Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

map loihiLe volcan sous-marin Loihi est situé à 35 km. de la côte sud-est de Big Island / Hawaii.


Comme l'indique son nom hawaïen signifiant "long", le plus jeune volcan de la dorsale hawaienne a une morphologie allongée, dominée par deux zones courbes de rift s'étendant au nord et au sud du sommet.

 

loihi_seamount---NOAA-Alex-Malahoff.jpg                        Loihi seamount - Image sonar multibeam - NOAA / Alex Malahoff.


La zone sommitale contient une caldeira de 2,8 km. sur 3,7, et est ponctuée de nombreux cônes, le plus élevé ayant son sommet à 975 m. sous la surface marine. Trois cratères ou puits d'effondrements occupent la partie sud de cette caldeira : le plus récent d'entre eux, le pit Pelé, fut formé durant l'intense essaim de séismes de juillet-août 1996; il a un cratère de 600 m. de diamètre.

 

summit-regio-Loihi.jpgsummit-Loihi---Smith-Hawaii-un.-GVP.png

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, image bathymétrique de la région sommitale du Loihi; à droite, schéma de la région sommitale vue du SSE. After Carlowicz (1996); original image by J.R. Smith, Jr., University of Hawaii.

 

pele pit                      Image bathymétrique du cratère le plus récent : le pit-crater Pelé.

                      Documents bathymétriques : in Hawaii center for volcanology.


 

Hawaii---WHOI-Jayne-Doucette.gifLes données sismiques indiquent que le volcan sous-marin possède un système d'alimentation magmatique différent de celui du Kilauea et du Mauna Loa. Schéma WHOI / Jayne Doucette.

 

 

Le volcan est régulièrement soumis à des essaims de séismes, résultants de mouvements magmatiques internes ou de processus tectoniques associés avec des réajustements.

Au cours de la seconde quinzaine de juillet 1996, l'Observatoire volcanologique d'Hawaï a recensé plus de 4.000 séismes, un record jamais égalé pour un volcan d'Hawaï. Parmi ces séismes, 40 avaient une magnitude comprise entre 4 et 5.

En réponse à cet évènement, une expédition fut dépêchée en août, et deux planifiées pour septembre-octobre. D'excellentes conditions permirent une analyse du volcan, du panache hydrothermal, et de l'activité biologique, associés à cet essaim sismique : outre la formation d'un grand cratère-puit, on remarqua la présence de nouveaux évents hydrothermaux dans le pit-crater, avec des températures supérieures à 200°C et des signes généraux d'augmentation de l'activité thermale dans la colonne d'eau surmontant le Loihi.

 

Si l'activité du point chaud se maintient, la construction du volcan se poursuivant, on attend l'émersion du sommet dans une fourchette, toute géologique, de 10.000 à 100.000 ans.

 

Ces volcans sous-marins présentent des laves en coussins - "pillow-lavas", typiques des éruptions subaquatiques.

Sortant à des températures comprises entre 1.000 et 1.200°C, la lave se couvre d'une pellicule de verre, qui, n'étant pas complètement refroidie, forme une espèce de baudruche souple, et gonflée progressivement par le lave qui continue à être émise ... s'en suit un empilement de boules en forme de coussin, de polochon de taille métrique.

 

 

Pillow-lava----Loihi---Hawai-undersea-research-laboratory.jpg

  Pillow lavas - Photo by the Hawaii Undersea Research Laboratory (University of Hawaii).

 

Suite à des mouvements tectoniques de surrection, on peut trouver des pillow lavas à la surface du sol, comme en Sicile, au nord de Catane, au pied du chateau d'Aci Castello, ou encore dans les Hautes-Alpes, au sud-est du col de Montgenèvre, au Chenaillet.

 

450px-Basaltes_en_coussin_ALpes---A.Saphon-2005.JPG

          Basaltes en coussin du Chenaillet (France / Hautes-Alpes) - photo A.Saphon 2005.

 

De nombreux autres volcans sous-marins entourent la dorsale, principalement autour de Big Island; ils sont en cours d'études.

 

Hawai---Avcan2010.jpg

La dorsale hawaiienne - parties immergées (colorées en fonction de la bathymétrie)  et émergées (en gris) - doc. AVCAN.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Loihi

- Hawai center of volcanology : Loihi 1996 seismic/volcanic event summary.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
     globe showing location of 10-degree map 10-degree map showing recent earthquakes

Legend with age and magnitude scale

 

Une n'ième réplique a frappé le Japon aujourd'hui : le séisme d'une magnitude de 7,1 s'est produit à 23H32 (14H32 GMT) à une profondeur de 49 km, a précisé l'Institut de géophysique américain USGS. Son épicentre était situé dans l'océan Pacifique, à 66 km à l'est de la ville de Sendai (préfecture de Miyagi),

L'agence météorologique japonaise a pour sa part établi la magnitude à 7,4 et fixé l'épicentre à une quarantaine de kilomètres à l'est de la péninsule d'Ojika.

La secousse a été ressentie jusqu'à Tokyo, à quelque 400 km au sud, où les immeubles et les maisons ont tremblé pendant plusieurs dizaines de secondes.

NHK signale des coupures électriques, des fuites de gaz et des incendies dans certaines régions de la ville de Sandai

L'exploitant et propriétaire de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a immédiatement ordonné l'évacuation du site qui se trouve sur la côte en raison de l'arrivée possible d'un nouveau tsunami.

La faible distance qui sépare l'épicentre du séisme de la côte a limité le volume de masse d'eau généré. De ce fait, le risque de formation de fortes vagues s'est trouvé très diminué. Les hauteurs de vagues estimées étaient d'1 m, au plus entre 1 et 2m. Elles étaient supérieures à 11 m. le 11 mars.

