Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Petit break avec deux vidéos de la série didactique de FR 3, "C'est pas sorcier".

Filmés après l'éruption de 2001, elle documente le travail de monitoring des scientifiques italiens et français.

Avec des commentaires de Jacques Durieux, disparu prématurément.

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : vidéo Youtube - via Boris Behncke que je remercie pour l'info.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

Ontong_java-atoll---Salomon-island---Nasa.PNG

                                  L'atoll Ontong Java , vu par un satellite de la Nasa.


Le plateau océanique Ontong Java est situé au nord des îles Salomon dans le Pacifique.

Il couvre une superficie d'environ 2 millions de km², soit la taille approximative de l'Alaska, et atteint une épaisseur dépassant les 30 km.

 

06TaylorOJMHP-2.jpgCarte bathymétrique de l'immense plateau sous-marin igné Ontong Java - Mainiki - Hikurangi, maintenant splitté - doc. in The single largest oceanic plateau / Brian Taylor.

Abyssal hill seafloor fabric interpreted from swath bathymetry data (white lines), fracture zones (coarse dashed green lines), triple junction traces (fine dashed green lines), zigzag rift boundary (fine dashed red line), trenches (black lines with barbs on the upper plate),
and sutures (dashed black lines) are shown. Small black numbers label seafloor drill sites (DSDP, circles; ODP, squares). Select magnetic lineations are color-coded and labeled 34 and M0 through M29 [2,4,16]. Australia (Aust.), Chatham Rise (CR), Clipperton Fracture Zone (CFZ), Ellice Basin (EB), East Mariana Basin (EMB), Gilbert seamounts (GS), Nauru Basin (NB), New Zealand (NZ), Osbourn Trough (OT), Solomon Islands (SI), Stewart Basin (SB), Tokelau seamounts (TS),Wishbone Scarp (WS). Black triangle in EB shows dredge of z83 Ma MORB.


Avant qu'ils ne soient séparés par des milliers de km., Ontong Java faisait partie du plus grand ensemble basaltique sous-marin, comprenant le plateau Manikihi et le plateau Hikurangi. Cent million de km³ de magma, couvrant une surface équivalent à 1% de la surface terrestre, furent extrudés au cours d'éruptions gigantesques, il y a 119-125 Ma ; après cette phase paroxysmale, du volcanisme secondaire fut daté de 90 Ma.

Plusieurs mécanismes furent évoqués comme responsables de cette formation :

- un panache mantellique

- un rifting et la séparation des plaques tectoniques

- même un impact par un astéroïde ou une comète.

 

Ce plateau est sous-marin, bien que la collision entre les îles Salomon et le plateau Ontong Java a fait se soulever des parties du sud du plateau et émerger les îles Makira, Malaita et la partie nord de Santa Isabel, aussi Ramos et Ulawa. De grands volcans sous-marins s'élèvent sur le plateau. En dehors de cette zone de collision, le plateau est enseveli sous une épaisse couche de sédiments marins.

 

ontong_java.jpg

  Carte de l'atoll d'Ontong Java, datée de 1934, scannée par " the University of Texas Libraries".

 

L'atoll a une superficie de 1.400 km², pour seulement 12 km² de terres émergées réparties en 122 îles coralliennes, dont la plus haute culmine à 13 mètres. il est habité par 2.000 âmes, de culture polynésienne, malgré la proximité de l'archipel Mélanésien des Salomons.

 

 

Le plateau des Kerguelen, constituant une LIP's, est situé entre la pointe sud de l'Afrique et l'Australie. Il est né, il y a 120 Ma, peu après la séparation entre l'Inde et l'Antarctique ... il possède des roches sédimentaires comme on en trouve en Australie et en Inde, indiquant qu'elles étaient connectées par le passé.

La présence de couches de sol dans la masse basaltique, incluant du charbon de bois et du gneiss, indique qu'une grande partie du plateau des Kerguelen était hors de l'eau, tel un micro-continent durant trois périodes entre 100 Ma et 20 Ma.

Ce micro-continent a pu avoir une faune et une flore de type tropical, il y a 50 Ma ... avant de sombrer, il y a 20 Ma, pour se retrouver à 1.000-2.000 m. sous le niveau marin.

Ces renseignements sont récents et fournis par le navire de recherche allemand Polarstern.

 

kerguelen.jpg                                      Le plateau des Kerguelen - doc. Olelog / My Opera.

