

 

En compilant les études sur les émissions volcaniques annuelles globales de CO2, réalisées grâce à des mesures à distance, des mesures aériennes dans les nuages de gaz et des mesures à proximité des volcans sous-marins, Gerlach arrive à une moyenne de 0,15-0,26 gigatonnes (milliards de tonnes) par an, incluant les éruptions sous-marines et aériennes. Cela semble énorme, mais comparé aux émanations anthropiques, on relativise : elles sont de 35 gigatonnes par an.

La production anthropogénique de CO2 est donc 135 fois plus importante que la production volcanique. Ce facteur, appelé ACM – Anthropogenic CO2 Multiplier -  par Gerlach, était en 1900 de l’ordre de 18 !


Mais que se passe-t-il en cas d’éruption suffisamment importante pour influencer le climat, du type de celle du Pinatubo en 1991 ?  Reprenons le chiffre moyen des émissions volcaniques de CO2 de 0,26 gigatonnes /an … il passerait dans le cas d’une éruption à caractère climatique à 0,31 gigatonnes /an, soit une augmentation de 0,05 gigatonnes CO2/an .

Autrement dit, il faudrait 700 Pinatubos pour égaler la production anthropogénique de CO2, soit une émission d’environ 3.500 km³ de magma, ou en gros 8 éruptions de "supervolcans".

 

Pinatubo-91.jpgMettez-vous le chiffre en tête : il faut 700 Pinatubos pour égaler notre production de dioxyde de carbone. - doc. Eos / T.Gerlach / USGS.


Source :  

- EOS / American Geophysical Union newspaper – Volcanic versus anthropogenic carno dioxide (v.92, n°24, p. 201-203)  14.06.2011– by Terry Gerlach / USGS - link in Earth magazine 

- Cycle du carbone - Nasa Earth Observatory - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news

Ce Vendredi 8 juillet 2011, à 20h35, sur France 3, dans la série "Vu du ciel" :

                          " La terre déchaînée "

 

 

Un programme alléchant :

 

Yann Arthus Bertrand, accompagné de Jacques-Marie Bardintzeff, éminent volcanologue français, est allé à la rencontre de ceux qui ont choisi de vivre avec "leur" volcan, source de fertilité, de sagesse et de sérénité malgré les dangers que leur cohabitation comporte.

 

M.Fulle 31.10.2002L’Italie :  là où l'on trouve le plus grand nombre de volcans en activité d'Europe. Un territoire également à part car c'est l'une des zones volcaniques les plus peuplées du monde. Boris Behncke raconte l'éruption de l'Etna en automne 2002.           photo M.Fulle 31.10.2002

 

22.07.1980---The-Oregonian.jpg

 

 

 

Le Mont Saint Helens : L’éruption du Mont St Helens en 1980 aux Etats-Unis est l’équivalent en puissance de 500 bombes atomiques comme celle d’Hiroshima. Cette éruption a anéanti toute forme de vie sur près de 500 km². Depuis 30 ans, les scientifiques américains étudient la renaissance de la nature et ils sont stupéfaits par la vitesse à laquelle ça se passe.

 

photo The Oregonian 22.07.1980

 

 

 

canvas2.pngL'Indonésie : Le volcan qui produit le plus de soufre au monde, c’est le Kawai Ijen sur l’ile de Java  en Indonésie. Son nom « Kawai Ijen » signifie « cratère vert » : il abrite en son centre un petit lac de couleur jade. Ce volcan produit 6 tonnes de soufre par jour, ce qui est énorme! Et des centaines de personnes en vivent. Mais ce soufre, il faut le mériter : grimper sur le volcan, descendre dans le cratère, le couper et redescendre en pleine nuit, ce travail est très difficile.             Le soufre du Kawah-Ijen - photo Canvas

 

Kilauea-basaltic-lava---C.Heliker-USGS.jpgLe Kilauea à Hawaii : Jack Lockwood est américain, et il a fait de sa passion pour les volcans sa vie. Volcanologue depuis près de 50 ans, il parcourt le monde à la recherche des volcans en activité. Mais celui qu’il préfère c’est le Kilauea, l’un des derniers volcans apparus dans l’archipel hawaiien. Et c’est là où il habite avec sa femme, ses animaux, et Pelé, la déesse du volcan.                Lave basaltique du Kilauea - photo C.Heliker HVO / USGS.

