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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Hier soir, se tenait la première journée du Festival du film scientifique de Bruxelles.

Pour introduire cette semaine de projection, qui effleurera des sujets aussi divers que la biologie, les mathématiques, les sciences de l'environnement, et les sciences de la terre, un film en avant-première nationale sur le métier de volcanologue : "Robin des volcans" , en présence de l'intéressé et des réalisateurs, Benjamin Morin et Pierre Quiquere.

 

Ce film "démystifie" le métier de volcanologue, comme se plait à le dire un des personnages principaux, Robin Campion, doctorant à l'Université Libre de Bruxelles.

 

beerlambert.jpgRobin, dans ses activités de chargé de cours à l'Université Libre de Bruxelles - photo overdubinteractive.com


Ce film suit ses péripéties sur l'Etna, sur l'île-volcan de Stromboli, et sur les volcans du Costa-Rica, durant sa dernière année de doctorat, au cours de laquelle il met au point un nouvel instrument de mesure à distance des gaz volcaniques. Diverses séquences se mêlent à celles relatant la vie de volcanologues d'autres générations, et on y croise avec plaisir, Haroun Tazieff, Fanfan Le Guern, Patrick Allard et des membres du Centre Haroun Tazieff pour les sciences de la terre, Frédéric Lavachery et Marcel Bof, sans oublier le professeur Alain Bernard et Benjamin Barbier de l'U.L.B.

Une séquence particulièrement savoureuse : la présentation par François Le Guern, un des volcanolgues Français les plus expérimentés, de son fameux prototype de chromatographe de terrain ... monté dans une cocotte-minute, conçu 40 ans plus tôt dans sa cave.

 

Ce projet se démarque des stéréotypes du reportage d'aventure en s'attachant à la vie quotidienne d'un jeune volcanologue, à son quotidien présenté avec un naturel charmant, à ses joies, aux difficultés rencontrées qu'elles soient d'ordre matériel ou météorologique, à ses ambitions et ses projets d'avenir.

 

La soirée très réussie, à laquelle ont assisté plusieurs centaines de personnes, dont les membres de la délégation L.A.V.E-Belgique, s'est terminée par un drink sympathico-bruyant à l'auditorium Paul Janson du campus universitaire Bruxellois et pour notre part, avec un échange de vue avec le professeur Bernard, qui nous a entretenu de ses projets pour l'été.

 

Le Festival du film Scientifique  occupe toute la semaine du 21 au 25 mars, et je vous conseille e.a. la seconde projection du film vedette le 25, à 18h20 à la salle Delvaux.

 

Sources :

- Festival du film scientifique de Bruxelles

- Overdub interactive

- Le site des réalisateurs Benjamin Morin et Pierre Quiquere - lien

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L'indonésie est frappée pour le moment, en divers endroits, par les "risques volcaniques" directs et indirects.

 

Dans la région du Mérapi, les pluies ont remobilisé les masses de cendres émises par la dernière éruption du volcan; ces lahars ont détruit 21 maisons dans le district de Sleman, sans toutefois causer de victimes humaines.

103759_banjir-lahar-dingin-menyebabkan-jalan-yogyakarta-mag.jpgCertains lahars ont atteint Jogyakarta, via la Code river, où seulement 20% des 350.000m³ de matériaux volcaniques ont été enlevés. La configuration de la Code river ne se prête pas à l'utilisation intensive de matériel lourd à cet effet.

Doc. Antara

 

 

En ce milieu mars, le Bromo est toujours bien actif, comme en témoigne ces photos et vidéo d'exploradesa / via "Aris at volcano" : elles ont été prises entre le 17 et 19.03 du Batok, situé à 700 m. du Gunung Bromo.

 

198489_10150210733236102_579271101_8859791_8201443_n.JPG                                    Bromo - 17-19.03.2011 - photo exploradesa

 

                                vidéo du 19.03.2011 - odesya 2004 / "Aris at Volcano"

 

 

Le Karangetang est toujours en alerte maximale. Les explosions et les coulées pyroclastiques qui avaient causé l'évacuation de 1.200 personnes, sont toujours actives comme en témoigne une photo.