 

 

 

Ines Van Bocxlaer, Kim Roelants, S.D. Biju, J. Nagaraju, Franky Bossuyt. - Via Olelog / my Opera.

- Ole Nielsen -  Olelog /my Opera - Kerguelen, a micro-continent

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

De belles images avec un son excellent du Sromboli , et les commentaires de Robin Campion, volcanologue  et président de notre délégation Lave-Belgique :


"En Janvier 2011, un cone de scorie (ou hornito) d'environ 30m de haut s'est construit dans la partie Sud de la terrasse cratérique du Stromboli. Périodiquement le niveau de la colonne magmatique remontait jusqu'à affleurer en surface et à déborder en une courte coulée de lave. La vue sur le magma bouillonnant et débordant est un spectacle rare à Stomboli, car la surface du magma reste d'habitude hors de vue, à plusieurs dizaine de mètres sous le bord des bouches éruptives."

 

 

                  

 

 

Toujours bien actif, le Stromboli a présenté le 17 février une série d'explosions fortes provenant de l'évent le plus nordique de la zone cratérique, avec émission de matériaux scoriacés sur le flanc nord externe.

 

Stromboli_20110217_20452600_SQT_300.jpg

Image thermique de la première série d'explosions qui a débuté le 17.02.2011 à 20h45.

The first in a series of strong explosions at Stromboli, initiated at 20:45 GMT on 17 February 2011, and recorded by the thermal camera at 400 m elevation (SQT) of the INGV-CT

 

Sources :

- INGV Catania

- YouTube vidéo Robin des Volcans - lien

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

La dislocation de la lithosphère entre l’Eurasie et le Groenland, datant du début de l’ère tertiaire, fut accompagnée par la mise en place des basaltes de la province volcanique Nord-Atlantique – NAVP – et d’immenses complexes extrusifs le long de la transition continent-océan.

Le NAVP occupe une vaste étendue, estimée au minimum à 1,3 millions de km² , recouverte de basaltes d’un volume équivalent à 1,8 millions de km³, ce qui donne un ratio d’installation  compris entre 0,6 km³ à 2,4 km³, en considérant que les 2/3 du basalte a été émis en ~500.000 ans . La croûte terrestre en expansion s’est mise en place pendant ou juste après la dislocation.

 

F1.large.jpg

 

Carte actuelle des zones de basalte émergées et "visibles" et positions du point chaud, il y a 60 Ma (Groenland) et actuellement (Islande). - Carte Saunders.

 

NAVP-laves.jpg

Position de la province ignée nord-Atlantique - NAVP - il y a 52 millions d'années - les zones immergées en rose, les zones émergées en noir - carte Large Igneous Provinces.

 

 

Les zones où le basalte est exposé à notre vue sont relativement restreintes par rapport à l'étendue totale de la province ignée; sur les cartes ci-dessus, on les remarque en noir : de part et d'autre du Groenland (le centre de cette grande île étant pour le moment encore sous les glaces), aux îles Feroë, dans les îles Britanniques à l'ouest de l'Ecosse, les îles Hébrides et en Irlande dans la province d'Antrim, siège de la célèbre Chaussée des géants. L'écartement de ces zones montre l'étendue de la province ignée.

 

groenland-dyke.jpgGroenland côte ouest - dyke du NAVP coupant des strates de grès et charbon - photo Large igneous provinces.


Britain--Basalt-Columns-of-Giant-s-Causeway-at-Sunset--Coun.jpgThe Giant Causseway - la chaussée des Géants , dans le Antrim county - photo Eyes go travel.


Cuillin_Hills---Ile-de-Skye---Peter-floor.JPG

Hébrides / Ile de Skye - The Black Cuillin - les Cuillin noires tirent leur nom du basalte et du gabbro qui les composent - Photo Peter Floor.

 

 La tête d’un large panache mantellique, d’un diamètre de 2.000 km., était centré durant la phase d’ouverture du nord-est atlantique il y a 60-55 Ma., sous le Groenland … avant la période de rifting continental et la dislocation (Saunders 1997) .

 

F9.jpgPosition actuelle de la tête du panache mantellique sous l'Islande et en noir, les restes basaltiques de la NAVP par rapport avec la dorsale nord-Atlantique ( Nord Atlantic rift zone)


La reconstitution de sa trace en direction du Canada, compte-tenu de la position des dépôts basaltiques massifs, suggère une activité datant d’environ 130 Ma et sa responsabilité dans le volcanisme du milieu du Crétacé le long de la dorsale Mendeleev, de la dorsale Alpha et l’ île Ellesmere, au NO du Groenland. (Thorkelsen 2000).