 

eyjafjallajokull_097---26.04-P.Bl.jpgL'Islande ...En France nous vivons à des centaines de kilomètres de volcans actifs, on a du mal à croire, ou même à imaginer, qu’on peut subir les conséquences d’une éruption. Et pourtant, au printemps 2010, le réveil du volcan islandais Eyjafjöll, a perturbé toute l’Europe. A ce moment-là, on s’est souvenu que l’Islande est une terre volcanique unique. A l’origine du monde, la Terre devait ressembler à cet incroyable pays.

                                    Eyjafjallajökull - avril 2010 - photo Pascal Blondé

 


 

Bonne soirée à tous !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

07pin01f.png

Localisation du Pinatubo et autres volcans actifs de l'ïle de Luzon / archipel des Philippines - d'après Wolfe & Self / GVP.


L'éruption du Pinatubo, en 1991 aux Philippines, fut une des éruptions les plus surveillée du 20° siècle ... peut-être en raison de la présence de la base militaire américaine de Clark à proximité du volcan.

 

L'éruption de 1991-92 :

 

Le 2 avril 1991, une explosion phréatique dévaste 1 km² de zone forestière et éjecte un panache de  vapeur contenant peu de cendres à une hauteur de 500 à 800 mètres; ces cendres recouvrent 10.000 m², incluant un village. Il n'y eu aucune victime, une évacuation préventive de 2.000 personnes ayant été effectuée. Suite à cette éruption, une ligne de nouvelles fumerolles s'est développée au départ de six évents alignés ENE-OSO.

Du 7 au 12 juin, on assiste à la croissance d'un dôme et à des émissions de poussières.

Du 12 au 14 juin, quatre éruptions verticales avec émission de panaches et coulées pyroclastiques mineures.

 

Pinatubo-13.06.1991---Rick-Hoblit-USGS.jpg                              Pinatubo - le panache du 13.06.1991 - photo rick Hoblit / USGS.

 

Pinatubo ash cloud NOAA - NasaLe panache éruptif du Pinatubo mêlé au typhon Yunga le 15 juin 1991, à 7h30 locale ... 3 heures avant le climax éruptif - doc. NOAA / AVHRR.

 

15.06.91 - 5h.55 - R.La Pointe USAFL'éruption du Pinatubo, le 15.06.1991 à 5h55 - photo La Pointe / USAF/ depuis la base américaine de Clark. - le haut du panache n'est pas visible, étant donné la présence d'un typhon sur l'archipel au moment de l'éruption.

 

 Les 15 et 16 juin, une série de fortes explosions culmine en ce qui constituera une des plus grandes éruption du siècle. Un gigantesque panache monte à au moins 35.000 mètres, générant de volumineuses coulées pyroclastiques et laissant une petite caldeira au sommet du Pinatubo (Lynch & Stephens).

Du 15 juin à début septembre : phase postclimactique, avec des émissions continues de poussièresjusqu'en fin juillet, puis intermittentes  jusqu'en septembre.

 

 

Pinatubo_early_eruption_1991---T.J.Casadevall-USGS-R-jpg   La caldeira sommitale du Pinatubo - en août 91, 3 mois après l'éruption - photo T.Casadevall / USGS

 

En juillet 1992, la sismicité révèle une nouvelle ascension de magma, et la constitution, puis la croissance d'un nouveau dôme ... et potentiellement de nouvelles éruptions explosives.

 

Dome-Pinatubo-21.11.1992---C.Newhall.jpgPinatubo - l'état du nouveau dôme de lave situé dans un lac de cratère intracaldérique - 21.11.1992 - photo de Chris Newhall

 

Les émissions du Pinatubo et leur action sur le climat :


Cinq kilomètres cube de magma dacitique ont été produits et le panache injecta 17 mégatonnes de dioxyde de soufre dans les couches basses de la stratosphère, soit une quantité double de celle émise par El chichon en 1982.

Ces énormes quantités de dioxyde de soufre sont dues probablement, selon Gerlach, "à la présence conjointe d'une phase fluide porteuse de soufre, et riche en eau, et d'un magma dacitique".

 

NOAA---AVHRR-Pinatubo.jpg                  Epaisseur optique des aérosols avant et après l'éruption - doc. NOAA / AVHRR.

 

Dix jours plus tard, le nuage d'aérosols sulfurique forme une bande quasi continue s'étirant sur 11.000 km. depuis l'Indonésie jusqu'en Centre afrique. Le nuage fit le tour de la planète en trois semaines et sa couverture fut globale un an après l'éruption, avec une persistance durant trois années à un niveau de concentration au dessus de la normale.