 

Karangetang-19.03.2011.jpg                 Coulée pyroclastique du Karangetang le 19.03.2011 - photo Ronny Buol

 

 

Sources :

- The jakarta Post - 22.03.2011

- Vivanews : Yogjakarta baignées par les lahars - 21.03

- Tengger caldera eruption - by Aris at volcano / Facebook

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Les récents évènements qui ont frappé le Japon, ainsi qu'un article du "Chicago now", intitulé "Tsunami art", m'ont interpellé à plus d'un titre.


Le besoin d'exprimer son ressenti, exacerbé chez les artistes, se fait sentir après avoir vécu ou été marqué par des catastrophes naturelles, tels que les tsunamis. C'est ainsi que des artistes ont exprimés leurs réactions vis à vis des forces de la nature et de leur pouvoir destructeur.

 

800px-The Great Wave off Kanagawa          Hokusai - " La grande vague de Kanagawa " / " les trente- six vues du Mont Fuji ".

 

Katsushika Hohusai (1760-1849) , connu plus simplement sous le nom d'Hokusai, ou de son surnom de "vieux fou de la peinture", est un peintre, dessinateur spécialiste de l'ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires japonais.

Une étude de cette estampe, faisant partie de l'ouvre maîtresse d'Hokusai "Les trente-six vues du Mont Fuji", a fait l'objet d'un autre article dans cette rubrique ... ceci démontre, si besoin en est, que volcans et tsunamis marquent l'esprit des japonais, et de leurs artistes.

Petite précision cependant : la grande vague, dont il est question, est souvent référencée comme tsunami (津波) , alors qu'il faudrait la qualifier d'okinami (沖波), une grande vague du large.

 

hokusai-wave-2-thumb-572xauto-333032.jpg

               Un autre Hokusai, sur le thème conjoint de la grande vague et du Mont Fuji.


Great-Kanto-Earthquake---Tsunami-at-Suji-by-Shiun-Kondo-thu.jpg " Tsunami à Suji " - (le tsunami après le grand séisme de Kanto) - par Shiun Kondo - 1926 

 

Le 1 septembre 1923, un violent séisme de magnitude 7,9 touchait la région de Tokyo et Yokohama. D'énormes dégâts furent liés aux incendies provoqués par le renversement des cuisinières au charbon, qui mirent le feu aux maisons en bois, bâties traditionnellement côte à côte ... l'incendie fit rage durant trois jours; Les villes furent détruites à 70-80% et on releva 140.000  tuées, dont 58.000 à Tokyo même.

La fameuse fabrique d'estampes Watanabe fut complètement détruites, avec les précieuses matrices qui y étaient gardées.

 

 

The-Earthquake-at-Lisbon-in-1755-by-Pearson1887-thumb-572xa.jpg                       " The eartquake at Lisbon in 1755 " - Eau forte par  Pearson

 

D'autres lieux de catastrophes furent aussi dépeints, tel le tremblement de terre de Lisbonne (Portugal), en 1755. Après la secousse, un tsunami fut suivi d'incendies ... l'eau puis le feu détruisirent la ville. La force du séisme fut estimée de manière indirecte à une magnitude de 8,5-8,7 sur l'échelle de Richter.

 

       *                    *                       *                      *                    *  

 

Bien que l'application de l'art à des fins thérapeutiques ne soit pas un concept nouveau, la médecine s'intéresse à l'art-thérapie.

 

L'art-thérapie est une forme de psychothérapie utilisant la création artistique, dessin, peinture, collage, sculpture e.a., pour prendre contact avec ses sentiments, ses rêves, son subconscient, pour les exprimer et créer ainsi un exutoire salvateur.

 

 

40605476 tsunami4.300

Cette peinture a été réalisée par un enfant, originaire d'une ville proche de l'épicentre du séisme de Sumatra / Banda Aceh, en décembre 2004 ... oeuvre  destinée à exorciser les craintes ancrées par la catastrophe dans son subconscient.

Doc. BBC News - Children's tsunami art.


Petite histoire de l'art-thérapie :

 

La Grèce antique, tout comme la plupart des cultures traditionnelles, considérait que les arts avaient un effet cathartique et thérapeutique. Au début du 20° siècle, le psychiatre suisse Carl G. Jung (1875-1961) avait déjà lui-même expérimenté les bienfaits de l’expression par le dessin. Il a ensuite intégré cette approche dans sa pratique.

