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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'éruption est déjà terminée : commencée à 22 h.42 cette nuit, l'éruption s'essoufle depuis 13h.30 !

Plus de trémor, ni de séismes volcano-tectoniques, émission de gaz faible.

 

Bulletin de l’observatoire volcanologique : transmis par Clicanoo.re

- BILAN : Fin de l’alimentation de l’activité éruptive sur le flanc nord-nord ouest du volcan

- Sismicité : Depuis 13h30 le réseau sismique de l’OVPF n’enregistre plus de trémor (signal sismique associé avec l’écoulement de magma et dont l’intensité est en partie proportionnelle au débit). Aucun signal volcano-tectonique (indice de possible fracturation des roches et création de nouvelles fractures) n’est enregistré. Un très faible nombre d’éboulements dans le cratère sommital de Dolomieu est détecté.

- Géodésie : Les réseaux GPS et d’extensomètres et inclinomètres n’enregistrent aucune déformation qui pourrait être associés à une nouvelle propagation de magma vers la surface. A l’échelle du massif volcanique, les observations des prochains 4 jours pourront préciser une éventuelle mise en place d’un dégonflement général suite à l’extrusion du magma qui vient d’avoir lieu.

- TENDANCE POUR LA JOURNÉE DU 10 DÉCEMBRE : Fin de l’alimentation de l’éruption du 9 décembre ; refroidissement des coulées en cours ; faibles émissions de gaz au niveau des fractures éruptives.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Le Piton de La Fournaise est entré en éruption hier soir à 22h.42; l'éruption fissurale se situe sur le flanc NNO. du cône terminal, entre le cratère Bory et la Pas de Bellecombe. Elle semblerait se diriger vers la Chapelle de Rosemont.

En raison du brouillard, seule une lueur vive était visible.

Le scénario de l'éruption serait semblable à celui du mois de septembre.

 


 

Rapport de l'OVPF du VENDREDI 10 DECEMBRE 2010 - 07h20 (GMT +4)

- Éruption en cours dans l’enclos ; site : flanc nord-nordouest du Dolomieu
- Phénomènes : faible activité explosive (projections) ; émission de gaz (petit panache) ; coulées de lave qui descendent sur le flanc nordouest du cône du volcan.
- Sismicité :
L’intensité du tremor éruptif (signal produit par l’écoulement du magma et en partie proportionnel au débit) a atteint sa valeur maximale vers 23h40 du 9 décembre. Depuis, l’intensité diminue progressivement avec une tendance à se stabiliser.
- Déformations :
La dilatation de l’ensemble de l’édifice volcanique détectée depuis août 2010 persiste. La déformation à grande échelle est maintenant associée avec un gonflement de plus grande amplitude, localisé au sommet de l’édifice et associé avec la remontée de magma en cours.
- Gaz
Des émissions de gaz magmatique (SO2) avec un faible débit (environ 3 fois la norme) sont détectées par les capteurs situés dans les secteur nord, sud et ouest de la falaise de Bellecombe.
TENDANCE A POUR LA JOURNEE DU 10 DECEMBRE : Eruption de faible magnitude (volume) et intensité (débit) en cours.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Le volcan Newberry, bien que fort étendu - il couvre près de 1.600 km² - est peu discernable dans le paysage : sa stature de volcan-bouclier à bas-angle en est responsable.
Le volcan doit son nom a John Strong Newberry (1822-1892), géologue, physicien et membre du Smithsonian institute, qui explora le centre de l'Oregon pour la "Pacific railroads surveys" en 1855.

Cette structure basaltique à basalto-andésitique comporte quelques 400 cinder cones, principalement situés sur les flancs N. et S.

 

usa-2194-copie.jpg

Du sommet de Paulina peak, une dizaine de cônes sur les 400 existants. - ©JM. Mestdagh

 

 

Le volcan a produit des éruptions associée à la formation d'une spectaculaire caldeira de 6 km sur 8, formée il y a 300 à 500.000 ans et occupée par deux lacs : Paulina et East lakes. Ces lacs n'en formaient qu'un seul par le passé et ont été séparé par des phénomènes éruptifs.
Les deux lacs possèdent des sources chaudes; un forage en 1981 a enregistré des températures atteignant 280°c à 932 m. sous la caldeira ...la plus haute température constatée pour un volcan "endormi" de la chaîne des Cascades.
Paulina lake est un des rares lacs américains a pratiquer un "turn over" saisonnier.

 

usa-2200-copie.jpg                 Paulina lake, paisibles reflets - ©JM. Mestdagh

 

Newberry_caldera.jpg        La caldeira occupé par deux lacs et Big obsidian flow , vue de Paulina Peak.
             Entre les lacs, des cônes de ponce envahis par la végétation.
                                            
photo Lyn Topinka - USGS

 

usa 2224 copieEntre 7.100 et 7.200 avant JC, diverses éruptions ont produits des cônes de ponce et des coulées qui ont coupé en deux le lac originel et formé Paulina lake à gauche et East lake à droite. A l'avant-plan droit, on aperçoit l'extrême pointe de Big Obsidian flow datée ed 1.250 avant JC. - ©JM. Mestdagh

 

newberry-caldera.gif             Carte des coulées de Newberry caldeira - document US Forest service.

 

Newberry-caldera---Lee-Siebert-Smithsonian-copie.jpg  Newberry caldera - d'après une photo de Lee Siebert / Smithsonian institute.

 
Depuis l'holocène jusqu'il y a 1.300 ans, six épisodes éruptifs majeurs sont distingués:
- "South obsidian éruptive episode" : il y a 12.000 ans, des
  flots d'obsidienne et un dôme de même nature furent  
  produits.
- "East rim eruptive episode" : il y a 11.200 ans, une
  éruption fissurale a donné naissance à des cones de
  scories, des cônes de cendres, des spatter cones
  et des coulées de lave.
- "Interlake eruptive episode" : datées de 7.300 ans, une
  série d'éruptions rhyolitiques ont produit des coulées    
  d'obsidienne, des cônes de ponce et des dépôts de
  tephra.
- "Northwest rift eruptive episode" : des éruptions
  fissurales d'andésite ont formé coulées, cinder et
  spatter cones, il y a 7.000 ans
- "East lake eruptive episode" : il y a 3.500 ans, des flots
  d'obsidienne et des dépôts ponceux associés furent
  lachés de fractures dans les contours de la caldeira.
- "Big obsidian eruptive episode" : datée de 650 après JC,
  une éruption, en provenance de la paroi sud de la caldeira, a
  produit des tephra puis un flot d'obsidienne rhyolitique
  qui couvre 2.800 m²: le Big obsidian flow.

 

Newberry ou "le volcan solitaire" :

Ce volcan bouclier est entré en éruption "au milieu de nulle part", les sommets des stratovolcans de ma chaîne des Cascades s'alignant plus à l'ouest.

Les géologues s'accordent pour dire que Newberry est situé à l'aplomb d'un imbroglio de failles qui se chevauchent.

Le magma, en provenance de la zone de fusion liée à le subduction de la plaque Juan de Fuca sous la plaque nord-américaine, serait ici remonté le long des failles, en les utilisant comme un pipe-line ... même source d'approvisionnement, mais acheminement différent !


Big obsidian flow - Newberry cald. - L.Siebert GVPComportement inhabituel chez un volcan-bouclier, Newberry a eu des épisodes pliniens et peléens, donnant des roches plus acides, dont témoigne cette obsidienne.
Obsidienne de Big obsidian flow - Lee Siebert GVP.

-1--Photos-voyage--jmm--8-images--usa-2208---usa-2-copie-1.jpg  Big Obsidian flow et East lake, vu du sommet de Paulina peak. -
Pano 8 photos ©JM. Mestdagh

 

Demain, l'examen de Big Obsidian flow en détail ...

 

Le point culminant du volcan, Paulina Peak - 2.434 m.-, est un dôme rhyolitique placé, comme le suggère sa morphologie allongée, le long d'une faille ou fissure.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Newberry

- NPS - Newberry volcano


-

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

L'activité se poursuit au Tungurahua, avec l'émission pulsatille constante de panaches de cendres.


Dans la nuit du 7 au 8 décembre, de gros bruits semblables à des tirs d'artillerie ont fait vibrer les vitres aux alentours, y compris celles de l'observatoire de Guadalupe, situé à 14 km. du Tungurahua. L'activité strombolienne a été accompagnée d'éjections de blocs à 1.000 mètres au dessus du sommet, retombant sur 2 km. sur les flancs du volcan. Un panache de 2.000 m. a été vu, dérivant ensuite vers l'ouest.

Une nouvelle explosion s'est produite à 16h.29 locale, le 08.12, entendue jusqu'à Banos, Pillate, San Juan, Bilbao et Guadalupe. Des panaches modérément chargés de cendres sont monté de façon pulsive à 1.500-2.000 m.
Quelques photos récentes de mon ami équatorien José Luis Espinosa Naranjo qui habite à proximité du volcan :

tungu-12.2010-JLEN---2.jpg                 © José Luis Espinosa Naranjo
tungu-12.2010-JLEN.jpg                  © José Luis Espinosa Naranjo
Tungu-04.12.2010--JLEN.jpg              La dernière photo datée du 04.12.2010 - © José Luis Espinosa Naranjo
Un récital pyrotechnique par Benjamin Bernard, qui nous présente une nuit de novembre ... en deux minutes.

                      


                     Vidéo image par image de l'activité éruptive de nuit du volcan Tungurahua.

                           © Benjamin Bernard - http://bigbenber.over-blog.com/

 

Sources :

- IGEPN - Instituto Geofisico Escuola Politecnica Nacional

- Le blog de Benjamin Bernard : http://bigbenber.over-blog.com/

              

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Alors que les volcans indonésiens (Merapi et Bromo) se calment, le Piton de La Fournaise pourrait nous gratifier de sa troisième éruption en 2010.

L'Enclos Fouqué vient de fermer ce 9 décembre à 9h.25 selon un communiqué de la Préfecture - le volcan vient d'être mis en "alerte 1 : éruption probable ou imminente", suite à une augmentation du nombre de séismes et des déformations au sommet du Dolomieu.

 

Ci-dessous, copie des rapports du jour de l'OVPF/IPGP.

 

JEUDI 9 DECEMBRE 2010, 9h11 (GMT+4)

BILAN :

- Augmentation activité sismique sous le Piton de la Fournaise; site : sommet du Piton de la Fournaise ;
- Phénomènes : pas d’activité éruptive en cours
- Sismicité
a) séismes volcano-tectoniques : Augmentation du nombre et des séismes volcano-tectoniques ; essaim sismique enregistré entre 07h48 et 08h01. Les séismes sont localisés à l’intérieur de l’édifice volcanique entre le niveau de la mer et la surface.
- Déformations :
La dilatation de l’édifice volcanique détectée depuis octobre 2010 persiste, notamment dans sa moitié orientale.
Gaz
Valeurs dans la norme
TENDANCE POUR LA JOURNEE DU 09 DECEMBRE : La présence de déformations significatives de l’édifice volcanique ainsi que d’une sismicité significativement au dessus de la norme indique que la réactivation du volcan, débutée en août 2010, se poursuit.

JEUDI 9 DECEMBRE 2010, 8h35 (GMT+4)

BILAN :
- Crise sismique en cours localisée sous le sommet du Piton de la Fournaise ; la crise sismique est associée maintenant à un gonflement significatif de la portion sommitale de l’édifice. Le gonflement affecte l’ensemble du sommet du volcan.
TENDANCE A COURT TERME (minutes- heures) : Remontée de magma en cours à l’aplomb de l’édifice du Piton de la Fournaise.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 Smith Rock :

Situé au nord de Bend, Smith Rock est le fruit d’une éruption volcanique et de l’érosion par la rivière.

Il y a des millions d’années, le paysage fut modelé par des éruptions qui ont produit des tufs rhyolitiques aux dépens des poussières volcaniques accumulées sur plus de 800 mètres d’épaisseur. Des coulées basaltiques émises beaucoup plus tard par le Newberry – 1,2Ma – ont  déplacé le lit de la Crooked river contre les flancs de Smith rock. L’érosion au sein de la caldeira de Smith Rock a ensuite créé le paysage actuel, dégageant le « welded tuff » , la coulée basaltique et un dyke rhyolitique.

 

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La Crooked river serpente entre les formations les plus dures : à gauche, le basalte de Newberry, à droite, le dyke de rhyolite. - ©JM. Mestdagh

[2] Photos voyage, jmm, 2 images, usa 1298 - usa 1-copie-1

 

 

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Au centre de la photo, la coulée basaltique dégagée par l'érosion - à l'arrière-plan, les tufs de Smith Rock. - ©JM. Mestdagh

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                              Le dyke rhyolitique de face - ©JM. Mestdagh

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Le miroir d'eau et les cervidés tempère la rudesse du paysage de Smith Rock - ©JM. Mestdagh

 

La caldeira "Crooked River":

Les volumes immenses de cendres à la base de la formation des tufs de Smith Rock, et du John Day Fossil Beds, n'ont trouvé que tout récemment une explication plausible, grâce à la mise en évidence d'une grande caldeira : la caldeira "Crooked River".

 

Deux géologues travaillant pour l'Oregon department of Geology and Mining industries ont fait cette intéressante découverte :

Crooked River Caldera, Oregon




Bien que la Crooked river caldera forme une grande dépression volcano-tectonique à la topographie semi-elliptique, elle ne fut identifiée qu'en 2006-2007 par Mc Claughry & Ferns.
Située dans la partie nord du Lower crooked basin, c'est un complexe d'évents qui s'est effondré pour former une caldeira gigantesque de ~ 41 km. sur 27 . Elle fut remplie par plus de 580 km³ de poussières rhyolitiques durant l'Oligocène.
L'aire principale de subsidence s'étend de Gray Butte au nord-ouest, le long du front ouest des Ochoco Mountains, et du côté sud-est près du réservoir de Prineville.
Elle interagit dans les diverses formations qui l'entourent :
Le "Lower Crooked Basin" fut le lieu d'épisodes volcaniques au cours des derniers 45 Ma, avec la formation durant le Paléogène de deux grandes caldeiras rhyolitiques, et au Néogène, de nombreuses éruptions génératrices de laves au départ de petits évents.
Plusieurs domaines géologiques distincts, composés de roches volcaniques et sédimentaires, sont bien préservés dans la moitié nord du Lower Crooked basin :
- les Ochoco mountains sont composées de coulées et dômes andésitiques à dacitiques et de roches intrusives faisant partie de la "Clarno formation". Elles appartiennent au champ volcanique Ochoco, dont l'activité a culminé avec l'éruption du tuf de Steins Pillar et la formation de la caldeira des Wildcat Mountain, il y a 40 Ma.
- La topographie de la basse partie ouest du bassin est marquée par des laves basaltiques datant de l'Oligocène, de dômes et de tufs rhyolitiques constituant le champ volcanique Lower Crooked, et qui est à mettre en corrélation avec la formation John Day.
La principale structure du Lower Crooked Volcanic Field est la grande caldeira Crooked River, responsable de l'émission massive des tufs de Smith Rock, il y a 29-30 Ma.
- Les roches datant du Paléogène de la partie ouest du bassin sont recouvertes de laves basaltiques de diverses périodes (Milieu du Miocène, Pliocène et ère Quaternaire) alternant avec des roches sédimentaires. On y retrouve des unités appartenant à le formation Simtustus, aux basaltes de Prineville, à la formation Deschutes et aux basaltes émis par le volcan Newberry.

 

 

 

usa-1345-copie.jpg

 

 

 

 

Smith Rock et les autres structures volcaniques de Newberry (à suivre dès demain) ... toutes des adresses intéressantes pour qui veut prendre une leçon de volcanologie !

 

 

 

©JM. Mestdagh

 

 

 

 

Sources : 

- Field trip guide to the Oligocene Crooked River caldera: Central Oregon’s Supervolcano, Crook, Deschutes, and Jefferson Counties, Oregon
by Jason D. McClaughry, Mark L. Ferns, Caroline L. Gordon, and Karyn A. Patridge.

- GSA - Geological Society of America - The Crooked River Caldera

- Morris-Bishop, E., 1989, Smith Rock and Gray Butte complex: Oregon Geology.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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De gauche à droite, la Charité, l'Espoir et la Foi ... les trois soeurs. - ©JM. Mestdagh

 

hazfig1a.gifCarte de situation - Les Three Sisters et Broken top au centre, proche de Newberry que nous verrons demain.


Faith, Hope and Charity, connues aussi sous la dénomination commune de Three Sisters, furent ainsi nommée  par les membres d'une mission Méthodiste en 1840.
La région des Three Sisters est potentiellement active. Deux types de volcans y coexistent, chacun avec leur lot de dangers pour les populations environnantes et leurs biens.

Sisters85_aerial_three_sisters_oregon_09-85.jpg                 De gauche à droite, South, Middle et North Sister - USGS/CVO.

South sister, Middle sister et Broken top sont des volcans composites qui sont entrés en éruptions à plusieurs reprises au cours des dizaines de milliers d'années passées et pourraient encore être actifs dans le futur.
North sister et Belknap crater sont des édifices ayant eu une vie courte et une activité moindre.

North Sister (Faith) est un volcan-bouclier de 3.075 m de hauteur pour une largeur de 8 km., composé d'andésite, qui s'est construit sur un ancien édifice basaltique de même taille, appelé Little Brother, il y a 200.000 ans. sa dernière éruption remonte à 100.000 ans et il est considéré comme éteint.
Comme particularité, on y retrouve de nombreux dykes d'andésite et des tuffs palagonitisés, témoins d'une couverture de glace durant les éruptions.
La palagonite est le produit de l'altération provoquée par l'interaction entre l'eau et le verre volcanique à la composition proche du basalte.

usa-1698-copie-M---N-sisters.jpgMiddle Sister (Hope) à gauche et North Sister (Faith) au centre - ©JM. Mestdagh
                       
Middle Sister (Hope), haut de 3.063 m., est un stratovolcan primitivement basaltique, mais qui a eu des éruptions d'autre nature : andésite, dacite et rhyodacite. Considéré comme éteint, sa dernière éruption remonte à 50.000 ans.

South Sister (Charity) est le plus jeune et le plus grand
- 3.158 m. - des trois volcans. C'est un stratovolcan dont les produits varient de l'andésite à la rhyolite et la rhyodacite. Il surplombe une ancienne structure en bouclier,âgé de 50.000 ans environ et dont la dernière éruption ne remonte qu'à 2.000 ans.

Le volcan possède un cratère sommital de 400 m. de diamètre qui abrite un petit lac de cratère, Teardrop pool.

 

usa-1699-copie-S-sister.jpg                          South Sister (Charity) - ©JM. Mestdagh
       
La surveillance satellite en 2001 montre une inflation à l'ouest des Sisters. En 2004, un essaim de séismes eu lieu avec comme épicentre la région sujette au soulèvement. L'inflation a diminué en 2007.

ssis_InSAR_may2001.jpg                               Interférogramme InSAR - C.Wicks - USGS.

Broken Top est un stratovolcan éteint, situé dans la Three Sisters Wilderness area. Son activité éruptive a cessé il y a environ 100.000 ans et l'érosion glaciaire a ensuite réduit la structure volcanique jusqu'à exposer le contenu du cône.
Les éruptions initiales furent basalto-andésitiques; le centre de l'édifice est parcouru de dykes et de sills (*).
L'aire n'est pas accessible en voiture et un permis est requis pour les hikes.

800px-Broken_Top.JPG              Broken Top - Three Sisters wilderness area - photo M.Gyorgyfalvy.


-1--Photos-voyage--jmm--4-images--usa-1725---usa-1728---241.jpg                  The Sea of lava et le Mt Washington -
©JM. Mestdagh

 

The Sea of lava (la mer de lave) est un immense champ de lave qui regroupe trois coulées : Le Belknap crater flow, le Little Belknap crater flow et le Yapoah crater flow.

 
Broken-top-lava-flow---McKenziz-pass.jpg                                      Broken Top - McKenzie pass.
        Cette coulée en blocs est originaire du cinder cone "Yapoah", sur le flanc nord
                          de North Sister et datée de 2600-2900 ans.

usa-1748-copie.jpg                                  ©JM. Mestdagh

usa-1731-copie.jpg                     Détails sur les coulées en blocs - ©JM. Mestdagh

 

(*) - Lexique :
Intrusions mises à l'affleurement par l'érosion :
- Dyke : intrusion de remplissage de fractures verticales, radiaires ou concentriques à l'édifice volcanique. Dégagés, ils apparaissent sous forme de petits murs, à prismation horizontale.
- Sill : "filons-couches" plus ou moins horizontaux , respectant le stratigraphie générale du volcan

Sources :
- Global Volcanism Program - North Sister field
- Global Volcanism Program - South Sister
- CVO - Three Sisters
            Broken Top
- US Forest service - Broken Top volcano

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


usa-836-copie-JMM.jpgL'énorme masse du Mont Hood se découvre au détour de la route vers le sud -
©JM. Mestdagh

 
Le Mount Hood, situé à proximité de Portland, doit son nom à un amiral britannique (expédition Vancouver - 1792); son nom indien, Wy'east est lié à la légende englobant ses voisins, le Mont Adams et le St Helens.

C'est un stratovolcan composite: son sommet est constitué de plusieurs dômes andésitique ou dacitique, produits lors d'éruptions dans les 730.000 dernières années et sur base d'un volcan ancestral présent depuis des millions d'années.


usa-920-copie.jpg          Le Mount Hood, 3.426 m. vu de Trillium lake  -
©JM. Mestdagh


Le volcan a connu des périodes d'activités de dizaines ou des centaines d'années, séparées par des périodes calmes ayant duré entre des centaines d'années et 10 000 ans.

Des effondrements au Pléistocène produisirent des avalanches et des lahars qui se propagèrent le long de la Columbia river vers le nord.

Le volcan a connu au moins quatre périodes éruptives majeures depuis 15 000 ans, dont trois depuis 1 800 ans :

  • Polallie (entre 15 000 et 12 000 ans)
  • Timberline (entre 1 800 et 1 400 ans)
  • Zigzag (entre 600 et 400 ans)
  • Oldmaid (entre 250 et 180 ans)

Les trois dernières produisirent des dépôts qui furent distribués principalement au sud et à l’ouest le long des rivières Sandy et Zigzag. La dernière période éruptive eut lieu entre environ 1780 et 1830, quand des dômes de lave dacitique, des coulées pyroclastiques et des coulées de boue furent produits sans éruption explosive majeure.

Les éruptions du 19°siècle furent mineures à l'exception de celle de 1859 qui fut de VEI 2.
Couvert de onze glaciers, le volcan a produit nombre de lahars; les derniers ont atteint la Columbia river en 2006.

 

A proximité du Timberline Lodge, Crater Rock est un vestige du dôme dacitique (hypersthene-hornblende) formé il y a 2 à 300 ans. Ses mensurations : 300 à 400 m. à sa base et haut de 170 m. sur son côté sud.; il est entouré d'une zone de brèches de même composition. Une forte activité fumerollienne persiste aujourd'hui dans ses environs. La température maximale des fumerolles fut mesurée à 92°C, un peu supérieure au point d'ébullition de l'eau à cette altitude, au niveau de la principale zone géothermale du volcan s'appelle "Devil's kitchen" ... cela ne s'invente pas ! 

 

usa 878 copie JMM   Le sommet du Mont Hood - Crater Rock est visible, à gauche. - ©JM. Mestdagh

hazmap-small.jpg                                   Carte des risques volcaniques établie par l'USGS .

Le volcan présente divers types de risques:
- lahars et avalanches de débris pouvant atteindre les   rivières proches : Sandy, White & Hood rivers.
- Avalanches de débris atteignant la Columbia river et le barrage Bonneville, compromettant son potentiel de génération électrique.
- les émissions de cendres peuvent perturber le trafic aérien des aéroports de Portland et de Seattle.
- Les installations proches - Timberline lodge, et les ski lodges - sont susceptibles d'être touchées par des bombes ou des coulées pyroclastiques.

 

usa-851-copie-JMM.jpg

Le Mont Hood est surtout apprécié pour ses pistes de ski. C'est la seule station américaine ouverte toute l'année. - ©JM. Mestdagh

 

Le Mount Jefferson est un stratovolcan largement érodé et qui n'a plus présenté d'activité volcanique depuis la fin du Pleistocène.
Il doit son nom au président des Etats-Unis, Jefferson, qui a sponsorisé "l'expédition Lewis & Clark".


Mount-Jefferson---Peter-Tiegs.jpg                 Le Mount Jefferson, vu du Russel Lake - photo Peter Tiegs / Flickr.

Le Mount Jefferson s'est construit en deux grands épisodes, séparés par une période d'érosion glaciaire. Le premièr, qui a débuté il y a 290.000 ans, a produit un volcan andésitique à dacitique; le second a débuté il y a 70.000 ans et est responsable de la formation de dômes dacitiques.
Différents cinder cones, datés de l'Holocène, dont Forked butte et North cinder peak, ont donné des coulées de lave qui ont empruntés les vallées glaciaires.
La plus récente est liée à un cinder cone situé sur les flancs de South cinder peak, qui a produit une coulée le coupant en deux, et qui a atteint Marion Lake, il y a 1.000 ans.

Jefferson-cinder-cone-a-g-South-cinder-Peak.jpg
La dernière éruption dans la zone du Mount Jefferson a eu lieu au niveau du cinder cone
(à gauche et en bas, sur la photo) situé sur les flancs du South cinder peak (au centre).
L'éruption date de 1.000 ans environ et a produit une coulée de lave qui a partagé le cône
en deux parties.

Ijen---Kendeng-9401-copie.jpg

Indian paintbrush et Aconit

© B.Duyck



Le Mount Jefferson est situé au sein de la réserve indienne "Warm Springs ", la bien nommée et son aire "de vie sauvage" (wilderness) inclue dans la Deschutes National forest et la Willamette National forest.
Cette région couverte de forêts et de lacs (plus de 150) présente une flore typique des montagnes nord-américaines.

Sources :
- USGS - Mount Hood, history and hazards of Oregon's most recently active volcano - link
- USGS - Mount Hood

- USGS - Key geologic eventsin the Mt Hood region during the past 30.000 ans - lien
- Global Volcanism Program - Hood
-USGS - Mount Jefferson
- Global Volcanism Program - Jefferson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le produit des retombées volcaniques peuvent se qualifier génériquement parlant de "téphra" et "pyroclastite".

Ces termes proviennent tous deux du grec:

- téphra : signifiant cendres, et étendu aux matériaux fragmentés d'origine volcanique.

- pyroclaste : de Pur - feu et Klastos - brisé, soit littéralement : brisé, morcelé par le feu, les éruptions - fragments de feu.

 

Ces matériaux se classifient par leur granulométrie, leur composition, leur mode d'extraction.

Les cendres (ash) sont constituées de débris solides de taille inférieure à 2 mm. Les lapilli - du latin petite pierre - sont des débris de taille intermédiaire : entre 2 et 64 mm. Les termes blocs et bombes (blocs and bombs) caractérisent des débris de taille supérieure à 64 mm. , émis respectivement à l'état solide ou liquide à plastique.

 

F15_1.gif

 

Les bombes sont classifiées selon leur forme, liée à la fluidité du magma à l'émission.

C'est ainsi qu'on parle de:

Bombe-en-fuseau---Capelinhos--Faial-Acores---M.Hollunder.jpg- bombes en fuseau, ou fusiformes, typique de magma basique peu fluide. Elles traduisent un paquet de lave plastique ayant subie une trajectoire hélicoïdale et retombées froides pour ne plus se déformer. Bombe en fuseau - volcan Capelinhos, Faial, Açores - photo M.Hollunder.

- bombes en ruban : typique de magma basique de moyenne fluidité

Bombe "en bouse de vache" - photo Mehdi/Forum du naturaliste.

bombe-en-bouse-de-vache---forum-naturaliste.jpg- bombe en bouse de vache, caractéristiques d'un magma très fluide émis à haute température par un souffle continu. Elles représentent des paquets liquides encore plastiques qui s'aplatissent en tombant à proximité du point d'émission; en se soudant entre elles, elles s'amoncellent pour former des cônes de scories (spatter cone) .

z-IMG_7498-copie.jpg- bombe "en croûte de pain" : elles montrent une forme polyédrique à surface profondément craquelées. Elles manifestent aussi une "trempe" mais à partir d'une lave visqueuse riches en gaz (laves acides) dont l'échappement crée la texture.

Bombe "en croûte de pain" - Crater of The Moon", USA -

- bombe "en chou fleur", typique des éruptions phréato-magmatiques (maar), à surface mamelonnée et de forme sphéroïdale.


 

Selon le volume de débris émis, la fragmentation de ceux-ci et leur dispersion, l'étendue des zones touchées par les retombées sera plus ou moins importante.

La branche de la science qui s'occupe d'étudier et de quantifier ces phénomènes s'appelle "tephrochronologie".

Les isopaques ( ligne stratigraphique correspondant au lieu de tous les points d'épaisseur égale) définis après une éruption traduisent les faits et peuvent servir de scénario pour un évènement futur.

 

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                 Le panache de cendres du Pinatubo - doc. USAF 1991.

 

Les particules de taille et masse volumétrique grandes se retrouvent proches du point d'éruption; ces débris balistiques sont extrêmement dangereux aux abords d'un volcan : un exemple avec l'Arenal, au Costa-Rica, où on relève un taux de recouvrement des impacts de bombes de 130% à 4 km du cratère, lors de l'éruption de 1968.

Les particules moyenne, les lapilli, peuvent recouvrir de grandes étendues sous une épaisseur de plusieurs mètres.

Les cendres, formées de fines particules vacuolaires peuvent atteindre de grandes hauteurs au sein du panache éruptif avant d'être dispersées par les vents sur des centaines, voir des milliers de km². Le type et l'ampleur de l'éruption vont conditionner la hauteur du panache émis et sa dispersion; des cendres, ainsi émises jusque dans la stratosphère, peuvent faire plusieurs fois le tour de la planète et interférer avec le climat mondial.

 

ashfalls2.jpgExemples d'aires de retombées pour les éruptions du St Helens (1980), du Mazama (7.600 ans), du Yellowstone (665.000 ans) et de Long valley (760.000 ans) -Doc. USGS

 

Les périls dus aux chutes de cendres sont nombreux : obscurité, routes rendues dangereuses, risques de suffocation et/ou d'enfouissement, contamination des eaux et cultures, atteinte à la santé des hommes et animaux, et depuis l'ère moderne, , des systèmes mécaniques, électriques, de drainage et de climatisation, et d'énormes perturbations du trafic aérien.

 

cendres-Rabaul---USGS.jpgEnorme couche de cendres sur le toit déformé et en partie effondré de cette habitation après l'éruption dans la caldeira du Rabaul - le cône du Vulcan à gauche - doc. USGS.


Dans les pays pauvres, les toits en tôle et leur charpente ne supportent pas le poids supplémentaire des cendres : pour une couche sèche de cendres d'environ 10 cm d'épaisseur, la charge supplémentaire sur un bâtiment peut varier de 40 à 70 kg /m² , une couche humide pourrait atteindre 100-125 kg /m² . Un travail incessant de déblaiement est donc nécessaire, rendu dangereux en cas de pluies ou d'orage volcanique, et très pénible, car les cendres dégagées s'accumulent au pied des immeubles.

 

A-huge-ash-cloud-looms-ov-011.jpg        "La nuit en plein jour" - éruption de l'Eyjafjallajökull au printemps 2010.

 

Les dommages causés par l'inhalation de cendres fines et l'irritation oculaire se cumulent avec l'effet abrasif de la cendre laissée sur les fourrages destinés au bétail (usure prématurée image-78778-galleryV9-rbcude leurs dents, blessures des voies digestives et mort d'inanition) et nécessitent des mesures de protection (masque et lunettes) et de confinement.

Les pyroclastites très abrasives peuvent aggraver les problèmes respiratoires présents, dont l'asthme, et créer de la suffocation : une concentration de poussières de 100 gr./m³ est suffisante.

 

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On comprend mieux le phénomène abrasif de la poussière volcanique en examinant celle-ci au microscope - doc. AVO / T.Kircher Univ. Alaska Fairbanks.

 

La pollution des eaux par les cendres et les minéraux qui les caractérisent - je pense ici au fluor contenu dans les cendres de la dernière éruption de l'Eyjafjallajökull - oblige à prendre des mesures drastiques de protection des réserves et de nettoyage après la fin de l'épisode éruptif.

 

Les poussières volcaniques sont aussi responsables de "pluies acides" et d'irritation cutanée.

 

En cas d'éruptions cataclysmiques, les cendres projetées dans la haute atmosphère, ainsi que les aérosols et les gaz, réagissent avec celle-ci pour créer des aérosols d'acide sulfurique, réfléchissant le rayonnement solaire... ce qui aboutit à un refroidissement climatique sur plusieurs années. (détails ultérieurement).

 

Sources :

- IVHHN - International volcanic Health Hazard Network

- Volcanic Hazards Program - USGS - photoglossary/ Tephra  

- Volcanis ash - effects and mitigation strategies : agriculture, health, buildings, communication and power supply - lien site USGS

- Volcanologie - de JM.Bardintzeff

- Volcans et Eruptions - de Maurice Krafft.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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             Le tungurahua le 29.11.2010 - photo Carlos Campana / Reuters.

 

Selon l'institut Equatorien de Géophysique, le nombre d'explosions a augmenté au Tungurahua et un panache de cendres a été émis atteignant 3.000 m. Des coulées pyroclastiques sont signalées sur ses flancs, et des chutes de cendres signalées sur les villages de pandoa et Patate ... ce qui a entrainé l'évacuation des villages dans un rayon de 8 km. autour du cratère. La ville de Banos est partiellement concernée par ces évacuations. Aucun blessé, ni dégats à signaler pour l'instant.

 

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Le panache chargé de cendres du Tungurahua, vu du Canton de Patate le 04.12.2010 - superbe photo de mon ami José Luis Espinosa Naranjo.

 

Sources :

- BBC News latin america - 04.12.2010 22h.20

- AFP

- IGEPN

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