 

fig7.jpg

La double couche d'aérosols du Pinatubo surmonte les cumulonimbus - photo navette Atlantis / mission STS-43 le 08.08.1991.

 

La baisse des températures sur l'hémisphère nord fut de 0,5 à 0,6°C, et globalement de 0,4°C.

Ces données viennent confirmer le modèle climatique mis au point, avant l'éruption, par James E.Hansen du Goddard Institute for Space Studies de la Nasa.

 

aerosols-pinatubo-fig12.jpg

De gauche à droite et de haut en bas : carte du 10.04 au 13.05.91 - du 15.06 au 25.07.91 -

                                                           du 23.08 au 30.09.91 - du 05.12.93 au 16.01.94

 

L'instrument SAGE II (Stratospheric Aerosol and Gas Experiment II), lancé en octobre 1984 à bord du satellite ERBS, mesure la lumière du soleil à travers l'atmosphère à 7 longueurs d'ondes différentes. La lumière mesurée qui a été diffusée et absorbée par les gaz et les aérosols de l'atmosphère est convertie en profils atmosphériques de la concentration en ozone, en vapeur d'eau, en dioxyde d'azote et en aérosols.

Source : Pat McCormick, NASA Langley Research Center.

 


aerosols-pinatubo-fig04.jpg

Estimations de la surcharge stratosphérique en aérosols (mass loading en km³) - comparaison de diverses éruptions - Source : Pat McCormick, NASA Langley Research Center.

 

Les aérosols stratosphériques eurent un effet sur la couche protectrice d'ozone, dont les taux atteignirent leur plus bas niveau jamais enregistré; le trou dans la couche d'ozone de l'hémisphère sud s'est accru dans des proportions inquiétantes : 27 millions de km². Cette baisse des niveaux d'ozone n'est due qu'en partie aux aérosols émis par le Pinatubo, l'autre part est attribuée à l'éruption du Cerro Hudson au Chili en août 1991.

 

 

TOMS_SO2_Jun17_91.gif                   Mesures des taux de SO2 par le satellite Nimbus 7 / TOMS - doc. Nasa GSFC

 

Les mesures satellitaires TOMS enregistrèrent le premier record d'émission de SO2 en 13 ans de fonctionnement : 20 +/- 6 mégatonnes de SO2 émises durant les neuf heures de durée du climax ( sur base d'une émission de 18,5 Mt. , 36 heures après la fin de l'éruption, en combinaison avec une diminution de 1 à 1,5 Mt/jour dans le nuage ensuite / erreur possible de 30%). Le nuage stratosphérique encercla, d'après TOMS, la terre en 22 jours.

 

Une découverte récente :

On pensait que la chambre magmatique d'un volcan, une fois refroidie, restait des siècles en sommeil avant de pouvoir être ranimée par de la lave fraîche. Un modèle théorique, développé par un chercheur de l'Institut des Sciences de la Terre d'Orléans (CNRS/Universités d'Orléans et de Tours) avec un chercheur américain du Département des sciences de la Terre et de l'espace, à Seattle , et testé sur deux éruptions majeures, vient contredire complètement cette hypothèse : le réveil d'une chambre pourrait s'opérer en seulement quelques mois.

En tenant compte de divers paramètres physiques connus des deux volcans concernés (température des laves en jeu, taille du réservoir, concentration en cristaux déduite de l'étude des laves...), les deux scientifiques ont réussi à reproduire approximativement les durées entre ces signaux d'alarme et les éruptions. Par exemple, pour le Pinatubo, le modèle mathématique a prédit que 20 à 80 jours suffisaient pour remobiliser la chambre sous-jacente, alors que la théorie classique envisageait, elle, 500 ans.

Ces recherches vont conduire à réévaluer la dangerosité de certains volcans endormis.

 

Sources :

- Fire and mud : Eruptive history of Mt Pinatubo - by Chris Newhall & al. - link

- The atmospheric impact of the 1991 Mount Pinatubo eruption - by Stepehen self & al./Univ. de Hawaii - Manoa.

- A rapid mechanism to remobilize and homogenize highly crystalline magma bodies - by Burgisser A., Bergantz, G.W. Nature, 3 mars 2011.- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

 

Ce 5 juillet à 2h45 GMT, le Stromboli a connu une crise éruptive, localisée sur la partie méridionale de la terrasse cratérique, avec des projections de matériaux pyroclastiques  et des retombées sur le Pizzo supra La Fossa et sur le haut des flancs externes. La sismicité confirme l'arrêt de cette séquence explosive à 3h32. 