 

 

Evidence-tomgraphique-du-panache-islandais.jpgEvidence tomographique du panache mantellique sous l'Islande - Source : H.Bijwaard et W.Spackman EPSL - Large igneous provinces.

 

 

Dans le cas de l'Islande, l'effet d'un point chaud se combine à celui de la dorsale médio-Atlantique, donnant ainsi naissance à un immense empilement de lave permettant l'émersion de la dorsale à son niveau. islande-fig04.jpgLe panache islandais est situé actuellement sous le Vanatjökull, à 200 km. au sud-est de la limite de plaque définie par les dorsales de Reykjanes et Kolbeinsey. Durant les derniers 20 Ma, les zones de rift islandaises ont migré vers l’est générant un pattern compliqué et changeant de zone de rift et failles transformantes.

 

Représentation tomographique du panache mantellique situé sous l'Islande - in Volcanism de H-U.Schmincke.

 

585px-JanMayenlocation---Mikenorton.PNGSituation des dorsales et place des deux points chauds nord-atlantique : un sous l'Islande, l'autre sous le micro-continent immergé Jan Mayen (à l'exclusion de l'île Jan Mayen situé au nord) - carte Mikenorton / wikipedia.

 

Sources :

- Geology and geodynamics of Iceland - by R.G. Trønnes, Nordic volcanological Institute, University of Iceland

- The north Atlantic volcanic province ... - H.Svensen and S.Planke - University of Oslo / Large Igneous Provinces.

- Iceland & the North Atlantic Igneous Province - by G. R. Foulger
Dept. Geological Sciences, University of Durham, U.K.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Après une séquence explosive en fin de soirée le 16 février, probablement au niveau du cratère nord-est couvert par les nuages, un second épisode paraoxysmal s'est produit le 18 février.

La durée totale de l'évènement est de 11 heures, au cours desquelles  il y a eu une forte activité strombolienne accompagnée de fontaines de lave.

 

Survenant 36 jours après le premier épisode 2011, il serait de même nature que celui-ci, tout enétant moins "énergétique".

Il concerne le même pit crater situé sur le bas flanc est du cratère sud-est, le seul a manifester une activité éruptive depuis l'été 2007.20110218_12h43_EMOT_300.jpg

Photo prise à la caméra thermique le 18.02 à 12h43, dans les derniers moments du "fontaining".

Last moments of lava fountaining from the pit crater on the east flank of the Southeast Crater, recorded by the thermal monitoring camera of the Montagnola (EMOT) of the INGV-CT, at 12.43 GMT on 18 February 2011

 

Source : INGV Catania.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 


Karoo.jpg

                                                 Paysage du Karoo - Afrique du sud.

 

La province géologique Karoo-Ferrar, en Afrique du sud, est une grande province ignée basaltique couvrant non seulement une partie de l'Afrique , mais aussi une part de l'Antarctique, et d'autres portions en Amérique du sud, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande.

 

karoo-1.jpg

Ce LIP's s'est formé juste avant la dislocation du Gondwana il y a 183 millions d'années; cette datation correspond à deux évènements environnementaux : l'évènement anoxique du début Toarcien et l'extinction du Pliensbachien -Toarcien, qui a principalement touché le milieu marin et e.a. les ammonites.

Le Toarcien est le dernier étage du Jurassique inférieur et s'échelonne de 183 à 175 Ma.

 

LowTiFig1_500.jpgPaleotectonic reconstruction of Gondwana in Early Jurassic time (from www.scotese.com).

La province ignée Karoo est localisée dans une zone du Gondwana sous laquelle une subduction prolongée a eu lieu.

 

La province ignée Karoo est localisée à cette époque dans une aire du Gondwana sous laquelle un phénomène de subduction prolongé a lieu; des morceaux de plaque en subduction ont probablement stagné sur place avant de se faire piéger dans une zone de transition du manteau. Ce genre de morceau de plaque apporte de grandes quantités d'eau et se déshydrate au cours du temps : cette déshydratation conduit à un type de volcanisme similaire à celui qui produit un arc volcanique, tout en étant induit par une déshydratation à plus grande profondeur.

 

 

Le volume total original de basalte émis dépasse les 3 millions de km³ et la zone touchée s'est étendue sur plus de 6.000 km.

La province magmatique Karoo est caractérisée par des coulées de lave tholéiitique, des sills et des dykes géants, radiants, qui se sont mis en place avant la dislocation du Gondwana entre 174 et 185 millions d'années. A présent ne subsistent, comme témoins, que des restes basaltiques dispersés, constitués de laves et sills, et de grands essaims de dykes.

 

Karoo2Fig1_600---F.Jourdan-Mantle-Plume.jpg

                      Distribution du magmatisme de Karoo et des essaims de dykes.

(modified from Jourdan et al., 2004 and references therein). ODS: Okavango dyke swarm; SLDS: Save-Limpopo dyke swarm; SBDS: South Botswana dyke swarm; SleDS: South Lesotho dyke swarm; UDS: Underberg dyke swarm; SMDS: South Malawi dyke swarm; RRDS: Rooi Rand dyke swarm; NLDS: north Lebombo dyke swarm; GDS: Gap dyke swarm; SDZ: sill-dense zone.

 

Quel est la source de tout ce magma ?

Deux scénarios aussi satisfaisant l'un que l'autre sont proposés pour expliquer la séquence magmatique du Karoo :

- Le magma serait dérivé du manteau lithosphérique sous-continental (SCLM) enrichi durant les anciens évènements de subduction.

- Le second scénario, plus "complexe",  fait intervenir le SCLM et un panache mantellique sub-lithosphérique.

 

books_003.jpg Localisation du panache mantellique avant la dislocation du Gondwana -  Doc. Bryan Storey


 

Sources :

- The Karoo large igneous province: Lithosphere versus mantle plume contribution - by Jourdan / Mantle Plumes.org - lien

- Paléogéographie - Dr.Ron Blakey -  P.E. NAU Geology. 

- The locations of mantle plume centers during the initial stages of Gondwana breakup -by B.Storey & al. NZ.

- The timing and duration of the Karoo igneous event, southern Gondwana - R.A.Duncan

- Synchrony between Early Jurassic extinction, oceanic anoxic event, and the Karoo-Ferrar flood basalt volcanism
József Pálfy (Department of Geology and Paleontology, Hungarian Natural History Museum, Budapest, Hungary) & Paul L. Smith

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

20110214_kwooten_0732_M.jpg

                     Halema'uma'u - lac de lave niveau le 14.02.2011 - doc . HVO / USGS.

 

 

Le lac de lave du cratère Halema'uma'u a atteint un niveau élevé la nuit du 15 février, 70 mètres sous le plancher du cratère.

Lundi, plusieurs épisodes d'effondrements des parois du pit crater se sont produits, certains pans mesurant 120 m sur 5, accompagnés de petits panaches de cendres et gaz.

La sismicité relevée au niveau de la zone de rift est- supérieure semble avoir atteint un pic la semaine dernière, suggérant que l'afflux de nouveau basalte décline.

 

20110214-0908mov.jpg

                            Webcam de l'Halema'uma'u - second collapsus du 14.02.2011.

 

20110214-1135mov.jpg

Webcam de l'Halema'uma'u - quatrième collapsus sur les cinq observé le 14.02.2011.

Un clic sur la photo vous donne la séquence de l'effondrement. - Doc. HVO/USGS.

 

Dans le cratère du Pu'u'O'o, les webcams ont enregistré de vigoureuses émissions de lave au départ du cône nord-est, qui ont couvert une large partie du plancher de la caldeira ; une lueur était visible au niveau de la paroi est de la caldeira.

 

20110206 PuuOOmov

              Séquence vidéo des 6 et 7 février au Pu'u'O'o. - doc HVO/USGS.

Lien vers la séquence vidéo : http://hvo.wr.usgs.gov/kilauea/update/archive/2011/Jan/PuuOo_20110206_small.mov

 

20110209_2258_torr_L.jpg

  Cratère du Pu'uO'o , le 06.02.2011 : Petite coulée de lave originaire du septum situé entre les deux évents de la paroi est - photo HVO/USGS.

 

Sources :

HVO /  USGS - Hawaiian Volcano Observatory - rapport du 16.02.2011 et photos / vidéos.

 


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Grand_coulee_below_dry_falls.JPG

"La Grande coulée" : une partie de l'ancien lit de la Columbia river, vue de Dry Falls  - mise à jour des différentres coulées basaltiques - photo Hugo.arg / Duk

 

Le groupe basaltique de la Columbia River (CRBG) constitue une grande province ignée, couvrant une part des états de Washington, de l'Orégon et de l'Idaho en Amérique du nord.