Toutefois, l'art-thérapie n'a fait son entrée officielle dans la société contemporaine que vers les années 1930. Elle s'est d'abord introduite en Angleterre et aux États-Unis grâce à Margaret Naumburg, enseignante et psychothérapeute reconnue comme l'une des pionnières dans le domaine.

Au Canada, parmi les thérapeutes ayant contribué à l'intégration de l'art dans le cadre de traitements psychiatriques, mentionnons Martin A. Fisher qui a fondé, en 1967, le Toronto Art Therapy Institute et, en 1977, la Canadian Art Therapy Association. Au Québec, le premier cours d'initiation à l'art-thérapie remonte à 1979 et, dès 1982, un programme universitaire de maîtrise est mis sur pied. En France, en dépit des programmes de formation offerts depuis les années 1970, l'art-thérapie n'est pas encore très répandue. L'Angleterre est le premier pays européen où la profession a été reconnue par les Services de santé publique, en 1997. En Allemagne, les assurances couvrent, dans certains cas, les frais de prise en charge, tandis que dans la plupart des autres pays européens, le travail de reconnaissance professionnelle reste à faire.

 

Sources :

- Art Talk Chicago - Tsunami art

- Art-thérapie / PasseportSanté.net : nombreuses références. - link

- CATA - Canadian Art Therapy Association - link

- BBC News - Children's tsunami art - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

On ne peut quitter la Colombie sans parler de " La esmeralda " ... une merveille verte et rare.

 

Emeraude_sur_gangue---Parent-Gery.jpg                                     Emeraude, cristal sur gangue - photo Géry Parent.

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               Cristal d'émeraude (2 cm.) - Mine de Muzo - photo Didier Descouens 2009.

 

Evoquée dans la bible, elle ornait aussi les bijoux retrouvés dans les pyramides d’Egypte, ainsi qu’à Pompeï et à Heraculanum. On rapporte que Néron utilisait une lame d'émeraude à la fois pour corriger sa presbytie et protéger ses yeux du soleil, lorsqu'il regardait les combats de gladiateurs.
Pierre favorite des souverains depuis les temps les plus reculés, elle paraît de nombreuses couronnes royales et objets de cultes.

 

Saint-Louis_sertie---jean-Lossel-museum-nat.-hist.naturelle.gif

"La pierre de saint-Louis" , sertie - au Museum national d'histoire naturelle / photo Jean Lossel.

 

L’émeraude doit son nom au grec smaragdos signifiant pierre verte.
Longtemps toutes les pierres vertes (tourmalines, turquoises, malachites,...) furent désignées sous le même nom, ce n’est qu’au XVIe siècle que l’on sépara les différentes pierres et que le terme émeraude s’imposa pour désigner la famille des béryls.

 

La formation des émeraudes nécessite des conditions géologiques exceptionnelles : leurs composants sont liés au volcanisme.

Le béryllium, composant principal, se trouve dans le magma de la croûte terrestre; chrome, vanadium et fer, responsables de la transformation du béryl en émeraude, sont situés dans le manteau terrestre.

 

En Colombie, il y a 65 millions d'années, des mouvements tectoniques ont amené des minéraux à 300°C au contact d'une couche sédimentaire datant du début du crétacé (135 Ma) contenant des fossiles. Les coquilles constituées de calcaire se sont dissoutes , et ont offert des cavités dans lequel des cristaux ont pu se former.

 

Emeraude_18_-Colombie----gery-Parent.jpg                                                 Emeraude brute - phot Géry Parent.

 

Les caractéristiques de l'émeraude :

Groupe : Béryl

Composition chimique : Silicate d'aluminium et de beryllium, auquel s'ajoute du chrome, du vanadium et du fer. - Be3(Al,M)2(SiO3)6   dans lequel (M = Cr, Fe, V)
Couleur : Vert
Dureté : 7,5 à 8 sur l'échelle de Mohs.
Densité : 2,67 à 2,78 
Dispersion : 0,014
Pléochroïsme : net, du vert ou vert – bleu au vert - jaune
Indice de réfraction : 1,56 – 1,59
Biréfringence : 0,004 – 0,01
Système cristallin : Hexagonal  

Transparence : Transparent à opaque
Principaux gisements : Colombie, Brésil

 

pays_producteur_emeraude-copie.jpg

 

La Colombie est un des principal producteur d'émeraude, avec 60% de la production et 6 millions de carats (chiffres de 1995); les mines sont situées à Chivor, Muzo, Penas Blancas et Coscuez.