 

 

Sources :

- USGS Eartquake hazard program

- Agences de presses : AFP - Reuters

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

190009_196078863765848_100000912069394_519754_7789148_n-cop.jpg

                                 Pu'u Mahana - © Carole et Frédéric Hardy


La plage de Pu’u Mahana – littéralement « colline chaude » - est une des attractions de la pointe sud de Big Island. Elle est célèbre pour son sable de couleur vert olive … fort différent des sables coralliens blancs, sédimentaires ocres ou volcaniques noirs.

La plage porte souvent le nom du cinder cone qui en est à l’origine, Papakolea beach, dérivé de l’hawaiien papa kolea, signifiant le marais du pluvier ; un pluvier doré du Pacifique (Pluvialis fulva) y est en effet souvent aperçu lors de ses migrations hivernales.

 

 

196327_196078410432560_100000912069394_519744_2493383_n-cop.jpg

                                                                           © Carole et Frédéric Hardy

188941_196078913765843_100000912069394_519755_5065150_n-2--.jpg

       Papakolea green sand beach ... comme son nom l'indique - © Carole et Frédéric Hardy

 

La source de la couleur du sable est imputable aux nombreux cristaux d’olivine provenant de l’érosion marine qui affecte ce cône de cendres. L’olivine est un des composant courant des laves hawaiiennes, et l’un des premier cristal à se former lors du refroidissement du magma. L’olivine, plus dense et dure que la cendre, le pyroxène et les débris des laves, a tendance à s’accumuler sur la plage, tandis que l’habituel sable volcanique est balayé en mer. Bien que ces cristaux soient eux aussi balayés, l’érosion constante du cône de cendres assure l’arrivage de ceux-ci encore pour de nombreuses années.

 

189909_196079077099160_100000912069394_519758_2650216_n-cop.jpg

                         Inclusions de cristaux d'olivine - © Carole et Frédéric Hardy

Papakolea-sand-beach---Mouser-NerdBot.jpg              Macro sur le sable vert de Papakolea beach - photo Mouser NerdBot / Flickr.

 

Formé il y a 49.000 ans, et associé à la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa, il s’est effondré en partie depuis sa dernière éruption ; sa situation en bord de mer le soumet au phénomène érosif.

Cette situation et l’origine du cinder cone sont des sujets débattus par les géologues ; une première hypothèse est celle de la formation d’un cône littoral, suite à l’interaction entre la lave et l’eau de mer. D’autres géologues arguent qu’au moment de sa formation, ce cône devait être trop éloigné du rivage pour qu’une telle interaction se produise.

Selon les spécialistes de l’USGS, la dernière coulée de lave dans la zone devrait avoir pris fin il y a plus de 10.000 ans, faisant de cette zone une des plus stable topographie de la région. L’histoire géologique du site peut être vue dans les roches entourant la baie et la plage : elles  ne sont pas sujettes à l’érosion et présentent  un échantillonnage de couches géologiques  formées par les éruptions passées. De plus, seules les parties basales du cinder cone ont été soumises à l’action des vagues, les portions restantes apparaissant grises par ailleurs.

 La clé du mystère est liée à l’âge du cône : son analyse au radiocarbone donne une datation de plus de 49.000 ans, chiffre limite concernant la portée de la méthode de datation.

Où se trouvait le niveau marin il y a 49.000 ans ?

Les études démontrent que Big Island a un taux d’amortissement de 2,4 mm. par an … ce qui , tous comptes faits, nous donne une altitude de 117 mètres au moment de sa formation. Cette hauteur correspond à l’actuelle élévation de Komohana. De plus, d’après les océanographes, nous étions à cette époque en période glaciaire, et le niveau marin était de 70 mètres inférieur à celui d’aujourd’hui. Ainsi, le cône initial devait se situer à une hauteur d’environ 180 mètres.

 

190709_196078653765869_100000912069394_519749_3358691_n-cop.jpg                                     © Carole et Frédéric Hardy


Une autre explication plausible est que le Pu’u Mahana est un reste d’un anneau de tuff Surtseyen (Surtseyan tuff ring) construit sur un évent principal. Par comparaison avec les analyses du cône littoral Sandhills (formé en 1840 lors d’une éruption de flanc du Kilauea), Pu’u Mahana contient beaucoup de débris lithiques et des lapilli accrétionnés, absents dans les dépôts de Sandhills. De plus, les dépôts pyroclastiques sont plus finement grainés et leur composante juvénile plus vésiculée. (G.Walker 1992 - University of Hawaii press).

 

Quoique le mystère de son origine reste entier, l’endroit est superbe … mais son accès difficile : la pointe sud de l’île n’est atteinte qu’en 4x4, ou au prix d'une marche assez longue est nécessaire pour parvenir à cette baie magique, mais où il est risqué de nager.

 

198091_196077937099274_100000912069394_519735_5546177_n-2--.jpg                                            © Carole et Frédéric Hardy

 

197323_196078163765918_100000912069394_519739_4017619_n-cop.jpg                                            © Carole et Frédéric Hardy

 

Sources :

- HVO - the origins of Pu'u Mahana are not cristal clear ! - link

- Pu'u Mahana is a primary surtseyan ash ring ... - by G.Walker - link

   

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

20080326 6506 mrp HVO

                                      Entrée de la lave en mer - photo HVO/USGS.

 

Toute cette lave qui a été émise , puis a transité par les coulées, en surface ou en tunnel, arrive en bord de mer ... où la rencontre entre l'eau et le feu s'avère explosive.