Les retombées incandescentes ont causé des incendies de brousailles attisés par le vent, qui ont nécessité l'intervention de Canadairs et de pompiers. Les régions habitées de l'île-volcan n'ont pas été concernées.

Sur les images prises par la caméra thermique de l'INGV, 14 petites secondes marquent l'intervalle entre le début de l'explosion et les abondantes retombées de matériaux pyroclastiques autour de la caméra ... il valait mieux en être éloigné !

 

 

Stromboli_20110705_SPI_sequence

 

Immagini registrate dalla telecamera termica posta sul Pizzo sopra la Fossa (SPT) dell'INGV, che mostrano tre momenti durante la forte esplosione dello Stromboli avvenuta alle 02:45 GMT del 5 luglio 2011.

 

 

 

L'Etna présente lui aussi un regain d'activité : Alors que la Bocca Nuova poursuit ses émissions de cendres, le pit crater du cône sud-est a présenté une petite activité strombolienne, d'abord entendue le 4 juillet, puis vue par les caméras le 5 juillet à partir de 2h.

Boris Behncke signale que "certaines émissions étaient plus sombres que celles des jours précédents ... sans doute à cause de la présence de matériel magmatique récent. A partir de 4h, les explosions stromboliennes sont devenues plus fréquentes."

Cette activité fait suite à divers paroxysmes cette année, les précédents ayant eu lieu les 12 janvier, le 18 février, le 10 avril et le 12 mai ... va-t-elle annoncer un épisode suivant ?


 

05.07.2011-3h3-INGV.jpg                                Etna - webcam ESV du 05.07.2011 3h03 - INGV Catania

 

Sources:

- INGV Catania

- Boris Behncke, via Facebook et Flickr.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

El Chichon , appelé aussi El Chichonal, est un petit cône de tuff trachyandésitique et un complexe de dômes de lave, situé dans une région isolée du Chiapas, à distance du champ volcanique trans-mexicain.

 

El Chichon 06.1982 - W.Duffield USGS

                           El Chichon, le cratère en juin 1982, après l'éruption - photo W.Duffield / USGS

L'éruption de 1982 :

En fin 1981, les indiens Zoque vivant dans la région commencent à ressentir des séismes , à entendre des grondements souterrains et à percevoir une odeur d’œufs pourris. L’eau des rivières se réchauffe.

En mars 1982, on compte 10 à 25 séismes de magnitude 4 par jour , localisés à 5 km. de profondeur. Le 27 mars, c’est soixante séismes par heure , et à 2 km. seulement sous la surface.

Le dimanche 28 mars, les séismes s’arrêtent vers 21 h.30 … mais à 23h.32, une colossale explosion fait sauter un quart du dôme sommital et ouvre une bouche d’où fusent gaz et cendres durant six heures ; le panache atteint, en 40 minutes, une hauteur de 17 km. et un diamètre de 40 km. L’énorme onde de choc est perçue au Texas, en Alaska et jusqu’en Antarctique. C’est la panique … puis le volcan semble se calmer.

Le 3 avril, deux explosions agrandissent le conduit éruptif du dôme. Et Le 4 avril, entre 1h35 et 5h30, c’est le paroxysme ! Le reste du dôme est pulvérisé ; un panache monte à 24 km. de hauteur et sous l’effet du souffle, tout est balayé dans un zone allant jusqu’à 8.000 mètres du cratère. Les surges pyroclastiques ont sauté des crêtes de 300 m. de hauteur.

Une deuxième vague paroxysmale commence vers 11 h10, et le volcan crache pendant 7 heures un panache, qui va monter à 18 km. et recouvrir de cendres 50.000 km² à l’est du volcan.

Quand s’arrête le cataclysme, le volcan a perdu une hauteur de 260 mètres, et à la place du dôme, s’ouvre un cratère de 1.000 m. de diamètre, profond de 230m. Près d’un milliards de tonnes de produits volcanique ont été crachés par El Chichon.

 

Influences globales de l'éruption sur les températures et les circulations atmosphérique et océanique.

Cette éruption, à haute teneur en soufre, a injecté dans la stratosphère  une masse de poussières volcaniques mêlée à des gouttelettes d’acide sulfurique estimée à 20 millions de tonnes. Ce nuage est entraîné vers l’ouest par les vents d’altitude et fait un premier tour du globe en 21 jours, s’étalant sur une bande de 2.000 km. de large. Il va, durant trois ans, arrêter, par réflexion, 25% du rayonnement solaire en haute altitude et faire baisser ainsi la température annuelle globale de presque un degré.


 

Dossier-23-0279.JPG  Un tour du monde en 21 jours pour le nuage éruptif du Chichon - doc. in Volcanism by HU.Schmincke

 

Mauna_Loa_atmospheric_transmission---El-Chichon.pngDiminution de la radiation solaire due aux éruptions du Chichon  (76% transmis contre 90-92 habituellement) et du Pinatubo (82% transmis) - doc. HVO

 

volcantemp.jpg

Diminution en corollaire de la température de la troposphère comprise entre 0,2 à 0,4°C entre les années 1982 et 1987 - doc. NOAA / Intellicast.

 

En France, en 1982,83 et 84, de violentes tempêtes frappent l'hexagone.

L'hiver 84/85 est marqué par une vague de froid, avec des pointes jusqu'à -27°C dans la région Rouennaise.

L'observatoire régional de la santé de Haute-Normandie constate, pour janvier 1985, une surmortalité de 16% avec des maladies respiratoires en surnombre. L'institut de veille sanitaire enregistre pour l'ensemble du territoire une surmortalité de 13%, en janvier 85. (Michel Lecouteur / LAVE)

 

 

Meteo-Belge-01.1985.gifCarte des températures le 15.01.1985 - une "goutte bleue" indique les basses températures (moins 15-16°C) sur les Pays-Bas, la Belgique et une bande centrale allant du nord de la France aux Pyrénées - doc. Météo Belge.

 

L'éruption du Chichon aurait influencé le phénomène El Nino. Le nuage d'aérosols sulfatés en réchauffant la haute atmosphère au dessus des tropiques aurait perturbé la circulation atmosphérique et océanique, créant une anomalie lors de l'apparition d'El Nino en mai au lieu d'octobre. Sur les neufs épisodes d'El Nino survenus depuis 1950, deux seulement n'ont pas suivi le modèle habituel : ceux de 82-83 et de 1963, coïncidant respectivement avec les éruptions du Chichon et de l'Agung (S.Self, via Michel Lecouteur)

 

Utilisation de nouvells technologies de détection et de suivi :

Depuis 1979, le mise au point de nouveaux appareils de détection du SO2 attendait ce genre d'évènement avec action sur le climat pour montrer leur pertinence.


Le TOMS - Total Ozone Mapping Spectrometer - embarqué à bord du satellite Nimbus-7 a fourni pour la première fois des mesures en direct du taux de dioxyde de soufre émis par le volcan, et a permis de suivre en direct la dispersion du panache autour du globe, en trois semaines.

Quelques données pour l'éruption du Chichon :

- 28.03, à l'éruption : 1,6Tg

- 03.04 : production de plus de 0,3 Tg

- 04.04 : addition de 5,6 Tg                      pour un total de 7,5 Tg.

Tg - Téragramme : unité de mesure égale à 1012 grammes.

 

SO2_time---TOMS.gif

  Tableau récapitulatif des émissions de SO2 en kilotonnes (échelle logarithmique) de 1979 à 2002.

 

 

El-chichon---SO2-29.03.82.gif                             Mesures TOMS des taux de SO2 - Doc. Nasa / Goddard Space Center


Ces données ont permis un suivi des retombées rapides de cendres denses à l'est et au sud du volcan, confirmé par AVHRR - Advanced Very high Reolution Radiometer -, un autre instrument.

 

Une autre technique développée dans les années 1970 pour le monitoring du SO2 et autres gaz est la technique COSPEC - Correlation spectrometer - dont le plus récent, qui est un spectromètre infra-rouge, mesurant les quantités d'IR absorbés par les gaz émis. Ces appareils peuvent être facilement embarqués à bord d'avions légers, d'hélicoptères ou de voitures.

 

 Sources :

- OMI - TOMS / Ozone Monitoring Instrument - Total Ozone Mapping spectrometer - http://toms.umbc.edu/ link

- Oregonstate - Measuring the volcanic gases - link

- Impact climatique des éruptions volcaniques - conséquences sur la vie et la santé des Français du 18°au 20° siècle - par Michel Lecouteur / L.A.V.E.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Deux nouvelles brèves fournies par Volcano Discovery :

 

- Troubles sismiques sur Santorin

- Stromboli : une forte éruption s'est produite ce matin à 3h et a couvert le sommet de lapilli, ce qui a mis le feu à la végétation. Les cratères sommitaux sont fermés au public pour raisons de sécurité.

 

Des détails dès que possible.

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