Le second producteur est le Brésil avec les mines du Minas gerais, avec 12%.

Suivent Madagascar, puis la Russie, avec 3 et 4%.


 

emeraudes---la-taillerie.jpg                                        Emeraudes taillées - photo La Taillerie.


En joaillerie, l'émeraude est une des pierres les plus chères.

On les taille en "émeraude", (rectangles à pans coupés), ou en "ovale", en "poire", en "cabochon".

La présence très fréquente d'inclusions et de fentes, appelées poétiquement "givres " ou "jardin ", n'est pas un handicap ... elle confère au contraire son identité à une émeraude naturelle.

Certaines originalités cristallographiques sont recherchées : on parle de gemme trapiche, mot espagnol désignant une roue dentée utilisée dans le broyage du minerai. Une émeraude trapiche se présente comme constituée d'un noyau central entouré de six rayons (nous sommes dans le système cristallin hexagonal) développés dans parallèlement aux faces du prisme; les interstices sont remplis d'un mélange de couleur crème, accentuant le contraste. Ce n'est pas un macle, mais bien un monocristal.


3875_emeraudetrapiche01.jpg On distingue au centre un cristal parfaitement héxagonal, et autour 6 cristaux, qui sont venus se lier au centre, grâce à un ciment semi-cristallin, composé de métaux de couleur sombre, généralement des fluo-carbonates.

photo Frediani.fr

Pour d'autres photos, voyez le site de R.Warin.

 

L'identification des pierres, pour établir le lien avec le gisement ou identifier l'origine des pierres anciennes, se fait par spectrométrie de masse, et mesure des isotopes d'oxygène : le rapport 18O / 16O varie de 7 à 25 selon les gisements.

 

Un moment de rêve, mesdames ...

 

bague-emeraude---art-curial.jpg             Bague en or blanc / émeraude 22 carats (estimation 30-40.000 €) - ArtCurial

 

Chevaliere-or-decor-filete-emeraude-cabochon----artcuri.jpgChevallière or jaune à décor filleté / émeraude en cabochon 10,2 carats (estimation 4.500 €) ArtCurial / Alain Truong Canalblog.

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                                    Le Nevado del Ruiz - photo INGEOMINAS.

 

Le Nevado del Ruiz est un stratovolcan andésito-dacitique, couvert de glaciers, et couvrant 200 km². Le cône moderne est un groupe de dômes de lave qui se sont construit dans la caldeira sommitale de l’ancien volcan Ruiz : Nevado el Cisne, Alto de La Laguna, la Olleta, Alto la Pirana et Alto de Santano. Le cratère sommital, Arenas, a un diamètre de 1.000 mètres et une profondeur de 240 mètres.

 

Nevado-del-Ruiz-cratere.jpg               Le cratère du Nevado del Ruiz - photo Jair Ramirez / INGEOMINAS.


Les pentes du volcan varient entre 10°, à basse altitude et 20-30°,  près du sommet.

Les flancs du volcan sont marqués par les avalanches qui y découpent de profondes ravines ; elles sont empruntés par les lahars générés lors de la fonte des glaces sommitales consécutive aux éruptions historiques, répertoriées à partir du 16° siècle. La plus meurtrière d’entre elles eu lieu en 1985, et a ravagé la ville d’Armero.

Sur le versant sud-ouest, un cône pyroclastique, La Olleta, situé à une altitude de 4.900 m. , n’est plus considéré comme actif.

 

N.del-Ruiz-02.2011--2.jpg               Le sommet glacé du Nevado del Ruiz en février 2011 - photo INGEOMINAS

 

Son activité éruptive a débuté il y a 1,8 Ma, au début du Pléistocène. On distingue trois périodes :

- la période ancestrale – entre 1 et 2 Ma , un complexe de grands stratovolcans s’est formé ; entre 1Ma et 800.000 ans, ils se sont partiellement effondrés, formant de vastes caldeiras (5 à 10 km. de large)

- la période ancienne – entre 800.000 et 200.000 ans, un nouveau complexe de grands stratovolcans s’est construit, incluant le vieux Ruiz. Puis une nouvelle caldeira s’est formée, suite à une explosion il y a 200.000 à 150.000 ans. 

- la période récente – depuis 150.000 ans : un ensemble de dômes de lave, d’andésite ou de dacite, s’est formé dans l’ancienne caldeira. Au cours des derniers 11.000 ans, le Nevado del Ruiz a connu 12 stades d’éruptions, incluant des avalanches de débris, des coulées pyroclastiques et des lahars, avec destruction partielle des dômes de lave.

La plupart des éruptions sont reliées au cratère central, à des éruptions phréatiques et des éruptions de flanc.

 

La plus ancienne éruption connue date de 1595 ; une autre d’importance se produisit en 1845. Il s’agissait à chaque fois d’éruptions explosives, d’un volume modeste mais suffisant pour produire des lahars causés par la fonte des glaciers sommitaux. En 1845, la coulée de boue causa la mort d’un millier de personnes dans la vallée du Rio Magdalena.

 

L’éruption de 1985 : Armero fut détruite par un lahar le 13 novembre 1985. Plus de 23.000 personnes y laissèrent la vie.


Volcanic Explosivity Index (VEI):  3

Tephra Volume:  48  x  10 6 m 3

Area of Activity: Arenas Crater

Eruptive Characteristics:
Central vent eruption , Explosive eruption , Pyroclastic flow(s) , Phreatic explosion(s) , Mudflow(s) (lahars).
Evacuation , Fatalities , Damage (land, property, etc.)     -  (in GVP.)

 

Avant cette éruption fatale, le volcan était sous surveillance, au départ d’une station sismique localisée à 9 km. du sommet, et les informations transmises à un centre de coordination chargé d’alerter les populations.

En novembre 1984, l’activité sismique et fumerollienne enregistra une nette augmentation. Une mission volcanologique Italienne analysa les gaz de fumerolles au niveau du plancher du cratère Arenas, concluant que le mélange de CO2 et SO2 provenait du magma et jugeant les risques de lahars comme « très élevés » (rapport rendu le 22.10.1985).

Le 13 novembre 1985, une tempête cachait malheureusement le sommet . Après un an de phénomènes annonciateurs, l’éruption débuta en fin d’après-midi. La phase paroxysmique se produisit à 21h09, avec la formation d’une colonne plinienne montant à 30.000 mètres, engendrant une pluie de cendres et lapilli au nord-est du volcan. La phase plinienne fut précédée et suivie de déferlantes et coulées pyroclastiques qui firent fondre la neige et le glacier ; la libération d’une masse colossale d’eau (estimée entre 10 et 60 Mm³), se mêlant aux produits éruptifs, engendra des lahars. Dans les vallées, les lahars avaient au moins 40 mètres d’épaisseur et leur vitesse de déplacement était de 50-60 km/heure. La coulée principale dévala le Rio Langunillas pour atteindre et engloutir la ville d’Armero, située à 74 km. du volcan, où périrent 20.000 personnes (sur les 29.000 habitants). D’autres coulées, empruntant les drainages des Rios Chinchina et Guani, firent des dégâts à Mariquita et Honda.

 

map_ruiz_hazard_zones.gif

 

Vidéo de la Pan American Health Organisation - link:

 

 

 

Armero_aftermath-Rio-Laguillas---J.Marso-USGS.jpgLe Rio Lagunillas ... Armero se trouvait au milieu de la zone boueuse - photo Jeffrey Marso / USGS.

Ruiz85_aerial_lahar_armero_12-09-85_med.jpg                         Armero, noyée sous la boue - photo USGS le 02.12.1985

Une figure amblématique de la tragédie d'Armero, Omayra Sanchez :  cette fillette, charriée par le lahar, s'est retrouvée coincée; après avoir lutté durant 60 heures, elle a succombé à l'hypothermie et à la gangrène. Cette mort tragique, parmi toutes les autres, a mis en lumière les failles du système officiel face à la menace du volcan, mais aussi la bataille courageuse menée par les secouristes pour sauver les victimes. La photo du journaliste Frank Fournier, prise juste avant son décès, a suscité la controverse, faisant culpabiliser le gouvernement Colombien devant son inaction à prévenir la tragédie en dépit des avertissements disponibles.

Omayra-Sanchez-13-year-old-victim-of-the-eruption-of-the-Ne.jpgNovember: Omayra Sanchez, 13 year-old, victim of the eruption of the Nevado del Ruiz volcano, Armero, Colombia - Born :28.08.1972 and died : 16.11.1985 - Photograph taken by Frank Fournier.
  (1972-08-28)
   

VRTA la suite de cette tragédie, l’USGS organisa, un an après celle-ci, un programme et un team de surveillance, le « Volcano disaster assistance program » et le "Volcano rescue team", ainsi qu'un observatoire portable pouvant être rapidement déplacé vers un volcan en réveil à n’importe quel endroit dans le monde. Le Rescue team permit l’évacuation de 75.000 personnes autour du Pinatubo, avant son éruption de 1991.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nevado del Ruiz

- USGS - Nevado del Ruiz

- USGS - Deadly lahars from Nevado del ruiz

- Omayra Sanchez - wikipedia - link

- The volcano Rescue team

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Le PVMBG a relévé le niveau d'alerte du Gunung Karangetang ce 19 mars, estimé être au départ d'une phase paroxysmale.

 

110319akarangetang---Berita-TV-18.03.11.jpgLe paroxysme a commencé à se manifester hier, dans la nuit du 17 au 18 mars, par la mise en place de coulées de lave, dont certaines ont parcouru plus de 1800 m de distance, et de plusieurs écoulements pyroclastiques. Vendredi, le volcan a émis des coulées pyroclastiques à sept reprises.

Photo Berita TV 18.03.2011

 

Certains d'entre eux ont parcouru plus de 3800m (dans la ravine Time Pangi), ce qui est déjà considérable au vu de la taille de cette île-volcan. Pas de victimes à déplorer, les autorités ayant déclenché des évacuations qui ont permis de déplacer environ 600 personnes, en particulier de villages exposés comme Kinali, Winangun ou Mini.

 

Quarante personnes auraient été pris au piège entre deux coulées pyroclastiques qui se sont engouffrées dans les ravines Sangi Nanitu et Pangi. Elles auraient été évacuées et seraient indemnes. Par contre, des infrastructures et une église ont été endommagés par les coulées.

 

Karangetang.jpgCraters I (KI) and II (KII) are currently active. The topographic base map is from 1962; roughly N-S profiles are from 1992 (top) and July 2001 (bottom), showing the changes caused by dome growth. Courtesy of CVGHM.

 

en bas, les profils montre une croissance du dôme en 2001, supérieure à la hauteur du sommet en 1992.

 

 

Sources :

- PVMBG - http://www.vsi.esdm.go.id/

- Jakarta Globe / Reuters

- Activolcans 19.03.11

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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   Massif du Tolima - Situation des trois derniers volcans à examiner - doc. INGEOMINAS

 

Cerro-Machin-panor-jpg                         Le Cerro Machin - photo INGEOMINAS / Manizales.


Le Cerro Machin est un petit stratovolcan situé à l’extrémité sud du massif du Tolima, à une vingtaine de kilometres de la cite d’ Ibagué (500.000 habitants).

Petit volcan, mais histoire marquée par des éruptions très violentes.

Le sommet, entièrement couvert de forêt, est tronqué par une caldeira large de trois kilomètres, considérée comme un complexe annulaire pyroclastique - ash tuff ring -, qu’occupent trois dômes de dacite.

 

CerroMachin.jpg

 

MACHIN-202_resize-vm.jpg                     Un des trois dômes du Cerro Machin - Ingeominas 12.12.2008.


Plusieurs dépôts d’écoulements pyroclastiques ont été liés à des éruptions datées de l’holocène, probablement associées à la formation de la caldeira.

La caldeira est ouverte vers le sud , passage emprunté par le produit d’éruptions (blocs de dacite et poussières) datés de la fin de l’holocène.

 

Une légende indienne (précolombienne), rapportant « des colonnes de fumées noires et des langues de feu »,  pourrait être la seule observation connu d'une éruption, la dernière étant datée à 1180+-150 ans par radiocarbone.

Actuellement l'activité volcanique se résume a une sismicité au-dessus de la normale, une activité fumerolienne discrète et une activité hydrothermale.

 

Le Nevado del Tolima est un jeune stratovolcan andésito-dacitique qui s’est formé au cours des derniers 40.000 ans ; il se dresse sur une caldeira datée de la fin du Pléistocène large de 3 km.

Son sommet est constitué de dômes de lave associé à des coulées de lave en bloc et de dépôts de coulées pyroclastiques. Il contient un cratère en entonnoir de 200 à 300 m de profondeur.

L’activité durant l’holocène est marquée par des éruptions explosive modérées à plinienne ; la dernière éruption majeure est datée de 1990 avant JC, et qualifiée d’un VEI 5.

Au 19° et 20° siècle, des éruptions mineures de type explosif, et de VEI 2 eurent lieu en 1822, 1825, 1826 et 1943.

 

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                   Le Nevado del Tolima dans son environnement - photo Tom Pierson / USGS

Nevado-del-tolima.jpg       Le sommet et le cratère du Nevado del Tolima - photo Jair Ramirez / INGEOMINAS.

 

Sources :

- INGEOMINAS Manizales - generalidades del Cerro Machin.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                               Nevado del Huila - photo INGEOMINAS 18.08.2008

Situé dans le parc national qui porte son nom, le massif du Nevado de Huila se présente comme un alignement nord-sud de quatre pics nommés (du nord au sud) Pico Norte, Pico La Cresta, Pico Central (qui constitue le plus haut sommet de Colombie) et le Pico Sur. Il culmine à 5365 m d'altitude, raison pour laquelle il est recouvert de glaciers permanents, toutefois en régression depuis 1961, où ils perdent 5,5 km² (0,3km³).

 

3301hui1.jpgLes sommets du Nevado del Huila : N-Pico Norte, LC- Pico La Cresta, C- Pico Central, S- Pico Sur. - photo Ingeominas/ GVP.

 

Mapa_geologico-Nevado-del-huila---ingeominas-copie.jpgCarte géologique du complexe volcanique Nevado del Huila - INGEOMINAS

en rose clair - Qlp : les laves andésito-dacitique récentes

en rose foncé - TQlp : les laves pré-Huila.

en jaune hachuré: avalanches de débris.

 

Sa base, elliptique, mesure 16km selon l’axe nord-sud  sur 11 km sur l’axe est-ouest et couvre 170 km² de surface. Cet imposant stratovolcan s'est édifié dans une caldeira de 10 km de diamètre et d'âge indéterminé.

Il est en fait constitué par le chevauchement de deux volcans nommés Pré-Huila et Huila.

La formation de ce dernier est, elle aussi, séparée en deux périodes distinctes : Huila ancien et Huila actuel.

Bien que formation du Huila actuel fut essentiellement effusive, elle est devenue, dans les périodes plus récentes, beaucoup plus explosive, produisant notamment des coulées pyroclastiques liées à des effondrements de dômes. Les traces les plus récentes d'activité se présente sur le Pico Sur sous la forme de dômes.

 

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       L'imposant dôme du Pico Sur / Nevado del Huila - photo INGEOMINAS 12.02.2010


La seule activité connue sur ce volcan est une activité solfatarienne permanente dont « le son ressemble, dans le silence des nuits d'altitude, à la respiration tranquille d'un géant qui dort » ( Garcés et De la Zerda, auteurs d'un guide sur les parcs nationaux de Colombie, 1994).

 

La seule éruption qui aurait été observée se serait produite en 1555 ; elle serait de nature explosive mais aucun document ne vient l'officialiser.

 

Carte du séisme et glissements de terrain/lahars de 1994 - USGS

Huila_map.jpg

 

 

En 1994, un séisme de magnitude 6,4 sous le volcan déstabilisa celui-ci et provoqua glissements de terrain et lahars destructeurs ( nombre indéterminé de victimes, entre 250 et 1200, déplacement de 20.000 personnes, 100 km de routes et 6 ponts détruits).

 

 

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Site de Toez - lahar du 4 juillet 1994 -photo de T.C.Casadevall / USGS

A noter la terrasse verte au dessus du lahar : elle correspond aux dépôts d'un lahar préhistorique.

 

En 2007, après 450 ans de repos, le volcan se réactive dès février. De nombreux séismes de type "tornillo" sont signalés entre le 1° et le 19 février. Le 19 février, à 8h 56, l’éruption débute par l’émission d’un panache à 1.500 m. d’altitude, accompagnée de chutes de cendres et de petits lahars.

 Le 18 avril à 2h57, une éruption accompagnée de lahars et d’avalanches affecte les villages de La Plata, Tesalia, Nataga et Belalcazar ; l’éruption provoque l’émission de panaches atteignant respectivement 9.000 et 11.000 mètres.

 

3301hui5.jpg A) A view with the Paéz river basin in the foreground and with Nevado del Huila steaming in the background. B) A close up of the SE flank looking NW, showing dark snow on the W side of the volcano and a thinner coating on the E side. C) Contrasting ash-free and thickly ash-covered ice at the N-central side of the summit (Pico Central to the right), with the elongate fissure emitting steam near the ridgeline. D) Pico Central seen at comparatively close range from the E side of the mountain, where a thin coating of ash is apparent over many of the upper slopes. E) A view looking S across Pico la Cresta slightly off the trend of the ridge axis, highlighting steam emissions from the fissure, areas of ash-covered snow, and abundant fresh crevasses in the upslope ice. F) A photo looking NW at the gray ash deposits on glacial ice of Pico Central and again illustrating venting steam. Courtesy of the Colombian Air Force and INGEOMINAS.

 

En 2008, deux épisodes éruptifs marquent le Nevado del Huila :

Entre le 19 février et le 28 mai, une éruption produit un panache montant à 6.000 m., avant de se dissiper rapidement. La chaleur dégagée par la lave émise fait fondre partiellement la calotte glaciaire, avec formation de lahars entraînant l’évacuation des populations.

Après des mois de regain d’activité fumerollienne sommitale, une nouvelle éruption a lieu le 21 novembre : 12.000 personnes évacuent les zones menacées. Le 23 novembre, des avalanches de débris dévalent les pentes causant la mort de 10 personnes et des dégâts dans les villes de Paicol, La Plata, Belalcazar et la vallée de la rivière Paez.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Nevado del Huila

- Activolcans - Nevado del Huila

- Ingeominas - obs. Popayan - Nevado del Huila

- USGS - Landslides and lahar at Nevado del Huila 1994 - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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Pour la première édition du festival, les organisateurs sont fiers de vous proposer en avant-première nationale le film "Robin des volcans", dont l'acteur principal est un doctorant de l'ULB: Robin Campion, et notre délégué L.A.V.E.-Belgique.

 

Lundi 21 mars à 19h00 :

                             Auditorium P.E.Janson

                             48-50 bd Franklin Roosevelt 

                             Campus du Solbosch

                             Université Libre de Bruxelles

                             1000 - BruxellesULB auditorium Janson

 

Vendredi 25 mars à 18h20 :

                              Université Libre de Bruxelles - salle Delvaux

                              20, avenue P. Héger - bâtiment F1

                              1000 - Bruxelles


 

Présentation du film :

Qu’est-ce qu’un volcanologue ? L’image qu’on s’en fait souvent est celle d’un baroudeur des volcans, héritée des publications et des films de noms illustres comme ceux de Maurice et Katia Krafft ou d’Haroun Tazieff. Pourtant, depuis la disparition de ces figures tutélaires il y a deux décennies, le métier a profondément évolué. Il a également disparu des flux médiatiques. Désormais, le scientifique n’a guère droit à la parole plus de quelques secondes et l’objet de ses recherches passe souvent au second plan face au spectaculaire d’une éruption volcanique. Au travers d’entretiens avec trois générations de professionnels, dans leurs laboratoires et à flanc de volcans, nous dépoussiérons l'histoire singulière d'un métier pas comme les autres.

   
 
   

Sources :

- LAVE - Belgique

- Festival du film scientifique de Bruxelles - lien

- Ben Tikitop / Facebook

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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                      Le Gunung Bromo - éruption du 11 mars 2011 - photo Trisnadi / AP.

 

Le 11 mars, le Gunung Bromo, situé dans la caldeira du Tengger, émettait des bombes, qui après avoir parcouru de belles trajectoires balistiques, retombaient sur les bas flancs du volcan.

 

Le mont Bromo est entré 180 fois en éruption ce mercredi 16 mars, couvrant le village de Cemoro de poussières. 

Le niveau de la lave avoisine celui de la surface de la caldeira; les explosions pourraient être violentes, avec des éjectas de matériaux incandescents jusqu'à 300 mètres.

L'éruption du Bromo, qui a débuté fin de l'année dernière, pourrait se poursuivre encore durant des mois.

Le niveau d'alerte et la zone d'exclusion de 2 km. autour du volcan sont maintenues. (PVMBG)

 

Sources :

PVMBG via le Jakarta Post  17.03.2011 - 04h25

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