 

2010Basalt_provinces_1550xRGB.jpgLes différentes provinces basaltiques du nord-ouest des Etats-Unis  - doc. Montana State university / NETL.

 

z-IMG_7336-copie.jpgLa Snake river a creusé le  plateau basaltique de la ESRP , à Twin Falls / Idaho - © Bernard Duyck

 

La subduction de la plaque Farallon (plaque tectonique fossile dont il ne reste à ce niveau que la plaque Juan de Fuca) sous le côté ouest de la plaque nord-américaine a créé l'arc volcanique des Cascades et dessiné les grandes lignes du bassin de la Columbia river, entre 150 et 90 millions d'années. Le bassin était alors recouvert d'une vaste mer intérieure qui disparut plus tard suite au soulèvement du niveau du sol.

A la fin du Miocène et le début du Pliocène, cette région fut noyée sous des émissions massives de basalte, estimées d'un volume de 174.000 kilomètres-cube,  qui ont recouvert une surface de 163.700 km².

Les phases éruptives les plus importantes sont datées de 17-14 millions d'années, intervalle au cours duquel 99% de la masse de basalte fut relarguée. D'autres éruptions eurent lieu entre 14 et 6 Ma, moins extensives.

 

CRBG_stratigraphic.gif            Les subdivisions du CRBG, avec dates d'émissions et volumes émis - doc. USGS.

 

Quelques grandes périodes d'installation basaltique :

- Innaha basalt : 17,5-17 Ma au nord-est de l'Oregon. - 5,5% du volume du CRBG.

- Grande Ronde basalt : 17-15,5 Ma - 87% du CRBG. (voir carte des aires recouvertes ci-dessous) - Cette formation est caractérisée par de nombreux dykes, appelés essaim de dyke Chief Joseph (> 20.000 dykes) dont certains larges de 5-10 m. Le poids des laves émises força la subsidence de la zone, créant le bassin de la Columbia.

- Wanapum basalt : 15,5-14,5 Ma - 6% du CRBG

composé de Eckler Mountain member (15,5 Ma), de Frenchman Springs member (15,5 Ma), de Roza member (14,9 Ma), et Priest Rapid member (14,5 Ma).

- Saddle Mountain basalt : 14-6 Ma - 1,5% du CRBG - et composée de nombreuses coulées (voir diagramme ci-dessus).

 

 

 

Columbia-river-basalts---Alt-et-Hyndman.gif

Grande-Ronde-basalts---Alt---Hyndman.gif

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En vert, l'étendue couverte par les basaltes du CRBG - en bleu, l'aire couverte par les basaltes de Grande Ronde - cartes Alt & Hyndman / Digital Geology of Idaho.


Le CRBG connu des inondations notoires à la fin de la dernière glaciation : les "inondations du Missoula" - Missoula floods - furent provoquées par des ruptures périodiques de barrages de glace concernant le lac glaciaire Missoula; le gigantesque débit des jökulhlaups , estimé à 10 fois le débit actuel combiné de tous les fleuves de la planète, et sur des dizaines de milliers d'années, a mis à jour les coulées basaltiques stratifiées en divers endroits : Wallula Gap, La Palouse river, les gorges de la Columbia river et Channeled Scablands.

 

map_missoula_floods.gif                            Les inondations du Missoula - doc. USGS.

 

Palouse-Canyon---ph.jpg  La Columbia river entaille les couches basaltiques à Palouse canyon - photo Williamborg.

 

interstate-84_basalt_flow_near_celilo_2005.jpg          Les coulées basaltiques près de Celilo - photo Lyn Topinka / Smithsonian instit.

 

wallula_gap_basalts_right_bank_2005.jpg         Les basaltes de Wallula Gap - rive droite - photo Lyn Topinka / Smithsonian instit.

 

Quel est l'origine de ces inondations basaltiques répétées ?

Comme pour les autres LIP's, l'hypothèse la plus vraisemblable, de tels volumes exceptionnels de laves tholéiitiques en une période restreinte et sur une surface relativement réduite, se rattache à un panache mantellique profond.

Des études récentes impliquent le point chaud du Yellowstone, à qui on attribue maintenant deux zones de propagation magmatique : d'une part la Snake River plain en direction du Yellowstone, les High Lavas Plains en direction de l'Oregon d'autre part; et la production de la CRBG.

 

Yellowstone-2.jpgLignes bleues : isochrones marquant les émissions basaltiques de la Sanke River plain (dir.NE) et de la High Lalas Plain (dir.NO) - Age des basaltes émis : différentes surfaces de teintes bleues. - doc. R.Christiaensen & others.

 

Geochronologie-of-volcanism-of-oregon-high-lava-plains-15-c.jpgGéochronologie du magmatisme dans deux directions et zone couverte par la tête du panache mantellique du Yellowstone -  CRB : Columbia River Basalt - HLP : High Lavas Plains - YSRP : Yellowstone-Snake River Plain - les triangles noirs : volcans de la chaîne des Cascades.

doc. Br.Jordan MantlePlumes.org.

 

 


HLPFig3_548.gif

 

Schéma de migration du magmatisme vers l'ouest - CRB : Columbia River Basalts, YSRP : Yellowstone-Snake River Plain , HLP : High Lava Plains . - Doc. Br.Jordan MantlePlumes.org.

 

Sources :

- Columbia River Basalt Province - by K.Straub & P.Link  / Dpt.geosciences Idaho state university. - lien.

- The origin of the Columbia River flood basalt province : plume versus nonplume models - by P.Hooper, V.Camp, St.Reidel and M.Ross./ Geological society of America. - lien.

- Upper-mantle origin of the Yellowstone hotspot - by
R.Christiansen, G.Foulger and J.Evans .

- The Oregon High lava plains : proof against a plume origin for Yellowstone - by Br.Jordan / Mantle Plumes.org. - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

ethiopie-2007-634-copie.jpg

Route des hauts-plateaux éthiopiens empruntée pour "sortir" de Dallol -  les trapps en arrière-plan.- © Bernard Duyck

 

Les hauts-plateaux éthiopiens ont commencé à se soulever il y a 75 Ma, lorsqu’une poussée magmatique a soulevé un large dôme de roches anciennes du craton africain.

Les trapps éthiopiens et yéménites de type basaltique se sont formé en 1 à 2 Ma à l’oligocène, il y a 30 millions d’années.

Ils sont datés à 30 Ma. par la méthode Ar40/Ar39 (la méthode K/Ar, imprécise, les datait entre 15 à 60 Ma.). Cet empilement de coulées basaltiques sur des milliers de mètres d’épaisseur s’est faite à l’aplomb d’un point chaud ; il couvre une énorme surface : 1,3 millions de km² sur une épaisseur moyenne de 2.000 mètres.

 

img29-640---Jussieu-Mege-et-Korme.gif       Carte géologique - emplacement des trapps en rouge - doc. Mege & Korme /Jussieu.


Leur composition est à 90-95% basaltique avec quelques niveaux plus acides comme les rhyolites observées à Lalibela. Rappelons que le mot basalte vient de l'éthiopien "bsalt ", féminin de "psull ", signifiant "cuit ". Pline le Jeune utilisait déjà ce mot pour désigner une roche noire venant justement d'Ethiopie.


Les points chauds prennent naissance à 2.900 ou à 700 km de profondeur. En remontant, la tête du panache grossit en incorporant du matériel mantellique, la queue suit et s'allonge. La tête du panache s'écrase sous la lithosphère, provoquant un bombement et une fracturation en pointeau (point triple). L'élévation de température de 100 à 300°C de la lithosphère induit son érosion thermique et la fragilise aussi. La décompression de la tête du panache permet alors sa fusion partielle, les magmas basaltiques s'écoulent alors en grande quantité en un laps de temps limité (1 Ma.).


640px-Ethiopia Topography - SadalmelikLes trapps ont eu des conséquences géodynamiques : fracturation du continent et océanisation (Golfe d’Aden et Mer Rouge).

Cet évènement précède en effet de plusieurs millions d’années les phases majeures de rifting qui ont séparé l’Afrique de l’Arabie.

Carte topographique , où l'on distingue les hauts-plateaux et le triangle Afar - doc. Sadalmelik.


 

Suivant le pic d’activité, de grands volcans-boucliers se sont développés à la surface du plateau volcanique; le volcanisme s’est cantonné ensuite aux zones de rift et à des centres volcaniques localisés.

 

JanFig1.jpg(modified from Zanettin, 1992; Pik et al., 1999), with additional age data from Kieffer et al. (2004), Hofmann et al. (1997), Coulie et al. (2003) and Ukstins et al. (2002)


Le champ tholéitique Simien surmonte une base de basaltes tholéitiques, les deux produits par le même système magmatique.

Les champs Choke et Guguftu datés de 23Ma sont alcalins et surmontent une base de basaltes alcalins.

Contrairement aux autres exemples de nappes basaltiques continentales, comme les trapps du Deccan, décrites comme un empilement de couches épaisses et presque horizontales de basalte tholéitique, la province éthiopienne est faite d’une série de couches basaltiques surmontées de grands volcans-boucliers bien séparés.

 

Est-ce de réelles différences ou la conséquence de degrés différents d’érosion et de conservation des structures volcaniques, l’Ethiopie étant la province ignée la plus récente ?


Keiffer & al. Ont présenté en 2004 des données géologiques et géochimiques indiquant que le volcanisme lié à la formation de volcans-boucliers était co-magmatique de celui responsable des nappes de basalte ayant formé le plateau principal.

 

ethiopie-2007-631-copie.jpg

                       Paysage aride mais grandiose - © Bernard Duyck

 

Les hauts-plateaux éthiopiens ont un climat plus frais et plus humide que le reste du pays, et sont propices à l'agriculture, notamment de caféier.

Ils contiennent les sources de nombreux cours d'eau, dont le Nil bleu, qui prend sa source au lac Tana, avant de rejoindre le Nil blanc et de former le Nil.


 

ethiopie-2007-637-copie.jpgLes techniques agricoles restent primitives sur les hauts-plateaux : zébu et araire. - © Bernard Duyck

 

Blue_Nile_near_Bahar_Dar-copie-1.jpgLe Nil bleu à Bahar Dar - photo Andro96 - le nom du fleuve lui a été donné en raison de sa couleur foncée, due à une forte teneur en limon, par contraste avec celle du Nil blanc, plus claire.

 

Taillées à même le roc, onze églises monolithiques médiévales forment la cité monastique de Lalibela sur les hauts-plateaux éthiopiens. Le nom de la cité vient du roi Gebra Maskal Lalibela (1172-1212), qui fit construire de nombreux couvents et églises orthodoxes, après sa conversion au christianisme; l'expansion de l'islam rendant plus difficile les pèlerinages à Jérusalem, le roi estima nécessaire de construire une "nouvelle Jérusalem" en Ethiopie.

 

Bet_Giyorgis_church_Lalibela---Academic.ru.jpg

  L'église Bete Giyorgis (Saint Georges) date de huit siècles et est une des plus célèbres de la cité de Lalibela. - photo Academic.ru

 

Sources :

- The Ethiopian large igneous province - by Nicholas Arndt & Martin Menzies - lien

 - Regional uplift associeted with continental large igneous provinces: the role of the mantle plume and the lithosphere - by A.Saunders & others - lien

- Emplacement conditions of igneous dikes in Ethiopian traps - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

 

the-western-Ghat-hills----Nichalp.jpg

                  Trapps du Deccan en Inde - the western Ghat Hills - photo Nichalp.

 

Les trapps du Deccan s’étendent sur une surface de 500.000 km² et ont un volume égal à 0,75- 1,5 millions de km³.

 

n396a06p1---CNRS.jpg                Carte géologique simplifiée et position des trapps du Deccan - doc. CNRS


La datation des trapps du Deccan par les radio-isotopes et par le paléomagnétisme montre que des coulées se sont déposées pendant une période assez brève géologiquement parlant : entre 63 et 68 millions d’années, plus probablement sur une période d’un peu plus d’un million d’années. Les sédiments situés sous les premières coulées de laves renferment des fragments d’ossements de dinosaures qui datent du Maastrichtien, dernière subdivision du Crétacé. On a également retrouvé des dents de dinosaures et de Mammifères, et des fragments d’œufs de dinosaures, toujours d’âge maastrichtien, dans les couches sédimentaires intercalées entre certaines coulées situées à la base des trapps. Encore plus récemment, les ossements d'un nouveau dinosaure, Rajasaurus, ont été trouvés dans des sédiments associés à l'épisode volcanique du Deccan.

 

Trapp et extinction massive :

La mise en place des trapps a conduit à des changements globaux du climat et de la chimie des océans.

 

image34.pngConcordance entre les grandes extinctions et l'âge des LIP's - Ici, la conjonction entre l'extinction du Crétacé et l'âge des Trapps du Deccan .


Les basaltes sont, parmi les roches silicatées, celles qui s'altèrent le plus facilement. De ce fait, ils ont joué un rôle fondamental pour le contrôle de la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère lors du dégazage intense qui a accompagné la mise en place, il y a 65 millions d'années, des trapps du Deccan en Inde. Le volume initial de ces trapps pourrait avoir atteint 3 M km3. Or, les trapps actuels occupent un volume d'environ  1M km3. Les deux tiers des basaltes initiaux ont donc disparu en 65 millions d'années.

Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs du LMTG et de l'IPGP ont déterminé une loi simple qui permet d'estimer la quantité de CO2 consommée lors de l'altération des basaltes. Cette loi a été établie à partir de données obtenues sur les rivières drainant les trapps du Deccan et d'autres régions basaltiques. Deux paramètres sont fondamentaux : la quantité d'eau qui circule dans les sols et la température atmosphérique. Ces deux facteurs jouent dans le même sens car ils favorisent tous les deux la mise en solution des sols et des roches : plus ces paramètres sont élevés, plus l'altération est importante.

 

 L'augmentation de CO2 dans l'atmosphère a été très importante (1050 ppmv, soit 3 fois la teneur actuelle) et s'est accompagnée d'un rapide réchauffement de la Terre (+ 4 °C). Grâce à l'efficacité du phénomène d'altération continentale, il a fallu seulement 1,5 millions d'années pour résorber l'excès de CO2 émis dans l'atmosphère, avec pour conséquence une baisse de température de 4,55 °C, soit un refroidissement global de 0,55 °C.

 

Deccan trapp - CO2 - CNRSRapport isotopique marin du Sr après la mise en place des trapps du Deccan - Doc. CNRS


Cette modélisation a permis de détecter des variations des cycles géochimiques du carbone et du strontium au sein de l'océan. Le modèle prédit un arrêt, lié à une forte acidification de l'eau de mer par le CO2, de la sédimentation des carbonates marins pendant une période de 20 000 ans après la mise en place des trapps. Cet arrêt prévu par le modèle est également observé dans les carbonates marins à la limite Crétacé/Tertiaire.
Le modèle indique que de grands épanchements volcaniques conduisent à des changements globaux du climat et de la chimie des océans. Bien que cette étude ne permette pas d'expliquer la disparition des dinosaures, elle permet d'affirmer que, quelle que soit la cause de cette extinction, la mise en place des trapps du Deccan a largement amplifié le phénomène.

 

Point chaud et tectonique :

 

Les_mecanismes_du_climat_2006-19.jpgAssociation de l'Inde et du panache mantellique de La Réunion - doc. Ch.Aubourg / mécanismes du climat.


La formation des trapps est associée à un point chaud, c'est-à-dire à une remontée ponctuelle de roches très chaudes du manteau terrestre. Ces roches remontent à l'état solide pendant sans doute plusieurs millions d'années. L'étude de la propagation des ondes sismiques montre que la remontée de ces roches forme une sorte de panache ressemblant à un champignon : la colonne de roches qui remonte s'écrase lorsqu'elle arrive sous une plaque tectonique. Les conditions de pression et de température sont alors suffisantes pour la fusion importante de ces roches. Le magma formé, moins dense que les roches du manteau, remonte vers la surface où il forme de grands épanchements basaltiques, les trapps.


Himalaya-formationLes trapps du Deccan sont associés au point chaud de La Réunion, un point chaud actuellement à l'aplomb de l'île de La Réunion. Ainsi, les trapps du Deccan se sont formés lorsque l'Inde était à 4500 km. de sa position actuelle. Les points chauds étant relativement fixes au cours du temps, cela montre le déplacement vers le Nord-Est de la plaque supportant l'Inde, depuis 65 millions d'années.

 

Remontée de l'Inde par déplacement de la plaque indienne au dessus du point chaud, situé actuellement au niveau de l'île de La Réunion


Des théories basées sur la présence de cratères d'impact contemporains des trapps proposent comme origine à ces épanchements l'impact de météorites. En effet, un hypothétique cratère nommé Shiva semble avoir été découvert au large de Bombay et serait daté lui aussi de -65 millions d'années. Mais contemporanéité ne signifie pas forcément relation de cause à effet. De plus, les analyses chimiques des roches basaltiques des trapps démontrent une origine profonde des roches qui ont fondu, ce qui est incompatible avec ce modèle.

 

2575165118_c8c6c29282_o.jpg            Les empilements basaltiques des trapps du Deccan - photos come4news.

 

 

Sources :

- CNRS info - Les trapps du Deccan, des trappes à CO2 - lien.

- Regional uplift associeted with continental large igneous provinces : the role of mantle plumes and lithosphere - by A.Saunders & al.

- Les mécanismes du climat - Ch.Aubourg

- Le volcanisme actif du Piton de La Fournaise - BRGM

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog