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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

krysuvik-areamap.gif

    Les systèmes volcaniques de Krysuvik et Brennisteinsfjöll, entourant le lac Kleifarvatn.


Krysuvik est une zone géothermique, située sur des fissures de la dorsale atlantique, à l’ouest du lac Kleifarvatn; le volcanisme s’y exprime sous forme de solfatares à Seltun.

Plusieurs éruptions ont marqué cet endroit depuis la formation de l’Islande, y incluse une grande coulée de lave au départ des cratères Ogmundargigar vers le 12°siècle ; la dernière éruption a eu lieu durant le 14° siècle.

 

Krisuvik-volc.syst.-et-lac-Kleifarvatn---O.Sihurdsson-INEA.jpgPhoto aérienne du système volcanique Krisuvik, avec en arrière-plan, le lac Kleifarvatn - Photo  Oddur Sigurdsson, 1983 (Icelandic National Energy Authority).

 

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Krysuvik- Seltun : zone géothermique - on y rencontre des "mudpots" dans tous leurs états , liquides et fumants, ou partiellement desséchés - © Antony Van Eeten

 

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                     © Antony Van Eeten

 

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              La boue y est onctueuse et épaisse ... - © Antony Van Eeten

 

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                ou la mare de boue se dessèche et se craquelle - © Antony Van Eeten


Cette zone est sismiquement très active : en 1999, la zone toute entière a été soufflée par une explosion de vapeur. Le site touristique a été rasé  … et les panneaux indiquant actuellement le danger n’insistent pas assez sur la brutalité et la force du phénomène qui risque de se reproduire sans avertissement aucun !

 

800px-Kleifarvatn1---Ouicoude.JPG                 Le lac Kleifarvatn, entouré de sable volcanique noir - photo Ouicoude.


Le 17 juin 2000, un séisme ouvrit une fissure longue de 400 m. et disparaissant sous le niveau du lac Kleifarvatn voisin : l’eau du lac a commencé à disparaître dans le sol et sa superficie a diminué de 20%. ( de 6 km. de long sur 2,3 de large, il est passé à 3,5 km. sur 1,8)

Ce lac, profond de 97 mètres, est entouré de voisins plus petits, aux eaux bleutées.

 

Krysuvik - Hans Ueli Krapf                                             Krysuvik - photo Hans Ueli Krapf.

 

Structure emblématique de la péninsule, un petit cône se dresse sur les champs de lave : le Keilir.

C’est un cône de palagonite, créé lors de la période glaciaire au cours d’une éruption sous-glaciaire ; il serait, selon les géologues, un bouchon de cratère.

 

Keilir---Soffia-S-jpg                              Le cône du Keilir et sa piste d'accès - photo Soffia S.

 

 Keilir---Icelandtotal.jpg                                  Keilir - Le cône de palagonite - photo IcelandTotal.com

 

Le système volcanique de Brennisteinsfjöll - "Brimstone mountain" -, localisé à l’est du lac Kleifarvatn, consiste en une brochette de cratères et de petits volcans-boucliers.

Une éruption a été enregistrée en l’an 1.000, concordant avec une réunion en extérieur du parlement islandais à Thingvellir ; sa manifestation la plus récente est datée du 14°siècle.

 

800px-Rau-holar_-4----Roman-Z.JPG       Les collines rouges de Rauðhólar et Brennisteinfjöll en arrière-plan - Photo Roman Z.

 

Des champs de lave, dont l'Elliðaárhraun lava fields, abritent le site de Rauðhólar - Icelandic Red Hills - restes d'une grappe de pseudocratères datés de 4.600 ans. Quatre-vingt cratères existaient ici auparavant, mais la plupart ont été exploités aux environs de la seconde guerre mondiale pour la construction de l'aéroport de Reykjavik et de routes.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Krisuvik

- Global Volcanism Program - Brennisteinsfjöll

- National Geographic - Iceland lake disappearing into new crack in earth. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En faisant l'examen du volcanisme islandais , en suivant la dorsale médio-Atlantique, on débute par le sud-ouest et "Reykjanes".

Reykjanes est un “qualificatif” appliqué à la dorsale et à la péninsule … il convient de bien distinguer les deux structures.

 

La dorsale de Reykjanes , part de la dorsale médio-Atlantique :

 

L’Islande est un domaine émergé de la dorsale médio-atlantique, longue de 15 000 km, appartenant au vaste système de chaînes volcaniques sous-marines où se forme la croûte océanique.

 

A-GIceland-2.jpg

Image bathimétrique de l'Atlantique Nord-


La partie nord de la dorsale médio-Atlantique marque la limite d'écartement des plaques Eurasie/Amérique du Nord à environ 1-2 cm/an dans la direction E-W.

Haute, en moyenne de 1500m, reposant sur des fonds de moins 4000m, la dorsale reste normalement sous-marine.

 
01b---CNRS.jpgIcelandNAtl - People.usd.edu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La dorsale médio-Atlantique sépare les plaques tectoniques Nord-américaine et Eurasienne.

à gauche, la partie au sud-ouest de l'Islande est appelée dorsale de Reykjanes - doc. people.usd.edu. - doc. de droite, CNRS.


En Islande comme aux Açores ou à Sainte-Hélène, l’axe de la dorsale coïncide avec un panache mantellique, remontée de roches chaudes provenant de la base du manteau inférieur. Ce "point chaud" augmente considérablement la production de magma. Il y a environ 20 Ma, l’accumulation de roches volcaniques a fait émerger l’île et permet aujourd’hui d’observer à terre des processus d’extension classiquement sous-marins.

 

La tomographie sismique révèle une anomalie de vitesse jusqu’à 400 km. puis 2.800 km. de profondeur ( 1999). Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d’un panache profond à l’origine du point chaud islandais, qui provoque un bombement de la lithosphère observé en surface sur plus de 1.000 km. de diamètre.  

 

 

islande-fig04.jpgIslande tomographie pt.chaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Images de tomographie sismique du panache islandais et reconstitution en 3D de celui-ci -

Doc. ENS Lyon - à gauche : Source : H.Bijwaard et W.Spackman EPSL, vol. 166 pp. 121-26, 1999.  -  à droite : Source : Nature, vol. 385, pp. 245-247, 1997.


Elle indique de plus que le manteau, source des laves islandaises, peut comporter une composante très profonde – la couche « D » - qui est de composition différente de l’asthénosphère, celle-ci étant à l’origine des MORB – Middle Oceanic Ridge Basalt  (*)  - de la dorsale médio-Atlantique. Au cours des temps géologiques, la couche « D » accumulerait des composants de la croûte recyclés dans le manteau via le processus de subduction … la couche « D » acquiert ainsi une signature isotopique différente de celle de l’asthénosphère : elle est plus radiogénique en strontium (rapport 87Sr/86Sr élevé) et moins radiogénique en néodyme (rapport 143Nd/144Nd faible) que l’asthénosphère.

 

islande-fig05.gif

Diagramme isotopique et carte de localisation des études géochimiques sur la dorsale médio-atlantique. - doc. ENS Lyon / Hervé Bertrand / R.N.Taylor & al.

Les résultats concernant l'Islande en orange, ceux de la dorsale de Reykjanes en points verts.

 

Ainsi sur un diagramme isotopique Nd-Sr, on constate que les laves de la dorsale, celles d’Islande et celles des Açores (un autre point chaud de l’Atlantique) occupent des champs différents. Ceci s’explique par un mélange, en proportions variables, entre un manteau source radiogénique en Nd et peu radiogénique en Sr (en haut à gauche du diagramme : c’est l’asthénosphère) et un manteau source radiogénique en Sr et peu radiogénique en Nd (en bas à droite du diagramme, hors cadre : c’est le panache). La composante asthénosphérique est prépondérante sous la dorsale (MORB Atlantique). L’influence du composant panache est la plus nette sous les Açores (excentrées par rapport à la dorsale).


La composition isotopique intermédiaire des basaltes islandais suggère donc une dilution du panache par l’asthénosphère qui s’explique par la position de l’Islande à l’aplomb de la dorsale. Cette dilution augmente progressivement le long de la dorsale de Reykjanes, lorsqu'on s’éloigne du point chaud islandais.

 

 

La dorsale de Reykjanes – ou zone de rift de Reykjanes – est active et a connu au cours de la dernière décennie plusieurs épisodes de rifting, accompagnés de nombreux séismes, mais sans épisode éruptif ; les plus violents séismes remontent à 1789.

 

La péninsule de Reykjanes :


Elle n’a plus connu d’éruption volcanique depuis le Moyen-Age, la plus récente datant de 1240 après JC., avec la création du champ de lave de Illahraun.

 

F1.large-copie-1.jpgLes quatre systèmes volcaniques de la péninsule de Reykjanes et les zones géothermiques - doc. ISOR


Quatre systèmes volcaniques caractérisent la péninsule, couverte par des laves datées de l’Holocène :

- Les zones géothermiques de Gunnuhver et de Svartsengi, avec le Blue Lagoon.

- Krysuvik et le volcan Trölladyngja

- Le cône de palagonite du Keilir.

- Brenninsteinsfjöll

 

Gunnuhver est une aire géothermique à haute temperature (plus de 300°C) et une exception islandaise : les eaux souterraines du réservoir sont à 100% constituées d'eau de mer, riche en chlorures et chargée en silice, pouvant constituer des cônes de geysérite. La péninsule est soumise à des essaims sismiques qui ont causé un glissement sur une fissure passant par Gunnuhver, il y a une quarantaine d’années ; ces mouvements de terrain ont ravivé le champ fumerollien et permis un échapattoire sous forme de geysers : les bouches de deux anciens geysers sont visibles à Kisilholl ( Silica hill) .

Son nom est lié à celui de Guðrún, un spectre qui a causé de nombreux incidents, jusqu’à l’intervention d’un prêtre, Eirikur Magnusson, qui la piégea et la fit tomber dans une source.

 

-Gunnuhver-zone-geotherm.---Christian-Bickel-2.jpg                         La zone géothermique de Gunnuhver - photo Christian Bickel

-Gunnuhver 22.05.2006 - Hans Ueli KrapfIslande, née du feu de la Terre - Zone géothermique de Gunnuhver - photo Hans Ueli Krapf.


Svartsengi qualifie une zone géothermique et sa centrale, la première au monde à utiliser une géothermie de haute température pour la cogénération. Elle produit l’énergie thermique pour le chauffage et de l’électricité ; après avoir servie, l’eau est refroidie vers 40°C et relâchée ensuite dans le célèbre Blue Lagoon. Cette eau fortement minéralisée a des propriétés dermothérapeutiques, e.a pour les soins du psoriasis.


 

 

 

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                                    Svartsengi - Blue Lagoon - © Antony Van Eeten

 

Blue-lagoon----AVE-14.jpg

Blue lagoon, la zone de baignade surveillée et au loin, la centrale géothermique - © Antony Van Eeten

 

(*) : MORB signifie : middle océanic ridge basalt. 

Ce sont les roches les plus abondantes à la surface de la planète. Elles se forment à l'aplomb des dorsales médio-océaniques en contexte extensif, en zone d'accrétion. A la limite de deux plaques divergentes, une nouvelle croûte océanique se forme suite à des remontées de matériaux mantelliques ; sous la pression exercée par la colonne d’eau, les laves émises restent effusives et forment des pillow lava.

 

Sources :

- Woods Hole Oceanographic Institution - Mid atlantic ridge volcanic processes - link

-Planet-Terre / ENS Lyon - L'Islande, une interaction point chaud - dorsale - par Hervé Bertrand - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L’anniversaire de l’éruption islandaise de l’Eyjafjallajökull célébré ces jours-ci dans les médias nous ramène à cette île volcanique et à sa formation due à l’interaction entre le point chaud et la tectonique, et à la dorsale médio-Atlantique.

 

img1-copie-1v41n1-smith1en_5017.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, image par tomographie sismique du panache mantellique islandais  -  A droite, rifting et alimentation par dykes au niveau de la dorsale.

 

 

Abb2_006.jpg

RR: Reykjanes Ridge; KR: Kolbeinsey Ridge; AER: Aegir Ridge; IP: Iceland Plateau; GF: Greenland, Faeroer Ridge. Map modified after Maclennam (2001) and Kaban et al. (2002).

La position du point chaud dans le temps est indiquée par les chiffres dans les ronds jaunes (exprimés en millions d'années).

 

L’Islande est située à la jonction de deux structures sous-marine, la dorsale médio-atlantique et la dorsale Groenland-Islande-Feroe. L’Islande est localisée à l’endroit où le flux asthénosphérique sous la plaque Nord-Atlantique interagit et se mêle au panache mantellique.

Au cours des derniers 60 millions d’années, les plaques eurasiennes et nord-Atlantique ont migré avec un ratio de 1-3 cm/an, selon un axe Nord-ouest, au dessus du panache islandais. La dorsale Groenland-Islande-Feroe est la représentation de cette migration relative : il y a 40 Ma, le point chaud se trouvait sous le Groenland, actuellement, il est situé sous le Vatnajökull, à 240 km. au Sud-est de la frontière entre les plaques Nord- américaine et Eurasienne.

 

Mais revenons à l’histoire de la zone Nord-est de l’Atlantique :

L’historique du panache islandais est reconstituée depuis 130 Ma , avec la localisation d’une province basaltique et le volcanisme du milieu du Crétacé le long de la dorsale arctique Mendelev et Alpha, et sur l’île d’Ellesmere.  ( Johnston & Thorkelsen 2000)

La dimension de la tête du panache sous le Groenland est estimée à 2.000 km. de diamètre au début de l’époque Tertiaire et la dislocation de la Pangée et l’apparition du phénomène de rifting. Son action se traduit par un apport de matériaux sous la lithosphère continentale, avec un bombage lithosphérique et un volcanisme basaltique largement étendu. (Saunders et al. 1997)

Entre 56 et 53,5 Ma, la dislocation continentale et la formation d’une croûte océanique débutent. Les premières portions de plancher océanique se font le long de la dorsale Aegir, maintenant éteinte.

Le Groenland et sa dérive en direction nord-ouest, sont liés à une autre période de rifting il y a 36 Ma. La période suivante de rifting se produit le long de la dorsale débutante Kolbeinsey et à cette époque, les segments de rift islandais commencent à être liés à l’action du panache islandais.

Aux environs de 20 Ma, la frontière de plaque Reykjanes-Kolbeinsey passe au dessus du panache et depuis, dérive en direction de sa position actuelle. Les différents segments de rift islandais, longs de 300 à 400 km., ont sauté de façon répétitive vers le sud-ouest pour maintenir leur position proche du panache.

 

A-GIceland-4.jpg                        La datation est en Millions d'années (Myr) - les rifts soulignés de rouge.

 

tronnes1.jpgLes dorsales sont en jaune - le plateau islandais en gris - la position actuelle du panache islandais symbolisé par un cercle rouge.


 Comment se présente le système volcanique actuel ?

Quatre grandes zones de rift, larges de 40 à 50 km., les zone de rift Nord, Est, Ouest et de Reykjanes, contiennent des essaims de fissures volcaniques alignées en échelon.

 

Abb2.5.jpgSimplified geological map of Iceland. Modified after Jóhannesson & Saemundsson (1998)

 

Au cours du temps, se sont développés des systèmes volcaniques, avec des volcans centralisés, et une activité géothermique élevée.

 

Dans les zones non affectées par le rifting – Snaefelness, flanc oriental et sud -, on constate moins de fissures et une activité géothermique plus faible.

Un « système volcanique » est un regroupement spatial de sites éruptifs, y compris les dykes nourriciers situés dans la croûte supérieure, actif dans un délai temporel relativement court et ayant des caractéristiques tectoniques, pétrographiques et géochimiques propres … (selon Jakobsson 1979).

 

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Les différentes zones de rift (abréviations, voir le texte) et les systèmes volcaniques  -  Simplified after Trönnes (2002).

 

La péninsule de Reykjanes est une zone caractérisée par un volcanisme récent et une sismicité élevée : elle contient quatre systèmes volcaniques. Le système volcanique Hengill, le plus à l’est, est situé à un point de jonction triple entre la zone de rift de Reykjanes – RRZ -, la zone de rift ouest – WRZ -, et la zone de fractures sud islandaise – SIFZ.

La zone de rift ouest se connecte au nord-est avec la zone de rift nord – NRZ – via le champ islandais médian – MIB, mid-icelandic belt .

La zone de rift nord continue depuis le glacier du Vatnajökull en direction nord ; le côté nord du glacier du Vatnajökull est centré sur le panache mantellique.

La zone de rift est – ERZ – est séparé de la zone sud-est par le système volcanique Torfajökull.

 

Sources :

- Introduction to the geology and geodynamics of Iceland - by Reidar G.Tronnes / Institute of Earth Sciences, University of Iceland

- Intoduction to the geology of Iceland - by Dr.Tobias Weisenberger.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans quel endroit sur terre pouvez-vous trouver vous-même des diamants ?  Quelle est la seule mine ouverte au public où, pour quelques dollars de droits d’entrée, vous avez la chance de découvrir diamants et autres pierres semi-précieuses ? … et ceci dans un environnement géologique volcanique :


   La mine de diamants près de Murfreesboro – Arkansas.


Elle fait partie du « Crater of diamonds State Park ». Cet endroit fut découvert par John Huddlestone en 1906 : il découvrit d’étranges cristaux dans le sol de sa ferme et les fit examiner par un joaillier local . La nouvelle de la découverte d’une mine de diamants se répandit et une "ruée sur le diamant" s’ensuivit sur la région de Murfreesboro. Des géologues de l’Arkansas State Geological Survey avaient suspecté la présence de diamants dans le sol de l’Arkansas, avant la découverte de Huddlestone : le sol verdâtre composé de péridotite présente des similitudes avec celui qui surmonte les dépôts diamantaires africains. Mais le travail de terrain ne leur permit pas d’en trouver… et les recherches d’arrêtèrent.

 

Crater-of-Diamond-state-park---Google.jpg                     Crater of Diamond State Park - image Google Earth


Huddlestone vendit sa ferme pour 36.000 dollars ; on y  travailla comme sur une exploitation minière, mais le peu de productivité  fit abandonner l’endroit au bout de quelques cinq années. Au début des années 50, le site fut ouvert au public pour une prospection individuelle moyennant un droit d’entrée ; on lui donna le nom de "cratère aux diamants" . L’état d’Arkansas reprit la propriété en 1972 et depuis le site est visité par plus de 100.000 personnes par an.

 

Bien que la plupart des pierres retrouvées soient de petite taille, quelques spécimens importants ont été trouvés:

- Le "diamant de l'oncle Sam" , le plus gros découvert en Amérique du nord, fut découvert par W.O.Bassum en 1924 : la pierre brute de 40,23 carats fut taillée "en émeraude" pesant 12,42 carats (valeur en 1971 : 150.000 $)


strawn-wagner-diamond-crater-of-diamonds-state-park.jpg- Le diamant "Strawn-Wagner" trouvé par Shirley Strawn en 1990 : pierre brute de 3,09 carats taillée en "brillant" de 1,09 carats, première pierre à recevoir la qualification "parfaite" par l'American Gem Society.

Le "Strawn-Wagner diamond" - Image courtesy of Crater of Diamonds State Park. 

 

raw-diamonds-crater-of-diamonds-state-park.jpg- Le diamant "Okie Dokie" , un diamant coloré en jaune de 4,21 carats, fut trouvé en 2006 par M.Culver.

 

Diamants retrouvés à "Crater of Diamonds" : la majorité des diamants trouvés dans ce parc ont une couleur s'échelonnant du jaune au brun.

Image courtesy of arkansas.com.

 

 

En plus des diamants, des pierres semi-précieuses colorées sont présentes; elles incluent de l'améthyste, de l'agate, du jaspe, du péridot et de l'hématite.



Pour quelle raison a-t-on trouvé des diamants en Arkansas ?

Il y a 100 millions d’années, une éruption volcanique ayant sa source en profondeur a apporté rapidement en surface des matériaux en provenance du manteau terrestre ; le magma riche en gaz  s’est expansé en un volume de mille fois supérieur à celui qu’il occupait dans les profondeurs du manteau. Cette expansion gazeuse rapide a produit une explosion lorsque le magma a approché la surface, qui a conditionné l’ouverture d’un large cratère et fait retomber les éjecta dans cette dépression et autour de celle-ci, formant un anneau.

Dans cet éjecta, de nombreux fragments rocheux du manteau furent propulsés en surface avec la magma ; ces fragments sont appelés xénolithes, et peuvent contenir des diamants.

La ferme de Huddlestone se trouve à l’aplomb d’un conduit volcanique rempli de lamproite : une roche ignée formée au départ de matériaux mantelliques partiellement fondus contenant des xénolithes, porteurs de diamants. Au cours du temps, l’érosion détruisit les minéraux les moins stables, et concentra de ce fait les plus stables … c’est ainsi que les diamants se concentrèrent dans le sol.

 

VolcanicPipe---ph.-Asbestos.jpg                   Schéma structurel d'un "volcanic pipe" - schéma Asbestos.

Le magma de kimberlite ou lamproite remonte au travers de la coûte terrestre par un réseau de fractures ou de dykes; le diatrème ne se forme qu'à proximité de la surface.

La section de ce pipe montre un profil "en carotte"produit par l'éruption explosive. Les fragments porteurs de kimberlite ou lamproite sont rejetés vers l'extérieur pour former l'anneau de tuff et remplir le pipe. L'échelle de droite montre le niveau d'érosion de diverses pipes à kimberlite situées en Afrique du sud.

 

 

pipe.gifCette structure correspond à un diatrème appelé pipe, en forme de carotte ou de cône d'un diamètre maximum de quelques centaines de mètres à 1.500 m de profondeur, et relié à un système de dykes profonds. Constitué d'une brèche grossière d'éléments de l'encaissant cimentés par le magma visqueux ou peu cristallisé, il correspond à la cheminée d'alimentation. L'ensemble témoigne des effets d'une explosion hydrovolcanique en profondeur. Schéma amnh.org

Des éléments de brèches ont parfois une origine profonde : socle ou manteau (péridotite) .

 

diamond-formation-in-earths-mantle.jpg Zone de stockage des diamants et schéma de leur ascension emportés par le magma remontant des profondeurs - schéma geology.com

 

La formation des diamants naturels, à base du carbone Formation-des-diamants---pression-temperature.gifemprisonné à l'intérieur de la terre au moment de la formation de la planète, requiert des conditions de pression et de température précises : la pression est atteinte à environ 150 km. de profondeur, où la température avoisine les 1050 °C. Ces conditions ne se rencontrent pas globalement.

Schéma The nature of diamonds / American museum of natural history.

Les diamants formés sont stockés dans des "zones de stabilité" et arrivent à la surface au cours d'éruptions volcaniques de grande profondeur ... le magma sert "d'ascenceurs à diamant" !

 

Lexique :

- pipe : intrusion sous forme de cylindres laviques, qui se mettent en place comme un piston et dans laquelle la lave se pulvérise en brèche.

- dyke :intrusion lavique résultant du remplissage de fractures verticales, radiaires ou concentriques à l'édifice volcanique; dégagés, ils apparaissent sous forme de petits murs à prismation horizontale.

- lamproite : roche ignée riche en K et Mg et caractérisée par le présence de phlogopite, diopsite, leucite, richterite potassique, olivine, sanidine, perovskite ...

Contrairement à la kimberlite, qu'on trouve uniquement dans les cratons anciens, la lamproite est trouvée dans des terrains d'âge variable.

- kimberlite : roche ignée composée d'au moins 35% d'olivine, et de mica, serpentine et calcite.

- Carat : unité de poids caractérisant les pierres précieuses ; un carat vaut 0,20 grammes.

 

 

Sources :

- Volcanologie - de Jacques-Marie Bardintzeff - éd. Dunod

- Geology.com - The only diamond mine in the USA - link

- American Museum of Natural History - The nature of Diamonds - link

- Geology.com - diamond don't form from coal - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

newberry_caldera_oregon.jpg

 Une partie de la caldeira de Newberry, avec ses deux lacs, Paulina et East lake, séparés par des cônes et des coulées de lave ... site volcano-touristique majeur en Oregon - photo aérienne USGS.


Newberry est un volcan, caractérisé par une vaste caldeira réputée pour contenir une importante coulée d'obsidienne rhyolitique, appelée Big Obsidian Flow, produite lors de sa dernière manifestation, il y a 1.300 ans.

 

usa-2096-copie-2-.jpgNewberry - big obsidian Flow - énorme coulée d'obsidienne ... dans laquelle on peut marcher ! -

© J-M. Mestdagh


Ce volcan fait partie de la chaîne volcanique des Cascades, mais son dynamisme est lié au point chaud dit du Yellowstone.

Il a été l'objet, durant les 600.000 ans passés, de milliers d'éruptions ... et au cours des derniers 10.000 ans, d'au moins 3 éruptions de VEI 3-4, ce qui signifie qu'il est loin d'être "éteint" !

 

Sa caldeira constitue une destination touristique et la ville toute proche de Bend est en croissance permanente : ces deux éléments nécessite que le volcan soit surveillé de près de façon à pouvoir intervenir au moindre signe de nouvelle activité. Hors, pour l'instant, il n'est surveillé que par une seule station sismique.

 

Newberry_Volcano_Map---USGS.pngLes coulées de lave du Newberry ont atteint la Crooked river au nord de Bend, ville importante la plus proche du volcan.

 

Considérant que Newberry est l'un des volcans pouvant entrer en éruption au cours des prochaines cent années, l'USGS se propose d'installer un réseau sismique composé de 8 stations, ainsi que des stations de mesure GPS, dès cet été. Ce projet, d'un coût estimé à 250.000 $ , pourra enregistrer les mouvements du magma et le départ des épisodes de fracturations de roches (détection sismique), ainsi que les changements en surface (mesures GPS de déplacements) - rapporté par le journal de Bend , "The bulletin"  04.04.2011.

 

L'Oregon n'est pas doté jusqu'à présent de plan d'exploitation géothermique; après les traditionnelles "escarmouches" entre les pro- et les contres, on attend le permis d'exploitation pour milieu 2011. "Davenport power", une jeune société spécialisée dans les énergies renouvelables, projète des forages d'exploration et l'Oregon institute of Technology - Klamath falls - a proposé de l'utiliser ce type d'énergie pour son campus.

 

geotherm-Newberry-red-jpg

                              Le circuit chaud en rouge, le froid en bleu - doc. Oregon live.

 

Le volcan a fourni par le passé, armes et outils d'obsidienne aux indiens natifs, fournira-til à la génération actuelle une source d'énergie propre et renouvelable ? ... Newberry, un volcan en or ?

 

Sources : via le site Eruptions / Big think.

- The Bulletin - newspaper of Bend

- Oregon live - is energy solution under Oregon volcano ? - link.

- US Department of energy - geothermal technologies program

- USGS - volcano hazards at Newberry volcano, Oregon - link.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

14.04.10 barcroft1 - M.Fulle - the independant

Le panache de cendres de l'Eyjafjallajökull le 14.10.2010 - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle / Stromboli on line.

 

Un après le début de la phase "gênante" de l’éruption du volcan islandais Eyjafjakkajökull, causée par un panache ce cendres qui a perturbé les espaces aériens Européen et atlantique-nord, les journaux ne parlent que des problèmes économiques engendrés par cette éruption.

 

On se rappellera qu’à l’époque, plus de 100.000 vols furent affectés, ainsi que 8 millions de passagers concernés, pour une perte estimée par la Commission européenne d’environ trois milliards de dollars pour les compagnies aériennes et les agences de voyage.

 

Mercredi et jeudi , un exercice simulant une éruption au Grimsvötn, volcan "devant statistiquement entrer en éruption après l’Eyjafjöll ", et envoyer ses cendres dans l’espace aérien Européen et nord –Atlantique, a été pratiqué ;

Divers participants : 14 services de navigation aérienne, 10 autorités nationales de régulation, le VAAC London, la Commission Européenne, l’agence Européenne de sécurité aérienne et 70 lignes aériennes … que du beau monde. Le premier jour fut consacré à une fermeture par Eurocontrol totale ou partielle de l’espace aérien , le second au test d’une nouvelle approche harmonisée européenne. Les résultats devraient être analysés et présentés à Bruxelles les 6-7 juin.

 

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  Þorvaldseyri, le 14.04.2010, avant que la vallée ne soit recouverte de cendres - photo Icelandic Met Office.

 

Porvaldseyri---1-an-apres----2-ph.-Icelandic-times.JPG                              Þorvaldseyri : la renaissance début 2011 - photo Islandic times


Entretemps, on ne parlait plus des personnes les plus directement concernées par l’éruption, les fermiers islandais proches de l’Eyjafjöll. Après un premier temps de découragement, ceux-ci ont vite oublié leur première réaction, qui était de stopper toute activité. Ils ont nettoyé leurs installations, travaillé leur terre et mis au point , pour l’un d’entre eux, une nouvelle activité.

 

171677_160773650642183_160738693979012_349156_3557600_o.JPGDe la cendre partout ... Thorvaldseyri le 23.04.2010 - photo Eyjafjallajökull erupts / Facebook.


Olafur Eggertsson, le fermier propriétaire de la ferme de Thorvaldseyri, après avoir vu ses champs de blé et d’orge recouvert d’une épaisse couche de cendres volcaniques, a repris espoir en voyant, dès juillet, poindre la verdure au travers de cette couche … la couleur noire de la cendre absorbant mieux la chaleur solaire, et les minéraux contenus servant d’engrais naturels, ces deux facteurs ont bousté les récoltes.

 

Porvaldseyri---1-an-apres--2---ph.O.Eggertsson.jpgLe Visitor center de Þorvaldseyri, et les promoteurs, Olaf  Eggertsson et son épouse - photo Eyjafjallajökull Erupts / Facebook.


Sur cette lancée, lui et sa femme ont décidé de construire un « Visitor center » relatant les évènements par vidéos et photos, avant, durant et après l’éruption. Une salle de cinquante places permet aux visiteurs de se rendre compte de la vie de la vallée et de l’exploitation agricole au cours de cette année passée. Le centre s’est ouvert le 14 avril 2011, un an après le début de la phase strombolienne de l’éruption, et offre aussi souvenirs, livres et brochures en plusieurs langues.

Cette initiative personnelle prouve, en plus de celles développées de suite (vente de sachets de cendres, confection de montre spéciale, de timbres-poste, de T-shirts, de livres , etc), que les islandais savent rebondir et s’adapter aux pires situations.

 

Porvaldseyri---1-an-apres---ph.O.Eggertsson.jpgLes premiers cars et visiteurs à Thorvaldseyri en 2011 - photo Eyjafjallajökull Erupts / Facebook

 

 

Sources :

- Visir.is - ouverture du visitor center à Gosafmaeli  

- Visitor Centre at Þorvaldseyri opens on the one year anniversary of Eyjafjallajökull eruption, April 14, 2011


info@icelanderupts.is

170697_160748170644731_160738693979012_348999_4023734_o.JPG- site Facebook : Eyjafjallajökull erupts

logo du site Facebook :

 

 

- Europe gears up for ash cloud simulation to test air traffic technology. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Tant que les évènements de la récente éruption de l'Etna sont encore en tête, il est intéressant d'en voir leur empreinte sur une image satellite de la Nasa.

Cette photo a été prise par ALI - Advanced Land Imager, à bord du satellite EO-1 de la Nasa, le 13 avril 2011.

Le panache de cendres a laissé une trace courbe (en fonction des vents au moment de l'éruption) depuis le puits d'effondrement situé sur les flancs du cratère SE, qui recouvre partiellement le chemin d'accès à La Montagnola.

Une figure plus linéaire en direction Est correspond au trajet de la coulée de lave de trois kilomètres et aux dépôts pyroclastiques de la nuée associée à la rencontre entre la coulée et la couche neigeuse.

 

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NASA Earth Observatory image created by Jesse Allen, using EO-1 ALI data provided courtesy of the NASA EO-1 team. Caption by Jesse Allen. - Instrument: EO-1 - ALI  - 13.04.2011

 

Source : Nasa Earth Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L'actualité volcanique nous laisse le temps d'examiner le rapport hebdomadaire du Global Volcanism Program.

 

Philippines - volcan Taal.

Mis en alerte niveau 2 par le Phivolcs, suite à la légère, mais significative augmentation de la température des eaux du lac, au changement de pH et à l'élévation du niveau de CO2, le Taal continue à préoccuper les volcanologues. La gestion des populations menacées n'est pas facile : près de 100 familles ont quitté la zone volontairement, mais le reste des 7.000 résidents ignore les avis des autorités.

Le responsable du Phivolcs a conseillé au gouvernement local d'envisager une relocalisation à long terme de la population de l'île-volcanique, soit environ 5.000 personnes, en raison de l'actuelle activité qui présente des similitudes avec les éruptions de 1965-1970 et 1976-77 qui avaient touché l'ensemble de l'île centrale. La journée de mercredi a été marquée par 8 séismes volcano-tectoniques.

 

TaalVolcano.jpg                    Le cône situé en bord de l'île volcanique centrale du lac Taal.

Taal---GVP.jpg

            Le lac Taal et son île-volcan centrale - photo Chris Newhall / USGS in GVP.

 

Philippines - Bulusan :

Le VAAC-Tokyo rapporte des panaches de poussières les 7-8 et 11 avril; le Phivolcs a pu observer des émissions de vapeur pendant une éclaircie, en provenance des évents SE et NO.

 

bulusan_vol2.jpg                                                           Bulusan - photo Irosin.ph

 

Hawaii - Kilauea :

Selon l'HVO, la lave est visible dans le cratère de l'Halema'uma'u du Kilauea, avec une augmentation du niveau et une "circulation" entre les 6 et 12 avril. Au cratère du Pu'u O'o, le niveau du lac de lave est en augmentation, nourri par une source située au centre du lac. Des effondrements et des éclaboussures du lac de lave ont provoqué un panache entre le 5 et 8 avril, à l'origine de petits dépôts de poussières volcaniques à proximité de l'évent.

 

Pu'u O'o 26.03                 Retour du lac de lave au Pu'u O'o, le 26 mars 2011 - photo HVO/USGS.

 

Kamchatka - Bezymianny :

Selon le KVERT, la sismicité a fortement augmenté entre le 1° et le 11 avril, avec une émission de gaz et vapeur les 1 et 2 avril, le volcan restant couvert par les nuages les jours suivants. Une anomalie thermale a été enregistrée par les satellites, augmentant en taille et intensité depuis le 1° avril.

Le code aviation est passé d'orange à rouge, le 13 avril ; ce même jour, le réseau sismique a enregistré les signes d'une puissante éruption explosive débutant à 20h.20 UTC, non visible directement étant donné la couverture nuageuse.

 

Bezimianny---02.2010---Y.Demyanchuk-KVERT.jpg                            Le sommet du Bezymianny - photo Y.Demyanchuk en 02.2010

 

Sicile - Etna :

Le troisième épisode de l'année a déjà été évoqué dans ce blog.


10.04.2011-Etna-walk.JPG      Etna - fontaine de lave du paroxysme du 10.04.2011 - photo EtnaWalk / Facebook

 

Sources : inclus dans le contenu des articles.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

04.2011.JPG 

Divers médias ont mis à l'honneur les superbes photos prises lors de l'éruption-éclair du 10.04.2011 - pour revoir les photos prises par Etnawalk, voir son site Flickr ou sur Facebook.

 

 

Boris Behncke, chercheur à l’INGV-Catania , attire par contre notre attention sur un phénomène rarement observable à l’Etna : une coulée pyroclastique.


Durant le paroxysme de l’éruption du 10 avril 2011, de petites coulées pyroclastiques ont été générées par l’interaction explosive entre une coulée de lave en déplacement rapide et une couche épaisse de neige. Consécutivement, s’est développé un grand panache de vapeur et de cendres.

 

 

10.04.2011-coulee-pyrocl.-Francesco-Ciancitto-INGV.jpgEtna - éruption du 10.04.2011 - coulée pyroclastique  - photo Francesco Ciancitto via INGV-Catania.

D'autres photos sur La Repubblica Palermo.it


Il nous signale un phénomène similaire lors de presque chaque éruption du Klyuchevskoy au Kamchatka, mais aussi durant l’éruption de 2008-2009 au Llaima (Chili)

 

Concernant l’Etna, le Dr Behncke avait analysé les causes possibles de ces nuées.

Outre les coulées pyroclastiques de grande échelle qui se sont produite durant l’éruption Ellitico lors de la formation de la caldeira, il y a 15 à 16.000 ans, l’Etna ne présente que de petites coulées pyroclastiques.


Durant les 20 dernières années, au moins 8 évènements de ce type ont concernés les éruptions sommitales de l’Etna, mettant en jeu quatre mécanismes déclencheurs différents :

- Un effondrement d’une fontaine pyroclastique, comme en 2.000

- Une explosion phréatomagmatique résultant du mélange entre la lave et les roches humides, comme en 2006.

Le 16 novembre, de nombreuses chutes de rocs et des coulées pyroclastiques furent générées durant l’ouverture d’une large fracture sur le flanc sud-est du cône sud-est.

- Une explosion phréatomagmatique résultant du mélange entre la lave et une couche de neige épaisse , comme en 2007 et en avril 2011.

- La désintégration d’un flanc instable d’une structure en forme de dôme de lave, ayant grandi sur la rive d’un cratère sommital, comme en 1999.

 

Tous ces  récents PDCs – pyroclastic densitu currents – ont eu une extension relativement réduite, de maximum 1500 mètres en novembre 2006 et mars 2007, sans danger donc pour les populations avoisinantes et les propriétés. Ils ne pourraient affecter que les visiteurs et une zone d’exclusion de 2 km. autour des sommets devrait rester inaccessible en cas d’évènement capable de produire ce type de coulées pyroclastiques.

La source la plus probable de tel PDCs dans le futur est le cratère sud-est, le plus actif et le plus instable des cratères sommitaux de l’Etna, et qui est à l’origine de 6 des 8 nuées répertoriées récemment.

 

situation-1999.jpg                           Carte des cratères sommitaux - INGV-Catania 1999.

 

sur cette vidéo de Antonio De Luca & Klaus Dorschfeldt, on peut voir la coulée pyroclastique (à 5,10 minutes)


 

Sources :

in the Journal of Volcanology and geothermal research : 

- Hazards from pyroclastic density currents at Mt. Etna - by Boris Behncke 2007

- Pyroclastic density currents resulting from the interaction of basaltic magma with hydrothermally altered rock : an example from the 2006 summit eruptions of Mt. Etna - by B.Behncke, S.Calvari, S.Giammanco , M.Neri, H.Pinkerton.

- Photos de Etnawalk sur Flickr et Facebook (lien ci-dessus)

- La Repubblica - link

- Vidéo de PassioneEtna - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Aujourd’hui, je vous emmène dans le domaine du rêve et de la visualisation de ceux-ci, grâce à la technique du photomontage (*), utilisée par Fabienne G., amoureuse des volcans … et de siberian husky, qu’elle élève et entraine.


Passions parfaitement compatibles, mais souvent vécues de façon séparée … quoique j’en connaisse plus d’un qui emmène leur chien sur des volcans en activité !

De ses rêves les plus secrets, elle a réussi par ce biais à extirper des images qu’elle remixe pour nous livrer sa vision, ses fantasmes, son esthétique.

Elle signe ses réalisations du nom de son élevage canin :

                            © Og Island Snaëgerdi.


Place au rêve ! ... avec ces volcans "qui ont du chien ! "


 

192692_157900290937641_100001530144778_336428_1347790_o---F.jpg                                  Animisme indien et éruptions - © Og Island Snaëgerdi.


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      Dave et le blast initial de l'éruption du St Helens en 1980 -   © Og Island Snaëgerdi.


 

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                          Jimmy et une nuée ardente du Mayon -  © Og Island Snaëgerdi.


 

eyrinn-eyjafjoll-red-jpg                     Eyrinn sur le glacier de l'Eyjafjalajökull - © Og Island Snaëgerdi.

 

 

 

Avec le photomontage, la photographie coupe la relation mimétique qu’elle entretenait avec la réalité … au lieu de simplement reproduire, elle va donner un sens !

De par leur nature photographique, les parties du photomontage s’inscrivent dans une vérité, retranscription de la réalité visible. Cette vérité, découpée, fragmentée devient partielle. Replacée dans un ordre différent et nouveau par la subjectivité de l’auteur, elle devient une autre vérité.

 

Le photomontage n’est pas nouveau : utilisé ponctuellement au cours du 19° siècle, il prend son essor après la première guerre mondiale, en Russie, avec le Mouvement constructiviste, dont Alexander Rodtchenko est l’un des pionniers. En France et en Allemagne, ce sont les dadaïstes qui se penchent sur ce moyen d’expression original … la défragmentation, qui le caractérise, nait du morcellement cubiste et touche nombre de courants artistiques, dadaïste, surréaliste, futuriste.

 Il se développera dans deux directions : la poésie et l'onirisme d'une part, et la propagande politique d'autre part.

Depuis la fin du 20°siècle, le photomontage est poussé par un souffle nouveau grâce à l'informatique et aux logiciels de retouche d’images.

 

* =  Un photomontage est un assemblage de photographies, par collage ou par logiciel, donnant d'une photo un aspect différent, par incorporation d'une ou plusieurs parties ou de la totalité d'une autre photo et permettant toutes retouches et trucages.

 

Dans un article prochain, nous retrouverons Fabienne G. dans d'autres rêveries volcaniques.

 

Son site : Og Island Snaëgerdi et ses huskies de Sibérie - link

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