 

v3_hp5.jpg                                                                                                       photo HVO/USGS


Lorsque la lave entre en mer, peut se produire une explosion  phréatique, avec un blast pulvérisant la lave en milliers de fragments en fusion, mêlés à de l'eau bouillante et de la vapeur acide surchauffée. Cette explosion dirigée préférentiellement vers la mer, peut aussi être responsable de projection sur terre dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres.

 

4305058_L.jpg                               Explosion phréatique - photo J.Griggs / HVO - USGS

 

20050223-8059_DAS_large.jpgConstruction d'un delta de lave - l'imprudent personnage donne l'échelle - photo HVO/USGS.

 

Instabilité des nouveaux delta de lave :

 Cette lave et ses débris pulvérisés vont créer une nouvelle terre ; ce delta de lave est instable et s'effondre facilement en mer, en engendrant de fortes explosions, des vagues d'eau bouillante et des projections de matériaux et de fragments de lave jusqu'à 100 mètres à l'intérieur des terres. Ce phénomène de collapsus ne prévient pas et la taille des aires d'effondrement peut atteindre celle de plusieurs terrain de football.

 

BroadBench3.gif

Configuration d'un delta de lave typique avant son effondrement - on voit les zones de conglomérats instables et les zones de faiblesse pouvant mener à un glissement. - croquis de J.Jonhson, modifié d'après Mattox et Mangan 1997 - HVO/USGS.  


 

4303046 LExemple de terrasse nouvellement formée et parcourue de tubes de lave amenant la lave jusqu'à plusieurs entrées en mer, marquées par les panaches de vapeur - photo L.Keszthelyi 1996 - HVO/USGS.

 

Sur base des observations faites durant les phases de croissance des deltas de lave, entre 1992 et 1994, les volcanolgues de l'HVO ont identifié quatre types généraux d'explosions résultant d'interaction entre la lave et l'eau de mer.

Deux types liés au collapsus partiel du delta dans la mer :

Tephra-jets---J.Johnson-2000.gif- la projection de tephra (tephra jets) : inconvénients le plus souvent rencontré par un observateur imprudent, ce phénomène est engendré par les vagues rencontrant le flot de lave, avec une explosion en un nuage de vapeur, eau chaude, fragments de lave et tephra. Lorsque les particules solides tombent sur le rebord du delta, un cône littoral semi-circulaire de quelques mètres de hauteur peur se former.

 

tephra-jets.jpg    Projection de tephra sur le delta de lave - T.N.Mattox novembre 1993 - HVO/USGS.

 

LithicBlast---J.Johnson-2000.gif- un blast lithique : celui-ci est généré par l'effondrement d'un delta en croissance, résultant en une explosion de vapeur projetant loin des morceaux de lave solidifiés ; un collapsus, le 19.04.1993, a projeté un homme en mer et des blocs de lave de 25 à 110 cm. de diamètre à plusieurs centaines de mètres.

 

Deux types liés à la rencontre entre de l'eau de mer infiltrée et le système d'alimentation par tunnel de lave, sans glissement total du delta en mer :

Bubbleburst.gif- l'éclatement de bulles de lave (bubble burst) : caractérisés par des éclatements sporadiques et bruyants de lambeaux de lave au départ d'une rupture circulaire occasionnée dans le toit d'un tunnel, situé à quelques mètres à l'intérieur du delta; les fragments émis par cette bulle de lave peuvent suivre une trajectoire radiale sur une dizaine de mètres avant de retomber au sol. A la fin du phénomène, un petit bassin de lave peut demeurer avant d'être drainé au travers du toit du tunnel.

 

bubble burst -

          Un rare "bubble burst" photographié par T.N.Mattox, le 9 mars 1994 - HVO/USGS

 

LitCone.gif- les fontaines de lave littorales : rare et spectaculaire, ce type d'explosion peut produire des fontaines de lave et vapeur montant à plus de 100 mètres, qui établissent rapidement un petit cône sur le delta de lave. Ces fontaines se produisent dans des zones plus proches de la ligne de côte et sont très énergétiques ... et dangereuses.

Les croquis sont signés J.Johnson et Mattox- HVO/USGS.

 

On comprendra après ceci qu'il est fortement déconseillé de se promener sur la falaise dans une zone d'entrée en mer, et spécialement interdit de le faire sur un delta de lave. La seule façon d'observer l'entrée de la lave en mer est de la faire depuis un bateau ... et à distance respectable, l'eau pouvant être très chaude !

 

zones-de-coloration-diff.-concentriques.jpg

                                Photo Kauahikaua 05-1998 - HVO/USGS.


watertemp2.gifPrès de l'entrée en mer de la lave, on peut voir, sur une photo aérienne, des zones concentriques, colorées différemment et correspondant à des températures d'eau différentes. La zone brun-jaune a été mesurée à 69°C, près de la zone de contact avec la lave, et à 35°C au large entre 70 et 100 mètres de celle-ci. La coloration brune provient des hautes concentrations en fragments en suspension et occasionnellement de zoo-plancton gélatineux.

 

Sources : HVO - Hawaiian Volcano Observatory.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Véhiculer la lave sur des kilomètres, comme sur le Pali et Kalapana, nécessite la présence de structures qui conservent à la lave sa chaleur et ses qualités rhéologiques :


                           les tunnels de lave.

 

198583_196188353754899_100000912069394_521226_729567_n-copi.jpg                    Petits tunnels de lave - aspect en surface - © Carole et Frédéric Hardy

 

Ce ne sont pas des objets rares, mais d'autre part tous les volcans n'en abritent pas non plus. Les plus connus se retrouvent principalement aux Etats-Unis, et notamment à Hawaii, aux îles Canaries, à La Réunion, en Corée, à l'Etna, aux açores, en Islande ... on en trouve également sur d'autres planètes de notre système solaire : sur la Lune, Io, Mars, Vénus Mercure e.a.

En énumérant ces endroits, on s'aperçoit que leur présence est liée à celle de volcans effusifs, ou qui ont présenté une activité effusive au début de leur mise en place.

 

197216_196187103755024_100000912069394_521205_6222832_n.jpgTunnel de lave, présentant banquettes basses et stalactites au plafond - © Carole et Frédéric Hardy

 

Ces tunnels se forment lors d'éruptions effusives, alors qu'une lave généralement basaltique, pauvre en silice, très chaude (1.100 -1.200°C) et très fluide, s'épanche à vitesse élevée (15 à 50 km/h.)

Lors des émissions importantes, tant en volume qu'en durée, ont lieu, la lave coule suivant la topographie, envahit l'espace, entraînée par son propre poids. Rapidement, la coulée commence à se solidifier en surface et sur ses bords, alors que le flot de lave continue à progresser. Ces rivières de lave sous-terraines s'organisent en réseau de complexité plus ou moins grande (monotubes, anastomoses, multi-étages ... ) qui s'isolent du reste de la coulée par des parois ignifugées naturelles qui permettent à la lave de minimiser ses déperditions énergétiques.

A la fin de l'éruption, la lave continue à progresser dans ces drains, parfois à des niveaux plus bas, constituant des banquettes. Puis le flot n'étant plus alimenté, le drain se vide laissant un tunnel (lava tube) accessible après refroidissement total.

 

234-tunnel-lave-lucarne-04.jpgLes étapes de formation d'un tunnel et d'une lucarne - Schémas de Pierre Thomas / Laboratoire des Sciences de la Terre - ENS Lyon.

 

Close-up_of_a_skylight_on_coastal_plain-_with_lava_stalacti.jpg                                  Gros-plan sur un skylight - photo HVO/USGS.


Des lucarnes naturelles - skylights - se forment, suite à l'effondrement d'une partie du toit du tunnel, laissant apercevoir un flot de roche en fusion.

La chaleur qui rayonne de ce flot a une telle importance que les parois internes du tunnel peuvent refondrent et laisser gouter des stalactites de lave. Des éclaboussures décorent les parois, suite à un dégazage de la lave entrainant ces projections.

 

Parmi les vingt plus longs tunnels de lave monotubes connus, Hawaii en compte 50% ( d'après B. Gulden 2010).

 

196484_196185373755197_100000912069394_521193_7148307_n-cop.jpg

                                             © Carole et Frédéric Hardy

 

200633_196187013755033_100000912069394_521202_2887168_n-cop.jpg

         Tunnel de lave à fond plat et dépourvu de banquettes - © Carole et Frédéric Hardy

 


200769_196187063755028_100000912069394_521204_5605787_n-cop.jpgDes racines d'arbres traversent le tunnel ... attention, ne pas tirer sur ces racines, qui risquent de céder en emmenant une portion du plafond ! - Notez les niveaux laissées par le flot de lave sur les parois - © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Certains tunnels de lave sont aménagés, éclairés et il est facile de s'y déplacer; d'autres, non aménagés et plus petits, nécessitent un minimum d'équipement : combinaison spéléo solide, genouillières et gants, casque et frontale. Ils sont à la base d'une nouvelle discipline : la volcanospéléologie.

 

Parmi les grands tunnels d'Hawaii, citons ceux qui sont en tête de classement :

- Kazamura cave : 65.000 m. de long , dénivellé de 1.101 m.

Les coulées proviendraient du Kilauea et seraient datées de 350 à 500 avant JC.; certaines galeries sont énormes : 21 m. de large pour 18 m. de haut; la température interne varie entre 15 et 22°C.

- Hualalai ranch cave : 27.785 m de long avec un dénivellé de 441 m.

- Kula Kai caverns (Kipuka Kanohina) : 26.554 m. long , dénivellé 232 m.

- Emesine cave : 20.744 m. de long pour un dénivellé de 436 m.

 

-Thurston Lava Tube - Michael Oswald

                      Thurston lava tube - un tunnel aménagé - photo Michael Oswald.


Sources :

- Lucarnes et formation de tunnels de lave - P.Thomas / ENS Lyon,  link

- Volcanogéologie - formation des tunnels de lave - A. Guillon - link

détaillant divers types de tunnels de lave.

- The virtual lava tube - qui détaille toutes les formations possibles sur un seul schéma - link

 

lava_features_map_1024.jpg

 

- Revue L.A.V.E. - n° 146 de septembre 2010 : Hawaii, visite de tunnels de lave - par N. Duverlie & E. Boutleux.

- Revue L.A.V.E. - n°148 de janvier 2011 : Volcanospéléologie en Islande, perspectives scientifiques et émergence du Géotourisme - par M. Detay.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

189508_196083700432031_100000912069394_519860_6936722_n-2-.jpg

                                                                                 © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

189529_196165747090493_100000912069394_520698_7924974_n-cop.jpg

                                                                                     © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

190304_196166017090466_100000912069394_520708_8266037_n-cop.jpg

                                                                                     © Carole et Frédéric Hardy 2011


Chevauchement de coulées, qui se plissent, s'étirent, se boursouflent ... la zone entre les évents producteurs et l'océan est particulièrement colorée de nuit !

 

Les zones du Pali, des Royal Gardens et de Kalapana sont régulièrement couvertes par les coulées de lave en provenance du Pu'u O'o et de Kupa'ainaha.

 

Brève historique de ces coulées :

 

En juillet 1986, le conduit magmatique alimentant le Pu’u O’o s’est brisé et l’éruption s’est brusquement déplacée de 3 km pour former l’évent Kupa’ianaha ; outre le déplacement du site, le type d’éruption a changé : plus de fontaines de lave, mais une effusion continue au départ d’un lac de lave qui a été drainé par un tunnel de lave. En moins d’un an, le débordement de lave a créé un bouclier haut de 55 mètres.

Dans le courant de novembre 1986, la lave a recouvert la route de la côte et atteint l’océan situé à 12 km. de l’évent, et brûlé 14 maisons dans la bourgade de Kalapana en un jour.

 

Kupaianaha-et-PuuOo-11.1986---HVO.jpg                   Le cône du Pu'u O'o et l'évent Kupa'ianaha - photo HVO/USGS 11.1986

                  On voit bien la formation d'un chenal de lave, prémice d'un futur tunnel.

 

Kalapana-20.06.1989---HVO.jpgChamp de lave de Kalapana, troué par un skylight, et en arrière-plan entrée des laves en mer avec un panache de vapeur - photo HVO/USGS 20.06.1989

 

 En 1990, une phase plus destructrice a débuté, lorsque les coulées se sont orientées vers l’est et ont totalement détruit les villages de Kalapana et Kaimu, et recouvert Kaimu bay et Kalapana black sand beach. L’éruption fut interrompue 12 fois, à cause de pauses dans l’alimentation en lave au départ de lévent ; ces pauses, d’une durée comprise entre un et quatre jours, furent suivies de nouvelles coulées, qui suite à des blocages générés par le collapsus de parois ou du toit du tunnel de lave existant, sont réapparues en surface … pour reformer ensuite un nouveau tunnel de lave.

 

23.04.1990-Kalapana-store.jpg13.06.1990---Kalapana-store.jpg

 

 

Walter's Kalapana Store and Drive Inn : à gauche, le 23.04.1990 et à droite, le 13.06.1990 : ne dépasse des laves que le sommet du panneau publicitaire. - doc. archives HVO/USGS.

 

Kalapana-02.05.1990---HVO.jpg                Destruction des habitations à Kalapana - photo HVO/USGS 02.05.1990

 

197608_196163767090691_100000912069394_520626_7533010_n-2-.jpg           Vestiges oxydés , témoins des coulées passées - © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

MapSumKalapana - HVOEvolution des zones recouvertes par les coulées entre décembre 1986 et septembre 1990 - cartes HVO/USGS.


De nouveaux tunnels de lave ont détourné la lave de Kalapana en début 1991, et la lave est entrée de nouveau dans l’océan au niveau du parc national des volcans. Le volume de lave érupté au départ de Kupa’ianaha a commencé à décliner en 1991, pour s’arrêter en début 1992.

 

Kalapan-15.02.1991--HVO.jpg                       Les coulées après la première pause, le 15.02.1991 - HVO/USGS


Le site de l’éruption est retourné ensuite au Pu’u O’o, où des  évents de flancs, côté ouest et sud-ouest du cône, ont construit un nouveau champ de lave.


20020722_updatemap.jpg

Carte des coulées entre janvier 1983 et juillet 2002 - HVO/USGS - Remarquez, en pointillé, la position de l'ancien trait de côte.

 

J21Eruption_100203_L.jpg                           Carte des coulées au 03.02.2010 - Doc. HVO/USGS.

 

J21Erup_Overview_110204_S.jpgDernières coulées de janvier et février 2011, alimentées par le D vent (TEB vent) - tracé du tunnel de lave en jaune - Doc. HVO/USGS.

 

© Carole et Frédéric Hardy 2011


Du rouge, de l'esthétique des coulées ... art volcanique BRUT !

 

190264_196166073757127_100000912069394_520710_3047247_n-cop.jpg

                                                                                   © Carole et Frédéric Hardy 2011

190608_196170010423400_100000912069394_520823_4760067_n-cop.jpg

Un voile réticulé  de refroidissement en surface peine à contenir la coulée alimentée de l'intérieur - © Carole et Frédéric Hardy 2011

197323_196180990422302_100000912069394_521086_6848452_n-cop.jpg

                        Laves cordées en formation - © Carole et Frédéric Hardy 2011

188763_196171527089915_100000912069394_520883_7572134_n-cop.jpg

                     Mashmallow ... confiserie brûlante - © Carole et Frédéric Hardy 2011

197360_196081570432244_100000912069394_519813_2173157_n.jpg                                            © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

Au petit jour, le rougeoiement recule, c'est alors que les laves se parent d'argent !

 

196888_196172080423193_100000912069394_520906_2478139_n-cop.jpg                              Extrémités digitées - © Carole et Frédéric Hardy 2011

199658_196083263765408_100000912069394_519851_297927_n-2-.jpg

            Manteau d'argent, entrailles d'or en fusion - © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

184772_192797944093940_100000912069394_498922_5962952_n-cop.jpg                                               " I love Hawaii "  

... c'est sur cette photo que s'arrête, avec regrets, cette série de magnifiques laves - © Carole et Frédéric Hardy 2011 

 

Sources :

HVO - Hawaii volcano Observatory.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

188699_192798507427217_100000912069394_498932_5252946_n-2-.jpg

                                                                                           © Carole et Frédéric Hardy


Par l'intermédiaire de quelques oeuvres locales photographiées par Carole et Frédéric Hardy, nous reparlons de l'irascible déesse Pelé et de ses légendes.

Le premier tableau synthétique reprend différents thèmes : les volcans en éruption et Pelé omniprésente; Kamohoalii, frêne ainé de Pelé et requin-roi-dieu d'Oahu; et les danseuses de Hula.

 

La Hula était à l'origine un moyen utilisé par les hawaïens pour bénir les dieux. Dans les temps anciens, elle était dansée sur une estrade sur laquelle reposait un autel dédié à la déesse du feu, des volcans et de la danse. Les costumes traditionnels comprenaient des leis, colliers de fleurs, un pau, une jupe de fibres, et des bracelets d'os de baleines ou de dents de chiens autour des chevilles.

 

Mais revenons à la légende :

Pelé vit au fond du cratère de l'Halema'uma'u, dans la caldeira du Kilauea. Elle y a apparaît sous les traits d'une belle jeune fille ... elle ère parfois aussi le long de la côte, mais alors elle ressemble à une vieille femme très laide.

C'est elle qui provoque toutes les activités de l'île-volcan: à la moindre contrariété, elle ouvre des cratères d'un coup de bâton et déverse des flots de lave sur les importuns, avant de les transformer en arbre, en fougère, en porc ou en poisson.

 

 

199495_196190467088021_100000912069394_521297_5046483_n.jpg

     Pelé faisant jaillir la lave d'un coup de son baton Pa'oa. - © Carole et Frédéric Hardy


Pele-Jaggar-museum.jpg

La déesse Pelé, à la chevelure de laves - Thomas A.Jaggar Museum - © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Quand elle se met en colère, elle sort du cratère ... et le vent entraîne alors une partie de son opulente chevelure et la répand sur toute la grande île.

Plus prosaïquement, les "cheveux de Pelé" proviennent de l'interaction entre les éjectas de lave très fluide et le vent ; celle-ci étire la lave sous forme de fins filaments qui se figent en refroidissant en fins cheveux de verre que le vent disperse à la ronde. Ces cheveux de pelé se retrouvent partout où existe un lac de lave, ou des laves très fluides : à Hawaii, en Ethiopie à l'Erta Ale, à La Réunion au Piton de La Fournaise (où ils sont appelés les cheveux de Madame Desbassayns).                

 

ethiopie-scanner-BD-045-copie.jpg                     Cheveux de Pelé dans la caldeira du Erta Ale - © Bernard Duyck

 

Peles_Tears---Glendale-community-college.jpg                                    Larmes de Pelé - archives Glendal Community college

 

On retrouve parfois, à une extrémité d'un cheveu, une petite sphère ou larme prolongeant le cheveu lui-même, un reste de la goutte de lave initiale : ces gouttes, qui peuvent être de taille centimétrique, sont appelées "larmes de Pelé".

 

La légende déconseille fortement aux visiteurs du Kilauea de prélever ces larmes et cheveux, de même que des morceaux de lave pour les ramener en guise de souvenirs ... ceci ne plaît pas à la déesse, qui peut, en représailles, accabler de malheurs les coupables dans les mois qui suivent.


Une boite postale est mise d'ailleurs à leur disposition, pour qu'ils puissent restituer son bien à la déesse.

Le culte de la déesse Pelé est encore bien vivant à Hawaii, où des cérémonies sont organisées en son honneur sur le lèvre du cratère de l'Halama'uma'u. Des offrandes y sont jetées pour s'attirer les bonnes grâces de la déesse du feu.

Ces croyances se sont manifestées en 1977, où les volcanologues se virent refuser le droit de dévier les coulées de lave menaçant la bourgade de Kalapana ... car cet acte pouvait aller à l'encontre des volontés de Pelé.

 

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En liaison avec la fin de l'article précédent, une brève analyse de l'éruption fissurale de mars 2011, localisée entre les cratères du Pu'u O'o et Napau, dans la zone de Kamoamoa.

 

march2011fissures_map20110307_s.jpg

                                                                      carte HVO/USGS.


Chronologie des évènements :

- le 03.03 - la lave est présente dans les cratères du sommet : elle sort d'un évent du côté ouest du plancher du Pu'u O'o et dans le cratère de l'Haleam'uma'u, le lac de lave est fort agité.

20110303_5124_torr_L.jpg

HMM_20110303_RimCollapse_mov.jpg

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le cratère du Pu'u O'o - à droite, effervescence et petit collapsus dans le cratère de l'Haluma'uma'u - photos HVO.

 

- le 05.03 - le lac de l'Halama est drainé; son niveau passe de 75 m. sous le bord du pit crater à moins 220 m., et on constate un collapsus le 07.03.

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'effondre suite à un retrait du magma.

Trois heures environ après ces évènements, les géologues de l'HVO signalent une éruption au cratère Napau ... qui s'avère être une éruption fissurale.

20110305_5411_torr_A_L-copie-1.jpg

20110308 HalemaumauThermal L-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, collapsus du plancher cratérique du Pu'u O'o - à droite, photo thermique attestant la baisse rapide du lac de l'Halam'uma'u HVO 08.03.2011

 

Rift-zone-est-06.03.11--HVO.jpg

 

20110306_5780_torr_A_L.jpg

               Eruption fissurale entre le Pu'u O'o et le Napau  - photos HVO/USGS.

 

- le 06.03 - les projections de lave atteignent une hauteur de 25 à 40 mètres. Les taux de SO2 émis de l'East rift zone sont de l'ordre de 7.000 tonnes/jour. (le 18.03, elles ne seront plus que de 20-30 tonnes/jour)

 

20110306_mpatrick_0910_L.jpg                       Fontaines et coulées du 06.03.2011 - photo HVO/USGS.

 

- le 09.03 - les émissions fissurales se poursuivent : au départ de deux zones adjacentes de fountaining, l'une située dans un spatter cone, l'autre dans un petit réservoir de lave (perched pond), les fontaines nourrissent une coulée canalisée.

 

20110309_Fountains---HVO.jpg

    Image thermique des zones de fountaining / Kamoamoa - photo HVO/USGS 09.03.2011

 

- le 10.03 - plus aucune éruption de lave; les fissures de la zone est et de la zone ouest de Kamoamoa sont encore fumantes.

 

20110310_6451a_torr_M.jpgSur une même ligne, d'avant en arrière plan, les zones fissurales et le cratère du Pu'u O'o, fumants tous les trois. - photo HVO/USGS.

 

Comme le montre la photo satellite de la Nasa, les dégâts les plus importants concernent la forêt et les espèces rares qu'elle abrite :

Le feu a déjà dévoré 2.000 hectares et menace la forêt pluviale des basses terres.

 

kilauea_ali_2011.03.18.jpg

Photo satellite Nasa Ali prise le 18 mars 2011, montrant l'étendue brûlée par les feux toujours non maitrisés - NASA Earth Observatory image created by Jesse Allen and Robert Simmon, using EO-1 ALI data provided courtesy of the NASA EO-1 team. Caption by Mike Carlowicz. - Instrument: EO-1 - ALI

 

Comme le commentaient les volcanologues Klemetti et Behncke, il existe une similitude entre les évènements de 2011 et ceux de 1997 et 2007, lorsque des petites éruptions fissurales se sont produites, et où, après cessation d'activité, la situation est retournée à la normale ... "comme si rien ne s'était produit" . Le Dr Bencke constate que " c'est étonnant de constater la stabilité  au niveau de la connection entre le conduit central du Kilauea, desservant l'Halema'uma'u, et le Pu'u O'o, sur une période aussi longue ! "

 

erz xsec

                    Schéma de l'HVO du "plumbing system" Kilauea-Pu'u O'o" - 1997

 

sources :

- HVO - Pu'u o'o crater floor collapse following by middle east rift zone eruption - link

- Big Think / Eruptions : lava returns to Pu'u O'o as euptive activity change on Kilauea / discussions - link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un fort séisme de magnitude 6 , dont l'épicentre est situé à 127 km à l'ENE d'Heraklion et 68 km de profondeur, a secoué les îles de Crête et Rhodes, ce 1 avril 2011, à 13h29 UTC.

Il n'aurait fait ni victimes, ni dégats.

La secousse a été ressentie sur la côte nord de l'Egypte et jusqu'au sud du Caire, selon le directeur de l'Institut National egyptien des recgerches Géophysiques.


 

seisme-Crete-01.04.2011.jpg

 

 
 
GFZ Potsdam - Earthquake Bulletin
F-E Region: Crete, Greece       

Mw 6.0
Time: 2011-04-01 13:29:10.5 UTC
Magnitude: 6.0 (Mw)
Epicenter: 26.54°E   35.65°N
Depth: 68 km
Status: M - manually revised

sources :

- GFZ - le Centre de recherche allemand pour les géosciences à Potsdam.

- Associeted Press

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sans entrer dans l'énumération des nombreux évènements qui ont marqué la vie du Kilauea, examinons l'East rift zone.

 

En 1960, une fissure s'ouvre sur le flanc du volcan et déverse des coulées qui atteignent la mer, détruisant au passage le village de Kapoho. De nombreuses fractures sous le volcan drainent le magma et l'éloigne de la zone sommitale, qui subit une subsidence. De 1961 à 1963, la déflation du sommet confirme que la magma se déplace principalement vers l'East rift zone. Deux cônes, l'Alae et le Napau, sont en éruption en 1963.

En 1969, commence une éruption qui va durer 6 ans : les fontaines de lave édifient un nouveau cône, le Mauna Ulu,  "la montagne qui grandit".

 

Mauna_Ulu-face-N---G.Mitchell-2009.jpg                       La face nord du Mauna Ulu en 2009 - photo G.Mitchell.

 

Le 3 janvier 1983, débute une éruption exceptionnelle, qui continue encore actuellement. Des séismes précurseurs permettent de suivre la progression du magma dans la zone de rift et son ascension vers la surface au niveau du cratère Napau. L'éruption débute avec un "rideau de feu" émis le long d'une fracture de 6.000 mètres. Divers épisodes vont amener la construction d'un cône baptisé Pu'u O'o, "la colline de l'oiseau O'o" ... 20 m. en 1983, 255 m. en 1986, avec une base de 1.000 m. de diamètre.

Une seconde explication, contradictoire, concernant son nom : le mot O'o veut aussi dire "bâton fouisseur" , référence au bâton magique pa'oa, utilisé par la déesse Pelé dans la légende pour créer des cratères volcaniques.

 

Puuoo 09.1983 HVO L                                Naissance du Pu'u O'o en 1983 - photo HVO/USGS

 

L'éruption semble répétitive dans ses différentes phases, seulement des changements significatifs surviennent :

- la température des laves passe de 1120°C à 1140°C

- le taux de magnésium passe de 6 à 7,5%.

Le magma émis provenait, en début d'éruption, d'un réservoir superficiel, qui s'est vidé, pour être alimenté ensuite par du magma profond, enrichi en oxydes de magnésium.

En juillet 86, de nouvelle fractures s'ouvrent et l'éruption se concentre sur un nouvel évent au nord-est du Pu'u O'o, le Kupaianaha .

La route, qui longeait la côte et permettait d'accéder au parc National des volcans par l'est, est fermée depuis 1987, les coulées de lave en ayant recouvert 14 km, jusqu'à une profondeur de 35 mètres.

En 1990, les coulées atteignent l'océan, après avoir recouvert une partie du village de Kalapana.

 

19900422-JG14664_large.jpg

             Les maisons brûlent à Kalapana en avril 1990 - archives HVO/USGS.

 

MapSumKalapana---HVO.gifL'avancée des laves submerge inexorablement la zone de Kalapana gardens et aggrandit la surface de l'île - cartes HVO d'après Mattox 1993.


La rencontre de la lave et de l'eau se fait avec des explosions de vapeurs et de cendres ... la lave se fragmente en minuscules morceaux, qui formeront la sable volcanique noir des plages.

L'éruption a par ailleurs fait gagner 201 hectares de terre à Big Island.

 

 

24ds241 L

"Explosion littorale" ... la rencontre entre la lave et l'eau est explosive, des fragments de lave sont éjectés; charriés par les courants, ils se déposeront dans les baies pour former des plages de sable noir - photo J.D.Griggs 02.1988.

 

Evolution 1992-1997 :

Les fontaines de lave et leurs retombées ont construit , durant les premières années de l'éruption, un cône de cendres et de projections haut de 255 mètres. Sa croissance a cessé avec le transfert d'activité vers Kupaianaha. En 1992, un retour d'activité sur les flancs construit un bouclier côté ouest. En 1993, des puits d'effondrement apparaissent sur le flanc ouest. Lorsque le plancher s'effondre en janvier 1997, le flanc affaibli lâche, laissant une trouée, le "west gap" .

 

1992.jpg1997.jpg


 

 

 

 

A gauche, situation en 1992, avec le bouclier an avant-plan - A droite, le "West gap" en 1997 - USGS photos by Tari Mattox and Christina Heliker.

 

Puoo-13.07.07-cratere-HVO.jpg

                       Le Pu'u O'o , vue aérienne le 13.07.2007 - photo HVO/USGS

 

Puuoo-13-copie.jpgVue d'un point de vue similaire le 13.01.2011  ... des changements importants du côté ébréché du cône du Pu'u O'o - photo HVO/USGS.

 

 

En juillet 2007, après une série de micro-séismes, l'activité du Puʻu ʻŌʻō s'est soudain arrêtée et le plancher du cratère s'est effondré, avant de se remplir de lave à nouveau un mois et demi plus tard. La lave a commencé à couler à partir de fissures au Nord-Est et à s'étendre très lentement sous forme "aa" sur les coulées en terrain plat de 1983-1986, avec peu d'incursions dans la forêt environnante.

 

Puoo-21.07.07-chenal-perche-HVO.jpg      Chenal de lave haut perché alimenté par le Pu'u O'o - photo 21.07.2007 HVO/USGS.


Fin juillet 2008, de nouvelles coulées se sont étendues à partir des bouches Est du Puʻu ʻŌʻō. Puis en octobre de multiples nouvelles fissures se sont ouvertes le long du tube, provoquant des coulées à travers les terrains jusque là épargnés de Royal Gardens. Ces coulées ont recouvert une grande partie des Coastal Flats en novembre 2008.

En 2009, les coulées de lave atteignent la mer à nouveau, empruntant deux tunnels jusqu'à un point d'entrée accessible aux randonneurs.

Voici l'état du Pu'u O'o en fin février 2011, par Carole et Frédéric Hardy :

 

196576_196183030422098_100000912069394_521137_3807796_n-cop.jpg

Des coulées récentes plus foncées sont venus se surimposer - © Carole et Frédéric Hardy 2011


198901_196183320422069_100000912069394_521146_2036162_n-cop.jpgLes émanations gazeuses proviennent d'un hornito ... les hornitos sont les seuls endroits où la lave est visible, le reste de la surface du lac est figée -   © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

 

189592_196182970422104_100000912069394_521135_7081883_n-cop.jpgLes parois du cône sont largement fissurées : "du collapsus dans l'air !" -  © Carole et Frédéric Hardy 2011 - ... en fait le collapsus va marquer une autre partie du Pu'u O'o !.

 

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'est effondré le 5 mars 2011, de 115 mètres en quelques heures.

 

PuuOOCollapse20110305_mov.jpgL'évènement du 5 mars - un clic sur la photo vous mène vers la séquence vidéo complète - HVO/USGS.

 

20110305_5411_torr_A_L.jpg

Cratère du Pu'u O'o ; panache de cendres consécutif au collapsus du au retrait magmatique - En avant-plan, la paroi est du cratère - photo HVO/USGS.

 

20110310_kwooten_0739_L.jpgEtat du cratère du Pu'u O'o le 10.03.2011 - le dégazage empêche de voir le niveau du plancher - photo HVO/USGS.

 

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'est effondré le 5 mars durant le départ de l'éruption fissurale Kamoamoa. Vingt et un jour après, la lave est de nouveau visible... cette nouvelle activité s'est accompagnée d'une augmentation de la sismicité :  ceci semble suggérer que la magma est occupé à recharger les étages supérieurs de sa "plomberie", et un retour à l'état précédant l'épisode fissural Kamoamoa. (rapports HVO des 28 et 27.03.2011)

 

Pu-u-O-o-26.03.jpgTimide retour du lac de lave le 26.03.2011, à un niveau beaucoup plus profond qu'en février - photo HVO/USGS.

 

Sources :

- HVO -summary of the Pu'u O'o - Kupaianaha eruption 1983-present - link

- Big Island news - 26.03.2011 - link

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog